N'hésitez plus et abonnez-vous au Mag de la Bio ! 3

N'hésitez plus et abonnez-vous au Mag de la Bio !

Le Mag’ de la Bio – Techniques et filières en Occitanie, est un magazine d’information destiné aux agriculteurs bio mais aussi à tous ceux qui s’intéressent à ce mode de production. Vous y trouverez toute l’information sur les productions bio de la région : compte rendu d’expérimentation, actualité réglementaire, données de marchés, témoignages d’acteurs des filières bio et toutes les données chiffrées sur ces productions si dynamiques en Occitanie

Le Mag’ de la Bio a pris la suite du Magazine de la Conversion bio qui existait depuis 2016.

Tout le contenu des anciens numéros est disponible gratuitement sur ce site, des numéros 10 à 20.

A partir du numéro 21, une nouvelle formule vous est proposée : en effet, pour accéder aux différents articles, un abonnement est nécessaire. Vous pouvez vous abonner afin de consulter les articles sur le site et/ou en version papier en les recevant directement chez vous.

Sans titre 2

Campagne de communication régionale - Appel à candidature 4

Campagne de communication régionale - Appel à candidature

Présentation IBO
L’association interprofessionnelle Interbio Occitanie regroupe les 5 réseaux professionnels actifs dans le développement de la filière bio régionale depuis les producteurs jusqu’aux distributeurs : Bio Occitanie, la Chambre Régionale d’Agriculture d’Occitanie, La Coopération agricole Occitanie, SudVinBio et OCEBIO – Occitanie Entreprises Bio.

Projet d’actions de communication d’Interbio Occitanie :
Les enjeux sont forts pour la bio en 2022 et les prochaines années. Les administrateurs d’Interbio Occitanie réunit lors d’un séminaire dédié aux enjeux de communication ont défini 3 objectifs pour la cible “consommateur / citoyen” :
• Faire émerger le lien entre Bio et Occitanie : bio et local c’est la consommation gagnante
• Valoriser et promouvoir les atouts de la bio : rappeler les garanties de la bio sur l’environnement, l’économie et le social
• Rassurer et rétablir la confiance : concrètement, c’est quoi la Bio ?

Interbio Occitanie a choisi de travailler sur une campagne de communication générique à destination des consommateurs régionaux.

Contact : Laureline Terris – laureline.terris@interbio-occitanie.com – 07 68 17 76 55


A partir du 1 janvier 2022 - Les principaux changements réglementaires pour la filière viticulture biologique 5

A partir du 1 janvier 2022 - Les principaux changements réglementaires pour la filière viticulture biologique

RÈGLES DE MIXITÉ BIO/NON BIO

Nouveauté :

Dans le cadre d’un nouvel engagement total et progressif de son exploitation en bio, à partir du 1er janvier 2022, l’exploitant a 5 ans pour achever la conversion de la totalité de son exploitation.

A partir de l’engagement de sa première parcelle en AB, il a donc 2 ans maximum pour convertir la totalité de ses parcelles en AB. Cela se fait dans le cadre d’une demande de dérogation auprès de l’INAO.

Rappel :

La mixité (conduite simultanée, sur une même exploitation, de productions en agriculture biologique et en conventionnel) reste tolérée de manière pérenne par la réglementation européenne. Elle implique une organisation stricte sur l’exploitation et est réalisable sous certaines conditions : Pour les végétaux, il doit s’agir de variétés différentes pouvant facilement être distinguées à l’œil par toute personne non experte.

En viticulture, cela se traduit par la possibilité de convertir une partie de son exploitation en séparant selon les ateliers, c’est-à dire par couleur (cépages blancs / cépages rouges) ou par type de production (raisins de cuves / raisins de table).

PLANTS DE VIGNE

Dans le cadre de la nouvelle règlementation bio, l’utilisation de matériel végétal certifié bio pour toutes les cultures, y compris pour la vigne est obligatoire. Pour vérifier l’existence de plants ou de semences certifiés AB, il faut se rendre sur le site semences-biologiques.org.

Actuellement il n’existe pas de plants de vigne certifiés AB. Les espèces viticoles sont placées sous statut «autorisation générale» au 1er janvier 2022, de fait il n’y a pas de dérogation à solliciter. En revanche les viticulteurs ont l’obligation d’utiliser des plants issus de l’agriculture conventionnelle, non traités avec des produits phytosanitaires non homologués au règlement UE 2021/1165. Vérifier que l’étiquetage comporte bien cette mention.

Cette mesure perdurera dans l’attente de l’arrivée de la production des premiers plants de vigne AB sur le marché (au plus tard le 31 décembre 2036).

Il est demandé aux producteurs de renseigner les quantités de plants de vigne non AB utilisées sur le site semences-biologiques.org.

A terme, l’obligation d’utiliser des plants de vigne AB se traduira par une obligation à solliciter les plants sur la base de données dans un délai compatible avec la production de plants. Un délai de 18 mois est actuellement évoqué.

TEXTES REGLEMENTAIRES DE REFERENCE :

Règlement (UE) 2018/848 relatif à la production biologique et à l’étiquetage des produits biologiques. Abroge le (CE) 834/2007
Règlement d’exécution (RUE) 2021/1165 : Produits et substances autorisées (dont engrais, produits phyto et additifs/auxiliaires de vinification)

ADJUVANTS EXTEMPORANÉS

Dans la nouvelle réglementation, il n’y a plus de restriction spécifique au bio dans les adjuvants extemporanés, c’est-à-dire que tous ceux qui sont autorisés en conventionnel le sont également en bio si les usages pour lesquels ils bénéficient d’une autorisation de mise sur le marché sont acceptés en bio.

