L’année 2018 a été marquée par de multiples études sur la filière bovins lait bio en Occitanie. C’est ainsi l’occasion de faire le point sur l’accompagnement nécessaire à mener à destination des éleveurs pour soutenir la dynamique de conversion que l’on observe depuis quelques années suite au développement des projets des acteurs de l’aval de cette filière. Vous trouverez dans ce dossier : une caractérisation des élevages bovins lait bio en moyenne montagne (APABA), les facteurs de résilience de ces élevages (projet Résilait, INRA), l’évolution de la vulnérabilité lors de la conversion en bio (thèse de Maëlys Bouttes, INRA) et la description d’un outil de simulation de la robustesse des fermes face aux aléas climatiques (projet Optialibio).
ETUDE 2018
Caractérisation d’élevages bovins lait biologiques de moyenne montagne
Les résultats et données présentés dans cet article sont issus d’une étude réalisée en 2018 par l’Association pour la Promotion de l’Agriculture Biologique en Aveyron (APABA) auprès de 17 fermes bovines laitières de l’Aveyron et du Lot conduites en Agriculture Biologique.
Cette étude avait pour objectif d’évaluer les pratiques et performances des différents systèmes, de mettre en lumière les stratégies cohérentes permettant une rémunération maximale de la main d’œuvre et de réaliser des focus spécifiques sur les thématiques du travail et de l’évolution des systèmes après la phase de conversion. Seuls les résultats de l’étude concernant la caractérisation des systèmes et leurs performances sont présentés ici. Les autres thèmes seront développés dans le prochain magazine des Pratiques Techniques Innovantes de l’APABA. Ces données permettent aux éleveurs ayant un projet de conversion d’avoir des références technico-économiques sur des systèmes de moyenne montagne et de s’interroger sur la durabilité du système qu’ils désirent mettre en œuvre lors de leur passage en AB.
▷ LES SYSTÈMES IDENTIFIÉS
La production laitière (litres/Vache Laitière/an) et la part de maïs dans la Surface Fourragère Principale (SFP) des fermes ont été utilisés pour répartir les exploitations en quatre principaux systèmes et construire ainsi la caractérisation. Les principaux repères techniques de ces systèmes sont présentés dans le tableau ci-dessous.


▷ ANALYSES DES PERFORMANCES ÉCONOMIQUES
Afin de réaliser une analyse des performances de chaque système, trois indicateurs de performances économiques ont été calculés pour chaque système. Ces indicateurs ont été développés par les Réseaux d’Agriculture Durable et CIVAM afin d’analyser la durabilité des fermes et plus globalement des systèmes de production. La figure ci-dessous présente les résultats pour les différents groupes ainsi qu’une échelle de performances croissantes allant du rouge au vert.

▶ L’autonomie économique permet de mesurer le niveau de charges et par conséquent la dépendance des fermes vis-à-vis de l’extérieur pour ses besoins de production (alimentation et frais d’élevage). Cet indicateur est calculé à partir de la marge brute globale qui est égale au produit de l’activité auquel les charges opérationnelles sont soustraites.
▶ L’efficacité économique traduit la capacité des fermes à maximiser leurs produits tout en limitant leurs coûts. Cet indicateur est calculé à partir de la valeur ajoutée. Il correspond au produit de l’activité moins les charges liées à la production (total des charges hors main d’œuvre, amortissements, fermages et impôts).
▶ L’autonomie financière permet de mesurer la maîtrise des investissements. En effet, elle met en évidence la dépendance des fermes vis-à-vis des financements extérieurs (emprunts). Elle est calculée à partir de l’Excédent Brut d’Exploitation (EBE) consolidé (somme de l’EBE et de la rémunération des exploitants).

