Distributeurs et transformateurs : vous souhaitez passer en bio ? Ces informations sont pour vous ! 1

Distributeurs et transformateurs : vous souhaitez passer en bio ? Ces informations sont pour vous !

Vous souhaitez créer votre activité de transformation ou de distribution bio ?
Vous souhaitez développer une nouvelle gamme en bio ?

L’association régionale OCEBIO a mis en ligne des fiches ayant pour objectif de vous apporter toutes les réponses à vos questions (rappel de la réglementation, avec mise à jour avec nouvelle réglementation 2022 + étapes-clés …).

Ocebio et AREA Occitanie vous propose également une formation pour bien se préparer à l’audit de certification Biole 23 Mai 2022, en visio.

Pour s’inscrire , merci de contacter directement : Céline GOURRÉ – Chargée de formation   / 04.67.04.30.18 /06.65.17.79.40   / celine.gourre@areaoccitanie.com


Webinaire pour les restaurants collectifs administratifs - 1er février 2

Webinaire pour les restaurants collectifs administratifs - 1er février

 

Dans le cadre de l’actualité législative s’appliquant à la restauration collective, le Ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation, en collaboration avec l’équipe des Défis et Controverses, vous annoncent une série de 6 webinaires à partir de février 2022.

En effet, depuis les Etats Généraux de l’Alimentation et l’installation du Conseil National de la Restauration collective (CNRC), les services du ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation se sont engagés à accompagner l’ensemble des restaurations collectives en développant une plateforme d’information et de coopération, ma cantine, à destination de tous les acteurs


Interbio Occitanie vous souhaite une belle année et vous invite à découvrir le nouveau site du Mag' de la Bio ! 4

Interbio Occitanie vous souhaite une belle année et vous invite à découvrir le nouveau site du Mag' de la Bio !

Le Président Julien Franclet, son Conseil d’Administration et toute l’équipe d’Interbio Occitanie vous souhaitent une belle et heureuse année 2022 !

Nous profitons de ces vœux pour vous inviter à venir découvrir le tout nouveau site du Mag’ de le Bio, magazine d’information destiné aux agriculteurs bio mais aussi à tous ceux qui s’intéressent à ce mode de production.
Vous y trouverez toute l’information sur les productions bio de la région : compte rendu d’expérimentation, actualité réglementaire, données de marchés, témoignages d’acteurs des filières bio et toutes les données chiffrées sur ces productions si dynamiques en Occitanie.

Bonne lecture !


J-30 avant la clôture des candidatures pour le concours BIOrigine Gers ! 6

J-30 avant la clôture des candidatures pour le concours BIOrigine Gers !

Il ne vous reste plus que 𝟯𝟬 𝗷𝗼𝘂𝗿𝘀 pour candidater au seul concours qui s’adresse aux entreprises agricoles et agroalimentaires valorisant des matières premières biologiques d’origine gersoise ! Le concours BIOrigine Gers a pour objectif d’encourager le développement de la filière agroalimentaire biologique gersoise et de promouvoir le Gers comme territoire pilote en matière de production et transformation de produits biologiques !


Intérêt du triage à la ferme en Agriculture Biologique 7

Intérêt du triage à la ferme en Agriculture Biologique

POURQUOI TRIER LES GRAINS ?

Le triage a un double intérêt économique et sanitaire. Le tri se fait pour préparer des semences fermières, nettoyer des lots après récolte ou séparer des cultures associées ou méteils. Il se pratique grâce à différents types de matériel : nettoyeur-séparateur, trieur alvéolaire ou table densimétrique. C’est une étape essentielle avant livraison de récolte ou stockage et avant semis, sans adventices !
A l’occasion d’une rencontre « le mardi pour produire » organisée par la Chambre d’agriculture du Tarn-et-Garonne sur le triage à la ferme, Mrs. Gastou et Laplace, deux céréaliers bio, ont fait la démonstration de leur trieur.

Cette machine permet de faire le tri de graines d’au moins 3 caractéristiques différentes :
– les particules trop grandes pour rentrer dans les alvéoles
– celles qui s’insèrent dans les alvéoles mais qui ne les traversent pas
– celles assez petites pour les traverser et sortir du cylindre

Ce trieur est présent sur l’exploitation de Mr. Gastou,. Cet appareil est composé d’un cylindre horizontal tapissé d’alvéoles, d’un auget et d’une vis à répartition à l’intérieur, qui évite la stratification des graines au fond de la cuve. Le principe est que, lorsque le cylindre tourne, les particules à éliminer s’incrustent dans les alvéoles et y restent grâce à la force centrifuge. La démonstration a porté sur le triage d’un mélange blé-lentille à 20 tours par minute. Plusieurs passages sont nécessaires pour trier le mélange. Pour l’alimentation humaine, la lentille passera ensuite au trieur optique de la coopérative.

Les impuretés s’accumulent jusqu’à ce qu’elles soient trop lourdes et retombent soit au fond du cylindre, soit dans l’auget d’évacuation. Les réglages de cet appareil se font au niveau de la position de l’auget, la vitesse et l’inclinaison du cylindre. La forme des alvéoles doit être adaptée au type de particules à trier.

TRIEUR SÉPARATEUR À GRILLES OU PRÉ-NETTOYEUR

Le trieur a été prêté à M. Gastou pour la démonstration. Ce modèle possède un caisson avec 3 grilles de calibrage. La grille supérieure retire les gros déchets (émottage). La grille inférieure retire les petits déchets (criblage). Ce matériel n’est pas adapté au triage de mélange comme le blé-lentille car ça se colmate dans les grilles.

