Retour sur Bio&Pro - Forum des investisseurs du 3 mars 2022 à Montpellier
La 3ème édition du Forum des investisseurs s’est déroulée le 3 mars à Montpellier. 60 personnes sont venues sur la journée. Mais ce sont surtout 18 porteurs de projet qui ont profité de plus de 90 rendez-vous qualifiés auprès de 15 investisseurs privés et publics.
Côté satisfaction, 85 % des participants ayant répondu au questionnaire de bilan étaient globalement très satisfaits de la journée. Et 100 % conseilleraient de participer à la prochaine édition.
Les interventions du matin ont répondu aux besoins des participants, en particulier les témoignages des chefs d’entreprises. Vous retrouverez ci-dessous les enregistrements de l’ensemble des interventions. Côté rendez-vous individuels, ils ont répondu aux attentes des porteurs de projets comme des investisseurs grâce à des rencontres pertinentes.
Quelques retours de participants :
« Super organisation, surtout pour les rdv de l’après-midi, merci pour tout. »
« Bravo pour cette belle organisation. »
Si vous souhaitez les contacts d’investisseurs présents à cette journée, n’hésitez pas à nous les demander au 05 61 75 42 84.
Retrouvez ci-dessous les interventions de la matinée :
Interbio Occitanie
- Introduction de la journée par Julien FRANCLET – Président d’Interbio Occitanie
- Programme présentée par Nancy FAURE – Directrice d’Interbio Occitanie
Les financements publics
- Conseil Régional
- Tifenn Jehanno – Chargée de mission Agriculture Biologique et Agroécologie
- Caroline Tardivo – Chargée de mission filières végétales et recherche/expérimentation
- DRAAF Occitanie
- Laurent Baccella – Chargé de mission agroalimentaire et filières végétales
- Agence de l’eau Adour Garonne
- Laurent René – Référent régional Occitanie
- Agence Bio
- Agathe Paul – chargée de mission Fonds Avenir Bio
Partie 2 : Paroles d’entreprises
- La Truitelle – François Isambert
- Garoma – Pierre Boccon Gibod
- Toomaï – Edouard Truchelut
- Sibio ! – Pierre Giovanelli
Prix européens de l'excellence bio
La Commission européenne a lancé le 18 février les premiers prix européens de la production biologique, tels que prévus dans son plan d’action en faveur du secteur biologique publié en mars dernier.
Le concours comprend 7 catégories (de la production agricole à restauration en passant par les collectivités), et les prix (sans récompense financière !) récompenseront les acteurs les plus innovants de la production biologique dans l’UE.
Les candidatures seront ouvertes du 25 mars au 8 juin 2022 et les prix seront décernés le 23/09/22, lors de la journée européenne du bio.
Label Territoire bio Engagé - Témoignage de Didier Rey, responsable du service restauration de la ville de Léguevin.
- Commune de Léguevin (10 000 habitants), labellisée sur les 2 critères
- Surface Agricole Utile : 20,41 % en Bio (niveau 1)
- Restauration Collective : 54,10 % (niveau 2)
- 3 restaurants scolaires
- 980 couverts servis/jour
J’ai commencé à introduire des produits bio dans mes menus en 2000 : 1 menu bio/trimestre, puis 2 menus bio/mois,…et maintenant, nous sommes à plus de 54 % de produits bio !
Qu’est-ce qui a motivé votre démarche ?
Cette démarche fut avant tout personnelle. En effet, mon premier argument était de faire consommer aux enfants des produits sans produits chimiques. Ce qui me semblait essentiel ! Mais je tiens à préciser que le Conseil Municipal a tout de suite validé ma demande !
Comment avez-vous débuté votre approvisionnement en produits bio ?
J’ai tout d’abord commencé à m’orienter auprès des petits agriculteurs locaux, que je ne connaissais pas forcément. Mais ce fut vite compliqué en termes de quantité…cependant, j’ai eu la chance de pouvoir m’approvisionner auprès de divers fournisseurs en région comme le bœuf d’Aubrac bio, Biochamps qui se trouve en Ariège et qui propose des laitages bio, la Maison Bousquet pour toute la partie Boucherie bio, QualiSol et ses produits MonBio (légumineuses) et une partie des fruits et légumes bio via le Marché d’Intérêt National de Toulouse. Je fus également le premier client de l’entreprise Biofinesse, distributeur de produits alimentaires 100% biologiques pour la restauration hors domicile.