Attention, les spécialités commerciales à base d’alcool terpénique de pin (Héliosol, Calanque et Escapade) ne sont autorisées en vigne qu’en association avec des herbicides et des acaricides. Les herbicides étant interdits en AB, ces adjuvants sont autorisés uniquement avec les acaricides (= certains soufres mouillables, uniquement avant le stade BBCH 19). Nota Bene : toujours se référer à l’étiquette d’un produit.

FERTILITÉ DES SOLS

Un article du règlement prévoit l’obligation de cultures d’engrais verts et de légumineuses dans les cultures pérennes. Actuellement, ce sujet est en discussion à l’INAO et donc l’implantation d’engrais verts dans les cultures pérennes seraient «vivement recommandé» mais pas obligatoire. Dans l’attente d’une décision ce point ne fait pas l’objet d’un manquement lors des audits.

PRODUITS DE FERTILISATION

Comme dans le règlement précédent, les fumiers issus d’élevage industriels sont interdits. La nouvelle réglementation précise ce qu’est un élevage industriel (pour les élevages porcins : les élevages en système caillebotis ou grilles intégral dépassant 3000 emplacements pour porcs de production et 900 emplacements pour truies – pour les élevages de poules : élevages en cages dépassant 60000 emplacements pour poules pondeuses et 85000 emplacements pour poulets). Cette règle s’applique aux effluents d’élevage et aux produits fertilisants contenant des effluents d’élevage :

Sont concernés : les fumiers, les lisiers, les engrais en bouchons, les digestats, les composts.
Ne sont pas concernés : Les sous-produits animaux type plume et farine de sang.

VINIFICATION

La seule modification majeure concerne la température maximale de la thermovinification qui passe de 70 à 75°C.

Les levures sèches inactivées, les autolysats et les écorces de levure jusque-là interdites en tant qu’activateurs de fermentation malo-lactique deviennent autorisées.

Enfin, la caséine entre dans la liste des intrants pour lesquels une origine bio est à privilégier s’il existe des disponibilités commerciales (cf la liste des «Intrants œnologiques certifiés bio» sur le site de l’INAO : «Espace Pro et Outils», «Guide pratique»)

PRODUITS HYGIENE POUR LE CHAI

Au 1er janvier 2024, pour une utilisation dans la production de produits transformés (donc au chai) une liste de produits de nettoyage et de désinfection doit être établie. Jusqu’à cette date, il n’existe pas de liste de référence de produits utilisables en AB. Il est recommandé de se référer à l’annexe II du cahier des charges français, y compris pour le secteur viticole (pour le matériel de chai et de culture).

ÉTIQUETAGE DES VINS

L’indication de l’origine des matières premières agricoles qui composent le produit fini doit figurer dans le même champ visuel que le logo. La nouvelle réglementation permet de remplacer ou de compléter le terme «Agriculture UE» par le nom du pays ou par le nom du pays et d’une région, si au moins 95% (au lieu de 98% dans l’ancien règlement) des matières 1ères agricoles en sont originaires. A noter que la protection des IG prévaut sur les indications de provenance non obligatoire.

Pour les produits en 2ème et 3ème années de conversion, il est désormais possible d’utiliser la mention «vin en conversion». Les règles de valorisation ne changent pas, le vin ne peut être valorisé en conversion que si le produit ne contient qu’un seul ingrédient agricole.

NOUVEAU MODELE DE CERTIFICAT

Un nouveau modèle de certificat sera employé précisant certaines informations (obligatoires et facultatives). Un certificat sera aussi délivré aux opérateurs en C1.

Remarque : tous les produits certifiés et étiquetés selon le règlement (UE) 834/2007 avant le 1er janvier 2022 peuvent être mis sur le marché jusqu’à épuisement des stocks, les certificats restent valides.

Par Valérie PLADEAU de Sudvinbio, Alixe SANQUIER de la CA34 et Nicolas CONSTANT d’IFV.

Crédit photo : Adobe Stock , Shutterstock et Interbio Occitanie


Bilan du marché bio en 2021 et tendances 2022 6

Bilan du marché bio en 2021 et tendances 2022

Après une année 2020 atypique et exceptionnelle pour le marché bio français, l’année 2021 retrouve des niveaux de consommation plus habituels. En effet les confinements successifs de 2020 avaient fortement bénéficié à la consommation de produits bio. Le marché bio avait augmenté de 12% entre 2020 et 2019 (+ 12 % en grande distribution, + 13 % en magasins bio). Les cantines et restaurants étant fermés, les ménages consommateurs de bio ont dû se nourrir quotidiennement, sur l’ensemble des repas, ce qui a généré de forts pics de consommation bio. L’ensemble des acteurs de la filière s’accordent pour comparer les données de 2021 avec 2019, qui sert ainsi d’année de référence.

