Œnologie - Comment s'affranchir d’une partie du sulfitage en vinification bio 1

Œnologie - Comment s'affranchir d’une partie du sulfitage en vinification bio

CE QUE DIT LA REGLEMENTATION BIO

La réglementation bio UE sur la vinification autorise l’apport de sulfites en vinification sous toutes les formes autorisées en œnologie (SO2 gaz, mèche, solution d’anhydride sulfureux, solutions alcalines (bisulfite de potassium et méta bisulfite de potassium). La restriction porte sur les niveaux de SO2 total des vins à la commercialisation.

Tableau des teneurs en sulfites selon les standards

Aujourd’hui, la demande commerciale poussent les vignerons à réduire voir supprimer totalement l’usage des sulfites en vinification.

La mention «vin sans sulfites ajoutés» pourra apparaitre sur l’étiquette de tout vin (bio ou conventionnel) dès lors que l’opérateur peut prouver qu’aucun sulfite n’a été utilisé dans l’élaboration du produit. Toutefois si les teneurs sont supérieures à 10 mg/l de SO2 T, la mention «contient de sulfites » est obligatoire sur l’étiquette.

Rôle du SO2 et facteurs de variabilité

La maitrise de la réduction des sulfites en vinification nécessite une bonne connaissance de ces rôles et de son métabolisme.

La réduction des sulfites en vinification nécessite principalement de trouver des alternatives pour la gestion de l’oxydation des moûts notamment en blanc et rosé (gestion du brunissement) et pour la gestion des risques microbiens.

VINIFIER SANS SULFITES AJOUTES EN PRE-FA-BIO

Maitrise des risques d’oxydation

Plusieurs partenaires (IFV, Inter Rhône, ICV, la Chambre d’Agriculture 66 et Sud- vinbio) se sont réunis autour d’un projet régional (CPER financé par la région Languedoc-Roussillon et France Agrimer) visant à chercher des alternatives à la PVPP (interdite en bio) afin de gérer les risques de brunissement des moûts.

Les recherches ont montré l’intérêt de la protéine de pois pour le traitement des moûts blancs et rosés. La caséine reste également une bonne solution! Les effets des différentes colles testées surmoût sont synthétisés dans le tableau ci-dessous.

Tableau récapitulatif des solutions existantes pour traiter l’oxydation des moûts en blanc et rosé, testées en conditions expérimentales (Projet CPER LR 2012-2014).

La protéine de pomme de terre (PDT) et le chitosane à des doses élevées montrent également une bonne efficacité, mais restent, pour le moment, interdits en bio. Cependant ils ont obtenus un avis positif d’EGTOP* et pourraient intégrer prochainement la réglementation bio européenne.

Maitrise des risques microbiens

RAPPEL RÉGLEMENTAIRE

Un rappel réglementaire concernant les solutions de maitrise des risques microbiens autorisés ou interdits en bio est présenté dans le tableau ci-dessous.

Tableau des solutions de maitrise des risques microbiens

FERMENTATION ALCOOLIQUE (FA) SANS SULFITES : ATTENTION AUX RISQUES DE DÉVELOPPEMENT MICROBIENS

Sans sulfites, on s’expose à une multitude de populations microbiennes dès le raisin et sur le moût à l’entrée en cave : population surtout non saccharomyces (levures apiculées, levures oxydatives) plus ou moins productrices d’acétate d’éthyl, d’acidité volatile et plus ou moins résis- tantes à l’éthanol.

Au cours de la FA, les levures Saccharomyces prendront progressivement le dessus, mais en fin de FA les microorganismes d’altération pourront se redévelopper, notamment les Brettanomyces et les bactéries d’altération.

UN SEUL MOT D’ORDRE : LA PRÉVENTION

Il n’existe pas de solution alternative totale à la maîtrise des risques microbiens en bio en condition de non sulfitage notamment en pré-FA! Il faut mettre en place une série de mesures préventives.

L’important en absence de sulfites est « d’occuper rapidement et intensément la place par une ou des populations microbiennes connues favorables ou neutres ». Plusieurs solutions pour cela sont décrites ci-dessous.