Et depuis, nous sommes certifiés Ecocert et Territoire Bio Engagé (sur les deux critères de la surface agricole utile et la restauration collective) niveau 2 !
Il nous semblait primordial de valoriser le travail des agents et notre engagement pour la Bio ! Aussi, Interbio Occitanie et la Coopération Agricole d’Occitanie avaient organisé en 2014 des journées découvertes spéciales Bio : l’idée était de nous faire rencontrer les entreprises qui pouvaient fournir les collectivités en produits bio. C’est ainsi qu’Interbio Occitanie nous a présenté le label.
Nous avons accroché les panneaux à l’entrée et au centre de la ville de Léguevin ainsi que sur les établissements concernés par cette labellisation. De plus, nous diffusons les flyers fournis par Interbio Occitanie pour informer les parents des enfants de notre démarche. Cela fait maintenant 8 ans que nous sommes labellisés.

Inscrivez-vous au prochain Forum des investisseurs !
Interbio Occitanie organise le prochain forum des investisseurs en Occitanie
Jeudi 3 mars 2022
à l’Agropolis de Montpellier
9h30 à 17h30
Venez rencontrer vos futurs partenaires !
- Banques traditionnelles du marché agricole, agroalimentaire et des projets d’utilité social et écologique
- Plateformes de financement participatif du monde agricole et agroalimentaire (Prêts, dons, investisseurs)
- Structure et outils de garantie de prêts
- Société de Capital investissement
- Les partenaires publics régionaux et nationaux
- Les structures d’accompagnement
Plus que 15 jours pour vous inscrire au prochain Forum des investisseurs !
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Gestion du Rumex en Agriculture Biologique
Les rumex sont des adventices problématiques en systèmes prairiaux, mais aussi en systèmes de grandes cultures biologiques. Les méthodes de gestion se focalisent sur la réduction du stock semencier très persistant des rumex, et sur l’extraction de leurs racines.
UN PEU DE BOTANIQUE POUR CONNAÎTRE ET RECONNAÎTRE LES RUMEX
Les rumex sont des dicotylédones de la famille des Polygonacées et du genre Rumex. Quatre espèces sont rencontrées. Les deux espèces les plus communes sont le Rumex à feuilles obtuses, principalement en systèmes assolés, et le Rumex crépu. C’est une plante pluriannuelle à caractère vivace, à racine pivotante, se développant en rosettes à feuilles alternes.
Les rumex se rencontrent plutôt sur des sols avec engorgement en eau et riches en matière organique (où il y a blocage des oligo-éléments et du Phosphore). Leur présence témoigne d’un sol riche en Aluminium et Fer (+ nitrites pour R. à feuilles obtuses). Le Rumex crépu a une préférence pour les sols argileux et basiques, contrairement au Rumex à feuilles obtuses qui a une préférence pour les sols limoneux et plutôt acides.
Le rumex est présent toute l’année. Il produit 60 000 graines par an et par plante (un peu moins pour le crépu) d’où un stock semencier qui se régénère très vite. La levée a lieu principalement au printemps et à l’automne. Ces levées sont échelonnées et se produisent sur les 3 premiers cm du sol, au maximum à une profondeur de 5 cm (influence de la lumière De plus, les graines ont une capacité partielle à pouvoir germer avant maturité. La floraison, généralement en juin, a lieu en 2e année pour R.obtusifolium et en 1e année pour R.crispus.
La multiplication se fait par les graines et par multiplication végétative, d’où son comportement de type vivace si on sectionne le pivot. Les segments racinaires, même très petits peuvent se régénérer et donner de nouvelles racines pivots.
-> Tendance à mourir après production de graines ou à hiverner en rosette puis repartir par bourgeons axillaires sous collet
-> Capable de vivre des décennies, mais en moyenne 8 à 10 ans
-> Vivace accidentelle par fragmentation du système racinaire
-> Place de l’homme importante dans la stimulation et la distribution des rumex
Fiche Agro-Transfert HdF, 2014
LES MÉTHODES DE GESTION
L’objectif est double : il va falloir gérer les pivots racinaires et les graines.
