Rencontres Proléobio Sud-Ouest 2022
C’est au coeur du principal département de grandes cultures bio du sud-ouest que se sont déroulées le 21 mars à Auch les traditionnelles rencontres Proléobio. Organisées par Terres Inovia en partenariat avec les Chambres d’agriculture et l’ITAB, ces journées sont l’occasion d’échanger ensemble sur les actions en cours et la conjoncture des filières oléagineux et protéagineux bio. La matinée en salle a permis d’aborder des questions économiques, de filières et plusieurs actions techniques. L’après-midi s’est poursuivie sur le terrain dans une parcelle de colza bio semé en association.


Charlotte CANALE de Terres Univia a ouvert la journée par un panorama des surfaces en oléagineux et protéagineux bio, positionnant ainsi le sud-ouest comme principale zone de production nationale : 69% du soja bio, 46% du tournesol, 56% du pois chiche et 32% des lentilles bio. Sans surprise, le soja reste la première culture de l’assolement bio régional à plus de 21% en 2020, suivi par le tournesol et le blé tendre à 15% chacun. La progression des surfaces pour ces cultures a été continue depuis 5 ans (cf graphique) comme pour les légumes secs (lentille, pois chiche), tandis que les protéagineux (féverole et pois) marquent le pas.
DES SURFACES D’OLÉAGINEUX QUI POURSUIVENT LEURS PROGRESSIONS
Le maillage territorial du sud-ouest en unités de trituration et huileries permet une valorisation en alimentation animale et humaine. L’adéquation offre/demande est assez cohérente et vise à être maintenue pour ces filières, qui sont toutefois dépendantes de l’import pour les graines de colza mais aussi de tournesol. L’impact de la guerre Russie-Ukraine va se ressentir sur les marchés physiques et sur les prix par une augmentation des coûts de production en alimentation animale.
Anne GLANDIERES de la Chambre d’agriculture Occitanie a présenté les principales évolutions réglementaires depuis le 1er janvier 2022, mettant l’accent sur l’intégration de légumineuses obligatoire dans les rotations des cultures, et l’importance de tenir à jour les enregistrements du cahier de culture.
Depuis le 01/01/2022, le tournesol et le soja sont passés en espèces hors dérogation pour l’achat de semences. Cela ne va pas sans poser des problèmes aux agriculteurs car il manque des volumes de semence certifiée bio en soja mais aussi en tournesol linoléique. Les dérogations sont à demander sur le site semences-biologiques.org avant tout semis.
Jean ARINO et Laura DUPUY des chambres d’agriculture du Gers et de Dordogne ont présenté leurs analyses de données technico-économiques en fermes conduites depuis plusieurs années. Avec 2 exemples pertinents, ils rappellent que la rotation est la clef de voûte des systèmes de grandes cultures bio et que les marges se réfléchissent à cette échelle et non à l’année. En effet, dans le cas d’une rotation de 4 cultures sur 7 ans, la marge brute moyenne est e 373€ ha/an, alors que dans le cas d’une rotation de 8 cultures sur 10 ans, la marge brute moyenne est de 620€/ha/an.
ÉVOLUTION DES MARGES BRUTES DE SOJA IRRIGUÉ ET TOURNESOL

Les résultats de marges brutes des principales cultures d’oléo-protéagineux et légumineuses sont présentés avec des moyennes pluriannuelles. Ainsi dans le sud-ouest le rendement moyen du tournesol est de 15 qtx/ha et de 27 qtx/ha pour le soja irrigué. Les intentions de semis 2022 pour ces cultures sont à la hausse.
Le pois chiche avec 10 qtx/ha de moyenne et la lentille avec 8 qtx/ha sont des productions importantes pour rallonger la rotation. Le lin présente un rendement plus stable à 9 qtx/ha. La marge brute de ces 3 cultures est généralement le reflet de l’année climatique.
Philippe MOUQUOT de la Chambre d’agriculture de Gironde détaille ensuite la création d’une filière Chanvre bio en Nouvelle Aquitaine. Soutenu par la Région jusqu’en 2023, le projet fédère tous les acteurs autour d’une charte régionale d’engagement. 6 départements sont engagés, avec
l’idée d’autonomie territoriale pour les matériaux d’isolation, etc. Le constat est dressé de l’absence d’intérêt de développer la production sans maîtriser la transformation, l’essentiel de la valeur ajoutée se portant sur l’aval. La démonstration est assurée par l’exemple des Chanvriers mellois, où les agriculteurs gèrent un outil commun pour valoriser leur production. L’exploration de tous les marchés possibles (laine de chanvre pour isolant, chanvre bien-être, huile, chènevotte, tofu, etc) pour valoriser l’ensemble de la plante est en cours avec de nombreux appuis de fondations et de l’Agence de l’Eau Adour-Garonne. Avec un semis début mai, le chanvre est une plante intéressante pour gérer les débordements d’ambroisie dans certaines parcelles colonisées.
Arnaud MICHENEAU de Terres INOVIA a présenté les résultats des essais variétés soja Bio des groupes I et II conduits en Occitanie, en mettant l’accent sur les 2 critères principaux que sont la sensibilité au sclérotinia et la sensibilité à la verse. De même les essais variétés Tournesol bio ont orienté le choix de variétés sélectionnées par rapport aux maladies (verticillium) qui est plus déterminant que le rendement. Les résultats sont disponibles sur myvar.fr
Cécile BURTIN du CREABIO a mis en évidence l’intérêt des couverts pour la levée du soja en coteau sec. La luzerne permet d’assurer une meilleure production de gousses par plante. Différents couverts sont en cours de test dans le cadre d’un projet national visant à mieux comprendre la disponibilité de phosphore dans le sol.
Les rencontres annuelles PROLEOBIO sont aussi l’occasion de faire le point sur l’avancée de projets de R&D en cours impliquant des acteurs régionaux. Ainsi Jean-Baptiste FEVRIER d’Agro-Transfert Picardie et Enguerrand BUREL de l’ITAB-CREABIO ont détaillé des premiers résultats du projet CAPABLE focalisé sur la gestion du chardon et du rumex en grandes cultures sans herbicide. Le terme du projet étant prévu pour juin 2022, nous détaillerons les résultats dans un prochain article.
Par Anne GLANDIERES de la Chambre de l’Agriculture Occitanie
Crédit photo : Shutterstock et Interbio Occitanie
Gestion de l'irrigation en maraîchage
L’installation en maraîchage nécessite de disposer d’eau en quantité suffisante afin d’assurer une croissance optimale des légumes et une régularité de rendement. Afin d’assurer une gestion optimale des apports en eau, il est essentiel de mettre en place un système d’irrigation bien pensé, de qualité et performant, afin d’apporter aux cultures la quantité d’eau suffisante au bon moment.
La conduite des cultures sous abri froid permet de protéger les cultures et de sécuriser les récoltes. Pour autant la gestion de l’irrigation, relié à une bonne implantation du système racinaire des plantes dans le sol, est déterminante pour limiter les risques phytosanitaires et assurer le rendement et la qualité de la récolte.
COMMENT MESURER CES APPORTS D’EAU ?
Mesure des apports d’eau par les pluies ou l’irrigation
Les pluies ou les irrigations sont mesurées en hauteur d’eau.
Une pluie de 1mm correspond à une hauteur d’eau accumulée sur une surface étanche (bac).
Cette hauteur d’eau dans un bac de 1m2 donnera 1 litre. 1mm = 1 l/m2 = 10 m3/ha
La quantité d’eau apportée par une pluie est donnée en lecture directe dans un pluviomètre.
Irrigation par goutte à goutte
Débit d’un goutteur = 2l/h,
espacement sur la ligne 0,33m. Tunnel de 8m
4 Doubles rangs de tomate, une ligne par rang soit 8 lignes dans le tunnel
Espacement entre les axes des doubles rangs = 2m Pluviométrie = 2l / 0,33 x (2m/2lignes) = 2/0,33 = 6mm/h
Pression de fonctionnement de 1 bar (voir fabricant)