Solution 1

LA BIOPROTECTION AVEC UNE LSA SACCHAROMYCES OU NON SACCHAROMYCES

La bioprotection en oenologie est considérée comme une solution alternative au sulfitage pré fermentaire et consiste à ensemencer précocement sur raisin ou sur moût des espèces de levures connues et maitrisées qui s’implantent au détriment d’une flore indigène potentiellement d’altération. Un projet régional (financement Région Occitanie) réunissant différents partenaires (IFV, ICV, Inter Rhône, Chambre d’Agriculture 66 et Sudvinbio) a testé différentes solutions de bioprotection pour la gestion de populations microbiennes en vinification bio.

EXEMPLES D’ITINÉRAIRES DE BIOPROTECTION TESTÉS

Pour les rouges en vinification traditionnelle: positionner précocement une LSA Saccharomyces sur vendange (au vignoble si possible). L’utilisation de la levure en non réhydratée est envisageable à condition d’augmenter la dose et d’avoir évalué le comporte- ment de la levure en condition de non réhydratation (demander conseil au four- nisseur). Dans ce cas, le relevurage n’est pas indispensable: on évite ainsi des risques de «concurrence» entre les souches.

En blanc et rosé, il est déconseillé d’utiliser sur vendanges ou sur moût des levures Saccharomyces et non Saccharomyces ayant un potentiel fermentaire, car le risque de démarrage de la FA en phase de débourbage est trop important. Préférer une levure non Saccharomyces non fermentaire réhydratée, sur vendange ou sur moût. Dans ce cas le relevurage avec une levure Saccharomyces pour réaliser la FA sera nécessaire.

LES POINTS DE VIGILANCE

▷ S’assurer de la compatibilité entre la levure servant à la bioprotection et celle éventuellement ajoutée ensuite pour la FA.
▷ S’assurer d’une quantité d’azote suffisante en début de FA: la levure de bioprotection utilisant une partie de l’azote, il faudra, en cas de carence, prévoir de compenser par des ajouts.

Solution 2

LA VINIFICATION EN LEVURES INDIGÈNES MAIS MAITRISÉE ET OPTIMISÉE

Le choix d’utiliser les micro-organismes indigènes pour réaliser la FA est de plus en plus répandu. Des essais de pied de cuve indigène (PDC) ont été menés afin d’améliorer la maitrise de cette pratique et de fournir aux professionnels des outils pour sécuriser le process.. Le PDC de levures indigènes permet une présélection et favorise l’implantation de levures Saccharomyces cerevisiae pour la FA.

QUELQUES CLÉS DE RÉUSSITE D’UN PDC

▷ Sulfitage léger sur mout : 2 g/hl

▷ Réaliser le PDC sur un mout non débourbé

▷ Lancer la fermentation du PDC entre 20 et 25°C

▷ Faire des apports d’azote si le mout est carencé

GESTION D’UTILISATION

▷ S’assurer qu’il a une bonne dynamique de fermentation (perte d’au moins 30 points dans les 3 premiers jours)

▷Réaliser une analyse micro- biologique sur le PDC avant utilisation (Brett et population minimum de Saccharomyces: 106 UFC/ml).

▷Incorporation idéale jusqu’à 1020 de densité entre 1 et 3% du volume de la cuve à ensemencer avec un delta de température non supérieur à 5°C

▷Possibilité de recharger au moins une fois le PDC (1 vol de PDC pour 6 vol de moût).

▷ Faire des apports d’azote si le mout ensemencé est carencé.

Par Valérie PLADEAU de Sudvinbio

Crédit photo : Adobe Stock


Valoriser ses produits en vendant à des intérimaires 2

Valoriser ses produits en vendant à des intérimaires

La vente directe est très présente en Occitanie et les producteurs qui s’installent ou se convertissent pensent spontanément à ce débouché. Vendre à un intermédiaire est parfois perçu de manière négative alors qu’on peut aussi valoriser ses produits sans ce lien direct avec le consommateur. Vous découvrirez dans ce dossier les chiffres clés de la consommation bio, de la distribution et les dernières évolutions du secteur. Un des rôles des organismes bio est de mettre en lien l’amont et l’aval. La réalisation en avril d’une journée pour les magasins Biocoop avec producteurs et transformateurs en est une belle illustration.

Les Marchés de Gros (qu’on nomme aussi marchés gares) représentent aussi une opportunité à laquelle on ne pense pas spontanément : ils permettent pourtant de toucher une autre clientèle (primeur, épicerie, restaurant…). De belles dynamiques se mettent en place autour des produits bio sur les MIN, notamment de Montpellier et de Toulouse. Un projet de carreau bio et local a vu le jour et d’autres projets devraient se concrétiser prochainement… à suivre dans les prochains numéros !

