Rencontre marché bio, loi EGalim 2 et contractualisation : quels changements pour la filière viande bovine ?
Les opérateurs de la filière bovine bio d’Occitanie se sont retrouvés le 7 avril 2022 dernier à Albi pour une matinée d’échanges consacrée aux problématiques de marchés, de contractualisation et pour présenter leur point de vue sur le contexte actuel de la filière. La nouveauté de la loi EGalim2, les questions de commercialisation des viandes bio et de répercussion des coûts de production de l’amont à l’aval ont animé les débats.
EGALIM2, UN CADRE RÈGLEMENTAIRE POUR REDONNER LA MAIN AUX PRODUCTEURS ?
M. CAZOTTES, directeur adjoint de la DRAAF Occitanie, a rappelé les principes de la loi EGalim2, entrée en vigueur au 1er janvier 2022 pour la filière bovine. Cette dernière vise à encadrer les relations commerciales entre les différents opérateurs de la filière, avec pour objectif d’infléchir le rapport de force en faveur des producteurs, à travers plusieurs modalités :
=> A l’amont, le cadre règlementaire impose l’établissement d’un contrat entre l’éleveur et son premier acheteur. Celui-ci est établis à l’initiative de l’éleveur qui choisit d’y faire figurer des indicateurs de formation du prix (coûts de production, prix de marché, qualité, origine, etc.), ainsi que des clauses de révision en cas d’évolution des indicateurs.
=> A l’aval, la loi implique une sacralisation du coût des matières premières dans les négociations.
Afin d’accompagner les producteurs dans la mise en application de ces exigences, les représentants d’Interbev Occitanie ont présenté les modèles de contrats élaborés par l’interprofession bovine nationale, et disponibles sur leur site internet : bit.ly/3Qt9EZJ. Concernant les indicateurs pour la filière biologique, un travail a été mené au niveau national pour définir des prix de revient des animaux bio (consultables sur le site de l’Institut de l’Elevage : bit.ly/3bFsRsu), et la parution de cotations Gros Bovins bio est attendue dans le courant de l’année 2022.
Interbev Occitanie a également présenté l’exemple de la filière Label Rouge, pour laquelle des modalités de contractualisation ont déjà été mises en place. Cette dernière exige en effet l’établissement d’un contrat annuel entre producteur et acheteur, incluant un engagement sur des volumes et l’établissement d’indicateurs pour la fixation du prix.
EVOLUTION DES REVENUS DES ÉLEVEURS BIO ALLAITANTS : QUELS LEVIERS TECHNICO-ÉCONOMIQUES POUR GAGNER EN PERFORMANCE ?
Christèle PINEAU a présenté l’analyse réalisée par l’IDELE et INOSYS sur l’établissement de références économiques en élevage bovin biologique, basé sur les données de 169 exploitations situées dans le Massif Central et en Lozère.
L’étude démontre que sur la période de référence étudiée, les éleveurs bio dégagent un revenu légèrement supérieur aux éleveurs conventionnels, grâce notamment à la mise en place de systèmes d’élevage plus autonomes et donc une meilleure maîtrise de leurs charges de production. 3 leviers se dégagent pour améliorer la rentabilité de l’atelier d’élevage sur les exploitations :
1. Rendre les charges plus efficaces : à travers la maîtrise des coûts et le développement de systèmes plus autonomes
2. Maîtriser la productivité du travail : productivité par animal d’abord et par unité de main d’oeuvre
3. Améliorer le produit de l’atelier : en diversifiant sa production et en allant sur des produits à forte valeur ajoutée.
Attention, concernant la vente directe l’étude confirme qu’elle peut être un levier intéressant à condition de bien maîtriser ses prix de vente en fonction de ses charges de transformation.


CE QU’EN PENSENT LES OPÉRATEURS DE LA FILIÈRE :
Une table ronde est venue clôturer la matinée, permettant de débattre du contexte de la filière bovine biologique avec différents opérateurs reconnus pour leur implication sur cette filière :
=> Thierry Saint-Saens, directeur de la coopérative SICABA (Auvergne-Rhône-Alpes) comme intervenant extra-régional :
M. Saint-Saens précise que sa structure, qui commercialise 90% d’animaux sous signes de qualité dont une majorité de Bio, a déjà mis en place des réunions trimestrielles pour débattre de la formation des prix en fonction du contexte offre-demande. Il pointe également plusieurs difficultés rencontrées dans l’application du cadre EGalim2, notamment liées à l’impossibilité de répercuter les hausses de prix demandées par l’amont sur des débouchés comme la restauration collective. Il évoque également les contraintes de respect de l’équilibre matière très présentes sur cette filière, ainsi que les variations rapides de prix sur les produits carnés, notamment liées à une demande très dépendante des conditions météo (demande plus axée sur des pièces à griller lorsqu’il fait beau, etc.).
