Filière brassicole bio d’Occitanie : point d’étape
Retour sur la réunion régionale de la filière brassicole bio qui s’est tenue le mercredi 11 septembre 2024 dans les locaux de la Malterie Occitane à Saint Sulpice La Pointe (81).
Cette réunion réunissait tous les acteurs de la filière : céréaliers et houblonniers bio, organismes stockeurs, conseillers en développement et techniciens, malteurs et brasseurs.
Dans un premier temps, Amélie Berger d’OCEBIO (association des entreprises bio d’Occitanie) a présenté le contexte et la filière brassicole française de la production par les agriculteurs puis de la transformation par les malteurs et brasseurs, en finissant par la commercialisation et la consommation des bières bio.
Aujourd’hui, 70% des bières consommées en France sont produites sur le territoire mais 91 % du marché est détenu par des grands groupes.
L’Occitanie, comme le reste du territoire bénéficie d’une bonne implantation de brasseries artisanales avec près de 300 entreprises sur l’ensemble de la région. Parmi ces brasseries artisanales, 31 % ont une gamme bio. Dans le Tarn-et-Garonne, 9 brasseries artisanales sont implantées dont une est certifiée en bio en 2023.
Pour la récolte 2024, ce sont environ 2 315 T d’orge brassicole qui ont été collectées par 4 organismes en Occitanie. Ce volume est plus faible que les années précédentes en raison de la diminution des surfaces implantées, suite aux problématiques de possibilités de semis et rendements moindres.
L’orge brassicole est soumise à un cahier des charges spécifique pour être valorisée via cette filière. Les variétés utilisées sont principalement RGT Planet (variété 2 rangs de printemps) et Calypso (variété 2 rangs d’hiver), avec une exigence sur un taux de protéines entre 9,5 et 11,5 % et une PS spécifique.
Pour le maltage de l’orge, l’Occitanie compte deux entreprises basées dans le Tarn : la Malterie du Vieux Silo et la Malterie Occitane.
Concernant la filière houblon, environ 10 ha de houblon bio sont cultivés en Occitanie, ce qui représente 5 % de la surface totale de houblon en France. Un GIEE (Groupe d’Intérêt Economique et Environnemental) Houblon d’Occitanie accompagne la filière, avec un producteur présent dans le Tarn-et-Garonne.
L’installation d’une houblonnière demande des investissements conséquents, de l’ordre de 70 000 €/ha.
A ce jour, les producteurs d’Occitanie sont en capacité de produire, un stock de la récolte 2023 est évalué à 30 %.
La journée s’est poursuivie par la visite du site de la Malterie Occitaie : de la réception de l’orge achetée à Agri Bio Union, au triage et nettoyage du grain, aux machines de maltage : étapes de trempage du grain, puis de séchage à la chaleur puis de germination, jusqu’aux produits finis conditionnés.
Le site, en activité depuis juillet 2024 a pour objectif de transformer 120 T de malt par mois, avec des approvisionnements de 30 T d’orge brassicole par semaine.
L’après-midi a été consacrée à des groupes de travail : collaboration directe entre brasseurs et agriculteurs et filière régionale orge / malt avec les coopératives et les malteries.
Les agriculteurs, organismes stockeurs, malteries, conseillers, ont pu échanger ensemble notamment sur la répartition de la valeur. Le prix d’achat de l’orge brassicole bio ne rémunère pas suffisamment le producteur aujourd’hui, compte tenu de l’augmentation des coûts de production (intrants, carburant …) et des problématiques climatiques impactant le rendement. Un calcul, présenté par la Chambre d’Agriculture du Tarn, montrait que si la récolte d’orge brassicole était achetée à 520 €/T à l’agriculteur, cela représenterait une augmentation de 2 centimes par bière sur le prix de vente au consommateur.
Les problématiques sur les exigences des malteurs en protéines ont aussi était échangées avec les participants. La filière exige un taux de protéines minimum de 9,5 % en orge brassicole, ce qui est parfois difficile à atteindre en raison de l’augmentation du prix des matières fertilisantes utilisables en bio. En plus de la teneur en protéines, un critère de PS (Poids Spécifique) est également exigé par les malteurs pour raisons techniques.
PLUS D’INFOS
Retrouvez plus d’informations sur la filière auprès de l’association ABBIO – Association Brassicole Bio Interprofessionnelle d’Occitanie :
=> https://urlr.me/dWmG9H
Par Anne-Charlotte PENAS, Chambre agriculture Tarn et Garonne
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