COVID-19 : commandes groupées de masques
De nombreuses initiatives ont été prises par les filières dont :
La CCI d’Occitanie et la Chambre régionale d’agriculture d’Occitanie
Attention aux délais de livraisons longs (1ère quinzaine de juin au plus tôt)
Pour les acteurs de la sphère agricole et agro-alimentaire, le traitement des demandes est géré par les réseaux professionnels suivants actuellement :
- Coopération agricole
- Réseaux syndicaux FDSEA, JA, Vignerons Indépendants
- Chambres d'agriculture
Chaque demandeur est en relation avec les échelons départementaux de chacun de ces réseaux.
La Chambre régionale d'agriculture regroupe l'ensemble des retours via les têtes de réseaux régionales et les remets à la CCI Occitanie.
Un minimum de 600 masques livrés à un même point de livraison. Prix 2.6 €HT/ masque
Conditionnement par unité de 60 masques, masques barrières lavables 10 à 20 fois (homologation catégorie 1).
Cdiscount – CCI/CMA à partir du 20 avril
Pour répondre aux besoins des PME et TPE, en masques de protection, Cdiscount a mis en place, en concertation avec les réseaux des Chambres de commerce et d’industrie et des Chambres de Métiers et de l’Artisanat, la DGE et la DGITM, un dispositif en click & collect qui leur est dédié.
Après une première expérimentation réussie en région Auvergne-Rhône-Alpes, le dispositif est étendu aujourd’hui à tout le territoire métropolitain pour les TPE-PME du commerce alimentaire indépendant, du transport de marchandises et de la logistique.
Il sera ouvert à l’ensemble des TPE-PME (inscrites aux registres de CCI ou CMA), tous secteurs d’activité confondus à compter du lundi 20 avril.
Les commandes se passent directement sur Cdiscount Pro, site réservé aux professionnels, à l’adresse suivante (accessible à partir d’un PC uniquement) : https://www.cdiscount.com/masques
Cdiscount a déjà commandé 60 millions de masques pour alimenter sa plateforme. Cdiscount assurera la livraison des commandes de masques à travers les enseignes du Groupe Casino (Géant, Hyper Casino, Supermarché Casino et Casino Drive, Casino Shop, Petit Casino, Vival, Spar et Leader Price) où les professionnels pourront récupérer leur commande en respectant les consignes sanitaires. Les TPE et PME profiteront ainsi d’un réseau de distribution maillé sur tout le territoire afin de couvrir leurs besoins les plus urgents.
Cette solution n’a par ailleurs pas vocation à devenir le seul vecteur de diffusion des masques vers les entreprises.
Par ailleurs, l’Etat s’appuie sur le Comité Stratégique de Filière (CSF) Mode et Luxe pour répondre à la demande de surblouses à usage médical et de masques à usage non sanitaire (CP n° 2111 du 7 avril 2020 d’Agnès Pannier-Runacher). Le CSF a lancé un nouveau site internet https://savoirfaireensemble.fr/, qui permet de mettre en relation directe les fournisseurs de tissus, les confectionneurs et les acheteurs au niveau national (masques, surblouses…).
COVID-19 : retrouvez le guide des aides pour le secteur agricole, agroalimentaire et forestier de la Région Occitanie
Voici le plan régional d’urgence sanitaire, économique et solidaire décliné pour le secteur agricole, agroalimentaire et forestier mis en place par la Région Occitanie. Ce document a pour but de présenter, de manière synthétique, les modalités exceptionnelles de soutien aux filières agro-alimentaires et forestières adoptées le 3 avril dernier par la région Occitanie.
Découvrez les 2 nouvelles structures de notre guide des entreprises Bio régionales !
Nous avons le plaisir de compter 2 nouvelles structures dans notre guide des entreprises Bio régionales consultable en ligne !
Cliquez sur les logos pour en savoir +
Crédit photo : Huilerie Cauvin
COVID 19 - Informations producteurs et fournisseurs Bio d'Occitanie
Producteurs et fournisseurs Bio
La Région Occitanie lance aujourd’hui une version B to B de la plateforme solidarité-occitanie-alimentation. L’objectif est de mettre en lien producteurs et fournisseurs régionaux avec les distributeurs.
Comment ça marche ? Les producteurs et fournisseurs régionaux se rendent sur la plateforme en ligne et remplissent un formulaire indiquant les produits proposés. Les distributeurs pourront ainsi géolocaliser les producteurs et fournisseurs, sur une carte interactive, et les contacter par mail ou téléphone.
NB : l’inscription des distributeurs sur la plateforme est en cours de développement, et devrait être opérationnelle prochainement. Les producteurs/fournisseurs à la recherche de débouchés pourront alors contacter les distributeurs à proximité
COVID 19 - Informations producteurs et entreprises Bio d'Occitanie
Producteurs Bio
Face au contexte sanitaire actuel et aux mesures de restriction de déplacements mises en place par le gouvernement, la Région Occitanie lance un nouvel appel au consommer local et crée une plateforme digitale pour promouvoir la livraison de proximité afin d’aider les producteurs et commerçants du secteur alimentaire du territoire à maintenir leur activité économique, et permettre aux citoyens de consommer local et frais tout en restant à leur domicile.
Entreprises Bio
Face à l’épidémie, le service public régional de proximité instauré grâce aux Maisons de Ma Région et son agence de développement économique Ad’Occ, implantée sur tous les territoires, va permettre aux entreprises d’avoir des interlocuteurs uniques pour faciliter toutes leurs démarches.
En complément des mesures annoncées par le gouvernement, la Région a décidé d’intervenir pour soutenir l’économie régionale et l’emploi.
Si vous désirez plus de renseignements sur les mesures d’accompagnement, contactez le : 0800 31 31 01 (numéro vert – de 9h à 18H).
Retrouvez les chiffres de la Bio en Occitanie sur ladepeche.fr !
L’Occitanie, 1ère Région Bio de France !
Ladepeche.fr reprend les chiffres clés de la Bio en Occitanie publiés par notre Observatoire ! A lire sans modération !
- 9 400 exploitations agricoles engagées en bio, soit près de 14 % du total des exploitations du territoire,
- près de 507 000 hectares certifiés ou en cours de conversion,
- les surfaces cultivées en bio couvrent près de 480 000 hectares, soit 15 % des surfaces agricoles régionales,
- plus d'1/4 des surfaces bio françaises sont en Occitanie.
Et retrouvez les chiffres par filière et de l’aval sur l’article dont le lien est accessible ci-dessous :
Découvrez le 15e numéro du Magazine de la Conversion !
Au menu de cette 15ème édition de votre magazine professionnel de la Bio, nous vous proposons 6 dossiers spécifiques :
Pour accéder au magazine dans son intégralité, veuillez cliquez ici.
Pour accéder aux différents dossiers, cliquez sur les titres ci-dessous :
Dossier viticulture
Comment limiter sa consommation de gazole ?
L’entretien du sol est souvent un changement majeur lors de la conversion à la viticulture biologique. Le règlement CE 834/2007 interdit le recours aux herbicides, qu’ils soient issus de la chimie de synthèse ou d’origine naturelle. Dès lors, la gestion des adventices repose sur l’entretien du couvert herbacé (couverts végétaux, enherbement….) et sur le travail mécanique du sol.
Gestion des risques de contamination croisée
Le Règlement Européen de l’agriculture biologique limite le recours aux pesticides, et en restreint la liste. Tout producteur revendiquant le label bio doit se prémunir des entrées fortuites, non intentionnelles, de pesticides non autorisés sur ses cultures. Ce sont ces entrées qui prennent le nom de « contaminations croisées », croisées donc entre conventionnel et bio.
Dossier arboriculture
Vergers : maîtriser l’irrigation et l’enherbement sur le rang par l’installation d’un mulch
Assurer la bonne gestion en eau de son verger et maîtriser l’enherbement sur le rang font partie des principaux enjeux techniques des arboriculteurs. Face à ce double défi, le CIVAM BIO 66 et plusieurs arboriculteurs ont opté pour le mulch végétal sur le rang. Après deux années d’essais, il semble être une alternative (candidat) intéressante.
Cohabiter avec la mouche noire du figuier, par quels moyens ?
Dans un contexte de diversification des productions fruitières suite à la problématique Sharka, des vergers de figuiers ont progressivement vu le jour dans les Pyrénées-Orientales. En agriculture biologique, c’est une filière en développement mais la conduite des figuiers en bio se heurte à un problème technique important : la gestion d’un parasite. En effet, la mouche noire du figuier, Silba adipata McAlpin, peut être responsable de 20% à 80% des pertes en verger.
Filière brassicole
En Occitanie, une filière en plein essor
L’état des lieux réalisé par la Fédération Régionale des CIVAM d’Occitanie (FR CIVAM Occitanie) en 2019 permet d’avoir une image assez précise du paysage brassicole en Occitanie. Comme partout en France, le nombre de brasseries artisanales a augmenté de façon spectaculaire ces dernières années dans la région. D’une cinquantaine de brasseries en 2010, on est passé à environ 200 brasseries artisanales en 2019, réparties sur tout le territoire. Parmi ces 200 brasseries, une cinquantaine ont une activité certifiée bio (production 100 % bio ou une gamme bio). Le volume de bière artisanale produit en Occitanie est estimé à 120 000 hectolitres /an, ce qui correspond à une production moyenne de 600 hL par brasserie artisanale.
Dossier élevage
Eleveurs Bio : vendre en restauration collective
Encore peu consommée en restauration collective, la viande bio s’introduit progressivement dans nos établissements, scolaires ou EHPAD, en région. La montée en puissance des menus végétariens, loin de représenter une concurrence pour ce produit, est au contraire un atout pour le développement de ce débouché. En effet, en raison d’un coût plus élevé, la viande bio ne peut être servie lors de certains repas que si des protéines végétales peu coûteuses sont proposées à d’autres moments. Introduite en moindre quantité, la viande peut donc être de meilleure qualité !
Diversification
Produire des petits fruits rouges en bio
Les petits fruits (framboise, cassis, groseille…) bénéficient d’une image très positive auprès des consommateurs : synonymes de retour des beaux jours, de souvenirs d’enfance, appréciés pour leurs qualités gustatives et leur présentation qui invite au « snacking », et recommandés pour leurs caractéristiques nutritionnelles (haute teneur en micro nutriments et antioxydants), etc. Mais ils demeurent un marché de niche : leur achat en frais reste très occasionnel, principalement à cause de leur prix élevé : la consommation de framboises et groseilles était de 0,13 kg/an /ménage, très loin derrière la pomme avec 18kg consommés, ou même la fraise avec 2,13 kg /an/ménage (TNS Sofres 2008). Cependant, ils sont très demandés sur les marchés en zone de montagne, et appréciés par une clientèle touristique.
Report du Forum des Investisseurs à l'Automne 2020
Pour des raisons sanitaires et de sécurité, nous sommes dans l’obligation de reporter la 2ème édition du Forum des Investisseurs qui devait se dérouler le 9 avril prochain à Agropolis International à Montpellier.
Il sera reporté à l’Automne 2020 !
Nous aurons le plaisir de vous transmettre toutes les informations dès que nous connaîtrons la date exacte.
Protégez-vous et à bientôt !