2021 RETOUR AU CALME APRÈS UNE ANNÉE FOLLE

  • En 2021, le marché bio semble atteindre un palier après plusieurs années de croissance à deux chiffres. Le magazine Biolinéaires estime que le marché bio en magasin bio spécialisé devrait atteindre 4,16 Milliards d’€, ce qui représente un recul de -2% par rapport à 2020, et une croissance de + 9% par rapport à 2019. A noter aussi, que le nombre de magasin bio continue d’augmenter, ils sont donc plus nombreux à se partager le marché qui commence à stagner.
  • En grande distribution, les tendances sont les mêmes : l’année 2021 est marquée par un léger repli des ventes de bio, avec -3% de chiffre d’affaires sur un an (vs 2020). Mais le mouvement économique à deux ans reste toujours favorable (+9,9% vs 2019). (source IRI).
  • En circuits courts et vente directe, nous ne disposons pas de données chiffrées, mais les remontées du terrain font aussi état de moindres ventes sur les marchés, à la ferme, dans les AMAP, en 2021.

La croissance du marché bio semble donc globalement marquer une pause en 2021. Elle est toujours présente mais elle ralentit.

Il est intéressant de noter que le secteur de la restauration hors domicile connait des évolutions opposées au reste du marché bio. L’année 2020 a été catastrophique pour les opérateurs de ce secteur, qui ont été fermés quasiment toute l’année à cause du contexte sanitaire. Puis, l’activité a repris progressivement en 2021, portée notamment par la loi EGALIM qui incite à intégrer des produits bio dans la restauration collective publique. Début 2022, cette croissance se poursuit et ce secteur est plutôt optimiste.

Cette situation contrastée fait réagir les acteurs de la filière avec des volontés de ralentir les conversions des agriculteurs dans l’attente d’un retour à l’équilibre (hormis dans le secteur viticole). De plus, depuis le début de la guerre en Ukraine, la situation économique avec l’envolée des prix de l’énergie et des intrants, des prix de certains produits agricoles, voit les cours du conventionnel se rapprocher des prix bio. Les agriculteurs se posent légitimement des questions.

2022 BESOIN D’INFORMER SUR LA BIO POUR CONTINUER

Le dernier baromètre Agence bio/CSA, en mars 2022, confirme que l’agriculture bio continue d’être un repère solide pour les consommateurs français. Mais il est constaté aussi que la multiplication des labels ayant des promesses environnementales commence à impacter les consommateurs. De plus, le contexte global anxiogène de ce début d’année 2022 (inflation, baisse du pouvoir d’achat, flambée des coûts de l’énergie et guerre en Ukraine) incite les consommateurs à freiner leurs dépenses alimentaires et notamment leurs achats de produits bio. L’origine des produits et le local restent des critères de choix très puissants et qui se renforcent encore cette année. Il apparait donc nécessaire d’une part, de réaffirmer les garanties apportées par les produits bio, de communiquer sur les atouts de l’agriculture biologique sur l’environnement, sur la santé … et d’autre part, de montrer que Bio et local ne sont pas incompatibles au contraire et que les produits Bio et locaux sont la solution idéale pour le consommateur ! Des campagnes de communication seront engagées en 2022 au niveau national par l’Agence bio et certaines interprofessions pour redonner de l’élan au consommateur.

Par Amélie BERGER d’Océbio

Crédit photo : ShutterStock et Interbio Occitanie


Rencontres Proléobio Sud-Ouest 2022 7

Rencontres Proléobio Sud-Ouest 2022

C’est au coeur du principal département de grandes cultures bio du sud-ouest que se sont déroulées le 21 mars à Auch les traditionnelles rencontres Proléobio. Organisées par Terres Inovia en partenariat avec les Chambres d’agriculture et l’ITAB, ces journées sont l’occasion d’échanger ensemble sur les actions en cours et la conjoncture des filières oléagineux et protéagineux bio. La matinée en salle a permis d’aborder des questions économiques, de filières et plusieurs actions techniques. L’après-midi s’est poursuivie sur le terrain dans une parcelle de colza bio semé en association.

Charlotte CANALE de Terres Univia a ouvert la journée par un panorama des surfaces en oléagineux et protéagineux bio, positionnant ainsi le sud-ouest comme principale zone de production nationale : 69% du soja bio, 46% du tournesol, 56% du pois chiche et 32% des lentilles bio. Sans surprise, le soja reste la première culture de l’assolement bio régional à plus de 21% en 2020, suivi par le tournesol et le blé tendre à 15% chacun. La progression des surfaces pour ces cultures a été continue depuis 5 ans (cf graphique) comme pour les légumes secs (lentille, pois chiche), tandis que les protéagineux (féverole et pois) marquent le pas.

DES SURFACES D’OLÉAGINEUX QUI POURSUIVENT LEURS PROGRESSIONS

Le maillage territorial du sud-ouest en unités de trituration et huileries permet une valorisation en alimentation animale et humaine. L’adéquation offre/demande est assez cohérente et vise à être maintenue pour ces filières, qui sont toutefois dépendantes de l’import pour les graines de colza mais aussi de tournesol. L’impact de la guerre Russie-Ukraine va se ressentir sur les marchés physiques et sur les prix par une augmentation des coûts de production en alimentation animale.

Anne GLANDIERES de la Chambre d’agriculture Occitanie a présenté les principales évolutions réglementaires depuis le 1er janvier 2022, mettant l’accent sur l’intégration de légumineuses obligatoire dans les rotations des cultures, et l’importance de tenir à jour les enregistrements du cahier de culture.

Depuis le 01/01/2022, le tournesol et le soja sont passés en espèces hors dérogation pour l’achat de semences. Cela ne va pas sans poser des problèmes aux agriculteurs car il manque des volumes de semence certifiée bio en soja mais aussi en tournesol linoléique. Les dérogations sont à demander sur le site semences-biologiques.org avant tout semis.