TRIEUR SÉPARATEUR AÉRODYNAMIQUE

Le séparateur de grain ISM – 5 a été présenté par M. Francis Laplace, qui a mis son matériel à disposition. Sur le principe d’une soufflerie qui traverse un rideau de grains, le séparateur aérodynamique est capable de trier les graines en sept fractions et d’isoler les semences à plus forte capacité de germination.

Les pierres et les gros débris chutent dans le premier plateau, dans les deuxième et troisième plateaux ce sont les grains les plus lourds (avec une germination garantie jusqu’à 98%, étant donné que ces grains contiennent le pourcentage le plus élevé de substances biologiquement utiles), les quatrième et cinquième plateaux retiennent les grains des produits de base (grains ne convenant pas pour l’ensemencement, fragiles ou cassés). Ces derniers lots sont destinés au fourrage. Ce trieur convient à tout type de cultures. Il facilite un nettoyage et un calibrage efficace des semences.

EN CONCLUSION

Le choix se fait en fonction des caractéristiques des grains à trier :

Les graines, selon les espèces et les variétés, ont des caractéristiques différentes de longueur, de largeur, d’épaisseur, de volume, de poids et de densité, de forme et de couleur.

A chacune de ces caractéristiques du grain sont associés une technologie de triage et un type d’appareil que l’opérateur utilisera pour séparer les graines selon cette caractéristique.
Un nettoyeur-séparateur va permettre de trier uniquement sur la largeur, l’épaisseur et selon le comportement du flux de graines dans un courant d’air en aspirant les déchets légers.
Les trieurs alvéolaires séparent les grains selon leur longueur.
La table densimétrique sépare les grains selon leur densité grâce à une vibration sur un coussin d’air. Les grains denses restent davantage en contact avec la table et se séparent des plus légers.
Le trieur optique, outil technologique de précision, sépare les grains et les impuretés selon la couleur et la forme des grains.

L’utilisation de semence fermière, la présence de graines d’adventices dans les récoltes ou la multiplication de cultures de méteils rend l’étape de triage très importante pour tous les agriculteurs bio. Il convient de choisir l’outil le plus adapté à ses besoins.

Par Ingrid Barrier, Conseillère GC bio et conventionnel, Ingénieur Régional DEPHY, Chambre d’agriculture du Tarn-et-Garonne


Créer un atelier meunerie dans une ferme en agriculture biologique 8

Créer un atelier meunerie dans une ferme en agriculture biologique

Dans un contexte de demande croissante des consommateurs pour des produits transformés « naturels » et locaux d’une part et face au soutien des pouvoirs publics pour des investissements de transformation à la ferme et pour les Projets Alimentaires Territoriaux dans les territoires d’autre part, la transformation des céréales et leur valorisation en circuits courts représente une opportunité majeure pour les agriculteurs et les artisans.

Ce dossier a pour but de montrer les principaux points à prendre en compte pour la mise en oeuvre d’un atelier de mouture dans une ferme pratiquant l’agriculture biologique.

ÉTAPE 1
LA RÉCOLTE DES CÉRÉALES
Attention au bon taux d’humidité en 12 et 15 %

ÉTAPE 2
UN PREMIER TRI GROSSIER
avec un pré-nettoyeur, peut-être nécessaire si beaucoup d’adventices ont été récoltés avec la céréale.

ÉTAPE 3
LE STOCKAGE.
En agriculture biologique l’unique manière de lutter contre la prolifération des ravageurs et des champignons au stockage est de prévenir les variations de température et de refroidir par ventilation.

ÉTAPE 4
LE DÉPLACEMENT DES GRAINS
La règle première est de prévoir le plus possible le déplacement des céréales par gravité. Cela réduira par la suite considérablement les efforts de manutention. Ensuite, vous pouvez envisager un transport vertical des grains (par élévateur à godets ou vis élévatrice pour une pente jusqu’à 45%; ou un transport horizontal des grains (par vis en auge -pente jusqu’à 15%- ou sous tube -pente jusqu’à 45%-) et par tapis roulant. Grossièrement, on estime qu’une vis de 100 mm de diamètre peut débiter 100 quintaux/h de céréales ; une de 200mm, 200 qt/h… Si vous raccordez, vos différentes machines, il faudra s’assurer de la concordance des débits des machines et des vis.

ÉTAPE 5
LE TRI AVANT MOUTURE
Nettoyeur-séparateur
Ce trieur aussi appelé « séparateur plan », il permet de séparer les grains en fonction de leur taille et de leur poids (granulométrie). Il est muni de grilles plates de différentes tailles de perforation. Certains modèles possèdent aussi des systèmes d’aspiration (à l’entrée et à la sortie) qui permettent d’enlever les particules légères.

Il existe aussi des nettoyeurs séparateurs rotatifs à grilles à inclinaison et vitesse de rotation adaptables (p.ex. nettoyeurs séparateurs rotatifs Marot). Sous réserve de disposer d’une multitude de grilles à perforations de diamètre et de formes variables, ces nettoyeurs séparateurs rotatifs sont remarquablement polyvalents d’utilisation sur tout type de grains, à des débits plus élevés que les appareils à grilles plates. , mais ils prennent plus de place et sont moins faciles à manipuler pour récupérer le produit de triage et les déchets.

Trieur alvéolaire
Le trieur alvéolaire équipé d’une succession de tambours à alvéoles de taille et de formes variables permet de faire un tri plus sélectif que les trieurs à grilles plates ou rotatifs.

Les alvéoles du 1er tambour ne retiennent pas les grains de blé (ou autre céréale) qui restent au fond du tambour et avancent grâce à la rotation et à l’inclinaison dans le tambour suivant. Le 2e tambour est équipé avec des alvéoles qui retiennent les grains de blé et les remontent jusqu’à ce qu’ils tombent par gravité dans le caniveau situé au centre qui les évacue vers l’extérieur de l’appareil.