=>Rémi Fenouillet, responsable du Secteur Sud-Ouest pour UNEBIO, entreprise de mise en marché des viandes biologiques de rayonnement national :
Chez UNEBIO, qui fédère 2800 producteurs au niveau national, les éleveurs contractualisent sur une grille de prix validée par le réseau. Un budget a également été mis en place pour mutualiser les risques sur la filière, ce qui a permis de rémunérer des éleveurs au prix Bio alors que leurs animaux devaient être déclassés dans la filière conventionnelle.
=>Charlotte Vernet, en charge du suivi des éleveurs Bio au service technique de la Coopérative CELIA basée en Aveyron :
La coopérative compte 145 éleveurs de bovins bio, dont 70 éleveurs qui livrent des volumes conséquents (les autres étant prioritairement tournés vers la vente directe), sur des races locales Aubrac et Salers. Une commission Bio a été mise en place au sein de la coop pour que les adhérents puissent échanger sur les problématiques marchés avec la filiale Languedoc Lozère Viandes. Un système de grille de prix basée sur le type racial, la conformation et l’engraissement, et actualisée tous les mois en fonction des coûts de production et du prix de marché a été mis en place. Cette grille s’inspire du modèle mis en place sur la Filière Label Rouge, avec un objectif de rémunération supérieure des éleveurs Bio.
=>Jessie Bonaldo, chargée de structuration filière amont et aval pour l’entreprise GERSBOEUF :
L’entreprise met en marché les animaux de 33 éleveurs de bovins, porcs et agneaux, situés essentiellement sur le département du Gers, et à 95% en Bio. Historiquement, l’élaboration d’une grille de prix était réalisée avec l’appui de la Chambre d’agriculture du Gers. Depuis 2021, la contractualisation a été mise en place au sein de la structure, sur un modèle de contrat triennal avec des engagements demandés sur des volumes, et une proposition de tunnel de prix qui évolue en fonction du contexte.
=> Thomas Ramade, gérant de la boucherie bio PIC BOEUF dans les Hautes Pyrénées :
M. Ramade alerte sur la faible acceptabilité d’une augmentation des tarifs de la viande bio par les consommateurs. La demande est aujourd’hui très orientée sur le steak haché, un vrai travail reste à mener sur la sensibilisation des consommateurs au vrai prix des produits en bio.
=>Benoit Hournon, gérant de deux magasins BIOCOOP sur la commune de Toulouse, et élu de la commission Produits Frais du réseau BIOCOOP national :
Les magasins BIOCOOP ont la volonté de promouvoir les démarches d’engagement équitable telles que la certification Bio Equitable en France, ces dernières impliquant une contractualisation qui rejoint les exigences d’EGalim2. Cependant, après des années de marché bio en recherche de production, M. Hournon avertit que la dynamique est aujourd’hui en train de s’inverser.
QUELS BESOINS DE LA FILIÈRE AUJOURD’HUI ?
Les producteurs présents lors de cette rencontre ont souligné la difficulté qu’ils avaient de proposer des modèles de contrats à leur premier acheteur, notamment en l’absence de références technico-économiques précises pour leurs exploitations, et de visibilité sur les sorties de leurs animaux.
Il apparaît donc nécessaire d’aider le monde agricole à s’emparer des références technico-économiques existantes, de l’accompagner pour mieux planifier la production des élevages et pour aller vers des systèmes toujours plus autonomes.
Concernant les relations commerciales à l’aval de la filière, celles-ci sont aujourd’hui contraintes par une demande du marché bio stable voire en légère régression depuis 2021. Il est donc plus que jamais nécessaire de relancer la demande en rappelant les atouts de la production biologique auprès des consommateurs.
