Dossier élevages - Comment limiter le parasitisme des ruminants ? 1

Dossier élevages - Comment limiter le parasitisme des ruminants ?

Tous les élevages sont confrontés à des épisodes de parasitisme qui amputent la lactation, ralentissent la croissance, voire causent de la mortalité. Se débarrasser des parasites par l’allopathie pose d’autres problèmes. Certains vermifuges perdent en efficacité du fait de chimiorésistances. Leurs arrières-effets sur les espèces non-cibles (diptères, coléoptères, crustacés…) sont désormais notoires, sans oublier les collègues apiculteurs durement impactés par l’effondrement des colonies d’abeilles… Un groupe de 14 éleveurs ariégeois, accompagné par le CIVAM Bio 09, s’est constitué en GIEE (Groupement d’intérêt économique et environnemental). Une envie commune : trouver des alternatives à l’allopathie dans le traitement du poly-parasitisme.

FOCUS

LE CONTEXTE DES FERMES DU GROUPE

Les membres du GIEE sont situés dans des zones herbagères de coteaux et de montagne. L’altitude des fermes varie de 300 à 1000 mètres (hors estives). Aux accidents climatiques près, l’herbe est disponible pour le pâturage sans interruption de mars à novembre. Plusieurs hivers avec de faibles gelées ont montré que la coupure sanitaire antiparasitaire n’était plus garantie. Tous les élevages maximisent le pâturage avec des mises bas groupées en fin d’hiver pour les élevages laitiers (hormis les vaches), ou avec 2 périodes de mises bas pour les éleveurs de brebis allaitantes (printemps et descente d’estive). Les espaces naturels composent l’essentiel de l’alimentation : prairies naturelles, landes, parcours et estives. Une minorité de fermes peut produire ses céréales, les autres s’approvisionnent dans les vallées. Le contexte de production de ces fermes du piémont pyrénéen, basé sur les rythmes naturels et maximisant le plein-air, expose les animaux à vivre en contact proche avec les parasites !

IL EST POSSIBLE DE TRAITER MOINS, ET DE PRODUIRE AUSSI BIEN !

Deux point sont incontournables pour prévenir le parasitisme. Des animaux en bonne santé, qui développeront une bonne immunité antiparasitaire. Une pression parasitaire faible dans l’environnement, pour aider les animaux d’élevage. Alors comment gérer l’excès de parasitisme ? Voici le panorama des leviers mis en place dans les élevages du GIEE.

▶ DES DEGRÉS DIVERS DE DÉFENSE AUX PARASITES

Les bovins adultes résistent naturellement très bien aux strongles digestifs et respiratoires. Par contre, ils résistent moins bien à la grande douve (Fasciola hepatica) et au paramphistome (Paramphis-tomum daubneyi).

Les ovins adultes résistent naturellement aux strongles digestifs et respiratoires mais moins que les bovins. Les caprins résistent mal aux strongles. Ils sont plutôt adaptés à manger des feuilles d’arbustes, qui se trouvent loin des larves de strongles (présents dans les cinq premiers centimètres d’herbe). Aussi, la résistance ne s’est pas mise en place.

▶ LES CONDITIONS FAVORABLES AUX PARASITES

01> Les types de pacage Au sein des divers milieux d’une ferme, on rencontre toujours plusieurs para- sites, bien que tous ne soient pas forcément gênants. Une prairie fraiche est favorable à presque tous les parasites des ruminants. Seule la petite douve (Dicrocœlium lanceatum) a une préférence pour les prairies sèches.

02> Le climat et la météo. Avec l’évolution du climat, la rupture sanitaire par le gel hivernal est de moins en moins évidente. Les hivers sans périodes de gel fort augurent de printemps problématiques pour le parasitisme. Les périodes de temps chaud et
humide succédant à du temps sec seraient favorables à l’éclosion des œufs de strongles.

▶ LES LEVIERS AU PÂTURAGE

01> Éviter tout surpâturage
La durée de présence : Plus la densité d’animaux est forte, plus la densité des œufs (ou des larves) de parasites est forte. Si 20 brebis excrètent 10000 œufs sur 5 ha, cela représente 2000 œufs par ha; si elles sont sur 2 ha, il y a 5000 œufs par ha ! Et si elles stationnent sur cette parcelle, permettant aux strongles de boucler leur cycle, leur croissance devient exponentielle…

La hauteur d’herbe : Les larves de parasites vivent dans les premiers centimètres d’herbe. Plus la densité des animaux est forte et plus on racle la prairie, plus les chances de contamination sont élevées.

02> Éviter les zones à risque. Lorsque la grande douve et/ou le paramphistome occasionnent des dommages sur les animaux, il devient nécessaire de se questionner sur leurs réservoirs biologiques. Toutes les zones humides, plus ou moins grandes, leur sont favorables: prairies humides, sources, mais aussi alentours des abreuvoirs. Ces zones devraient être évitées, mises en défend par des clôtures.

Photo 1 : Élevage bovin viande pratiquant le pâturage au fil en Ariège. Crédit photo Civam Bio 09

Photo 2 : Zone humide drainée. Crédit photo Civam Bio 09

03> Attention sur les animaux les plus sensibles

Les animaux sensibles ont peu d’immunité, leur résistance est faible. Les parasites de ces animaux vont contaminer le pâturage : [1] les jeunes de première année, qui n’ont pas d’immunité, [2] les femelles autour des mises-bas, qui excrètent à ce moment là de fortes quantités d’œufs ou de larves, [3] les animaux malades ou affaiblis.

Les parcelles réservées aux animaux sensibles doivent être «saines» c’est-à-dire : pas de pâturage depuis au-moins 6 semaines, un assainissement (fauche, gel ou sécheresse sur une longue période).

Les agneaux doivent être absolument séparés des adultes sensibles. Les jeunes peuvent aller sur un pacage qui leur sera réservé où la pression est faible; ils peuvent également suivre le lot des mères en bonne santé parasitaire.

04> Utiliser l’effet aspirateur du pâturage mixte

Le pâturage mixte permet de baisser la pression parasitaire par « effet aspirateur». Les espèces non sensibles ingèrent les larves mais les empêchent de se reproduire : ils contribuent ainsi à assainir la prairie.

Les strongles des petits ruminants ne sont pas les mêmes que les strongles des bovins, ni des chevaux. Lorsqu’un cheval avale une larve de strongle de bovin (digestif ou respiratoire), cette larve meurt. Par contre, les paramphistomes sont communs aux ruminants, mais le cheval, n’ayant pas de panse, ne peut pas en héberger.

Seules les douves sont communes aux ruminants et aux chevaux, même si la sensibilité de chaque espèce est différente. Le passage d’équidés après (ou avec) les ruminants est très favorable dans tous les cas.

Photo 3 : Les parcelles réservées aux animaux sensibles doivent être « saines ». Crédit photo Civam Bio 09

Photo 4 : Exemple de pâturage mixte permettant de baisser la pression parasitaire. Crédit photo Civam Bio 09

OUTIL

LES CALENDRIERS DE PÂTURAGE

Moins d’une minute par jour pour suivre la croissance de l’herbe…. et celle des parasites ! Ce calendrier vous sera utile non seulement pour suivre la pousse de l’herbe dans les parcelles, mais aussi pour voir les corrélations avec la pression parasitaire observée. Y seront consignés tous les usages (fauches, pacages, broyage), les différents lots d’animaux ayant successivement pacagé, la complémentation, la météo… Pour garder une mémoire précise on peut noter les sommes de température lors des dates clés (diffusées par les Bulletins Fourrages). Les situations à risque parasitaire élevé (ex: concomitance de lots d’animaux sains et sensibles, stationnement sur une parcelle…) seront immédiatement identifiées… et si possible évitées! C’est un outil autant pour le court terme que pour anticiper la gestion des années suivantes.

▶ COMMENT FAVORISER L’IMMUNITÉ ANTIPARASITAIRE DES RUMINANTS ?

01> Par une gestion réfléchie du pâturage

Les jeunes animaux doivent se créer une immunité naturelle de contact en douceur. Leur réserver des parcs peu contaminés. Les sortir une à deux semaines puis les rentrer à nouveau en bergerie, afin d’éviter une sur infestation, le temps de la mise en place de l’immunité. (minimum trois semaines à partir du premier jour de sortie).

