RETOURS D’EXPÉRIENCES DE JOURNÉES TECHNIQUES ORGANISÉES DANS LE TARN ET L’AVEYRON
Depuis 1959, Météo France observe un net réchauffement, avec une augmentation des températures moyennes annuelles de l’ordre de 0,3°C par décennie pour l’Occitanie couplée à une augmentation du nombre annuel de journées chaudes (températures max. >25°C). Les précipitations sont quant à elles en légère baisse malgré de fortes variabilités d’une année à l’autre.
Les conséquences de ces évolutions se font déjà ressentir au niveau des exploitations pour lesquelles des pistes d’adaptation semblent se dégager tant sur la voie végétale qu’animale. Retour sur les travaux menés en système bovin viande AB autour de cette thématique sur les départements du Tarn et de l’Aveyron.
QUELS IMPACTS POUR LES SYSTÈMES D’ÉLEVAGES ?
PRÉVISIONS : LES SCÉNARIOS PROBABLES SELON LE PROJET AP3C
Porté par le SIDAM, AP3C (Adaptations des pratiques culturales au changement climatique) a été lancé en 2015 avec pour ambition d’obtenir des informations localisées pour une analyse fine des impacts du changement climatique sur le territoire. L’objectif : adapter les systèmes de production du Massif central et sensibiliser l’ensemble des acteurs.
Même s’il s’agit bien de tendances, le projet AP3C nous permet d’envisager l’évolution du climat d’ici 2050. Les températures moyennes annuelles vont augmenter jusqu’à 2°C sur certains secteurs d’Occitanie. Seuls quelques territoires marginaux ayant des altitudes supérieures à 1300 ou 1400 mètres seraient épargnés.
Les précipitations vont également évoluer à la hausse ou à la baisse d’un ordre de grandeur de -90mm à +50 mm en 50 ans en fonction des secteurs. Il faudra également surveiller l’évolution de leur répartition sur une année.
ASSÈCHEMENT DES SOLS
L’humidité moyenne des sols est un paramètre affecté par le changement climatique. Le graphique (fig.1) illustre la variation de l’humidité des sols annuelle entre 1961 et 1990 en Occitanie. La moyenne est représentée par la courbe verte, les deux autres courbes correspondent aux records d’humidité et de sécheresse des sols.

Ce deuxième graphique (fig.2) montre des prévisions pour 2021-2050 (scénario SRES A2), l’humidité moyenne des sols se situerait entre les moyennes actuelles et les records de sécheresse. La période critique augmenterait de 2 à quasiment 5 mois (soit de mi-juin à début novembre).

VITESSE DE CROISSANCE DE L’HERBE
Selon l’étude de l’INRA faite à St Girons (09), la vitesse de croissance de l’herbe sera plus importante dans les hivers futurs, de plus en plus doux. En revanche, sur le printemps et l’été, la vitesse de croissance de l’herbe sera plus limitée. Par exemple, au 180ième jour (passage du printemps à l’été), la vitesse de croissance de l’herbe, jusqu’alors évaluée à 40 kg/ha/jour sera de l’ordre de 20 kg/ha/jour, soit deux fois moins importante. (fig.3)
L’humidité des sols et la croissance de l’herbe sont des paramètres qui touchent directement les systèmes d’élevage, éleveurs et conseillers vont devoir s’adapter rapidement afin de passer au mieux cette transition.