Produire des petits fruits rouges en agriculture biologique
Les petits fruits (framboise, cassis, groseille…) bénéficient d’une image très positive auprès des consommateurs : synonymes de retour des beaux jours, de souvenirs d’enfance, appréciés pour leurs qualités gustatives et leur présentation qui invite au « snacking », et recommandés pour leurs caractéristiques nutritionnelles (haute teneur en micro nutriments et antioxydants), etc. Mais ils demeurent un marché de niche : leur achat en frais reste très occasionnel, principalement à cause de leur prix élevé : la consommation de framboises et groseilles était de 0,13 kg/an/ménage, très loin derrière la pomme avec 18 kg consommés, ou même la fraise avec 2,13 kg/an/ménage (TNS Sofres 2008). Cependant, ils sont très demandés sur les marchés en zone de montagne, et appréciés par une clientèle touristique.
REPERES : La mise en place d’un atelier de petits fruits : intérêts et points de vigilance
▶INTÉRÊTS
01>La culture de petits fruits permet de valoriser de petites surfaces. Une exploitation de 5000m2 de petits fruits peut être viable, avec une main d’œuvre salariée et une commercialisation en vente directe et si l’on en transforme une partie que l’on vend également en circuits courts (mais il faut faire preuve d’originalité pour ses produits car nombreuses sont les propositions faites sur le marché et il y a une forte concurrence pour la simple confiture).
02>Les petits fruits peuvent également être intéressants comme culture de diversification, en complément du maraîchage (complément de gamme «fruitée», changeant du commun des légumes), ou de la polyculture-élevage, ou encore de l’arboriculture en attendant l’entrée en production d’un verger et le temps de se constituer un réseau commercial. Elle peut également s’envisager pour installer un conjoint ou un enfant sur l’exploitation car elle nécessite peu de surface.
03> La conduite est relativement peu pénible physiquement comparée au maraîchage par exemple.
04> Cette culture ne présente pas de verrou technique en bio, mais le choix de la parcelle est très important : les petits fruits ont des exigences pédoclimatiques qui peuvent être des freins à leur implantation en zone de plaine méditerranéenne (sols acides pour les framboisiers, forte chaleur et faible hygrométrie en été préjudiciables sauf en mûres…). La culture sera un échec si l’on ne tient pas compte de ces paramètres.
▶ POINTS DE VIGILANCE
01> La culture des petits fruits est peu mécanisable et demande beaucoup de main d’œuvre, principalement pour la récolte (en framboise, il faut compter environ 400h/1000m2, surface maximale récoltable par 1 personne seule). Il est donc important de bien dimensionner son atelier en fonction de la main d’œuvre disponible sur l’exploitation et de diversifier espèces et variétés afin d’échelonner les récoltes.
02> L’irrigation est obligatoire. Par aspersion de préférence pour les framboisiers, goutte à goutte pour les autres espèces.
03> Les principales contraintes résident dans la commercialisation
▶De petites quantités vendues: les petits fruits ayant un coût de production élevé, à cause des charges de main d’œuvre importantes (environ 75% du coût de production) ils sont vendus à un prix largement plus élevé que celui de la plupart des autres fruits de saison et sont donc souvent achetés en petites quantités par une clientèle peu nombreuse.
▶ Une bonne organisation nécessaire : les fruits étant fragiles (conservation des framboises 48h maxi à environ 10°C), les débouchés en frais doivent être rapides et fréquents, ce qui impose de bien s’organiser en amont (présence sur plusieurs marchés en saison, tournées de magasins, restaurants…).
▶ La transformation incontournable : la récolte étant abondante sur une courte période, il est quasiment impossible de faire l’impasse sur la transformation, ce qui implique d’avoir envisagé cette activité, qu’elle soit réalisée à la ferme, en collectif ou par un tiers. Cette activité est encore plus nécessaire pour groseilles, cassis et mûres, la valorisation en frais étant particulièrement difficile pour ces espèces (la plupart des ateliers diversifiés se limitent à 500m2 pour chacune d’elles).
04> Des concurrences non négligeables.
Des sachets de framboises ou fruits rouges en mélange surgelés, importés par exemple du Chili, sont désormais disponibles en bio à des prix très bas et viennent concurrencer les petits fruits vendus en direct, notamment pour une utilisation dans les préparations culinaires. Des produits transformés importés, même issus du commerce équitable, peuvent être moins chers que des produits artisanaux locaux et enfin, la cueillette de certains petits fruits abondants à l’état sauvage (mûres, framboises et myrtilles en mon- tagne) peut également constituer une concurrence.

