Sud de France - La marque de reconnaissance des produits d'Occitanie 1

Sud de France - La marque de reconnaissance des produits d'Occitanie

La marque «Sud de France» se veut un outil de reconnaissance et de promotion des produits agricoles régionaux. Une déclinaison dédiée à la filière Bio est désormais disponible «Sud de France – Bio d’Occitanie». Cette marque qui appartient à la Région a vocation à être utilisée par les agriculteurs et les entreprises bio pour valoriser les produits bio régionaux sur différents circuits de distribution. Focus sur cette marque, son fonctionnement et les garanties qu’elle apporte aux consommateurs.

LES CITOYENS EN RECHERCHE DE PRODUITS RÉGIONAUX

Lors de la consultation sur l’alimentation durable organisée par le Conseil régional en 2018 à laquelle près de 100000 personnes ont participé, les citoyens ont classé leurs critères de choix des produits alimentaires: l’origine locale ou régionale est arrivée en tête, suivie par la qualité des produits puis le prix. Le fait que les produits soient issus de l’agriculture biologique arrive en 5ième position après la fraîcheur. De plus, 92% des répondants à cette consultation ont signalé être prêts à privilégier dans leurs achats les produits d’Occitanie s’ils étaient facilement identifiables. L’amélioration de l’identification des produits régionaux est ainsi un réel enjeu auquel la Région souhaite répondre en redynamisant sa marque régionale.

QUELQUES RAPPELS HISTORIQUES

Sud de France est née en 2006 en Languedoc Roussillon, lorsque le Conseil régional a souhaité se doter d’une marque identifiant les produits de la région. La question de son devenir s’est posée lors de la fusion des régions et la naissance de l’Occitanie. Côté Midi Pyrénées, le choix avait été fait d’une alliance avec l’Aquitaine sous une bannière « Sud-Ouest». De plus, historiquement, la région Midi-Pyrénées avait misé sur la multiplication des signes officiels de qualité.

Sud de France bénéficiant d’une réelle antériorité et d’une belle reconnaissance notamment à l’export, le choix de la Région Occitanie s’est finalement porté sur l’élargissement de cette marque à l’ensemble de la nouvelle région. Cela a été l’occasion de retravailler les valeurs de la marque, son objectif, ses fondamentaux, avec l’ensemble des acteurs de l’Occitanie.

En 2018, la marque Sud de France a évolué. En complément de la gamme classique, la Région a développé la gamme Sud de France – l’excellence de l’Occitanie pour les productions sous signes officiels de la qualité et de l’origine, et la gamme Sud de France – Bio d’Occitanie pour les produits certifiés bio. La marque peut ainsi refléter l’engagement des producteurs et des entreprises de la région dans les démarches de qualité.

UNE MARQUE RÉGIONALE POUR IDENTIFIER ET PROMOUVOIR

La marque Sud de France est un outil au service du développement économique de l’agriculture, de l’agro-alimentaire et de la viticulture. Elle permet de créer du lien entre les territoires de la région, les savoirs faire des femmes et des hommes qui produisent et les consommateurs.

Concrètement, les opérateurs de la région Occitanie peuvent adhérer à la marque pour un ou plusieurs produits. L’utilisation du logo Sud de France permet aux consommateurs de reconnaitre les produits régionaux, car la marque apporte des garanties sur l’origine du produit brut ou des matières premières qui le composent (cf. les cahiers des charges).

Sud de France peut donc être une réponse des acteurs des filières de la région aux consommateurs en recherche de produits de proximité.

De plus l’adhésion à Sud de France permet à des entreprises, agriculteurs, groupements, de bénéficier d’une dynamique collective, d’une mutualisation de moyens pour participer aux salons professionnels et aux rencontres avec les acheteurs organisés par l’agence de développement économique d’Occitanie (Ad’Occ). AD’OCC organise la mise en avant des produits Sud de France dans la grande distribution, lors d’actions promotionnelles. La Région réalise aussi des campagnes de communication plus large : affichage, communication dans les médias, spots radio…

Enfin, elle est utilisée par le Conseil Régional pour sponsoriser des évènements sportifs et lui donner ainsi plus de visibilité.

ET LA BIO ?

La segmentation de la marque est relativement récente puisqu’elle a été lancée lors du salon Regal à Toulouse en décembre 2018. Les produits référencés dans le segment bio sont près de 700 et un peu plus d’une centaine d’entreprises adhèrent mais l’enjeu est de développer ce catalogue et de le diversifier. Les professionnels d’Interbio Occitanie souhaitent faire de cette marque une opportunité d’identification de l’origine des produits bio et de valorisation des filières bio régionales. C’est un enjeu aussi bien dans la région qu’au national ou à l’international en profitant de l’image positive de « Sud de France ». En faisant partie de la gouvernance de la marque, la volonté des membres d’Interbio Occitanie est de veiller au respect des valeurs de la bio par les acteurs adhérant à la marque, de travailler à la lisibilité des cahiers des charges mais aussi de veiller à ce que le contrôle des opérateurs soit simple et efficace. Interbio Occitanie souhaite que la marque «Sud de France-Bio d’Occitanie» devienne un réel atout, un outil au service de nos filières bio régionales en permettant aux consommateurs de reconnaitre les produits bio régionaux !

SUD DE FRANCE MODE D’EMPLOI

QUI PEUT ADHÉRER ?

Une exploitation viticole, agricole ou aquacole
Une entreprise de pêche, de mareyage, une criée
Une entreprise agro- alimentaire ou un négociant
Le premier metteur en marché d’un produit (coopérative, groupement de producteurs, d’entreprises, un artisan, un traiteur)

Au-delà de l’adhésion, qui est gratuite et volontaire, la marque référence un produit et non une entreprise. Chaque produit référencé doit répondre à l’un des cahiers des charges, le référencement est valable 3 ans.

CAHIERS DES CHARGES

29 cahiers des charges ont été élaborés filière par filière. Ils sont consultables sur le site internet www.sud-de-france.com/adhesion-marque-sud-de-france . Pour chaque filière, le cahier des charges précise les conditions à remplir pour être labellisés Sud de France.

AGRICULTURE BIOLOGIQUE

Pour les produits issus de l’AB, le principal critère est l’origine des matières premières :
Un produit brut (fruits et légumes frais, viandes, céréales et légumineuses) doit avoir été cultivé/élevé en région Occitanie.
Pour les produits transformés, qui contiennent un ingrédient agricole majoritaire tels que farines, pain, pâtes, huiles, jus de fruits, compotes, confitures, crème de marron, soupes, charcuterie, yaourt, fromage : l’ingrédient agricole majoritaire (80 % du poids sec) doit être d’origine Occitanie.
Pour les produits élaborés : la part des ingrédients produits en Occitanie doit être supérieure ou égale à 50 % dans le produit fini.

POUR ADHÉRER

Il suffit de se rendre sur le site www.sud-de-france.com et de suivre les démarches indiquées dans la rubrique «Adhérez à la marque».

