Les producteurs Bio s'adaptent à la crise
BENOIT JOULAIN- PRODUCTEUR BIO DE PLANTS MARAÎCHERS & AROMATIQUES GANGES (34)
« Nous avons eu connaissance des Drives Paysans organisés à Montpellier par le réseau InPACT 34 qui regroupe des structures proches du monde paysan : CIVAM, association des Marchés Paysans, ARDEAR… […] Les drive ont été une manière de continuer notre activité en période de crise, mais le côté virtuel ne peut remplacer un marché. Par contre, les précommandes faites par internet (type drive) à récupérer lors du marché sont un bon moyen de développer les ventes. Les drive n’ont pour l’instant pas de suite, mais ils ont permis aux producteurs de se rencontrer et de réfléchir à des futures collaborations : création de marchés, ouverture de boutiques, mise en place de sites internet collectifs. À suivre, donc… »
Propos recueillis par Delphine Da Costa, CIVAM Bio 09 – Erables 31 et Bénédicte Firmin, CIVAM Bio 34
Retour sur le webinaire Territoire Bio Engagé !
Le premier webinaire sur le label Territoire Bio Engagé, s’est déroulé le mardi 19 octobre et a rassemblé près de 40 participants.
PROGRAMME
1/ Introduction par Julien FRANCLET, Président d’Interbio Occitanie
2/ Présentation d’Interbio Occitanie par Nancy FAURÉ, directrice d’Interbio Occitanie
3/ Présentation du label par Laureline TERRIS, référente du label sur la région Occitanie
4/ Témoignages
– Didier REY, directeur du restaurant scolaire de Léguevin (31)
– Claude GIBERT, conseiller municipal à Sainte-Juliette (82)
– Patrick MARCOTTE, conseiller municipal – délégué à l’Écologie et au Développement Durable à Saint-Hippolyte (66)
COVID-19 - Les filières Bio d'Occitanie à l'épreuve
Lorsque le gouvernement a annoncé le confinement de la population le 16 mars 2020, personne n’était préparé et ce fut pour tous les acteurs économiques comme pour les citoyens un saut dans l’inconnu. Dès les premiers jours, tout le monde a dû s’adapter et faire preuve d’agilité. Alors que la plupart des français se retrouvaient chez eux en famille, les agriculteurs, les entreprises de l’agro-alimentaire et les distributeurs mettaient en place des dispositifs permettant de continuer à nourrir la population.
Les filières bio, en pleine croissance depuis plusieurs années, ont dû faire face aux difficultés : fermeture des marchés, arrêt de la consommation en restauration commerciale et collective, manque de personnel, explosion de la demande en produits de « base », mesures de protection sanitaire. Les organisations de développement se sont activées pour accompagner ceux qui rencontraient le plus de difficultés. Les pouvoirs publics, État comme Conseil Régional, ont pris des mesures structurantes et financières pour aider le plus grand nombre : chômage partiel, prêts garantis par l’État, fonds de solidarité, financements d’investissements simplifiés, aides pour soutenir les initiatives de livraison aux consommateurs…
La mise en place de cellules de coordination ou de crise s’est rapidement imposée dans les réseaux, au sein de l’interprofession bio, Interbio Occitanie, mais aussi avec l’État (DRAAF) et le Conseil régional. Elles ont permis d’avoir un suivi rapide et coordonné des situations difficiles. Les acteurs les plus impactés par la crise sont ceux dont l’activité a été stoppée brutalement : les producteurs commercialisant sur les marchés et les producteurs et entreprises spécialisés dans l’approvisionnement de la restauration collective.
De nombreux producteurs ont recherché comment pallier à la suppression des marchés : les initiatives ont fleuri sur les territoires (cf témoignages ci-dessous) mais aussi au niveau régional à travers la plateforme mise en place par le Conseil régional qui continue à fonctionner (https://solidarite-occitanie-alimentation.fr/). Au-delà de la mise en place de commandes en ligne, de drive fermier, de livraisons, l’enjeu a été d’obtenir la réouverture des marchés avec toutes les précautions nécessaires. Il sera intéressant de suivre dans les mois qui viennent quelles initiatives perdurent et pour quelles raisons.
Pour les entreprises bio de la région, la situation fut très hétérogène entre arrêt d’activité ou surchauffe en fonction des achats des consommateurs en magasin. Elles ont craint la rupture d’approvisionnement en matière première bio mais la chaîne a globalement tenu. La course aux masques (facilitée par la mise en place de commandes groupées par les fédérations professionnelles comme l’AREA ou les chambres consulaires comme la Chambre régionale d’agriculture) ; aux emballages ; les tensions dans les transports avec des tentatives de surenchères tarifaires ; la gestion du personnel avec des arrêts dûs à la garde des enfants en particulier : toutes ces contraintes ont éprouvé les responsables et les salariés des entreprises tout au long de la chaine agro-alimentaire.
L’adaptabilité et la solidarité ont fonctionné pleinement.
▸ Tous les dispositifs d’aides mis à jour à retrouver sur le site d’Interbio Occitanie https://www.interbio-occitanie.com/4342-2/
Par Nancy FAURÉ, Interbio Occitanie
COVID-19 - Les professionnels de la Bio impactés par la crise sanitaire - Retour d'enquêtes d'Interbio Occitanie
Afin de mieux comprendre les impacts du Covid-19 sur les filières bio et ses opérateurs, Interbio Occitanie et ses membres ont lancé une enquête largement diffusée à la sortie du confinement.