Distribution, chiffres clés, évolution et contexte

Le chiffre d’affaires de la consommation des produits bio en France atteint 8,3 milliards d’euros (+ 17% vs 2016). La consommation des produits bio représente désormais 4.4 % de la consommation alimentaire. La demande des consommateurs pour les produits bio est en croissance depuis plus de 10 ans et cette croissance ne se dément pas. Entre 2012 et 2017, le marché a doublé. (cf. article observatoire). Les ménages Français réalisent leurs achats dans quatre circuits de distribution présentés ci-contre selon leurs parts de marché.

Cette diversité des circuits de distribution pour les produits biologiques est une spécificité française, notamment l’importance du circuit des magasins bio spécialisés, circuit qui n’existe pas chez tous nos voisins européens. Cette structuration du marché est un réel atout pour
les producteurs et transformateurs qui peuvent ainsi diversifier leurs circuits de commercialisation, mais aussi pour les consommateurs qui ont le choix entre différents modèles et lieux de vente.

Des équilibres qui évoluent

Pour la première fois, l’an passé, la grande distribution a progressé plus vite (+ 21%) que les enseignes spécialisées à + 15%. Depuis 2011, la croissance des ventes de produits biologiques dans les enseignes généralistes de la GMS, y compris leur e-commerce, était inférieure à celle des autres circuits de distribution. 2017 marque un tournant : les GMS ont développé leurs gammes bio, de façon générale et de façon plus spécifique dans leurs magasins de proximité et le drive, porteurs de croissance. La belle progression des ventes en GMS des produits d’épicerie (+27 %), des fruits et légumes frais (+22 %) et des boissons alcoolisées (+21 %) a contribué à remonter la part de marché des GMS à 46 % (+1,2 points vs 2016).

Même si le circuit spécialisé bio connaît toujours une belle dynamique illustrée par l’ouverture régulière de nouveaux magasins, il ne connait pas les records de croissance de 2016 : + 15% en 2017 vs + 25% en 2016. Sa part de marché recule légèrement (-1,1 point), dû notamment aux commerces indépendants dont la croissance est très faible.

Les équilibres du marché bio sont donc en train d’évoluer, la distribution des produits bio en France se trouve peut-être à un tournant de son histoire. En effet, différentes chaines de GMS ont annoncé dans les médias leurs ambitions de développement, et ils entendent avancer sur les deux tableaux : d’une part via la croissance de leur offre bio dans les hyper et supermarchés et de leur offre drive, mais aussi en créant de nouvelles chaines de magasins bio spécialisés.

Début 2018, Leclerc a annoncé vouloir devenir le premier distributeur de bio en France et vouloir créer 200 magasins bio. Carrefour souhaite doubler son chiffre d’affaire bio d’ici 2021, une ambition qui passe, entre autres, par un fort développement du réseau de magasins Carrefour Bio : objectif 150 magasins à l’horizon 2021. En juillet 2018, Carrefour a aussi racheté le réseau régional de magasins spécialisé SO.BIO, qui possède 8 magasins dans le Sud-Ouest.

Par ailleurs Intermarché s’est allié avec le réseau des « Comptoirs de la bio » (140 magasins) et ambitionne aussi d’augmenter le nombre de ces magasins. Toutes ces annonces montrent une réelle offensive des acteurs de la grande distribution, qui sont très intéressés par ce marché en croissance…

La distribution Bio en Occitanie

Fin 2017, on dénombrait en région Occitanie 935 commerces de détails certifiés bio (+107 par rapport à 2016), dont 505 Grandes et Moyennes Surfaces, 290 magasins spécialisés bio et 140 autres points de vente bio (Jardineries, épiceries, magasins de thés, primeurs, E-commerce).

La région Occitanie est la troisième région de France en nombre de magasins bio, après l’İle de France et Auvergne-Rhône-Alpes. La vente directe est particulièrement bien développée en Occitanie, les producteurs bio sont près présents sur les marchés et boutiques de producteurs, de plus les vignerons bio qui représentent une part importante des producteurs bio vendent beaucoup au caveau.

La distribution bio face à de nouveaux challenges !