Par Nancy FAURE , Interbio Occitanie et Amélie BERGER, Ocebio

Crédit photo : Adobe Stock et Interbio Occitanie


Projet Otoveil - L'équilibrage sanitaire en élevage biologique, un idéal ? Comment y parvenir ? 2

Projet Otoveil - L'équilibrage sanitaire en élevage biologique, un idéal ? Comment y parvenir ?

QUELQUES RÉSULTATS À L’ISSUE DU CASDAR OTOVEIL PILOTÉ PAR L’ITAB (2016-2019)

Au niveau du troupeau, l’équilibre est appréhendé par certains éleveurs et/ou leurs conseillers comme un troupeau avec peu d’animaux malades, recevant peu d’intrants médicamenteux. Cet équilibre serait plus ou moins stable dans le temps. Une perte d’équilibre à l’échelle du troupeau se caractérise par différents troubles, l’expression de plusieurs maladies, des problèmes de reproduction et de bien-être animal.

OTOVEIL est un projet impulsé par l’ITAB qui s’était fixé comme objectifs de développer des Outils Techniques et Organisationnels de conseil pour la surveillance et la prévention sanitaire dans les élevages biologiques. OTOVEIL s’est attaché à voir si cet équilibre avait une réalité statistique, si des facteurs favorables ou défavorables pouvaient être précisément identifiés, pour aboutir à des conseils sur l’approche globale en élevage. L’objectivation scientifique de l’état d’équilibre dans le panel d’élevages professionnels enquêté fut peu probante, pour cause d’une grande hétérogénéité de systèmes et de données. Toutefois, l’étude sur des fermes expérimentales de l’INRA a montré la réalité statistique de périodes d’équilibre et de déséquilibre dans ces élevages. Nous présenterons ici la méthode d’approche globale «Panse-Bête » qui est l’un des résultats de ce CasDar. Revenons tout d’abord sur les bases de la santé en AB.

PRINCIPES

LA BONNE SANTE EN BIO NECESSITE UNE APPROCHE GLOBALE DE L’ELEVAGE

UNE APPROCHE GLOBALE DE L’ÉLEVAGE

Étroitement liée à la notion d’équilibre, l’approche globale cherche à éviter les pertes d’équilibre sanitaire au sein d’un troupeau. Elle a pour objet l’animal dans son environnement, c’est-à-dire considérant son alimentation, sa relation à l’éleveur et aux autres animaux du troupeau, ses conditions de logement etc. La figure ci-dessous illustre les différents leviers dont dispose l’éleveur dans ses pratiques et choix pour agir sur la santé de son troupeau.

Fig. 1 Les leviers de l’équilibre, d’après «la nature au service de la santé animale », O. Patout (AVEM)

LES SOLUTIONS DE GESTION DE LA SANTÉ EN ÉLEVAGE BIO

La gestion de la santé en élevage bio donne priorité à la prévention et aux méthodes naturelles. Elle interdit les traitements chimiques systématiques et autorise les traitements allopathiques curatifs au cas par cas. Les produits phytothérapiques, les produits homéopathiques, les oligo-éléments…sont utilisés de préférence aux médicaments vétérinaires allopathiques chimiques de synthèse ou aux antibiotiques.

Fig. 2 Naturel ou chimique, curatif ou préventif, que permet le cahier des charges ? D’après : C. Experton (ITAB), O. Linclau (GAB 44)

APPLICATION

PANSE-BETES, DES SOLUTIONS POUR VISER L’EQUILIBRE D’UN TROUPEAU DE RUMINANTS

Afin de formaliser une démarche pour la prévention et la surveillance des troupeaux, les membres d’OTOVEIL ont élaboré la démarche «Panse bête». Elle vise à résoudre les déséquilibres aboutissant à des maladies, identifier les sources d’amélioration pour le troupeau dans son ensemble et établir un plan d’action. Elle permet de remonter aux causes d’un souci de santé, et d’envisager dans leur globalité des facteurs que l’on n’aurait pas forcément pensé à mettre en relation. Panse-Bêtes se décline dans 5 filières : ovin lait, ovin allaitant, caprin lait, bovin lait et bovin allaitant.

Fig. 3 Déroulement de la démarche Panse-Bête

POUR ALLER PLUS LOIN

La méthode est en libre accès, deux versions sont disponibles :
▪ des guides en version papier sur http://www.itab.asso.fr/programmes/otoveil.php
▪ une application web www.panse-betes.fr

▶Formation ITAB pour les éleveurs et les techniciens le mardi 3 décembre 2019 :
Comment utiliser l’outil PANSE-BETES et ses grilles, pour renforcer la détection précoce des ruptures d’équilibre sanitaire sur les troupeaux de ruminants bios.
Gérer une approche globale de la santé des troupeaux bio en cherchant les causes
Contact : Catherine EXPERTON catherine.experton@itab.asso.fr et formation@itab.asso.fr

Des vidéos à visée pédagogiques
L’enseignement agricole a également contribué à Otoveil, deux vidéos ont été produites :
▪ Diversité des outils de prévention et de lutte contre la paramphistomose en élevage bovin allaitant biologique, réalisée par des étudiants Licence Pro BioABCD au EPLEFPA de Tulle-Naves
▪ Témoignage d’Amélie, éleveuse de chèvre bio dans la Loire, sur la gestion globale du parasitisme, vidéo réalisée par le Certificat de Spécialisation Conduite de productions en AB à St Genest Malifaux . Réalisées par et pour les futurs agriculteurs, elles sont en libre accès pour tous !

Pour consulter les conclusions d’OTOVEIL, les vidéos, la méthode Panse-Bêtes, la bibliographie en santé animale… une seule page :
http://www.itab.asso.fr/programmes/otoveil.php

Par Cécile Cluzet, CIVAM Bio 09.
À partir des travaux d’OTOVEIL, projet piloté par l’ITAB, et avec pour partenaires: Institut de l’Élevage , SARL Ferme expérimentale de Thorigné d’Anjou, Chambre Régionale d’Agriculture de Franche Comté , AVEM, AntiKor-AVER, GAB 44, CIVAM Bio 09, CIVAM BLE 64, CIVAM haut Bocage, EPLEFPA de St Genest Malifaux, EPLEFPA de Tulle-Naves, ESA Angers, GERDAL, GIE Zone verte, INRAE.

Crédit photo : Interbio Occitanie


Agribiolien, une plateforme d'échanges directs entre agriculteurs bio 3

Agribiolien, une plateforme d'échanges directs entre agriculteurs bio

Les échanges directs entre agriculteurs offrent des possibilités intéressantes pour diversifier les débouchés de certaines productions, garantir des prix d’achats et de vente plus stables et favoriser des relations de proximité riches du point de vue technique et social. Pour faciliter ces interactions en région Occitanie, la plateforme de petites annonces entre agriculteurs bio « Agribiolien » a été conçue pour mettre en relation les producteurs et favoriser ces échanges.