Jean ARINO et Laura DUPUY des chambres d’agriculture du Gers et de Dordogne ont présenté leurs analyses de données technico-économiques en fermes conduites depuis plusieurs années. Avec 2 exemples pertinents, ils rappellent que la rotation est la clef de voûte des systèmes de grandes cultures bio et que les marges se réfléchissent à cette échelle et non à l’année. En effet, dans le cas d’une rotation de 4 cultures sur 7 ans, la marge brute moyenne est e 373€ ha/an, alors que dans le cas d’une rotation de 8 cultures sur 10 ans, la marge brute moyenne est de 620€/ha/an.

ÉVOLUTION DES MARGES BRUTES DE SOJA IRRIGUÉ ET TOURNESOL

Les résultats de marges brutes des principales cultures d’oléo-protéagineux et légumineuses sont présentés avec des moyennes pluriannuelles. Ainsi dans le sud-ouest le rendement moyen du tournesol est de 15 qtx/ha et de 27 qtx/ha pour le soja irrigué. Les intentions de semis 2022 pour ces cultures sont à la hausse.

Le pois chiche avec 10 qtx/ha de moyenne et la lentille avec 8 qtx/ha sont des productions importantes pour rallonger la rotation. Le lin présente un rendement plus stable à 9 qtx/ha. La marge brute de ces 3 cultures est généralement le reflet de l’année climatique.

Philippe MOUQUOT de la Chambre d’agriculture de Gironde détaille ensuite la création d’une filière Chanvre bio en Nouvelle Aquitaine. Soutenu par la Région jusqu’en 2023, le projet fédère tous les acteurs autour d’une charte régionale d’engagement. 6 départements sont engagés, avec
l’idée d’autonomie territoriale pour les matériaux d’isolation, etc. Le constat est dressé de l’absence d’intérêt de développer la production sans maîtriser la transformation, l’essentiel de la valeur ajoutée se portant sur l’aval. La démonstration est assurée par l’exemple des Chanvriers mellois, où les agriculteurs gèrent un outil commun pour valoriser leur production. L’exploration de tous les marchés possibles (laine de chanvre pour isolant, chanvre bien-être, huile, chènevotte, tofu, etc) pour valoriser l’ensemble de la plante est en cours avec de nombreux appuis de fondations et de l’Agence de l’Eau Adour-Garonne. Avec un semis début mai, le chanvre est une plante intéressante pour gérer les débordements d’ambroisie dans certaines parcelles colonisées.

Arnaud MICHENEAU de Terres INOVIA a présenté les résultats des essais variétés soja Bio des groupes I et II conduits en Occitanie, en mettant l’accent sur les 2 critères principaux que sont la sensibilité au sclérotinia et la sensibilité à la verse. De même les essais variétés Tournesol bio ont orienté le choix de variétés sélectionnées par rapport aux maladies (verticillium) qui est plus déterminant que le rendement. Les résultats sont disponibles sur myvar.fr

Cécile BURTIN du CREABIO a mis en évidence l’intérêt des couverts pour la levée du soja en coteau sec. La luzerne permet d’assurer une meilleure production de gousses par plante. Différents couverts sont en cours de test dans le cadre d’un projet national visant à mieux comprendre la disponibilité de phosphore dans le sol.

Les rencontres annuelles PROLEOBIO sont aussi l’occasion de faire le point sur l’avancée de projets de R&D en cours impliquant des acteurs régionaux. Ainsi Jean-Baptiste FEVRIER d’Agro-Transfert Picardie et Enguerrand BUREL de l’ITAB-CREABIO ont détaillé des premiers résultats du projet CAPABLE focalisé sur la gestion du chardon et du rumex en grandes cultures sans herbicide. Le terme du projet étant prévu pour juin 2022, nous détaillerons les résultats dans un prochain article.

Par Anne GLANDIERES de la Chambre de l’Agriculture Occitanie

Crédit photo : Shutterstock et Interbio Occitanie


Gestion de l'irrigation en maraîchage 8

Gestion de l'irrigation en maraîchage

L’installation en maraîchage nécessite de disposer d’eau en quantité suffisante afin d’assurer une croissance optimale des légumes et une régularité de rendement. Afin d’assurer une gestion optimale des apports en eau, il est essentiel de mettre en place un système d’irrigation bien pensé, de qualité et performant, afin d’apporter aux cultures la quantité d’eau suffisante au bon moment.

La conduite des cultures sous abri froid permet de protéger les cultures et de sécuriser les récoltes. Pour autant la gestion de l’irrigation, relié à une bonne implantation du système racinaire des plantes dans le sol, est déterminante pour limiter les risques phytosanitaires et assurer le rendement et la qualité de la récolte.

COMMENT MESURER CES APPORTS D’EAU ?

Mesure des apports d’eau par les pluies ou l’irrigation

Les pluies ou les irrigations sont mesurées en hauteur d’eau.

Une pluie de 1mm correspond à une hauteur d’eau accumulée sur une surface étanche (bac).

Cette hauteur d’eau dans un bac de 1m2 donnera 1 litre. 1mm = 1 l/m2 = 10 m3/ha

La quantité d’eau apportée par une pluie est donnée en lecture directe dans un pluviomètre.

Irrigation par goutte à goutte

Débit d’un goutteur = 2l/h,
espacement sur la ligne 0,33m. Tunnel de 8m

4 Doubles rangs de tomate, une ligne par rang soit 8 lignes dans le tunnel

Espacement entre les axes des doubles rangs = 2m Pluviométrie = 2l / 0,33 x (2m/2lignes) = 2/0,33 = 6mm/h

Pression de fonctionnement de 1 bar (voir fabricant)

QUEL EST LE BESOIN EN EAU D’UNE CULTURE ?

