COVID-19 – Des initiatives pour aider les agriculteurs face à l’arrêt de certains débouchés lors du confinement
Engagées depuis longtemps dans la promotion des circuits courts, les chambres d’agriculture ont renforcé leur mobilisation pendant la crise sanitaire, pour accompagner les agriculteurs bio à la recherche de solutions pour écouler leurs stocks de production. De nombreuses initiatives ont vu le jour.
▶ LE GERS VOUS DRIVE
Par exemple, la chambre d’agriculture du Gers a lancé Le Gers vous Drive, offre de service destinée aux municipalités pour pallier à l’arrêt des marchés de plein vent. Le dispositif a pu remplacer le marché du jeudi à Auch, mais certains villages ruraux l’ont utilisé pour proposer un point de retrait à la population locale. C’est le cas de Loubersan, village passant situé entre 2 bourgs ruraux. Le drive a permis à 15 producteurs, dont 7 bio, de trouver un nouveau débouché pour leurs produits pendant le confinement. La clientèle est venue des campagnes environnantes et l’expérience s’est transformée en marché-Drive hebdomadaire. Sébastien Esquerre, éleveur bio d’un village voisin est très satisfait de l’initiative : « ça marche bien, cela a aidé les producteurs à repartir et cela m’a permis de toucher une clientèle différente ».
▶ OPÉRATION SOLIDARITÉ PRODUCTEURS
Dans le Lot à Salviac, les Martegoute, producteurs de foie gras privés de leurs principaux débouchés, ont lancé une opération SOLIDARITÉ PRODUCTEURS début avril, avec l’appui de la chambre d’agriculture. Ils ont ouvert les portes de leur magasin et proposé gratuitement à 15 producteurs en difficulté, dont plusieurs bio, de venir y commercialiser leurs produits. Le succès fut au rendez-vous car localement aucun commerce n’existait. L’initiative persiste et a fait naître des idées de mutualisation de moyens et des projets avec l’ensemble du groupe. Didier Baldy, producteur de viandes et desserts lactés bio confirme : « ça nous a bien aidé à passer la crise et l’arrêt de certains débouchés (RHD) ». L’expérience fut riche sur le plan professionnel mais aussi humain. Espérons que les consommateurs bio continueront à privilégier le circuit court, gage de qualité de produits mais aussi d’écologie en favorisant les productions et la consommation locale.
▶ Pour en savoir plus : https://occitanie.chambre-agriculture.fr/gerer-son-exploitation/coronavirus-covid-19/
Dès le début de la crise, Civam Bio 09, Erables 31 et Civam bio 34 se sont mobilisés auprès des agriculteurs ayant perdu leurs débouchés (restauration collective, privée et arrêt des marchés). Tout en mettant à disposition des boîtes à outils pour le respect des normes sanitaires, ils ont interpellé élus/ues et préfectures pour la réouverture des marchés. Des documents en ligne ont été créés, répertoriant d’un côté les produits à écouler et de l’autre les besoins des magasins (en lien avec OCEBIO). La démarche a été peu efficace face à l’inadéquation entre l’offre importante en viande, plants et vins et la demande portant principalement sur les fruits et légumes alors en période creuse. Ce constat a obligé les acteurs à créer de nouvelles formes de commercialisation avec de nombreux partenaires.
▶ CRÉATION DE HALLES FERMIÈRES
En Ariège, dans les 5 villes principales du département, plusieurs Halles Fermières ont vu le jour, en partenariat avec la chambre d’agriculture, tous les syndicats agricoles, le PNR, les élus/ues…
▶ MISE EN PLACE DE DRIVES HEBDOMADAIRES ET MARCHÉS DE PRÉ-VENTE
Des drives et marchés de pré-vente ont été créés dans le 09, à Rimont avec le PNR et à Baulou ; dans le 31, à Ramonville avec les associations Caracole et Sens Actif ; dans le 34, à Montpellier avec INPACT 34 (FR CIVAM Occitanie, Marchés Paysans…).
Ces actions ont mis en avant la nécessité des circuits courts, auxquels certains producteurs/ trices et consommateurs/trices se sont initiés, et la volonté de les conserver sur les 3 départements.
CHIFFRES CLÉS
DRIVE DE MONTPELLIER
▸ 65 k € de chiffre d’affaires
▸ 1 800 commandes
▸ 15 producteurs et artisans par drive, 42 au total
À Montpellier, les drives se sont arrêtés fin mai mais une enquête réalisée auprès des producteurs/trices et des consommateurs/trices montre l’intérêt de pérenniser une offre bio locale dans des quartiers aujourd’hui sans marché alimentaire. En Ariège, trois des cinq Halles sont maintenues, à des horaires différents et les deux drives vont perdurer avec une nouvelle organisation impliquant l’embauche de salariés/ées, car le travail bénévole assuré pendant la crise ne peut être indéfiniment poursuivi. L’un des bénéfices de cette crise aura été de mettre en avant la nécessaire relocalisation de l’alimentation et le rôle des associations dans l’accompagnement des démarches collectives.
Par Anne Glandières, Chambre régionale d’agriculture Occitanie,
Delphine Da Costa et Séverine Lascombe, CIVAM Bio 09 – Erables 31, Bénédicte Firmin, CIVAM Bio 34