DES ÉCHANGES BÉNÉFIQUES POUR TOUS

En système céréalier biologique, certaines cultures restent difficiles à valoriser par les circuits de commercialisation classiques malgré leur fort intérêt agronomique pour la gestion des adventices et de la fertilité des sols (luzerne, prairies multi-espèces, méteils…). En parallèle, dans les élevages, l’alimentation est un poste de charges important et de nombreux éleveurs s’orientent vers la fabrication d’aliments à la ferme pour réduire leurs coûts de production. Ils sont fréquemment en demande de matières premières pour leurs rations, ou de fourrages pour compléter leur production. Les échanges directs permettent alors de tirer parti de ces fortes complémentarités entre céréaliers et éleveurs à l’échelle locale et régionale pour faire se rencontrer l’offre et la demande entre filières, mais aussi à l’intérieur de ces filières.

UNE PLATEFORME DÉDIÉE AUX ÉCHANGES DIRECTS

Depuis plusieurs années, la plateforme de petites annonces Agribiolien.fr, désormais propriété de la FNAB, permet de mettre en relation les agriculteurs bio d’Occitanie pour échanger, vendre ou acheter des productions certifiées Agriculture Biologique. Le site, gratuit, compte déjà plus de 800 inscrits en Occitanie et plus de 100 nouvelles annonces par an. Sur Agribiolien, postez ou recherchez des annonces près de chez vous dans une large gamme de catégories incluant des productions végétales (fourrages, grains de céréales et oléo-protéagineux, méteils, plants maraîchers…), des productions animales (fumure, animaux jeunes et reproducteurs), du matériel, du foncier…

UNE INTERFACE SIMPLE ET INTUITIVE

L’interface est simple et agréable d’utilisation. Une fonction d’alerte mail vous permet de recevoir une notification dès qu’une nouvelle annonce correspond à des critères (catégories d’annonces et localisation) renseignés sur votre espace utilisateur. Sur chaque annonce, un résumé de la réglementation spécifique à cette catégorie est accessible d’un clic et vous rappellera les démarches pour effectuer vos échanges en toute légalité. De plus, pour éviter les annonces trop anciennes et obsolètes, toutes les annonces datant de plus de 3 mois seront désactivées automatiquement, après un mail d’information vous permettant de republier l’annonce pour 3 mois supplémentaires si elle est toujours d’actualité.

UN INTÉRÊT ÉCONOMIQUE AVÉRÉ

Suite à des enquêtes de terrain auprès d’agriculteurs pratiquant les échanges directs, il apparaît que cette pratique est économiquement avantageuse à la fois pour le vendeur et l’acheteur. Après les céréaliers et les éleveurs qui utilisent déjà massivement cet outil, l’ouverture récente à de nouvelles productions (maraîchage, arboriculture, viticulture) devrait rendre les échanges toujours plus diversifiés, riches et intéressants pour tous.

▶EN SAVOIR PLUS
Rendez-vous sur le site d’Agribiolien :
www.agribiolien.fr

Par Théo FURLAN, ERABLES 31, Bio Occitanie

Crédit photo : Interbio Occitanie


Le Mag - N°14 - Déc. 2019 4

Le Mag - N°14 - Déc. 2019

Dans ce 14ème numéro du Magazine de la Conversion, différents thèmes sont abordés : les chiffres clés des filières bio régionales, la marque Sud de France, la plateforme Agribiolien, et 4 dossiers filières, élevage, grandes cultures, viticulture et maraîchage.

Pour accéder au magazine dans son intégralité, veuillez cliquez ici

Pour accéder aux différents dossiers, cliquez sur les titres ci-dessous :

Chiffres clés
Les filières Bio régionales

Commercialisation – Sud de France
Une marque pour les produits d’Occitanie

Outils – Agribiolien
Une plateforme d’échanges entre agriculteurs d’Occitanie

Dossier élevage
L’équilibre sanitaire en élevage biologique – Projet Otoveil

Dossier viticulture
Gestion du Bio dans les chais mixtes

Dossier grandes cultures
La pratique de l’AB – Pourquoi c’est compliqué, comment aborder les questionnements

Dossier maraîchage
Résultats d’expérimentations et témoignage de filière.


Le Mag - N°13 - Fév. 2019 - Spécial Productions animales 5

Le Mag - N°13 - Fév. 2019 - Spécial Productions animales

Pour consulter la version intégrale du 13ème numéro du Magazine de la Conversion, veuillez cliquez ici

Dossier Apiculture
Accompagner vers l'apiculture bio en Occitanie

Dossier Bovin Lait
Apports des études récentes sur les performances technico-économiques et la résilience

Dossier Caprin
Caractérisation d'élevages caprins biologiques avec transformation fromagère

Dossier Élevages
Débroussaillage des sous-bois et valorisation des matières ligneuses

Dossier Élevages
Méteils grains : un levier stratégique pour les éleveurs


Le Mag - N°12 - Fév. 2019 - Spécial Productions végétales 6

Le Mag - N°12 - Fév. 2019 - Spécial Productions végétales

Pour consulter le 12ème numéro du Magazine de la Conversion dans son intégralité, veuillez cliquer ici

Dossier Viticulture
La Flavescence dorée en Agriculture Biologique

La flavescence dorée est apparue dans les années 1980 en Occitanie. Aujourd’hui, tout le vignoble régional est touché. L’ensemble des viticulteurs sont concernés par cette problématique et ceux envisageant un passage en agriculture biologique doivent en tenir compte dans leur projet de conversion. Cette maladie est causée par un phytoplasme qui, après s’être multiplié dans la sève de la vigne, engendre le dépérissement du cep. Ce phytoplasme est véhiculé et transmis par un insecte : la cicadelle de la flavescence dorée.

Dossier Grandes Cultures
Maîtriser la fertilité et le salissement de ses parcelles

La fertilité des parcelles et leur salissement sont les deux aspects essentiels à maîtriser pour réussir ses grandes cultures biologiques. Afin d’atteindre cet objectif, il est nécessaire de connaître les différents leviers agissant sur ces paramètres.

Dossier Maraîchage
Lutter contre les bio-agresseurs en maraîchage biologique

Pour sa 3ème année, la journée régionale maraîchage Occitanie (JTMO) organisée par la Chambre départementale de l’Agriculture 31 et Interbio s’est déroulée le 20 novembre 2018 en Haute Garonne.

Comment intégrer des méthodes innovantes, quels systèmes de culture, quelles méthodes alternatives de lutte contre les bio – agresseurs ?

Les tous derniers résultats des expérimentations de protection des cultures légumières étaient présentés aux 70 participants, producteurs, conseillers techniques, formateurs, enseignants, porteurs de projets.