PROFIL DES RÉPONDANTS
Au total, 322 producteurs et 54 opérateurs de l’aval y ont répondu. 291 producteurs et 36 opérateurs travaillent exclusivement en bio ; les autres sont des entreprises mixtes. Parmi les producteurs, 41 pratiquent l’agritourisme et 98 transforment à la ferme. 11 entreprises de l’aval sont des coopératives et 24 travaillent avec la RHD, à plus de 80 % pour 6 d’entre elles.
Les producteurs ayant répondu font pour la moitié d’entre eux moins de 50 000 euros de chiffre d’affaires annuel. Les productions principales les plus représentées sont les grandes cultures et le maraichage, suivies par la viticulture et l’élevage bovin. Toutes les filières et tous les départements ont eu des représentants. La plupart d’entre eux ont pour débouché principal la vente directe, les négociants/grossistes et
les magasins spécialisés bio.
Les entreprises répondantes sont des petites entreprises pour la moitié d’entre elles (moins de 1 million d’euros de chiffre d’affaires), soit 28 sur 54,9 font plus de 10 millions d’euros de chiffre d’affaires par an et le dernier tiers se situe entre les deux. Les deux tiers d’entre elles (35 sur 54) emploient moins de 10 équivalents temps plein à l’année et 6 d’entre elles en emploient plus de 50.
Tous les départements sont représentés et les entreprises répondantes travaillent pour les trois quart d’entre elles avec plusieurs filières en même temps : la viticulture, les fruits et légumes et les grandes cultures.
Les principaux débouchés des répondants sont la vente directe (marchés, vente en ligne…), la distribution spécialisée en bio et les grossistes.
LES PROFESSIONNELS DU BIO ONT ÉTÉ IMPACTÉS PAR LA CRISE SANITAIRE
Les professionnels de la bio n’ont pas été épargnés par la crise du Covid-19. On dénombre 24 entreprises de l’aval sur 54 qui ont été fortement impactées par la crise et 24 autres qui ont ressenti un impact plus modéré. Les changements ont été négatifs pour 30 d’entre elles (baisse d’activité, problématiques de gestion du personnel et informatique/manque de couverture réseaux sont les motifs les plus cités). 194 producteurs sur 321 déclarent avoir été impactés par la crise, dont 122 négativement.
Pour les agriculteurs, les principales difficultés rencontrées ont été la réduction de la demande, la surcharge de travail (notamment du fait de la garde d’enfants et de la baisse des effectifs salariés) et la gestion des salariés. La fermeture des marchés et des foires est fréquemment revenue dans l’évocation des difficultés rencontrées, ainsi que l’arrêt des circuits liés à la restauration collective et commerciale. Il est à noter qu’une partie des grossistes a également suspendu son activité. Les interruptions d’activités gravitant autour de la production comme la transformation à la ferme ou l’agritourisme ont pu être problématiques.
Les difficultés rencontrées par les entreprises ont été liées à la baisse d’activité et donc à la gestion de la trésorerie, notamment en lien avec l’arrêt de la restauration collective et commerciale et des marchés. Les entreprises touchées ont été par exemple des biscuitiers, des brasseurs, des entreprises spécialisées dans les aliments pour les enfants ou encore des entreprises dans le secteur du bien-être. Les autres difficultés concernaient la surcharge de travail (garde d’enfants, gestion salariale…),la logistique et les approvisionnements. La logistique a été perturbée pour cause de non disponibilité des transporteurs et de surcoût de transport. En effet, bon nombre de camions transportent également des produits non alimentaires sur tout ou partie de leurs trajets.
Des retours à vide du fait de la crise ont décuplé les coûts de transports ramenés aux produits bio acheminés s’en sont retrouvés décuplés. Si le sourcing des matières premières nécessaire à la fabrication des produits n’a pas posé de problème particulier, celui des intrants nécessaires à la production a été plus incertain. En particulier, les emballages et les dispositifs pour la mise en place des gestes barrières (masques, gel hydro alcoolique, visières) ont été compliqués à se procurer.
FACE À LA CRISE, LES FILIÈRES SE RESTRUCTURENT
Pour compenser le problème majeur de la perte de certains débouchés, les professionnels des filières bio de la région ont réorganisé leurs circuits de ventes. Ainsi, la vente directe « à distance » et collective, comme les drive ou le e-commerce, s’est considérablement développée pour les producteurs comme pour les entreprises. La distribution spécialisée s’est tournée vers les produits locaux, transformés ou non, ce qui a constitué un débouché plus important qu’avant la crise.
Les aides extérieures ont été sollicitées aussi bien par les producteurs que les entreprises. Les producteurs répondants ont eu recours à des dispositifs d’aides financières comme le report des échéances bancaires, le report des cotisations et impôts ou encore le fonds de solidarité. Ils ont également sollicité des appuis pour le travail comme la famille et les amis, les organismes agricoles (notamment le service de remplacement) ainsi que leurs cabinets de gestion/comptable. Les entreprises répondantes ont eu principalement recours au Prêt Garanti par l’État ainsi qu’au fonds de solidarité. Le Pass Rebond déployé par la Région Occitanie a aussi été sollicité.