Épierreur
Cet outil joue sur le fait que les cailloux sont plus lourds que les grains de blé et seuls les grains de blé sortent du tableau sous l’action des vibrations.

Brosse à grains
En bout de chaîne, le brossage permet d’obtenir un nettoyage idéal du blé avant mouture. Le brossage permet de retirer les poussières de la surface du grain, de réduire la teneur en bactéries et mycotoxines, d’éliminer les blés mangés par divers parasites, de baisser le taux de cendre, d’épointer certaines céréales.

L’Atelier paysan  propose des plans en libre accès et des formations pour l’autoconstruction d’outils agricoles dont la brosse à blé et l’épierreur, ainsi que des principes d’installation générale sur le Forum.

latelierpaysan.org

ÉTAPE 6
LE DÉCORTICAGE
pour des grains d’engrain, de grand épeautre, de blé amidonnier, de sarrasin qui sont entourés d’une bâle à retirer.

ÉTAPE 7
L’HYDRATATION DU GRAIN
avant mouture si l’on souhaite un meilleur déroulé du son et une farine plus blanche.

ÉTAPE 8
LA MOUTURE
La qualité de la mouture sur meules de pierre. Plusieurs études scientifiques montrent l’importance d’un point de vue nutritionnel d’une mouture qui préserve le germe du grain de céréales et son assise protéique (entre le son et l’albumen). Il semble aussi essentiel que la température du grain moulu ne dépasse pas les 40°C afin de préserver les nutriments. Le déplacement de la farine par aspiration aurait aussi pour effet d’oxyder les anti-oxidants (carotéonides) et donc de limiter leurs effets bénéfiques sur la santé.

La mouture sur meules de pierre a la particularité de «poncer» le grain sans le chauffer et non de l’écraser. La vitesse de rotation est lente, ce qui diminue l’échauffement des pierres et limite ainsi le risque de condensation et d’encrassage. Le grain se fait « éplucher » de ses enveloppes sans être brisé. Cela permet d’ouvrir l’assise protéique qui entoure l’albumen/amande. Cette action permet d’incorporer des particules de sons et de germe dans la farine, ce qui l’enrichit nettement en minéraux et micronutriments.

Toutes les substances libérées sont intimement mélangées, y compris le germe, malgré sa consistance légèrement grasse et tenace. Il en résulte une farine intégrale qu’il faudra tamiser pour devenir une farine +/- blanche/bise.

Les moulins de type « Astrié »

La particularité des moulins dits «de type Astrié» est d’obtenir une séparation du son de l’ensemble germe-amande-assise protéique qui lui sera écrasé et mélangé. Ceci sans échauffement ni oxydation de la farine pouvant altérer ses qualités nutritives. Le son quant à lui sera déroulé au maximum sans être brisé, évitant ainsi qu’il se mélange par la suite à la farine.

Le système inventé par Pierre et André Astrié permet un réglage micrométrique de l’écart entre les meules (grâce à la suspension de la meule courante). C’est ce qui permet la finesse de mouture et un taux d’extraction de 80% en un seul passage.

L’axe est flottant. Mais la meule lourde est calée par le système de ressort.

Les meules doivent être entretenues. Le rhabillage consiste à accentuer les rayons et les stries et remettre en symétrie la meule. Il est à envisager lorsque le rendement de mouture devient mauvais. En fonction de leur usage, il peut être nécessaire de rhabiller les meules entre 50T et 200T de céréales écrasées.

Meule de 50 cm de diamètre / vitesse de rotation : 180-200 trs/min / rendement : 12 à 18 kg/h

Meule de 100 cm de diamètre / vitesse de rotation : 100 – 140 trs/min / rendement: 25 à 45 kg/h

Les moulins de type « Tyrol »
Les moulins du Tyrol originaux sont de fabrication Autrichienne et la meule est constituée de pierres de Naxos (Grèce) très abrasive, constituée de diverses roches dont le corindon particulièrement dur. Ces pierres sont scellées entre elles par des ciments. D’autres fabricants proposent des moulins de type Tyrol avec meules en granit.
Il existe des meules de 30 à 160 cm de diamètre. Toutefois ces types de moulins ont des meules en générale plus petites et plus légères que les Astrié, qui ont tendance à s’écarter, elles sont pour cela fixées à un axe central (arbre non flottant). Elles sont auto-affutantes et ne nécessitent pas d’entretien. Elles sont à changer tous les 30 ans.
Taux d’extraction en un seul passage : de 70 à 80%.
Ses meules peuvent être jugées trop abrasives, elles déchiquettent le germe, l’albumen et le son en même temps. Ce qui donne souvent des farines, même après tamisage, plus riches en cellulose et donc plus grises. Par contre, l’abrasivité des meules donne un très bon résultat avec des grains durs tel que le petit épeautre ou le blé dur. Le risque de chauffe de la farine est plus important. Le système de bluterie est intégré au moulin.

Meule de Ø 50 cm / Vitesse de rotation: 200-400 trs/min / Rendement: 50 à 80 kg/h

Meule de Ø 100 cm / Vitesse de rotation: 200-250 trs/min / Rendement: 140 à 200 kg/h

Autres types de moulins
Il existe quelques autres types de moulins adapté à la transformation à la ferme : Moulin « Samap », meule de pierre, Moulin « Treffler » mouture sur cylindre…

ÉTAPE 9
LE BLUTAGE OU TAMISAGE

Le système de bluterie permet de dissocier, après mouture, la farine des issues (principalement le son). Le choix du tamis détermine le niveau d’extraction et donc la pureté de la farine. Plus la maille du tamis est grande, plus le type de la farine sera élevé. Plus on tamise, plus la proportion d’amidon augmente, plus la proportion de protéines, de lipides et de minéraux diminue.
Un tamis rotatif sépare le son de la farine (vitesse de rotation de 45 trs/min le plus souvent). Une bouche d’aspiration dans le système de bluterie permet :
– d’éviter le colmatage (+ taquets intérieurs)
– de faciliter l’extraction de la farine du tamis
– de limiter l’échauffement des meules et de la farine, de limiter les émanations de farines en dehors du blutoir.