Dossier Fruits et Légumes
Fruits et Légumes en Occitanie - Une filière en pleine expansion

A l'Est, comme à l'Ouest de la région, tous les territoires contribuent au développement de cette filière et de production qui correspondent à une attente forte des consommateurs qu'ils résident ou non en Occitanie. Cette filière a toujours été marquée par la dualité circuits courts et circuits longs. Il s'agit pour le citoyen Occitan intéressé par la vente directe ou le client des magasins bio de proximité de "consommer bio et local parce que c'est l'idéal". Pour les transformateurs et les distributeurs d'Occitanie, comme dans toute la France, l'enjeu est d'être approvisionné au plus près de son lieu d'activité. Le Plan Alimentaire de la Région Occitanie qui se met en place prend en compte les attentes citoyennes, en prévoyant d'encourager le référencement des produits bio de la région, dans la restauration des lycées. Comme le montre les données de l'Observatoire Economique d'Interbio Occitanie, la production régionale a la capacité de fournir la restauration collective. La rencontre et les visites réalisées chez le transformateur Prosain ainsi que chez les grossistes distributeurs de la région Toulousaine, montrent s'il en était besoin que les possibilités de développement de la production en région sont importantes et doivent être accompagnées par un appui conséquent pour structurer les filières.


Le Mag - N°11 - Nov. 2018 7

Le Mag - N°11 - Nov. 2018

Pour consulter le 11ème numéro du Magazine de la Conversion dans son intégralité, veuillez cliquer ici

Dossier réglementation
Cahier des charges de l’AB – Le nouveau règlement européen se précise

Entamée en 2014, la révision du règlement européen régissant l’agriculture biologique sera bientôt achevée. Les objectifs avancés: continuer à développer la bio, garantir la qualité des produits aux consommateurs, harmoniser les pratiques entre producteurs européens et baisser le nombre de dérogations. L’entrée en vigueur est prévue pour le 1er janvier 2021. Quels sont les changements à attendre pour les producteurs ? Et pour les consommateurs ?

Dossier Arboriculture
Comment améliorer la gestion des risques en verger Bio ?

Le maintien d’un équilibre dans un verger bio, entre la pression exercée par les nuisibles et les maladies, et la qualité des produits, est l’équation à laquelle les arboriculteurs sont confrontés. Des recherches sont menées pour aider les arboriculteurs à anticiper et mettre en place des techniques limitant les risques, pour maintenir un agrosystème performant.

Deux thèmes à forts enjeux sont particulièrement étudiés et à ne pas sous-estimer dans la réflexion d’une reconversion ou d’une installation en arboriculture fruitière : la gestion du rang de plantation et la réduction et/ou la recherche d’alternatives au cuivre, dans un contexte d’évolution réglementaire de son usage.

Dossier Viticulture
L’utilisation du cuivre en viticulture biologique

En viticulture biologique, le cuivre est aujourd’hui la seule substance homologuée dans la lutte contre le mildiou et son utilisation est limitée à 6 kg/ha/an avec un lissage possible sur 5 ans. La période d’approbation du cuivre arrive à son terme fin 2018 et les conditions de sa ré-homologation ne sont pas encore validées.

Dossier Plantes à Parfum Aromatiques et Médicinales (PPAM)
Produire des plantes aromatiques et médicinales à destination des entreprises – des opportunités pour se lancer ou se diversifier.

Les PPAM ne constituent pas une grosse filière avec moins de 1 % de la SAU Française, pour 3 500 exploitations. 15 % des surfaces sont en Bio contre 5 % dans le reste de l’agriculture. La lavande, le lavandin et le pavot-œillette couvrent 70 % des surfaces. Les 30 % restantes assurent 60 % du chiffre d’affaires. Cela montre la forte hétérogénéité du chiffre d’affaires par production. Cette filière a un dynamisme particulier avec une augmentation des surfaces de 12% par an.


Le Mag - N°10 - Août 2018 8

Le Mag - N°10 - Août 2018

Vous lisez le dixième numéro du Magazine de la Conversion, premier d'une nouvelle formule. Le réseau Bio Occitanie FRAB travaille désormais dans la nouvelle configuration régionale de la Bio en partenariat, au sein d'Interbio Occitanie, avec SudVinBio, le réseau des Chambres d'agriculture, Coop de France Occitanie et OCEBIO, l'association des entreprises et distributeurs.

Pour consulter le 10ème numéro du Magazine de la Conversion dans son intégralité, veuillez cliquer ici

Dossier Observatoire de l'Agriculture Biologique
Les chiffres clés 2017 des filières Bio régionales

En partenariat avec l'Agence Bio, l'Observatoire Régional de l'Agriculture Biologique d'Interbio Occitanie collecte et traite des données relatives à l'évolution de la Bio dans notre région. Il permet ainsi d'améliorer le suivi des filières Bio et de leurs opérateurs. A travers différentes publications, nous communiquons sur les derniers indicateurs existants. Voici une synthèse des chiffres clés de l'Agriculture Biologique en Occitanie en 2017.

Dossier Réglementation
Nouveautés réglementaires sur les semences Bio

Dossier Viticulture
Protection du vignoble et s'affranchir d'une partie du sulfitage en vinification Bio

Le nombre de substances actives pour lutter contre les maladies cryptogamiques et les ravageurs est limité en AB par rapport à celui disponible en viticulture conventionnelle. Les caractéristiques des molécules bios nécessitent souvent de modifier les stratégies de traitement par rapport à ce qui est fait habituellement en viticulture conventionnelle. Cette phase de transition des pratiques représente souvent une sensibilité accrue aux maladies et ravageurs. Les travaux de l’UMR System de l’INRA de Montpellier, mis en place dans le cadre du projet de recherche VIBRATO, confirment la sensibilité accrue des parcelles en conversion vis-à-vis du mildiou (parcelle en 1ère et 2ème années de conversion (C1 et C2)) et de l’eudémis (parcelles en C1). Cette plus grande sensibilité aux maladies et ravageurs en période de conversion n’est pas une fatalité, mais doit être anticipée pour être bien gérée.

Dossier Maraîchage
Suivi des couverts végétaux sur des fermes maraîchères Bio

Regroupés en GIEE (Groupement d’Intérêt Economique et Environnemental), les maraîchers de sept fermes travaillent ensemble autour du thème « Tester des couverts végétaux en maraîchage biologique en piémonts pyrénéens : de l'engrais vert à la plantation dans un couvert ».

Dossier Bovin Lait
Etudier sa conversion en lait de vache Bio

La filière bovin lait bio connaît un fort développement en France et en Occitanie. En 2017, la région comptait 279 producteurs de lait de vache biologique (+47% par rapport à 2016). Les opérateurs de l’aval, la coopérative Sodiaal Union, Biolait, etc., sont toujours à la recherche de nouveaux producteurs.

Dossier Elevage
Expérimentation sur l'évaluation de mélanges de prairies à flore variée

Depuis fin 2016, Bio 46 le groupement des agriculteurs bios du Lot accompagne un groupe d’éleveurs dans la mise en place d’essais de mélanges prairiaux à flore variée (PFV) en partenariat avec l’INRA de Toulouse. Les suivis de ces prairies s’étendent sur 4 années (2016-2020). Entre l’automne 2016 et le printemps 2017, ce sont sept parcelles qui ont été implantées chez cinq éleveurs bios de différentes productions : ovin viande, bovin lait, caprin lait. La première saison de végétation de ces jeunes prairies a été suivie via des relevés botaniques et des analyses en laboratoire mais aussi via un suivi régulier par les éleveurs. Ce projet participe à l’élaboration de l’outil en ligne libre d’accès Capflor®, outil d’aide à la décision qui visera à préconiser des mélanges prairiaux aux éleveurs selon leurs besoins et conditions pédoclimatiques. En 2018, une dizaine de nouvelles parcelles seront semées et trois éleveurs ont rejoint les essais, permettant notamment d’élargir la palette de conditions pédoclimatiques et des productions avec les bovins viande.