TECHNIQUE : Implantation et conduite culturale d’une parcelle de petits fruits
▶ CHOIX DE LA PARCELLE
01 > Exposition
Les parcelles doivent être protégées du vent et des gelées printanières. En zone de plaine, la culture peut s’avérer délicate : en effet, les petits fruits craignent une chaleur excessive et un trop faible taux d’hygrométrie. Par ailleurs, les cassissiers ont des besoins en froids qui risquent de ne pas être satisfaits en climat trop doux. La mise en place de la culture de petits fruits ombragée par des arbres ne semble pas être une solution acceptable car des essais menés par le SUAMME ont montré que dans ces conditions les plantes étaient pénalisées dans leur développement. Cependant, il pourrait être intéressant de tester la mise en place de toiles d’ombrage, avec diverses densités d’occultation.
02> Choix du sol
Les fruits rouges apprécient les sols profonds, frais mais pas asphyxiants, riches en matière organique bien décomposée (les sols maraîchers sont globalement bien adaptés). Si les framboisiers et les groseilliers préfèrent les sols légèrement acides à neutres, les cassissiers se plaisent dans les sols argilo-calcaires à pH 7 ou 7,5, où ils exprimeront mieux leurs arômes. La ronce quant à elle apprécie tous les types de sols, sauf ceux à pH très acide (< 5,5).
▶ PRÉPARATION DE LA PARCELLE
01 > Ameublissement
Si le sol est très tassé, il faut absolument l’ameublir, par un griffage à environ 30 cm, à faire en période sèche, et surtout pas sur un sol non ressuyé. Idéalement, on implantera un engrais vert ou à défaut une céréale pour débarrasser la parcelle des graines d’adventices et limiter les pathogènes. Après l’apport de la fumure de fond, on peut procéder à un labour léger à 10-12 cm pour enfouir le compost et éliminer les adventices vivaces comme le chiendent. Enfin, on fera un griffage en surface pour avoir un sol bien égalisé avant de mettre en place les plants, et supprimer encore les adventices.
02> Fumure de fond
Elle est indispensable dans la plupart des sols. En fonction des résultats de l’analyse et de la texture du sol (argileuse ou sableuse), on apportera 10 – 30T de compost ou de fumier bien décomposé par ha.
▶ PÉRIODE DE PLANTATION
Elle s’échelonne de novembre à mi-mars. A l’automne, la reprise est souvent meilleure mais les risques de salissement de la parcelle sont importants. En climat doux, la période janvier-février permet un bon compromis. Il est possible de planter des plants en godets jusqu’à début juin, à condition d’irriguer dès la plantation.
▶ CHOIX VARIÉTAL
01> Préambule
La priorité est de se fournir en plants sains: les framboisiers devront être exempts de phytophtora qui provoque un dessèchement très rapide des cannes, type « coup de feu ». Le choix des variétés dépendra de la destination de la production (en frais ou transformé) et du type de débouché (paniers avec baisse des volumes en été, marché bien fréquenté l’été…), de l’organisation de l’exploitation (pics de travail à certaines périodes en cas de diversification) mais aussi des conditions pédoclimatiques (besoins en froids…) et de la nécessité de pollinisation.
En circuits courts, il est important de privilégier des variétés gustatives et suffisamment productives, et, en framboise, on pourra combiner des non-remontantes (à maturité en juin-juillet) et des remontantes (de fin juillet aux gelées) pour échelonner encore plus la production. Quelques exemples de variétés sont données dans le tableau ci dessous.