Comme pour les vivaces (chardon…), nous vous conseillons très vivement d’intervenir aux périodes où les réserves de la plante sont au plus bas.
Intervenez préférentiellement à début floraison si c’est possible et avant la fin de l’été car à l’automne le rumex a refait ses réserves (dans son pivot).
Les réserves sont basses également au début du printemps.
FAUX SEMIS
Le faux semis permet de déstocker. Il se fait au printemps ou l’été (avant tournesol, après la moisson des blés par exemple). L’objectif est de faire germer le maximum de graines avec un travail du sol peu profond et de détruire ces plantules levées.
DÉCHAUMAGES EN INTERCULTURE
Un décompactage avant déchaumages peut être réalisé. Il est souvent nécessaire de faire plusieurs déchaumages l’été pour éviter le redémarrage des pivots.
Il est conseillé d’utiliser des outils à dents plutôt qu’à disques qui vont fragmenter les pivots ainsi que des ailettes pour augmenter la surface d’intervention. Un passage de vibroculteur ou de herse étrille ensuite limitera le contact pivot-sol et limitera leur reprise. Eviter les rouleaux qui rappuient le sol et favoriseront un redémarrage.
HERSE ÉTRILLE
Elle peut être utilisée dans 2 situations. Un passage de herse étrille dans la culture avant 3 feuilles du rumex éliminera les jeunes plantules. La herse étrille peut également être utilisée après passage du déchaumeur en interculture pour bouger les pivots coupés et éviter qu’ils repartent par contact avec le sol.
BINAGE
Une culture sarclée dans la rotation est un levier complémentaire.
IMPLANTATION DE CULTURES OU COUVERTS ÉTOUFFANTS
Ces cultures entreront en concurrence pour l’eau, les éléments nutritifs et la lumière avec le rumex (ex avoine, seigle, méteils, maïs…).
ECIMAGE
Un passage d’écimeuse sur culture « basse » peut permettre de « gagner du temps » pour éviter la grenaison avant récolte (attention les graines encore vertes sont capables de germer). Plusieurs passages sont probablement nécessaires pour couvrir toute la période de floraison.
NETTOYAGE DES SEMENCES DE FERME
COMPOSTAGE
Les graines ayant subi un compostage ne sont plus viables. Données issues de tests de compostage de fumier d’ovins avec 3 durées de compostage et 2 profondeurs :
ARRACHAGE MANUEL
Il est conseillé d’utiliser une fourche à rumex (cf photo) afin d’extraire le pivot sur au moins 15 cm. Evitez d’attendre une forte infestation pour agir ! Cette méthode est aussi très utile pour éviter un retour ou une colonisation du rumex.
Dans la mesure du possible, travailler en croisé pour le travail du sol, ou avec aller et retour pour le binage, permet d’améliorer l’efficacité de la technique.
Par Ingrid Barrier, Chambre d’agriculture du 82
Le travail du sol en viticulture biologique en Occitanie
Le travail du sol est une pratique indispensable à maîtriser pour les viticulteurs s’engageant en Agriculture Biologique puisque le règlement bio européen interdit notamment l’utilisation des herbicides, en cohérence avec les attentes sociétales actuelles. Qu’il soit réalisé sous le rang ou sur la totalité de la parcelle, le travail du sol reste une étape délicate associant performance technique et enjeu économique.
Et pour les herbicides d’origine naturelle ?
L’utilisation des herbicides est strictement interdite en Agriculture Biologique, même s’ils portent les mentions « Produit d’origine naturelle » ou « Biocontrôle ».
LES OBJECTIFS DU TRAVAIL DU SOL
L’entretien mécanique du sol répond à diverses problématiques fréquemment rencontrées sur les vignobles d’Occitanie :
-> Désherber mécaniquement afin de limiter les concurrences hydrique et azotée pouvant être causées par les adventices ou les couverts végétaux semés.
-> Ameublir le sol afin d’en améliorer l’aération et la vie microbienne.
