Tarn, quelle demande du marché et quelles opportunités ?

Le 10 janvier 2020 a eu lieu au Lycée agricole de Lavaur une rencontre sur le thème du Marché des Grandes Cultures biologiques. Cette demi-journée, co-organisée par la Chambre d’Agriculture du Tarn et la Coopération Agricole d’Occitanie, avait pour objectif de donner aux agriculteurs bio, en conversion ou ayant un projet de conversion sur le département du Tarn, une vision globale du marché des grandes cultures bio, et des principaux organismes collecteurs sur leur département.

Ont été conviées 5 entreprises de l’aval : Agribio Union/Arterris, la RAGT, la coopérative agricole de Carmaux, Unicor et Caste (voir témoignages ci-dessous). Au total, 31 producteurs ont répondu présents à cette invitation : des producteurs déjà engagés en AB, certains ayant déjà des circuits de commercialisation, d’autres en réflexion sur la valorisation de leurs céréales…mais aussi des porteurs de projet, intéressés pour anticiper leurs assolements et avoir une vision claire du marché et des opportunités.

CONTEXTE EN GC BIO
En première partie de rencontre, Marianne Sanlaville, responsable des filières bio chez la Coopération Agricole d’Occitanie, a dressé un panorama du contexte national, régional et départemental des grandes cultures bio. Elle a notamment rappelé que l’Occitanie était la 1ère région productrice de grandes cultures bio (1/4 des surfaces nationales), filière sur laquelle les conversions ont connu des taux record depuis ces 3 dernières années.

La collecte de grandes cultures bio nationale a deux principaux débouchés : l’alimentation animale pour 60 % des volumes utilisés, et l’alimentation humaine via les meuniers pour 40 % (principalement pour le blé tendre). Des taux de croissance importants de ces deux utilisations se maintiennent (+10 % en meunerie entre 2018 et 2019, et +16 % en alimentation animale), avec une demande croissante en matières premières bio d’origine française, voire “locale” du Sud-Ouest pour certains transformateurs.

VIGILANCE SUR LES CULTURES EN DEUXIÈME ANNÉE DE CONVERSION
Avec les évolutions de la réglementation AB en 2021, en particulier le passage de 30 à 25 % de C2 dans les formulations alimentaires des animaux, et l’augmentation importante des surfaces – et donc des volumes produits – en C2, certaines productions C2 deviennent difficiles à valoriser.
Désormais, ce sont essentiellement les blés, triticales et soja dont les voyants restent au vert. Pour le reste (orge, maïs, protéagineux…) les débouchés doivent être recherchés en amont afin d’anticiper les assolements et faire coïncider du mieux possible les exigences agronomiques et économiques.

DE NOUVELLES OPPORTUNITÉS
Ce temps de rencontre a mis en lumière des opportunités de débouchés pour les producteurs bio du Tarn (voir témoignages ci-dessous). Elles concernent majoritairement les cultures destinées à l’alimentation humaine, avec notamment des besoins forts en céréales (blé biscuitier, blé dur, blé meunier, seigle meunier, avoine blanche), en sarrasin et en oléagineux (tournesol oléique et linoléique) ; quant aux légumes secs, même si les récoltes 2019 a ont été très bonnes dans certains secteurs, des contrats restent possibles, à voir au cas par cas avec les opérateurs économiques. En alimentation animale, les choix sont plus restreints et se concentrent sur blé fourrager, triticale et soja en 2020. Malgré tout, de nouveaux opérateurs se lancent sur le marché, c’est le cas de CASTE Sarl avec sa nouvelle usine d’aliments dédiée à la BIO.

CONFIANCE ENVERS L’AVENIR
Les opérateurs économiques se sont montrés confiants quant à l’équilibre du marché et la stabilité des prix dans les années futures, à la condition que “tout le monde joue le jeu” : les producteurs dans l’annonce à l’avance des surfaces à emblaver et les opérateurs économiques dans l’engagement à la contractualisation avec des prix sécurisants et définis à l’avance. La “contractualisation” reste d’ailleurs le leit motiv de la majorité des opérateurs réunis en séance : ils encouragent vivement les producteurs, notamment ceux en conversion à se faire connaître en avance, ceci afin d’assurer un équilibre offre / demande, garant de la stabilité des prix.

Par Marianne Sanlaville, Coopération Agricole d’Occitanie, Maëva Colombet et Stéphanie Camazon, Chambre d’Agriculture 81.

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