Dossier Les Marchés
Valoriser ses produits en vendant à des intermédiaires

La vente directe est très présente en Occitanie et les producteurs qui s’installent ou se convertissent pensent spontanément à ce débouché. Vendre à un intermédiaire est parfois perçu de manière négative alors qu’on peut aussi valoriser ses produits sans ce lien direct avec le consommateur.

Vous découvrirez dans ce dossier les chiffres clés de la consommation bio, de la distribution et les dernières évolutions du secteur. Un des rôles des organismes bio est de mettre en lien l’amont et l’aval. La réalisation en avril d’une journée pour les magasins Biocoop avec producteurs et transformateurs en est une belle illustration.

Les Marchés de Gros (qu’on nomme aussi marchés gares) représentent aussi une opportunité à laquelle  on ne pense pas spontanément : ils permettent pourtant de toucher une autre clientèle (primeur, épicerie, restaurant…). De belles dynamiques se mettent en place autour des produits bio sur les MIN, notamment de Montpellier et de Toulouse. Un projet de carreau bio et local a vu le jour et d’autres projets devraient se concrétiser prochainement… à suivre dans les prochains numéros !


Dossier #2 : L’ail bio français, situation du marché et organisation de la filière régionale 9

Dossier #2 : L’ail bio français, situation du marché et organisation de la filière régionale

La production d’ail conventionnel diminue depuis une quinzaine d’années au niveau national. En Occitanie la tendance est à une stabilisation grâce aux SIQO, signes officiels de qualité et d’origine (IGP Blanc de Lomagne, IGP – Label Rouge Rose de Lautrec, AOP Ail Violet de Cadours).

La consommation française d’ail est évaluée entre 35 à 40000 tonnes par an (moins de 500g/ an et par ménage). En bio, elle se situe autour de 3 à 4000 tonnes par an. Une grande partie de l’ail bio consommé actuellement en France n’est pas d’origine française. En effet la production nationale d’ail bio est estimée à environ 600 à 700 tonnes par an. Elle est donc très déficitaire par rapport aux besoins du marché, ce qui génère des importations d’ail bio. Mais les consommateurs réclament de plus en plus une origine française pour les produits, et les distributeurs (spécialisés Bio ou non) souhaitent pouvoir répondre à cette demande.

“L’ail bio est très déficitaire.”

En Occitanie, les metteurs en marché de l’ail traditionnel, coopérative Top Alliance, Les Aulx du Sud-Ouest, Les Jardins du Midi, Les Produits du Soleil, Ligne Directe Production et Royal Saveurs ainsi que les négociants spécialisés en AB, s’accordent pour signaler qu’ils manquent de volumes en Ail Bio français pour répondre à leurs clients (magasins, grossistes, restauration ou exports). Toutefois ils mettent en avant des exigences qualité significatives pour accepter le produit: l’ail doit être trié, éraciné et brossé. Le prix de l’ail bio, qui se situait en 2018 entre 4 et 5€/kg selon le conditionnement, est payé au producteur autour de 5,30€/kg à condition d’avoir un produit de qualité.

La campagne de commercialisation de l’ail bio 2019 en cours va être très instructive. Les volumes et la qualité en nette progression seront – ils absorbés par le marché ?

TÉMOIGNAGE

FABRICE FURLAN EARL DE LA FERME DE STE AGATHE ENCAUSSE (32)

« Depuis que je suis installé en agriculture, c’est la culture de l’ail qui me tient la main. C’est la culture traditionnelle de l’exploitation. Aussi, lorsque j’ai converti l’exploitation en bio en 2015, j’ai également passé l’ail en bio. Le contexte des grandes cultures en agriculture conventionnelle, les aides allouées pour le passage en bio ont déclenché la conversion. II y avait également une part d’ennui dans les pratiques conventionnelles. Le passage en bio m’a obligé à repenser mes pratiques et à remettre l’agronomie sur le devant de la scène.

De plus, le marché de l’ail bio est plus dynamique. J’ai gardé les mêmes surfaces mais obtenu un rendement moindre qu’en conventionnel. Le rendement a été divisé par deux en 2018, et un peu meilleur en 2019.».

Quels sont les principaux changements dans l’itinéraire technique de la production d’ail bio ?*

«La première chose à faire a été de retarder la plantation d’un mois par rapport à la période traditionnelle de plantation en conventionnel, pour limiter les risques d’attaques de la mouche des semis. Lorsqu’un vol est en cours, la plante sort à peine de terre et il n’y a donc pas de ponte sur la culture et pas ou peu de dégâts.

Le deuxième point concerne le désherbage. J’ai investi dans une herse étrille, outil indispensable, que je passe en plein sur la culture jusqu’au stade 7-8 feuilles. Le désherbage nécessite aussi un ou deux passages manuels.

La baisse du rendement est liée aux attaques de rouille, champignon aérien qui se développe sur les feuilles qui ne sont plus fonctionnelles. En AB, il n’y a actuellement aucun moyen de lutte efficace.

Un champignon du sol, le sclérotinia, responsable de la pourriture blanche, est également préjudiciable au développement de la culture. La rotation ne suffit pas pour garantir un bon état sanitaire car ce champignon reste dans le sol plusieurs années et je suis obligé de maintenir une période de minimum 4 – 5 ans avant de faire revenir l’ail sur la même parcelle.

Pour le séchage et la conservation, je fais comme pour du conventionnel : séchage dynamique et conservation en palox.

En ce qui concerne la fertilisation, un essai est en cours pour tester deux stratégies de fertilisation car on manque de références en bio. Je fais également partie d’un groupe 30 000 avec des agriculteurs bio et conventionnels pour échanger sur nos pratiques.»

Et pour la commercialisation ?

«Le marché est porteur. Ce qui est nouveau, c’est la qualité demandée. Le calibre a moins d’importance qu’en conventionnel, on recherche un calibre supérieur à 45 mm. Il faut bien sûr, trier, éraciner et brosser l’ail. Les négociants historiques présents dans la zone de production recherchent de l’ail bio français et j’ai contractualisé avec l’un d’eux pour une partie de ma récolte. Je découvre également le négoce spécialisé en AB.»

Comment voyez-vous l’avenir?

«J’espère que le marché de l’ail bio français absorbera les volumes qui arrivent. Les agriculteurs de la région convertissent leurs surfaces en bio et aujourd’hui 30% des producteurs d’ail du Gers passent en bio.»