Ce nouveau contexte amène les acteurs de la filière bio à s’interroger. L’approvisionnement de ces nouveaux points de vente sera un réel défi: l’offre en produits bio française sera-t-elle suffisante pour que cela ne soit pas une porte ouverte à l’importation ? Les producteurs, coopératives et transformateurs s’interrogent aussi sur les relations commerciales qui pourront se construire avec ces acteurs: face à ces groupes de la grande distribution, comment maintenir des prix rémunérateurs et la valeur ajoutée de la bio ?

Les distributeurs bio, réseaux de magasins spécialisés, eux, devront s’adapter à ce nouveau contexte. Ils réfléchissent à leurs atouts, à comment se différencier: comment construire des filières d’approvisionnement durables, comment continuer à innover, comment mettre en valeur le conseil, le lien au consommateur ? Tous ces débats ont eu lieu au sein de nos associations ainsi qu’en commission distribution au sein d’INTERBIO Occitanie et ne manqueront pas de se poursuivre dans les mois à venir sur ces sujets majeurs pour l’évolution de nos filières bio régionales.

Magasin Biocoop Les myrtilles à Pamiers (09).

VENDRE EN MAGASIN BIO, FACILITER LA RENCONTRE MAGASINS ET PRODUCTEURS / TRANSFORMATEURS

L’exemple de la journée Biocoop

Comme mentionné dans l’article précédent, l’évolution rapide de la distribution bio, le positionnement de nouveaux acteurs et la demande crois- sante des consommateurs pour le local sont des éléments importants dont doivent tenir compte les magasins spécialisés. Cela pose la question de la sécurisation des approvisionnements et de la mise en avant les produits locaux auprès des consommateurs.

En ex-région Languedoc-Roussillon, une action a été menée sur un peu plus de 2 ans pour améliorer et valoriser le référencement des produits bio régionaux en magasins. Chaque magasin spécialisé a ainsi été visité au moins une fois. Il en était ressorti un besoin de créer du lien entre les différents acteurs de la filière.

Biocoop, le local et l’organisation de la journée

L’Occitanie comptait, fin 2017, 290 magasins spécialisés bio dont 80 font partie du réseau Biocoop. Biocoop, leader du réseau des magasins bio en France, est un modèle coopératif qui repose sur la valeur fondamentale que les sociétaires Biocoop donnent la priorité à l’approvisionnement en produits locaux. Est considéré comme local par Biocoop un produit brut ou transformé situé à 150 kilomètres routiers maximum du magasin.

Rattachés aux 4 plateformes logistiques réparties sur le territoire national, des chargés de développement local accompagnent les magasins dans leurs achats locaux et harmonisent le référencement local. Ils établissent aussi des liens entre les magasins et la filière locale, qui peuvent prendre la forme de journées de rencontre entre magasins et producteurs/transformateurs. La réussite des journées réalisées en Provence et Rhône Alpes, a débouché sur une prise de contact entre la chargée de développement local de la plateforme Sud-Est et Sud & Bio, l’association interprofessionnelle qui œuvrait en Languedoc-Roussillon. OCEBIO et Bio Occitanie ont travaillé avec les deux chargées de développement local Sud-Est et Sud-Ouest-dont dépendent les magasins d’Occitanie – notamment pour définir les produits recherchés par les magasins et les fournisseurs à inviter.

Un beau panel de produits était ainsi représentés lors de la journée : légumes, fruits, miels, produits à base de châtaignes, plantes aromatiques, glaces, biscuits, plats préparés, confitures, sirops, bières, kombucha…

Déroulement de la journée Biocoop

La rencontre Biocoop et producteurs/transformateurs a eu lieu le 11 avril 2018 chez Stéphane Guesdon, installé en arboriculture à Thézan les Béziers depuis 1987. En bio depuis 1998, il a créé le GAEC des saveurs bio avec sa fille Johanna début 2016. Ils exploitent désormais 12 hectares de vergers diversifiés et deux hectares de maraîchage, dont 400m2 de serre froide.

La journée a réuni une soixantaine de personnes dont :

8 producteurs
▶ 14 transformateurs
▶ 16 magasins Biocoop (27 personnes), 3 porteurs de projet magasins, et les 2 chargées de développement local SO et SE.

La matinée a pris la forme d’un marché où chaque producteur/transformateur disposait d’un stand pour faire découvrir et déguster ses produits aux gérants et chefs de rayon des magasins Biocoop, en toute convivialité. Les échanges se sont poursuivis lors du buffet bio et local proposé par un traiteur du secteur.