QUEL EST LE BESOIN EN EAU D’UNE CULTURE ?
Calcul de l’ETP
Le besoin en eau est fonction du climat, il est donné par la mesure de l’ETP
L’ETP ou évapotranspiration potentielle est la quantité d’eau susceptible d’être évaporée par un couvert végétal dont l’alimentation en eau n’est pas le facteur limitant. L’évapotranspiration potentielle est fonction des conditions climatiques (température, ensoleillement, vent…).
Exemple d’ETP en fonction des mois : Station météo Blagnac référence 1997-2013

Valeurs indicatives de l’ETP journalière, en fonction des conditions climatiques: exemple de la Provence (valeurs pouvant être associées au département du littoral méditerranéen)

Les données ETP sont mesurées par les services de météo agricoles et diffusées dans plusieurs journaux agricoles ou alors sur les sites des chambres d’Agricultures.
Par exemple sur le site de la CA 66 : bit.ly/3MOttIZ
Attention :
En cultures sous abri on applique : ETP Serre = 80% ETP Plein champ

CALCUL DES BESOINS EN EAU D’UNE CULTURE EN FONCTION DE L’ESPÈCE ET DE SON STADE DE DÉVELOPPEMENT
Chaque culture à des besoins en eau particuliers qui évoluent suivant sa croissance caractérisée par le coefficient cultural Kc (voir valeurs indicatives sur le site de l’ARDEPI, nouvellement CRIIAM Sud).
Le besoin en eau d’une culture est estimé par l’ETP x Kc
Exemple pratique :
Mois de mai, une culture de tomate sous tunnel au stade floraison du troisième bouquet.
Estimation du besoin de la culture :
Journée ensoleillée : ETP = 5,9mm
Culture sous abri ETP serre = 4,7mm (80%)
Tomate floraison 3ème bouquet – coefficient cultural = 0,6
Besoin = 4,7 x 0,6
Besoin en irrigation 2,8mm/jour

Estimation de la durée d’irrigation :
Irrigation par goutte à goutte
Tunnel 8m, 4 doubles rangs de tomate
1 ligne de goutte à goutte par rang de tomate
Goutteur de 2l/h tous les 33cm
Pluviométrie : 6l/m2/h soit 6mm/h
Il faudra donc arroser (2,8/6 = 0,47h) une demi-heure par jour
QUELLES SONT LES RESERVES EN EAU DU SOL ?
La réserve en eau du sol est une donnée à prendre en compte pour le calcul de l’irrigation. Elle est fonction du type de sol (texture). La RFU est la réserve en eau du sol facilement utilisable par les plantes

Exemple :
Mois de juillet, une culture au stade récolte avec un coefficient cultural 1 ETP 6 mm par jour
Pour un sol :
Sablo-limoneux
Enracinement 20cm RFU 12mm Réserve 2 jours
Enracinement 30 cm RFU 20mm Réserve 3 jours
Argilo limono sableux
Enracinement 20cm RFU 25mm Réserve 4 jours
Enracinement 30 cm RFU 35mm Réserve 6 jours
Attention tenir compte du % de cailloux !
Dispositif d’aspersion pluviométrie 8mm/h
Sable limoneux
Enracinement 20cm Irrigation 1h30 tous les 2 jours
Enracinement 30 cm Irrigation 2h15 tous les 3 jours
EN SAVOIR +
Maitriser son irrigation en maraîchage bio : bit.ly/3w364wJ
Gestion de l’irrigation en culture sous abris : bit.ly/3w29i3I
ARDEPI : bit.ly/3ydWI46
www.agrometeo.fr
Par Célia DAYRAUD, technicienne maraîchage bio chez CIVAMBIO 66
Crédit photo : Shutterstock et Interbio Occitanie
Les couverts végétaux d'été en maraîchage diversifié
Pour élargir la gamme de choix des couverts végétaux d’été à introduire dans leur rotation, le collectif de maraîchers a mis en culture cet été 2021 du sarrasin, du millet et du sorgho piper/ lablab sous abris et en plein champ, en comparaison avec la référence sorgho piper. Pour choisir quel couvert cultiver, les maraîchers ont défini trois critères principaux : la période de disponibilité de la parcelle, les objectifs agronomiques, techniques et sociaux recherchés et la culture suivante implantée. Onze fermes et le CFPPA de Pamiers ont donc mis en place des parcelles d’essais en fonction de ces critères, ce qui conduit aux différentes modalités présentées.
Remarque : cet article fait suite à celui dans le numéro précédent MAGn°20 « flash sur les essais de sorgho sous serre ».
LE PROTOCOLE COMMUN DÉCIDÉ ENSEMBLE
Les maraîchers décident ensemble d’un protocole commun afin que les résultats obtenus sur leur ferme soient comparables. Ils font leur maximum pour l’appliquer, mais la réalité de leur métier (conditions climatiques et impératif de production notamment) peut les amener à adapter les interventions en cours de saison. Il était prévu de semer les couverts végétaux avant le 1er juillet et de semer simultanément et à un même endroit (Plein Champ PC ou Sous Abris SA) la référence sorgho Piper et les couverts mis en comparaison.
Tous les maraîchers ont semé leurs couverts à la volée et ont noté qu’ils étaient faciles à implanter et à détruire.


