Affichage environnemental : un défi pour les produits alimentaires !

UNE VOLONTÉ POLITIQUE DE DÉVELOPPER UN SYSTÈME D’AFFICHAGE ENVIRONNEMENTAL

La loi anti-gaspillage pour une économie circulaire (votée en février 2020) prévoit de mettre en place un affichage environnemental sur les produits afin de fournir au consommateur une information environnementale lisible, fiable et objective, afin de lui permettre d’orienter ses choix vers une consommation plus respectueuse de l’environnement.
Le secteur agricole et agro-alimentaire est l’un des secteurs prioritairement concerné par la mise en place de cet affichage environnemental.

Pour cela, le gouvernement a lancé en 2021 une expérimentation, coordonnée par l’ADEME et l’INRAe, afin de concevoir une méthode permettant le calcul de l’impact environnemental des produits alimentaires et l’affichage de cette information sur les produits.

ESTIMER L’IMPACT ENVIRONNEMENTAL DES PRODUITS AGRICOLES ET ALIMENTAIRES : UN SUJET TRÈS COMPLEXE

Les pouvoirs publics ont retenu la méthode de l’analyse du cycle de vie (ACV) comme socle de base de ces travaux, et en particulier la base de données Agribalyse de l’ADEME qui compile les impacts environnementaux des produits agricoles et alimentaires estimés selon cette méthode. Dès décembre 2020, les acteurs de la bio (ITAB, FNAB, SYNABIO), ainsi que les associations de consommateurs et ONG de protection de l’environnement se sont alarmés des premiers résultats issus de cette base de données Agribalyse. En effet, parce qu’elle rapporte les impacts au rendement, cette méthode favorise les systèmes les plus intensifs. Lors des premiers calculs, les poulets élevés en batterie ressortaient « mieux notés » que les poulets élevés plein air…

Il est apparu que plusieurs enjeux cruciaux tels que l’impact des pesticides, climat, biodiversité et bien-être animal, ne sont actuellement pas ou mal couverts en ACV. L’ITAB a donc relevé les limites et les failles de cette base de données et a alerté sur les conclusions erronées qui pouvaient découler de son utilisation en termes d’affichage environnemental, et donc d’agriculture et d’alimentation soutenables.

LE PLANET SCORE : PROPOSITION D’UN OUTIL FIABLE ET PERTINENT

L’ITAB participe donc à l’expérimentation nationale, afin de proposer un outil qui corrige en partie les ACV et les complète avec des indicateurs complémentaires nécessaires à la bonne compréhension des impacts environnementaux des produits agricoles. L’ITAB et ses partenaires proposent donc aujourd’hui une méthode et un format d’affichage, le Planet Score qui prend en compte :
– les pesticides, leurs effets sur la santé des écosystèmes et sur la santé des hommes, en incluant les résidus dans l’alimentation,
– le climat, incluant le stockage de carbone dans les sols : émissions de gaz à effet de serre (corrigées), pratiques considérées comme stockantes.
– la biodiversité : impact des pratiques agricoles, et de pratiques au niveau du « paysage » telles que la taille des parcelles, la présence de haies etc…
– et qui inclut une information relative au bien-être animal.

Les études qualitatives au quantitatives réalisées en magasin, en enseignes bio et conventionnelles, ont montré que ce format composite avec un affichage de 4 indicateurs en plus du score agrégé, répondait aux attentes de transparence et d’information sur des critères clés pour les consommateurs. Un sondage réalisé avec l’UFC-Que Choisir, sur cinq propositions d’étiquetage, révèle aussi que plus de 80 % des consommateurs seraient guidés dans leurs achats par le Planet-score. Cet affichage deviendrait alors un levier puissant en termes de changement de comportement des consommateurs et donc un outil en faveur de l’évolution de l’offre alimentaire vers une offre plus durable.

Le Planet Score est actuellement testé en grandeur nature, grâce à la collaboration d’entreprises de distribution et de transformation. D’autres initiatives sont en cours porté par d’autres acteurs (ex : Eco-Score porté par Yuka et Open Food facts). Une synthèse de ces expérimentations sera réalisée par les pouvoirs publics, l’ADEME et l’INRA, en 2022, avec un objectif de mise en oeuvre de l’affichage environnemental pour les produits alimentaires en 2023. Affaire à suivre …

Amélie Berger, Ocebio

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