Remise du label Territoire Bio Engagé à Laure-Minervois (11)
Interbio Occitanie a eu le plaisir de remettre le label « Territoire Bio Engagé » à la commune de Laure-Minervois le vendredi 15 octobre 2021.
1ère commune de l’Aude à recevoir le label, Laure-Minervois rejoint les 41 communes déjà labellisées d’Occitanie avec 54,82 % de SAU Bio qui lui ont permis d’atteindre le niveau 3 de labellisation TBE !
En présence de plusieurs élus et des acteurs de la bio du département de l’Aude, des agriculteurs bio de la commune, des membres du conseil municipal, Monsieur Emile Raggini, Maire de Laure-Minervois a reçu le label TBE des mains de Madame Jeanne Fabre qui représentait Interbio Occitanie.
Trois événements professionnels pour le développement des filières bio en Occitanie
La région Occitanie est la 1ère région Bio de France et dispose de nombreux atouts pour répondre aux différents besoins de l’ensemble des acteurs des filières bio régionale.
C’est dans ce cadre, qu’Interbio Occitanie organise 3 événements professionnels spécifiques aux filières Plantes à Parfum, Aromatiques et Médicinales (PPAM), brassicole et légumes bio d’Occitanie.
Un objectif commun : développer et structurer les filières bio d’Occitanie.
Colloque de la Restauration Collective Bio et Régionale - Ouverture des inscriptions !
Interbio Occitanie, Bio Occitanie et la Chambre régionale d’agriculture d’Occitanie vous invitent au 3ème colloque de la Restauration collective Bio et régionale qui se déroulera le mercredi 8 décembre prochain à l’Isle Jourdain, au Collège Françoise Héritier (32).
Programme
9h00 – Accueil des participants
9h30 – 10h00 – Introductions de la journée et présentation de la démarche ” Collège en Bio” du Gers.
- Légumerie Terra Alter et un producteur membre
Une offre structurée en lien avec la production locale bio - Commune de Cazouls les Béziers (34)
Du bio et du local via la transition entre une gestion concédée et une gestion directe - Chantier d’insertion Casta (09)
Une gestion concédée sociale et biologique, actrice d’un développement territorial en zone rurale - Conseil Départemental du Gers
Le PAT, vers un projet de structuration en fruits et légumes - Collège Françoise Héritier et Écocert
100 % de bio labellisés !
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3 sessions d’une heure pour chaque atelier vous sont proposées (sur inscription)
11h35 – 14h15 – 15h30.
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11h35 – 12h35 – Début des ateliers (1 session de chaque)
12h45 – 14h15 – Déjeuner bio (sur inscription)
14h15 – 16h30 – Suite des ateliers (2 sessions de chaque)
Forum Eau & Agricultures - 18/11/2021
Objectif : engager le bassin Adour-Garonne dans une agriculture résiliente face aux aléas climatiques tout en préservant la ressource en eau et la biodiversité.
Cet événement est organisé par le Comité de bassin Adour-Garonne avec l’appui de l’agence de l’eau, des DRAAF, des régions Occitanie et Nouvelle-Aquitaine et de la profession agricole.
Ce rendez-vous, qui se tiendra en physique et en digital, rassemblera décideurs publics et économiques, des organismes professionnels agricoles, des représentants des filières de transformation et commercialisation, la grande distribution…
Interbio Occitanie et Interbio Nouvelle-Aquitaine participeront en tant que témoins à l’Atelier 4 : Engagement des territoires au cœur des transitions.
COVID-19 - Des initiatives pour aider les agriculteurs face à l'arrêt de certains débouchés lors du confinement
Engagées depuis longtemps dans la promotion des circuits courts, les chambres d’agriculture ont renforcé leur mobilisation pendant la crise sanitaire, pour accompagner les agriculteurs bio à la recherche de solutions pour écouler leurs stocks de production. De nombreuses initiatives ont vu le jour.
▶ LE GERS VOUS DRIVE
Par exemple, la chambre d’agriculture du Gers a lancé Le Gers vous Drive, offre de service destinée aux municipalités pour pallier à l’arrêt des marchés de plein vent. Le dispositif a pu remplacer le marché du jeudi à Auch, mais certains villages ruraux l’ont utilisé pour proposer un point de retrait à la population locale. C’est le cas de Loubersan, village passant situé entre 2 bourgs ruraux. Le drive a permis à 15 producteurs, dont 7 bio, de trouver un nouveau débouché pour leurs produits pendant le confinement. La clientèle est venue des campagnes environnantes et l’expérience s’est transformée en marché-Drive hebdomadaire. Sébastien Esquerre, éleveur bio d’un village voisin est très satisfait de l’initiative : « ça marche bien, cela a aidé les producteurs à repartir et cela m’a permis de toucher une clientèle différente ».