Le tableau (ci-dessous) présente les résultats obtenus par les six maraîchers qui se sont engagés à suivre précisément les couverts, dans le cadre de l’expérimentation régionale.

L’augmentation du nombre de fermes impliquées dans les suivis des couverts végétaux a nécessité la recherche d’un outil d’aide performant et facilement utilisable par les maraîchers. Le critère de choix a été la possibilité d’utiliser le logiciel directement au champ sur smartphone. Thomas FRUITET, apprenti à Bio Ariège Garonne en 2020 a découvert l’application Amiculteurs et après trois mois d’essai gratuit, le groupe de maraîchers a majoritairement validé son achat pour une année.

EN SHORT OU AVEC UN BONNET, LES MARAICHERS SONT TOUJOURS INTERESSES POUR VISITER LES PARCELLES D’ESSAIS :
Une journée Portes Ouvertes sur deux fermes a été organisée le 17 août.
Cette rencontre a été l’occasion de faire des démonstrations de relevés de terrain et d’impliquer les participants.
Ensuite une tournée de 3 fermes, organisée le 8 novembre a permis de voir les cultures qui ont suivis les couverts végétaux d’été.
Couverts végétaux d’automne qui ont suivis les couverts végétaux d’été sur la ferme du GAEC du Matet à Martres-Tolosane (31).
Trèfle incarnat dans les poireaux sur la ferme de Théo LE DANTEC à Terrebasse (31).
LES INDICATEURS DE SUIVIS DES COUVERTS
Afin d’acquérir des références locales, plusieurs indicateurs sont étudiés et permettent d’échanger sur la réussite ou pas d’un couvert.
Les tests bêches sont réalisés avant la mise en place du couvert et au moment de sa destruction. Ils permettent au maraîcher de voir l’effet des racines du couvert sur la structure du sol. Par exemple ci-dessous, on voit sur la photo de gauche que les dix premiers centimètres de terre sont de couleur plus foncée. Sur la photo de droite, l’exploration racinaire a favorisé la circulation dans le sol et le couvert augmente le taux de matière organique vers la profondeur.
Les références du logiciel MERCI, qui permettent de connaître le taux de matière sèche des couverts végétaux et leur restitution potentielle en N, P et K pour la culture suivante, ne sont valables que pour les relevés du 1er octobre au 30 avril. Alors, pour pouvoir tout de même comparer les cou-
verts entre eux, Anna ROCHWERGER, stagiaire en 2ème année à l’ENSAT a créé des graphiques rendant visibles l’évolution de l’azote dans le sol et les différentes hauteurs et poids relevés lors des prélèvements de trois fois un mètre carré par culture.
Test bêche initial et final de la culture de sorgho sous serre au bureau de Poucharramet (31)
Réalisation des tests azote avant le semis du couvert, en fin de culture et un mois après : avant la mise en place de la culture suivante.
Ces relevés permettent de voir la dynamique de l’azote dans le sol et de décider d’en apporter un complément ou pas pour la culture de légumes suivantes.