02> Par l’alimentation

Assurer la stabilité de la flore ruminale par l’équilibre fibres – énergie – azote. Apporter des plantes alimentaires à action vermifuge : sainfoin, lotier, chicorée, plantes riches en tanins présentes dans le milieu naturel. Les animaux faibles sont moins aptes à lutter contre les infestations. Les animaux parasités ont des besoins beaucoup plus forts en protéines.

Les méthodes d’observation des signes alimentaires exprimés par les animaux invitent à revoir certaines pratiques. Éviter les changements brusques alimentaires : la transition est importante. Une alimentation riche en tanins diminue l’infestation par les parasites. C’est notamment le cas des sainfoins et lotiers.

03> Par la salubrité du logement

Résoudre l’excès d’humidité, éviter l’application de produits toxiques… Suspendre du buis pour éviter la gale et du houx pour éviter les dartres. Les parasites d’intérieur (trichures, strongyloides…) n’aiment pas les litières sèches. Un soin particulier est à apporter au drainage du sol, à la respiration des murs et du toit pour éviter la condensation.

04> Par la sélection des mères

Peu de races ont été sélectionnées sur le critère de résistance parasitaire. Souvent même, les meilleures laitières sont celles qui excrètent beaucoup d’œufs. Il est possible de sélectionner à la ferme sur ce critère. Les animaux résistants sont ceux qui n’ont pas eu de problèmes de santé, qui ont eu des petits tous les ans, qui n’ont pas (ou peu) eu besoin de traitements anthelminthiques… D’où l’intérêt d’un suivi individuel des traitements par animaux et des résultats de production : [1] garder les agnelles des brebis les plus âgées, n’ayant pas été réformées; [2] éviter de sélectionner les jeunes nées de primipares, car leur potentiel de résistance ne s’est pas encore exprimé. Une telle sélection est propre à un troupeau, à un environnement. Elle n’est souvent plus valable dans un autre lieu.

05> Par un apport complémentaire

Le magnésium est fortement sollicité lors de tout stress affaiblissant le système immunitaire. Au printemps, l’oxyde de magnésium (non toxique pour les reins et non laxatif) sera choisi. En fin de gestation, le chlorure de magnésium est recommandé. Pour les deux formes de magnésium: 2 g par petit ruminant et par jour pendant 10 jours, ou 10g par bovin et par jour pendant 10 jours.

Oligo-éléments: Stimulant immunitaire général. Des cures d’oligo-élements augmentent le niveau immunitaire. (Éventuellement suite à une analyse de minéraux dans le poil ou la laine).

Compléments alimentaires à base de plantes: L’utilisation des seaux à lécher permet une distribution régulière sur de longues périodes en utilisant si on le souhaite les plantes disponibles sur la ferme. Certaines d’entre elles ont des vertus stimulantes de l’immunité.

Homéopathie : Le remède homéopathique n’est pas un vermifuge. L’homéopathie donne une information aux animaux afin d’obtenir une réponse adaptée lors d’un déséquilibre. Le remède le plus approprié correspond aux différents symptômes physiques et comportementaux du groupe de ruminants.

QUELQUES REMÈDES HOMÉOPATHIQUES À RETENIR

✓ Cina 30K (ou 9CH): les animaux sont plus sensibles au parasitisme intestinal; ils présentent de l’anxiété et de la nervosité, plutôt l’été.

✓ Spigelia 30K (ou 9CH) : les animaux sont plus sensibles aux strongles respiratoires et digestifs; expriment des troubles neurologiques, surtout par temps humide.

✓ Teucrium 30K (ou 9CH) : les animaux présentent des démangeaisons, notamment au niveau du nez; ils sont plus sensibles aux œstres.

✓ Stannum 30K (ou 9CH) : les animaux sont sensibles aux strongles respiratoires; leur toux caverneuse les épuise.

QUELQUES SOINS POUR LE SOUTIEN DES ANIMAUX AVEC LES PLANTES

Une formation en phytothérapie et l’accompagnement par un vétérinaire et un phytothérapeute sont indispensables.

01> Strongles digestifs

L’aromathérapie proposée doit être réalisée de façon répétée, et sans attendre que les cas s’aggravent. Utilisation d’H.E. d’écorce de Cannelle (famille chimique des aldéhydes aromatiques) et H.E. Girofle (phénol). Pour les animaux non gestants, on peut ajouter l’H.E. d’armoise blanche (Artemisia herba alba, cétone). L’administration a lieu de préférence à la pleine lune ou à la nouvelle lune, à l’aide d’un pistolet drogueur.

Le principe : une nuit de diète, 3 jours de cure le matin, un jour de diète laxative.

Brebis et chèvres : 0,1 ml de chaque Huile Essentielle diluée dans 4 ml d’huile de tournesol par brebis ou par chèvre, le matin avant le repas, 3 jours de suite. Le 4ème jour, 5 g de chlorure de magnésium.

Vaches : 0,5 ml de chaque Huile Essentielle diluée dans 20 ml d’huile de tournesol par vache, le matin avant le repas, 3 jours de suite. Le 4ème jour, 20 g de chlorure de magnésium.

02> Strongles pulmonaires

Même protocole que pour les strongles digestifs. Pour un accès plus direct au poumon, préférer une administration en intra-rectale (suppositoires à fabriquer).

03> Petite douve

La petite douve est souvent liée à des déséquilibres alimentaires. Il faut alors soutenir le foie. Soit avec une teinture mère de pissen- lit, Taraxacum officinale, 1 ml matin et soir pour un petit ruminant, 5 ml matin et soir pour un grand ruminant, 10 jours de suite. Soit, par défaut, reprendre le protocole des strongles en remplaçant remplacer l’H.E. d’Artemisia herba alba, par l’H.E. de romarin à verbénone.

04> Ténia

Les anneaux de ténia restent contaminants même après un vermifuge. Pendant le traitement, il faut impérativement garder les agneaux en bergerie ou les mettre sur une parcelle où ils ne reviendront pas de la saison. Utiliser de l’huile essentielle d’ail (0,4 mL par agneau; 1mL par veau) diluée à environ 10% dans une huile végétale de courge. Administrer 3 jours de suite, si possible autour de la pleine lune ou de la nouvelle lune. Terminer le 4° jour par une dose laxative de chlorure de magnésium. Exemple pour un lot de 20 agneaux :

Traitement à l’huile : 20 agneaux x 0,4mL d’huile essentielle d’ail = 8 mL. Rajouter environ 72 mL d’huile de courge pour arriver à une concentration en ail de 10%. Administrer 4 mL du mélange à chaque agneau, pendant 3 jours

Laxatif: Mélanger 100 à 200 g de chlorure de magnésium dans un litre d’eau et administrer environ 50mL du mélange par agneau, en drogage.

05> Coccidiose

Vinaigre de cidre en traitement: 1ml par kg de poids vif à faire boire 3 jours de suite et/ou au moment du sevrage.

Argile à volonté (Ou extrait de pépins de pamplemousse : 1 ml matin et soir pendant 5 jours.)

+ Homéopathie : Mercurius solubilis 9 CH, ce remède correspond à une diarrhée avec du sang par temps humide, aggravé par la chaleur de la litière, avec de la faiblesse.

06> Quel que soit le parasite, lors d’infestations importantes, ajouter du charbon végétal activé dans l’alimentation, ou en libre service ou dans
l’eau de boisson pour capter les toxines libérées par les parasites «stressés» .

Pour accéder au fiches techniques des travaux du GIEE sur l’immunité, la détection des symptômes, la phytothérapie, les plantes à tanins, la méthode Panse-Bête …
▶ contacter le CIVAM Bio 09 cecile.cluzet@bio-occitanie.org

TUTO

FABRIQUER SON BLOC À LÉCHER MAISON

À partir de matières premières (sel, argile, calcaire, plantes séchées), on peut confectionner un complément alimentaire pour tous les jours ou pour cibler une période sensible des animaux.