La campagne de communication nationale portée par l’Agence Bio lancée au printemps 2022, « Ayons le Bio Réflexe », poursuit cet objectif. Tous les supports de présentation de la journée sont disponibles en ligne sur le site d’Interbio Occitanie : interbio-occitanie.com
Par Marianne Sanlaville, La Coopération Agricole Occitanie et Anne Glandières, Chambre Régionale d’Agriculture Occitanie
Crédit Photo : Interbio Occitanie et Shutterstock
Visionnez nos 3 capsules vidéos sur la bio en restauration collective - Halte aux préjugés

Afin de prouver que manger bio et régional dans les restaurants collectifs, c’est possible, Interbio Occitanie, en partenariat avec Bio Occitanie et la Chambre régionale d’Occitanie, a réalisé 3 capsules vidéos répondant, via des témoignages divers, aux principaux freins :
Vidéos réalisées grâce au soutien de la DRAAF Occitanie
Évolutions réglementaires 2022
Évolutions réglementaires 2022 sur la disponibilité sur le marché de matériel biologique et en conversion, de reproduction des végétaux et des animaux biologiques.
Pour le matériel végétal utilisable en AB, la base de données semences-biologiques.org s’est enrichie des plants en arboriculture et viticulture. Ceux-ci sont indiqués en Autorisation Générale dans le tableau des statuts car ils sont considérés comme temporairement indisponibles sur le territoire.
=> bit.ly/3P8mjjt
En effet, les filières de constitution de plants de cultures pérennes en AB sont balbutiantes. D’ailleurs, pour encourager le développement de ce secteur, la commission européenne a produit un règlement délégué le 17 janvier 2022 autorisant l’utilisation de matériel non biologique de reproduction des végétaux, à condition qu’il soit cultivé dans des conditions biologiques. Ainsi progressivement les opérateurs de l’AB pourront choisir du matériel de reproduction végétal issu de l’AB lorsque des plants bio ne seront pas disponibles.
Par souci de suivi des filières concernées, le site semences-biologiques.org permet d’enregistrer les intentions/ besoins de plantation pour les plants arboricoles et viticoles à travers la fonctionnalité « Renseigner les besoins ».
En plus des produits végétaux, le nouveau règlement européen bio (article 26 du R2018/848) a élargi aux animaux reproducteurs la collecte de données concernant la disponibilité sur le marché d’animaux biologiques. Ainsi chaque état-membre doit tenir à jour une base de données recensant les opérateurs qui sont en mesure de fournir ces matériels et animaux en quantité suffisante et dans un délai raisonnable. En France l’INAO a mis en ligne le 28 avril cette base de données sur le site :
=> animaux-biologiques.org
Pour l’instant seuls les volets « consultation » et « publication » des offres sont disponibles. Il faut encourager les éleveurs à inscrire leurs animaux reproducteurs à vendre sur ce nouvel outil et à consulter le site chaque fois qu’ils souhaitent acheter des animaux biologiques.
Par contre, le dispositif démarrant en 2022, les dérogations pour l’achat d’animaux non bio vont être possibles mais le module « demande de dérogation » ne sera opérationnel qu’en septembre.
Par Anne GLANDIERES, CRAO (Chambre régionales d’Agriculture, Occitanie)
Crédit Photo : Shutterstock
Le comptage de Varroas phorétiques : un temps de perdu dix de trouvé !
Maîtriser Varroa dans ses ruchers constitue un levier majeur pour optimiser la production et diminuer les pertes de cheptel. Pour comprendre ces dynamiques parasitaires, évaluer les infestations devient une nécessité.
Parmi les méthodes d’évaluation, la mesure de varroas phorétiques pour 100 abeilles (Vp/100ab) est un outil d’aide à la décision (OAD) précieux permettant d’anticiper les risques de sur-infestations en adaptant ses itinéraires techniques et stratégies de traitement.
Elle présente l’avantage d’être relativement simple et rapide à mettre en oeuvre lorsqu’elle est intégrée à une visite de colonie. Le fait de rapporter cet indicateur à un nombre fixe de 100 abeilles, permet de normaliser la mesure, facilitant ensuite les comparaisons entre ruchers, parcours, apiculteurs, etc., indépendamment de la force des colonies.
Pour avoir une idée représentative du taux d’infestation d’un rucher de 20 colonies et plus, un minimum de 8 mesures est nécessaire. Ces comptages peuvent se faire tout au long de la saison. Des colonies sont « à la traîne », montent difficilement dans la première hausse alors que les voisines commencent à investir la deuxième ? Avant d’attribuer la faute à la qualité de la reine et initier un remérage, des comptages ponctuels peuvent s’avérer pertinent pour valider ou écarter l’hypothèse d’une infestation varroa problématique.
