Destruction très superficielle de couverts végétaux avec des outils animés

Retour sur les expérimentations de 2020 en Ariège

Accompagnés par la Chambre d’Agriculture de l’Ariège, ces essais sont menés chez des polyculteurs ariégeois qui se rencontrent régulièrement depuis 2017. La pratique des couverts végétaux en Agriculture Biologique est le fil conducteur de ces rencontres qui mobilisent une dizaine d’agriculteurs. Après la participation aux Rencontres de l’Agriculture Biologique de Conservation (ABC) à Rambouillet en janvier 2020 et l’utilisation répandue des outils animés pour la destruction des couverts végétaux, plusieurs parcelles ont été conduites de la sorte ce printemps.

Essais avec une herse rotative customisée

Des fers plats de 10 cm ont été ajoutés sur toutes les dents d’une herse rotative pour obtenir un effet de scalpage. Précédé d’un broyage dans les 2 jours précédents, cette herse améliorée a réalisé de scalpage très performant dans des couverts végétaux très développés, à 4-5 cm de profondeur. Ce mulch, composé d’autant de résidus végétaux que de terre, a été laissé en surface pendant 3 semaines. La décomposition a été très rapide et l’activité biologique importante. Malgré une surface de scalpage relativement lissée, la présence importante de résidus végétaux, de racines et l’activité biologique ont compensé cette structure compactée en surface.

Les biomasses broyées et restituées sont estimées à respectivement 5 tMS/ha et 8 tMS/ha dans ces couverts végétaux.

Pour détruire les quelques graminées qui avaient repiqué 3 semaines après le premier scalpage, 1 passage de déchaumeur à ailettes a été réalisé, puis un passage de herse plate pour aplanir le terrain. Le semis de soja a été réalisé dans la foulée, au semoir monograine. Les levées ont été assez hétérogènes du fait des 50 mm tombés juste après le semis, mais les résultats ont étés comparables a une préparation classique (labour, herse rotative, semis) : environ 300 00 pieds levés sur 550 000 semés.

Un essai de destruction à la herse rotative customisée a également été réalisé sur prairie permanente, mais le chevelu racinaire reste trop important et la décomposition des plateaux de tallage des graminées est trop lente pour une implantation dans le mois qui suit.

Retours à chaud sur l’utilisation, par Olivier Portefaix chez qui ont été réalisés les essais : « Le scalpage réalisé par la herse rotative customisée est celui que je recherche, avec des résultats très satisfaisant sur des couverts denses et développés. D’un point de vue mécanique, la herse a beaucoup souffert et je me dirige plutôt vers une fraise rotative pour réaliser le même travail. Vraiment dommage que je me sois fait avoir par la pluie, sinon le pense que les levées auraient magnifiques ! Par la suite, le climat n’a pas été en notre faveur et je faire des rendements catastrophiques en conduite ABC comme en conduite classique ».

Au jour de la rédaction de l’article, le soja n’était toujours pas récolté et les rendements seront assurément décevants à cause de la météo. Il n’y a pas eu de pluviométrie significative entre le 15 juin et le 28 août, facteur très compromettant pour la réussite du soja en sec.

Cependant, il n’y a pas eu de différence significative entre les biomasses des sojas conduits en ABC et les sojas implantés classiquement sur l’exploitation (charrue déchaumeuse – herse rotative – semis).

En parallèle, un essai de destruction de couvert végétaux a été réalisé en conventionnel au Gaec de Crabot, début avril. Plusieurs outils ont été testés :
✓ Déchaumeur à disques indépendants,
✓ Déchaumeur à dent équipé d’ailettes,
✓ Fraise rotative,
✓ Herse rotative (classique),
✓ GlyphoMulch.

Afin de comparer 2 outils animés en simulant des conditions printanières, une démonstration de fraises rotatives (ou rotavators) s’est déroulé fin septembre dans un couvert de sorgho fourrager. Les outils de marque CELLI et Horsch étaient présents et avec un travail à 5 cm de profondeur le scalpage a été de 100% de la surface.
En présence d’un couvert végétal en cours de lignification comme le sorgho, la fraise seule ne fait pas un travail satisfaisant, en laissant des morceaux de végétation grossiers qui seront difficiles à gérer par la suite. En ajoutant un rouleau qui plaque la végétation au sol, le travail était correct. Pour des couverts vraiment ligneux, un broyeur frontal semble nécessaire. Toutefois, les couverts qui seront présents au printemps et détruits au plus tard début mai seront peu ligneux et devraient bien se hacher avec un rouleau « plaqueur » et une fraise rotative. À suivre !
Afin de développer ces techniques et amplifier la pratique des couverts végétaux en Agriculture Biologique, le groupe de 12 agriculteurs s’est constitué en groupe 30 000 dans le cadre du programme ECOPHYTO. Situés principalement dans la vallée de la Lèze, le groupe portera le nom « Agriculture Biologique de Conservation : Lèze et Coteaux ». En plus de chercher à améliorer la fertilité biologique des sols, la lutte contre l’érosion sera un des objectifs principaux dans le secteur de la Lèze, particulièrement touchée lors des printemps orageux.