Chaque année, l’Observatoire régional de l’agriculture biologique d’Occitanie publie un panorama d’une filière biologique régionale. En 2023, un panorama « oeufs » et un panorama « volailles de chair » ont été publiés. Retrouvez l’ensemble de nos publications sur le site internet d’Interbio Occitanie.
Le cheptel occitan de poules pondeuses bio a fortement augmenté à partir de 2018, et atteint en 2022, un cheptel de plus de 500 000 poules pondeuses pour 369 éleveurs. L’Occitanie est au septième rang des régions françaises en nombre de poules pondeuses bio et la deuxième région française en nombre d’éleveurs après l’Auvergne-Rhône-Alpes.
En 2022, l’Occitanie comptabilise 5 % du cheptel bio français. 13.6 % du cheptel régional de poules pondeuses est en bio.
Le Gers concentre la moitié du cheptel de poules pondeuses de la région avec des élevages d’une densité moyenne de 5400 poules pondeuses, supérieure à la densité moyenne nationale. L’Hérault, la Haute-Garonne et le Lot comptent entre 25 000 et 50 000 poules pondeuses. Les autres départements comptent moins de 20 000 poules pondeuses.


En 2022, l’Occitanie est la 4e région française en nombre de poulets de chair bio après les Pays de la Loire, la Nouvelle-Aquitaine et l’Auvergne-Rhône-Alpes. L’Occitanie compte 127 élevages qui produisent 1,2 millions de poulets de chair en 2022.
Les dynamiques par rapport à 2021 sont à la baisse de cheptel pour les principales régions françaises. En 2022, l’Occitanie comptabilise 9 % du cheptel bio français et 5,2 % du cheptel régional de poulet de chair est en bio.
En Occitanie, le palmarès des départements où le cheptel bio est le plus important est dominé de loin par le Gers (40 % du cheptel régional). Suivent ensuite le Lot, le Tarn-et-Garonne, et la Lozère.
Les filières avicoles sont peu structurées en région et principalement organisées vers de la vente directe, à l’exception du Gers dont les exploitations sont assez équitablement réparties entre des producteurs en filière intégrée et des producteurs indépendants pratiquant la vente directe et/ou la commercialisation en circuits courts de proximité.
LES OPÉRATEURS DE L’AVAL DES FILIÈRES AVICOLES EN OCCITANIE
Le principal opérateur intermédiaire de la filière oeuf est le centre d’emballage et de conditionnement. Cet outil, en majorité présent sur les exploitations, permet ainsi aux producteurs de diversifier les débouchés vers des épiceries, des magasins spécialisés ou encore vers la restauration collective et ainsi de développer la consommation d’oeufs bio de proximité. En 2023, en Occitanie, 77 centres agréés par les services de l’État ont une activité certifiée en bio.
Concernant les opérateurs de la filière volaille de chair, les abattoirs de volaille sont présents principalement à l’ouest de la région, proches des zones majoritaires d’élevage. Les ateliers de découpe sont répartis sur toute la région. Ceux proposant des prestations sont plus présents au centre Ouest de la région.
Des zones comme l’Hérault, le Gard et la Lozère sont vides. Cette absence ne favorise pas le développement de la filière, et inversement, les très faibles cheptels ne permettent pas l’investissement dans de nouveaux opérateurs aval. Des tueries individuelles permettent aux éleveurs de commercialiser leurs productions en vente directe en autonomie.
CONSOMMATION LE MARCHÉ FRANÇAIS
En 2022, l’évolution brutale du marché a généré une baisse des achats de produits bios en valeur de –4,6 %, la baisse étant encore plus importante en volume, du fait de l’inflation.
Tous les produits ont été impactés mais les viandes font partie des produits qui ont le plus souffert. La consommation de volaille bio diminue de 15 % en valeur en 2022 par rapport à 2021. La volaille a connu des hausses de prix de 8, si bien que l’ordre de grandeur du recul des volumes est de l’ordre de 22 %. La volaille bio occupe la deuxième place des ventes de viande bio toujours dominées par la viande bovine. En France, la volaille bio provient presque exclusivement d’élevages nationaux (0,6 % d’imports en 2019).
La consommation d’oeufs bio en 2022 a très légèrement augmenté en valeur par rapport à 2021 (+ 1 %) pour atteindre 611 millions d’euros, mais cela reste un niveau inférieur à celui de 2020. L’inflation cache une baisse en volume de 7 %, en raison d’une progression de 8 % du prix moyen. Les différents calculs (approche par le volume d’aliment et analyse du marché) permettent d’estimer une production d’oeufs bio en 2022 comprise autour de 2 milliards. En France, les oeufs bio proviennent presque en totalité d’élevages nationaux (0,5 % d’imports en 2019, exclusivement d’origine UE).