Enfin, selon les filières, des solutions très spécifiques ont pu être utilisées. Par exemple, certains viticulteurs ont distillé des cuvées qu’ils n’arrivaient pas à écouler, notamment sur le marché de l’export.
PERSPECTIVES ET CONFIANCE EN L’AVENIR
Cette crise a induit des changements structurels dans l’organisation des structures oeuvrant dans les filières de la bio régionale. Se pose alors la question de la pérennité de ces changements et pour certains répondants, de celle de leur structure. L’impact de la crise a été très variable selon les entreprises et les producteurs Les agriculteurs, tous comme les entreprises, jugent leur capacité d’adaptation de moyenne à bonne pour la grande majorité d’entre eux. Les deux principaux facteurs invoqués comme fondamentaux de la résilience sont l’adaptation des circuits de commercialisation et les ressources humaines. Pour les enquêtés, une structure résiliente est une structure aux circuits de commercialisation diversifiés et solides ainsi qu’une équipe impliquée et réactive. Les changements mis en place pour surmonter la crise n’ont pas vocation à perdurer pour la plupart des répondants. Les entreprises qui prévoient des modifications durables citent la baisse d’activité et la relocalisation des achats. Les producteurs ne pensent conserver aucune modification pour la moitié d’entre eux. Parmi les autres réponses, les changements amenés à perdurer sont les modifications de circuits de commercialisation, la diversification de l’activité et la réorganisation structurelle de l’exploitation. Il n’en reste pas moins que certains sont inquiets pour l’avenir de leur structure et plus largement de la bio. Pour les producteurs, parmi les plus inquiets on trouve principalement des maraichers, des apiculteurs, des viticulteurs et des éleveurs laitiers. Ils pensent manquer de trésorerie et d’aides financières pour maintenir leur activité. Pour les entreprises, les inquiétudes subsistent pour celles en difficulté. Le manque de visibilité sur la reprise de la restauration collective et la probable crise économique à venir en sont les deux principaux moteurs. Les producteurs évoquent quant à eux la nécessité de maintenir l’appui à l’agriculture biologique, l’aide à l’installation des jeunes et enfin la nécessité de relocaliser les circuits alimentaires pour sécuriser les filières.
J-4 ! Webinaire Territoire Bio Engagé
Participez au Webinaire sur le label “Territoire Bio Engagé” qui se déroulera le Mardi 19 octobre de 10h à 12h !
PROGRAMME
1/ Introduction par Julien FRANCLET, Président d’Interbio Occitanie
2/ Présentation d’Interbio Occitanie par Nancy FAURÉ, directrice d’Interbio Occitanie
3/ Présentation du label par Laureline TERRIS, référente du label sur la région Occitanie
4/ Témoignages
– Didier REY, directeur du restaurant scolaire de Léguevin (31)
– Claude GIBERT, conseiller municipal à Sainte-Juliette (82)
– Patrick MARCOTTE, conseiller municipal – délégué à l’Écologie et au Développement Durable à Saint-Hippolyte (66)
La consommation des produits Bio face à la crise sanitaire du COVID-19
DÉBUT DU CONFINEMENT LE MARCHÉ DES PRODUITS BIO S’ENVOLE
Au début du confinement, la consommation de produits bio a connu une forte augmentation (+ 63 % de valeur de vente à la mi-mars d’après Nielsen ScanTrack).
La plupart des consommateurs bio cherchent avant tout à préserver leur santé (59 % d’entre eux d’après le Baromètre de l’Agence Bio) : cette volonté s’est exacerbée pendant la crise sanitaire.
De plus, les produits bio ont été moins sujets à des ruptures de stocks. On peut citer par exemple la farine, les oeufs, le riz, les pâtes et le sucre.
LE CONFINEMENT DANS LA DURÉE LE BIO PORTÉ PAR L’AUGMENTATION DES REPAS À DOMICILE
Comme pour le circuit conventionnel, cette forte évolution des ventes s’est rapidement ralentie pour revenir dans des niveaux de croissance plus « normaux ». On peut imputer ce pic à l’effet « de panique » suite aux annonces gouvernementales.
Toutefois la vente de produits bio est restée importante pendant la durée du confinement par rapport à l’année passée, notamment car les consommateurs avaient un repas supplémentaire à confectionner (IRI France & Insight, 2020).
Si les grandes et moyennes surfaces sont restées les lieux privilégiés d’achat des produits bio, la part de la vente directe, des magasins spécialisés et de proximité et la vente en ligne a augmenté (Nielsen ScanTrack). D’après l’enquête réalisée par BioLinéaires auprès de consommateurs de produits bio, la fréquentation des magasins spécialisés est restée stable pendant le confinement (63 % des sondés), même si la fréquence des achats par consommateur a légèrement baissé. Le panier moyen de courses est resté stable pour une grande majorité des consommateurs. Sa composition a été modifiée, au profit des produits surgelés et des fruits et légumes et au détriment du vrac, des produits à la coupe et des cosmétiques.
SORTIE DU CONFINEMENT VERS UN RETOUR À LA NORMALE ?
Il reste difficile d’évaluer l’impact que le confinement et la crise sanitaire auront sur la consommation de produits biologiques à moyen et long terme.
