État des lieux de l’apiculture Bio en Occitanie et ailleurs

L’APICULTURE BIO DANS LE MONDE

En 2017, les ruches bio représentaient 3,5% du rucher mondial, soit 3,2 millions de ruches bio pour 91,4 millions de ruches totales. Le nombre de ruches bio déclarées a été multiplié par six entre 2007 et 2017 et par 1,45 entre 2016 et 2017. Les pays où la croissance du nombre de ruches a été particulièrement importante sont le Brésil (898 640 ruches bio, premier pays producteur de miel bio), la Chine et la Zambie (388 067 ruches bio, deuxième pays producteur). Le Mexique complète le podium avec 368 000 ruches bio en 2017. Le rucher bio mondial est principalement localisé en Amérique Latine (45 % du rucher), en Europe (30%) et en Afrique (16%).

Le marché du miel bio mondial est porteur : la demande devrait continuer son développement et tirer avec elle la production. Les deux principaux enjeux mondiaux identifiés sont d’accompagner la conversion avec toutes les difficultés techniques qu’elle entraine et de poursuivre la lutte contre le Varroa, parasite des ruches.

Les importations de miel bio sont dirigées pour presque un cinquième vers les Etats-Unis, qui ont importé 70 millions d’euros de miel bio en 2016. L’Allemagne est un autre importateur important, ainsi que la Nouvelle-Zélande, dont les augmentations ont été multipliées par six entre 2015 et 2016. (Agence bio / Carnet Monde / 2019)

L’APICULTURE BIO EN EUROPE

Entre 2016 et 2017, le nombre de ruches bio européennes a augmenté de 3,5 % pour atteindre 871 000 ruches et de 8% entre 2017 et 2018, représentant plus de 941 000 ruches. Les principaux pays producteurs sont la Bulgarie (24 % du total soit 226 000 ruches), l’Italie (18 %, 169 000 ruches), la Roumanie (15 %, 141 000) et la France (13 %, 122 000 ruches). Les dernières tendances de croissance de ces pays étaient plutôt à la baisse entre 2017 et 2018, sauf pour la France.

L’Union Européenne est le premier marché mondial de miel bio. L’Allemagne et le Royaume Uni sont les premiers pays d’échange. Le marché du miel bio allemand représentait en 2018 10% du marché national de miel et provenait pour une part non négligeable du Mexique et du Brésil. La quasi-totalité de la production de miel roumaine est exportée (80 %, soit 3 650 tonnes de miel), en majorité vers l’Allemagne et les pays nordiques. (Agence bio / Carnet UE / 2019)

L’APICULTURE BIO EN FRANCE

En 2020, il y avait en France 985 apiculteurs bio, dont 208 en conversion. Cela représente 21 % d’apiculteurs de plus qu’en 2019 et 11 % de conversions supplémentaires. Les ruches bio et en conversion étaient quant à elles 169 961 en 2020 (+ 20 %) dont 26 550 en conversion (+ 38 %).

La croissance de la filière a donc bien repris après le léger ralentissement de l’année passée. Certaines régions productrices ont même connu des taux de croissance de cheptels particulièrement importants comme la Bourgogne- Franche-Comté (+71 %/ 2019), la Normandie (+32 %/ 2019) et Auvergne-Rhône-Alpes (+31 %/ 2019). (Agence Bio – OC / ORAB / 2020)

L’APICULTURE BIO EN OCCITANIE

Le rucher bio d’Occitanie occupe une part importante dans le rucher national bio (25 %) et dans le rucher total occitan (22,5 %). Il se compose en 2020 de 48 868 ruches, soit 16 % de plus qu’en 2019. Parmi elles, 5 512 étaient en conversion, 8 % de plus que l’année précédente. Ces ruches étaient conduites par 258 apiculteurs (41 en conversion) avec là aussi une tendance à la hausse avec 15 % d’effectifs de plus au total et 28 % de plus pour ceux spécifiquement en conversion. La tendance est donc à la reprise de la croissance de l’apiculture bio après la légère baisse de croissance de l’année précédente. (Agence Bio – OC / 2020)

En 2020, il y a eu 27 nouveaux apiculteurs biologiques à titre principal. Ces nouveaux installés sont situés principalement dans l’ex-région Midi-Pyrénées. 53 nouveaux installés sont des apiculteurs à titre secondaire, en parallèle d’une activité d’élevage de bovins (17 %), de cultures fruitières (15 %), de cultures légumières (15 %), de grandes cultures (11 %) et de plantes à parfum et aromatiques (11 %) pour la majorité des cas. (Agence Bio – OC / 2020)