ETAPE 10
LE REMPLISSAGE DES SACS

La rampe de remplissage
Dans le cas des moulins du Tyrol, l’ensachage se fait directement sous les tamis. Pour les moulins de type Astrié, une vis d’archimède se trouve dans le fond du coffrage de bluterie pour mélanger la farine tamisée et l’acheminer soit vers la sortie équipée d’un seul sac soit dans une rampe d’ensachage permettant le remplissage automatique de plusieurs sacs. La vis doit prévoir un système d’arrêt automatique quand les sacs sont pleins.

L’ensachage
Si l’ensachage en sac de 25 Kg peut se faire directement à la sortie du moulin, l’ensachage en petit volume (jusqu’à 5Kg) est une opération manuelle délicate et coûteuse en temps. Quelques entreprises proposent maintenant des modèles pour les petits volumes semi-automatisés.
Les couseuses sont pratiques et permettent une bonne fermeture des sacs mais pèsent lourd : environ 3 Kg. Il est conseillé de les monter sur des systèmes de ressorts et contrepoids.

ETAPE 11
L’ÉTIQUETAGE

L’étiquette est à faire valider par votre organisme certificateurs. La DLUO fréquente est de 6 mois pour la farine bio.

ETAPE 12
LE STOCKAGE DE LA FARINE

Dans un lieu sec, frais et sombre. Attention aux mites : nettoyage régulier, pièges à phéromone, mélanges d’huiles essentielles…

ETAPE 13
LA VENTE

La demande pour les produits céréaliers transformés bio dans les circuits de proximité est en augmentation.

ETAPE 14
LES RÉSEAUX ET LES FILIÈRES DE PROXIMITÉ
… Pour s’entraider, pour élargir la clientèle et essaimer un modèle agro-alimentaire résilient, respectueux des gens et du vivant.

Plus d’information sur le site du Biocivam de l’Aude, entre autre sur la réglementation, les avantages nutritionnels de la mouture sur meules de pierre ou sur les filières de proximité en Occitanie…

Par Kristel Moinet, Animatrice filières grandes cultures transformées au Biocivam de l’Aude

Crédits photos : Ramos et Biocivam 11


Création d'un herbier de la flore spontanée du vignoble Audois 9

Création d'un herbier de la flore spontanée du vignoble Audois

De façon générale, la flore spontanée du vignoble méditerranéen est assez mal connue. Elle est pourtant bien particulière et intégrée dans son environnement, résistante à des conditions climatiques drastiques.

De plus elle a été malmenée par une agriculture conventionnelle et un usage abondant d’herbicides, couplé à de la monoculture de masse et parfois un travail du sol intensif. Les sols sont nus et on observe le plus souvent des inversions de flore marquées  où le chardon et l’inule visqueuses règnent en souverains tyranniques.

Le GIEE « Vignes en Association », accompagné par le Biocivam de l’Aude travaille depuis juin 2017 sur la thématique des couverts végétaux en vigne. Ce groupe avait comme objectif d’augmenter les surfaces de sols couverts dans les vignes pour lutter contre l’érosion, avoir des sols plus fertiles, diminuer l’utilisation de produits phytosanitaires etc.
Après avoir travaillé ces dernières années principalement sur les couverts végétaux semés, le souhait a été émis de s’intéresser à la flore spontanée.

OBJECTIF DE L’HERBIER

Une dizaine de vignerons(nes) du GIEE travaillent partiellement ou en totalité en végétation spontanée ( permanente ou non). Ils ont peu de données ou de connaissances sur ce qui pousse dans leurs parcelles, ni si il y a un intérêt ou non. Après discussion il a donc été décidé de créer un herbier qui ferait l’inventaire de ce qui pousse dans nos vignobles. Le but étant de créer un outil pour et par les agriculteurs, qui les aiderait dans les choix techniques au niveau de l’entretien du sol, mais aussi de créer une base de données qui pourra être incrémentée au fur et à mesure des années, pour voir l’évolution de la flore, due au réchauffement climatique, ou aux changements de pratiques.

MÉTHODOLOGIE ET CRÉATION DE L’HERBIER

7 domaines ont donc été sélectionnés pour effectuer des prélèvements. Ils ont été choisis de manière à ce que les parcelles observées soient en enherbement naturel depuis assez longtemps (de 3 à 300 ans) et bien réparties sur le département, de manière à couvrir le maximum de terroirs différents. ( Aude et territoires limitrophes, notamment Minervois héraultais).

Un échantillonnage de cette flore a été réalisé sur l’ensemble des parcelles par Elisa Schwertz, étudiante à l’Ecole d’Ingénieurs de Purpan, et stagiaire au BioCivam 11. Ces espèces ont ensuite été identifiées. Finalement ce sont 130 espèces différentes qui ont été répertoriées, sur l’ensemble du territoire. Dans l’herbier, chaque plante est accompagnée d’une fiche descriptive qui permet de mieux l’identifier, d’indications sur le biotope de la plante (où la retrouve-t-on ?) ainsi que des caractères bio-indicateurs de la plante.

OÙ TROUVE-T-ON L’HERBIER ?

Ce document est disponible en version papier au Bio Civam 11, mais également en version numérique :
– Site Bio Civam : bit.ly/3qD4ssz
– Pour découvrir les lieux où les prélèvements ont été effectués : bit.ly/3qBDlhz
– Et pour la version numérique de l’herbier : bit.ly/3DmbYeG

RÉSULTATS OBTENUS

Un premier bilan succinct a été réalisé sur les prélèvements.