▶Les ingrédients
✓ 1 dose de lithotamne
✓ 1 dose de plantes sèches à action antiparasitaire : sommités fleuries de tanaisie, ail, thym, camomille, serpolet, feuilles riches en tanins : fraisiers, noyer…)
✓ 4 doses de sel
✓ 1⁄2 dose d’argile blanche (kaolin)
✓ 1 dose d’eau ou d’hydrolat de plantes

▶La préparation [1] Cueillir à la bonne saison les plantes et les faire sécher. [2] Mélanger la poudre de lithotamne et les plantes sèches (réduites en poudre par passage au tamis) dans un seau. [3] Ajouter le sel, l’argile. L’argile apporte des minéraux et présente une action anti-infectieuse. [4] Hydrater le mélange avec de l’eau ou un hydrolat de plantes. On peut inclure une petite quantité d’une teinture-mère. Il faut mettre suffisamment d’eau pour former une pâte homogène mais sans excès sous peine d’allonger le temps de séchage. [5] Bien tasser avec les mains. [6] Placer le seau dans un endroit sec pendant plus d’un mois, jusqu’à ce qu’il soit sec. [7] Supprimer les apports en sel quelques jours avant l’administration du bloc en améliorera l’appétence.

▶ L’ALLOPATHIE : CIBLER LES TRAITEMENTS

Cette théorie du ciblage des traitements contredit des années de pratique des traitements systématiques dans les campagnes… Alors pourquoi aujourd’hui préconiser l’inverse ? La connaissance scientifique a évolué. Bien entendu, les traitements sont parfois indispensables… Alors comment les utiliser au mieux ?

01> Maintenir l’immunité de contact acquise

Comme le prévoit le cahier des charges bio, un traitement anti-parasitaire ne doit pas être systématique.

Un ruminant en bon état de santé, vivant avec un peu de strongles, n’a pas besoin de vermicide. Lui imposer une molécule rémanente revient à lui supprimer son immunité de contact vis à vis des strongles.

Dans un troupeau de brebis, on admet qu’environ 30% des animaux sont sensibles au parasitisme et 70% ont acquis une immunité de contact.

02> Préserver une population de strongles sensibles

Comme nous l’explique le Docteur Chartie , le fait de traiter l’intégralité du troupeau conduit à relarguer dans la prairie spécifiquement des strongles résistants à la molécule. Ce phénomène est accentué par :

▪ la fréquence élevée de recours à une molécule ou une famille de molécules;

▪ le sous-dosage (cas des caprins, cas du léchage sur l’application en pour-on) ;

▪ le traitement à des périodes où il y a peu parasites sensibles dans les prairies;

▪ les traitements systématiques de tout le troupeau.

Cibler les traitements sur les animaux qui en ont le plus besoin permet de préserver des populations de strongles sensibles, qui diluent la population des strongles résistants, et ainsi de retarder l’apparition des résistances.

03> Comment cibler les traitements ?

Le concept du ciblage est d’appliquer un traitement curatif pour les animaux à risque, ce qui permet aussi de renforcer la prévention pour le reste du troupeau. En traitant 40 % du troupeau, (les plus excréteurs) on réduit l’infestation au pâturage de 70%.

Seuls les individus présentant des symptômes sont traités. Pour changer progressivement de pratique, on peut aussi partir du principe suivant : les animaux qui vont bien ne sont pas traités.

Éviter la famille des avermectines, toxiques pour l’environnement et rémanents…

Par Cécile Cluzet, animatrice du GIEE, CIVAM Bio 09 et Nathalie Laroche, vétérinaire-conseil, membre du GIE Zone Verte

Crédit photo : Adobe stock et Interbio Occitanie


Tarn, quelle demande du marché et quelles opportunités ? 2

Tarn, quelle demande du marché et quelles opportunités ?

TARN – JOURNÉE GRANDES CULTURES BIO

Le 10 janvier 2020 a eu lieu au Lycée agricole de Lavaur une rencontre sur le thème du Marché des Grandes Cultures biologiques. Cette demi-journée, co-organisée par la Chambre d’Agriculture du Tarn et Coop de France Occitanie, avait pour objectif de donner aux agriculteurs bio, en conversion ou ayant un projet de conversion conversion sur le département du Tarn, une vision globale du marché des grandes cultures bio, et des principaux organismes collecteurs sur leur département.

Ont été conviées 5 entreprises de l’aval : Agribio Union/Arterris, la RAGT, la coopérative agricole de Carmaux, Unicor et Caste (voir p.14). Au total, 31 producteurs ont répondu présents à cette invitation: des producteurs déjà engagés en AB, certains ayant déjà des circuits de commercialisation, d’autres en réflexion sur la valorisation de leurs céréales…mais aussi des porteurs de projet, intéressés pour anticiper leurs assolements et avoir une vision claire du marché et des opportunités.

CONTEXTE EN GC BIO

En première partie de rencontre, Marianne Sanlaville, responsable des filières bio chez Coop de France Occitanie, a dressé un panorama du contexte national, régional et départemental des grandes cultures bio. Elle a notamment rappelé que l’Occitanie était la 1ère région productrice de grandes cultures bio (1/4 des surfaces nationales), filière sur laquelle les conversions ont connu des taux record depuis ces 3 dernières années.

La collecte de grandes cultures bio nationale a deux principaux débouchés : l’alimentation animale pour 60% des volumes utilisés, et l’alimentation humaine via les meuniers pour 40% (principalement pour le blé tendre). Des taux de croissance importants de ces deux utilisations se maintiennent (+10% en meunerie entre 2018 et 2019, et +16% en alimentation animale), avec une demande croissante en matières premières bio d’origine française, voire “locale” du Sud-Ouest pour certains transformateurs.

VIGILANCE SUR LES CULTURES EN DEUXIÈME ANNÉE DE CONVERSION

Avec les évolutions de la réglementation AB en 2021, en particulier le passage de 30 à 25% de C2 dans les formulations alimentaires des animaux, et l’augmentation importante des surfaces – et donc des volumes produits – en C2, certaines productions C2 deviennent difficiles à valoriser. Désormais, ce sont essentiellement les blés, triticales et soja dont les voyants restent au vert. Pour le reste (orge, maïs, protéagineux…) les débouchés doivent être recherchés en amont afin d’anticiper les assolements et faire coïncider du mieux possible les exigences agronomiques et économiques.

DE NOUVELLES OPPORTUNITÉS

Ce temps de rencontre a mis en lumière des opportunités de débouchés pour les producteurs bio du Tarn (voir page suivante). Elles concernent majoritairement les cultures destinées à l’alimentation humaine, avec notamment des besoins forts en céréales (blé biscuitier, blé dur, blé meunier, seigle meunier, avoine blanche), en sarrasin et en oléagineux (tournesol oléique et linoléique); quant aux légumes secs, même si les récoltes 2019 a ont été très bonnes dans certains secteurs, des contrats restent possibles, à voir au cas par cas avec les opérateurs économiques. En alimentation animale, les choix sont plus restreints et se concentrent sur blé fourrager, triticale et soja en 2020. Malgré tout, de nouveaux opérateurs se lancent sur le marché, c’est le cas de CASTE Sarl avec sa nouvelle usine d’aliments dédiée à la BIO.

CONFIANCE ENVERS L’AVENIR

Les opérateurs économiques se sont montrés confiants quant à l’équilibre du marché et la stabilité des prix dans les années futures, à la condition que “tout le monde joue le jeu” : les producteurs dans l’annonce à l’avance des surfaces à emblaver et les opérateurs économiques dans l’engagement à la contractualisation avec des prix sécurisants et définis à l’avance. La “contractualisation” reste d’ailleurs le leit motiv de la majorité des opérateurs réunis en séance: ils encouragent vivement les producteurs, notamment ceux en conversion à se faire connaître en avance, ceci afin d’assurer un équilibre offre / demande, garant de la stabilité des prix.