 

EARL Ferme de Ste Agathe, 32430 Encausse
Conversion AB en 2015
Ail bio : 10 ha
Grandes cultures bio : 113 ha
Prairies bio : 1 ha
Noisettes : 20 ha

DOSSIER N°3 : Le radis chinois Daïkon, un couvert végétal intéressant en inter-cultures d’hiver

Les maraîchers qui cultivent une large gamme de légumes et qui souhaitent introduire des couverts végétaux dans leurs rotations sont rapidement confrontés à la recherche d’une espèce ou d’un mélange qui réponde à leurs objectifs en un court laps de temps. En effet, la succession rapide et la diversité des légumes laissent peu de temps aux maraîchers pour implanter des couverts végétaux, notamment ceux qui couvriraient le sol en hiver et libèreraient les parcelles tôt au printemps.

Après un essai de féverole pure (2017) puis de fèverole associée au trèfle incarnat ou à la moutarde blanche (2018) et sur les conseils d’Antoine Bedel, chef produits à Caussade Semences, des maraîchers qui travaillent ensemble autour de la thématique des couverts végétaux et
constitués en GIEE1, ont semé des essais de radis chinois Daïkon CS.

PETIT RETOUR SUR LES ESSAIS PRÉCÉDENTS LA FÉVEROLE PURE ET ASSOCIÉE

À l’origine de ce choix était la volonté des maraîchers d’avoir un couvert qui couvre densément le sol en hiver, qui produise de la biomasse rapidement et qui soit facile à détruire en fin d’hiver. Ces objectifs recherchés n’avaient pas été atteints par les couverts d’hiver précédents. En effet, la féverole pure couvrait mal le sol, ce qui entrainait le salissement des parcelles. L’année suivante, son association avec le trèfle incarnat ou la moutarde blanche résolvait ce problème mais pour que les apports en Matière Sèche soient intéressants (au moins 4 tonnes par hectare), il fallait attendre le mois de mai pour détruire le mélange, ce qui était trop tardif, en ajoutant à cela le temps d’attente nécessaire avant l’implantation des légumes.

L’ESSAI DE CET HIVER : LE RADIS CHINOIS DAÏKON CS

En cherchant des semences, Antoine Bedel de Caussade Semences, a proposé du radis chinois Daïkon CS pour trois raisons principales :

▶ sa facilité de destruction : gélif à – 8 °C ou détruit par scalpage au niveau du collet,
▶ son cycle plus court que les graminées qui donc libère les parcelles tôt au printemps,
▶ et son intérêt CIPAN (Culture Intermédiaire Piège À Nitrates) en tant que crucifère. En effet, ses tissus ayant un rapport Carbone/ Azote très faible, sa décomposition est rapide et l’azote est disponible pour les légumes primeurs.

Les densités préconisées étaient de 6 à 10kg/ha. Cependant, certains maraîchers se sont basés sur l’expérience d’un maraîcher de Limoges qui réalise ensuite un sur-semis en octobre de seigle forestier, avoine noire, pois, vesce velue, lupin, phacélie… et qui pour compenser les pertes dues au piétinement, sème à 20 kg/ha.

Il s’est avéré que cette densité était trop élevée. En effet, le feuillage était en concurrence pour la lumière et s’est donc développé au dépend des racines. Cependant, une expérience faite par un des maraîchers du groupe a eu des résultats intéressants et a donné lieu à une suite d’essais.

▷ DU RADIS DANS DU SORGHO

Pour cet essai, l’expérience faite par Alban Reveille, La Ferme Intention, à Cazères s’est avérée satisfaisante et est reprise par d’autres maraîchers cette année. En effet, le radis chinois a été semé à une densité de 10kg/ ha, le 1er septembre 2018 à la volée sur 300 m2 dans deux variétés
de sorgho vivant, broyé à 40 cm. Un second broyage du sorgho à 20 cm a permis de recouvrir légèrement les graines. Le radis a été irrigué les trois jours suivants avec 50 mm d’eau.

Sur la partie de gauche était cultivé du sorgho population De Lozzo, l’essai a été réussi car le sorgho n’a pas poursuivi sa végétation après le 1er septembre, laissant la place au radis alors que sur la partie de droite, le sorgho Jumbo star F1 a continué sa croissance et a étouffé le radis chinois.

Deux mois après le semis, en novembre, dans le sorgho hybride, il restait peu de radis chinois et les pieds présents étaient petits, Alban a alors décidé de passer le rolofaca dès la première petite gelée pour détruire le sorgho hybride.

Les résultats de la partie de gauche ont été très satisfaisants, seuls 10 pieds de chénopodes, qui auraient grainés avant l’hiver, ont été arrachés. Pour détruire le radis, Alban a clôturé les brebis sur la parcelle, qu’il a ensuite bâchée fin février pour finaliser le travail et planter des courges et des patates douces entre le 15 mai et le 1er juin.

LA SUITE A DONNER

Au vu des résultats et de la volonté des maraîchers pour que le sol soit couvert correctement et rapidement, pour cette année, Antoine Bedel a préconisé un mélange de radis chinois Daïkon CS (2 kg/ha), phacélie (5 kg/ha) et lentille ou fenugrec (20 kg/ha) ou trèfle d’Alexandrie (7 à 10 kg/ha). Les densités proposées conviennent pour un semis au semoir à céréales, à augmenter donc pour un semis à la volée. Ce mélange lève très bien et est facile à détruire avec un seul broyage en mars.

Notons que la date limite de semis pour le fénugrec est tout début septembre et mi-septembre pour les autres légumineuses.

En plus de cette association avec le radis chinois CS, qui va être mise en culture par plusieurs maraîchers, les couverts végétaux vont être réfléchis avec leur intégration dans les plannings de culture (cf. planning d’Alban ci-dessous).

Cette vision plus globale de l’intégration du couvert dans les rotations des légumes permettra d’affiner le choix des espèces en fonction des créneaux de disponibilités des parcelles.

▶ EN SAVOIR PLUS

L’ensemble des résultats déjà obtenus sont disponibles sur le site Internet d’ERABLES 31 : http://www.erables31.org/forum/viewforum.php?f=115

Par Laurence Espagnacq et Marie Bollino, Chambres d’agricultures Haute-Garonne et Tarn et Garonne

Crédit photo : Adobestock et Interbio Occitanie


Dossier #1 - Protection de la culture du melon en AB -Derniers résultats des essais menés par Suxpé et Centrex 10

Dossier #1 - Protection de la culture du melon en AB -Derniers résultats des essais menés par Suxpé et Centrex

EXPERIMENTATION N°1 : Évaluation de moyens de lutte contre taupins en cultures de melon et de patate douce

Le taupin (Agriotes sordidus) est un ravageur majeur des cultures de patates douces en agriculture biologique. Les larves de ce coléoptère, qui vivent 3 à 6 ans dans le sol, s’attaquent aux tubercules. Les dégâts peuvent dépasser 40% de la production. Aucune solution satisfaisante n’est actuellement disponible en AB, ni même en conventionnel.