02> Palissage et écartement
En framboise et mûre, le palissage est obligatoire. En cassis et groseille, la conduite la plus fréquente est en buisson (voir tab. ci-dessus), mais il est possible de palisser en haie ou palmette à 2 branches par exemple. La conduite sur treillis des framboisiers est un système simple, bien adapté aux variétés remontantes et qui permet une aération.
ZOOM SUR Irrigation et ombrage : les spécificités en zone méditerranéenne.
En conditions méditerranéennes, l’irrigation est indispensable, en particulier pour couvrir les besoins en eau de la floraison à la récolte et s’assurer un bon rendement. Les apports doivent être modérés et réguliers plutôt que conséquents et espacés (de 4 à 8 mm /j), mais cela sera à nuancer selon le type de sol.
L’arrosage peut être réalisé par goutte-à- goutte ou par aspersion sous ou sur frondaison (ce dernier système étant le moins onéreux). Le goutte-à-goutte présente l’avantage d’économiser la ressource en eau ; il est le plus utilisé en cassis et groseille. L’aspersion est le système le plus intéressant en framboisiers car il permet d’humidifier le feuillage (la plante apprécie la rosée) mais, sur les autres espèces, elle accroît les risques de maladies cryptogamiques.
La combinaison goutte-à-goutte / aspersion a été testée avec succès en AuRA et PACA : en plus du goutte-à-goutte apportant l’eau d’arrosage, on place des asperseurs qui permettent de créer une rosée artificielle quand l’air trop sec favorise la prolifération d’acariens sur les feuilles. 10 à 20 minutes chaque matin par temps sec sont suffisantes.
Ce dispositif peut être installé sous « parapluie » (voir schéma ci-dessous), constitué d’arceaux de serre recouverts sur le dessus d’une bâche ou d’une toile d’ombrage et ouvert sur les côtés, ce qui permet de protéger la culture d’un ensoleillement excessif. Un abri plastique de ce type est également intéressant pour prolonger la récolte de framboises remontantes et éviter les maladies en cas d’automne pluvieux.

▶ ITINÉRAIRE CULTURAL
01> Taille
Taille du framboisier : Variétés remontantes: la production a lieu sur les tiges de l’année. En culture professionnelle, on ne cherche pas à avoir deux récoltes par an car le rendement cumulé sera de toute façon plus faible qu’avec une seule récolte, et la qualité moindre. On coupe donc en hiver toutes les cannes au ras du sol. Il vaut mieux éviter d’utiliser une débroussailleuse qui hache les cannes et favorise les maladies. Variétés non remontantes: la production a lieu sur les cannes de l’année précédente : on supprime donc les cannes de 2 ans, ayant déjà porté les fruits et on ne laisse que des cannes de l’année précédente, environ 10 à 12 par mètre linéaire. Dans tous les cas, il ne faut pas laisser la culture gagner l’inter-rang et maintenir la culture à 40cm de large environ.
Taille du cassissier et du groseillier: pour la conduite en buisson, on garde environ 8 charpentières : les fruits se forment sur le bois de 2-3 ans pour les groseilles et 1 à 3 ans pour les cassis. La taille d’entretien consiste donc à éliminer le vieux bois pour ne conserver que des pousses jeunes (3 ans maximum).
Taille de la ronce : la fructification a lieu sur le bois de 2 ans, ensuite, celui-ci se dessèche. La taille consiste donc à éliminer les rameaux desséchés tandis que l’on conserve les jeunes pousses.

02> Fumure d’entretien
Pour maintenir un taux de matière organique satisfaisant, on procède à un apport de 5 à 15 T de compost chaque automne, en l’incorporant au sol par un léger griffage. Au printemps, pour assurer une bonne reprise, surtout sur sol froid et si le printemps est frais, on apporte un engrais organique riche en azote et phosphore, en 1 à 3 fois et en localisé.
Le premier apport se fait avec un engrais rapidement minéralisable contenant par exemple de la farine de plume ou des arrêtes de poisson, ou encore du guano en situation très froide. Ensuite, on apporte un engrais plus lentement minéralisé (tourteau de ricin par exemple) mais qui permettra de repousser les campagnols ou rats des champs.
03> Entretien du sol
Généralement les entre-rangs sont maintenus enherbés avec une fauche régulière. Le sol peut être entretenu par des binages et sarclages sur la ligne de plantation. En framboisiers, ces opérations sont surtout chronophages les deux premières années: ensuite, le développement des cannes a tendance à étouffer les adventices et les interventions sont plus réduites.
Afin de limiter le travail de désherbage manuel sur le rang, il est parfois envisagé de «mulcher», avec de la paille, du Bois Raméal Fragmenté ou du compost de déchet vert grossier. Mais attention, les risques d’infestation de mulots et de champignons aux collets sont importants. Si l’on souhaite absolument mettre en place ce type de paillage, il est recommandé d’écarter le mulch en hiver pour éviter de laisser l’humidité stagner au pied des plantes. On pourra aussi limiter la présence du mulch à la bordure du rang et laisser le rang nu. Dans ces conditions, il peut être envisageable d’appliquer un mulch fertilisant composé d’un compost de fumier très évolué ou de compost de déchets verts mélangé à 15% environ de fumier de volaille que l’on laisse évoluer une dizaine de jours avant épandage (d’après JL Petit, communication personnelle (1)).
Le paillage plastique est quant à lui concevable pour les cassissiers et groseilliers, mais il devra être perforé pour permettre la sortie des jeunes cannes et drageons.
▶ RAVAGEURS ET MALADIES
Peu de produits contenant des matières actives autorisées en agriculture biologique sont homologués sur les petits fruits. La prévention est donc particulièrement incontournable. On notera également l’importance de la lutte contre les ravages causés par les oiseaux.
▶ RÉCOLTE ET CONSERVATION
La récolte des fruits rouges est très gourmande en main d’œuvre : la vitesse de cueillette est faible car les fruits sont petits et fragiles, et la fréquence de passage est importante, surtout en framboise.
La première année, on ne récolte aucun fruit, quelque soit l’espèce mise en place.
En deuxième année, on peut escompter une récolte d’environ 40% de l’optimum, le maximum étant atteint dès la troisième année, et ce pour une durée de 7 à 10 ans (moyenne 8 ans) pour les framboisiers, environ 10 ans pour les ronces et 15 à 18 ans pour les cassissiers et groseilliers, si
les plantations sont bien entretenues.