-> Enfouir superficiellement les apports d’amendements et d’engrais pour optimiser leur disponibilité et leur efficacité (réduire le risque de lessivage, favoriser la dégradation de la matière organique…).
-> Décompacter les sols sensibles au tassement grâce à un travail plus profond (environ 20 cm).
-> Maintenir un sol plat dans les inter-rangs.
Une pratique qui n’est pas sans conséquence.
Malgré tout l’intérêt du travail du sol comme alternative aux herbicides, il peut engendrer différents inconvénients comme la baisse de la portance, le risque accru d’érosion par rapport à un sol enherbé, la destruction des racines superficielles de la vigne, l’augmentation de la consommation en gazole agricole, une accélération du processus de minéralisation (perte de carbone)…
LES OUTILS DE TRAVAIL DU SOL
Pour un travail du sol satisfaisant, le choix d’outils adaptés est primordial. Différents paramètres sont à prendre en compte : l’objectif recherché, la configuration de la vigne, la nature et la pente du sol, les adventices présentes sur la parcelle, l’organisation du travail, les caractéristiques du tracteur, l’expérience du chauffeur et la facilité de réglage de l’outil.
-> Pour pouvoir faire face aux multiples situations, différents outils sont souvent nécessaires sur une même exploitation.
Comment choisir le modèle adapté à ses besoins ?
-> Echanger avec des viticulteurs aux terroirs et problématiques similaires.
-> Participer à une journée de démonstration pour observer l’ensemble des outils en fonctionnement.
-> Demander aux constructeurs de venir tester l’outil sur ses propres parcelles.
DANS L’INTER-RANG
SOUS LE RANG
Les disques crénelés font également un travail satisfaisant s’ils sont bien réglés, avec une faible profondeur, dans des sols non sensibles au lissage.
Et pour maintenir et entretenir un couvert herbacé ?
Désormais de nombreux viticulteurs optent pour des stratégies combinant travail du sol et maintien d’un couvert herbacé temporaire entretenu. Les outils fréquemment utilisés dans l’inter-rang sont les gyrobroyeurs, les broyeurs à marteaux et les rouleaux écraseurs de végétaux. Concernant l’entretien sous le rang, les tondeuses interceps et les interceps rotatifs à axe horizontal à fils (type épampreuse) sont de plus en plus répandus.
LES COÛTS DE PRODUCTION
Les coûts peuvent être très variables d’une exploitation à une autre en fonction des conditions agropédoclimatiques, des outils, de l’expérience des tractoristes, du développement des adventices… Le tableau de la page suivante présente quatre cas de figure, sur une exploitation de 30 ha dont les parcelles possèdent une largeur de plantation de 2,50 mètres et configuration 100m/100m. Avec une largeur de plantation de 2,20 m, les coûts de production sont de 2 à 8 % plus élevés.
-> Pour comparaison, un itinéraire technique intégrant 3 passages de cadre dans l’inter-rang et un passage d’herbicide chimique sous le rang
possède un coût moyen de 214 €/ha avec un temps de travail moyen de 3,71 h/ha/an.
Source : Matériel agricole Coûts des opérations culturales, APCA, 2020
RÉDUIRE SA CONSOMMATION EN GAZOLE AGRICOLE LORS DU TRAVAIL DU SOL
La transition vers le travail du sol est souvent caractérisée par une augmentation de la consommation en carburant et donc des coûts de production. Pour maîtriser cette augmentation, plusieurs pistes de réflexion existent :
-> Le choix de l’outil. Certains outils sont nettement plus consommateurs en gazole. La houe rotative à axe horizontale consomme par exemple deux fois plus de carburant qu’un cadre, du fait de son animation via la prise de force et d’une vitesse de passage plus faible. De la même manière, une décavaillonneuse hydraulique sera plus consommatrice en carburant qu’un outil passif.
-> Le moment de reprise des sols. Le travail dans un sol aéré et sec est moins consommateur en carburant que dans un sol compacté ou ressuyé mais frais.
-> La profondeur de travail. Le travail du sol à une profondeur inférieure à 10 cm, avec un objectif de destruction des adventices par exemple, est moins consommateur en gazole qu’un travail du sol à une profondeur supérieure à 10 cm réalisé dans le cadre d’un décompactage.
