L’Agriculture Biologique : un levier stratégique de la souveraineté alimentaire en Occitanie

Le 23 janvier 2026, dans le cadre du grand débat sur la souveraineté alimentaire régionale, Interbio Occitanie a participé à la réflexion en rédigeant un document de contribution. Notre conviction est claire : l’agriculture biologique n’est pas une simple variable d’ajustement ou une “niche qualitative”, mais une réponse structurelle aux défis de notre région.

En tant que première région bio de France, avec près de 14 700 producteurs et 600 000 hectares engagés (soit 22 % de la surface bio nationale), l’Occitanie dispose d’un atout majeur pour construire son autonomie.

1. Une véritable indépendance productive et climatique – La souveraineté alimentaire ne se limite pas à produire ce que nous consommons : elle exige de garantir notre indépendance vis-à-vis des intrants importés et de préserver notre capital de production. L’agriculture biologique permet de réduire drastiquement notre dépendance aux énergies fossiles et aux produits chimiques de synthèse (engrais, phytosanitaires). Elle favorise également une véritable autonomie protéique grâce à l’introduction de légumineuses, et garantit l’autonomie des élevages en maximisant la valorisation de l’herbe.
Face aux sécheresses et aléas qui menacent notre agriculture, la bio agit comme un modèle d’adaptation préventif. L’absence de produits chimiques préserve la qualité de notre eau, tandis que l’apport en matière organique rend nos sols beaucoup plus résistants à la sécheresse et à l’érosion.

2. Relocaliser la valeur sur notre territoire – Pour Interbio Occitanie, la souveraineté implique qu’une juste répartition de la valeur reste sur notre territoire. Cela passe par deux leviers majeurs :
• La commande publique : La Région Occitanie s’est fixé un objectif ambitieux de 30 % de produits bio dans les lycées d’ici 2027 (allant au-delà des 20 % de la loi Egalim). Cela crée un débouché stable, déconnecté des fluctuations mondiales, pour nos producteurs locaux.
• La structuration des filières locales : Il est indispensable de soutenir nos outils de transformation et de stockage (silos, légumeries, abattoirs) pour éviter que nos matières premières ne partent être transformées ailleurs.

Nos 4 préconisations pour sécuriser l’avenir – Alors que la France observe pour la première fois un solde négatif entre les nouvelles conversions et les arrêts en bio, l’Occitanie doit impérativement maintenir son cap. Dans notre contribution, nous portons 4 recommandations d’actions concrètes :
1. Soutenir le maintien des exploitations bio actuelles : via des aides directes, un appui technique ou encore des solutions durables pour l’accès à l’eau, afin d’éviter la perte de surfaces.
2. Sécuriser les débouchés : en renforçant l’introduction du bio local dans tous les circuits de distribution (restauration hors domicile, magasins bio, grande distribution et vente directe).
3. Investir dans nos infrastructures : en accompagnant financièrement les outils de collecte et de transformation régionaux.
4. Communiquer : en rappelant aux consommateurs les avantages vitaux d’une production ancrée sur notre territoire.

Ensemble, faisons de l’agriculture biologique le socle d’une souveraineté alimentaire durable pour l’Occitanie !