L’après-midi était consacrée à un débat par sur le thème “Place du local dans les magasins Biocoop, quelles problématiques ? Quels leviers d’actions ? “. Producteurs, transformateurs et magasins ont pu s’exprimer librement. La planification, la mutualisation, notamment logistique, la création du lien de la production à la fourchette et comment valoriser l’histoire des produits auprès des consommateurs, une meilleure connaissance des métiers de chacun… sont les thématiques ressorties et qui pourront alimenter la réalisation d’autres journées d’échanges.

Suite au succès de cette journée, d’autres rencontres sont prévues à l’automne pour valoriser l’offre bio régionale auprès des magasins spécialisés, au-delà du seul réseau Biocoop, à Toulouse et à Montpellier. Si vous êtes intéressés pour y participer afin de présenter vos produits et accéder ainsi à de nouveaux débouchés, nous vous tiendrons informés dans un prochain numéro.

EVENEMENT

“Manger bio et local c’est l’idéal” campagne d’information soutenue par Biocoop en Occitanie !

La Campagne «Manger Bio et Local c’est l’idéal » vise à sensibiliser les citoyens et interpeller les élus sur les enjeux de l’agriculture biologique et des circuits courts. Elle se manifeste par un programme d’animations diversifiées: fermes ouvertes, conférences, animations sur les marchés et dans les magasins bio, ciné-débats, colloques, repas bio en restauration collective et commerciale…

C’est une opportunité de valoriser l’approvisionnement local des magasins Biocoop et les actions menées entre les groupements d’agriculteurs biologiques, et le réseau de magasins Biocoop. Depuis 2016, le soutien financier de Biocoop aux régions est décentralisé. Ainsi pour 2018, Bio Occitanie bénéficie du soutien de Biocoop pour communiquer sur les évènements (environ 35 prévus à ce jour) et a notamment lancé la page Facebook @BioOccitanie.

LES OBJECTIFS DE LA CAMPAGNE
▶Mieux faire connaître les contributions positives de l’agriculture bio locale (emplois, protection de l’environnement et de la santé…) aux élus et aux citoyens
▶Aider à découvrir pourquoi et comment consommer des produits bio en circuits courts
▶Aider à éviter l’amalgame avec les produits locaux et non bio “manger bio et local c’est l’idéal” campagne d’information soutenue par Biocoop en Occitanie !

PLUS D’INFOS
▶page Facebook @BioOccitanie
▶site internet national : www.bioetlocal.org

COMMERCIALISATION SUR LES MARCHES DE GROS

Les Marchés de Gros de France, qu’ils soient classés Marchés d’Intérêt National ou non, «sont des plateformes agroalimentaires importantes au service du commerce de gros» (INSEE, 2011). Les produits sont achetés en grande quantité, entreposés et vendus à différents types de clientèles sous forme de détail. Créés par le décret n°53-959, le 30 septembre 1953 à la suite de la seconde Guerre Mondiale, les MIN sont des lieux de négoce de gros, qui regroupent sur un même lieu l’offre (des producteurs, des grossistes, des prestataires de service…) et la demande (différents acheteurs) essentiellement des secteurs de l’alimentaire et de l’horticulture. Ils sont dotés d’infrastructures logistiques importantes et reliées au rail et à la route.

TEMOIGNAGE

Marie Hélène Santarelli,
Présidente du Conseil d’Administration de Mercadis-SOMIMON.

Valoriser la qualité des productions locales tout en développant des emplois pérennes sur le territoire, telle est la principale vocation du Min de Montpellier. Pour les producteurs, vendre au carreau est l’occasion rêvée de rencontrer des professionnels en un minimum de temps dans un même lieu.

Le marché gare de Montpellier a souhaité ouvrir cette opportunité aux producteurs sous SIQO AB par le Lancement d’un «Carreau Bio». Depuis octobre 2017, ce carreau Bio se déroule en même temps que le carreau conventionnel. Nous travaillons avec la Chambre d’Agriculture et le CIVAM Bio34 pour répondre à la demande de ce marché en pleine expansion.

Nous valorisons cette offre AB sur notre catalogue produits et sur notre future plateforme numérique destinés aux acheteurs professionnels. Aujourd’hui nous avons plusieurs actions en cours dont celle de développer une offre commerciale mutualisée des producteurs locaux autant de nouveaux services propices à développer les relations acheteurs/fournisseurs.

