Couverts végétaux sols vivants Méditerranéens (SOVIMED) – Étude du non travail du sol en maraîchage
Répondre aux besoins de la profession – Essais techniques et pratiques innovantes
Les maraîchers biologiques doivent posséder de nombreuses compétences pour gérer la complexité de leur ferme. Afin d’orienter au mieux leurs actions d’accompagnement, les animateurs et techniciens de la FRAB et des Chambres d’Agriculture d’Occitanie ont travaillé à la création d’une typologie des fermes maraîchères, dont les résultats constituent une partie dans ce dossier. Parmi les demandes qu’ont exprimées les maraîchers, certaines sont déjà en cours d’études dont voici quelques réponses : essai de la gestion d’une culture de laitue sous abris en non travail du sol, l’intégration de couverts végétaux en association dans des légumes ou encore l’allongement des périodes de production pour présenter une gamme de légumes conséquente sur l’année.
Étude comparative du travail et non travail du sol en maraîchage biologique sous abris : premiers résultats sur laitue type batavia en hiver.
Le CIVAM BIO 66 assure le développement de l’agriculture biologique sur les Pyrénées-Orientales depuis 1985 mais aussi et surtout l’expérimentation et le suivi technique des producteurs en agriculture biologique. Il est membre de l’Institut Technique de l’Agriculture Biologique (ITAB). Depuis 1993, le CIVAM BIO 66 possède une station expérimentale de 2000 m² de maraîchage sous tunnel froid appelée Biophyto et constitue une référence nationale au niveau des expérimentations biologiques. Des essais variétaux ou encore de gestion de ravageurs, de fertilisation et de biodiversité fonctionnelle ont été réalisés depuis plus de 20 ans.
OBJECTIF DE L’ESSAI
Dans le cadre des premiers essais de SOVIMED, le CIVAM BIO 66 a pour objectif de comparer un tunnel de laitue type batavia en non travail du sol avec plusieurs modalités de destruction de la couverture végétale précédente (sorgho) avec un tunnel de laitue en travail du sol.
DISPOSITIF D’EXPÉRIMENTATION
L’essai est réalisé dans deux tunnels à tendance limono-sableuse. Les modalités de plantation sont les mêmes dans les 2 tunnels : les cultures sont plantées à plat avec paillage plastique microperforé et irrigation à l’aspersion. La conduite des aérations a été identique dans les 2 tunnels.
ITINÉRAIRE TECHNIQUE – TUNNEL DE NON TRAVAIL DU SOL AVANT PLATATION (T4)
Le dernier travail du sol a été réalisé en décembre 2018. Un désherbage a été réalisé à la main avant un semis de sorgho fourrager Piper à la volée à 90kg/ha le 27 mai 2019.
Un premier broyage du sorgho a été réalisé le 18 juillet à 1,7 m environ.
2 modalités de destruction du couvert a été mis en place pour la 2ème destruction fin août :
▪ Face Est : couvert couché
▪ Face Ouest : couvert broyé
Un arrosage important (2 heures) a été réalisé puis 4 modalités de fertilisation ont été mises en place (figure ci-dessous) :
▪ Modalité 1 : Apport de 100 unités d’azote avant occultation puis 140 unités (besoin de la laitue) après débâchage et avant plantation des laitues
▪ Modalité 2 : Apport de 100 unités d’azote avant occultation puis aucune fertilisation après.
▪ Modalité 3 : Aucun apport de fertilisation avant occultation puis 140 unités d’azote avant plantation
▪ Modalité 4 : Aucun apport d’azote
Une bâche d’occultation a été posée fin août pendant un mois et demi pour la gestion des adventices.
RÉSULTATS
Rendements corrects et pas de différence de précocité Il n’y a pas de réelles différences de poids entre les salades du tunnel travaillé et celles qui ont été fertilisées dans le tunnel non travaillé (poids situés entre 330 et 380 g selon les modalités). Cependant les salades non fertilisées présentes un poids moyen de 100 g de moins que les autres.
Augmentation du temps d’irrigation et du temps de travail en tunnel non travaillé : Le tunnel en non travail du sol a été arrosé 2.5 heures de plus que le tunnel non travail du sol. Ces irrigations supplémentaires ont surtout été réalisées en début de culture (première semaine de plantation). Un suivi phytosanitaire a été réalisé tous les 15 jours, des pertes de salades d’environ 5% au niveau du collet ont été recensées dans le tunnel en non travail du sol (fourmis, champignons telluriques…). 150 salades environ ont été supprimées ce qui correspond à 5 % des salades plantées. De plus, un traitement supplémentaire contre les noctuelles a été réalisé.
Malgré l’occultation avec la bâche d’ensilage, le liseron et le chiendent n’ont pas été impacté et ont dû être désherbé avant plantation. Le pourpier a rapidement germé après le retrait de la bâche. La plantation du tunnel en non travail du sol a été deux fois plus longue que la plantation du tunnel travaillé : ceci s’explique par le fait que le sorgho sous le paillage doit être poussé pour pouvoir poser les mottes.
CONCLUSION SUR LES RÉSULTATS RELATIFS AU TUNNEL NON TRAVAILLÉ
Les poids des salades sont corrects, mais avec un temps de travail doublé. L’azote présent dans le sol est plus vite consommé par les bactéries pour la dégradation d’un sorgho broyé plutôt que couché. Il faudra prendre en compte ce résultat et fertiliser un peu plus en azote pour ne pas pénaliser la culture de salade (information valable pour la première année de non travail du sol !). L’apport d’engrais après débâchage juste avant plantation semble plus intéressant au niveau du rendement en salade qu’un seul apport avant de bâcher.
BIBLIOGRAPHIE
▶ Compte rendu technique disponible sur demande
▶ Sites internet partenaires :
▪ Sud et Bio https://www.sud-et-bio.com/fruits-legumes/amont/ressources-techniques
▪ Centrex 66 http://www.centrex66.com/articles.asp
▪ Sudexpé https://www.sudexpe.net/
▶ Réseau Maraîchage sur Sols Vivants : https://normandie.maraichagesolvivant.fr/
Par Célia DAYRAUD, ingénieur maraîchage expérimentation et conseil, CIVAMBIO66 (BIO Occitanie)/celia.dayraud@bio66.com/06 12 93 50 02
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