Un régime moteur adapté et l’optimisation des manoeuvres permettent également de réduire sa consommation en carburant.
Source : L’entretien du sol, SudVinBio, novembre 2019
Bilan carbone : pour consommer toujours moins de gazole agricole, raisonnez votre nombre de passages.
Par Emma CARROT et Christophe AUVERGNE, Chambre d’agriculture de l’Hérault, Nicolas CONSTANT, SudVinBio, Nicolas DUBREIL, CivamBio66, Emmanuel COLIN, FD CUMA 30-34, Marie LARGEAUD, Chambre régionale d’agriculture Occitanie
L’ail Bio : situation de la production en Occitanie et débouchés commerciaux
En 2018, la région Occitanie présentait plus de 1 750 ha d’ail, soit 65% des surfaces nationales. Cette culture est principalement présente sur quatre départements : le Tarn est leader avec 820 ha, suivi du Gers avec 541 ha, du Tarn-et-Garonne avec 305 ha et de la Haute-Garonne avec 77 ha. La production s’est distinguée avec les Signes Officiels de Qualité (Ail rose de Lautrec Label Rouge, Ail violet de Cadours AOP, Ail blanc de Lomagne IGP) pour garantir une plus-value aux producteurs et résister aux produits importés. La production en Agriculture Biologique n’est pas en reste puisqu’elle représente près de 10% des surfaces implantées (150 ha certifiés et 21 ha en conversion, soit 171 ha au total).
LA FILIÈRE DE L’AIL BIO EN OCCITANIE
En 2020, InterBio Occitanie a réalisé une enquête auprès de 11 metteurs en marché du Sud-Ouest (Alinéa -Top Alliance, Biogaronne, CABSO, Condifrance, Les Aulx du Sud-Ouest, Les Jardins du Midi, Les Produits du Soleil, Ligne Directe Production, Royal Saveurs, SicaBio Pays Landais, Vialail).
L’objectif de cette enquête était de mieux connaitre les opérateurs de la filière et leurs attentes, en vue d’améliorer la structuration et le développement d’une filière biologique cohérente.
Les résultats ont été présentés lors de 2 évènements organisés par les Chambres d’agriculture du Gers, Haute-Garonne, Tarn et Tarn-et-Garonne : un webinaire le 3 décembre 2020 et une journée filière bio le 26 mars 2021. Les points marquants de l’enquête sont présentés ci-dessous avec les réactions ressorties des discussions.
ORIGINE ET CIRCUIT DE DISTRIBUTION
Le Tarn est le premier département d’Occitanie producteur d’ail sous SIQO en terme de surface, alors que ce sont le Gers et le Tarn-et-Garonne qui sont les principaux producteurs d’ail certifié BIO. Viennent ensuite la Haute-Garonne, le Tarn et le Lot-et-Garonne.
L’ail bio français n’est présent sur les marchés que d’août à mars. C’est pourquoi la moitié des metteurs en marchés déclarent commercialiser de l’ail bio d’importation produit en Bretagne, Espagne et Argentine.
Les raisons essentielles pouvant expliquer l’import d’ail bio sont le manque de volume produit, et le manque d’infrastructures du type chambres froides pour conserver l’ail plus longtemps. La jonction de mars à août est souvent réalisée avec de l’ail argentin (hémisphère sud).
Les principaux circuits de distributions de l’ail certifié BIO sont les magasins spécialisés et la GMS (Grandes et Moyennes Surfaces). La grande distribution porte un intérêt de plus en plus fort pour la production française.
L’industrie est un débouché mineur pour l’ail BIO. Si quelques transformateurs s’intéressent désormais à la production française et sont prêts à s’adapter pour pouvoir la réceptionner et la travailler, cela reste actuellement un marché de niche. De plus, le prix d’achat est toujours beaucoup plus faible (entre 2,50 et 3,00 €/kg).
L’ail en conversion reste difficile à commercialiser car la mention « En conversion à l’agriculture biologique » n’a pas d’impact sur l’acte d’achat des consommateurs. Il n’y a donc aucune demande des distributeurs pour ce produit. Seuls certains circuits de magasins spécialisés permettent d’absorber un peu de volume en C2 (le réseau Biocoop notamment).