Calcul de l’ETP 

Le besoin en eau est fonction du climat, il est donné par la mesure de l’ETP

L’ETP ou évapotranspiration potentielle est la quantité d’eau susceptible d’être évaporée par un couvert végétal dont l’alimentation en eau n’est pas le facteur limitant. L’évapotranspiration potentielle est fonction des conditions climatiques (température, ensoleillement, vent…).

Exemple d’ETP en fonction des mois : Station météo Blagnac référence 1997-2013

Valeurs indicatives de l’ETP journalière, en fonction des conditions climatiques: exemple de la Provence (valeurs pouvant être associées au département du littoral méditerranéen)

Les données ETP sont mesurées par les services de météo agricoles et diffusées dans plusieurs journaux agricoles ou alors sur les sites des chambres d’Agricultures.
Par exemple sur le site de la CA 66 : bit.ly/3MOttIZ

Attention :
En cultures sous abri on applique : ETP Serre = 80% ETP Plein champ

CALCUL DES BESOINS EN EAU D’UNE CULTURE EN FONCTION DE L’ESPÈCE ET DE SON STADE DE DÉVELOPPEMENT

Chaque culture à des besoins en eau particuliers qui évoluent suivant sa croissance caractérisée par le coefficient cultural Kc (voir valeurs indicatives sur le site de l’ARDEPI, nouvellement CRIIAM Sud).

Le besoin en eau d’une culture est estimé par l’ETP x Kc

Exemple pratique :
Mois de mai, une culture de tomate sous tunnel au stade floraison du troisième bouquet.

Estimation du besoin de la culture :
Journée ensoleillée : ETP = 5,9mm
Culture sous abri ETP serre = 4,7mm (80%)
Tomate floraison 3ème bouquet – coefficient cultural = 0,6
Besoin = 4,7 x 0,6
Besoin en irrigation 2,8mm/jour

Estimation de la durée d’irrigation :
Irrigation par goutte à goutte
Tunnel 8m, 4 doubles rangs de tomate
1 ligne de goutte à goutte par rang de tomate
Goutteur de 2l/h tous les 33cm
Pluviométrie : 6l/m2/h soit 6mm/h
Il faudra donc arroser (2,8/6 = 0,47h) une demi-heure par jour

QUELLES SONT LES RESERVES EN EAU DU SOL ?

La réserve en eau du sol est une donnée à prendre en compte pour le calcul de l’irrigation. Elle est fonction du type de sol (texture). La RFU est la réserve en eau du sol facilement utilisable par les plantes

Exemple :
Mois de juillet, une culture au stade récolte avec un coefficient cultural 1 ETP 6 mm par jour

Pour un sol :
Sablo-limoneux
Enracinement 20cm RFU 12mm Réserve 2 jours
Enracinement 30 cm RFU 20mm Réserve 3 jours
Argilo limono sableux
Enracinement 20cm RFU 25mm Réserve 4 jours
Enracinement 30 cm RFU 35mm Réserve 6 jours
Attention tenir compte du % de cailloux !
Dispositif d’aspersion pluviométrie 8mm/h
Sable limoneux
Enracinement 20cm Irrigation 1h30 tous les 2 jours
Enracinement 30 cm Irrigation 2h15 tous les 3 jours

EN SAVOIR +

Maitriser son irrigation en maraîchage bio : bit.ly/3w364wJ
Gestion de l’irrigation en culture sous abris : bit.ly/3w29i3I
ARDEPI : bit.ly/3ydWI46
www.agrometeo.fr

Par Célia DAYRAUD, technicienne maraîchage bio chez CIVAMBIO 66

Crédit photo : Shutterstock et Interbio Occitanie


Les couverts végétaux d'été en maraîchage diversifié 9

Les couverts végétaux d'été en maraîchage diversifié

Pour élargir la gamme de choix des couverts végétaux d’été à introduire dans leur rotation, le collectif de maraîchers a mis en culture cet été 2021 du sarrasin, du millet et du sorgho piper/ lablab sous abris et en plein champ, en comparaison avec la référence sorgho piper. Pour choisir quel couvert cultiver, les maraîchers ont défini trois critères principaux : la période de disponibilité de la parcelle, les objectifs agronomiques, techniques et sociaux recherchés et la culture suivante implantée. Onze fermes et le CFPPA de Pamiers ont donc mis en place des parcelles d’essais en fonction de ces critères, ce qui conduit aux différentes modalités présentées.

Remarque : cet article fait suite à celui dans le numéro précédent MAGn°20 « flash sur les essais de sorgho sous serre ».

LE PROTOCOLE COMMUN DÉCIDÉ ENSEMBLE

Les maraîchers décident ensemble d’un protocole commun afin que les résultats obtenus sur leur ferme soient comparables. Ils font leur maximum pour l’appliquer, mais la réalité de leur métier (conditions climatiques et impératif de production notamment) peut les amener à adapter les interventions en cours de saison. Il était prévu de semer les couverts végétaux avant le 1er juillet et de semer simultanément et à un même endroit (Plein Champ PC ou Sous Abris SA) la référence sorgho Piper et les couverts mis en comparaison.

Tous les maraîchers ont semé leurs couverts à la volée et ont noté qu’ils étaient faciles à implanter et à détruire.