La récolte a lieu préférentiellement le matin, car les fruits sont froids et ils se conservent mieux. Les framboises sont récoltées à maturité tandis que les mûres doivent être cueillies à pleine maturité pour assurer une bonne qualité gustative (elles sont moins fragiles que les framboises). Cassis et groseilles, moins exigeants, peuvent être ramassés en un seul passage.
Les fruits sont fragiles : on pourra conserver les framboises 48h maxi à environ 10°C (le passage de trop froid à chaud, en été, est préjudiciable à la tenue des fruits).
DÉBOUCHÉS : La commercialisation des petits fruits bio
▶ COMMERCIALISATION
Comme nous l’avons déjà évoqué, il est primordial de définir ses circuits de commercialisation avant de démarrer la plantation du verger, afin de choisir les espèces et variétés les mieux adaptées et de quantifier le nombre de plants à installer. Une étude de marché est incontournable, pour la vente en frais comme pour la vente de produits transformés.
▶ LA VENTE EN FRAIS
Les petits fruits se rencontrent principalement sur les marchés de montagne et les marchés saisonniers. Ils sont conditionnés en barquettes, de poids réduit (125 g en général) afin de limiter le prix de vente de la barquette et les rendre ainsi accessible aux clients.
La mauvaise tenue de ces fruits à la conservation et au transport explique leur quasi-absence en magasins spécialisés. On en trouve parfois en boutique de producteurs, mais de façon ponctuelle, en général seulement le jour où le producteur assure sa permanence !
Enfin, ils sont parfois vendus à des restaurateurs haut de gamme et qui travaillent les produits du terroir.

▶ PRIX DE VENTE ESTIMATIFS

▶ LA VENTE DE PRODUITS TRANSFORMÉS
Les produits transformés à base de petits fruits les plus courants sont bien évidemment les confitures. Vendues de 4 à 6€ environ le pot de 320/360 grammes, elles sont rarement achetées par les clients pour une consommation quotidienne: il s’agit plutôt de produits «festifs» (achat «plaisir», cadeau) ou «de terroir» (achetés sur les lieux de villégiature notamment).
D’autres produits permettent de transformer les petits fruits: les pâtes de fruits, coulis et compotes (en association avec la pomme), et les sorbets, vendus sur les foires ou conditionnés en bacs et commercialisés dans les magasins spécialisés, les épiceries fines et les boutiques de producteurs.

RÉFÉRENCES
▶ Fruits rouges en agriculture biologique, Jean-Luc Petit, ITAB, 2001
▶ Fiche « Le cassissier », « le groseillier » et « le framboisier » : éléments techniques et économiques pour les zones de montagne sèche du Languedoc-Roussillon », OIER SUAMME, 2010
▶ Fiche « Taille et palissage du framboisier », OIER SUAMME, 2010
Par Élodie Bernard du CIVAM Bio 34
Crédit photo : Adobe Stock et Interbio Occitanie
Eleveurs bios, vendre en restauration collective
LE DÉBOUCHÉ DE LA RESTAURATION COLLECTIVE POUR LES FILIÈRES « VIANDE BIO »
Encore peu consommée en restauration collective, la viande bio s’introduit progressivement dans nos établissements, scolaires ou EHPAD, en région. La montée en puissance des menus végétariens, loin de représenter une concurrence pour ce produit, est au contraire un atout pour le développement de ce débouché. En effet, en raison d’un coût plus élevé, la viande bio ne peut être servie lors de certains repas que si des protéines végétales peu coûteuses sont proposées à d’autres moments. Introduite en moindre quantité, la viande peut donc être de meilleure qualité !
Les gestionnaires et cuisiniers désireux d’introduire de la viande bio dans leurs restaurants, ont conscience de la nécessité de réfléchir à l’adaptation de leur demande dans sa globalité (ajustement des menus, anticipation des commandes…). Mais ils ont aussi besoin d’outils structurant l’offre en produits carnés, qui puissent assurer un partenariat pérenne et adapté avec ces collectivités.
QUELQUES DONNÉES SUR LA VIANDE BIO EN RESTAURATION COLLECTIVE (RC)
Le marché de la restauration collective bio en France s’élevait à 319 millions d’euros HT en 2018 * contre 244 M€ en 2017, soit une augmentation de 28 %. Ce dynamisme record fait écho aux annonces de la loi Egalim qui prévoit 20% de bio en RC, et aux attentes des consommateurs. La catégorie «produits carnés et œufs frais» est estimée à 12% des achats bio**. La viande ne fait pas partie des produits les plus fréquemment introduits dans les démarches bio (les produits d’épicerie, laitiers et les fruits et légumes frais sont souvent achetés en premier lieu).
Néanmoins, on constate une demande croissante en viande bio locale, due à la progression annuelle du marché de la restauration collective bio. Certains départements comme l’Ariège ou l’Aveyron ont développé des structures collectives pour faciliter l’introduction de produits carnés bio en restauration collective, souvent plus compliquée en direct depuis les éleveurs.
Sources: * Chiffres-clé 2019, ** Observatoire 2017 des produits biologiques en restauration hors domicile, Agence Bio.
QUELS PRODUITS ET QUELLES QUANTITÉS CELA REPRÉSENTE-T-IL ?
Type de morceaux plébiscités : compte-tenu des aspects prix, les achats de viande bio en RC se concentrent sur les morceaux type «sautés» (bourguignon, blanquette, sauté de porc…) ainsi que sur les hâchés. Ponctuellement, certains restaurants jouent le jeu «de l’équilibre carcasse » sur 2 semaines de commande, en complétant une commande de «sautés» par une commande de morceaux à griller « steak-escalopes… ».
Les grammages/fréquences : la fréquence d’apparition des viandes dans les menus ainsi que les quantités servies aux convives (enfants, personnes âgées) font partie d’un cadre réglementaire nutritionnel, le GEMRCN sur lequel se base la plupart des restaurants collectifs (les grammages sont recommandés, les fréquences obligatoires).
Au niveau des fréquences, il est prévu le service d’une protéine animale en tant que plat principal pour minimum 17 repas/ 20, avec un minimum de 4 repas/ 20 avec de la viande non hâchée de bœuf/veau/agneau et une limite sur les préparations dites « grasses » (hâché, saucisse, produits frits…) à 6 / 20.
Ces fréquences/recommandations se traduisent à titre d’exemple par un volume annuel d’achat de viande :
▶ Pour une école primaire à 350 repas/j sur 4 jours: environ 2,8-2,9 T/an.
▶ Pour un lycée servant 990 repas/j sur 5 repas/semaine : environ 11 T.