La Centrex, Sudexpé, le Civam Bio 66 et la SICA conduisent durant plusieurs années des essais sur patate douce et sur melons, afin de développer des solutions de bio-contrôle ou des itinéraires techniques permettant de lutter contre ce ravageur.

LES RÉSULTATS 2017-2018 DE LA CENTREX

L’objectif des essais Centrex 2017 et 2018, était d’identifier des moyens de protection utilisable en AB pour diminuer les pertes dues à Agriotes sordidus. Trois types d’essais ont été menés :

▶ Avancement des dates de plantation et de récolte pour retirer les tubercules du champ avant la période favorable aux attaques de taupin supposées (oct. /nov.)

▶ Essais produits biologiques par application goutte à goutte

▶ Essais inondation de la parcelle pour diminuer les populations avant plantation

Les essais date de plantation ont été échelonnés du 1er mai au 10 juillet afin de récolter les tubercules entre fin août et début novembre. Aucun résultat n’a permis d’établir de relation entre la date de récolte et les attaques de taupin. Un suivi des populations par piégeage des larves dans le sol devrait permettre d’affiner les périodes de présence du taupin en 2019.

La figure 1 regroupe les résultats des essais inondations et produits biologiques réalisés en 2018 sur le nombre de trous de taupin retrouvés sur tubercule. Concernant les produits testés (purin de fougère, purin d’ortie [1], Neemazal [2], Naturalis [3], Success granulé [4], Success 4) aucune différence statistique n’a été observée avec le témoin non traité. À l’exception du purin de fougère, les mo- dalités testées présentent des attaques de taupin supérieures au témoin pouvant s’expliquer par un maintien de l’humidité du sol plus important sur ces parcelles (traitement au goutte à goutte) qui aurait pu favoriser le taupin. Le purin de fougère a montré néanmoins une tendance à des attaques plus faibles, confirmant les observations qui avaient déjà été faites en 2017. Cette modalité a été retestée sur la saison 2019.

L’essai Inondation du sol a été fait 1 mois et demi avant plantation par apport régulier d’eau entre le 25 et le 30 avril. Des digues ont été formées autour de la parcelle afin que l’eau s’accumule et s’infiltre progressivement dans le sol. Le sol a ensuite été travaillé avant plantation le 25 mai.

Figure 1 : Boite à moustache Nombre de trous dus au taupin par tubercule récolté

La modalité «inondation» est celle qui est le mieux ressorti statistiquement avec :

▶ un poids moyen et un nombre de tubercules / plant supérieur ou égal aux autres modalités,

▶ un rendement de 1 t/ha, supérieur de 200 kg en comparaison du témoin non traité

▶ une fréquence et intensité d’attaque plus faibles que le témoin et les autres modalités.

L’observation de la boite à moustache (Figure 1) montre un écart type sur cette modalité très inférieur aux autres modalités. Les essais ont été reconduits en 2019 en conservant les modalités ayant eu les meilleurs résultats (inondation, purin de fougère). Les résultats sont en cours de traitement.

LES RÉSULTATS 2019 DE SUDEXPÉ

Le taupin ravageur de la culture du melon du Sud-Est est le même que celui de la patate douce, Agriotes sordidus. Son cycle, plus court que celui d’ A. lineatus (18 mois au lieu de 48 mois), entraîne une augmentation rapide de la population. En bio ou en conventionnel, il n’existe pas de produit satisfaisant pour lutter contre ce ravageur en période de récolte. L’objectif des essais 2019 de Sudexpé en culture de melons est d’expérimenter des moyens de lutte physique contre ce ravageur. L’essai a été planté dans le créneau “Chenille saison”, le 21 mars 2019. Trois types de barrières physiques biodégradables ont été placés sous chaque fruit après nouaison: des assiettes en son de blé, des disques en fibres de coco et des planchettes en bois.

Malgré une pression taupin peu élevée cette année, les résultats permettent tout de même d’affirmer que les trois types de protection ont été efficaces, puisque la proportion de fruits piqués pour les trois modalités diffère significativement de celle du témoin non protégé (voir Graphique ci-dessous). De même en termes d’intensité d’attaque, 4,5% des fruits de la modalité non protégée ont eu 3 trous ou plus ; tandis que ce chiffre est de 0,6% pour les fruits sur planchette en bois et de 0 pour les assiettes en son de blé. Les analyses statistiques n’ont en revanche pas révélé de différences entre les trois protections, même si les disques en fibre de coco ont présenté un taux de réussite de 100% : aucun des fruits reposant sur ces disques n’a été attaqué. Si ces résultats ne sont pas facilement re- productibles à l’échelle des producteurs, on peut affirmer que les protections physiques sont une alternative intéressante pour lutter contre le taupin en culture de melon. Des travaux de recherche devront continuer afin de proposer une solution transposable aux conditions du terrain.

EXPERIMENTATION N°2 : Évaluation du comportement variétal face à la pression de fusariose en culture de melon de plein champ

La fusariose est provoquée par le champignon Fusarium Oxysporum f. sp. melonis. Cette maladie sévit dans de nombreux bassins de production du melon, dû à la prépondérance de la race 1.2 de ce champignon et à l’augmentation de l’agressivité des souches. Le Fusarium est ainsi responsable de sévères dépérissements racinaires sur les melonnières, et seule la coûteuse solution du greffage, apporte aujourd’hui une solution.

Sudexpé, pôle de recherche appliquée en Fruits & Légumes du Midi Méditerranéen, évalue pendant 3 années le comportement à la Fusariose de plusieurs variétés de melon. L’objectif de l’étude est d’identifier une échelle de sensibilité des variétés à la Fusariose, afin de permettre aux producteurs d’employer le levier variétal pour répondre à leurs risques sanitaires, tout en répondant aux autres exigences de sélection.

Les résultats de la première année d’essai sont présentés ici. Cinq variétés (Arkade, Bakara, Etika, Funchal, Khorum) ont été plantées, à raison de 8 répétitions de 5 plantes. Le créneau choisi, le plus à risque, est celui des “Chenilles précoces”, planté le 5 mars 2019 et récolté du 4 au 24 juin. Le comportement des variétés a été comparé à celui de 3 variétés: Hugo témoin très sensible, Lunasol référence résistante de base et Manta référence résistante haute (qui ne s’est cependant pas comportée comme attendu). Chaque semaine, de l’apparition des symptômes à la fin de l’évolution de la maladie, le stade “sain”, “atteint” ou “mort” de chaque plant a été relevé.

PRÉCOCITÉ D’APPARITION DES SYMPTÔMES

La variété témoin sensible Hugo se démarque dès le début de l’étude, avec la majorité de ses plants déjà atteints par la maladie lors de la première notation. Hormis ce témoin, c’est la variété Bakara qui déclare des symptômes de Fusariose en premier. Elle est suivie une douzaine de jours plus tard par la variété témoin “tolérante” Manta, qui ne s’est pas com- portée comme attendue. Viennent ensuite le tour de Funchal, Arkade et Lunasol le 5 juin (deuxième jour de récolte), puis Etika le 13 juin et enfin Khorum le 20 juin. Notons que la variété Funchal, si elle n’a “craqué” que le 5 juin, est celle dont la vitesse de contamination des plantes a été la plus rapide, avec 10% de ses plants affectés en 1 semaine.