Les oeufs sont principalement vendus au détail pour 95 % des volumes (1 907 millions d’oeufs), 5,7 % partent à la transformation en ovoproduits. Les oeufs sont commercialisés principalement dans les réseaux de la grande distribution qui représentent 64 % de parts de marché en 2022. Les trois autres circuits se partagent ensuite le marché, avec 29 % pour la distribution spécialisée bio, 6 % pour la vente directe et 1 % pour les artisans bouchers. En 2022, les ventes ont baissé de 3 % en magasins spécialisés, mais ont augmenté de 1,5 % en GMS et surtout de 10 % en vente directe.
La volaille bio est commercialisée principalement dans les réseaux de la grande distribution qui représentent en 2021 plus de 52 % de parts de marché. La distribution spécialisée bio et la vente directe représentent ensuite 23 % de part de marché, les artisans sont minoritaires (2 %). La baisse la plus importante en valeur est enregistrée dans les magasins bios (-20 %) alors que la vente directe limite la diminution (6 %). Les ventes ont baissé de 15 % en GMS.
Les prix de vente des viandes et oeufs bio restent le premier frein à l’achat. Le mode de production bio justifie cet écart entre conventionnel et bio. Pour le consommateur, qui fait face à une forte inflation, les arbitrages ne se font pas en faveur du bio, surtout que l’ensemble des prix (bio et conventionnel) ont augmenté en 2022. Toutefois, les prix en vente directe sont inférieurs à ceux pratiqués par les distributeurs : à dire d’expert, le poulet prêt à cuire biologique est en moyenne compris entre 8,5 et 9,5€/Kg en vente directe dans le Gers, contre plus de 14€/ Kg dans les circuits spécialisés, et plus de 11€/kg dans les GMS.
UN CONTEXTE DIFFICILE POUR LA FILIÈRE AVICOLE BIO
La filière avicole, en croissance forte sur les dernières années (particulièrement en pondeuses), subit les effets d’une relative baisse de consommation depuis 2021, visible sur les oeufs et les poulets de chair. Parallèlement, un cumul de facteurs entre 2022 et 2023, impacte les producteurs, avec quelques différences selon les types de systèmes de production, mais reste très problématique pour une bonne pérennisation des productions bio.
LES COÛTS DE PRODUCTION ET LA PRÉVALENCE D’AUTRES LABELS
Comme pour toutes les autres filières, l’élevage avicole bio est encore très dépendant du coût de l’énergie, que ce soit pour l’aliment, le démarrage, le fonctionnement des structures… Les hausses du coût de l’énergie, tout comme la hausse des matières premières bio en 2022, ont un impact très fort sur les coûts de production et rendent la volaille bio moins attractive vis-à-vis d’un label rouge ou plein air plus économique pour les consommateurs.
LA NOUVELLE RÉGLEMENTATION DE 2022 MAL ANTICIPÉE
Deux mises en application de modifications marquantes du cahier des charges bio en janvier 2022 impactent la filière :
1. La fin de l’autorisation d’utilisation de matières premières non bio riches en protéines à hauteur de 5 % (MS) lorsque des aliments bio ou en conversion ne sont pas disponibles pour les volailles, qui cause une difficulté pour équilibrer des rations très riches en protéines, et donc une augmentation du prix de l’aliment.
2. La fin de la dérogation permettant de rentrer des poulettes non biologiques qui respectaient simplement les articles du cahier des charges, à savoir le volet alimentation et prophylaxie. Désormais les poulettes prêtes à pondre doivent être élevées en bio avec des limites de densité par bâtiment, des aménagements dans les bâtiments et des parcours minimum avec obligation de sorties sur au moins un tiers de leur phase élevage de poulettes.
Les élevages de poulettes n’ont pas anticipé pour choisir d’arrêter d’approvisionner la filière bio ou de rentrer dans le processus de mise aux normes causant un creux momentané dans l’approvisionnement des élevages bio en poules pondeuses avec des augmentations de prix.
GRIPPE AVIAIRE
La grippe aviaire et les mesures qui découlent de sa présence dans les élevages ne sont pas nouvelles (l’ouest de l’Occitanie est touché depuis 2016). Pour autant, depuis 2022, ce sont dorénavant des secteurs comme les Pays de la Loire qui sont très touchés, or ce sont les régions où sont concentrés les élevages de reproducteurs, multiplicateurs et souvent d’élevages de poulettes.
Comme la majorité des poules pondeuses utilisées en élevage sont produites par des exploitations hors région Occitanie, les impossibilités de flux d’animaux dans les régions touchées ont donc fortement impacté la région.
Mais le problème de la grippe aviaire reste surtout structurel avec un manque d’adaptation des mesures de biosécurité des petits ateliers. Cela se matérialise par un manque d’installation dans certains secteurs très touchés (notamment l’ouest du Gers).
Par Sara Brunel, Interbio Occitanie
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