LES GAMMES ET VOLUMES COMMERCIALISÉS EN BIO EN OCCITANIE
Sur les 11 metteurs en marchés enquêtés, 10 ont une gamme d’Ail Blanc BIO (soit 730 tonnes commercialisées en 2019) et 6 ont une gamme d’Ail Violet BIO (représentant 105 tonnes commercialisées en 2019). Ils expliquent cette différence par le fait que la majorité des clients n’acceptent pas d’avoir deux couleurs d’ail dans leur gamme de bio. L’ail blanc est privilégié par les producteurs car moins impacté par la rouille que l’ail violet.
Parmi les entreprises enquêtées, une seule propose une gamme d’Ail Rose BIO (soit 10 tonnes commercialisées en 2019). L’Ail Rose est peu représenté car il est déjà bien valorisé en conventionnel sous Label Rouge et qu’il est plus complexe à produire en Agriculture Biologique (coût de production plus élevé, cycle plus long qui l’expose fortement à la pression Rouille de fin de cycle).
L’ail est le plus souvent vendu sec, même s’il est intéressant de noter que des gammes d’ail Blanc et d’Ail Violet existent en frais.
CALIBRES, PRIX DE L’AIL EN BIO ET BESOINS
Alors qu’en conventionnel, la fourchette de calibre de l’ail est principalement comprise entre 60 et 90 (on entend par calibre le diamètre de la tête d’ail), elle est plus étendue en BIO. En effet, d’après l’étude menée par InterBio Occitanie, les calibres les plus commercialisés sont compris entre 40 et 70. En GMS, le calibre standard pour de l’ail bio se situe entre 45 et 60. En dessous, la valorisation reste difficile. Un réel travail de communication auprès des acheteurs doit être fait pour une meilleure compréhension des contraintes liées à la production et une meilleure acceptabilité des petits calibres. La problématique du conditionnement pour disposer d’emballages adaptés à du petit calibre a notamment été abordée en 2020, suite aux faibles rendements de l’année (sur certains lots, jusqu’à 60% de calibre 40). Au sein de la CABSO, certains acheteurs à la recherche d’ail et devant les faibles volumes disponibles, ont accepté de valoriser le calibre 30 pour soutenir la filière française.
D’après les résultats de l’enquête d’Interbio Occitanie, pour la campagne de commercialisation 2019-2020, le prix moyen payé au producteur pour de l’ail blanc brossé bio était de 5.73 € HT/kg. En moyenne, ce prix varie de 4.30 € à 5.70 € HT/kg.
Sur les 11 metteurs en marchés interrogés, 75% déclarent souhaiter développer leurs volumes d’ail bio. Selon leurs estimations, ces besoins supplémentaires représenteraient environ 370 tonnes en Ail Blanc BIO et environ 70 tonnes en Ail Violet BIO. L’origine Sud-Ouest est privilégiée.
CONDITIONNEMENT ET LOGISTIQUE ATTENDUS PAR LES METTEURS EN MARCHÉ D’OCCITANIE
Les metteurs en marché réceptionnent dans la plupart des cas les aulx bio sur leur plateforme, mais certains lots sont apportés par transporteur. Ils sont essentiellement conditionnés en vrac (dans 90% des cas), mais également sous forme de plateau (8%) et quelque uns sous forme de tresse (2%). Les tresses sont généralement commercialisées par les producteurs et les productrices en vente directe.
TÉMOIGNAGE DE FABRICE FURLAN
PRODUCTEUR D’AIL BIO DANS LE GERS, RECUEILLI LORS DU WEBINAIRE SUR LA FILIÈRE AIL BIO DU 3 DÉCEMBRE 2020
Quand et pourquoi s’être engagé en agriculture biologique ?
« Je me suis engagé en 2015. Ca me trottait dans la tête depuis quelques années, j’étais à la recherche d’un « nouveau souffle » techniquement, j’étais lassé de ne valoriser que le calibre 70-90, et je trouvais le marché aléatoire et morose. Les soutiens financiers régionaux et le fait qu’un ami se lance m’ont encouragé à passer le cap ».
Quelle est la production actuelle ?