Le tableau (ci-dessous) présente les résultats obtenus par les six maraîchers qui se sont engagés à suivre précisément les couverts, dans le cadre de l’expérimentation régionale.

L’augmentation du nombre de fermes impliquées dans les suivis des couverts végétaux a nécessité la recherche d’un outil d’aide performant et facilement utilisable par les maraîchers. Le critère de choix a été la possibilité d’utiliser le logiciel directement au champ sur smartphone. Thomas FRUITET, apprenti à Bio Ariège Garonne en 2020 a découvert l’application Amiculteurs et après trois mois d’essai gratuit, le groupe de maraîchers a majoritairement validé son achat pour une année.

EN SHORT OU AVEC UN BONNET, LES MARAICHERS SONT TOUJOURS INTERESSES POUR VISITER LES PARCELLES D’ESSAIS :

Une journée Portes Ouvertes sur deux fermes a été organisée le 17 août.
Cette rencontre a été l’occasion de faire des démonstrations de relevés de terrain et d’impliquer les participants.

Ensuite une tournée de 3 fermes, organisée le 8 novembre a permis de voir les cultures qui ont suivis les couverts végétaux d’été.

Couverts végétaux d’automne qui ont suivis les couverts végétaux d’été sur la ferme du GAEC du Matet à Martres-Tolosane (31).

Trèfle incarnat dans les poireaux sur la ferme de Théo LE DANTEC à Terrebasse (31).

LES INDICATEURS DE SUIVIS DES COUVERTS

Afin d’acquérir des références locales, plusieurs indicateurs sont étudiés et permettent d’échanger sur la réussite ou pas d’un couvert.

Les tests bêches sont réalisés avant la mise en place du couvert et au moment de sa destruction. Ils permettent au maraîcher de voir l’effet des racines du couvert sur la structure du sol. Par exemple ci-dessous, on voit sur la photo de gauche que les dix premiers centimètres de terre sont de couleur plus foncée. Sur la photo de droite, l’exploration racinaire a favorisé la circulation dans le sol et le couvert augmente le taux de matière organique vers la profondeur.

Les références du logiciel MERCI, qui permettent de connaître le taux de matière sèche des couverts végétaux et leur restitution potentielle en N, P et K pour la culture suivante, ne sont valables que pour les relevés du 1er octobre au 30 avril. Alors, pour pouvoir tout de même comparer les cou-
verts entre eux, Anna ROCHWERGER, stagiaire en 2ème année à l’ENSAT a créé des graphiques rendant visibles l’évolution de l’azote dans le sol et les différentes hauteurs et poids relevés lors des prélèvements de trois fois un mètre carré par culture.

 

Test bêche initial et final de la culture de sorgho sous serre au bureau de Poucharramet (31)

Réalisation des tests azote avant le semis du couvert, en fin de culture et un mois après : avant la mise en place de la culture suivante.

Ces relevés permettent de voir la dynamique de l’azote dans le sol et de décider d’en apporter un complément ou pas pour la culture de légumes suivantes.

Première coupe :
On peut noter qu’au moment de la première coupe, le mélange sorgho / lablab était en moyenne de la même hauteur le sorgho seul et avait le même poids en biomasse fraîche. Le millet était un peu plus petit mais plus lourd.

La culture la plus propre était le sorgho seul, suivi du millet. Le mélange sorgho / lablab était plus sale, ce qui était du à la plus faible densité de sorgho et au fait que le lablab n’a pas bien couvert le sol.

Destruction :
Les résultats du sarrasin sont notés dans la partie destruction puisqu’il ne repousse pas après avoir été broyé.

Le lablab repousse à partir des bourgeons situés en dessous de l’endroit où il a été broyé.

Hauteur :
Lors de la destruction du sorgho, les parcelles étaient très propres. La coupe a permis de broyer les adventices et le sorgho a ensuite pris le dessus.

Le salissement de la culture était équivalent pour les trois autres essais comparatifs.

Le sarrasin était aussi haut que le sorgho, le mélange sorgho/ lablab était un peu plus petit et le millet reste le bas.

Poids :
Le sarrasin était trois fois plus lourd que la repousse des trois autres couverts.

Bien que des adventices soient encore présentes dans le mélange sorgho / lablab, leur poids est négligeable. La coupe du couvert a donc bien permis de concurrencer les adventices, qui étaient présentes au départ.

CERTAINS INDICATEURS A REVOIR

L’augmentation du nombre de fermes maraîchères qui intègrent le groupe de travail ne permet plus aux animateurs de recueillir les nombreux indicateurs initialement prévus.

D’autre part, les relevés de certains indicateurs, par exemple la qualification des mottes du bloc des tests bêches, s’avère trop précise pour les fermes maraîchères étudiées qui portent une attention particulière au sol et dont les résultats à ce test sont en général très corrects.

Les maraîchers se sont bien approprié ce test d’observation et d’aide à la décision et pourront y recourir au besoin lors de questionnements sur le tassement du sol par exemple ou le niveau d’incorporation de la matière organique.

LA SUITE A DONNER

De manière générale, les maraîchers qui ont testé les différentes modalités cet été n’en écartent aucune. Ils souhaitent affiner les résultats obtenus par une nouvelle saison d’essais avec ces mêmes couverts.