▶ OPÉRATION SOLIDARITÉ PRODUCTEURS
Dans le Lot à Salviac, les Martegoute, producteurs de foie gras privés de leurs principaux débouchés, ont lancé une opération SOLIDARITÉ PRODUCTEURS début avril, avec l’appui de la chambre d’agriculture. Ils ont ouvert les portes de leur magasin et proposé gratuitement à 15 producteurs en difficulté, dont plusieurs bio, de venir y commercialiser leurs produits. Le succès fut au rendez-vous car localement aucun commerce n’existait. L’initiative persiste et a fait naître des idées de mutualisation de moyens et des projets avec l’ensemble du groupe. Didier Baldy, producteur de viandes et desserts lactés bio confirme : « ça nous a bien aidé à passer la crise et l’arrêt de certains débouchés (RHD) ». L’expérience fut riche sur le plan professionnel mais aussi humain. Espérons que les consommateurs bio continueront à privilégier le circuit court, gage de qualité de produits mais aussi d’écologie en favorisant les productions et la consommation locale.
▶ Pour en savoir plus : https://occitanie.chambre-agriculture.fr/gerer-son-exploitation/coronavirus-covid-19/
Dès le début de la crise, Civam Bio 09, Erables 31 et Civam bio 34 se sont mobilisés auprès des agriculteurs ayant perdu leurs débouchés (restauration collective, privée et arrêt des marchés). Tout en mettant à disposition des boîtes à outils pour le respect des normes sanitaires, ils ont interpellé élus/ues et préfectures pour la réouverture des marchés. Des documents en ligne ont été créés, répertoriant d’un côté les produits à écouler et de l’autre les besoins des magasins (en lien avec OCEBIO). La démarche a été peu efficace face à l’inadéquation entre l’offre importante en viande, plants et vins et la demande portant principalement sur les fruits et légumes alors en période creuse. Ce constat a obligé les acteurs à créer de nouvelles formes de commercialisation avec de nombreux partenaires.
▶ CRÉATION DE HALLES FERMIÈRES
En Ariège, dans les 5 villes principales du département, plusieurs Halles Fermières ont vu le jour, en partenariat avec la chambre d’agriculture, tous les syndicats agricoles, le PNR, les élus/ues…
▶ MISE EN PLACE DE DRIVES HEBDOMADAIRES ET MARCHÉS DE PRÉ-VENTE
Des drives et marchés de pré-vente ont été créés dans le 09, à Rimont avec le PNR et à Baulou ; dans le 31, à Ramonville avec les associations Caracole et Sens Actif ; dans le 34, à Montpellier avec INPACT 34 (FR CIVAM Occitanie, Marchés Paysans…).
Ces actions ont mis en avant la nécessité des circuits courts, auxquels certains producteurs/ trices et consommateurs/trices se sont initiés, et la volonté de les conserver sur les 3 départements.
CHIFFRES CLÉS
DRIVE DE MONTPELLIER
▸ 65 k € de chiffre d’affaires
▸ 1 800 commandes
▸ 15 producteurs et artisans par drive, 42 au total
À Montpellier, les drives se sont arrêtés fin mai mais une enquête réalisée auprès des producteurs/trices et des consommateurs/trices montre l’intérêt de pérenniser une offre bio locale dans des quartiers aujourd’hui sans marché alimentaire. En Ariège, trois des cinq Halles sont maintenues, à des horaires différents et les deux drives vont perdurer avec une nouvelle organisation impliquant l’embauche de salariés/ées, car le travail bénévole assuré pendant la crise ne peut être indéfiniment poursuivi. L’un des bénéfices de cette crise aura été de mettre en avant la nécessaire relocalisation de l’alimentation et le rôle des associations dans l’accompagnement des démarches collectives.
Par Anne Glandières, Chambre régionale d’agriculture Occitanie,
Delphine Da Costa et Séverine Lascombe, CIVAM Bio 09 – Erables 31, Bénédicte Firmin, CIVAM Bio 34
COVID-19 - Les enseignements de la crise pour les entreprises Bio
Les entreprises bio d’Occitanie ne ressortent pas intactes de la crise du COVID. Les conséquences ont été nombreuses mais relativement hétérogènes selon les entreprises et leurs débouchés.