TEMOIGNAGES – LES 5 ENTREPRISES PARTICIPANTES À LA JOURNÉE

L’ENTREPRISE RAGT

L’entreprise RAGT Plateau Central est présente sur le département du Tarn pour la collecte de cultures bio, avec un silo dédié en Aveyron. RAGT PC collecte aussi bien des cultures destinées à l’alimentation humaine qu’animale. Oliver Combernoux et Serge Moncet ont mis l’accent sur la filière blé meunier AB lors de cette rencontre. Le prix est lié au taux de protéines avec un objectif minimum de 11%. RAGT PC propose différents types de contrats : contrat “prix ferme” le jour de la vente, contrat avec acompte et complément de prix. Afin de sécuriser les débouchés, ils incitent les agriculteurs à s’engager en amont au travers du contrat assolement/collecte. En contrepartie, un complément de prix allant jusqu’à 30 €/T est versé quelques mois après la récolte. RAGT PC rappelle les précautions nécessaires vis-à-vis de la carie et de l’ergot et invite à la plus grande vigilance pour livrer des récoltes saines d’un point de vue sanitaire. Par ailleurs, les conditions de semis très difficiles de cet automne 2019 vont générer un différentiel entre le prévisionnel et les récoltes à venir. RAGT PC envisage dès la récolte 2020 d’installer un silo dédié aux cultures AB dans le Tarn, ceci de conforter sa stratégie de développement des activités Bio.

COOPÉRATIVE ARTERRIS / AGRIBIO UNION

AGRIBIO UNION est une union de 6 coopératives du Sud-Ouest qui assure la collecte, le stockage et la mise en marchés d’une trentaine d’espèces bio et C2. Arterris reste l’interlocuteur local pour le département du Tarn : elle se charge des approvisionnements, du suivi des producteurs et de la collecte. En 2019, Arterris a collecté sur 17 000 ha environ 21 000 T (toutes espèces confondues). Jean-Maurice Pruvost, responsable productions végétales bio pour Arterris, a choisi de mettre en avant les filières contractuelles “céréales” et notamment : blé biscuitier, orge brassicole, seigle, avoine blanche et blé dur. Notons que la filière blé biscuitier permet une valorisation équivalente à celle d’un blé meunier à 11% de protéines, avec un taux de protéines exigé inférieur, tandis que le seigle meunier est valorisé comme un blé à 10% de protéine.

L’orge brassicole bénéficie d’une plus-value de 50 € /T, par rapport à une orge fourragère. Les filières “avoine blanche” et “blé dur” permettent quant à elles de travailler avec un prix minimum garanti fixé dès la mise en place des cultures. Les oléo-protéagineux sont également concernés par la contractualisation : c’est le cas des tournesols oléique et linoléique Naturland (label permettant une meilleure valorisation) et du soja alimentation humaine Sojadoc valorisant le taux de protéines, ou encore du pois vert. Arterris rappelle que l’engagement précoce (contractualisation avec un producteur avant fin avril, spécifiant les volumes par culture qui seront livrés) est une façon de mieux valoriser les productions par le versement de primes d’engagement et garantissant à chaque producteur le débouché de l’ensemble de ses cultures.

COOPERATIVE UNICOR

La coopérative UNICOR est basée à Rodez et accompagne ses adhérents dans leurs activités d’élevage et de grandes cultures. L’activité de collecte bio de la coopérative s’étend également sur le département du Tarn, et concerne les céréales et oléo-protéagineux bio et C2. Une partie des 500 adhérents bio d’UNICOR étant éleveurs (notamment en zone Roquefort), la coopérative valorise principalement des céréales fourragères, notamment à travers son silo et usine d’alimentation animale bio basée à Banassac (en limite Aveyron-Lozère). Pour limiter les frais de logistique qui absorbent rapidement de la valeur ajoutée, elle propose une organisation de livraison directe entre ses adhérents céréaliers et éleveurs bio. UNICOR propose des contrats sur des cultures de diversification à destination de l’alimentation humaine (exemple des lentilles Béluga par l’intermédiaire de Qualisol ou lentille blonde via la lentille de Saint Flour dans le Cantal). La logistique est un point clef de la production et collecte bio pour UNICOR, qui rayonne sur un territoire étendu. Pour limiter les coûts de transport, la coopérative travaille avec d’autres OS locaux : avec Qualisol (Silo dans Gers) pour les légumineuses; avec la Coop de Carmaux qui possède un silo utilisable dans le Tarn. UNICOR travaille sur l’organisation des mises en culture pour avoir un maximum d’homogénéité des productions (variétés, périodes de récoltes) sur une même zone.

L’ENTREPRISE CASTE

CASTE est une entreprise familiale basée à Mirandol, spécialisée dans la nutrition animale. Elle dispose de 2 usines de fabrication d’aliments du bétail, l’une sur le site principal, et l’autre à Naucelle, dédiée à la filière agriculture biologique depuis 2019. La priorité de l’entreprise est de “valoriser localement des matières premières régionales bio auprès des filières d’élevages régionales”.

Comme elle n’a toujours fait pour les productions conventionnelles, avec le lancement de la gamme bio, CASTE envisage de collecter directement auprès des producteurs bio pour conserver cette cohérence de filière courte. La 1ère collecte bio et C2 est annoncée pour l’année 2020, qui sera une année test. La priorité est donnée aux céréales à paille, maïs et protéagineux purs, même si l’entreprise se dit prête à étudier toute offre relative aux cultures fourragères. Aucun volume n’est annoncé à ce jour, mais il est certain que ceux-ci augmenteront en fonction des contrats d’aliments bio (l’entreprise est référencée auprès d’entreprises des filières Bio pour fournir un aliment tracé 100% matières premières françaises). Pour la récolte à venir, les producteurs intéressés pour fournir CASTE sont invités à contacter directement les commerciaux pour valider l’intérêt de telle ou telle culture (pas de contractualisation prévue pour 2020).

COOPERATIVE AGRICOLE DE CARMAUX

La Coopérative Agricole de Carmaux, spécialisée en collecte de grandes cultures, a produit 7500 tonnes de céréales et oléo-protéagineux en 2018. Son activité bio, en développement depuis 2017, concerne 35 producteurs pour une collecte de 1 200 tonnes réalisée sur le Tarn et l’Aveyron, avec un silo dédié sur Castanet (81). La coopérative collecte une gamme assez large de productions ; elle a choisi pour cette journée d’échange de présenter les débouchés sur le sarrasin et les légumes secs biologiques, en tant que cultures de diversification.

Sarrasin bio : la demande est forte et la coopérative a ses propres débouchés pour cette production. Suite à une collecte réduite en 2019, liée à des conditions d’humidité néfastes à la moisson, les surfaces proposées pour la récolte 2020 seront en augmentation.

Lentilles et pois chiches : la récolte 2019 ayant été très bonne dans certains bassins de production, seules 2 catégories de lentilles seront contractualisées en 2020, la corail et la noire. Pour ces productions, la coopérative travaille sous contrat avec les producteurs et en partenariat avec Qualisol pour la mise en marché de la gamme MONBIO.

Colza, Chanvre, Lin : ces trois cultures comptent parmi les pistes de développement actuelles de la coopérative.

Par Marianne Sanlaville de la Coop de France Occitanie, Maëva Colombet et Stéphanie Camazon de la Chambre d’Agriculture 81.

Crédit photo : Interbio Occitanie


Les filières Bio d'Occitanie à l'épreuve du Covid 19 9

Les filières Bio d'Occitanie à l'épreuve du Covid 19

Lorsque le gouvernement a annoncé le confinement de la population le 16 mars 2020, personne n’était préparé et ce fut pour tous les acteurs économiques comme pour les citoyens un saut dans l’inconnu. Dès les premiers jours, tout le monde a dû s’adapter et faire preuve d’agilité. Alors que la plupart des français se retrouvaient chez eux en famille, les agriculteurs, les entreprises de l’agro-alimentaire et les distributeurs mettaient en place des dispositifs permettant de continuer à nourrir la population.

Les filières bio, en pleine croissance depuis plusieurs années, ont dû faire face aux difficultés : fermeture des marchés, arrêt de la consommation en restauration commerciale et collective, manque de personnel, explosion de la demande en produits de «base », mesures de protection sanitaire. Les organisations de développement se sont activées pour accompagner ceux qui rencontraient le plus de difficultés. Les pouvoirs publics, État comme Conseil Régional, ont pris des mesures structurantes et financières pour aider le plus grand nombre : chômage partiel, prêts garantis par l’État, fonds de solidarité, financements d’investissements simplifiés, aides pour soutenir les initiatives de livraison aux consommateurs…

“une situation hétérogène”

La mise en place de cellules de coordination ou de crise s’est rapidement imposée dans les réseaux, au sein de l’interprofession bio, Interbio Occitanie, mais aussi avec l’État (DRAAF) et le Conseil régional. Elles ont permis d’avoir un suivi rapide et coordonné des situations difficiles. Les acteurs les plus impactés par la crise sont ceux dont l’activité a été stoppée brutalement: les producteurs commercialisant sur les marchés et les producteurs et entreprises spécialisés dans l’approvisionnement de la restauration collective.