Dans une étude récente, l’ONG Max Havelaar France fait ressortir qu’une large majorité de français (69 % des interrogés) se disent prêts à modifier leurs habitudes alimentaires pour consommer plus responsable et plus durable.
Ils sont 45 % à déclarer privilégier les produits locaux et 29 % les produits bio. Toutefois, un récent travail réalisé par l’ISJ de Toulouse tend à montrer que la franche augmentation de la consommation de produits bio ne serait que temporaire, et mise sur un retour à la normale dans les semaines à venir.
Il est encore trop tôt pour tirer des conclusions définitives, d’autant que la probable crise économique suscite inquiétudes et incertitudes de la part des acteurs de la filière bio.
▶ Baromètre de consommation et de perception des produits biologiques en France. Agence BIO/ Spirit Insight ; Février 2020.
▶ La santé du bio en France au révélateur du COVID-19. FMCG and Retail pour Nielsen ScanTrack, 8 avril 2020. Accessible sur le site internet https://www.nielsen.com/fr/fr/insights/article/2020/la-sante-du-bioen-france-au-revelateur-du-covid-19/
▶ IRI Vision Actualité – Bio. Insight & Communication IRI France, 12 avril 2020.
▶ Dossier spécial Covid-19. BioLinéaire n°89, pp33-39, 29 avril 2020.
▶ Consommation de produits d’ici et d’ailleurs : un « french paradoxe ». Fairtrade Max Havelaar France & OpinionWay, 4 mai 2020.
▶ Coup d’arrêt sur les produits bio depuis le déconfinement. Institut Supérieur de Journalisme de Toulouse, 28 mai 2020
Par Lucie Poline, Interbio Occitanie
Design www.justinecarre.com
Proposer toute l'année de la pomme de terre Bio
Répondre aux besoins de la profession – Essais techniques et pratiques innovantes
Les maraîchers biologiques doivent posséder de nombreuses compétences pour gérer la complexité de leur ferme. Afin d’orienter au mieux leurs actions d’accompagnement, les animateurs et techniciens de la FRAB et des Chambres d’Agriculture d’Occitanie ont travaillé à la création d’une typologie des fermes maraîchères, dont les résultats constituent une partie dans ce dossier. Parmi les demandes qu’ont exprimées les maraîchers, certaines sont déjà en cours d’études dont voici quelques réponses : essai de la gestion d’une culture de laitue sous abris en non travail du sol, l’intégration de couverts végétaux en association dans des légumes ou encore l’allongement des périodes de production pour présenter une gamme de légumes conséquente sur l’année.
La pomme de terre est un aliment de base très demandé toute l’année. Traditionnellement cultivée dans notre région sur le créneau précoce et de saison, elle est souvent importée d’autres régions pour la consommation d’arrière-saison. La mise en place de productions tardives, si les conditions pédoclimatiques sont favorables, permettent d’approvisionner le créneau de janvier à avril. Comment s’y prendre pour proposer de la pomme de terre toute l’année ? Le calendrier de production ci-dessous permet de proposer de la pomme de terre tous les mois de l’année. Cependant, la conduite culturale diffère selon le créneau que l’on souhaite occuper.
▶ PRÉFÉRENCES CULTURALES
La culture de pomme de terre est préférable sur un sol sableux légèrement acide, sans cailloux. Cependant, si les variétés utilisées en primeur apprécient davantage les sols légers, la pomme de terre de conservation supporte des sols plus argileux à condition de faire des plantations dans des sols déjà réchauffés (pour diminuer les risques de rhizoctone). On évitera les précédents augmentant le risque de présence des taupins comme les friches et les prairies. Pour limiter les problèmes phytosanitaires, on privilégiera une rotation d’au moins cinq années et on évitera d’intercaler entre deux cultures de pomme de terre, des légumes de même famille (solanacées). En grandes cultures, la pomme de terre peut se positionner entre deux céréales.
▶ IRRIGATION
L’irrigation se pratique par aspersion, à raison de 400 mm répartie sur la durée de culture. La première irrigation se fait en fin de levée et doit cesser 20 jours avant récolte. On cesse donc mi-avril pour la pomme de terre primeur, vers la mi-juillet pour celle de saison et enfin début octobre pour la tardive, voire plus tôt suivant les conditions météorologiques.
▶ CHOIX VARIÉTAL
Depuis le 1er janvier 2020, le règlement bio impose l’utilisation de semences biologiques, les dérogations pour semences non traitées ne sont donc plus possibles. Les différentes variétés existantes et disponibles en bio permettent de répartir la production sur l’année. Celles utilisées en primeur sont par exemple Ostara, Emeraude, Rubis, Amandine, Sirtema. En saison on pourra employer Charlotte, Allians, Mona Lisa, Ditta, et les plus tardives Nicola, Désirée, Eden. Mais pour la pomme de terre de conservation plantée tardivement, la variété de référence est Agria. Pour la saison tardive, il est nécessaire de prévoir avec son fournisseur des plants qui ont été récoltés le plus tard possible. Ils doivent être gardés à 8°C puis mis progressivement à température pour lever la dormance.
Il est également possible de replanter des tubercules récoltés sur ses propres parcelles précoces pour les variétés du domaine public (semence fermière). Attention toutefois aux problèmes sanitaires notamment aux viroses.
Un stockage au froid sera nécessaire pour lever la dominance apicale et obtenir un nombre suffisant de germes.