QUELS LEVIERS EN SYSTÈMES RUMINANTS AB EXPÉRIMENTÉS PAR LA FERME EXPÉRIMENTALE DE THORIGNÉ D’ANJOU ?
75 mères Limousines et leur suite
SAU 145 ha dont 84% de surface fourragères pluviométrie limitée 675 mm/an
1.1 UGB/ha de SFP
pH acide 6.1
2.8% de MO
Département du Maine-et-Loire (30 min au nord-ouest d’Angers)
Sols limono-sableux peu profonds (50 cm)
Excès d’eau hivernal et sécheresse prolongée en été
Les Chambres d’agriculture de l’Aveyron et du Tarn ont organisé le 07/12/21 à Valdériès (Tarn) une journée dédiée à la résilience des systèmes bovin allaitant face au changement climatique ; à cette occasion, la Ferme expérimentale de Thorigné d’Anjou a été invitée à témoigner de son expertise de près de 20 années de conduite en AB. La visite d’un éleveur récemment converti en bio a permis d’illustrer les propos du matin. Retour sur les points clés de ces interventions.
Thorigné d’Anjou est une ferme expérimentale exclusivement conduite en AB depuis plus de 20 ans. Créée à l’initiative de la Chambre d’Agriculture du Maine et Loire, cette SARL regroupe aujourd’hui douze organismes partenaires. Elle souhaite faire preuve de sa rentabilité économique dès le départ, et recherche une adéquation entre les animaux produits et le marché. Elle se distingue de ce fait par son autonomie quasi totale (en matière sèche, énergie, protéines), et la commercialisation de 100% des animaux dans la filière BIO. La fertilité des sols est aggradée depuis 15 ans grâce à la rotation qui constitue le pilier du fonctionnement agronomique.
Bertrand Daveau, ingénieur à Thorigné d’Anjou a présenté lors de la matinée les différents leviers testés pour s’adapter aux changements climatiques.
DIVERSIFIER LES RESSOURCES POUR GAGNER EN RÉSILIENCE
Les conditions pédo-climatiques de Thorigné rendent complexe la mise à l’herbe et contribuent à ralentir la minéralisation au printemps et la nutrition azotée des cultures et prairies.
=> Des prairies à flore variée (PFV) pour gagner en rendement et en robustesse
La ferme dispose de 50% de prairies naturelles et 50% de prairies temporaires avec un objectif de 30% de légumineuses dans ces dernières. Les mélanges sont implantés pour une durée de 5 ans avec une exploitation en pâture dominante.

Les PFV se sont montrées plus productives que des mélanges RGA/trèfle blanc (+1.5 TMS/ha/an) en particulier sur le 1er cycle, avec des valeurs alimentaires adaptées aux besoins du troupeau (0.92 UFL et 153 g/kg MS de MAT en moyenne sur la saison). Des essais sont en cours pour tester des mélanges avec plusieurs variétés par espèces pour gagner en robustesse.
=> Des mélanges céréales – protéagineux (CERPRO) ensilés pour sécuriser les stocks hivernaux
Pour faire du fourrage d’hiver, la production d’ensilage d’un mélange de triticale / pois / vesce est un levier intéressant. Le triticale s’avère la céréale la plus robuste et adaptée à la ferme (vs blé, seigle, épeautre) pour un double objectif : produire du grain et de l’ensilage.
Le mélange retenu dans les essais est à dominante céréales avec 290 grains/m2 de triticale et 15 grains/m2 de pois fourrager et autant de vesce. Il est semé en octobre et récolté fin juin en ensilage (stade laiteux-pâteux de la céréale) avec un objectif biomasse. Sur 15 ans d’expérimentation, il s’est montré plus productif que le maïs ensilage (8.8 TMS contre 7.7 TMS) avec moins de variabilité inter-annuelle. Les valeurs alimentaires (0.77 UFL, 60 g/kg MS PDIN et 65 g/kg MS PDIE) sont adaptées à des bovins à besoins modérés.


=> Une implantation des prairies sécurisée par des semis sous-couverts
Cette technique permet de combiner les 2 leviers précédents. Les implantations se font à la mi-octobre. Un semoir à double caisson permet en un seul passage de semer le mélange CERPRO et la PFV à 2 profondeurs différentes. Un passage de rouleau a lieu après le semis.
La composition et la densité du CERPRO varie en fonction du mode de récolte. Pour ensiler, le mélange comprend 300 grains/ m2 de triticale + 15 grains/m2 de pois fourrager et autant de vesce. En grain, il y a seulement du triticale (300 grains/m2) et du pois fourrager (20 grains/m2). La PFV est semée à 27 kg/ha.
Le semis sous-couvert a permis dans ces essais un gain de rendement sur 2 ans de + 20-30 %MS produite grâce au CERPRO. Les prairies sont moins sales et cette technique permet d’économiser des passages d’engins donc de limiter le coût de mécanisation.
A terme, l’idée est d’élargir la gamme des CERPRO utilisés (nature/ date de récolte) tout en maintenant des prairies sous couvert.
A noter que pour favoriser l’accès à la lumière des légumineuses dans le cas d’une récolte en grain, il est nécessaire de dégager les chaumes dès que possible en faisant passer des animaux rapidement après la récolte.