Première coupe :
On peut noter qu’au moment de la première coupe, le mélange sorgho / lablab était en moyenne de la même hauteur le sorgho seul et avait le même poids en biomasse fraîche. Le millet était un peu plus petit mais plus lourd.
La culture la plus propre était le sorgho seul, suivi du millet. Le mélange sorgho / lablab était plus sale, ce qui était du à la plus faible densité de sorgho et au fait que le lablab n’a pas bien couvert le sol.
Destruction :
Les résultats du sarrasin sont notés dans la partie destruction puisqu’il ne repousse pas après avoir été broyé.
Le lablab repousse à partir des bourgeons situés en dessous de l’endroit où il a été broyé.
Hauteur :
Lors de la destruction du sorgho, les parcelles étaient très propres. La coupe a permis de broyer les adventices et le sorgho a ensuite pris le dessus.
Le salissement de la culture était équivalent pour les trois autres essais comparatifs.
Le sarrasin était aussi haut que le sorgho, le mélange sorgho/ lablab était un peu plus petit et le millet reste le bas.
Poids :
Le sarrasin était trois fois plus lourd que la repousse des trois autres couverts.
Bien que des adventices soient encore présentes dans le mélange sorgho / lablab, leur poids est négligeable. La coupe du couvert a donc bien permis de concurrencer les adventices, qui étaient présentes au départ.
CERTAINS INDICATEURS A REVOIR
L’augmentation du nombre de fermes maraîchères qui intègrent le groupe de travail ne permet plus aux animateurs de recueillir les nombreux indicateurs initialement prévus.
D’autre part, les relevés de certains indicateurs, par exemple la qualification des mottes du bloc des tests bêches, s’avère trop précise pour les fermes maraîchères étudiées qui portent une attention particulière au sol et dont les résultats à ce test sont en général très corrects.
Les maraîchers se sont bien approprié ce test d’observation et d’aide à la décision et pourront y recourir au besoin lors de questionnements sur le tassement du sol par exemple ou le niveau d’incorporation de la matière organique.
LA SUITE A DONNER
De manière générale, les maraîchers qui ont testé les différentes modalités cet été n’en écartent aucune. Ils souhaitent affiner les résultats obtenus par une nouvelle saison d’essais avec ces mêmes couverts.
Par Delphine DA COSTA, chargée de mission maraîchage chez Bio Ariège-Garonne (BAG)
Crédit photo : Shutterstock et Interbio Occitanie
Un premier forum régional semence bio réussi
Le 1er Forum régional Semences Biologiques s’est tenu à la Jalabertie près de Revel, le 30 novembre 2021. Il était organisé par les Chambres d’agriculture de l’Aude, du Tarn, du Tarn-et-Garonne et la Chambre régionale d’agriculture d’Occitanie, SEMAE, La Coopération Agricole Occitanie, la FNAMS et le SAMS 81 sous la bannière d’Interbio Occitanie.
Les 80 participants venus de 9 départements de la région ont pu profiter des échanges d’informations sur les différents aspects de la production de semences bio, qui ont émaillé la matinée, à travers 5 ateliers tournants animés par un agriculteur témoin et un conseiller.
Cela concernait notamment les aspects réglementaires de la semence biologique et des contrats de semence; les atouts et contraintes de la multiplication de semences de grandes cultures en AB, de semences potagères, de semences fourragères, et la gestion du désherbage des cultures de semences bio.
En extérieur, trois concessionnaires de Revel ont présenté plusieurs outils pour maîtriser les adventices dans les parcelles bio : herse étrille, houe rotative, bineuses autoguidées, outils de destruction des couverts, mais aussi un semoir autonome capable de géolocaliser chaque graine pour un désherbage de précision et une gestion tout au long de la culture.
Sous la forme de speed-meeting, l’après-midi s’est focalisée sur les rencontres en B to B entre les agriculteurs et les établissements semenciers présents (LIDEA, Arterris, Cerience, Graines Girerd, Vikima France, Alliance Seeds, Bosc et Izarn, Semences Martinez, Semences Vivantes).
La satisfaction des participants s’est exprimée surtout sur ce format inédit de journée, avec de vrais échanges professionnels. Le succès de cette première édition a conduit les départements partenaires à renouveler l’initiative. Des forums sur des échelles plus locales (entre 2 ou 3 départements) seront organisés dans le courant de l’année 2022.
Filière avicole - Guide régional d’accompagnement des exploitants des établissements d’abattage non agréés (EANA)
Le guide régional d’accompagnement des exploitants des établissements d’abattage non agréés (EANA) de la filière avicole est paru.
Maillons essentiels des circuits courts de proximité, les EANA sont au cœur d’un carrefour réglementaire. Pour aider les professionnels à répondre aux exigences réglementaires, ce guide propose une vulgarisation et une interprétation des textes. Vous trouverez les éléments sanitaires et réglementaires pour vous permettre d’expliquer les bonnes pratiques dans votre exploitation du point de vue de l’hygiène, de la santé animale et du bien-être animal. 9 fiches facilitent l’application de la réglementation, étape par étape. Chaque fiche comporte les modèles de documents utiles et personnalisables pour faciliter le travail des éleveurs.

Débroussaillage des sous-bois et valorisation des matières ligneuses - Le projet du GIEE du Larzac pour l’agro-sylvo-pastoralisme
Comment agrandir sa surface fourragère et ses parcours quand on est éleveur sur le Larzac méridional, dans le respect de cet écosystème fragile? Que faire de cette broussaille, principalement constituée de buis, dont les propriétés avaient déjà été mises en évidence par Olivier de Serres, père de l’agronomie, dès le XVIème siècle ? C’est pour répondre à ces questions que le groupement Larzac pour l’Agro-sylvo-pastoralisme, a été reconnu d’intérêt économique et environnemental (GIEE) en mai 2016 et poursuit, à ce titre, son projet intitulé «débroussaillage des sous-bois forestiers et valorisation des matières ligneuses ».
ORIGINE ET HISTORIQUE DU PROJET
Nicolas Brahic est éleveur de cochons de plein air intégral bio sur le Larzac méridional depuis 2007. Son domaine de 250 ha comprend 215 ha de forêt steppique fermée par la broussaille envahissante et inaccessible par les animaux. C’est de cette nécessité d’ouvrir le milieu pour gagner de la surface fourragère et des parcours, mais également afin de diminuer l’achat de céréales bio devenues coûteuses, qu’est née la société Buxor qu’il crée en 2012. Le débroussaillage manuel étant inenvisageable, en particulier avec les essences présentes de bois dur, il s’agissait de trouver le moyen de débroussailler mécaniquement les sous-bois de son exploitation, dans le respect de l’éco-système.
Que faire de cette broussaille ? Ne serait-il pas possible de la valoriser ? Pour répondre à ces interrogations, Nicolas Brahic s’intéresse aux démarches qui ont exploré la question, comme la méthode de compostage Jean Pain ou la technique du bois raméal fragmenté (BRF). L’éleveur met au point une machine combinée de récolte qui permet, en un seul passage, de couper les arbustes et la broussaille, de les broyer et de récupérer le broyat. Celui-ci est mis en tas et, au bout de quelques mois, forme un pré-compost qui prend le nom de Buxor compte-tenu de la prédominance du buis à environ 80%.
Convaincu de l’intérêt de ce produit, il fédère autour de lui un réseau d’agriculteurs et d’éleveurs utilisateurs qui devient le GIEE Larzac pour l’Agro-sylvo-pastoralisme
LES IMPACTS FAVORABLES DE L’OUVERTURE DU MILIEU
Les impacts sont très positifs pour l’agro-pas-toralisme. Le troupeau peut revenir rapidement sur la parcelle débroussaillée car la végétation est coupée et non arrachée : pas de chicots dangereux pour les pattes des animaux. Les graminées repoussent de suite, sans pousse excessive de ronces ou églantiers car la broussaille est exportée et non laissée sur place. L’ombrage apporté par les arbres qui sont de nouveau accessibles aux animaux et les massifs de buis épargnés sur les parcelles, permet au troupeau une meilleure résistance à la chaleur et allonge la période d’herbe verte disponible pour les animaux.
L’ouverture du milieu favorise également la biodiversité. Les grands arbres dégagés servent d’abris à un grand nombre d’animaux. A l’ombre de ces arbres, la strate herbacée reste fraîche et accessible à la faune sauvage plus longtemps que sur les pelouses. Les massifs de buis épargnés constituent également des espaces indispensables au maintien de la faune locale et à une faune importante qui migre sur le Larzac pour se reproduire. Les étendues de pelouses dégagées entre les massifs de buis et les arbres représentent une zone de nourrissage ou de chasse pour nombre d’animaux. Elles accueillent une grande diversité faunistique et floristique, souvent typique des Causses et protégée comme le Vautour fauve et l’Ophrys aymoninii.
En parallèle, ces espaces dégagés limitent fortement le développement des populations de sangliers.
C’est l’alternance de ces 3 zones mises en place lors de l’ouverture des parcelles qui permet de favoriser un écosystème sauvage équilibré, tout en permettant l’installation d’éleveurs pratiquant un agro-sylvo-pastora-lisme respectueux du bien-être des animaux domestiques.
Photo ci dessous : Cochons de la ferme des Terres Libres en semi-liberté dans un milieu ouvert, auparavant impénétrable. On aperçoit les nouvelles pousses de buis dès la 1ère année. Crédit photo Buxor.