Par Delphine DA COSTA, chargée de mission maraîchage chez Bio Ariège-Garonne (BAG)

Crédit photo : Shutterstock et Interbio Occitanie


Un premier forum régional semence bio réussi 10

Un premier forum régional semence bio réussi

Le 1er Forum régional Semences Biologiques s’est tenu à la Jalabertie près de Revel, le 30 novembre 2021. Il était organisé par les Chambres d’agriculture de l’Aude, du Tarn, du Tarn-et-Garonne et la Chambre régionale d’agriculture d’Occitanie, SEMAE, La Coopération Agricole Occitanie, la FNAMS et le SAMS 81 sous la bannière d’Interbio Occitanie.

Les 80 participants venus de 9 départements de la région ont pu profiter des échanges d’informations sur les différents aspects de la production de semences bio, qui ont émaillé la matinée, à travers 5 ateliers tournants animés par un agriculteur témoin et un conseiller.

Cela concernait notamment les aspects réglementaires de la semence biologique et des contrats de semence; les atouts et contraintes de la multiplication de semences de grandes cultures en AB, de semences potagères, de semences fourragères, et la gestion du désherbage des cultures de semences bio.

En extérieur, trois concessionnaires de Revel ont présenté plusieurs outils pour maîtriser les adventices dans les parcelles bio : herse étrille, houe rotative, bineuses autoguidées, outils de destruction des couverts, mais aussi un semoir autonome capable de géolocaliser chaque graine pour un désherbage de précision et une gestion tout au long de la culture.

Sous la forme de speed-meeting, l’après-midi s’est focalisée sur les rencontres en B to B entre les agriculteurs et les établissements semenciers présents (LIDEA, Arterris, Cerience, Graines Girerd, Vikima France, Alliance Seeds, Bosc et Izarn, Semences Martinez, Semences Vivantes).

La satisfaction des participants s’est exprimée surtout sur ce format inédit de journée, avec de vrais échanges professionnels. Le succès de cette première édition a conduit les départements partenaires à renouveler l’initiative. Des forums sur des échelles plus locales (entre 2 ou 3 départements) seront organisés dans le courant de l’année 2022.


Filière avicole - Guide régional d’accompagnement des exploitants des établissements d’abattage non agréés (EANA) 11

Filière avicole - Guide régional d’accompagnement des exploitants des établissements d’abattage non agréés (EANA)

Le guide régional d’accompagnement des exploitants des établissements d’abattage non agréés (EANA) de la filière avicole est paru.

Maillons essentiels des circuits courts de proximité, les EANA sont au cœur d’un carrefour réglementaire. Pour aider les professionnels à répondre aux exigences réglementaires, ce guide propose une vulgarisation et une interprétation des textes. Vous trouverez les éléments sanitaires et réglementaires pour vous permettre d’expliquer les bonnes pratiques dans votre exploitation du point de vue de l’hygiène, de la santé animale et du bien-être animal. 9 fiches facilitent l’application de la réglementation, étape par étape. Chaque fiche comporte les modèles de documents utiles et personnalisables pour faciliter le travail des éleveurs.

https://bit.ly/3F7OpZ0


Débroussaillage des sous-bois et valorisation des matières ligneuses - Le projet du GIEE du Larzac pour l’agro-sylvo-pastoralisme 12

Débroussaillage des sous-bois et valorisation des matières ligneuses - Le projet du GIEE du Larzac pour l’agro-sylvo-pastoralisme

Comment agrandir sa surface fourragère et ses parcours quand on est éleveur sur le Larzac méridional, dans le respect de cet écosystème fragile? Que faire de cette broussaille, principalement constituée de buis, dont les propriétés avaient déjà été mises en évidence par Olivier de Serres, père de l’agronomie, dès le XVIème siècle ? C’est pour répondre à ces questions que le groupement Larzac pour l’Agro-sylvo-pastoralisme, a été reconnu d’intérêt économique et environnemental (GIEE) en mai 2016 et poursuit, à ce titre, son projet intitulé «débroussaillage des sous-bois forestiers et valorisation des matières ligneuses ».

ORIGINE ET HISTORIQUE DU PROJET

Nicolas Brahic est éleveur de cochons de plein air intégral bio sur le Larzac méridional depuis 2007. Son domaine de 250 ha comprend 215 ha de forêt steppique fermée par la broussaille envahissante et inaccessible par les animaux. C’est de cette nécessité d’ouvrir le milieu pour gagner de la surface fourragère et des parcours, mais également afin de diminuer l’achat de céréales bio devenues coûteuses, qu’est née la société Buxor qu’il crée en 2012. Le débroussaillage manuel étant inenvisageable, en particulier avec les essences présentes de bois dur, il s’agissait de trouver le moyen de débroussailler mécaniquement les sous-bois de son exploitation, dans le respect de l’éco-système.

Que faire de cette broussaille ? Ne serait-il pas possible de la valoriser ? Pour répondre à ces interrogations, Nicolas Brahic s’intéresse aux démarches qui ont exploré la question, comme la méthode de compostage Jean Pain ou la technique du bois raméal fragmenté (BRF). L’éleveur met au point une machine combinée de récolte qui permet, en un seul passage, de couper les arbustes et la broussaille, de les broyer et de récupérer le broyat. Celui-ci est mis en tas et, au bout de quelques mois, forme un pré-compost qui prend le nom de Buxor compte-tenu de la prédominance du buis à environ 80%.