Crédit photo : CDA81
DES LEVIERS DE RESILIENCE SUR LE VOLET ANIMAL
La ferme expérimentale de Thorigné d’Anjou a fait évoluer son système d’élevage en jouant sur l’improductivité, les périodes de vêlages, l’intensité du pâturage et le modèle animal.
=> Limiter l’improductivité grâce à une mise à la reproduction cadrée
Concernant la gestion de la reproduction, l’objectif principal reste d’avoir des vêlages groupés sur deux périodes strictes (du 1er/03 au 30/04 et du 1er/09 au 30/10). Toutes les vaches vides sont réformées, ce qui induit un taux de renouvellement élevé (30%). Cela permet de profiter du progrès génétique et de produire des carcasses de vaches faciles à engraisser (âge moyen à l’abattage : 5 ans).
Les taux de gestation sont plutôt satisfaisants : 88% sur les multipares et 91% sur les génisses avec un premier vêlage à 24 mois. L’IVV moyen sur les 20 dernières années est quant à lui de 368 jours.

L’âge au vêlage est un critère qui a évolué assez récemment au niveau de la ferme, avec un passage de 30 à 24 mois. A ce jour, aucune différence significative n’a été observée sur les productions laitières et les taux de gestation. Pour la mise à la reproduction, il faudrait idéalement des animaux présentant un poids de 420 kg. Cependant, ce sont surtout les rations qui sont adaptées afin que les animaux maintiennent des croissances suffisantes (ajout d’1 kg de triticale/pois).
=> Evolution du modèle animal : diminuer les durées et coûts de finition
Sur les 15 dernières années, les poids carcasses, la durée de finition et la quantité de concentré ont augmenté, entraînant une augmentation substantielle du coût alimentaire, les derniers kg produits étant les plus coûteux. Ce constat a conduit la ferme à orienter ses essais vers une diminution du gabarit des animaux ; d’autres facteurs y ont contribué : une demande de l’aval pour des carcasses plus légères (mise en barquettes) et des attentes consommateurs tournées vers plus pâturage et moins de compétition feed/food. « Aujourd’hui, notre troupeau donne des carcasses de 500 kg pour les boeufs et de 440 kg pour les vaches de réforme, et nos rations mobilisent 600 à 700 kg de concentrés en finition. Nous étudions plusieurs pistes pour produire des animaux jeunes et finis de 400 à 450 kgc ».

Voici les principales pistes : travailler la génétique des taureaux limousins (avec une orientation mixte-viande), réduire l’exigence de finition à l’abattage tout à maintenant les qualités organoleptiques de la viande, disposer d’animaux « jeunes » en finition pour une meilleure efficience alimentaire. Une piste plus exploratoire passe aussi par l’utilisation d’un taureau Angus pour les premiers vêlages.
A ce propos, il est utilisé sur les génisses Limousines (uniquement en croisement terminal). afin de produire des boeufs et génisses croisées finis à 24 ou 27 mois selon la période de naissance. Les premiers animaux croisés Limousins/Angus sont nés au printemps 2020 L’objectif visé : sortir des animaux à 350-400 kg de carcasse en ramenant de la précocité en gras.
Les premiers résultats semblent encourageants avec des performances proches des objectifs et une réduction drastique des consommations de concentré. L’accumulation des données au fil des années permettra de consolider les itinéraires techniques et de mesurer la pertinence technico-économique de cette pratique.
=> Finition des animaux : optimiser le pâturage pour économiser un maximum de concentrés
Le pâturage représente 50% de la consommation moyenne des bovins sur l’année, les stocks d’herbe 32%, l’ensilage 11% et les céréales produites 7%.
Sur la phase de finition, l’enjeu reste la densité énergétique avec une ration à 0.85 UFV/kg MS ingérée. Seule l’herbe pâturée de printemps permettant d’atteindre cet objectif, l’engraissement au pâturage reste limité (densités énergétique et protéique de l’herbe pâturée trop faible à partir de juin et sur l’été pour un engraissement à l’herbe à 100%). La ration d’engraissement distribuée est constituée de 8,5 kg MSI/jour d’enrubannage de prairie à flore variée et de 4,5 à 5 kg brut/j de triticale/pois.
Concernant les travaux en cours, la ferme teste le pâturage hivernal avec des animaux en croissance de 1 à 2 ans (pâturage + foin). De décembre 2021 à fin février 2022, 25 ha ont été pâturés par 20 bovins avec un chargement moyen sur la période de 0,5 UGB/ ha et un déplacement des animaux tous les 6/7 j. Ceci a permis une économie de paille et de 8 T de foin, tout en maintenant des croissances de l’ordre de 500 à 550g/j. Un bénéfice de ce pâturage hivernal s’observe également dans la possibilité de créer un décalage précoce des stades de végétation, dans un contexte marqué par des pousses explosives de plus en plus précoces au printemps, ceci facilite l’action de déprimage. De plus, des parcelles
pâturées l’hiver disposent de zones mises en défens pour pouvoir mesurer l’impact de ce pâturage hivernal. Sur ce premier hiver, plutôt favorable en termes de conditions météos, le pâturage hivernal ne semble pas avoir altéré la productivité globale (hiver + printemps) de ces prairies.
Si vous souhaitez en savoir plus sur les travaux de la ferme de Thorigné d’Anjou :
=> Chaine Youtube : bit.ly/3JEG7Kq
=> Page Facebook : bit.ly/3zIRuwf