Marie Hélène SANTARELLI,
Présidente du Conseil d’Administration de Mercadis-SOMIMON.
Conseillère de Montpellier Méditerranée Métropole.
Adjointe à la ville de Montpellier déléguée à l’alimentation durable.

Montpellier, le carreau bio et local

Le MIN de Montpellier Méditerranée Métropole – Mercadis propose un carreau de producteurs 3 après-midis par semaine. Ce marché leur permet de vendre leur production en direct aux épiceries, primeurs, restaurants et autres distributeurs de proximité.

Dans le cadre du projet agro-écologique de la Métropole, le MIN a souhaité créer un carreau de producteurs spécifiquement bio afin de mettre en avant la production bio locale. Le CIVAM Bio 34 et la Chambre d’Agriculture de l’Hérault ont été sollicités début 2016 par le directeur du MIN pour participer au montage de ce projet de création d’un « carreau bio ». Un producteur bio qui fréquentait le carreau de Montpellier a joué un rôle moteur dans l’émergence de cette initiative.

L’année 2016 a été consacrée à l’étude les débouchés de ce carreau bio, rechercher des producteurs intéressés et les fédérer autour de ce projet, et participer à la mise en œuvre concrète du projet.

Le carreau a été lancé officiellement le 4 octobre 2017 et a connu un succès prometteur, en regroupant 7 producteurs et environ une centaine d’acheteurs.

 

L’inauguration a eu lieu le 8 novembre, en même temps qu’un show-room des produits labellisés (voir encart ci-dessous).

Cette action a permis de redynamiser les carreaux du MIN et est une des actions à l’origine de la dynamique collective qui existe aujourd’hui sur le MIN: les producteurs habitués du carreau traditionnel et les nouveaux venus bio se sont retrouvés lors de réunions pour discuter de leurs préoccupations et faire émerger de nouveaux projets, comme la mutualisation commerciale qui est en bonne voie pour fin 2018.

LE CARREAU BIO DES PRODUITS TRANSFORMES

Le show-room des produits labellisés a réuni des producteurs bio de légumes, des producteurs-transformateurs bio ainsi que des entreprises de transformation bio. Cet événement a été l’occasion de présenter aux acheteurs habituels du MIN et à d’autres acheteurs conviés exceptionnellement pour cet événement, une large gamme de produits transformés issus d’exploitations ou d’entreprises locales.

Les produits transformés sont maintenant présents un vendredi tous les 15 jours, de 15h à 17h en même temps que le carreau de producteurs. De nombreux produits bio sont proposés : bières, vins, biscuits, macarons, miel, confitures, plats préparés…

Le MIN de Toulouse devient Le Grand Marché

Le MIN de Toulouse connaît depuis un an une évolution forte avec sa reprise par Lumin Toulouse, société composée de la société gestionnaire du Marché International de Rungis, la Semmaris et La Poste.

Pour Stéphane Layani, Président de Lumin Toulouse «L’ambition de ces investissements majeurs est clair : je souhaite faire du MIN de Toulouse et de sa plateforme logistique le 2ème plus grand marché de France après Rungis et l’incontournable plaque tournante de l’agroalimentaire du sud hexagonal ». Pour sa directrice, Maguelone Pontier, cette ambition est atteignable puisque « non seulement l’Occitanie est la première région agroalimentaire de France, mais elle présente aussi la plus forte croissance démographique».

Les projets de la nouvelle équipe dirigeante sont nombreux. Parmi ceux-ci plusieurs concernent le bio. Tout d’abord, le MIN souhaite enrayer l’érosion du nombre de producteurs venant sur le carreau des producteurs et développer l’offre bio. La demande est très importante et n’est pas satisfaite, que ce soit en produits pour les grossistes (dont Pronatura installé sur le MIN), les commerces de proximités ou les restaurateurs. Le fait que La Poste soit associée dans la reprise du MIN va aussi permettre de travailler sur l’enjeu du «dernier kilomètre » à partir de son expertise. Cet enjeu est important dans un souci de coût de cette logistique mais aussi pour réduire son impact sur l’environnement.

Autre projet, l’accompagnement au développement de la zone maraichère de Blagnac avec l’objectif de permettre l’installation de maraichers qui pourraient bénéficier de contrats avec les entreprises présentes sur le MIN. Là aussi la demande en produits bio et locaux est forte.