“les initiatives ont fleuri sur les territoires”

De nombreux producteurs ont recherché comment pallier à la suppression des marchés: les initiatives ont fleuri sur les territoires (cf témoignages p.11) mais aussi au niveau régional à travers la plateforme mise en place par le Conseil régional qui continue à fonctionner (https://solidarite-occitanie-alimentation.fr/). Au-delà de la mise en place de commandes en ligne, de drive fermier, de livraisons, l’enjeu a été d’obtenir la réouverture des marchés avec toutes les précautions nécessaires. Il sera intéressant de suivre dans les mois qui viennent quelles initiatives perdurent et pour quelles raisons.

Pour les entreprises bio de la région, la situation fut très hétérogène entre arrêt d’activité ou surchauffe en fonction des achats des consommateurs en magasin (cf article). Elles ont craint la rupture d’approvisionnement en matière première bio mais la chaîne a globalement tenu. La course aux masques (facilitée par la mise en place de commandes groupées par les fédérations professionnelles comme l’AREA ou les chambres consulaires comme la Chambre régionale d’agriculture) ; aux emballages; les tensions dans les transports avec des tentatives de surenchères tarifaires; la gestion du personnel avec des arrêts dûs à la garde des enfants en particulier : toutes ces contraintes ont éprouvé les responsables et les salariés des entreprises tout au long de la chaine agro-alimentaire.

L’adaptabilité et la solidarité ont fonctionné pleinement.

▸ Tous les dispositifs d’aides mis à jour à retrouver sur le site d’Interbio Occitanie https://www.interbio-occitanie.com/4342-2/

COMMERCIALISATION

LA CONSOMMATION DES PRODUITS BIO FACE À LA CRISE SANITAIRE DU COVID-19

DÉBUT DU CONFINEMENT LE MARCHÉ DES PRODUITS BIO S’ENVOLE

Au début du confinement, la consommation de produits bio a connu une forte augmentation (+63% de valeur de vente à la mi-mars d’après Nielsen ScanTrack).

La plupart des consommateurs bio cherchent avant tout à préserver leur santé (59% d’entre eux d’après le Baromètre de l’Agence Bio) : cette volonté s’est exacerbée pendant la crise sanitaire.

De plus, les produits bio ont été moins sujets à des ruptures de stocks. On peut citer par exemple la farine, les œufs, le riz, les pâtes et le sucre.

LE CONFINEMENT DANS LA DURÉE LE BIO PORTÉ PAR L’AUGMENTATION DES REPAS À DOMICILE

Comme pour le circuit conventionnel, cette forte évolution des ventes s’est rapidement ralentie pour revenir dans des niveaux de croissance plus « normaux ». On peut imputer ce pic à l’effet «de panique » suite aux annonces gouvernementales.

Toutefois la vente de produits bio est restée importante pendant la durée du confinement par rapport à l’année passée, notamment car les consommateurs avaient un repas supplémentaire à confectionner (IRI France & Insight, 2020).

Si les grandes et moyennes surfaces sont restées les lieux privilégiés d’achat des produits bio, la part de la vente directe, des magasins spécialisés et de proximité et la vente en ligne a augmenté (Nielsen ScanTrack). D’après l’enquête réalisée par BioLinéaires auprès de consommateurs de produits bio, la fréquentation des magasins spécialisés est restée stable pendant le confinement (63% des sondés), même si la fréquence des achats par consommateur a légèrement baissé. Le panier moyen de courses est resté stable pour une grande majorité des consommateurs. Sa composition a été modifiée, au profit des produits surgelés et des fruits et légumes et au détriment du vrac, des produits à la coupe et des cosmétiques.

SORTIE DU CONFINEMENT VERS UN RETOUR À LA NORMALE

Il reste difficile d’évaluer l’impact que le confinement et la crise sanitaire auront sur la consommation de produits biologiques à
moyen et long terme.

Dans une étude récente, l’ONG Max Havelaar France fait ressortir qu’une large majorité de français (69% des interrogés) se disent prêts à modifier leurs habitudes alimentaires pour consommer plus responsable et plus durable.

Ils sont 45% à déclarer privilégier les produits locaux et 29% les produits bio. Toutefois, un récent travail réalisé par l’ISJ de Toulouse tend à montrer que la franche augmentation de la consommation de produits bio ne serait que temporaire, et mise sur un retour à la normale
dans les semaines à venir.

Il est encore trop tôt pour tirer des conclusions définitives, d’autant que la probable crise économique suscite inquiétudes et incertitudes de la part des acteurs de la filière bio.

BIBLIOGRAPHIE

Baromètre de consommation et de perception des produits biologiques en France. Agence BIO/Spirit Insight ; Février 2020.

▶La santé du bio en France au révélateur du COVID-19. FMCG and Retail pour Nielsen ScanTrack, 8 avril 2020. Accessible sur le site internet
https://www.nielsen.com/fr/fr/insights/article/2020/la-sante-du-bio-en-france-au-revelateur-du-covid-19/

▶IRI Vision Actualité – Bio. Insight & Communication IRI France, 12 avril 2020.

▶Dossier spécial Covid-19. BioLinéaire n°89, pp33-39, 29 avril 2020.

▶Consommation de produits d’ici et d’ailleurs: un « french paradoxe ». Fairtrade Max Havelaar France & OpinionWay, 4 mai 2020.

▶Coup d’arrêt sur les produits bio depuis le déconfinement. Institut Supérieur de Journalisme de Toulouse, 28 mai 2020

CHIFFRES

LES PROFESSIONNELS DU BIO IMPACTÉS PAR LA CRISE SANITAIRE RETOUR D’ENQUÊTES INTERBIO OCCITANIE

Afin de mieux comprendre les impacts du Covid-19 sur les filières bio et ses opérateurs, Interbio Occitanie et ses membres ont lancé une enquête largement diffusée à la sortie du confinement.

PROFIL DES RÉPONDANTS

Au total, 322 producteurs et 54 opérateurs de l’aval y ont répondu. 291 producteurs et 36 opérateurs travaillent exclusivement en bio ; les autres sont des entreprises mixtes. Parmi les producteurs, 41 pratiquent l’agritourisme et 98 transforment à la ferme. 11 entreprises de l’aval sont des coopératives et 24 travaillent avec la RHD, à plus de 80% pour 6 d’entre elles. Les producteurs ayant répondu font pour la moitié d’entre eux moins de 50000euros de chiffre d’affaires annuel. Les productions principales les plus représentées sont les grandes cultures et le maraichage, suivies par la viticulture et l’élevage bovin. Toutes les filières et tous les départements ont eu des représentants. La plupart d’entre eux ont pour débouché principal la vente directe, les négociants/grossistes et les magasins spécialisés bio. Les entreprises répondantes sont des petites entreprises pour la moitié d’entre elles (moins de 1 million d’euros de chiffre d’affaires), soit 28 sur 54,9 font plus de 10 millions d’euros de chiffre d’affaires par an et le dernier tiers se situe entre les deux. Les deux tiers d’entre elles (35 sur 54) emploient moins de 10 équivalents temps plein à l’année et 6 d’entre elles en emploient plus de 50.

Tous les départements sont représentés et les entreprises répondantes travaillent pour les trois quart d’entre elles avec plusieurs filières en même temps: la viticulture, les fruits et légumes et les grandes cultures.

Les principaux débouchés des répondants sont la vente directe (marchés, vente en ligne…), la distribution spécialisée en bio et les grossistes.

LES PROFESSIONNELS DU BIO ONT ÉTÉ IMPACTÉS PAR LA CRISE SANITAIRE

Les professionnels de la bio n’ont pas été épargnés par la crise du Covid-19. On dénombre 24 entreprises de l’aval sur 54 qui ont été fortement impactées par la crise et 24 autres qui ont ressenti un impact plus modéré. Les changements ont été négatifs pour 30 d’entre elles (baisse d’activité, problématiques de gestion du personnel et informatique/manque de couverture réseaux sont les motifs les plus cités). 194 producteurs sur 321 déclarent avoir été impactés par la crise, dont 122 négativement.