Crédit photo : CDA81
TÉMOIGNAGE D’ÉLEVEUR SUR LES LEVIERS D’ADAPTATION MIS EN PLACE
VISITE CHEZ DAVID NÈGRE, ÉLEVEUR RÉCEMMENT CONVERTI À ANDOUQUE
La transposition des expériences menées aux conditions pédo-climatiques de notre région a constitué le fil rouge de l’après-midi. David Nègre éleveur de vaches allaitantes de race Limousine récemment converti a reçu le groupe sur son exploitation située à Andouque dans le Ségala tarnais.
David est sensible aux impacts du changement climatique, et ses efforts sont tournés vers une cohérence plus forte entre ses pratiques et son environnement.
Au niveau des leviers agronomiques, l’éleveur vise une rotation longue (6 ans minimum), alternant prairies en mélange (3 à 4 ans), méteils grains (2 ans) et luzerne, et mène une réflexion sur la diversification des espèces prairiales et des cultures de grains autoconsommés (triticale/pois, orge protéagineux et épeautre). Il réalise des plantations de haies tous les ans, tant pour la biodiversité que pour la fourniture d’abris pour les animaux, avec des espèces résistantes (micocoulier, chêne vert, chêne sessile..)
Du point de vue zootechnique, la mixité de races l’amène à considérer les avantages et inconvénients de chacune en terme de conduite. La race gasconne a des besoins alimentaires réduits du fait de son gabarit ; elle résiste mieux à la chaleur en plus de son adaptation à la topographie du site. L’éleveur mène une réflexion sur la saisonnalité des vêlages avec le passage d’une seule période (automne), à 2 périodes (automne / fin d’hiver), pour économiser l’alimentation des mères.
David finit la majorité de ses animaux : vaches, génisses, boeufs. Les femelles partent à la reproduction et pour l’auto-renouvellement du troupeau, tandis que les mâles sont vendus en broutards (non repoussés) et en boeufs. Les femelles ont une ration basée sur moitié foin de luzerne, moitié foin de prairies, soutenue en énergie. Les boeufs sont conduits en extensif, avec du pâturage hivernal. Pour améliorer la finition des animaux, David réfléchit à pré-engraisser ses animaux avec une part significative d’herbe pâturée ; dans la même logique, il démarre des croisements avec la race Angus (Gascon / Angus), afin de raccourcir la durée de finition.
A l’avenir, David vise plusieurs priorités : construire un système de plus en plus herbager, optimiser la finition des animaux à l’herbe, améliorer la biodiversité sur son exploitation (agroforesterie), et renforcer la rusticité de son troupeau avec la race Gasconne. La question du travail est un enjeu fort également, pour le bien être de l’éleveur : elle passe par une meilleure gestion des lots d’animaux et l’organisation d’un pâturage tournant performant.
CH I F F R E S C L É S
Installation en 2005 sur la ferme familiale
2 UTH
SURFACES :
164 ha dont 102 ha PP, 17 ha luzerne, 29 ha PT
15 ha de méteils grains autoconsommés.
CHEPTEL :
84 vaches dont 50 Limousines et 30 Gasconnes
soit 1,05 UGB/ha
PRODUCTION :
Boeufs, génisses de reproduction,
vaches engraissées, broutards
FAITS MARQUANTS DE LA FERME :
Installation en 2005 sur la ferme familiale
Introduction de la race Gasconne (2013), plus rustique et adaptée aux coteaux séchants. Introduction de luzerne (autonomie protéique).
Conversion sol-troupeau en 2020 pour gagner en autonomie, arrêter les phytos et valoriser tous ses animaux en bio.
Démarrage d’une production de boeufs gascons (en pur et croisés Limousin / Charolais) finis à l’herbe.
Projet d’arrêter la production de broutards et diminuer les vaches.
ECONOMIQUE :
EBE de 76 651 € en 2021
Peu d’emprunts
EBE/Produits = 56%.
FAISABILITÉ DE LA FINITION DES BOVINS ALLAITANTS BIO À L’HERBE