Certaines plantes sont présentes sur l’ensemble des domaines, quelques soit les caractéristiques du milieu. On retrouve partout des plantes typiques méditerranéennes, très bien adaptées, nombreuses, et donc qui se réimplantent facilement : Avoine stérile, Brome de Madrid, Erigéron de Sumatra, Luzerne orbiculaire, Raygrass méditerranéen, Brome stérile, Carotte épineuse, Scabieuse maritime.

Mais aussi des plantes de milieu tempérées tel que le Caille lait blanc (galium mollugo), ou le Trèfle champêtre.

De façon générale, la flore relevée sur les 7 domaines est typique des sols méditerranéens, qui sont sensibles au lessivage, basiques, pauvres en matière organique (MO), avec des difficultés de minéralisation.

On retrouve toute fois des particularités notables sur certaines parcelles :
plantes ou même des arbres de foret de garrigue, prenant le pied sur la parcelle : Bois de Sainte Lucie, Prunier sauvage, Figuier, Genet… Il y a une grande diversité au sein même de cette parcelle, avec à certains endroits un sol très fin, caractérisé par des plantes qui peuvent pousser sur des roches ou murs, comme le Figuier, ou l’Orpin de Nice.

A l’inverse dans le domaine le plus « montagnard » de notre inventaire, situé dans la Haute Vallée de l’Aude, chez les Beirieu, on observe des plantes qui indiquent une belle biodiversité, qui s’éloigne de la garrigue sèche du Minervois, avec des plantes de prairies typiques telles que l’ophrys abeille, la gesse des près, le paturin, le trèfle flexueux.

Sur plusieurs parcelles on observe aussi des plantes qui indiquent une bonne teneur en MO (qui a parfois du mal à être correctement minéralisé) : luzerne lupuline, dactyle aggloméré, plantain, Peigne de Venus,…

On note ici l’utilité de faire un tel inventaire, au vu de la diversité déjà importante sur seulement 7 parcelles.

RENCONTRE TECHNIQUE

Une seconde campagne d’échantillonnage aura lieu au printemps prochain sur de nouvelles parcelles pour compléter l’herbier.

En complément de la création de cet herbier et pour enclencher la dynamique de façon plus globale sur le département, une rencontre technique (campagne Terr’eau bio) sur la reconnaissance et la connaissance de la flore poussant de manière spontanée a été organisée le 29 juin, au domaine la Colline de l’Hirondelle (Douzens, chez Jennifer Buck et Didier Ferrier). Ils travaillent leurs vignes en couverts spontanés depuis maintenant 13 ans, et des relevés pour l’herbier ont été effectué dans l’une de leurs parcelles.

Ce domaine était particulièrement intéressant car ils ont fait l’acquisition de nouvelles parcelles ces deux dernières années, et nous avons pu ainsi observer l’impact de différentes pratiques sur la diversité des végétaux :
– une parcelle en troisième année de conversion vers la bio, où un travail du sol systématique est effectué
– une parcelle non mécanisable, en deuxième année de conversion, qui était désherbée en totalité.

Les participants à cette rencontre technique ont eu la chance d’être accompagnés dans leurs observations par Guillaume Fried, botaniste spécialisé dans la flore des terres agricoles. Il a ainsi pu leur donner des clés de reconnaissance, et quelques caractères bio-indicateurs des plantes que l’on retrouve régulièrement dans le vignoble audois. Ont donc été observé par exemple : la scabieuse maritime, le gaillet mou (ou caille-lait), le géranium à feuilles rondes, l’avoine stérile ou encore la luzerne orbiculaire…

Guillaume Fried était accompagnée par Marie-Charlotte Bopp, doctorante sur la flore des vignes de Méditerranée, qui a pu nous présenter les premiers résultats de sa thèse. Ses travaux de recherche portent sur l’influence de la gestion du sol sur la flore des couverts spontanés. Pour cela, elle travaille avec un réseau de 40 vignerons situés dans l’Hérault, qui adoptent tous des techniques de conduite de leurs sols différentes (désherbage chimique, désherbage mécanique, tonte, labour, aucun travail du sol…). Ce réseau déjà existant dans les années 80, a été « ré-activé » pour une deuxième phase d’observation de la flore, 40 ans plus tard.

SUITES

L’objectif aujourd’hui est de réaliser une formation plus approfondie sur ces techniques de reconnaissance et les caractéristiques de la flore au printemps 2022, lors de la campagne d’échantillonnage des nouvelles parcelles.

Ce travail n’est donc qu’un premier pas, et nous espérons le voir évoluer et continuer à s’enrichir au fur et à mesure des années.

Si des viticulteurs possédant des parcelles en spontanée sont intéressés pour que nous venions faire des prélèvements, n’hésitez pas à nous contacter au biocivam de l’Aude :
Anaïs Berneau- 04 68 11 79 25 – 06 08 05 35 21

Par Anaïs Berneau, Conseillère technique en viticulture biologique au Biocivam de l’Aude


La bioprotection : une stratégie pour les vinifications bio sans sulfites ajoutés 10

La bioprotection : une stratégie pour les vinifications bio sans sulfites ajoutés

La diminution progressive des sulfites en vinification bio peut entrainer des difficultés techniques notamment pour la maitrise des populations microbiennes. Ceci peut avoir des conséquences délétères sur la qualité des profils sensoriels des vins.

Cet article présente les résultats du travail de recherche collaboratif, en matière de bioprotection en pré-fermentaire pour réduire l’utilisation des sulfites. Ce travail réalisé dans le cadre du projet « Maitrise et gestion innovantes des populations microbiennes en bio », financé par la région Occitanie de 2015 à 2017 a réuni Sudvinbio, l’IFV, l’ICV, Inter Rhône et la chambre d’agriculture des Pyrénées Orientales.