ET POUR LE PRIX ? MOINS DE QUANTITÉ MAIS PLUS DE QUALITÉ, LA CLÉ DE LA MAÎTRISE DU COÛT !
Le prix des viandes achetées auprès des opérateurs classiques de la RC peut s’avérer très faible. Cependant, la différence qualitative constatée par les cuisiniers va les inciter à proposer une viande bio locale plus régulièrement en diminuant les quantités d’achat (moins de perte en poids à la cuisson) et en proposant des plats à base de protéines végétales sur quelques repas afin de compenser le surcoût.
Photo 1 : Menu végétarien en cantine

LES SPÉCIFICITÉS DU MARCHÉ DE LA RESTAURATION COLLECTIVE
01. Les marchés publics
La plupart des restaurants collectifs (scolaire, maison de retraite, hôpitaux) sont en gestion publique et doivent se plier à la règle de mise en concurrence des fournisseurs, notamment pour l’achat alimentaire.
Ces marchés publics représentent une contrainte administrative non négligeable pour les acheteurs et les vendeurs mais ont le mérite de permettre une « contractualisation» sur une période donnée (souvent 1 an voire plus). Afin de faciliter la réponse d’opérateurs bio locaux, les choix de rédaction de ces marchés sont cruciaux : une vigilance sera à apporter, comme pour les autres produits, sur l’allotissement et l’importance donnée au critère prix (Voir article ci-après).
02. Une habitude de commande «à la dernière minute» la question de l’équilibre carcasse et des plannings d’abattage
L’anticipation de la commande est très variable selon les établissements et est associée à l’organisation de la planification des menus. Si les menus
sont souvent préparés un à 2 mois en amont, les commandes peuvent se faire uniquement 1 à 2 semaines avant livraison et souvent pour un type de morceaux donnés uniquement par établissement. Pour pouvoir introduire une offre bio locale en viande, différentes options se posent:
▶ Pour répondre à la commande de dernière minute : travailler avec un intermédiaire qui gère de gros volumes sur différents débouchés OU proposer le planning d’abattage du ou des éleveurs en amont de la réalisation des menus (autrement dit, ce n’est plus le planning de l’acheteur
mais du fournisseur qui est pris en compte);
▶ Pour avoir une offre régulière : le regroupement des éleveurs OU le travail avec un intermédiaire;
▶ Pour l’équilibre carcasse : associer un autre débouché «complémentaire» au débouché RC (paniers de vente direct, ou débouchés complémentaires de l’intermédiaire). Dans les accompagnements proposés par les organismes de développement, il est conseillé aux collectivités de travailler l’établissement des menus (via la trame du plan alimentaire) en lien avec les planifications des éleveurs afin de répondre à ces différentes contraintes de commandes.
Photo 2 : Viande bio servie dans un un établissement scolaire.

03. Niveau sanitaire et traçabilité
Les conditions sanitaires et de traçabilité de la vente en restauration collective sont communes à celles de la vente à d’autres intermédiaires dits « commerce de détail». Il est à noter notamment l’obligation d’agrément CE pour les fournisseurs de produits carnés. Des dispenses d’agrément CE pour les producteurs peuvent être possibles, si ces derniers les demandent aux services vétérinaires et sous certaines conditions (distance et volumes limités). Attention, aucune dispense d’agrément n’est possible pour la viande hâchée et les produits transformés à base de viande.
Photo 3 : L’association Paysans bio d’Aveyron lancée dans un collège de Baraqueville.

S’ORGANISER COLLECTIVEMENT ?
Comme évoqué précédemment, l’organisation collective a plusieurs avantages, elle permet de :
▶ Avoir une gamme complète attrayante
▶ Mutualiser les moyens et la tâches :
– Livraison
– Démarchage commercial
– Réponse aux marchés publics
▶ Proposer un interlocuteur unique
▶ Sécuriser l’approvisionnement pour le client
Sous quelle forme ?
▶ Les plates-formes physiques : multiproduits, spécialisées en bio (Resto Bio) ou avec une gamme conventionnelle et bio (Terroir Ariège Pyrénées, Produit sur son 31, Producteurs d’Occitanie…). Ces platesformes travaillent avec des intermédiaires connus de la filière viande : coopératives, salle de découpe.
▶ Les associations d’éleveurs : La Source (association d’éleveurs en gestion autonome), Paysans Bio d’Aveyron… Pour un éleveur seul, il est très compliqué de répondre à ce débouché de la RC.
TÉMOIGNAGES : S’associer en collectif d’éleveurs pour livrer la restauration collective.
ASSOCIATION “LA SOURCE”
L’association loi 1901 La Source voit le jour en 2003. L’idée à l’origine de ce projet : proposer une offre en viande bio d’Ariège diversifiée pour la restauration collective. Son but était d’appuyer l’organisation et la valorisation de la vente des productions de ses adhérents. À ce jour, l’association compte 10 adhérents et une gamme variée de bœuf, veau et agneau (6 tonnes en 2019) qui permet de livrer 5 de cantines et de distribuer des paniers dans 5 points de livraison.

Cette association fiscalisée possède un cahier des charges et un règlement intérieur, elle ne compte aucun salarié et elle est intégralement gérée par les éleveurs « bénévoles » qui sont indemnisés à hauteur de quelques pourcents du chiffre d’affaires.
Ce fonctionnement collectif permet ainsi aux acheteurs de la restauration collective d’avoir qu’un unique interlocuteur pour leurs commandes et les factures. Un planning d’abattage/livraison commun sur des périodes de 6 semaines envoyés 2 mois à l’avance aux collectivités permet aux éleveurs de proposer une offre en viande bio variée de manière hebdomadaire et aux cuisiniers de préparer leurs menus en s’adaptant au jour et à la viande proposée. La livraison est ensuite assurée par les producteurs eux-mêmes, à jour fixe, directement à la cuisine collective. La commande et l’équilibre carcasse est assurée par l’éleveur et via les paniers de vente directe de La Source (interface web).
L’exemple de La Source a ouvert la voie à une autre initiative de commercialisation collective pour la restauration collective en Ariège : l’association des éleveurs bio du Couserans. Ce regroupement d’éleveurs bio qui s’étaient déjà organisés en commun pour la vente directe a diversifié ses débouchés pour proposer une offre en restauration collective sur l’ouest du département, là où La Source ne livrait pas encore.
Les retours de ces deux expériences de vente collective ont permis d’ouvrir la discussion et la réflexion dans d’autres groupes d’éleveurs, notamment en Aude et en Aveyron.