▶ PRÉ-GERMINATION
Les pommes de terres seront pré-germées en caissette à la lumière avant plantation. En primeur, la technique de pré-germination est incontournable pour obtenir des germes courts, trapus et vigoureux pour un démarrage rapide de la culture. Les plants doivent être étalés sur des clayettes dans un local aéré, à l’abri du gel et avec une bonne lumière avec une température de 12-15 °C. Pour des plantations plus tardives, le stade « point blanc » est préconisé pour la plantation. Les plants sont sortis du frigo plusieurs jours avant de sorte que le plant soit à une température de 12 °C (éviter la plantation < 10°C et humide).
▶ PLANTATION
La plantation pour une production de saison se fait traditionnellement entre mars et mai. Pour la production précoce, elle doit être avancée à février/mars au plus tard, et il faudra prévoir une protection (P17 ou abri froid). Pour une récolte tardive, la plantation doit avoir lieu fin juillet-début août. Elle n’est donc possible que dans les zones à climat doux (plaines et zones méditerranéennes). Ce calendrier permet de réaliser une solarisation courte mise en place à partir du 10 juin (cf. encart).
Le coût de la solarisation sera compensé par la réduction très nette des adventices dans la culture, la disponibilité en éléments fertilisants et l’amélioration de la reprise de la culture par l’humidité du sol après solarisation.
▶ DENSITÉ
La densité de plantation dépend du calibre choisi ainsi que du nombre de germes obtenus par plant. De manière générale, le calibre utilisé est de 35-45 mm et des distanciations de 25 cm sur le rang avec un inter-rang de 75 cm. Plus le calibre de la pomme de terre est petit, plus les tubercules seront gros à la récolte mais en moins grande quantité. Cependant on gagne en précocité mais également en sensibilité aux conditions climatiques. On plantera les tubercules à une profondeur de 4-5 cm, légèrement moins pour les pommes de terre primeurs. Environ 200 kg de semences sont nécessaires pour planter 1000 m².
▶ PRÉPARATION DU SOL
En pré-levée de la pomme de terre, un passage de herse étrille peut être réalisé. Le buttage se fait lorsque les tiges commencent juste à sortir sur un sol bien ressuyé, a une fréquence de 2-3 passages. Le buttage permet de lutter contre les adventices et il est d’autant plus efficace que les adventices sont jeunes. Il peut être accompagné de hersages), afin de maîtriser l’enherbement sur la butte avant la fermeture des rangs de pommes de terre.
▶ FERTILISATION
De manière générale, les besoins de la pomme de terre en azote, phosphore et potassium sont respectivement de 120-160 kg/ha, 50- 100 kg/ha et 180-300 kg/ha. L’analyse de sol est indispensable pour ajuster au mieux les besoins pour la culture et de limiter les dommages au sol. Le test nitrate permet de limiter la fertilisation azotée pour les cultures tardives (fin juillet), surtout en cas de solarisation. Dans le cas où un complément azoté serait apporté, il est nécessaire de proscrire tout apport après le stade tubérisation. L’apport de Patenkali permet de combler les besoins en phosphate à hauteur de 0,5t/ha. L’apport de tourteau de ricin (5-3-1.5) à hauteur de 2t/ha permet de couvrir l’ensemble des besoins en azote et phosphore de la culture. En plus de cela, il aurait un effet sur les éclosions des taupins et ralentirait le développement larvaire. La mise en place d’un engrais vert en précédent (mélange seigle-vesce) peut aussi être profitable.
▶ RÉCOLTE
La récolte de saison a lieu habituellement de juin à septembre. L’appellation « pomme de terre primeur » s’applique aux tubercules récoltés avant le 15 août. La récolte du créneau tardif est réalisée d’octobre à novembre. Il est préconisé de ne pas arracher lorsque les températures sont élevées et de ne pas exposer les tubercules longtemps au soleil, notamment pour les cultures de saison récoltées en période estivale. S’il s’agit de pommes de terre de conservation, il est nécessaire de prévoir un temps de séchage. La conservation est optimale en frigo à une température située entre 5 à 8°C, avec une bonne ventilation. L’amidon se transforme partiellement en sucre en dessous de 6°C, phénomène irréversible en dessous de 4°C donnant un goût déprécié à la pomme de terre. Le rendement moyen de la pomme de terre en bio est de 20-25 t/ha.
LA TECHNIQUE DE LA SOLARISATION
La solarisation est une technique visant à couvrir durant 60 jours un sol d’une bâche de manière à détruire adventices et maladies causées par les pathogènes comme Sclérotinia, Rhizoctonia, Corky Root… grâce à la chaleur (40°C à 25 cm). L’augmentation de la quantité d’éléments en solution dans le sol permet une augmentation des rendements. Toutefois cette technique est à réserver aux sols problématiques ou devant accueillir une culture difficile à désherber car elle induit une perturbation de la faune du sol. La mise en place s’étale du 10 juin au 12 juillet en plein champ et du 10 juin au 31 juillet sous abri et doit être suivie de 3 jours ensoleillés pour éviter la levée sous paillage.
COMMENT PROCÉDER ?