Convaincu de l’intérêt de ce produit, il fédère autour de lui un réseau d’agriculteurs et d’éleveurs utilisateurs qui devient le GIEE Larzac pour l’Agro-sylvo-pastoralisme

LES IMPACTS FAVORABLES DE L’OUVERTURE DU MILIEU

Les impacts sont très positifs pour l’agro-pas-toralisme. Le troupeau peut revenir rapidement sur la parcelle débroussaillée car la végétation est coupée et non arrachée : pas de chicots dangereux pour les pattes des animaux. Les graminées repoussent de suite, sans pousse excessive de ronces ou églantiers car la broussaille est exportée et non laissée sur place. L’ombrage apporté par les arbres qui sont de nouveau accessibles aux animaux et les massifs de buis épargnés sur les parcelles, permet au troupeau une meilleure résistance à la chaleur et allonge la période d’herbe verte disponible pour les animaux.

L’ouverture du milieu favorise également la biodiversité. Les grands arbres dégagés servent d’abris à un grand nombre d’animaux. A l’ombre de ces arbres, la strate herbacée reste fraîche et accessible à la faune sauvage plus longtemps que sur les pelouses. Les massifs de buis épargnés constituent également des espaces indispensables au maintien de la faune locale et à une faune importante qui migre sur le Larzac pour se reproduire. Les étendues de pelouses dégagées entre les massifs de buis et les arbres représentent une zone de nourrissage ou de chasse pour nombre d’animaux. Elles accueillent une grande diversité faunistique et floristique, souvent typique des Causses et protégée comme le Vautour fauve et l’Ophrys aymoninii.

En parallèle, ces espaces dégagés limitent fortement le développement des populations de sangliers.

C’est l’alternance de ces 3 zones mises en place lors de l’ouverture des parcelles qui permet de favoriser un écosystème sauvage équilibré, tout en permettant l’installation d’éleveurs pratiquant un agro-sylvo-pastora-lisme respectueux du bien-être des animaux domestiques.

 

Photo ci dessous : Cochons de la ferme des Terres Libres en semi-liberté dans un milieu ouvert, auparavant impénétrable. On aperçoit les nouvelles pousses de buis dès la 1ère année. Crédit photo Buxor.

Photo 2> Compost de broyat de buis. Crédit photo Buxor.
Photo 3 > Machine combinée de récolte forestière construite par Buxor en 2013 : sécateur hydraulique monté sur une pelle mécanique modifiée, Mecalac 14 MBX, montée sur pneus « big foot » et broyeur Jean Pain modèle 900 attelé. Crédit photo Buxor.

QUELLES UTILISATIONS POUR LA BROUSSAILLE ?

Maraîchage> En 2013, un maraîcher bio de l’Hérault séduit par la démarche de Buxor, teste le broyat de buis et constate sur les sols ayant reçu l’amendement que la structure s’était modifiée : le sol est devenu plus souple, aéré et favorise la présence de vers de terre. Il mène alors quelques essais de semis et plantation de légumes sur Buxor et sol témoin et les résultats obtenus sont encourageants : les salades et mâches repiquées se développent aussi bien, voire mieux que sur paillage plastique ou sol nu. Les semis directs sont même possibles: navets, radis, épinards se développent bien sur une épaisseur de 8 cm de Buxor sans ajout d’autres fertilisants. Enfin, les légumes sont plus savoureux selon leur producteur, qui estime que l’utilisation du broyat de buis lui permettra de moins arroser, moins désherber, moins labourer, et moins utiliser le paillage plastique.

Viticulture> En viticulture aussi, le Buxor présente de nombreux intérêts. Il a été testé en 2018 par un vigneron bio de Cahors et l’effet du produit est déjà visible en seulement quelques mois : la structure du sol a changé en surface, il est plus meuble, garde mieux sa fraîcheur que sur la partie témoin qui n’a pas reçu de produit. Ce sol plus souple est plus facile à désherber, ce qui est important en culture biologique.

Élevage> Le broyat de buis a également trouvé sa place sur la ferme d’élevage porcin de Nicolas Brahic. Comparé à la paille, le Buxor présente l’intérêt d’être plus durable : jusqu’à 6 mois dans la cabane, tout en conservant une litière propre et sans odeurs désagréables. De plus, le produit dégage de la chaleur en hiver dans les cabanes ce qui favorise le décollement des petits de la mère et limite fortement les risques d’écrasement. Enfin, les animaux semblent plus calmes, ce qui peut probablement s’expliquer par les propriétés cardio-régulatrices reconnues du buis.

Domaine équestre> Le broyat de buis présente également de nombreux intérêts pour le domaine équestre : utilisé comme litière pour les chevaux, il ne dégage pas de d’odeur d’ammoniaque, n’attire pas les mouches et la litière est plus homogène. Enfin, épandu sur sol équestre, il procure un grand confort de travail aux chevaux et permet au sol de se ressuyer rapidement et d’être utilisable par quasiment tous les temps.

Il conviendrait aujourd’hui de tester le process dans d’autres massifs forestiers, avec d’autres essences et un contexte pédoclimatique différent afin de vérifier si la démarche est transposable. Des contacts ont été pris en ce sens avec des organismes de recherches.

Photo 1 > Vignes de Cahors avec compost de buis épandu. Crédit photo Buxor.
Photo 2 > Comparaison salades sur plastique avec 150 unités d’azote et sur Buxor sans engrais. Crédit photo Buxor.
Photo 3 et photo 4> Marcheur et piste de galop chez un éleveur héraultais. Crédit photo Buxor.

CONTACT

Si vous êtes intéressés par le projet et souhaitez en savoir plus, n’hésitez pas à contacter le GIEE Larzac
> gieedularzac@mcom.fr

Par Elodie BERNARD, animatrice technique au CIVAM Bio 34

Crédit photo : Interbio Occitanie