Néanmoins, quatre périodes clés de comptage ont été identifiées comme stratégiques dans la conduite des ruchers (Fig.1): en sortie d’hivernage, en début d’été, en fin d’été avant traitement, à l’automne après traitement.

QUATRE PÉRIODES CLÉ DE COMPTAGE POUR S’ADAPTER EN SORTIE D’HIVER : ÉTAT DES LIEUX DU CHEPTEL
Cette période clé est peut-être la plus importante pour démarrer la saison du bon pied. Il s’agit de s’assurer que les traitements d’hiver ont été efficaces et que les ruchers redémarrent la saison de production avec des niveaux de parasitisme indétectable.
L’objectif est donc de repartir à 0… Vp/100ab. Si l’objectif est atteint, un parcours de production jusqu’à la miellée d’été est envisageable.
En revanche, si les résultats indiquent des charges moyennes supérieures à 0.8-1 Vp/100ab, le rucher a de fortes chances de souffrir de varroa en saison et d’atteindre des niveaux d’infestations difficilement contrôlables d’ici la fin de l’été. Plusieurs options sont alors possibles comme un traitement de rattrapage avant la pose des premières hausses ou bien l’utilisation de ce rucher pour faire des essaims (avec un traitement).
Pour des niveaux intermédiaires d’infestation (0.3-0.8 Vp/100ab), le risque sera modéré sur les premières miellées mais un parcours de production court sera à privilégier.
Les résultats de cette campagne de comptage vous apporteront également des éléments objectifs pour évaluer vos stratégies de lutte hivernale, leur adéquation avec la localisation de vos ruchers d’hivernage (altitude, exposition, etc.) ou encore déceler d’éventuels effets à associer aux diverses génétiques peuplant votre cheptel. Sur cette base, vous pourrez adapter vos itinéraires pour le prochain hiver.
N.B : Il est préférable de réaliser ce comptage avant que les surfaces de couvain ne soient trop développées.

EN DÉBUT D’ÉTÉ : POINT D’ÉTAPE POUR ÉVALUER LE POTENTIEL DES TROUPES
Les ruchers en sont à leur deuxième ou troisième miellée, il est temps de faire un point sur leur situation parasitaire. Même si l’objectif 0 VP/100ab a été atteint en début de saison, les dynamiques varroas peuvent fortement varier selon les parcours de production (nombre de miellées et performances réalisées, transhumance / sédentarité, etc.). Des ruchers ayant démarré la saison sur des miellées précoces (ex : romarin ou bruyère blanche) présenteront généralement plus de risques d’infestations problématiques sur les miellées de fin d’été. L’enjeu est donc de contrôler les niveaux de parasitismes pour adapter si besoin les itinéraires techniques de production.
Cet état des lieux permet aussi d’évaluer le potentiel de production sur la fin de saison et sélectionner les ruchers candidats pour des miellées plus tardives. Sur la miellée de Lavande par exemple, les données accumulées au cours de douze années d’observatoire menées par l’ADAPI et l’INRA BioSP d’Avignon, ont clairement mis en évidence l’impact de varroa sur les performances de production, avec notamment une perte moyenne d’environ 5kg au-delà de 3 Vp/100ab en début de miellée (Kretzschmar et al. 2016 ; Fig.2).

Si les résultats indiquent des niveaux d’infestations conséquents sur certains ruchers, leur sortie du circuit de production peut s’avérer stratégique. Des méthodes comme le retrait total de couvain associées à l’application de traitements flash de médicaments à base d’acide oxalique, ont l’avantage d’associer traitement et renouvellement de cheptel à partir du couvain retiré (voir le cahier technique Innov’Api du projet sur notre site). Réalisées par exemple à l’issue d’une miellée de châtaignier, colonies mères comme essaims pourront ensuite se redévelopper sur une miellée d’été dynamisante.
EN DÉBUT D’AUTOMNE APRÈS TRAITEMENT
Opter pour une seule et même stratégie de lutte systématique en fin de saison sur l’ensemble de l’exploitation montre des limites depuis quelques années. En effet, l’application des traitements préconisés n’est malheureusement plus un gage de conditions optimales pour la préparation du cheptel à l’entrée en hivernage. Des couvains mosaïques, des ailes déformées, des larves cannibalisées, etc. visibles à l’oeil nu sont des constats de plus en plus fréquents à l’issue des traitements longue durée.