FLORE INDIGÈNE ET RISQUES MICROBIENS ASSOCIÉS

Les populations microbiennes, dont certaines responsables d’altérations (levures non Saccharomyces et/ou bactéries) trouvent dans le moût les conditions favorables à leur multiplication (oxygène, sucre). La réduction ou la suppression de l’usage du SO2 en pré-fermentaire a pour conséquence le maintien de cette flore potentiellement indésirable. Elle favorise son développement jusqu’à atteindre un seuil qui peut être préjudiciable à la qualité des produits. Certaines espèces de levure comme Brettanomyces, ou des bactéries lactiques plus résistantes au SO2 et à l’éthanol, peuvent également se développer en fin de fermentation alcoolique (FA) et provoquer d’autres altérations, en cas notamment de FA languissante et dans des conditions favorables (pH élevé ou niveau réduit de SO2).

En condition de suppression des apports de sulfites sur vendange, la bioprotection vise à ensemencer précocement le raisin ou le moût avec des espèces de levures connues et maitrisées afin qu’elles colonisent fortement le milieu et empêche le développement de la flore indigène potentiellement d’altération.

Attention, cependant aux idées reçues ! Bioprotection ne signifie pas biocontrôle !

La bioprotection n’empêche pas le maintien d’un niveau plus ou moins important d’une population microbienne indigène. Les essais ont montré que le sulfitage permet dans la plupart des cas et selon le niveau initial, une réduction de 10 à 100 de la population initiale indigène du moût. En condition de non sulfitage des moûts, il est donc fondamental de s’assurer d’une colonisation majoritaire par la levure de bioprotection (c’est-à-dire à 90% au moins de la population levurienne totale du milieu). Enfin, le vinificateur sera vigilant à mettre en oeuvre d’autres stratégies en alternative au SO2, le froid notamment en blanc et rosé pour limiter la multiplication des populations et l’inertage ou le collage des moûts sensibles à l‘oxydation.

LA BIOPROTECTION EN BLANC ET ROSÉ

L’idéal en blanc ou en rosé est d‘avoir recours à une levure de bioprotection non fermentaire ou peu fermentaire. Les levures testées dans le cadre du projet sont les non-Saccharomyces Metschnikowia pulcherrima et Metschnikowia fructicola.

La figure 1 montre l’exemple d’une stratégie de bioprotection avec une levure non Saccharomyces non fermentaire testée sur vendanges en rosé.

Sur cet exemple comme dans la plupart des essais réalisés en conditions expérimentales, la Metschnikowia sp. permet une implantation à hauteur de 90% minimum du niveau de population levurienne totale. A ce niveau, la population indigène est contenue en pré-fermentaire (figure 2).

Ces résultats ont été obtenus pour des vinifications en blanc, rosé et même en rouge avec macération pré-fermentaire à froid – MPF de 72h. A noter cependant qu’en cas de macération ou stabulation sur une longue durée , le maintien du niveau des populations de la levure de bioprotection ensemencée peut diminuer.

Suite à l’usage d’une levure non fermentaire en bioprotection, l’ensemencement avec une Saccharomyces pour assurer la FA est nécessaire. Des essais non ensemencés ont conduit, en conditions expérimentales, à des fermentations alcooliques languissantes !
Le recours à une levure fermentaire (Saccharomyces ou non Saccharomyces) de bioprotection sur blanc ou rosé engendre le risque d’atteindre un niveau de population de cette levure proche du démarrage de la FA (population > 10E6 UFC*) et pouvant gêner ou remettre en cause le débourbage.
* Unité Formation Colonie

LA BIOPROTECTION EN ROUGE

En rouge, de nombreuses possibilités sont offertes. Tous types de levure de bioprotection, fermentaire ou non, peuvent être utilisés en vinification traditionnelle ou avec une macération pré-fermentaire à froid (MPF). La figure 3 montre l’exemple d’une modalité de bioprotection avec une levure Saccharomyces type LSA (Levure sèche active) testée au cours d’une MPF.

La levure de bioprotection s’implante majoritairement dans le milieu (figure 4). Le niveau de population de la souche de bioprotection dépasse parfois le seuil de démarrage de la FA (seuil théorique à 10E6 UFC) : cela induit un début de fermentation alcoolique à basse température, mais sans conséquence sur la qualité du moût !

Les doses de levures sont à adapter en fonction de l’état sanitaire de la vendange afin de garantir une colonisation forte. Dans certains cas, il faut privilégier des doses de levure de bioprotection plus importantes. Notamment lorsqu’on souhaite utiliser des levures en condition non réhydratée afin de les positionner au plus tôt sur vendanges en saupoudrage des raisins. Vérifier préalablement la capacité de la levure à se multiplier en condition non réhydratée.

Sur vendanges en rouge, les populations indigènes peuvent être plus difficilement maitrisables du fait de l’encuvage de la vendange entière. Pour une bonne maitrise, il faut garantir une implantation à plus de 90% de la population totale de levure. Les niveaux de population atteints par la levure de bioprotection sont de 85% dans l’essai 1 et 75% dans l’essai 2 (figure 4). Les essais présentés montrent le maintien, malgré la bioprotection, d’une population de levures indigènes potentiellement d’altération. Les doses de levure de bioprotection testées restent faibles (5g/qt), il faut donc, en conditions réelles, renforcer ces doses d’apport.

Avec l’utilisation en bioprotection d’une Saccharomyces, il n’est pas nécessaire de levurer pour réaliser la FA. Un ensemencement avec une autre Saccharomyces peut engendrer une concurrence entre les souches, un retard dans le lancement de la FA et peu de chance d’implantation pour le second levurage. Par contre, veillez à optimiser les niveaux d’azote assimilable qui ont été consommés par la levure de bioprotection.

