Au sein d’Interbio Occitanie, une large concertation a été lancée sur le 1er semestre 2022. L’objectif était de définir les ambitions des acteurs de la bio régionale et d’identifier les enjeux qu’il faut relever collectivement. Pour cela les membres des commissions filières et des comités techniques de l’interprofession ont pu travailler sur les besoins spécifiques aux filières. Dans le contexte actuel, les enjeux de communication, d’accompagnement technique des producteurs, de répartition de la valeur, de recherche, expérimentation, d’innovation et de partage des connaissances sont essentiels.
Ces ambitions visent à organiser les actions régionales qui doivent être menées et se traduire par une amélioration de la consommation de produits bio régionaux et un développement équilibré de la production.
Pour l’interprofession, la croissance de la consommation est la clé pour poursuivre le développement des filières bio dans notre région.
L’Occitanie, 1ère région bio de France a des atouts pour produire largement au-delà de son marché régional. Elle doit participer à atteindre l’objectif fixé par l’Etat français et l’Europe.
Pour cela, la consommation de produits bio doit doubler pour atteindre 12% du marché.
Dans le contexte actuel, la croissance des surfaces bio dans la région va sûrement marquer un pas après ces 5 années de croissance annuelle à 2 chiffres. Mais l’ambition des acteurs de la bio régionale est d’atteindre les 25% de surface en bio en 2027.

ENJEUX DE LA BIO EN OCCITANIE
UNE BIO RÉGIONALE RECONNUE ET PLÉBISCITÉE PAR LES CONSOMMATEURS
Mettre en avant la bio régionale
Pour répondre aux envies de proximité des consommateurs, les actions doivent contribuer à mettre en avant la bio de notre région.
Réaffirmer les atouts de la bio auprès des consommateurs
Toutes les enquêtes récentes auprès des citoyens montrent que les garanties apportées par le cahier des charges bio répondent aux attentes des consommateurs mais qu’ils les méconnaissent. Si aux garanties du cahier des charges bio, on ajoute le local avec l’origine régionale, c’est la combinaison gagnante.
Faire preuve de pédagogie sur le cahier des charges bio
Il s’agit d’en vulgariser le contenu pour que les consommateurs connaissent mieux les modes de production bio et les garanties apportées par le cahier des charges et son contrôle.
Rendre la bio accessible pour tous
La bio ne doit pas être une alimentation réservée à une catégorie de la population, il faut chercher à la démocratiser. La question du prix doit être traitée en toute transparence avec un double objectif : donner des clés pour consommer bio aux citoyens et maintenir des prix rémunérateurs pour les producteurs. La présence de bio en RHD est une réponse à cet enjeu.
UNE BIO DURABLE SOURCE DE VALEURS POUR TOUS
Développer et Consolider les débouchés (tous : distri, circuits courts, rhd, export) et la pluralité de circuits de distribution
La particularité des produits bio c’est que leur distribution est répartie de manière équilibrée entre tous les débouchés. Cette pluralité est une force pour limiter les effets d’éventuelle crise sur un segment. Dans le contexte actuel, il faut aussi développer et consolider tous les débouchés pour éviter le déclassement de productions agricoles.
Sans oublier pour atteindre l’objectif de :
Permettre une juste rémunération pour tous les acteurs de la filière
C’est un enjeu qui a toujours été travaillé de manière plus importante dans les filières bio : c’est un objectif essentiel pour éviter que des producteurs quittent le label. Pour cela, il faut comprendre les chaînes de valeur et donner des données aux opérateurs économiques.
Accompagner lors de leur installation / conversion à la bio / de changement de règlement bio mais aussi tout au long de la vie de l’exploitation en fonction des besoins
L’accompagnement reste un enjeu fort mais il ne faut pas le limiter à la phase de conversion ou d’installation.
Inciter les entreprises à utiliser les produits régionaux pour multiplier les débouchés des productions agricoles bio
La structuration de filières bio territorialisées avec les transformateurs locaux doit être une source de valorisation des productions bio de notre région
Accompagner les investissements des entreprises (IAA et Exploitations agricoles)
L’accompagnement va au-delà des aspects financiers, c’est aussi du conseil.
Produire et rendre accessible des données sur les filières (amont, aval, marchés, volumes, marges …)
L’objectif est d’avoir les outils nécessaires pour piloter la structuration des filières et avoir les moyens de répondre à plusieurs enjeux transversaux. Il faut prioriser les données nécessaires à travailler en région.
UNE BIO RÉSILIENTE FACE AUX DÉFIS DE DEMAIN
Trouver des relais de croissance grâce à l’innovation (circuits & produits) et renforcer l’expérimentation et la recherche et développement adaptée à nos territoires
Accompagner les producteurs dans un contexte de changement : climatique (eau, semences adaptées, foncier…) et économique (marchés plus complexes aujourd’hui, changement de dimension …)
Développer la contractualisation dans les filières et tendre vers du commerce équitable
La bio est précurseur sur les projets de commerce équitable, c’est l’un des atouts à mettre en avant pour répondre à l’enjeu de juste répartition de la valeur
Amener la bio vers plus de durabilité
Le cahier des charges bio est le socle commun mais la bio se doit d’être précurseur et travailler vers plus de durabilité dans ses trois composantes : économique, sociale et environnementale
Cultiver la complémentarité des produits et des modes de productions tout en étant en phase avec les attentes des marchés
Permettre le renouvellement des générations en travaillant sur l’attractivité des filières et des territoires
UNE BIO RICHE DES SAVOIRS FAIRE DES FEMMES ET DES HOMMES ANCRÉE DANS LES TERRITOIRES
Favoriser les échanges et la mutualisation d’outils et d’information au sein des filières, entre les filières et les territoires
Il s’agit de capter les connaissances, les organiser et les rendre utiles et accessibles.
Développer l’offre de formation en lien avec les besoins des acteurs et intégrant les évolutions techniques (agilité) et renforcer les liens avec l’enseignement agricole et les centres de formation
Faire de la bio un atout pour les territoires : RHD, PAT, Collectivités…
Ne pas oublier que le territoire ne se limite pas à l’Occitanie : penser aussi national et export (nécessaire pour certains produits)
Faire entendre les spécificités de l’Occitanie dans les instances qui décident des évolutions de la bio (en région, au national…)
Par Nancy Fauré, Interbio Occitanie
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