Pour les agriculteurs, les principales difficultés rencontrées ont été la réduction de la demande, la surcharge de travail (notamment du fait de la garde d’enfants et de la baisse des effectifs salariés) et la gestion des salariés. La fermeture des marchés et des foires est fréquemment revenue dans l’évocation des difficultés rencontrées, ainsi que l’arrêt des circuits
liés à la restauration collective et commerciale. Il est à noter qu’une partie des grossistes a également suspendu son activité. Les interruptions d’activités gravitant autour de la production comme la transformation à la ferme ou l’agritourisme ont pu être problématiques.

Les difficultés rencontrées par les entreprises ont été liées à la baisse d’activité et donc à la gestion de la trésorerie, notamment en lien avec l’arrêt de la restauration collective et commerciale et des marchés. Les entreprises touchées ont été par exemple des biscuitiers, des brasseurs, des entreprises spécialisées dans les aliments pour les enfants ou encore des entreprises dans le secteur du bien-être. Les autres difficultés concernaient la surcharge de travail (garde d’enfants, gestion salariale…), la logistique et les approvisionnements. La logistique a été perturbée pour cause de non disponibilité des transporteurs et de surcoût de transport. En effet, bon nombre de camions transportent également des produits non alimentaires sur tout ou partie de leurs trajets.

Des retours à vide du fait de la crise ont décuplé les coûts de transports ramenés aux produits bio acheminés s’en sont retrouvés décuplés. Si le sourcing des matières premières nécessaire à la fabrication des produits n’a pas posé de problème particulier, celui des intrants nécessaires à la production a été plus incertain. En particulier, les emballages et les dispositifs pour la mise en place des gestes barrières (masques, gel hydro alcoolique, visières) ont été compliqués à se procurer.

FACE À LA CRISE, LES FILIÈRES SE RESTRUCTURENT

Pour compenser le problème majeur de la perte de certains débouchés, les professionnels des filières bio de la région ont réorganisé leurs circuits de ventes. Ainsi, la vente directe « à distance » et collective, comme les drive ou le e-commerce, s’est considérablement développée pour les producteurs comme pour les entreprises. La distribution spécialisée s’est tournée vers les produits locaux, transformés ou non, ce qui a constitué un débouché plus important qu’avant la crise.

Les aides extérieures ont été sollicitées aussi bien par les producteurs que les entreprises. Les producteurs répondants ont eu recours à des dispositifs d’aides financières comme le report des échéances bancaires, le report des cotisations et impôts ou encore le fonds de solidarité. Ils ont également sollicité des appuis pour le travail comme la famille et les amis, les organismes agricoles (notamment le service de remplacement) ainsi que leurs cabinets de gestion/comptable. Les entreprises répondantes ont eu principalement recours au Prêt Garanti par l’État ainsi qu’au fonds de solidarité. Le Pass Rebond déployé par la Région Occitanie a aussi été sollicité.

Enfin, selon les filières, des solutions très spécifiques ont pu être utilisées. Par exemple, certains viticulteurs ont distillé des cuvées qu’ils n’arrivaient pas à écouler, notamment sur le marché de l’export.

PERSPECTIVES ET CONFIANCE EN L’AVENIR

Cette crise a induit des changements structurels dans l’organisation des structures oeuvrant dans les filières de la bio régionale. Se pose alors la question de la pérennité de ces changements et pour certains répondants, de celle de leur structure. L’impact de la crise a été très variable selon les entreprises et les producteurs. Les agriculteurs, tous comme les entreprises, jugent leur capacité d’adaptation de moyenne à bonne pour la grande majorité d’entre eux. Les deux principaux facteurs invoqués comme fondamentaux de la résilience sont l’adaptation des circuits de commercialisation et les ressources humaines. Pour les enquêtés, une structure résiliente est une structure aux circuits de commercialisation diversifiés et solides ainsi qu’une équipe impliquée et réactive. Les changements mis en place pour surmonter la crise n’ont pas vocation à perdurer pour la plupart des répondants. Les entreprises qui prévoient des modifications durables citent la baisse d’activité et la relocalisation des achats. Les producteurs ne pensent conserver aucune modification pour la moitié d’entre eux. Parmi les autres réponses, les changements amenés à perdurer sont les modifications de circuits de commercialisation, la diversification de l’activité et la réorganisation structurelle de l’exploitation. Il n’en reste pas moins que certains sont inquiets pour l’avenir de leur structure et plus largement de la bio. Pour les producteurs, parmi les plus inquiets on trouve principalement des maraichers, des apiculteurs, des viticulteurs et des éleveurs laitiers. Ils pensent manquer de trésorerie et d’aides financières pour maintenir leur activité. Pour les entreprises, les inquiétudes subsistent pour celles en difficulté. Le manque de visibilité sur la reprise de la restauration collective et la probable crise économique à venir en sont les deux principaux moteurs. Les producteurs évoquent quant à eux la nécessité de maintenir l’appui à l’agriculture biologique, l’aide à l’installation des jeunes et enfin la nécessité de relocaliser les circuits alimentaires pour sécuriser les filières.

PERSPECTIVES

LES ENSEIGNEMENTS DE LA CRISE POUR LES ENTREPRISES BIO

Les entreprises bio d’Occitanie ne ressortent pas intactes de la crise du COVID. Les conséquences ont été nombreuses mais relativement hétérogènes selon les entreprises et leurs débouchés.

Parmi les plus fortement impactées, les entreprises fournisseurs de la restauration hors domicile (RHD) ont dû faire face à un arrêt quasi complet de leur activité. Les fournisseurs du secteur de la restauration commerciale (bar et restaurants) tels que les brasseurs et fournisseurs de boissons ont aussi souffert d’une fermeture totale de ce secteur. Au contraire, certaines entreprises fournissant les magasins bio spécialisés ont connu une augmentation de leurs ventes pendant la période. Et ces deux tendances ne sont pas sans lien. L’augmentation des volumes de produits bio vendus en magasin bio s’explique en grande partie par la fermeture de la RHD (comprenant notamment les cantines scolaires et d’entreprises), ce qui a obligé les foyers à préparer plus de repas à domicile. D’autres consommateurs ont pu faire le choix de réduire la diversité des lieux d’achats, entraînant des paniers plus conséquents dans les magasins bio.

DE NOUVELLES PRATIQUES DE COMMERCIALISATION

La crise a aussi été l’occasion pour les entreprises de développer de nouvelles pratiques de commercialisation, avec une forte accélération du développement du e-commerce. Il a pris des formes diverses comme la mise en place de click’n collect, de drives ou de livraisons à domicile, mais sa mise en place génère d’importantes contraintes logistiques, qui seront à résoudre pour trouver des formes durables d’e-commerce. Les entreprises bio ont également noté le retour en force de la demande d’emballages plastiques et d’emballages individuels rassurant en temps de crise sanitaire, ce qui est en contradiction avec les dernières tendances qui étaient plutôt en faveur de la limitation du plastique et de la croissance des produits vrac. Il faudra donc innover sur ce sujet des emballages.

LA PRUDENCE EST DE MISE

La vision de l’après COVID est, comme la gestion de la crise, nuancée. Les entreprises de la RHD restent très prudentes, voire inquiètes quant à la reprise de leur activité, notamment à cause des incertitudes liées à la rentrée scolaire 2020, mais aussi parce que le télétravail, découvert pour beaucoup pendant la crise, pourrait être pérennisé au détriment de la restauration d’entreprise.

DYNAMIQUE BIO RENFORCÉE

Point positif pour la filière bio, beaucoup d’entreprises s’accordent à dire que la dynamique de croissance de la part du bio dans la consommation alimentaire des français a été accélérée pendant la crise et devrait perdurer en post-crise : c’est une tendance de fond. Les consommateurs – citoyens sont à la recherche de produits bons pour leur santé et pour l’environnement, de produits qui ont du sens et qui respectent aussi les producteurs. Une autre tendance forte est celle de la relocalisation (des achats et des ventes). Déjà présente bien avant la crise, la préférence pour le «local» semble encore renforcée. Enfin, l’engouement des français pour la cuisine et les repas faits maison pourrait aussi laisser des traces dans les tendances d’après-crise, favorisant les produits bruts et les produits à cuisiner, au détriment des produits très transformés.