▷ DEUX SYSTÈMES MIS EN ÉVIDENCE
L’étude réalisée met en évidence deux systèmes. En effet, les indicateurs de performance technico-économique sont plus clairement favorables pour les exploitations du système «Herbager» et «Herbe/Maïs». Par rapport au système Herbager, les coûts de concentré du système Herbe/Maïs sont compensés par une augmentation de la production laitière. Cela permet également de générer un produit lait plus élevé. Le système «Maïs dominant» se positionne comme étant le système le plus à risques. Les coûts de production élevés engendrés par l’achat de correcteur azoté et de l’aliment de production ne sont pas accompagnés par une augmentation suffisante de la production laitière.
Cependant, le système n’est pas le seul facteur influençant les performances technico-économiques des élevages bovins biologiques. En effet, la maîtrise des investissements et des charges, indépendamment du système d’exploitation, influent directement sur la valeur ajoutée produite. À titre d’exemple, dans l’étude conduite par l’APABA, l’autonomie financière explique 30% de la valeur ajoutée. Pour dégager une bonne valeur ajoutée, il faut chercher à rester le plus sobre possible, dansun contexte où les exploitations ne peuvent pas répercuter les hausses de charges sur les prix de vente. Il est important de nuancer les résultats obtenus. En effet, l’effectif des échantillons par système est relativement faible. L’ambition de l’étude portée par l’APABA étant seulement de donner des éléments de réflexion sur les systèmes biologiques bovins laitiers. De plus, l’ensemble des systèmes n’est pas représenté par ce groupe de dix-sept fermes. En 2014, un système herbager économe et autonome avait été mis en lumière. Malheureusement, les fermes de ce système n’ont pu pas être enquêtées en 2018.

PROJET CASDAR RESILAIT
Facteurs de résilience des élevages bovins lait biologiques
Porté par l’institut de l’élevage (IDELE), l’institut technique de l’agriculture biologique (ITAB) et en partenariat avec l’Institut National de la Recherche Agronomique (INRA), le projet CASDAR Résilait a notamment pour objectif la mise en évidence de facteurs de résilience pour les élevages laitiers bovins biologiques.
86 exploitations converties depuis plus de 5 ans à l’AB ont été enquêtées au cours de l’hiver 2017. Ces enquêtes visaient à identifier ces facteurs de résilience à dires d’éleveurs d’une part (1) et par analyse statistique de données quantitatives récoltées sur les exploitations d’autre part (2). Concernant les données quantitatives, les éleveurs ont renseigné au cours du temps les valeurs prises sur leurs exploitations pour un ensemble de variables de structure (main d’œuvre, SAU, taille du cheptel etc.) et un ensemble de variables de pratiques (gestion du troupeau, de l’assolement etc.). De plus, les éleveurs ont évalué au cours du temps leur satisfaction d’un point de vue agronomique, zootechnique, économique et social. C’est cette évaluation qui a permis de caractériser la résilience des exploitations. En effet dans le cadre de ce travail la résilience est définie comme étant le maintien au cours du temps de l’exploitation dans un état satisfaisant pour l’éleveur. Cet article présente une partie des résultats obtenus.

▷ LA RÉSILIENCE, UN CONCEPT NOUVEAU POUR LES ÉLEVEURS
Lors des enquêtes, les éleveurs ont été amenés à donner leur définition du terme ‘Résilience’ et à discuter de ce qui selon eux participe ou non à la résilience d’un élevage laitier biologique. La synthèse des enquêtes a permis de mettre en évidence, à dires d’éleveurs :
▶ Des indicateurs de la résilience : éléments qui selon les éleveurs mesurent la résilience d’une exploitation
▶ Des facteurs et des leviers : éléments qui selon les éleveurs permettent d’améliorer la résilience d’une exploitation.
Le degré d’autonomie, la viabilité économique, et la cohérence globale dans la gestion des exploitations (l’adaptation des objectifs aux moyens de production et la baisse du niveau d’intensification d’utilisation des ressources disponibles) sont retenus comme principaux indicateurs de la résilience. La durabilité importe également aux éleveurs particulièrement dans le sens de la transmissibilité de leurs exploitations. Ces indicateurs sont favorisés par différents facteurs internes ou externes aux exploitations tels que le prix du lait payé aux producteurs, l’équilibre sol-troupeau ou encore la place accordée à l’herbe (pâturage et fourrages) dans le système. La figure 1 ci-dessous schématise ces résultats.