Photo 2> Compost de broyat de buis. Crédit photo Buxor.
Photo 3 > Machine combinée de récolte forestière construite par Buxor en 2013 : sécateur hydraulique monté sur une pelle mécanique modifiée, Mecalac 14 MBX, montée sur pneus « big foot » et broyeur Jean Pain modèle 900 attelé. Crédit photo Buxor.
QUELLES UTILISATIONS POUR LA BROUSSAILLE ?
Maraîchage> En 2013, un maraîcher bio de l’Hérault séduit par la démarche de Buxor, teste le broyat de buis et constate sur les sols ayant reçu l’amendement que la structure s’était modifiée : le sol est devenu plus souple, aéré et favorise la présence de vers de terre. Il mène alors quelques essais de semis et plantation de légumes sur Buxor et sol témoin et les résultats obtenus sont encourageants : les salades et mâches repiquées se développent aussi bien, voire mieux que sur paillage plastique ou sol nu. Les semis directs sont même possibles: navets, radis, épinards se développent bien sur une épaisseur de 8 cm de Buxor sans ajout d’autres fertilisants. Enfin, les légumes sont plus savoureux selon leur producteur, qui estime que l’utilisation du broyat de buis lui permettra de moins arroser, moins désherber, moins labourer, et moins utiliser le paillage plastique.
Viticulture> En viticulture aussi, le Buxor présente de nombreux intérêts. Il a été testé en 2018 par un vigneron bio de Cahors et l’effet du produit est déjà visible en seulement quelques mois : la structure du sol a changé en surface, il est plus meuble, garde mieux sa fraîcheur que sur la partie témoin qui n’a pas reçu de produit. Ce sol plus souple est plus facile à désherber, ce qui est important en culture biologique.
Élevage> Le broyat de buis a également trouvé sa place sur la ferme d’élevage porcin de Nicolas Brahic. Comparé à la paille, le Buxor présente l’intérêt d’être plus durable : jusqu’à 6 mois dans la cabane, tout en conservant une litière propre et sans odeurs désagréables. De plus, le produit dégage de la chaleur en hiver dans les cabanes ce qui favorise le décollement des petits de la mère et limite fortement les risques d’écrasement. Enfin, les animaux semblent plus calmes, ce qui peut probablement s’expliquer par les propriétés cardio-régulatrices reconnues du buis.
Domaine équestre> Le broyat de buis présente également de nombreux intérêts pour le domaine équestre : utilisé comme litière pour les chevaux, il ne dégage pas de d’odeur d’ammoniaque, n’attire pas les mouches et la litière est plus homogène. Enfin, épandu sur sol équestre, il procure un grand confort de travail aux chevaux et permet au sol de se ressuyer rapidement et d’être utilisable par quasiment tous les temps.
Il conviendrait aujourd’hui de tester le process dans d’autres massifs forestiers, avec d’autres essences et un contexte pédoclimatique différent afin de vérifier si la démarche est transposable. Des contacts ont été pris en ce sens avec des organismes de recherches.
Photo 1 > Vignes de Cahors avec compost de buis épandu. Crédit photo Buxor.
Photo 2 > Comparaison salades sur plastique avec 150 unités d’azote et sur Buxor sans engrais. Crédit photo Buxor.
Photo 3 et photo 4> Marcheur et piste de galop chez un éleveur héraultais. Crédit photo Buxor.
CONTACT
Si vous êtes intéressés par le projet et souhaitez en savoir plus, n’hésitez pas à contacter le GIEE Larzac
> gieedularzac@mcom.fr
Par Elodie BERNARD, animatrice technique au CIVAM Bio 34
Crédit photo : Interbio Occitanie
Filière bio brassicole d'Occitanie
Le 04 novembre 2021, les acteurs de la filière brassicole bio se sont réunis à Toulouse pour échanger et construire les bases d’une filière bio régionale. 100 personnes ont participé à cette journée réunissant brasseurs, malteurs, producteurs d’orge et de houblon ainsi que les différentes associations et institutions qui accompagnent le développement de cette filière.
UNE JOURNÉE POUR S’INFORMER ET SE RENCONTRER
Suite à la première journée régionale organisée en novembre 2019 à Narbonne, les acteurs de la filière brassicole régionale ont souhaité poursuivre les échanges engagés sur la relocalisation et le développement de la filière. Sous la bannière d’INTERBIO Occitanie, cette journée régionale professionnelle s’est tenue au CREPS de Toulouse, le 04 novembre 2021.
Les conférences en plénière du matin ont permis de présenter l’ensemble des initiatives et les avancées qui accompagnent et développent cette filière depuis 2 ans. Les intervenants ont présenté les chiffres de la filière, les outils développés, les rencontres sur le terrain, les expérimentations en cours sur les variétés, ainsi que l’accompagnement technique des producteurs de houblon.
Les associations Consign’up et Oc’Consigne ont présenté la mise en place de systèmes de consigne et de remploi du verre sur la région Occitanie. Cette belle avancée devrait permettre une économie plus vertueuse et circulaire, de nombreux brasseurs sont prêts à s’investir dans cette démarche fortement attendue par les consommateurs.
L’après-midi, les participants se sont réunis dans des ateliers thématiques qui ont permis à chacun d’approfondir différents sujets. En plus petits groupes, les échanges ont été passionnés et passionnants sur des enjeux importants comme la communication/la valorisation de ces démarches de relocalisation, la répartition de la valeur dans la filière orge/malt, les exigences de la culture du houblon ou la nouvelle réglementation bio.