Plusieurs causes peuvent expliquer des niveaux d’infestations problématiques subsistants pendant et après traitement :
=> Conditions d’applications défavorables (quantité de couvain, T°C trop basses/élevées, etc.),
=> Cinétique d’efficacité du traitement trop lente (élevage de la population d’abeilles d’hiver en présence d’une trop forte pression parasitaire)
=> Présence de populations de varroas résistantes à la molécule acaricide du traitement utilisé,
=> Niveaux de sur-infestations qui même avec des traitements atteignant les standards d’efficacité requis (90% pour les traitements utilisables en bio), laissent des populations de varroas résiduels trop importantes.
Comparés aux comptages réalisés avant traitement, ils permettent de vérifier la bonne efficacité des traitements appliqués et / ou comparer différentes stratégies. De plus, réalisés suffisamment tôt, ces comptages permettent de réagir à temps en cas d’échec de traitement, pour appliquer des stratégies de rattrapage.

Les pertes hivernales interviennent souvent dès la fin de l’automne. Celles constatées fin novembre sur un rucher ariégeois impliqué dans l’expérimentation Winvar21-22 en est un bel exemple (Fig. 3). Sur les 45 colonies issues de différents parcours mais toutes traitées avec de l’acide oxalique après encagement de reine (sur tournesol, rhododendron ou bruyère), un tiers présentait des taux d’infestation inquiétants lors de l’évaluation réalisée le 20 octobre. Fin novembre, au moment de traiter, la plupart de ces colonies étaient déjà mortes. L’identification dès fin septembre de ces échecs de traitement et/ou de ces fortes réinfestations, aurait pu aider à « limiter la casse » en appliquant à temps un traitement de rattrapage.
Le seuil communément admis en début d’automne pour assurer un bon hivernage est de 1 Vp/100ab mais il est souvent dépassé. Ce seuil reste néanmoins à affiner et à contextualiser selon les stratégies de traitements appliquées. Un dépassement mi-octobre à hauteur de 2-3VP/100ab n’aura pas la même incidence sur des colonies traitées avec un médicament « longue durée » ou sur des colonies ayant reçu un traitement flash de PMAO (Préparation Médicinale à base d’Acide Oxalique) après un encagement ou un retrait de couvain en fin d’été. Dans le premier cas, l’élevage des abeilles d’hiver se sera déroulé dans des conditions de dynamiques parasitaires décroissantes mais relativement élevées, tandis que dans le second cas, les dynamiques parasitaires auront été croissantes à l’automne mais à des niveaux acceptables grâce au vide sanitaire résultant de l’action mécanique sur le couvain associé à l’action flash de l’acide oxalique.
Dans les deux cas, il y a aura nécessité d’un traitement d’hiver efficace pour réduire au maximum ces foyers résiduels et repartir la saison suivante sur des bases saines.

POUR RÉSUMER
Compter varroa est un outil essentiel pour gérer au mieux son cheptel. Certes, la réalisation de comptages implique d’y consacrer du temps mais mis au regard du temps passé à gratter les caisses n’ayant pas passé l’hiver ou à déplacer des ruchers trop parasités pour être performants sur une miellée visée, cet investissement peut s’avérer rentable sur le long terme.
Ainsi, compter varroa dans vos ruchers vous permettra :
=> De limiter les risques de dépasser les seuils de nuisibilité,
=> D’optimiser les performances de production,
=> D’adapter les stratégies de lutte à l’échelle des ruchers et de les améliorer,
=> De vérifier à temps l’efficacité des traitements réalisés,
=> Et de mieux comprendre les éventuels dysfonctionnements de ruchers.
Récemment, l’ITSAP a mis en ligne l’application web « varroappli » dont l’objectif est double : suivre plus facilement l’infestation de ses ruchers tout en alimentant la base de données nationale pour faciliter à terme l’interprétation des comptages et l’identification des valeurs seuils.
=> bit.ly/3p7gxEa
L’ADA Occitanie propose un service de comptage de varroa phorétiques afin d’accompagner les apiculteurs dans la gestion et la compréhension des dynamiques parasitaires de leurs ruchers et de sensibiliser sur l’intérêt de surveiller ces dynamiques au cours de la saison.