Projet OENOBIO (Région Occitanie)

« Maitrise et gestion innovantes des populations microbiennes en bio » (2015-2017).

Projet financé par la région Occitanie, coordonné par Sudvinbio en partenariat avec l’IFV, l’ICV, Inter Rhône et la chambre d’agriculture des Pyrénées Orientales.

Les essais menés sur la bioprotection visaient à évaluer l’efficacité globale d’une stratégie de biopro tection sur des vinifications représentatives de la région Languedoc-Roussillon et proposer ainsi des protocoles adaptés.

Nous nous sommes intéressés plus particulièrement aux paramètres analytiques suivants :
– l’implantation et le niveau de colonisation des souches testées
– l’impact sur la réduction du niveau de la flore indigène en pré-fermentaire
– l’impact sur les cinétiques fermentaires, les paramètres analytiques et la qualité organoleptique des vins.

Au total, plus de 70 vinifications en cave expérimentale ont été réalisées, sur des cépages régionaux vinifiés en blanc traditionnel ou précédé d’une stabulation du moût à froid, en rosé de pressurage et en rouge traditionnel ou précédé d’une macération pré-fermentaire à froid et en VDN. En parallèle, des essais en conditions réelles de vinification ont permis de préciser bonnes pratiques à mettre en oeuvre.

Retrouvez tous les conseils sur les stratégies de bioprotection dans la brochure éditée sur le sujet et présentant l’ensemble des résultats d’expérimentation.
Brochure téléchargeable sur le site des partenaires du projet Oenobio : IFV : bit.ly/3Fhz330
Sudvinbio : bit.ly/30v5z2M

Une FAQ en vidéo est également disponible sur la chaine Youtube de Sudvinbio

L’ADAPTATION DE STRATÉGIE DE BIOPROTECTION POUR LA RÉDUCTION DES SULFITES DANS L’ÉLABORATION DES VINS DOUX NATURELS (VDN)

Le schéma classique de vinification des VDN est un sulfitage pré-fermentaire à 4g/hl, l’ensemencement avec une levure sèche active, puis le mutage à l’alcool pour stopper la fermentation alcoolique (FA) et l’addition d’une quantité plus ou moins importante de SO2 pour garantir la stabilité microbienne et éviter le redémarrage de la FA. La réduction des apports de sulfites entraine la recherche d’une solution alternative efficace pour sécuriser le mutage.

La chambre d’agriculture des Pyrénées Orientales a travaillé à la réduction des apports de sulfites dans l’élaboration des VDN selon 2 axes (figure 5):
– une stratégie de bioprotection en pré-fermentaire et en alternative au sulfitage de 4g/hl de la modalité témoin
– l’évaluation de la capacité de levures non Saccharomyces fermentaire (type Torulaspora delbrueckii ou Lachancea thermotolerans vs Saccharmoyces cerevisiae) à réaliser
la FA partielle jusqu’au point de mutage. L’usage de ce type de levure est couplé à une réduction des doses de sulfites ajoutés au mutage (4 g/hl ou zéro sulfitage vs 8g/hl pour
la modalité témoin).

Sur la plupart des essais, les modalités ensemencées avec une Saccharomyces sont repartis en fermentation après mutage, même sur la modalité témoin mutée à 8g/hl de SO2 ! La bioprotection en alternative au SO2 en pré-fermentaire suivie d’un levurage classique avec une LSA présente donc un risque de redémarrage après mutage en cas de réduction des apports de sulfites au mutage.

Les levures non Saccharomyces testées, reconnues pour avoir un potentiel fermentaire (Torulaspora delbrueckii, Lachancea thermotolerans), ont montré leur capacité à fermenter jusqu’au point de mutage. Les mutages avec une réduction des doses de sulfites (4 g/hl) ou sans sulfites ajoutés ont été efficaces sur les modalités fermentées avec ces levures. L’utilisation d’une non Saccharomyces fermentaire à forte dose (50g/hl) dans le cadre d’une stratégie de réduction des sulfites en vinification VDN peut s’avérer intéressante sans relevurage pour assurer la FA jusqu’au point de mutage. Les dégustations des vins sur certaines modalités se sont révélées intéressantes.

Attention cependant :
– selon les souches utilisées, les FA peuvent s’avérer plus longues par rapport à celle réalisée avec une Saccharomyces ! Les itinéraires de mutage seront à réfléchir en fonction de la durée de FA.
– les doses utilisées dans les essais sont relativement élevées, des réductions de doses n’ont pas été testées et nous ne pouvons garantir une efficacité à moins de 50g/hl à ce jour.

Il est envisageable de renforcer la protection contre les dérives microbiennes en pré-fermentaires par l’apport très précoce, sur raisins, de la levures non Saccharomyces fermentaires. Cette modalité n’a pas été testée dans le cas des vinifications en VDN, seulement en vinifications blanc/rosé/rouge classiques.

CONCLUSION

La bioprotection en alternative au sulfitage pré-fermentaire est une stratégie intéressante pour la maitrise des risques de dérives microbiennes en pré-fermentaire, à condition de garantir l’implantation majoritaire de la souche (> 90% de la population totale de levures) et un niveau d’azote assimilable suffisant dans les moûts en début de FA.
Toutefois ces stratégies ne remplacent pas les autres activités du SO2, notamment l’action antioxydante sur les moûts pour lesquelles de nouvelles alternatives devront être envisagées.

Par P. Cottereau, IFV et V. Pladeau, Sudvinbio


A noter dans vos agendas - Forum des Investisseurs - 03/03/22 à Montpellier 12

A noter dans vos agendas - Forum des Investisseurs - 03/03/22 à Montpellier

La 3e édition du Forum des investisseurs se déroulera le 03/03/22 prochain à Montpellier !