DES ÉCHANGES POUR STRUCTURER UNE FILIÈRE RÉGIONALE ÉQUITABLE
Avec 40 brasseurs, une dizaine de producteurs (orge et houblon), les 2 malteries, et de nombreuses associations/structures qui accompagnent la filière, cette journée a permis de riches échanges entre des acteurs qui n’ont pas souvent l’occasion de se rencontrer. Ces échanges ont ainsi contribué à une meilleure interconnaissance des acteurs de l’amont à l’aval, des compétences et des contraintes de chacun.
L’atelier sur le partage de la valeur a été particulièrement animé. Les brasseurs présents ont exprimé une volonté forte de rémunérer équitablement les producteurs d’orge. En effet, l’orge bio brassicole n’est pas très bien valorisée sur le marché national, rendant cette culture peu attractive. Or le coût de cette matière première est relativement faible dans le coût final de la bière, son augmentation aurait un impact limité sur le coût de production de la bière. En revanche, une meilleure valorisation de l’orge brassicole permettrait une réelle implication des agriculteurs bio locaux pour produire pour les besoins des brasseurs régionaux et de mieux intégrer leursattentes qualitatives. Si la rémunération est cohérente avec les coûts de production, les producteurs d’orge seront plus enclins à produire cette céréales et à répondre aux cahiers des charges des brasseurs. Ces discussions sont à poursuivre afin de poser les bases de la construction d’une filière régionale durable et équitable ! Et c’est prévu en 2022, en partenariat avec les différentes associations de brasseurs d’Occitanie.
DÉPLOIEMENT DES DÉMARCHES DE CONSIGNES ET RÉEMPLOI DU VERRE EN OCCITANIE
Depuis quelques mois, il est désormais possible de rapporter sa bouteille de bière consignée en Occitanie ! Deux associations ont développé, en bonne entente, chacune sur son secteur, un système de collecte et réemploi des bouteilles en verre : Consign’Up sur la région Toulousaine (ex-Midi-Pyrénées) et Oc’Consigne sur la région montpelliéraine et (ex-Languedoc Roussillon).
Le principe est simple, les consommateurs rapportent les bouteilles consignées dans leur point de vente habituel (brasseries, cavistes, ou magasin bio partenaires), les bouteilles sont collectées, lavées puis revendues aux brasseries adhérentes. Elles peuvent ainsi être remises en service une quinzaine de fois, au lieu d’être détruites. Consign’up et Oc’Consigne assurent les services de collecte, de lavage et de livraison et coordonnent les différents partenaires.
Cette démarche est vertueuse : elle permet d’économiser des émissions de CO2, de l’énergie et de l’eau (la fusion du verre pour fabriquer du verre recyclé étant très énergivore). Un brasseur a partagé son expérience : il fait des économies tout en protégeant l’environnement !
L’attente des consommateurs est forte sur ce sujet. Des solutions opérationnelles existent désormais en Occitanie !
Voir carte ci-dessous


LE MALTAGE EN OCCITANIE
Il existe actuellement une malterie artisanale en Occitanie : la Malterie du Vieux silo. Depuis 2013, Laurent Coursières malte des orges et d’autres céréales biologiques, dans le Tarn entre Gaillac et Montauban. Avec une capacité de production d’environ 400 Tonnes par an, la Malterie du Vieux Silo fournit déjà de nombreuses brasseries artisanales en Occitanie avec un malt bio et régional. Laurent Coursières se fournit en orge bio régionale, auprès d’une coopérative bio voisine.
Portée par deux ex-brasseurs, Arnaud Jamin et Sébastien Rocher, une seconde malterie devrait voir le jour fin 2022, en Occitanie. La Malterie Occitane prévoit de s’approvisionner en orge bio en Occitanie en partenariat avec une coopérative régionale. D’importants investissements devraient être réalisés afin d’atteindre une capacité de production de 1500 Tonnes de malt par an, dont au moins la moitié en bio. Ces deux malteries proposent aussi de malter des lots spécifiques en prestation à façon.
Enfin, dans les Pyrénées-orientales, Nicolas Gasnier, Malt’n Co, est en train de développer un petit outil de maltage qui permettrait aux brasseurs locaux de faire leurs propres malts avec des céréales locales. L’outil est actuellement en cours de conception.