=> bit.ly/3qohEQL
Par Anthony Bouétard, ADA Occitanie
Crédits photos : Shutterstock
Ambitions pour l'agriculture biologique en Occitanie
Au sein d’Interbio Occitanie, une large concertation a été lancée sur le 1er semestre 2022. L’objectif était de définir les ambitions des acteurs de la bio régionale et d’identifier les enjeux qu’il faut relever collectivement. Pour cela les membres des commissions filières et des comités techniques de l’interprofession ont pu travailler sur les besoins spécifiques aux filières. Dans le contexte actuel, les enjeux de communication, d’accompagnement technique des producteurs, de répartition de la valeur, de recherche, expérimentation, d’innovation et de partage des connaissances sont essentiels.
Ces ambitions visent à organiser les actions régionales qui doivent être menées et se traduire par une amélioration de la consommation de produits bio régionaux et un développement équilibré de la production.
Pour l’interprofession, la croissance de la consommation est la clé pour poursuivre le développement des filières bio dans notre région.
L’Occitanie, 1ère région bio de France a des atouts pour produire largement au-delà de son marché régional. Elle doit participer à atteindre l’objectif fixé par l’Etat français et l’Europe.
Pour cela, la consommation de produits bio doit doubler pour atteindre 12% du marché.
Dans le contexte actuel, la croissance des surfaces bio dans la région va sûrement marquer un pas après ces 5 années de croissance annuelle à 2 chiffres. Mais l’ambition des acteurs de la bio régionale est d’atteindre les 25% de surface en bio en 2027.

ENJEUX DE LA BIO EN OCCITANIE
UNE BIO RÉGIONALE RECONNUE ET PLÉBISCITÉE PAR LES CONSOMMATEURS
Mettre en avant la bio régionale
Pour répondre aux envies de proximité des consommateurs, les actions doivent contribuer à mettre en avant la bio de notre région.
Réaffirmer les atouts de la bio auprès des consommateurs
Toutes les enquêtes récentes auprès des citoyens montrent que les garanties apportées par le cahier des charges bio répondent aux attentes des consommateurs mais qu’ils les méconnaissent. Si aux garanties du cahier des charges bio, on ajoute le local avec l’origine régionale, c’est la combinaison gagnante.
Faire preuve de pédagogie sur le cahier des charges bio
Il s’agit d’en vulgariser le contenu pour que les consommateurs connaissent mieux les modes de production bio et les garanties apportées par le cahier des charges et son contrôle.
Rendre la bio accessible pour tous
La bio ne doit pas être une alimentation réservée à une catégorie de la population, il faut chercher à la démocratiser. La question du prix doit être traitée en toute transparence avec un double objectif : donner des clés pour consommer bio aux citoyens et maintenir des prix rémunérateurs pour les producteurs. La présence de bio en RHD est une réponse à cet enjeu.
UNE BIO DURABLE SOURCE DE VALEURS POUR TOUS
Développer et Consolider les débouchés (tous : distri, circuits courts, rhd, export) et la pluralité de circuits de distribution
La particularité des produits bio c’est que leur distribution est répartie de manière équilibrée entre tous les débouchés. Cette pluralité est une force pour limiter les effets d’éventuelle crise sur un segment. Dans le contexte actuel, il faut aussi développer et consolider tous les débouchés pour éviter le déclassement de productions agricoles.
Sans oublier pour atteindre l’objectif de :
Permettre une juste rémunération pour tous les acteurs de la filière
C’est un enjeu qui a toujours été travaillé de manière plus importante dans les filières bio : c’est un objectif essentiel pour éviter que des producteurs quittent le label. Pour cela, il faut comprendre les chaînes de valeur et donner des données aux opérateurs économiques.
Accompagner lors de leur installation / conversion à la bio / de changement de règlement bio mais aussi tout au long de la vie de l’exploitation en fonction des besoins
L’accompagnement reste un enjeu fort mais il ne faut pas le limiter à la phase de conversion ou d’installation.
Inciter les entreprises à utiliser les produits régionaux pour multiplier les débouchés des productions agricoles bio
La structuration de filières bio territorialisées avec les transformateurs locaux doit être une source de valorisation des productions bio de notre région
Accompagner les investissements des entreprises (IAA et Exploitations agricoles)
L’accompagnement va au-delà des aspects financiers, c’est aussi du conseil.