01. Préparation du sol comme pour une mise en culture.
02. Arrosage abondant (l’eau transmet la chaleur au sol).
03. Pose du paillage avec film spécial solarisation.
04. Débâchage avant la culture suivante.
BIBLIOGRAPHIE
▪ Série légumes d’hiver : les pommes de terre de conservation (4/4), 2013, Sud & Bio, A. Arrufat (CIVAM Bio 66), E. Bernard (CIVAM Bio 34), J. Perrin (CIVAM Bio 30) https://www.sud-et-bio.com/sites/default/files/Fiche_Cultures_Pomme%2
▪ Fiche technico-économique Pommes de terre bio en plein champ en Occitanie Ouest en cultures légumières, Janvier 2019, L. Espagnacq (Chambre d’agriculture de Haute-Garonne), C. Lacz (Chambre d’agriculture du Tarn), T. Massias (Chambre d’agriculture des Hautes-Pyrénnées) https://occitanie.chambre-agriculture.fr/fileadmin/user_upload/National/FAL_commun/publications/Occitanie/Productions_techniques/fiche-pommede-terre-ca31-2019.pdf
▪ Effets de 2 techniques de désherbage (Solarisation et désherbage à la vapeur) sur la biodiversité des sols en contexte de maraichage en Agriculture Biologique, Août 2018, Y. CAPOWIEZ (INRA Avignon), D. Da Costa (Erables 31) http://www.erables31.org/forum/viewtopic.php?f=62&t=362
▪ La solarisation, Juin 2010, A. ARRUFAT (CIVAM Bio 66) https://www.sud-et-bio.com/sites/default/files/Fiche_Technique_Solarisation_2010.pdf
Par Élodie Bernard et Andréa Dehullessen, animatrices au CIVAMBIO34 (BIO OCCITANIE)
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Couverts végétaux en maraichage bio diversifié : trèfles associés aux cultures d'automne/hiver
Répondre aux besoins de la profession – Essais techniques et pratiques innovantes
Les maraîchers biologiques doivent posséder de nombreuses compétences pour gérer la complexité de leur ferme. Afin d’orienter au mieux leurs actions d’accompagnement, les animateurs et techniciens de la FRAB et des Chambres d’Agriculture d’Occitanie ont travaillé à la création d’une typologie des fermes maraîchères, dont les résultats constituent une partie dans ce dossier. Parmi les demandes qu’ont exprimées les maraîchers, certaines sont déjà en cours d’études dont voici quelques réponses : essai de la gestion d’une culture de laitue sous abris en non travail du sol, l’intégration de couverts végétaux en association dans des légumes ou encore l’allongement des périodes de production pour présenter une gamme de légumes conséquente sur l’année.
Depuis sa création en 2017, ce groupe de travail a suivi plusieurs essais de couverts végétaux d’été, d’automne et d’hiver mis en intercultures de légumes. En 2019, les maraîchers ont décidé de tester des couverts végétaux en association avec des légumes. En effet, les cultures de légumes longues, plantées à la fin du printemps et récoltées en automne et hiver sont sujettes à l’enherbement et la reprise des parcelles peut être difficile. Ainsi, plusieurs essais ont été mis en place et suivis sur plusieurs fermes pour tester et comparer différentes modalités. Afin d’être validés, reproductibles et diffusables, ils seront menés pendant plusieurs années consécutives. Lors du travail de groupe, nous avons noté l’importance de partir des objectifs visés par les maraîchers afin de déterminer les itinéraires techniques culturaux et les choix qui en découlent.
ESSAI 1 – TRÈFLE INCARNAT DANS LES CULTURES DE POIREAUX
Cet essai a été mis en place sur trois fermes (GAEC de Champ Boule à Barjac [09], Alban Réveillé à Cazères [31] et Frédéric Scelles à La Bastide de Besplas [09]), sur des parcelles allant de 50 à 200 m2, avec une partie témoin non couverte. Les objectifs précis des maraîchers étaient d’éviter le salissement de la parcelle durant l’automne, d’avoir une couverture de sol pendant l’hiver après la récolte des poireaux et de bénéficier de l’intérêt engrais vert apporté par cette légumineuse.
Cultures de poireaux : dates et densités de plantation La première série de poireaux a été plantée durant la première quinzaine de juin sur les trois fermes. Les rangs étaient espacés de 70 cm au GAEC de Champ Boule et de 25 cm sur les fermes d’Alban et de Frédéric. Une seconde série a été plantée durant la deuxième quinzaine de juillet par Alban et Frédéric avec le même espacement de 25 cm entre rangs.
Le semis du couvert : méthodes, densités et dates Les précisions de semis pour chacun des trois maraîchers. sont présentées en tab.1.
Méthode de destruction du couvert Les trois méthodes de destruction utilisées sont présentées en tab.2.
Évaluation du couvert et conclusion Les maraîchers notent un semis facile car les graines sont petites et qu’il est possible de l’implanter manuellement entre les rangs. La levée est très bonne et rapide, le trèfle couvre bien le sol.
Globalement pour ce premier essai, les trois maraîchers sont relativement satisfaits des résultats obtenus. Ils notent un potentiel à explorer et vont donc renouveler l’expérience cette année et l’élargir aux céleris raves. On note que le trèfle supporte mal l’arrachage des poireaux, il est détérioré sur les parcelles de poireaux plantés à 25 cm entre rangs et dans les allées de ceux plantés à 70 cm. Par contre, il est bien reparti dans les rangs moins bouleversés et a recouvert le sol.