« A ce jour, je cultive 10 ha d’ail en bio, en coteaux argilo-calcaires irrigables, sur une SAU totale de 150 ha en majorité grandes cultures. L’ail représente la moitié de mon chiffre d’affaires. Je cultive plus de 80% d’ail blanc, car je trouve la variété Messidrome plus adaptée à la conduite en AB et le marché est là. Je cultive aussi du violet mais j’ai réduit ma surface au profit du blanc car je le trouvais plus sensible à la rouille. Je commercialise en vrac car pour les autres types de conditionnements (plateaux, etc), la valorisation en plus n’est pas significative et ne permet pas de rentabiliser le besoin en main d’oeuvre pour réaliser ces étapes manuelles ».
Quelles sont, d’après toi, les principales problématiques ?
« La gestion de la rouille est une véritable problématique car la maladie peut entrainer de très grosses pertes de rendement. Cette maladie rend les rendements très fluctuants d’une année à l’autre, et nous n’avons pas de méthode de lutte efficace.
La semence est aussi une problématique, surtout avec l’évolution de la réglementation à venir qui obligera le recours à de la semence AB et n’autorisera plus les dérogations. Cela va entrainer un coût plus important et va doubler ma mise de fond, la prise de risque sera donc plus grande. Il va falloir que les cours se maintiennent pour garder de la plus-value.
La valorisation du C2 est également un problème. A ce jour, l’ail en conversion est valorisé au prix du conventionnel, donc ça ne passe pas, on ne rentre pas dans nos frais. J’ai donc décidé de ne pas faire d’ail pendant les 2 ans de conversion. Si c’était à refaire, j’aurais passé l’exploitation en bio et loué des terres en conventionnel ou des terres déjà certifiées pour y mettre l’ail le temps que l’exploitation soit certifiée ».
Qu’est-ce qui te plait dans cette démarche ?
« Le marché est dynamique et les prix sont assez stables, c’est un atout. Il y a davantage de sécurité économique et les relations avec les acheteurs sont aussi plus saines.
Les rendements étant plus faibles (mais la valorisation bien meilleure), je travaille aussi moins de volume ce qui est plutôt bien. J’ai même revendu des palox. Par contre, il faut penser à changer les grilles des machines, pour ne pas laisser partir le petit calibre »!
VISITE DE L’EXPLOITATION DE M. ROUET À MONFORT LE 26 MARS 2021
L’après-midi du 26 mars 2021 consacrée à la filière de l’Ail BIO organisée par les Chambres d’agriculture du Gers et du Tarn-et-Garonne, s’est terminée par la visite de l’exploitation de M. Rouet à Monfort, avec une démonstration de binage de l’ail.
La parcelle avait un précédent de blé et avait déjà été désherbée 2 fois (2 passages de herse étrille à l’aveugle, à mi pression, en décembre). En moyenne, 3 passages de bineuse sont ensuite nécessaires (en plus du désherbage manuel).
La bineuse présentée était une bineuse à soja que M. Bonnet, salarié de M. Rouet, a astucieusement adaptée pour servir de bineuse à ail. En moyenne, l’entreprise a des rendements en ail de 3,5 tonnes/ha.
Selon M. Bonnet, l’irrigation n’est pas obligatoire en ail. M. Bonnet expliquait par exemple qu’en 6 ans, il n’avait arrosé que 2 fois.
Cette action d’animation est cofinancée par la Région Occitanie via les crédits « Animation Bio » et par l’Etat au travers du CasDar.
Lise Laporte-Riou, Chambre d’agriculture du Gers
Marie Bollino, Chambre d’Agriculture du Tarn-et-Garonne
Anne-Laure Fuscien, Chambre d’Agriculture du Tarn
Stéphanie Camazon, Chambre d’Agriculture du Tarn
Marie Largeaud, Chambre régionale d’agriculture Occitanie
©Crédit photo : InterBio Occitanie et Chambres d’agriculture d’Occitanie
Flash sur les essais de sorghos sous serres - Été 2020
Satisfaits par les résultats des sorghos cultivés en plein champ, le collectif de maraîchers qui travaille sur les couverts végétaux, a voulu élargir les essais à la culture sous serre.