Enfin comme sur Montpellier, Interbio Occitanie va organiser en fin d’année avec ses membres une journée de ren- contres et d’échanges entre les commerces de proximité et les producteurs et entreprises de transformation bio. Et le MIN, de par ses objectifs de mise en avant du local et de la proximité est bien le lieu le plus adapté à cet évènement.

Par Amélie BERGER d’OCEBIO, Laure TEZENAS DU MONTCEL de la chambre d’Agriculture de l’Hérault, Elodie BERNARD de CIVAM BIO 34, Nancy FAURE d’Interbio Occitanie et coordonné par Bénédicte FIRMIN de CIVAM BIO 34

Crédit photo : Interbio Occitanie 


Autonomie des élevages - Expérimentation sur l’évaluation de mélanges de prairies à flore variée en élevages biologiques 3

Autonomie des élevages - Expérimentation sur l’évaluation de mélanges de prairies à flore variée en élevages biologiques

Depuis fin 2016, Bio 46 le groupement des agriculteurs bio du Lot accompagne un groupe d’éleveurs dans la mise en place d’essais de mélanges prairiaux à flore variée (PFV) en partenariat avec l’INRA de Toulouse. Les suivis de ces prairies s’étendent sur 4 années (2016-2020). Entre l’automne 2016 et le printemps 2017, ce sont sept parcelles qui ont été implantées chez cinq éleveurs bios de différentes productions :ovin viande, bovin lait, caprin lait. La première saison de végétation de ces jeunes prairies a été suivie via des relevés botaniques et des analyses en laboratoire mais aussi via un suivi régulier par les éleveurs. Ce projet participe à l’élaboration de l’outil en ligne libred’accès Capflor®, outil d’aide à la décision qui visera à préconiser des mélanges prairiauxaux éleveurs selon leurs besoins et conditions pédoclimatiques. En 2018, une dizaine denouvelles parcelles seront semées et trois éleveurs ont rejoint les essais, permettantnotamment d’élargir la palette de conditions pédoclimatiques et des productions avec les bovins viande.

La prairie à flore variée de quoi parle-t-on ?

La définition de la prairie à flore vairée est établie par Vladimir Goutiers, chercheur à l’INRA, à l’initiative de la mise en place d’essais dans différentes régions de France. « Une prairie à flore variée est un mélange semé, complexe, de pérennité variable mais supérieur à trois ans, contenant plus de six espèces, avec plusieurs variétés par espèce (ex. luzerne flamande et luzerne méditerranéenne), avec au minimum trois familles botaniques pour les mélanges dits de pâture et deux familles pour les mélanges de fauche. La prairie à flore variée fournit plusieurs  services comme la couverture du sol (limite les adventices), la fourniture en azote avec des légumineuses de longue durée, la production de biomasse, l’action antiparasitaire, et ce, en s’appuyant sur des principes écologiques. »

Eleveur caprin sur le Causse du Lot

« Je suis éleveur caprin sur le Causse du Lot. Sur mes prairies temporaires, j’ai toujours implanté un mélange à base de luzerne (luzerne/dactyle le plus souvent). Naturellement, j’avais de plus en plus de mal à réimplanter la luzerne. J’ai cherché une alternative et Bio 46 m’y a aidé. Après plusieurs formations avec le GAB sur l’autonomie alimentaire, il y en a une qui m’a particulièrement convaincue, celle avec Vladimir GOUTIER (INRA / CAPFLOR). Il parlait des prairies à flores variées. »

Petite histoire des mélanges prairiaux

Les prairies à flore variée représentent une voie « nouvelle » par rapport à l’approche française classique des prairies, basée notamment sur des associations binaires de type ray-grass anglais / trèfle blanc, dactyle / luzerne jusque dans les années 2000. Aujourd’hui, les entreprises de semences proposent des mélanges comprenant deux Légumineuses, deux Graminées et quelques autres références. Ces mélanges durent de deux à quatre ans maximum.

Par ailleurs, l’approche française de la sélection semencière s’est appuyée sur le développement de nombreuses variétés (selon leur précocité, leurs aptitudes au pâturage ou à la fauche…) au détriment d’une diversité d’espèces. La sélection s’effectue en général sur une durée de trois
ans avant la mise sur le marché. Les performances des espèces sur le plus long terme (plus de cinq ans) ne sont que peu étudiées, tout comme leurs performances en mélange, ce dernier rendant plus difficile l’évaluation de la performance de chaque espèce.