▷ ACCORDER UNE PLACE PLUS IMPORTANTE À L’HERBE
Les résultats de l’analyse statistique montrent que les élevages herbagers économes et autonomes sont les plus résilients. Ainsi, avancer la date de mise à l’herbe et augmenter la durée de pâturage exclusif améliore la satisfaction économique et la satisfaction sociale des éleveurs. De plus diminuer la surface en maïs, augmenter la surface en prairies, augmenter la surface accessible au pâturage et augmenter la durée de pâturage exclusif permettent d’améliorer la satisfaction agronomique.
L’amélioration de la résilience de ces exploitations semble donc passer par une augmentation de la place accordée à l’herbe ce qui concorde avec les résultats de l’étude de la perception de la résilience. La bonne maîtrise du pâturage nécessite de l’expérience et des compétences spécifiques de la part de l’éleveur.
▷ Dans un contexte où les exploitations laitières biologiques sont soumises à un ensemble de risques (forte concurrence de la part de voisins européens, augmentation des charges etc.), penser la résilience de ces exploitations semble essentiel. Les exploitations en conversion, contraintes par le cahier des charges de l’AB à l’adoption de nouvelles pratiques, sont en ce sens-là particulièrement concernées : anticiper ces changements en actionnant les leviers de la résilience pour améliorer le fonctionnement des exploitations.
ENTRETIEN
La conversion à l’AB pour améliorer sa situation
Une étude de chercheurs de l’INRA de Toulouse auprès de 20 fermes bovines laitières en Aveyron montre que les agriculteurs s’étant engagés en bio en 2016 y voyaient une solution pour préparer l’avenir. Le suivi de leurs conversions montre des bons niveaux de satisfaction vis-à-vis de leur situation en fin de conversion, à condition d’opter pour un mode d’élevage franchement tourné vers l’herbe et le pâturage.

▷ PASSER EN BIO POUR VOIR PLUS LOIN
En 2016, les éleveurs laitiers vivaient une crise historique du secteur marquée par une chute drastique du prix du lait. Parallèlement, des laiteries cherchaient de nouveaux producteurs bio. Des entretiens auprès de 20 fermes bovines laitières aveyronnaises au début de leur conversion à l’AB (printemps 2016) ont montré qu’au-delà de préoccupations environnementales, économiques ou idéologiques souvent mises en avant, les motivations des éleveurs étaient de trouver des solutions pour se sortir d’une situation conventionnelle compliquée. L’AB leur apparaissait comme un mode de production offrant davantage de perspectives.
Ils percevaient la bio comme moins risquée que l’agriculture conventionnelle, notamment par la perspective de prix plus stables et le soutien de la consommation, permettant ainsi de retrouver la possibilité de se projeter vers l’avenir. Patrice* expliquait ainsi : « ce qui fait basculer, c’est que ce soit un système qui parait plus pérenne, où on peut essayer de faire des prévisions plus sur du court terme mais sur du moyen terme »,
De plus, ils voyaient la bio comme un moyen de développer leur connaissances grâce aux réseaux de pairs et de conseillers actifs en AB, leur permettant ainsi de pouvoir mieux s’adapter à l’avenir. Un éleveur expliquait la bienveillance et la liberté de parole sur les expériences de chacun : «Ça permet d’échanger … quand on se loupe, de dire “j’ai loupé ça, ne pas refaire”, ou “j’ai fait ça pour rattraper”, ou “j’ai fait ça, ça marche bien”, c’est bien.» Dans les entretiens, le poids émotionnel associé au sentiment d’être coincé dans le système conventionnel était souvent évoqué, et les agriculteurs espéraient que la bio contribuerait à améliorer leur satisfaction au travail pour se sentir plus fort face à des aléas futurs. Parmi les différents points évoqués sur ce thème, il ressortait des entretiens l’envie de retrouver un meilleur équilibre travail-vie personnelle en sortant de systèmes saturés en charge de travail qui n’apportent pas de résultats économiques. Les témoignages étaient marqués par les rencontres avec des éleveurs en bio depuis plusieurs années: « on les voit sereins au niveau moral, au niveau travail et au niveau trésorerie.»