LES ENTREPRISES BIO D’OCCITANIE SEMBLENT PLUTÔT OPTIMISTES

quant à un retour à la normale sur les marchés, même si l’arrivée de la crise économique génère des inquiétudes pour le marché de la bio… Quel sera l’impact de la baisse du pouvoir d’achat de certains consommateurs sur le marché bio français et européen ?

VERS UNE MEILLEURE RÉSILIENCE

La crise aura aussi mis en exergue les points sur lesquels les entreprises peuvent travailler pour augmenter leur résilience : la fiabilité du sourcing (avec des volontés de relocalisation et de contractualisation), la diversification des débouchés et des circuits de commercialisation, l’implication et la motivation des équipes ou la qualité de leur réseau informatique… Autant de sujets qui permettront aux entreprises bio d’être plus fortes et plus résilientes dans l’avenir.

PERSPECTIVES

DES INITIATIVES POUR AIDER LES AGRICULTEURS FACE À L’ARRÊT DE CERTAINS DÉBOUCHÉS LORS DU CONFINEMENT

Engagées depuis longtemps dans la promotion des circuits courts, les chambres d’agriculture ont renforcé leur mobilisation pendant la crise sanitaire, pour accompagner les agriculteurs bio à la recherche de solutions pour écouler leurs stocks de production. De nombreuses initiatives ont vu le jour.

▶ LE GERS VOUS DRIVE

Par exemple, la chambre d’agriculture du Gers a lancé Le Gers vous Drive, offre de service destinée aux municipalités pour pallier à l’arrêt des marchés de plein vent. Le dispositif a pu remplacer le marché du jeudi à Auch, mais certains villages ruraux l’ont utilisé pour proposer un point de retrait à la population locale. C’est le cas de Loubersan, village passant situé entre 2 bourgs ruraux. Le drive a permis à 15 producteurs, dont 7 bio, de trouver un nouveau débouché pour leurs produits pendant le confinement. La clientèle est venue des campagnes environnantes et l’expérience s’est transformée en marché-Drive hebdomadaire. Sébastien Esquerre, éleveur bio d’un village voisin est très satisfait de l’initiative : « ça marche bien, cela a aidé les producteurs à repartir et cela m’a permis de toucher une clientèle différente ».

▶ OPÉRATION SOLIDARITÉ PRODUCTEURS

Dans le Lot à Salviac, les Martegoute, producteurs de foie gras privés de leurs principaux débouchés, ont lancé une opération SOLIDARITÉ PRODUCTEURS début avril, avec l’appui de la chambre d’agriculture. Ils ont ouvert les portes de leur magasin et proposé gratuitement à 15 producteurs en difficulté, dont plusieurs bio, de venir y commercialiser leurs produits. Le succès fut au rendez-vous car localement aucun commerce n’existait. L’initiative persiste et a fait naître des idées de mutualisation de moyens et des projets avec l’ensemble du groupe. Didier Baldy, producteur de viandes et desserts lactés bio confirme: «ça nous a bien aidé à passer la crise et l’arrêt de certains débouchés (RHD)». L’expérience fut riche sur le plan professionnel mais aussi humain. Espérons que les consommateurs bio continueront à privilégier le circuit court, gage de qualité de produits mais aussi d’écologie en favorisant les productions et la consommation locale.

▶Pour en savoir plus : https://occitanie.chambre-agriculture.fr/gerer-son-exploitation/coronavirus-covid-19/

CHIFFRES-CLES

DRIVE DE MONTPELLIER

65 k€ de chiffre d’affaire
1800 commandes
15 producteurs et artisans par drive, 42 au total

Dès le début de la crise, Civam Bio 09, Erables 31 et Civam bio 34 se sont mobilisés auprès des agriculteurs ayant perdu leurs débouchés (restauration collective, privée et arrêt des marchés). Tout en mettant à disposition des boîtes à outils pour le respect des normes sanitaires, ils ont interpellé élus/ues et préfectures pour la réouverture des marchés. Des documents en ligne ont été créés, répertoriant d’un côté les produits à écouler et de l’autre les besoins des magasins (en lien avec OCEBIO). La démarche a été peu efficace face à l’inadéquation entre l’offre importante en viande, plants et vins et la demande portant principalement sur les fruits et légumes alors en période creuse. Ce constat a obligé les acteurs à créer de nouvelles formes de commercialisation avec de nombreux partenaires.

▶ CRÉATION DE HALLES FERMIÈRES

En Ariège, dans les 5 villes principales du département, plusieurs Halles Fermières ont vu le jour, en partenariat avec la chambre d’agriculture, tous les syndicats agricoles, le PNR, les élus/ues…

▶ MISE EN PLACE DE DRIVES HEBDOMADAIRES ET MARCHÉS DE PRÉ-VENTE

Des drives et marchés de pré-vente ont été créés dans le 09, à Rimont avec le PNR et à Baulou ; dans le 31, à Ramonville avec les associations Caracole et Sens Actif ; dans le 34, à Montpellier avec INPACT 34 (FR CIVAM Occitanie, Marchés Paysans…).

Ces actions ont mis en avant la nécessité des circuits courts, auxquels certains producteurs/trices et consommateurs/trices se sont initiés, et la volonté de les conserver sur les 3 départements.

À Montpellier, les drives se sont arrêtés fin mai mais une enquête réalisée auprès des producteurs/trices et des consommateurs/trices montre l’intérêt de pérenniser une offre bio locale dans des quartiers aujourd’hui sans marché alimentaire. En Ariège, trois des cinq Halles sont maintenues, à des horaires différents et les deux drives vont perdurer avec une nouvelle organisation impliquant l’embauche de salariés/ées, car le travail bénévole assuré pendant la crise ne peut être indéfiniment poursuivi.

L’un des bénéfices de cette crise aura été de mettre en avant la nécessaire relocalisation de l’alimentation et le rôle des associations dans l’accompagnement des démarches collectives.

TEMOIGNAGES

LES PRODUCTEURS BIO S’ADAPTENT À LA CRISE

“DRIVE PAYSAN” MIS EN PLACE PAR LE RÉSEAU INPACT 34 À MONTPELLIER

BENOÎT JOULAIN

PRODUCTEUR BIO DE PLANTS MARAÎCHERS & AROMATIQUES GANGES (34)

« Nous avons eu connaissance des Drives Paysans organisés à Montpellier par le réseau InPACT 34 qui regroupe des structures proches du monde paysan : CIVAM, association des Marchés Paysans, ARDEAR…

[…] Les drive ont été une manière de continuer notre activité en période de crise, mais le côté virtuel ne peut remplacer un marché. Par contre, les précommandes faites par internet (type drive) à récupérer lors du marché sont un bon moyen de développer les ventes. Les drive n’ont pour l’ins- tant pas de suite, mais ils ont permis aux producteurs de se rencontrer et de réfléchir à des futures collaborations : création de marchés, ouverture de boutiques, mise en place de sites internet collectifs. À suivre, donc… »

VERS UNE NOUVELLE CLIENTÈLE

ADELINE RÉGIS

FERME D’ESBINTZ, FRUITS ET LÉGUMES TRANSFORMÉS SEIX (09)

« […] Pour moi l’énergie nécessaire à ce nouveau bouleversement est venue d’une invitation à participer à un marché en bas de ma vallée. J’y ai rencontré de nouveaux clients fidèles, très engagés dans la défense de l’économie locale. Et ma bulle de contradictions a éclaté: jusque là je livrais jusqu’à Toulouse et pas dans ma vallée, sans doute car je n’avais pas fait les bonnes rencontres au bon moment. Je faisais le gros marché du secteur, celui qui me paraissait être un passage obligé pour « réussir », au prix d’une fatigue énorme et dans une ambiance délétère. Aujourd’hui j’ai dit stop: je garde mes magasins et sur ma tournée je rajoute des arrêts sur des AMAPS ou chez des particuliers. Me manque juste le petit klaxon! Il va falloir un peu de temps pour retrouver mes clients, le temps de récupérer les contacts et que l’info circule mais pour l’instant j’y crois. Gageons que cette crise nous ait au moins apporté cela: ouvrir les yeux sur les richesses que nous proposent nos propres voisins. »

Par Delphine Da Costa et Séverine Lascombe du CIVAM Bio 09 – Erables 31 , Bénédicte Firmin du CIVAM Bio 34 , Anne Glandières de la Chambre régionale d’agriculture Occitanie, Amélie Berger d’Ocebio, Lucie Poline et coordonné par Nancy Fauré d’Interbio Occitanie

Crédit photo : Interbio Occitanie


Merci à vous, encore et toujours plus de bio ! 10

Merci à vous, encore et toujours plus de bio !