L’AVAL DE LA FILIERE APICULTURE EN OCCITANIE

Le secteur de l’aval de l’apiculture en Occitanie se compose de 12 entreprises. Ces entreprises sont : un magasin de producteurs spécialisés, un fournisseur pour les professionnels, un commerce de gros de produits issus de l’apiculture et neuf entreprises de transformation des produits de la ruche. Ces structures sont réparties dans l’ensemble de la région. (Agence Bio – OC / ORAB / 2020)

LE MARCHE DU MIEL ET DES PRODUITS DE LA RUCHE

Le miel bio est un produit populaire. 27% des acheteurs bio en consomment régulièrement. La tendance est stable depuis 5 ans. La moitié se compose d‘acheteurs « récents » (entre 1 et 5 ans) et 31 % sont des acheteurs anciens, de plus de 5 ans (le miel est ici considéré comme parmi les « autres produits d’épicerie »). Ces produits, dont le miel, sont achetés à 61 % en grande distribution, à 20 % en magasin spécialisé, le reste des achats se répartissant entre les marchés, les commerces de proximité et directement à l’apiculteur. (Agence Bio / AND-International / 2019)

IMPACTS DU COVID-19 ET DU CONFINEMENT SUR LA FILIERE APICOLE OCCITANE

Les impacts sur l’amont de la filière de la crise sanitaire au sortir du confinement ont été hétéroclites. Certains apiculteurs ont vu leurs ventes s’accroître là où pour d’autres elles ont diminué, parfois fortement. Les circuits de ventes ont été déterminants dans la résilience de l’exploitation. Les apiculteurs avec des circuits diversifiés et/ou ayant été capables de remplacer les débouchés fermés (comme les marchés) par d’autres (comme les magasins spécialisés) sont ceux qui s’en sont le mieux sortis. A contrario, les apiculteurs qui reposaient principalement sur un débouché ont été handicapés en cas de fermeture.

Les principales difficultés rencontrées ont été la gestion de la charge de travail (enfants à la maison, personnel en arrêt, maladie), le transport (produits finis mais aussi approvisionnements logistiques) et la gestion des gestes barrières.
Pour l’aval de la filière, là aussi les choses ont différé d’une structure à l’autre, également en lien avec les débouchés. La distribution spécialisée a permis d’augmenter les ventes là où la vente directe s’est presque totalement arrêtée. Le secteur santé/cosmétique a été porteur durant la période. Le personnel a été jugé comme un levier majeur pour surmonter la crise. (Interbio Occitanie / 2020)

ENQUETE PRODUCTION DE L’ADA OCCITANIE
par ADA Occitanie, issu de l’enquête production 2020

Les prix de vente du miel sont majoritairement liés au conditionnement et à la miellée considérée. Toutes miellées confondues, la moyenne des prix de vente au détail du miel bio est de 17 €/kg. En vente en vrac à un conditionneur, la moyenne de prix de vente du miel bio est de 11 €/kg. Le miel le mieux valorisé est le miel de thym alors que le miel vendu le moins cher est le tournesol.

Les miellées les plus fréquentées par les apiculteurs d’Occitanie en agriculture biologique sont les miellées de châtaignier et de montagne. Certains apiculteurs transhument les colonies au-delà des frontières régionales afin d’aller chercher des floraisons massives et/ou produisant un miel bien valorisé tel que le miel de lavande. Les rendements miel par ruche sont très hétérogènes en fonction de la miellée et de la localisation géographique. Cependant, il y a un consensus sur le fait que les conditions météorologiques de 2020 n’ont permis au mieux qu’une récolte très faible de miel d’acacia.

Sur le panel enquêté, les apiculteurs bio sont nombreux à diversifier leur production : 1/4 d’entre eux produisent du pollen et 1/5 de la propolis. Ces productions sont majoritairement valorisées en vente direct au détail.

Crédit photo : Interbio Occitanie et ses membres / Ada Occitanie.

Les chiffres de la production sont issus de l’Agence Bio et des Organismes certificateurs et datent de 2020 (publiés en 2021) Les données ORAB sont issues des notifications déclarées à l’Agence Bio et traitées par l’ORAB au 07 juillet 2021.

Cet article a été réalisé par l’Observatoire Régional de la Bio d’Occitanie, en partenariat avec Anne-Charlotte METZ de l’ADA Occitanie et Hélène FREY, chargé de mission Filières Apiculture pour le compte d’Interbio Occitanie.