Enfin, les éleveurs témoignaient d’un intérêt important à se convertir à l’AB pour leur permettre de transmettre leur ferme et de maintenir des structures laitières familiales sur le territoire aveyronnais.
*Noms transformés
▷ DES ATTENTES SUR LA SUITE DE LA CONVERSION
Certains éleveurs ont fait part de leurs questionnements quant à certains résultats jugés peu satisfaisants. Cela concerne par exemple les modes de gestion à mettre en œuvre pour garantir la qualité et la quantité de lait en ration hivernale, ou encore la qualité des méteils. Tournés vers l’avenir, les éleveurs ont fait part d’attentes pour la suite : par exemple sur la possibilité d’embaucher, l’amélioration de la santé animale et de la gestion pâturage-fourrage, ou encore le lancement d’un autre projet sur la ferme comme la transformation fromagère.
POUR EN SAVOIR PLUS SUR D’OÙ VIENNENT CES RÉSULTATS, ET SUR LES VALORISATIONS À VENIR
Ces résultats s’appuient sur des données d’entretiens en tête à tête avec des éleveurs sur les motivations à passer en bio, sur l’évolution des pratiques et sur la satisfaction des éleveurs en fin de conversion. Ces données ont été collectées par Maëlys Bouttes dans le cadre de sa thèse à l’INRA de Toulouse (2015-2018, manuscrit téléchargeable sur internet). L’analyse a été d’une part qualitative sur les questions de motivations, et d’autre part statistique pour caractériser les évolutions de pratiques et de satisfaction pendant et à l’issue de la conversion. Des vidéos sur le travail de thèse avec des témoignages d’éleveurs seront réalisées d’ici février 2019 et seront en ligne sur le site internet PSDR Occitanie pour les curieux d’en savoir plus !
CASDAR OPTIALIBIO
Un outil d’évaluation de la robustesse des élevages de bovins biologiques face aux aléas climatiques
C’est dans un contexte de développement important de l’agriculture biologique et de changement climatique qu’est né le projet CasDar OptiAliBio. Ce projet a pour but de créer des références et des outils à destination des éleveurs et des conseillers afin d’accompagner des agriculteurs dans leur conversion et la reconstruction de leur système pour le rendre plus robuste face aux aléas climatiques.
L’autonomie alimentaire est une des principales composantes de la robustesse d’une exploitation. Elle se décline sous plusieurs formes : l’autonomie alimentaire massique de la ration totale qui représente la quantité totale de matières sèches produite sur l’exploitation qui est distribuée au troupeau; l’autonomie alimentaire massique en fourrages conservés qui est la quantité totale de fourrages produits sur l’exploitation et distribuée au troupeau; l’autonomie alimentaire massique en concentrés qui représente la part de concentrés produits sur l’exploitation dans l’alimentation du troupeau. En élevage laitier biologique, l’autonomie alimentaire de la ration totale atteint 89% et l’autonomie alimentaire en concentrés 42%. L’autonomie alimentaire d’une exploitation dépend de la configuration du système (assolement, chargement etc.), mais aussi de son adaptation aux aléas climatiques. Dans le cadre du projet OptiAliBio, un simulateur de la robustesse des élevages de bovins biologiques face aux aléas climatiques a été créé. Cet outil va permettre aux éleveurs de repenser leur système lors du passage en agriculture biologique ou en prévision d’un changement dans l’exploitation, et ce, en mettant en évidence les points forts et les points faibles du système d’exploitation. L’outil devra permettre aux éleveurs de simuler des planifications stratégiques à plus ou moins long terme mais aussi des adaptations à effectuer en cas d’aléas climatiques par exemple. Les éleveurs vont pouvoir simuler à moyen terme la robustesse de leur exploitation en faisant varier l’assolement, le cheptel, l’alimentation du troupeau ou l’année climatique. Ces simulations vont permettre à l’exploitant de réfléchir à des solutions pour sécuriser son système fourrager et il pourra tester ces adaptations pour faire apparaître les changements sur différents indicateurs dont le niveau d’autonomie alimentaire, le chargement, le coût alimentaire du troupeau, etc.
