Témoignage – Gilles de Baudus

Gilles de Baudus
RÉFÉRENT BIODYNAMIE

Société Gérard Bertrand

Siège social Château l’Hospitalet Fermes Déphy Ecophyto du Narbonnais

15 domaines en Biodynamie sur le Languedoc Roussillon 850 hectares

Certification Demeter débutée en 2002

Site internet : www.gerard-bertrand.com

 

Gilles, selon toi en quoi consiste la biodynamie ?

Il s’agit de pratiquer une agriculture qui respecte les processus de la nature. Le monde vivant est géré par un processus éner­gétique qu’il convient d’accompagner, d’amplifier. Pour commen­cer, il est important de booster l’énergie qui vient de la terre, de réintroduire de la vitalité dans un environnement qui a pu être dégradé par des pratiques antérieures. La conduite en viticulture biologique constitue une base avec le retour aux fondements de l’agronomie et la biodynamie est l’accompagnement énergétique qui permet à tout cela de bien fonctionner.

Comment la biodynamie a-t-elle été mise en place sur les domaines ?

Entre 2002 et 2008, nous avons commencé la conversion en biodynamie sur une petite partie 5 ha du château Cigalus (Corbières) puis nous l’avons étendu aux 80 ha. Pour cela, dès le départ nous avons choisi d’être accompagné par un consultant. Ensuite, en nous basant sur le retour d’expérience de Cigalus nous avons étendu la pratique de la biodynamie à l’ensemble de nos vignobles. La biodynamie est un processus qui s’opère sur le long cours, tant sur l’aspect technique qu’organisationnel. L’en­semble des collaborateurs a été formé et continu à être sensibi­lisé et accompagné au quotidien.

As-tu constaté des changements visibles apportés par la biodynamie sur le végétal, le sol, le vin ?

La pousse de la vigne est devenue plus régulière, le port plus dressé. La texture du sol, l’enracinement des plants, l’équilibre de la plante se sont trouvés améliorés. La flore spontanée a aussi changé. Au niveau des vins, les fermentations sont plus étalées, moins brutales. Les vins plus équilibrés : gain d’acidité sur les blancs, plus de de finesse, un bouquet aromatique plus expressif…

Comment gère-t-on les préparations biodynamiques pour 15 domaines ?

Celles-ci sont réalisées par nos soins. Pour faciliter la tâche, nous avons dédié le Château Cigalus aux préparations : bouse de corne (500), silice de corne (501), le compost de bouse Maria Thun (CBMT) répartis ensuite entre les domaines. Pour la mise en pratique, une cinquantaine de dynamiseurs, une trentaine de canons et des tisanières sont répartis sur les domaines. Pour la fumure nous utilisons du fumier de bovins d’Ariège.

Nous avons un laboratoire équipé pour réaliser de la cristallisation sensible et nous analysons la qualité de l’eau utilisée, des com­posts et des vins.

Comment s’organise l’approvisionnement en plantes pour les extraits végétaux ?

Nous utilisons différentes plantes, achillée millefeuille, ortie, écorce de chêne, valériane, consoude…

Dans une moindre mesure le pissenlit, camo­mille, fougère aigle… Nous nous fournissons chez des herboristes de gros certifiés Bio et nous demandons à ce que les lots achetés soient certifiés sans résidus. Nous sommes en train de finaliser la conception d’un séchoir sur un de nos domaines, pour faire sécher les plantes que nous trouverons sur nos terres.

L’influence de la lune est-elle prise en compte ?

Nous tenons compte de la lune, des équinoxes ainsi que du soleil. Dans la mesure du possible les dates d’écimage, travail du sol, plantation des complants, de dégustations d’assemblage sont choisies en fonction du calendrier lunaire et le positionnement de la silice de corne et de la bouse de corne est fonction des forces d’expiration (matin) et d’inspiration de la terre (soir).

Quel conseil, donnerais-tu aux vignerons qui souhaitent pratiquer la biodynamie ?

Je leur conseillerais de suivre des formations et de faire partie d’un réseau de vignerons en biodynamie comme une antenne locale/régionale de biodynamie si elle existe afin d’échanger sur leur expérience.