COVID-19 – Les filières Bio d’Occitanie à l’épreuve
Lorsque le gouvernement a annoncé le confinement de la population le 16 mars 2020, personne n’était préparé et ce fut pour tous les acteurs économiques comme pour les citoyens un saut dans l’inconnu. Dès les premiers jours, tout le monde a dû s’adapter et faire preuve d’agilité. Alors que la plupart des français se retrouvaient chez eux en famille, les agriculteurs, les entreprises de l’agro-alimentaire et les distributeurs mettaient en place des dispositifs permettant de continuer à nourrir la population.
Les filières bio, en pleine croissance depuis plusieurs années, ont dû faire face aux difficultés : fermeture des marchés, arrêt de la consommation en restauration commerciale et collective, manque de personnel, explosion de la demande en produits de « base », mesures de protection sanitaire. Les organisations de développement se sont activées pour accompagner ceux qui rencontraient le plus de difficultés. Les pouvoirs publics, État comme Conseil Régional, ont pris des mesures structurantes et financières pour aider le plus grand nombre : chômage partiel, prêts garantis par l’État, fonds de solidarité, financements d’investissements simplifiés, aides pour soutenir les initiatives de livraison aux consommateurs…
La mise en place de cellules de coordination ou de crise s’est rapidement imposée dans les réseaux, au sein de l’interprofession bio, Interbio Occitanie, mais aussi avec l’État (DRAAF) et le Conseil régional. Elles ont permis d’avoir un suivi rapide et coordonné des situations difficiles. Les acteurs les plus impactés par la crise sont ceux dont l’activité a été stoppée brutalement : les producteurs commercialisant sur les marchés et les producteurs et entreprises spécialisés dans l’approvisionnement de la restauration collective.
De nombreux producteurs ont recherché comment pallier à la suppression des marchés : les initiatives ont fleuri sur les territoires (cf témoignages ci-dessous) mais aussi au niveau régional à travers la plateforme mise en place par le Conseil régional qui continue à fonctionner (https://solidarite-occitanie-alimentation.fr/). Au-delà de la mise en place de commandes en ligne, de drive fermier, de livraisons, l’enjeu a été d’obtenir la réouverture des marchés avec toutes les précautions nécessaires. Il sera intéressant de suivre dans les mois qui viennent quelles initiatives perdurent et pour quelles raisons.
Pour les entreprises bio de la région, la situation fut très hétérogène entre arrêt d’activité ou surchauffe en fonction des achats des consommateurs en magasin. Elles ont craint la rupture d’approvisionnement en matière première bio mais la chaîne a globalement tenu. La course aux masques (facilitée par la mise en place de commandes groupées par les fédérations professionnelles comme l’AREA ou les chambres consulaires comme la Chambre régionale d’agriculture) ; aux emballages ; les tensions dans les transports avec des tentatives de surenchères tarifaires ; la gestion du personnel avec des arrêts dûs à la garde des enfants en particulier : toutes ces contraintes ont éprouvé les responsables et les salariés des entreprises tout au long de la chaine agro-alimentaire.
L’adaptabilité et la solidarité ont fonctionné pleinement.
▸ Tous les dispositifs d’aides mis à jour à retrouver sur le site d’Interbio Occitanie https://www.interbio-occitanie.com/4342-2/
Par Nancy FAURÉ, Interbio Occitanie