L’utilisation du cuivre en viticulture biologique – Résultats de l’enquête 2018 menée en Occitanie

En viticulture biologique, le cuivre est aujourd’hui la seule substance homologuée dans la lutte contre le mildiou. Son utilisation est limitée à 6kg/ha/an avec un lissage possible sur 5 ans. La période d’approbation du cuivre arrive à son terme fin 2018 et les conditions de sa ré-homologation ne sont pas encore validées.

C’est pourquoi, les Chambres d’agriculture d’Occitanie et SudVinBio ont lancé une en- quête en ligne sur l’utilisation du cuivre en viticulture biologique sur les millésimes 2017 et 2018 dont voici les principaux résultats.

Une enquête représentative des viticulteurs bio d’Occitanie

L’ensemble de la région Occitanie a été mobilisée pour répondre à cette enquête, ainsi 139 viticulteurs se sont exprimés sur la problématique du cuivre en viticulture biologique. Ces derniers proviennent de différents départements viticoles avec en tête l’Hérault (36%), l’Aude (20%) et le Gard (20%). Non loin derrière, se trouvent le Tarn (10%), les Pyrénées Orientales (9%), le Tarn-et-Garonne (3%) et l’Aveyron (2%). La Surface Agricole Utile (SAU) des exploitations ayant répondu à l’enquête varie de 1 à 170 hectares (ha) et la SAU moyenne est de 25 ha. En effet, 11% des exploitations ont une SAU inférieure à 5 ha, 65% ont une SAU comprise entre 5 et 30 ha et enfin 24% ont une SAU supérieure à 30ha.

L’année de conversion des exploitations varie également. En effet, alors que 20% des exploitations sont encore en phase de conversion vers l’agriculture biologique, 51% se sont engagées durant le pic de conversion entre les années 2008 et 2012 et 21% sont certifiées AB depuis plus de 10 ans.

▷ Une quantité de cuivre métal utilisée en 2018 nettement supérieure à 2017

En 2018, parmi les exploitations ayant répondu à l’enquête, 50% déclarent avoir utilisé plus de 4 kg/ha de cuivre métal et 16% ont dépassé les 6kg/ha. En comparaison en 2017, 12% de ces mêmes exploitations avaient utilisé une quantité de cuivre supérieure à 4 kg/ha et seulement 2% avait dépassé les 6kg/ha.

Fig. 1 : Quantité moyenne de cuivre métal utilisé durant le millésime 2018.

▷ Une très forte pression mildiou qui a rendu difficile le millésime 2018

Les pertes de récoltes liées au mildiou ont particulièrement marqué le millésime 2018. En effet, 17% des exploitations estiment une perte moyenne de récolte supérieure à 50%. À contrario 44% déclarent cette perte comme inférieure à 20%. Concernant la perte de récolte moyenne liée au mildiou en 2018 en Occitanie, elle est estimée à 25%.

Pour comparaison, en 2017, seulement 2% des exploitations ont subi une perte de récolte supérieure à 50% et 96% des exploitations déclarent une perte inférieure à 20%. Quant à la perte de récolte moyenne liée au mildiou en Occitanie, elle était inférieure à 4%.

Fig. 2 : Pertes de récolte moyennes (PMR) pour les millésimes 2017 et 2018. Part des exploitations en fonction des PMR 2017 et 2018.

▷ Un positionnement tranché des viticulteurs sur la ré-homologation du cuivre

À la question «Est-ce qu’une conduite des vignes sans cuivre vous semble réalisable?», 94% des viticulteurs répondent que cette solution n’est pas envisageable et compatible avec la conduite de la vigne en AB. De même, 55% des viticulteurs estiment qu’une conduite avec une dose maximale fixée à 4kg/ha/an sans lissage n’est pas envisageable. Ainsi, avec une diminution de la dose cuivre métal annuelle autorisée à 4kg/ha fixe, plus de 50% des viticulteurs se sentiraient contraints d’arrêter l’agriculture biologique.

Fig. 3 : Part des agriculteurs interrogés qui considèrent envisageable la conduite sans cuivre (fig. de gauche) et avec une dose maximale de 4kg/ha/an non lissable (fig. de droite).

▷ Une nette préférence des viticulteurs bio pour le maintien du lissage

Alors que seulement 17% des viticulteurs optent pour le maintien à 6kg/ha/an sans lissage, 45% des viticulteurs considèrent comme envisageable un passage à 4kg/ha/an avec maintien de la possibilité de lissage. Ce dernier point semble donc primordial pour une majorité de viticulteurs.

Fig. 4 : Solutions dites «envisageables» par les viticulteurs.

▷ Qu’espérer de l’avenir ?

Alors que la filière viticole bio française rencontre des difficultés pour répondre à la demande en vin bio toujours croissante et qu’il n’existe aucune alternative au cuivre dans la lutte contre le mildiou, nous espérons du nouveau Ministre de l’Agriculture une oreille attentive sur cet enjeu très important pour l’avenir de la filière viticole bio française…