Des pratiques agroécologiques innovantes en Occitanie

Avec la conversion de nombreux vergers à l’agriculture biologique, beaucoup d’arboriculteurs s’interrogent sur l’évolution de leurs stratégies de gestion de l’enherbement. De la substitution du désherbage chimique par du désher­bage mécanique à une reconception globale de la gestion de l’enherbement sur le rang et dans l’inter rang, les stratégies mises en oeuvre sont variées, aussi bien dans les objectifs recherchés que dans les moyens mis en place.

Dans le cadre d’un projet Casdar en 2019 piloté par la Chambre Régionale d’agri­culture d’Occitanie et les partenaires Chambres d’agriculture 66, 34, 82, Téranéo, le lycée de Rivesaltes, le CEFEL à Montauban et Bio Occitanie, nous avons identifié et qualifié une douzaine de pratiques d’agriculteurs qui sont apparues innovantes pour en faire des témoignages techniques.

Nous avons dégagé, en fonction de leurs objectifs, 3 grands types de stratégies de gestion de l’enherbement :

1/ Des stratégies qui visent essentielle­ment à lutter contre les adventices dont la réduction voire la suppression d’herbi­cides (problématique sur le glyphosate) consti­tue le principal objectif. Il existe différentes techniques alternatives avec une dominante de travail mécanique du sol aujourd’hui, une combinaison de travaux de différents outils, mais également un témoignage sur la pratique du paillage des vergers, au Château de Nages dans le Gard.

Les techniques où l’on considère qu’il y a déjà du recul utilisent le travail mécanique du rang avec des disques butteur/débutteur en sor­tie d’hiver, combiné aux passages de diffé­rents outils en complément dans le printemps comme la rasette, ou la herse ou houe rotative et pour la gestion de l’inter rang parfois le rouleau écraseur en alternative au gyrobroyage.

Voir fiches du Domaine de Rivesaltes et de l’Earl de la Mésange Bleue dans les Pyrénées Orientales, herse rotative et tondeuse à l’EARL de Beauvezet dans le Gard sur jeunes vergers, brosse et rotofil au Mas de Mourgues dans l’Hérault.

Il est intéressant de voir que même si ces stra­tégies ont un coût nettement supérieur à celui du désherbage avec le glyphosate (3 à 5 fois plus cher), on trouve des producteurs astu­cieux qui fabriquent eux même des outils ou parties d’outils pour optimiser les couts de production : c’est le cas de l’exploitation Maillols dans les Pyrénées Orientales.

2/ On observe aussi des stratégies de producteurs qui visent à lutter contre les adventices et également à favoriser la régulation des bio-agresseurs : si la lutte contre les adventices reste un des objectifs, certains producteurs ont repensé la gestion de leur enherbement, essentiellement dans l’inter rang, pour favoriser l’implantation des auxiliaires en vue de favoriser la régulation de certains bio agresseurs. C’est le cas de l’EARL de la Mésange Bleue ou de l’EARL Cribeillet dans les Pyrénées Orientales et de Jean-Louis Bouysset dans le Tarn et Garonne, qui en semant des bandes fleuries cherchent à favo­riser l’implantation d’auxiliaires et à diminuer la pression des pucerons, que ce soit en vergers de pêcher ou de pommier.

3/ En même temps que la lutte contre les adventices, certains agriculteurs ont repensé la gestion de leur enherbement en essayant également de préserver ou d’améliorer la qualité agronomique de leur sol. C’est le cas de la méthode sandwich du CEFEL dans le Tarn et Garonne, qui implante sur le rang du trèfle blanc nain (pour l’améliora­tion de la structure du sol et un apport d’azote) tout en travaillant le sol avec un intercep de part et d’autre du rang.

Retrouvez toutes ces fiches témoignages téléchargeables sur le site de la Chambre Régionale d’agriculture :

Par Myriam Codini, Chambre d’agriculture 66 et Hélène Suzor, Chambre d’agriculture 34