DES RESSOURCES POUR ACCOMPAGNER LES ACTEURS DE LA FILIERE BRASSICOLES BIO D’OCCITANIE
Retrouvez l’ensemble des ressources sur les sites web de Bio Occitanie et Ocebio
bit.ly/38RpjBv
bit.ly/3OW4hlW
Plusieurs outils et ressources techniques ont été créées et sont à disposition sur les sites des différents partenaires et à partager sans modération :
1. Un annuaire des personnes ressources : techniciens et animateurs locaux, associations, fédérations, partenaires institutionnels… Retrouvez les coordonnées de tous ceux qui vous accompagnent dans vos projets.
2. Une fiche sur la Production d’Orge Brassicole Bio en Occitanie : enjeux et intérêts de la production, choix variétal, système de culture et itinéraire technique, qualités, commercialisation et données technico-économique. Un panorama complet pour vous accompagner!
3. Une fiche sur la Production de Houblon Bio en Occitanie : itinéraire technique de l’implantation des lianes jusqu’à la récolte en passant par le choix variétal, la gestion parasitaire ou les investissements. La production de Houblon Bio régional est un enjeu pour la relocalisation de la filière.
4. Une fiche sur le Brassage : une présentation globale du processus en passant par le concassage, l’empâtage, le brassage, la fermentation ou le filtrage. A base de malt, de houblon, de levure, de sucres et d’eau, l’art du brasseur révèle en réalité les talents de toute une filière. A mettre dans toutes les mains, même des amateurs!
Et à venir en 2022 : une fiche sur le Maltage !
ÉGALEMENT DES VIDÉOS
Webinaire sur le Houblon bio du champs à la bière
Deux vidéos sur le maltage pour comprendre cette étape et les exigences du malteur.
Et les vidéos de la journée brassicole de 2021.
Par Amélie BERGER d’Océbio et Sandrine FOURNIE de Bio Occitanie
Crédit photo : Shutterstock et Interbio Occitanie
Porc d'Occitanie : de nombreux petits élevages et des micro filières régionales
La filière porcine bio en Occitanie ne représente que 3% de la production porcine bio française.
Et pourtant l’Occitanie est la première place des régions françaises en nombre d’élevages porcins. La région se caractérise par de nombreux petits élevages tournés vers de la diversification, commercialisant sur des circuits de proximité. Les circuits longs y sont pratiquement absents. Et pourtant, ils sont nécessaires au maintien en activité des outils régionaux comme les abattoirs de proximité. Les transformateurs sont également intéressés pour développer un approvisionnement régional mais tous ne sont pas prêts à prendre le risque de porter le développement d’une filière régionale. Quelques exceptions existent.
Si la viande de porc reste la première viande consommée par habitant en France, en bio elle arrive à la troisième place, derrière la viande bovine et la volaille. La part de marché du porc bio en viande fraiche comme en charcuterie et salaison n’est que de 1% du marché porcin français global. Après une phase d’augmentation régulière de la consommation au cours des dernières années, l’année 2021 et début 2022 marque le pas avec un repli de la consommation sur cette catégorie de produit.
La grande distribution commercialise l’essentiel des produits porcins bio avec respectivement 61% du chiffre d’affaire en viande fraiche en 2020 et 71% pour les produits de charcuterie et salaison. Suivent les réseaux des magasins spécialisés, complétés par une offre en vente directe et chez les artisans.
UNE OFFRE DE PLUS EN PLUS DIVERSIFIÉE EN RAYON
Pour répondre à la demande des consommateurs, la gamme des jambons conventionnels proposée en rayon devient de plus en plus large, avec des produits plus hauts de gamme (sans nitrite, sans antibiotique, avec moins de sel, Bleu Blanc Cœur, Label Rouge, …) et souvent d’origine France. La concurrence pour les produits bio au prix bien plus élevé en est d’autant plus rude. Ainsi, les prix de vente pour un jambon bio français oscillent entre 30 et 50€/kg alors que le jambon Label Rouge affiche un prix allant de 17 à 20€/kg et le jambon standard autour de 10€/kg.
Les écarts de prix entre les produits porcins conventionnels et bio s’expliquent par des modes de production bien différents comprenant l’accès à l’extérieur. Mais le premier critère reste l’alimentation dont le coût peut atteindre 80% du coût de production.

EN OCCITANIE UNE PRODUCTION MARGINALE
La France est le second pays producteur de porcs bio en Europe avec 29% de volume, derrière le Danemark. La Nouvelle-Aquitaine est la première région de production avec 115 éleveurs en 2020 et 5600 truies, localisés dans le Limousin et au Nord du Poitou-Charentes. Les deux régions suivantes, les Pays de la Loire et la Bretagne, ont connu une forte hausse du nombre de truies mises en place en 2020 de respectivement 11% (3600 truies) et 18% (3400 truies).
L’Occitanie est à la 5ème place avec 1100 truies pour 128 élevages, principalement localisés en Aveyron. Alors que l’Occitanie est la première région de production en nombre d’éleveurs, c’est une des dernières régions en nombre de truies par exploitation. Les élevages d’Occitanie sont souvent des ateliers secondaires avec moins de 9 truies par exploitation contre 49 en Nouvelle-Aquitaine, 42 en Pays de la Loire et 38 en Bretagne.
Le cheptel de truies français a connu deux périodes fortes en conversion et installation, entre 2009 et 2010 et à partir de 2017. Les circuits de commercialisation longs freinent aujourd’hui les conversions. L’offre ayant rattrapée la demande, les entreprises ont du mal à valoriser toute la carcasse en bio.