Au GAEC de Champ Boule, les poireaux associés au trèfle ont été récoltés en janvier. Il sera intéressant de voir comment le trèfle se comporte aux endroits où les poireaux seront récoltés en octobre 2020.
Pour les deux séries de poireaux plantées début juin à 25 cm d’entre rangs, les maraîchers notent une couverture du sol moins importante que sur les poireaux plantés à 70 cm, alors que la densité de semis était plus importante. Par contre sur leur seconde série de poireaux, plantée deuxième quinzaine de juillet, avec un semis du trèfle plus tardif (début août et début septembre), ils sont satisfaits des résultats.
Nous pouvons alors dire que le semis du trèfle est pertinent à partir du début août et lorsqu’il est laissé le plus longtemps possible. Karim RIMAN souligne, lors du comité de pilotage du GIEE, que l’association d’une légumineuse avec une culture de légumes est dans tous les cas profitable pour la culture suivante.
ESSAI 2 – TRÈFLE INCARNAT DANS LES CULTURES DE COURGES
Frédéric Scelles (La Bastide de Besplas [09]) en a fait l’essai, cependant après ramassage des courges, il ne restait quasiment rien du trèfle qui s’est fait étouffer par celles-ci. Il note que finalement, il semble que l’occultation et deux binages suffisent à maintenir la culture de courges très propres. Cet essai est donc invalidé.
ESSAI 3 – TRÈFLE D’ALEXANDRIE DANS LES CULTURES DE POIREAUX
Frédéric Scelles (La Bastide de Besplas [09]) en a fait la comparaison, avec une même densité de 60 Kg/ha sur la seconde série de poireaux plantée mi-juillet. Bien que le semis du trèfle d’Alexandrie soit également facile et sa levée très bonne, il note qu’il est moins couvrant que le trèfle Incarnat et donc moins concurrentiel face aux adventices.
Il est ensuite monté à fleur mi-septembre, mais n’a pas empêché la croissance des poireaux. En effet, aucune différence n’a été notée avec le témoin sol nu. Il a ensuite gelé durant l’hiver et a laissé place aux adventices, contrairement au trèfle Incarnat.
Ces divers points font que Frédéric ne valide pas cet essai et sèmera uniquement du trèfle Incarnat dans ses poireaux en 2020.
ESSAI 4 – TRÈFLE INCARNAT DANS LES CULTURES DE CHOUX
Ces essais ont été menés sur les fermes du GAEC du Matet (Martres-Tolosane [31]) et de Frédéric Scelles (La Bastide de Besplas [09]) dans l’objectif de couvrir le sol en hiver. Les maraîchers notent une facilité d’implantation et une très bonne levée du couvert. Sur la Ferme du GAEC du Matet, il a cependant été rapidement concurrencé par les feuilles des choux à fort développement : choux fleurs et de milan, par contre, il a formé un beau couvert avec les choux à moindre déploiement : choux rouges et lisses.
Frédéric note que ce couvert de trèfle dans les choux fleurs et brocolis à très bien fonctionné, ces derniers l’ayant laissé se développer correctement.
Cet essai sera vérifié sur trois autres fermes cette année.
POUR EN SAVOIR PLUS
▶ Les résultats des essais menés depuis 2017 sont disponibles sur les sites Internet d’ERABLES 31 et du CIVAM Bio 09 : http://www.erables31.org/forum/viewforum.php?f=115
Par Delphine DA COSTA – delphine.da-costa@bio-occitanie.org – 06.49.23.24.44
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Remise du label TBE à la commune de La Fouillade (Aveyron)
La Fouillade a rejoint les 41 communes labellisées d’Occitanie avec 21,42 % de SAU Bio atteignant ainsi le niveau 1 de labellisation !
Le maire de la commune, Monsieur Dominique Rigal, a reçu le label des mains de Monsieur Michel Moles qui représentait Interbio Occitanie.
Plusieurs agriculteurs bio de La Fouillade étaient présents et ont témoigné de leur engagement en bio.
Prochaine étape pour Dominique Rigal, continuer le développement de la bio en restauration collective sur le territoire !
Un apéritif déjeunatoire, offert par la commune et préparé par les agriculteurs bio locaux avec leurs produits, a terminé cette belle cérémonie.

8 octobre 2021
Couverts végétaux sols vivants Méditerranéens (SOVIMED) - Étude du non travail du sol en maraîchage
Répondre aux besoins de la profession – Essais techniques et pratiques innovantes
Les maraîchers biologiques doivent posséder de nombreuses compétences pour gérer la complexité de leur ferme. Afin d’orienter au mieux leurs actions d’accompagnement, les animateurs et techniciens de la FRAB et des Chambres d’Agriculture d’Occitanie ont travaillé à la création d’une typologie des fermes maraîchères, dont les résultats constituent une partie dans ce dossier. Parmi les demandes qu’ont exprimées les maraîchers, certaines sont déjà en cours d’études dont voici quelques réponses : essai de la gestion d’une culture de laitue sous abris en non travail du sol, l’intégration de couverts végétaux en association dans des légumes ou encore l’allongement des périodes de production pour présenter une gamme de légumes conséquente sur l’année.
Étude comparative du travail et non travail du sol en maraîchage biologique sous abris : premiers résultats sur laitue type batavia en hiver.