DU BIO ET LOCAL DANS NOS LYCÉES
Dans le cadre de son chantier sur la « grande cause alimentaire», la région Occitanie déploie en 2018 3 grands axes de travail sur la production, la consommation et l’éducation alimentaire en région.
Une des premières applications se traduit par la mise en place d’un nouveau dispositif incitatif en faveur des approvisionnements de proximité et bio dans les restaurants des lycées.
▶Les objectifs : 40 % de produits de proximité (hors épicerie) et 20% de produits bio d’Occitanie dans tous les lycées d’ici 2021.
▶Les moyens mis à disposition des lycées :
▪ Une aide financière à hauteur de 0,16 euros/repas – montant dégressif sur 3 ans.
▪ La possibilité de bénéficier d’un accompagnement/formation : pour l’identification de l’offre, pour la rédaction des marchés publics, pour l’évolution des techniques en cuisine, pour l’animation collective du projet sur l’établissement…
ASSOCIATION “PAYSANS BIO D’AVEYRON “
L’association Paysans Bio d’Aveyron a commencé à approvisionner le marché demi-gros (restauration collective, magasins spécialisés) en septembre 2018. Elle compte actuellement 11 adhérents, permettant d’offrir une gamme élargie de produits carnés : viandes bovines, ovines, porc, poulet. En 2019, Paysans Bio d’Aveyron a livré une trentaine de clients, pour près de 10 tonnes de viandes écoulées dans des circuits de proximité. Ainsi, de la viande biologique aveyronnaise a été servie dans 100 000 repas. Rolland Carrié, Co-président de la structure et éleveur bovin allaitant sur l’Aubrac, nous livre son analyse des opportunités offertes par le marché de la Restauration Hors Domicile (RC).

Quels sont les avantages d’une structure collective pour approvisionner la RC en viandes bio ?
“Le principal avantage est d’avoir des volumes assez conséquents disponibles pour les établissements pendant toute l’année scolaire. Pour la RC, Paysans Bio d’Aveyron propose essentiellement des jeunes bovins, qui sont des animaux mâles ou femelles âgés de 8 à 12 mois. Mes vêlages, qui s’étalent de décembre à janvier, me permettent d’avoir des jeunes bovins de septembre à février. Grâce aux autres éleveurs du collectif, qui ont des périodes de vêlages différentes, nous pouvons approvisionner sur d’autres périodes. Cette régularité permet de rassurer les acheteurs et de répondre à des appels offres.”
Quels sont les morceaux les plus achetés en restauration collective ? Comment gérez-vous l’équilibre carcasse ?
“La RC achète bien évidement plus d’avants et du haché pour des raisons de prix. Il faut cependant aussi avoir des morceaux plus nobles dans sa gamme, si un établissement veut cuisiner, de temps en temps, des escalopes ou des rôtis. Lorsque les volumes sont faibles, il est assez facile de gérer les équilibres carcasses, avec des systèmes de rotation dans les morceaux proposés. Par contre, lorsque les volumes augmentent, la seule solution est de jongler avec plusieurs marchés.”
Pour la viande, est-ce que ce marché est difficile en termes de prix d’achat ?
“La viande de qualité, biologique et avec une traçabilité totale, cela a un prix ! Il ne faut pas vendre en dessous de ses coûts de production sous prétexte de vouloir prendre des parts de marché. Les établissements qui ne veulent pas mettre le prix, sont ceux qui ne sont pas prêts. Pour intégrer de la viande biologique et locale, ils peuvent réduire leur consommation de viande de mauvaise qualité, souvent importées, pour introduire des viandes plus qualitatives ponctuellement. Il faut rappeler qu’à l’heure actuelle, plus de 50% de la viande consommée en RC est importée. Des marges de manœuvres existent! D’ailleurs certains établissements qui nous commandent régulièrement ne voient pas leurs coûts matières exploser car ils ont travaillé en amont sur le grammage et le gaspillage.”
Au-delà des aspects économiques, que vous apporte le travail en collectif ?
“Il y a un vrai plaisir à travailler ensemble. Nous ne sommes pas isolés sur nos fermes. Nous échangeons aussi sur les aspects techniques. Nous avons aussi des jeunes installés qui s’impliquent vraiment dans la construction du projet collectif et ça c’est positif.”

ÉLEVEURS, COMMENT RÉPONDRE À UN APPEL D’OFFRE DE MARCHÉ PUBLIC ?
LIVRER LA RESTAURATION COLLECTIVE PUBLIQUE
Plusieurs options s’offrent à vous pour approvisionner la restauration collective publique, en individuel ou en collectif :
▶ Via des groupements ou plateformes de producteurs (Resto Bio, Produits Sur Son 31, La Source, Terroir Ariège Pyrénées, Terra-Alter…), ce sont alors eux qui se chargent de la partie administrative et commerciale avec la collectivité.
▶ En gré à gré, en individuel et sans formalisme particulier. Cette option permet de se tester sur ce débouché, de tester une relation commerciale, elle permet aussi au cuisinier de tester un produit et un fournisseur. Si cette modalité peut se renouveler, elle n’est pas faite pour être pérenne, ne peut concerner que des petits montants…
▶ En répondant à des appels d’offre, soit de manière individuelle, soit en créant des groupements momentanés d’entreprises (voir à la fin de l’article).