La conférence de presse de l’Agence vient de se terminer et les chiffres de la Bio en France sur 2019 sont encore très bons ! Et ce, grâce à vous consommateurs des produits bio qui tirez la production vers le haut ! Alors, continuez ainsi !

 

Voici quelques chiffres diffusés ce matin lors de cet événement :

  • Le marché bio a connu une croissance de + 13,5 % par rapport à 2018
  • L'introduction de produits bio en restauration hors foyer a connu une croissance de + 16,4 % par rapport à 2018
  • La consommation des ménages en produits bio a + que doublé en 5 ans
  • 6,1 % des achats alimentaires au sein des ménages français sont des produits bio
  • Les œufs bio sont les produits bio les plus consommés en France
  • Le taux d'importation de produits bio n'augmente pas : 33,1 % en 2019 vs 33,7 % en 2018
  • + de 15 % d'emplois dans la bio
  • + 14 % d'opérateurs engagés en bio
  • 8,5 % des terres cultivées en France sont en bio
  • L'Occitanie est toujours la 1ère région bio de France avec 10 663 fermes et 503 026 hectares
  • La France est le 2e pays en termes de surfaces agricoles dans l'Union Européenne après l'Espagne et avant l'Italie et l'Allemagne
  • La France consomme + de produits bio que les Allemands : une première !

Pour accéder au dossier de presse complet, c’est par ici :

Cliquez ici

Conférence de presse - Présentation des chiffres 2019 11

Conférence de presse - Présentation des chiffres 2019

Suivez en direct la prochaine conférence de presse de l’Agence Bio sur le thème : « La consommation bio en hausse en 2019 stimule la production et la structuration des filières françaises», présentation des chiffres 2019 de l’agriculture biologique ; marché et production.

Elle se déroulera ce jeudi 9 juillet, à 9 h 30.

Pour la suivre en direct, cliquez sur le bouton ci-dessous :


Organisation du 2e Forum des Investisseurs en Occitanie ! 13

Organisation du 2e Forum des Investisseurs en Occitanie !

La 2ème édition du Forum des investisseurs se déroulera le jeudi 1er octobre à Agropolis International à Montpellier !

Organisé par Interbio Occitanie, ce forum a pour objectif de :
– Permettre une optimisation des financements des projets BIO régionaux
– Donner aux porteurs de projet la possibilité de rencontrer, sur une journée différents investisseurs pour mettre en place leurs projets

QUELS PORTEURS DE PROJET ?
Cette journée s’adresse aux entreprises en création, en développement ou en reprise.
Elles peuvent être de toutes tailles : TPE, PME ou ETI. Les investisseurs présents peuvent intervenir sur tous les types de projets.

QUELS FINANCEURS ?
Les financeurs présents peuvent vous accompagner quelle que soit la taille de votre projet : de petits investissements ou besoin en trésorerie de quelques milliers d’euros jusqu’à de très grands besoins en investissements, développement ou encore innovation.

 

Les inscriptions ouvriront le 27 août prochain !

 

Si pour des raisons sanitaires l’événement ne pouvait se dérouler de manière physique, il sera tout même maintenu via un outil numérique.


Assemblée générale - OCEBIO à la présidence d'Interbio Occitanie 15

Assemblée générale - OCEBIO à la présidence d'Interbio Occitanie

Suite à l’Assemblée générale d’Interbio Occitanie qui s’est déroulée hier en visio, nous avons le plaisir de vous informer de la nouvelle composition du bureau :

• Président – Emmanuel Eichner (OCEBIO)
• 1er Vice Président – Claude Gibert (Coop de France Occitanie)
• Trésorier – Nicolas Richarme (Sud Vin Bio)
• Secrétaire – Henri Bonnaud (Chambre régionale d’agriculture Occitanie)
• Vice Président – Mathieu Maury (Bio Occitanie)

 

Nous en profitons pour remercier Mathieu Maury pour son investissement, sa disponibilité et son oreille attentive !

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Pour consulter les membres qui composent notre conseil d’administration :

Cliquez ici

COVID-19 : tous les dispositifs d'aides mis à jour 16

COVID-19 : tous les dispositifs d'aides mis à jour

Vous trouverez ci-dessous les dernières mises à jour (avec les dispositifs amendés et complétés) des documents sur les aides pour le secteur agricole et agro alimentaire mais aussi un mémento récapitulant tous les dispositifs Région et Etat mobilisables pour les entreprises avec les liens vers les sites et documents de références.

Ce document a pour but de présenter de manière synthétique les modalités exceptionnelles de soutien aux filières agro-alimentaires et forestières adoptées en réaction à la crise sanitaire par la Région Occitanie.

Pour accéder au document

Retrouvez toutes les mesures exceptionnelles mises en place par l’État, la Région Occitanie, les administrations, Bpifrance, les réseaux consulaires, pour faire face à cette crise sanitaire et anticiper la reprise économique.

Pour accéder au mémento

Quel impact le confinement a t-il eu sur nos habitudes de consommation ? 17

Quel impact le confinement a t-il eu sur nos habitudes de consommation ?

L’Agence BIO a interrogé les Français sur l’impact qu’a eu cette période sur leurs habitudes de consommation. Ont-ils continué à acheter des produits biologiques pendant le confinement ? Le bio a-t-il conquis de nouveaux consommateurs ? Où s’approvisionnaient-ils ? Pour quelles raisons les consommateurs se tournent-ils aujourd’hui vers les produits bio ? Que comptent-ils faire après ? Voici quelques éléments de réponse !

  • Près de 7 Français sur 10 ont acheté des produits biologiques pendant le confinement : 8 % sont de nouveaux
    acheteurs et 61 % en consommaient déjà avant,
  • Les acheteurs habituels de produits bio sont une large majorité à avoir maintenu le même niveau d’achat. En effet, 44 % des acheteurs de produits bio déclarent en avoir acheté autant pendant le confinement,
  • Les jeunes de 18-24 ans sont même plus nombreux à estimer en avoir acheté davantage sur la période (11 % vs 6 %
    de l’ensemble des acheteurs),
  • Si les hypermarchés restent le circuit privilégié d’achat de produits bio (57 % des acheteurs), les résultats mettent
    également en évidence l’essor important de la vente directe (22 % des acheteurs),
  • Le confinement a permis d’opérer une réelle prise de conscience chez les 50-64 ans ; en effet, 54 % d’entre eux affirment qu’ils ont acheté des produits biologiques pour soutenir les producteurs français de bio,
  • La quasi-totalité des acheteurs (plus de 9 sur 10) envisage de continuer à favoriser les produits bio après le confinement.
  • Parmi les raisons citées : les produits bio sont meilleurs pour la santé pour 59 % d’entre eux (jusqu’à 64 % pour les femmes et 67 % pour les CSP+), ils sont de meilleure qualité (57 %), ils respectent mieux l’environnement (56 %), notamment pour les femmes (62 %).
  • Une nouvelle fois, le soutien à l’économie locale est évoqué par la moitié des répondants, et même par 57 % des 50-64
    ans et par 60 % des 65 ans et plus

Découvrez les 2 nouvelles entreprises qui étoffent notre guide des entreprises Bio régionales ! 20

Découvrez les 2 nouvelles entreprises qui étoffent notre guide des entreprises Bio régionales !

Nous avons le plaisir de compter 2 nouvelles entreprises qui participent au développement des filières Bio d’Occitanie, dans notre guide des entreprises Bio régionales consultable en ligne !

Cliquez sur les logos pour en savoir +