D’un point de vue réglementaire, le contrôle de la qualité des semences commercialisées est confié en France au Groupement national interprofessionnel des semences et plants (Gnis) et est assuré par un service technique dédié, le Service Officiel de Contrôle et de Certification (SOC). Le contrôle permettant d’apposer « l’étiquette SOC » sur les mélanges prairiaux du commerce repose sur des critères qui ne permettent pas de certifier les mélanges de prairie à flore variée.

▶ Par exemple, la dose semée à l’hectare ne doit pas dépasser 30 kilos, tandis que les mélanges à flore variée sont souvent autour de 40 kilos, du fait du nombre d’espèces et de la longévité du mélange. Ainsi, la mise en place de ces essais est nécessaire face au manque de mélanges de ce type sur le marché.

Améliorer l’autonomie et la résilience des élevages bio

Face aux aléas notamment climatiques de plus en plus fréquents, les agriculteurs sont contraints d’adapter leurs systèmes d’exploitation afin de maintenir une activité viable. En Agriculture Biologique, cela se traduit le plus souvent par des modifications de l’assolement avec des cultures plus résistantes. Parmi celles-ci, les prairies à flore variée montrent un réel intérêt en termes d’autonomie et de souplesse. Cependant, le manque d’expériences et de connaissances concernant la dynamique et les performances de ces mélanges ainsi que leurs adaptations aux conditions d’exploitations en Agriculture Biologique constitue un frein au développement de cette pratique.

Produire des références locales

Ainsi, la mise en place des essais directement en élevage dans diverses conditions pédoclimatiques a pour objectif l’établissement de références
locales sur la performance des mélanges prairiaux à flore variée. Les compositions de mélanges sont définies en fonction des conditions climatiques locales, des caractéristiques physiques et chimiques de la parcelle (texture, pH, réserve en eau, fertilisation), des besoins de l’éleveur (parure, fauche, mixte, utilisation précoce, tardive). Ces mélanges associent en général une dizaine d’espèces dont des graminées (ray-grass, fétuques, festuloliums, pâturin, brome etc.), des légumineuses (trèfles annuels, trèfles violet et blanc, luzernes, lotier, sainfoin) mais aussi d’autres espèces comme le plantain et la chicorée, voire des espèces mellifères par exemple. La place de chaque « famille » d’espèces au sein de la prairie va évoluer au cours du temps : espèces d’implantation rapide, espèces de production (2 à 5 ans), espèces de fond prairial. L’étalement de la production est assuré avec des espèces précoces à tardives.

Des résultats encourageants

Dans le Lot, les résultats de la première année de végétation des prairies sont encourageants. L’analyse des relevés botaniques effectués par Bio 46, le suivi régulier par les éleveurs (calendrier de pâturage, récolte de foin, observations etc.) et les analyses de valeur alimentaire en laboratoire
permettent de dresser un premier bilan à l’automne 2017 : les graminées semées représentaient entre 20 et 50% des espèces relevées, les légumineuses semées entre 20 et 40%, et les diverses (plantain, chicorée notamment) entre 14 et 26%.

Globalement, peu de sol nu, sauf pour les parcelles où le semis n’a pas été suivi de conditions climatiques favorables à la levée (5-10% de sol nu estimé). La digestibilité des prairies était également bonne avec une moyenne de 73%, ainsi que les matières azotées totales avec une moyenne de 17.6% (jusqu’à 23% pour certaines parcelles).

Globalement, les éleveurs soulignent l’importance du semis : une bonne préparation du sol, un semis à la volée à favoriser en bio (couvre le sol de manière plus homogène), le mélange des graines.

▶ Petit à petit, une dynamique collective se met en place autour de ces essais prairiaux : une commande groupée des semences a été menée par les éleveurs en partenariat avec Bio 46 au début d’année, le nombre d’éleveurs impliqués augmente et facilite ainsi les échanges entre éleveurs d’une même zone ou d’une même production, les surfaces implantées passent d’une dizaine d’hectares en 2017 à une trentaine en 2018. Plusieurs éleveurs ont déjà témoigné de leur intérêt pour ces essais. Des actions ponctuelles sont mises en place (ex. démonstration de semis). Bio 46 projète également de réaliser des études plus complètes de l’impact des prairies à flore variée dans les systèmes d’élevage.

Rédigé par Lauriane Vollet de BIO 46

Crédit photo : ec_organic