L’éleveur va donc pouvoir construire et tester des modifications du système face aux aléas climatiques. Cela permettra ainsi d’aboutir à la conception d’un système robuste qui peut s’adapter à différentes situations.
Le logiciel permet de faire un diagnostic rapide de son niveau d’autonomie alimentaire avant de poursuivre sur l’adaptation de son système aux aléas climatiques et aux changements structuraux. Le logiciel AMIABLE sera disponible début 2019 suite à son lancement officiel et à une journée de formation sur son utilisation.
LE PROJET OPTIALIBIO S’APPUIE SUR DES PARTENAIRES IMPLIQUÉS DANS LE DOMAINE DE L’ÉLEVAGE ET DE L’ENVIRONNEMENT :
▶ Partenaires techniques et scientifiques : Institut de l’Élevage, ABioDoc, ITAB, Ferme expérimentale de Thorigné d’Anjou (49), INRA UR ASTER- Mirecourt, INRA UMR Herbivores (Theix – 35), INRA UMR AGIR (Toulouse), VetAgro Sup Clermont-Ferrand, Ferme expérimentale de Trévarez (29), GAB 22, Chambre d’agriculture de Bretagne, de Normandie, du Cantal et de l’Aveyron, Pôle Agriculture Biologique Massif Central, Lycées agricole Théodore Monod (Le Rheu – 35) et Edgard Pisani (Tulle-Naves – 19), BIOLAIT SA
▶ Partenaires techniques (hors financements CASDAR) Stonyfield France (Marque commerciale «Les 2 vaches» – filiale de Danone et porteur du projet Reine Mathilde) Fédération Régionale d’Agriculture biologique de Bretagne (FRAB)
▶ Partenaires associés au comité de pilotage du projet DGER, RMT Prairies demain
▷ À travers ces études, nous avons pu observer que le passage en bio représente une réelle opportunité pour les éleveurs en terme de bien-être au travail, de défi technique et d’avantages économiques.
Mais ceci ne doit pas rester un objectif en soi car la conversion implique une réflexion intense sur son système d’exploitation, notamment sur la production fourragère. En effet, face aux aléas climatiques de plus en plus présents dans la vie des éleveurs, le développement du système herbager se présente comme une solution à étudier sérieusement. Fort heureusement, les différents acteurs de l’accompagnement des éleveurs bio sont présents sur cette évolution et pourront vous présenter au 1er trimestre 2019 l’ensemble de ces résultats (et même plus car la Chambre d’Agriculture de l’Aveyron apportera en plus les résultats d’une étude sur les coûts de production en élevage bovins lait bio) lors d’une rencontre qui sera organisée en Aveyron (prochainement, plus d’informations sur la rencontre).

Par Alexandre BANCAREL et Delphine CUBIZOLLE de APABA, Maëlys BOUTTES et Guillaume MARTIN de l’INRA UMR AGIR), Ika DARNHOFER de University of Natural Resources and Life Sciences à Vienne en Autriche, Magali SAN CRISTOBAL de l’INRA UMR DYNAFOR, Stéphane DOUMAYZEL et Sandrine VIGUIE de la Chambre d’Agriculture de l’Aveyron, coordonné par Alexandra BANCAREL.
Crédit photo : Interbio Occitanie