RÉPONDRE À UN APPEL D’OFFRE DE MARCHÉ PUBLIC POUR LIVRER LA RESTAURATION COLLECTIVE
01 > Repérer les marchés publics publiés
▶ S’abonner à une veille en ligne
– AWS : marches-publics.info
– boamp.fr le site du service public
– http://ladepeche-marchespublics.fr
▶ Se signaler en amont auprès des collectivités que l’on souhaiterait livrer (gestionnaires des lycées ou des collèges, responsables
restauration des communes ou des établissements médicaux sociaux) (voir mode d’emploi)
▶ Consulter les sites des collectivités locales, à la rubrique marché public
▶ S’informer auprès des chargées de mission resto co de son GAB
02> Repérer les marchés publics adaptés à son entreprise et à son offre
Souvent, les marchés publics sont établis pour l’approvisionnement complet des denrées d’une structure. Viandes, produits laitiers, légumes, etc. sont alors regroupés. Mais de plus en plus, afin de favoriser les petites entreprises locales aux démarches de qualité, les acheteurs “allotissent” leur marché, c’est-à-dire qu’ils proposent ce que l’on appelle «un lot» par produit ou par catégorie de produit: lot fruits, lot légumes, ou plus précisément: lot Carotte, lot yaourt au lait de vache, etc.
▶ Préférez les marchés bien allotis, ciblés “bio” avec un vrai choix pour la qualité
De plus en plus, les acheteurs publient des appels d’offre avec des lots spécifiques “bio”, ou pour le moins avec des critères qualité et environnementaux forts, qui seront précisés dans le Cahier des Clauses Techniques Particulières (le CCTP). C’est ici aussi (ou dans le document RC: Règlement de Consultation) que vous verrez la pondération entre les critères prix, qualité, développement durable…
▶ Producteurs et artisans bio: privilégiez les marchés où le critère prix n’excède pas 40%, votre point fort est la qualité face aux grossistes de la grande distribution!
C’est vers ces marchés publics que vous, agriculteurs Bio, vous allez pouvoir vous tourner. Mais pas de panique, même si la réponse à un appel d’offre de marché public semble insurmontable, il ne s’agit en fait que d’une série de documents déjà écrits qu’il faut simplement compléter. ▶Interrogez l’acheteur.
Pour avoir des précisions, mieux cerner la demande de l’acheteur, et être sûr que son offre correspond, vous pouvez interroger l’acheteur par mail ou téléphone. La procédure électronique permet de poser des questions publiquement à l’acheteur et de voir les questions posées par les autres candidats et les réponses apportées. N’hésitez pas à l’utiliser.
MODE D’EMPLOI
DEVANCER LA DEMANDE DES COLLECTIVITÉS (LYCÉES, CANTINES MUNICIPALES, COLLÈGES… )
LES BONNES QUESTIONS À (SE) POSER
01> SE RENSEIGNER SUR LA COLLECTIVITÉ OU L’ÉTABLISSEMENT
▸ La cuisine est-elle réalisée sur place ou les repas sont-ils livrés par un prestataire? Combien de repas par jour environ?
▸ Vous trouverez souvent sur les sites des établissements ou des mairies, des informations, notamment les menus, qui vous donneront une idée du “style” de cuisine (plus ou moins de produits bio, de “fait maison” annoncé, le respect de la saisonnalité…)
02> CETTE COLLECTIVITÉ VOUS INTÉRESSE ?
▸ OUI ? ALORS : Demander à parler à la personne qui choisit les fournisseurs (cela peut-être le/la gestionnaire ou alors le/la cuisinier.e).
03> SONT-ILS SUSCEPTIBLES D’ÊTRE INTERESSÉS PAR VOS PRODUITS ?
OUI? ALORS :
▸ Demander quelles sont les modalités d’achat (gré à gré, marché public, groupement de commande ou centrale d’achat…)
▸ Si de gré à gré ou via un appel d’offre :
Demander un rendez-vous au cours duquel vous présenterez plus en détail votre entreprise et vos produits, vous discuterez plus précisément de son besoin, de vos contraintes et des siennes. Qu’ils fassent leurs achats en gré à gré ou via une procédure de commande publique l’interconnaissance réciproque est gage de meilleure compréhension, et les commandes auront plus de chances d’être adaptées à la réalité de l’offre locale !
▸ Dans le cas d’un marché public : demander la date du prochain renouvellement du marché… et préparez vous !
04> POUR ADHÉRER
Il suffit de se rendre sur le site www.sud-de-france.com et de suivre les démarches indiquées dans la rubrique «Adhérez à la marque».
ZOOM SUR
Le taureau de Camargue
L’Agglomération du Pays de l’Or a une politique volontariste d’accompagnement à la conversion et à la production en agriculture biologique sur son territoire. Les services «restauration collective » et «protection des eaux » travaillent de concert et les produits biologiques représentent 26% des achats en 2019 (contre 7% en 2015). Pour développer l’origine locale, la collectivité adapte ses appels d’offres, ainsi le critère développement des approvisionnements directs est utilisé pour la majorité des lots. C’est ainsi que Tommy Maire a répondu à l’appel d’offre sur la viande de taureau. La manade, bien connue pour ses spectacles, s’est intéressée au débouché viande et l’allocation de pâturages a permis à cet élevage bio de voir le jour il y a 3 ans. Le fait de remporter l’appel d’offre permet d’avoir de la visibilité et surtout de se sécuriser financièrement. D’une commande bimestrielle, Tommy Maire livre maintenant chaque mois de la gardiane de taureau mais aussi de la saucisse. D’autres produits sont actuellement en test: steack, saucisson, rôti… à des prix toujours plus compétitifs qu’en passant par un intermédiaire. 4 à 500 kg sont ainsi vendus chaque mois pour préparer les 4000 repas du jour. Ce débouché a permis à Tommy Maire d’augmenter son élevage grâce à cette commande.

ZOOM SUR
Manger bio et local en entreprise
L’entreprise de téléphonie Orange a initié en 2011 en Rhône Alpes une démarche pour promouvoir une alimentation de qualité en mettant en valeur auprès des salariés des produits biologiques d’origine locale dans le cadre de la restauration d’entreprise. Le dispositif s’est déployé au niveau national en 2016 et a concerné en 2019, 75 restaurants Orange,,soit 92% des repas. En Occitanie, 7 restaurants sont ainsi accompagnés en Haute-Garonne par Erables 31 et dans l’Hérault par le CIVAM Bio 34. Un des objectifs à 3 ans est d’atteindre 20% de produits bio d’origine locale (200 km pour Orange). Les enjeux sont de structurer les filières agricoles biologiques et de favoriser un système économique juste et éthique pour tous. Pour atteindre cet objectif ambitieux, il faut notamment travailler sur la filière viande qui n’est pas le premier produit bio proposé en local. Le cahier des charges Orange stipule que les sociétés de restauration collective doivent proposer chaque jour du steack hâché bio, s’il n’est pas dans un rayon de 200km le but est donc de relocaliser cet approvisionnement. L’analyse de l’offre disponible sur le territoire et des acteurs référencés permettent aussi de varier les produits carnés proposés aux convives, en lien avec les équipes de cuisine.

MODE D’EMPLOI
RÉPONDRE À PLUSIEURS : LA CO-TRAITANCE OU LE GROUPEMENT MOMENTANÉ D’ENTREPRISES
Les volumes ou la diversité des produits demandés pour un lot peuvent parfois être un frein pour répondre à un appel d’offre. Vous avez alors plusieurs possibilités juridiques pour vous regrouper pour proposer une offre plus complète ou plus accessible pour vous à un acheteur public, sans pour autant créer une structure statutaire (associative, coopérative ou autre…). Ces différentes formes permettent d’adapter le niveau de répartition de la responsabilité financière et technique: réponse solidaire ou réponse conjointe (dans ce cas chaque membre n’est responsable que de la partie des prestations dont il a la charge).
▶Pour plus de détail sur la réponse administrative à un AO, consultez la fiche : répondre à un appel d’offre pour la restauration collective du CIVAM Bio 09
Par Marie Sibertin-Blanc et Magali Ruello du CIVAM Bio 09/ERABLES 31 , Bénédicte Firmin, CIVAM Bio34, propos recueillis par Alexandre Bancarel de l’APABA et dossier coordonné par Élodie Bernard du CIVAM Bio 34
Crédit photo : Adobe stock et Interbio Occitanie