Produire et rendre accessible des données sur les filières (amont, aval, marchés, volumes, marges …)
L’objectif est d’avoir les outils nécessaires pour piloter la structuration des filières et avoir les moyens de répondre à plusieurs enjeux transversaux. Il faut prioriser les données nécessaires à travailler en région.
UNE BIO RÉSILIENTE FACE AUX DÉFIS DE DEMAIN
Trouver des relais de croissance grâce à l’innovation (circuits & produits) et renforcer l’expérimentation et la recherche et développement adaptée à nos territoires
Accompagner les producteurs dans un contexte de changement : climatique (eau, semences adaptées, foncier…) et économique (marchés plus complexes aujourd’hui, changement de dimension …)
Développer la contractualisation dans les filières et tendre vers du commerce équitable
La bio est précurseur sur les projets de commerce équitable, c’est l’un des atouts à mettre en avant pour répondre à l’enjeu de juste répartition de la valeur
Amener la bio vers plus de durabilité
Le cahier des charges bio est le socle commun mais la bio se doit d’être précurseur et travailler vers plus de durabilité dans ses trois composantes : économique, sociale et environnementale
Cultiver la complémentarité des produits et des modes de productions tout en étant en phase avec les attentes des marchés
Permettre le renouvellement des générations en travaillant sur l’attractivité des filières et des territoires
UNE BIO RICHE DES SAVOIRS FAIRE DES FEMMES ET DES HOMMES ANCRÉE DANS LES TERRITOIRES
Favoriser les échanges et la mutualisation d’outils et d’information au sein des filières, entre les filières et les territoires
Il s’agit de capter les connaissances, les organiser et les rendre utiles et accessibles.
Développer l’offre de formation en lien avec les besoins des acteurs et intégrant les évolutions techniques (agilité) et renforcer les liens avec l’enseignement agricole et les centres de formation
Faire de la bio un atout pour les territoires : RHD, PAT, Collectivités…
Ne pas oublier que le territoire ne se limite pas à l’Occitanie : penser aussi national et export (nécessaire pour certains produits)
Faire entendre les spécificités de l’Occitanie dans les instances qui décident des évolutions de la bio (en région, au national…)
Par Nancy Fauré, Interbio Occitanie
Crédit photo : Shutterstock
BIO&Pro - Rencontres Appro Bio 2022 - Montpellier le 14/11/2022
Les produits Bio d’Occitanie sont de retour à Montpellier !
le lundi 14 novembre au Mercadis – Marché d’intérêt National de Montpellier de 9 h à 14 h.
Objectif affiché : favoriser le référencement des produits bio régionaux dans les commerces de proximité !
– les magasins bio – indépendants et réseaux
– les primeurs et épiceries fines de la région Occitanie
Cette année, l’événement se déroule à Montpellier. Il reviendra en alternance à Toulouse en 2023.
ÉVÉNEMENT RÉSERVÉ AUX PROFESSIONNELS SUR INSCRIPTION.
Conditions d’inscriptions :
Les exposants sont des entreprises ou agriculteurs ayant une activité bio, basés en Occitanie, hors vin.
Limite des inscriptions des exposants au 14 octobre.
Le même jour, à 10 mn en voiture, retrouvez le salon des vins bio de l’Hérault, organisé par le Civam Bio 34. Il se déroulera toute la journée au Mas de Saporta, à Lattes.
A noter dans vos agendas : 30/11 à Cazouls lès Béziers - 4e Colloque de la restauration collective Bio & Régionale

Interbio Occitanie, Bio Occitanie et la Chambre régionale d’Occitanie ont le plaisir de vous informer que le prochain Colloque de la Restauration Collective Bio & Régionale se déroulera le 30 novembre de 9h30 à 17h à Cazouls lès Béziers.
Nous mettrons prochainement en ligne l’invitation et le programme complet.
Pour toutes demandes d’informations complémentaires, n’hésitez pas à nous contacter sur contact@interbio-occitanie.com
2ème portrait vidéo d'acteur engagé en bio !
2e portrait d’acteur engagé en bio sur notre belle et grande région qu’est l’Occitanie !
Le but de ces vidéos est de vous faire découvrir ce qui a pu motiver les acteurs de la bio à s’engager dans la bio régionale !
🎬Aujourd’hui, nous vous proposons de découvrir Séverine LASCOMBE, productrice de fruits, légumes et plantes aromatiques et médicinales bio en Ariège, qui répond à 5 questions :
1/ Pourquoi es-tu devenue productrice Bio ?