88% DES ÉLEVAGES OCCITANS ONT AU MOINS UN ATELIER EN PLEIN-AIR
En Occitanie, 6 éleveurs (soit 5% des élevages) assurent 50% des volumes en porcs charcutiers bio de la région. La filière ne s’est pas développée dans la région, en particulier pour les circuits longs de commercialisation. Les freins à l’installation ont été trop importants pour une région où les élevages porcins sont déjà peu nombreux.
88% des élevages de la région ont au moins une partie de leur atelier en plein air dont 55% sont en total plein air. Des freins techniques importants existent pour ces élevages. En particulier, la gestion des porcelets jusqu’au sevrage et l’équilibre alimentaire des rations peuvent être difficiles à mener.
Les élevages de la région sont souvent des ateliers secondaires, de moindre taille. Ils permettent aux exploitants de se diversifier et de valoriser des sous-produits de l’exploitation comme le petit lait ou les déchets de maraîchage. Ainsi, les nouvelles règlementations pèsent beaucoup plus sur ces élevages, plus facilement enclin à arrêter leur production. C’est le cas des nouvelles normes de biosecurité apparues pour lutter contre la peste porcine africaine.
A l’inverse des circuits longs, les éleveurs en circuits courts disent pouvoir valoriser entièrement les carcasses grâce à une diversité de produits : La découpe en frais pour un retour financier rapide, la transformation en sec pour des produits à plus forte valeur ajoutée et la fabrication de terrines et plats cuisinés en complément de gamme.
LES TRANSFORMATEURS D’OCCITANIE TROUVENT RAREMENT LEUR MATIÈRE PREMIÈRE AU NIVEAU LOCAL
En Occitanie, 65 opérateurs ont un agrément bio pour transformer la viande de porc bio en cru, cuit et sec. Les entreprises de transformation régionales disent être demandeuses de matières premières bio et locales. Mais elles peinent à trouver une offre qui corresponde à leur demande en termes de qualité et de disponibilité. L’approvisionnement régional est irrégulier à cause du faible cheptel disponible et le coût des matières premières est également un frein récurrent. Les transformateurs ont des difficultés pour élaborer des produits à un prix acceptable par les consommateurs.
Développer un approvisionnement régional en Occitanie demander un changement de pratique complet pour les transformateurs, en achetant la carcasse complète. La majorité achètent seulement les pièces, faisant peser la recherche de l’équilibre matière sur les structures à l’amont. Peu sont prêts à changer leurs pratiques. Quelques dynamiques locales existent pourtant autour d’entre prises régionales.
La filière porcine d’Occitanie est donc face à de nombreux freins et demande d’accompagnement. Pour répondre à l’ensemble de ces enjeux, les professionnels de la filière d’Occitanie ont identifié plusieurs pistes d’actions prioritaires à mener. L’amélioration de l’accès aux connaissances techniques de production en communiquant mieux sur les formations régionales, en réalisant des fiches techniques et en identifiant des référents techniques dans la région.
La valorisation de l’ensemble de la carcasse en circuits longs en favorisant les connexions entre acteurs de la filière. En Favorisant la contractualisation amont/aval pour obtenir une régularité de production en quantité comme en qualité à un prix stable en mettant en relation éleveurs et transformateurs. Ces actions seront mises en œuvre progressivement et certaines sont déjà lancée en 2022
FORCES
- Un label reconnu à l’échelle européenne
- De petites productions familiales
- Une majorité de producteurs en plein air
- Des éleveurs engagés qui souhaitent souvent aller au-delà du cahier des charges bio dans la cohérence environnementale et bien-être animal de leur système
- Le porc, un animal omnivores en capacité de valoriser des sous-produits
- Une diversité de produits qui correspond aux attentes des consommateurs
- Des agriculteurs techniquement bons qui peuvent être des ressources techniques régionales
FAIBLESSES
- Une technicité de production non maîtrisée : peu d’accès aux connaissances techniques, peu de référents techniques en Occitanie
- Le manque d’autonomie alimentaire (protéique)
- Le rejet des élevages par les riverains : peu d’installations
- Une réglementation contraignante décidée à l’échelle européenne et nationale : pas de lobbying possible
- Pour les circuits longs : Une difficile valorisation de la carcasse entière et une irrégularité de la production en quantité et qualité
- Un prix élevé de l’aliment qui influe sur le prix de vente
- Peu de solutions de commercialisation en circuits longs
OPPORTUNITÉS
- Les attentes des consommateurs pour des produits locaux et de qualité
- Des exigences en bien-être animal accrues
- Le développement des circuits-courts
- La loi Egalim 1 qui impose 20% d’aliments d’origine bio en restauration collective
- Une forte identité de transformation de charcuterie en Occitanie
- Le développement de races adaptées au plein-air
MENACES
- Les fermetures des petits abattoirs et le manque d’investissement des outils intermédiaires
- Les autres labels de qualité
- Les nouvelles normes d’élevage bio et de biosécurité
- Le développement de la peste porcine africaine
- La concurrence des autres pays européens et des exploitations de l’Ouest de la France en circuit long
- Un arrêt des ateliers porcins déjà peu nombreux
- Un marché bio instable

La fiche filière porc bio d’Occitanie complète est à retrouver sur le site internet d’Interbio Occitanie, rubrique « Connaitre la bio », ou directement en cliquant sur le visuel ci-contre.
Et pour partager sur cette filière, Commission filière et technique monogastrique. Si vous souhaitez être ajouté au listing de diffusion renvoyer un mail à : contact@interbio-occitanie.com
Par Ludivine CUREAU, chargée de mission filière chez Interbio Occitanie
Crédit photo : Shutterstock et Interbio Occitanie
Remise du label Territoire Bio Engagé à la commune de Passa !
La commune de Passa (66) vient d’être labellisée Territoire Bio Engagé pour avoir plus de 28 % de sa surface agricole utile en Bio ! Un grand bravo à ses agricultrices et agriculteurs !
Ayons le bioreflexe !
Découvrez la nouvelle campagne de communication dédiée à la promotion de l’Agriculture Biologique !
Cette première campagne d’envergure grand public a été lancée le 30 mai par l’équipe de France du bio (l’Agence Bio, les interprofessions Cniel, Cnipt, Cnpo, Inter api, Interbev, Intercéréales, Interfel, Synalaf, Terres Univia et La Maison de la Bio) pour faire du bio un nouveau réflexe dans le quotidien des Français.
En effet, si 94 % des Français déclarent connaître le label AB et lui font largement confiance (91 %), 1 Français sur 2 estime ne pas avoir suffisamment d’informations sur le bio*.
Cette campagne vise à faire rimer bio et plaisir gustatif c’est pourquoi l’Agence Bio a souhaité illustrer cette campagne avec 7 recettes faciles à réaliser, abordables et de saison : houmous à la betterave, salade sucré-salé de fruits et légumes, abricots au miel… Le chef Thibaut Spiwack (étoile verte au Michelin) accompagne cette aventure culinaire en partageant ses conseils.
