Dans ce contexte de changement climatique, certains éleveurs commencent déjà à s’adapter en s’orientant vers des systèmes plus économes et autonomes. Dans cette optique, l’APABA accompagne un groupe d’éleveurs de vaches allaitantes désireux de finir les animaux à l’herbe ou du moins maximiser la part du pâturage dans la phase d’engraissement, afin de supprimer ou de réduire l’utilisation de concentrés.
Cet accompagnement se traduit par du suivi individuel mais également par des journées collectives. Le groupe aveyronnais s’est notamment déplacé en Corrèze chez Jacques GAUVREAU, éleveur de Limousines qui maîtrise la finition à l’herbe depuis de nombreuses années.
Une seconde journée collective s’est déroulée chez Jérôme ALBOUY (membre du groupe suivi par l’APABA), éleveur de Limousines/ Angus à La Salvetat Peyralès (12440) avec la participation d’un groupe d’éleveurs du Limousin et du Cantal. Les objectifs de la journée étant de découvrir son exploitation puis d’identifier les leviers et pistes d’améliorations de son système de pâturage afin qu’il puisse y intégrer la finition à l’herbe.
Suite à cette journée, Jérôme a décidé d’implanter dans son système de pâturage une à deux parcelles parkings sur lesquelles il pourra affourager l’été s’il n’y a plus de disponibilité en herbe. Une bascule et un parc à contention seront intégrés sur une de ces parcelles afin qu’il puisse peser pour faire des GMQ à l’herbe et intervenir sur les animaux sans ramener le troupeau sur le site de la ferme. L’idée est également de mettre en place un système de pâturage tournant dans lequel ces parcelles parkings seront centrales par rapport aux autres paddocks. Pour le moment, Jérôme n’est pas en rythme de croisière. Il fait varier sa taille de paddocks, le temps de séjour, etc…afin de trouver le schéma qui lui convient le plus.
L’APABA accompagne le groupe d’éleveurs sur la finition à l’herbe depuis maintenant un an, le suivi va continuer mais il est déjà possible de dégager quelques éléments et de tirer des conclusions :
=> Il n’y a pas de modèle type ; la mise en place de la finition à l’herbe est propre à chaque exploitation,
=> Finir un animal avec une ration 100% herbe n’est pas possible sur certains secteurs,
=> Il est important d’adapter le chargement au potentiel des prairies
=> Cette pratique demande beaucoup de technicité sur l’entretien des prairies (choix des espèces, restauration avec le sur semis,…), sur la conception des paddocks et sur la conduite des lots d’animaux.
A travers l’accompagnement du groupe d’éleveurs, d’autres leviers d’adaptation aux aléas climatiques ont été mis en avant, notamment l’agroforesterie, qui présente plusieurs avantages :
=> Ombre au pâturage
=> Maintien de l’humidité dans le sol
=> Possibilité de donner la feuille et donc de pouvoir résister à la sécheresse sur quelques journées sans avoir à utiliser des stocks.
=> Possibilité de se diversifier si plantation d’arbres fruitiers
=> Possibilité de valoriser le bois : plaquettes, bois d’oeuvre, …
Après cette formation, certains éleveurs ont pris contact avec l’association” Arbres, Haies et paysages d’Aveyron” afin d’étudier la possibilité d’implanter un projet d’agro-foresterie sur leurs fermes.
CONCLUSION
En conclusion, les effets du changement climatique sont déjà visibles sur les fermes d’Occitanie. La diversité et la complémentarité des ressources fourragères est une voie intéressante pour sécuriser le système et des pistes sont à explorer pour optimiser la conduite du troupeau.

Par Marion Fustinoni, Chambre d’agriculture de l’Aveyron, Caroline Auguy et Stéphanie Camazon, Chambre d’agriculture du Tarn et Louis Garrigues, APABA les bios de l’Aveyron
Crédits photos : CDA 81, APABA, Shutterstock