COVID-19 – Les enseignements de la crise pour les entreprises Bio
Les entreprises bio d’Occitanie ne ressortent pas intactes de la crise du COVID. Les conséquences ont été nombreuses mais relativement hétérogènes selon les entreprises et leurs débouchés.
Parmi les plus fortement impactées, les entreprises fournisseurs de la restauration hors domicile (RHD) ont dû faire face à un arrêt quasi complet de leur activité. Les fournisseurs du secteur de la restauration commerciale (bar et restaurants) tels que les brasseurs et fournisseurs de boissons ont aussi souffert d’une fermeture totale de ce secteur. Au contraire, certaines entreprises fournissant les magasins bio spécialisés ont connu une augmentation de leurs ventes pendant la période. Et ces deux tendances ne sont pas sans lien. L’augmentation des volumes de produits bio vendus en magasin bio s’explique en grande partie par la fermeture de la RHD (comprenant notamment les cantines scolaires et d’entreprises), ce qui a obligé les foyers à préparer plus de repas à domicile. D’autres consommateurs ont pu faire le choix de réduire la diversité des lieux d’achats, entraînant des paniers plus conséquents dans les magasins bio.
DE NOUVELLES PRATIQUES DE COMMERCIALISATION
La crise a aussi été l’occasion pour les entreprises de développer de nouvelles pratiques de commercialisation, avec une forte accélération du développement du e-commerce. Il a pris des formes diverses comme la mise en place de click’n collect, de drives ou de livraisons à domicile, mais sa mise en place génère d’importantes contraintes logistiques, qui seront à résoudre pour trouver des formes durables d’e-commerce. Les entreprises bio ont également noté le retour en force de la demande d’emballages plastiques et d’emballages individuels rassurant en temps de crise sanitaire, ce qui est en contradiction avec les dernières tendances qui étaient plutôt en faveur de la limitation du plastique et de la croissance des produits vrac. Il faudra donc innover sur ce sujet des emballages.
LA PRUDENCE EST DE MISE
La vision de l’après COVID est, comme la gestion de la crise, nuancée. Les entreprises de la RHD restent très prudentes, voire inquiètes quant à la reprise de leur activité, notamment à cause des incertitudes liées à la rentrée scolaire 2020, mais aussi parce que le télétravail, découvert pour beaucoup pendant la crise, pourrait être pérennisé au détriment de la restauration d’entreprise.
DYNAMIQUE BIO RENFORCÉE
Point positif pour la filière bio, beaucoup d’entreprises s’accordent à dire que la dynamique de croissance de la part du bio dans la consommation alimentaire des français a été accélérée pendant la crise et devrait perdurer en post-crise : c’est une tendance de fond. Les consommateurs – citoyens sont à la recherche de produits bons pour leur santé et pour l’environnement, de produits qui ont du sens et qui respectent aussi les producteurs. Une autre tendance forte est celle de la relocalisation (des achats et des ventes). Déjà présente bien avant la crise, la préférence pour le « local » semble encore renforcée. Enfin, l’engouement des français pour la cuisine et les repas faits maison pourrait aussi laisser des traces dans les tendances d’après-crise, favorisant les produits bruts et les produits à cuisiner, au détriment des produits très transformés.
LES ENTREPRISES BIO D’OCCITANIE SEMBLENT PLUTÔT OPTIMISTES
quant à un retour à la normale sur les marchés, même si l’arrivée de la crise économique génère des inquiétudes pour le marché de la bio… Quel sera l’impact de la baisse du pouvoir d’achat de certains consommateurs sur le marché bio français et européen ?
VERS UNE MEILLEURE RÉSILIENCE
La crise aura aussi mis en exergue les points sur lesquels les entreprises peuvent travailler pour augmenter leur résilience : la fiabilité du sourcing (avec des volontés de relocalisation et de contractualisation), la diversification des débouchés et des circuits de commercialisation, l’implication et la motivation des équipes ou la qualité de leur réseau informatique… Autant de sujets qui permettront aux entreprises bio d’être plus fortes et plus résilientes dans l’avenir.
Par Amélie Berger, Ocebio