L’objectif commun aux maraîchers des cinq fermes de Haute-Garonne et d’Ariège* qui ont cultivé les variétés Piper et/ou Lurabo F1, était la forte production de biomasse sur un court laps de temps estival, en vue d’augmenter le taux de matière organique du sol et de concurrencer les adventices.
(*) Alban REVEILLE à Cazères, Le Buréou à Poucharramet, Nolwenn LEURENT à Mauvaisin, Bertrand BUZARE à Venerque et le GAEC de Champ Boule à Barjac.
Par manque d’eau au moment de la levée et par manque de temps pour réaliser les coupes en cours de culture, des résultats n’ont finalement pu être obtenus que sur trois fermes et aboutissent à l’itinéraire technique cultural suivant :
-> Préparer minutieusement le lit de semence.
-> Semer à la volée en juin/juillet et enfouir les graines à 2-3 cm de profondeur.
-> Densité de semis : 50 kg/ha pour Piper et 90 kg/ha pour Lurabo F1.
-> IRRIGUER pour permettre la levée.
-> Réaliser plusieurs coupes en cours de culture pour créer de la matière organique à faible teneur en carbone.
-> La coupe peut être réalisée lorsque le sorgho atteint environ un mètre de hauteur. Laisser au moins une hauteur de 10 cm au sol pour que le sorgho reprenne sa croissance rapidement.
-> Pour un cycle court du couvert végétal, la variété Piper convient, voir encadré « Choix variétal du sorgho ».
Le détail des essais est disponible sur le site Internet de Bio Ariège Garonne : https://bit.ly/3nvlJBl
Alban valide cet itinéraire technique cultural qui permet sur une année, d’intensifier la surface sous serre en enchainant trois cultures de légumes et un couvert végétal. Cette année, Alban a décidé d’associer le sorgho au sarrazin. Le 9 juin il a semé le mélange sorgho Piper à 60kg/ha et sarrazin à 20kg/ha. L’idée est que le sarrazin soit détruit lors de la première fauche (aux alentours du 7 juillet) et que le sorgho prenne le relais.
CHOIX VARIÉTAL DU SORGHO :
Le travail continu réalisé par le collectif de maraîchers depuis 2017 a permis d’affiner le choix des variétés de sorghos cultivées afin d’atteindre les objectifs recherchés. En effet, l’accompagnement par Antoine BEDEL, chef produit fourragères et intercultures à Caussade Semences a fait prendre conscience de l’importance des spécificités propres à chaque variété de sorgho. Voici un rappel sur les différents types de sorghos :

Piper et Lurabo F1 sont deux variétés précoces.
-> Si l’objectif est de produire un couvert végétal sur un court intervalle de temps, pour ensuite mettre en culture des légumes début septembre, la variété Piper convient.
-> Si l’objectif est de prolonger le couvert jusqu’à octobre, Lurabo F1 peut-être cultivé.
Cet essai nous rappelle à quel point il est important de réfléchir l’intégration du couvert végétal dans l’organisation globale de la succession des cultures
LA SUITE DU TRAVAIL COLLECTIF EN 2021 :
Dans le but d’élargir la gamme de choix de couverts estivaux, les essais ont été poursuivis cet été 2021 sur douze fermes maraîchères de Haute-Garonne et d’Ariège dont celle du CFPPA de Pamiers. Le sorgho Piper, maintenant validé par le collectif de maraîchers, a servi de culture de référence et y ont été comparés sous serre et en plein champ, le millet, le sarrasin et le mélange sorgho piper/lablab.
Ces nouveaux essais ont été basés sur des expériences de maraîchers locaux et sur des résultats d’essais menés par des GABs d’Occitanie (APABA et GAB 65) et par le GRAB d’Avignon.
La progression technique du groupe est favorisée par le partenariat avec Antoine BEDEL, chef produit fourragères et intercultures à Caussade Semences.
Ces travaux vous seront présentés dans le prochain numéro du MAG.
Au plaisir de vous avoir rencontré, Anna Rochwerger
Par Delphine DA COSTA, Bio Ariège Garonne / Relecture Alban REVEILLE et Antoine BEDEL