Figure 1  : Évolution du nombre de plantes saines pour chaque variété

ÉVOLUTION DES SYMPTÔMES & MORTALITÉ DES PLANTS

Une différence statistique apparait à l’analyse des notations du 20 juin (fin de récolte) : hormis un effet bloc est-ouest, elle révèle que la variété Funchal (58% de plats sains) est significativement plus affectée que les variétés Khorum (98%) et Etika (88%).

Concernant les autres critères étudiés, des tendances peuvent être dégagées. Ainsi, pendant la période de récolte, seules les variétés Funchal et Manta ont eu un taux de mortalité supérieur à zéro, avec les premiers plants morts notés le 20 juin. Les variétés Arkade, Bakara et Etika n’ont subi aucune mortalité pendant l’essai et la mortalité de la variété Khorum n’a commencé que le 9 juillet.

Figure 2 : État sanitaire des plantes au 02 juillet

CONCLUSIONS

Si les analyses statistiques ont seulement permis d’affirmer que la variété Funchal était moins satisfaisante que les variétés Etika et Khorum, on peut cependant dégager des tendances comportementales et proposer une classification.

De manière générale et au travers des critères étudiés, les variétés Etika et Khorum se sont fait remarquer grâce à leurs bons résultats :

▶ premiers symptômes de Fusariose tardifs ;
▶ mortalité tardive ;
▶ plus faibles proportions de plants atteints et morts en fin de récolte ;

Le comportement de la variété Funchal a été globalement similaire ou inférieur à la variété Lunasol, dans les conditions de l’essai. La variété Bakara s’est révélée précoce concernant l’apparition de la maladie mais tardive en terme de mortalité. La variété Arkade a été atteinte de façon aussi précoce que Lunasol mais s’est révélée plus satisfaisante pour les autres critères. L’étude se poursuivra les deux prochaines années avec d’autres variétés.

EXPERIMENTATION N°3 : Évaluation du comportement variétal face à la pression de mildiou en culture de melon de plein champ

Le mildiou des cucurbitacées est dû au champignon Pseudoperonospora cubensis. Il est favorisé par des températures chaudes et la présence d’eau sur les feuilles. Les feuilles se couvrent d’abord de tâches jaunes, qui grandissent et se nécrosent; en quelques jours les feuilles se dessèchent et se recroquevillent vers le haut. La progression de la maladie est fulgurante et si elle n’est pas gérée à temps, peut causer d’importants dégâts dans les parcelles de melon.

Sudexpé, pôle de recherche appliquée en Fruits & Légumes du Midi Méditerranéen, évalue pendant 3 années le comportement au mildiou de plusieurs variétés de melon. L’objectif de l’étude est d’identifier des différences de sensibilité et de progression de la maladie entre plusieurs variétés de melon. Les résultats de la première année d’essai sont présentés ici.

PROTOCOLE

Huit variétés (Arkade, Arkaïa, Artorius, Etika, Funchal, Khorum, NUN 14525 et RZ 34-416) ont été plantées, à raison de 5 répétitions de 5 plantes. L’essai a été planté tardivement le 19 juillet 2019, afin d’éviter les risques de contamination. Le comportement des variétés étudiées a été comparé à celui de la variété Esteban (témoin sensible) et de la variété Fortal (référence peu sensible), qui ne se sont cependant pas comportées comme attendu. Trois notations, espacées de 3 et 5 jours, ont permis de juger de la fréquence et de l’intensité de l’attaque de mildiou pour chaque parcelle élémentaire de melon.

Les notations suivantes sont réalisées 3 fois, à partir de l’apparition des premiers symptômes :

▶ la fréquence d’apparition de la maladie qui correspond au pourcentage de surface foliaire présentant des symptômes

▶ l’intensité de l’attaque de mildiou qui correspond aux 3 stades d’évolution ses symptômes :

– Stade 1: tâches jaunes/décolorées sur le feuillage
– Stade 2 : tâches nécrosées
– Stade 3 “torche”: les feuilles sont nécrosées et recroquevillées.

RÉSULTATS

La fréquence d’apparition de la maladie est assez homogène entre les variétés lors des deux premières notations: moins de 10% du feuillage affecté à la 1ère notation puis 30-50% lors de la seconde. L’analyse statistique révèle une différence lors de la dernière notation : RZ 34-416 et Artorius sont significativement plus affectés que Khorum et Esteban (70% contre 50% en moyenne du feuillage atteint). Les analyses statistiques montrent des différences significatives pour les deux dernières dates de notation. À la seconde notation, Esteban est la variété présentant les symptômes les plus avancés tandis que NUN 14525 demeure au stade 1 “tâches huileuses”. À la dernière notation, c’est la variété Fortal qui présente les symptômes les plus avancés (stade “feuilles en torche”), à l’inverse de Arkade.

Figure 1 Évolution de la fréquence du mildiou.
Figure 2 Évolution de l’intensité de mildiou.
Figure 3 Intensité de l’attaque de mildiou par variété au 21 août 2019.

CONCLUSIONS DE L’ESSAI

L’essai a révélé des différences de fréquence et d’intensité de mildiou entre les variétés. Ces deux variables ne semblent pas ailleurs pas
être corrélées. Cependant, en peu de temps, toutes les variétés sont fortement affectées et sans l’application rapide d’un traitement adapté, la culture est vouée à péricliter, toute variété confondue.

L’utilisation du levier variétal pour lutter contre cette maladie semble donc plutôt se situer au niveau de la vitesse d’évolution des symptômes. Les variétés demeurant plus longtemps aux premiers symptômes de la maladie peuvent ainsi permettre au producteur de disposer de quelques jours supplémentaires pour réagir et stopper le développement de la maladie. Ainsi, la variété NUN 14525 se distingue, en montrant la plus lente apparition et progression des premiers symptômes de mildiou.

À la première date de notation, c’est la variété la moins intensément atteinte de l’échantillon. Le passage du stade 1 “tâches huileuses” au stade 2 “tâches nécrosées” se fait également plus tardivement que pour les autres variétés. Puis, ce sont les variétés Funchal et Arkade qui se différencient, avec une évolution plus lente des premiers symptômes, qui n’évoluent pas entre les deux premières dates de notation et demeurent au stade 1 “tâches huileuses” quelques jours supplémentaires. À l’inverse, le mildiou progresse de façon fulgurante chez la variété Esteban, passant du stade “tâches huileuses” au stade “tâches nécrosées/feuilles en torche” en l’espace de 3 jours. L’étude se poursuivra les deux prochaines années avec d’autres variétés.

Par Cécile Adjamidis et Madeleine de Turckheim, SUDEXPÉ et Aude Lusetti, CENTREX

Crédit photo : Fotolia et Interbio Occitanie