2/ Préserver la biodiversité : des exemples ?
3/ Un exemple de contrôle annuel ?
4/ Quel plaisir dans ton travail ?
5/ Un mot pour la fin ?
Bon visionnage 😊
N’hésitez pas à consulter le portrait de Philippe KINDTS, apiculteur bio dans le Gers ici !
Le miel Bio, qu'est-ce que ça change ?
Le miel est fabriqué par les abeilles mellifères à partir du nectar et du miellat qu’elles collectent sur les fleurs et les arbres.
La diversité de paysages et de climats d’Occitanie permet aux abeilles de produire de nombreux miels avec une palette aromatique riche.
Produire du miel bio impose de suivre des règles de production contraignantes garantissant que tout est mis en oeuvre pour assurer au consommateur un produit sain.
D’où viennent les abeilles bio ?
En apiculture biologique, il faut favoriser les écotypes locaux d’abeilles afin d’avoir des animaux adaptés à leur environnement.
Lors de la conversion, l’apiculteur·rice suit toutes les règles de l’apiculture bio pendant 1 an avant de pouvoir vendre le miel sous label bio.
Si des colonies d’abeilles ou des reines sont achetées, celles-ci doivent venir d’exploitations apicoles bio.
Une tolérance de 20% de cheptel non bio est appliquée sous certaines conditions (changement des cires ou période de conversion).
Matériaux et entretien des ruches bio
Les ruches, hausses et cadres utilisés doivent être en matériaux naturels, généralement en bois. Certains éléments en plastique sont autorisés, mais ils restent minoritaires et ne sont jamais en contact avec le miel.
La cire utilisée doit être bio ou faire preuve de l’absence de résidus de pesticides, cela permet de réduire au maximum l’exposition des abeilles et du miel aux contaminants.
Les pratiques de nettoyage et de désinfection sont également règlementées afin de ne contaminer ni le miel, ni l’environnement.
Les soins portés aux abeilles : priorité à la prévention !
En limitant l’exposition aux pesticides et autres contaminants, en veillant à ce que les abeilles disposent de ressources alimentaires suffisantes et en utilisant des écotypes locaux adaptés au terroir, l’apiculteur·rice réduit le risque d’apparition de maladies.
La présence d’un parasite, le varroa, impose une gestion rigoureuse : les médicaments issus de la chimie de synthèse sont prohibés et seuls des acides organiques et des huiles essentielles peuvent-être utilisés.
L’alimentation des colonies
Des réserves de miel et de pollen en quantité suffisante sont laissées aux abeilles. Le nourrissement des abeilles avec du sucre bio, du miel bio ou du pollen bio est autorisé pour le développement des jeunes colonies d’abeilles et lorsque la survie des colonies est menacée.
Qu’est ce que les abeilles bio butinent ?
Dans un rayon de 3 km autour des ruchers, les sources de pollen et de nectar doivent provenir essentiellement de cultures bio, de flore spontanée ou de cultures ayant une faible incidence sur l’environnement telles que les
prairies, les couverts végétaux ou les jachères.
Les ruchers bio sont éloignés des activités pouvant contaminer le miel ou nuire à la santé des abeilles. En effet, pendant la période de butinage, les ruchers ne peuvent pas être placés à proximité de zones urbaines et
industrielles, d’incinérateurs, de fonderies et de métallurgies.
Le miel bio, un miel plus cher ?
Produire du miel en bio peut coûter plus cher pour diverses raisons :
– des intrants plus chers ;
– une technicité plus grande pour maintenir les ruches dans un bon état sanitaire ;
– des critères d’emplacements conformes au cahier des charges fortement contraignants.
Avis aux apiculteurs : un flyer est à votre disposition si vous souhaitez le diffuser auprès du grand public. Pour cela, n’hésitez pas à contacter annecharlottemetz@adaoccitanie.org
La Bio en restauration collective ça n'apporte rien de plus ? Réponses en images ->
Afin de prouver que manger bio et régional dans les restaurants collectifs, c’est possible, Interbio Occitanie a réalisé une série de 3 capsules vidéos répondant, via des témoignages divers, aux principaux freins :
1/La bio ça n’apporte rien de plus
2/ La bio, c’est trop cher
3/ Les produits bio d’Occitanie, on n’en trouve pas
Voici la première capsule, la Bio en restauration collective ça n’apporte rien de plus !