Nous vous communiquerons le programme et le lien pour vous inscrire d’ici quelques semaines.

Save the date 3e Forum des investisseurs 11

Occitanum : le numérique en réponse à des problématiques de l'apiculture bio 13

Occitanum : le numérique en réponse à des problématiques de l'apiculture bio

Comme pour les autres filières agricoles, le cahier des charges bio impose un certain nombre de contraintes qui complexifient la gestion de cheptel et la production. Afin d’accompagner les apiculteurs face à ces contraintes et aider dans le pilotage de l’exploitation apicole, l’usage du numérique peut dans une certaine mesure apporter des éléments de réponses.

UN PROJET MULTI-FILIÈRES

Le projet OccitANum (Le living Lab Agroécologie Numérique en Occitanie), lauréat de l’action « territoire d’innovations », a pour objectif de proposer de nouveaux modèles répondant concrètement aux enjeux des transitions écologique, énergétique, numérique, démographique et sociale. Comment ? En mobilisant des technologies numériques pour accélérer la mise en place de l’agriculture et de l’alimentation de demain en Occitanie.

Le projet n’est pas centré sur la bio mais les objectifs, notamment en termes de transition vers l’agroécologie, coïncident avec les objectifs de la bio. Ainsi, les technologies et services qui seront issues de ce projet pourront être utilisés par tout producteur souhaitant s’engager dans une démarche d’amélioration de ses pratiques.

Au coeur de ce projet de grande envergure, l’apiculture occupe une place importante en tant qu’activité agricole à part entière. En effet, l’activité apicole participe pleinement aux dynamiques territoriales et contribue, avec la pollinisation des cultures, au développement des autres filières agricoles. C’est pourquoi un volet apicole a été ouvert au coeur du projet OccitANum : « Api’connect et Biodiversité ». Comme son nom l’indique, il touche deux thématiques bien identifiées : l’apiculture et la biodiversité.

Un Living Lab, qu’est-ce c’est ?

Les Living Labs, ou laboratoires du vivant, sont définies par l’Union Européenne comme « des environnements ouverts d’innovation en grandeur réelle, où les utilisateurs participent à la création des nouveaux services, produits et infrastructures sociétales ».

LE VOLET ABEILLE DU PROJET

Le développement d’outils au service de la filière apicole

L’objectif de l’axe apiculture du projet est d’expérimenter et développer des outils numériques existants (balances, capteurs de températures, stations météo connectés, compteurs d’abeilles, etc.) afin d’identifier et de mesurer leur intérêt pour la filière apicole en concertation avec les acteurs de cette dernière. Il faudra donc au préalable cerner les attentes et problématiques rencontrées par les apiculteurs professionnels au quotidien pour développer de nouveaux outils et services y répondant. Un travail sera également fait afin d’accompagner les professionnels dans la prise en main de ces outils et services.

En définitive, le projet permettra d’encourager et développer une apiculture vertueuse et responsable, d’accélérer la transition « api-écologique » via de nouvelles innovations numériques.

Il a déjà été identifié plusieurs problématiques pour lesquelles les capteurs existants, combinés à d’autres leviers, pourraient apporter une réponse.

+ Diminuer les déplacements aux ruchers des apiculteurs grâce à une surveillance numérique à distance des ruches.

+ Diminuer les émissions de gaz à effet de serre et les coûts liés à ces déplacements (carburant, usure mécanique des véhicules, temps de travail, etc.)

+ Augmenter la production de miel grâce à des prises de décision a distance et des interventions au rucher programmées en fonction de l’état des colonies estimé grâce aux données issues des capteurs (prévention de l’essaimage, ajouts de hausses, etc.).

+ Réduire les mortalités de colonies en saison et en hiver grâce à l’amélioration de l’efficacité de traitement des colonies et à l’anticipation des besoins en nourrissement.

Le développement d’outils au service de la biodiversité

En complément de l’axe apiculture du projet qui s’intéresse à l’abeille en temps qu’animal de production, l’axe biodiversité s’intéresse à l’abeille en tant que sentinelle de son environnement. L’abeille collecte nectar, pollen, eau et résines dans un rayon de butinage de 3 km environ et rapporte à la ruche le fruit de sa collecte. Les contaminations issues des activités anthropiques ont un impact direct sur la santé des colonies et sur la contamination des matrices apicoles. Des capteurs placés dans la ruche pourraient donc permettre de qualifier la qualité d’un environnement donné et servir de détecteur

Un exemple concret de ce que le numérique peut apporter aux apiculteurs bio

L’un des dangers qui menace la survie des colonies d’abeilles mellifères est la présence de l’acarien parasite Varroa destructor. La principale méthode de lutte contre ce parasite en apiculture biologique est le traitement avec des médicaments à base d’acide oxalique. Or, les médicaments disponibles doivent être utilisés en absence de couvain fermé. Cela arrive généralement naturellement en période hivernale lorsqu’il fait suffisamment froid pour que la reine arrête de pondre. Cependant, dans le sud de la France et de manière générale quand l’hiver est doux, la fenêtre d’intervention est très courte et difficile à anticiper, d’autant plus que la période est peu propice à l’ouverture des ruches.

La présence de capteurs tels que des sondes température et hygrométrie, combinée à un algorithme adapté, pourrait permettre l’identification des périodes hors-couvain et donc garantir l’efficacité du traitement.

CONCLUSION

Ce projet n’en est qu’à sa phase de lancement et sera conduit jusqu’en 2027, si vous souhaitez en savoir plus et vous tenir informé.es des avancées, rendez-vous à l’adresse : bit.ly/30sX4oF

Les partenaires du projet :

Par Hélène Frey, ADA Occitanie