Le CIVAM BIO 66 assure le développement de l’agriculture biologique sur les Pyrénées-Orientales depuis 1985 mais aussi et surtout l’expérimentation et le suivi technique des producteurs en agriculture biologique. Il est membre de l’Institut Technique de l’Agriculture Biologique (ITAB). Depuis 1993, le CIVAM BIO 66 possède une station expérimentale de 2000 m² de maraîchage sous tunnel froid appelée Biophyto et constitue une référence nationale au niveau des expérimentations biologiques. Des essais variétaux ou encore de gestion de ravageurs, de fertilisation et de biodiversité fonctionnelle ont été réalisés depuis plus de 20 ans.
OBJECTIF DE L’ESSAI
Dans le cadre des premiers essais de SOVIMED, le CIVAM BIO 66 a pour objectif de comparer un tunnel de laitue type batavia en non travail du sol avec plusieurs modalités de destruction de la couverture végétale précédente (sorgho) avec un tunnel de laitue en travail du sol.
DISPOSITIF D’EXPÉRIMENTATION
L’essai est réalisé dans deux tunnels à tendance limono-sableuse. Les modalités de plantation sont les mêmes dans les 2 tunnels : les cultures sont plantées à plat avec paillage plastique microperforé et irrigation à l’aspersion. La conduite des aérations a été identique dans les 2 tunnels.
ITINÉRAIRE TECHNIQUE – TUNNEL DE NON TRAVAIL DU SOL AVANT PLATATION (T4)
Le dernier travail du sol a été réalisé en décembre 2018. Un désherbage a été réalisé à la main avant un semis de sorgho fourrager Piper à la volée à 90kg/ha le 27 mai 2019.
Un premier broyage du sorgho a été réalisé le 18 juillet à 1,7 m environ.
2 modalités de destruction du couvert a été mis en place pour la 2ème destruction fin août :
▪ Face Est : couvert couché
▪ Face Ouest : couvert broyé
Un arrosage important (2 heures) a été réalisé puis 4 modalités de fertilisation ont été mises en place (figure ci-dessous) :
▪ Modalité 1 : Apport de 100 unités d’azote avant occultation puis 140 unités (besoin de la laitue) après débâchage et avant plantation des laitues
▪ Modalité 2 : Apport de 100 unités d’azote avant occultation puis aucune fertilisation après.
▪ Modalité 3 : Aucun apport de fertilisation avant occultation puis 140 unités d’azote avant plantation
▪ Modalité 4 : Aucun apport d’azote
Une bâche d’occultation a été posée fin août pendant un mois et demi pour la gestion des adventices.
RÉSULTATS
Rendements corrects et pas de différence de précocité Il n’y a pas de réelles différences de poids entre les salades du tunnel travaillé et celles qui ont été fertilisées dans le tunnel non travaillé (poids situés entre 330 et 380 g selon les modalités). Cependant les salades non fertilisées présentes un poids moyen de 100 g de moins que les autres.
Augmentation du temps d’irrigation et du temps de travail en tunnel non travaillé : Le tunnel en non travail du sol a été arrosé 2.5 heures de plus que le tunnel non travail du sol. Ces irrigations supplémentaires ont surtout été réalisées en début de culture (première semaine de plantation). Un suivi phytosanitaire a été réalisé tous les 15 jours, des pertes de salades d’environ 5% au niveau du collet ont été recensées dans le tunnel en non travail du sol (fourmis, champignons telluriques…). 150 salades environ ont été supprimées ce qui correspond à 5 % des salades plantées. De plus, un traitement supplémentaire contre les noctuelles a été réalisé.
Malgré l’occultation avec la bâche d’ensilage, le liseron et le chiendent n’ont pas été impacté et ont dû être désherbé avant plantation. Le pourpier a rapidement germé après le retrait de la bâche. La plantation du tunnel en non travail du sol a été deux fois plus longue que la plantation du tunnel travaillé : ceci s’explique par le fait que le sorgho sous le paillage doit être poussé pour pouvoir poser les mottes.
CONCLUSION SUR LES RÉSULTATS RELATIFS AU TUNNEL NON TRAVAILLÉ
Les poids des salades sont corrects, mais avec un temps de travail doublé. L’azote présent dans le sol est plus vite consommé par les bactéries pour la dégradation d’un sorgho broyé plutôt que couché. Il faudra prendre en compte ce résultat et fertiliser un peu plus en azote pour ne pas pénaliser la culture de salade (information valable pour la première année de non travail du sol !). L’apport d’engrais après débâchage juste avant plantation semble plus intéressant au niveau du rendement en salade qu’un seul apport avant de bâcher.
BIBLIOGRAPHIE
▶ Compte rendu technique disponible sur demande
▶ Sites internet partenaires :
▪ Sud et Bio https://www.sud-et-bio.com/fruits-legumes/amont/ressources-techniques
▪ Centrex 66 http://www.centrex66.com/articles.asp
▪ Sudexpé https://www.sudexpe.net/
▶ Réseau Maraîchage sur Sols Vivants : https://normandie.maraichagesolvivant.fr/
Par Célia DAYRAUD, ingénieur maraîchage expérimentation et conseil, CIVAMBIO66 (BIO Occitanie)/celia.dayraud@bio66.com/06 12 93 50 02
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