Parmi les plus fortement impactées, les entreprises fournisseurs de la restauration hors domicile (RHD) ont dû faire face à un arrêt quasi complet de leur activité. Les fournisseurs du secteur de la restauration commerciale (bar et restaurants) tels que les brasseurs et fournisseurs de boissons ont aussi souffert d’une fermeture totale de ce secteur. Au contraire, certaines entreprises fournissant les magasins bio spécialisés ont connu une augmentation de leurs ventes pendant la période. Et ces deux tendances ne sont pas sans lien. L’augmentation des volumes de produits bio vendus en magasin bio s’explique en grande partie par la fermeture de la RHD (comprenant notamment les cantines scolaires et d’entreprises), ce qui a obligé les foyers à préparer plus de repas à domicile. D’autres consommateurs ont pu faire le choix de réduire la diversité des lieux d’achats, entraînant des paniers plus conséquents dans les magasins bio.
DE NOUVELLES PRATIQUES DE COMMERCIALISATION
La crise a aussi été l’occasion pour les entreprises de développer de nouvelles pratiques de commercialisation, avec une forte accélération du développement du e-commerce. Il a pris des formes diverses comme la mise en place de click’n collect, de drives ou de livraisons à domicile, mais sa mise en place génère d’importantes contraintes logistiques, qui seront à résoudre pour trouver des formes durables d’e-commerce. Les entreprises bio ont également noté le retour en force de la demande d’emballages plastiques et d’emballages individuels rassurant en temps de crise sanitaire, ce qui est en contradiction avec les dernières tendances qui étaient plutôt en faveur de la limitation du plastique et de la croissance des produits vrac. Il faudra donc innover sur ce sujet des emballages.
LA PRUDENCE EST DE MISE
La vision de l’après COVID est, comme la gestion de la crise, nuancée. Les entreprises de la RHD restent très prudentes, voire inquiètes quant à la reprise de leur activité, notamment à cause des incertitudes liées à la rentrée scolaire 2020, mais aussi parce que le télétravail, découvert pour beaucoup pendant la crise, pourrait être pérennisé au détriment de la restauration d’entreprise.
DYNAMIQUE BIO RENFORCÉE
Point positif pour la filière bio, beaucoup d’entreprises s’accordent à dire que la dynamique de croissance de la part du bio dans la consommation alimentaire des français a été accélérée pendant la crise et devrait perdurer en post-crise : c’est une tendance de fond. Les consommateurs – citoyens sont à la recherche de produits bons pour leur santé et pour l’environnement, de produits qui ont du sens et qui respectent aussi les producteurs. Une autre tendance forte est celle de la relocalisation (des achats et des ventes). Déjà présente bien avant la crise, la préférence pour le « local » semble encore renforcée. Enfin, l’engouement des français pour la cuisine et les repas faits maison pourrait aussi laisser des traces dans les tendances d’après-crise, favorisant les produits bruts et les produits à cuisiner, au détriment des produits très transformés.
LES ENTREPRISES BIO D’OCCITANIE SEMBLENT PLUTÔT OPTIMISTES
quant à un retour à la normale sur les marchés, même si l’arrivée de la crise économique génère des inquiétudes pour le marché de la bio… Quel sera l’impact de la baisse du pouvoir d’achat de certains consommateurs sur le marché bio français et européen ?
VERS UNE MEILLEURE RÉSILIENCE
La crise aura aussi mis en exergue les points sur lesquels les entreprises peuvent travailler pour augmenter leur résilience : la fiabilité du sourcing (avec des volontés de relocalisation et de contractualisation), la diversification des débouchés et des circuits de commercialisation, l’implication et la motivation des équipes ou la qualité de leur réseau informatique… Autant de sujets qui permettront aux entreprises bio d’être plus fortes et plus résilientes dans l’avenir.
Par Amélie Berger, Ocebio
Les producteurs Bio s'adaptent à la crise
BENOIT JOULAIN- PRODUCTEUR BIO DE PLANTS MARAÎCHERS & AROMATIQUES GANGES (34)
« Nous avons eu connaissance des Drives Paysans organisés à Montpellier par le réseau InPACT 34 qui regroupe des structures proches du monde paysan : CIVAM, association des Marchés Paysans, ARDEAR… […] Les drive ont été une manière de continuer notre activité en période de crise, mais le côté virtuel ne peut remplacer un marché. Par contre, les précommandes faites par internet (type drive) à récupérer lors du marché sont un bon moyen de développer les ventes. Les drive n’ont pour l’instant pas de suite, mais ils ont permis aux producteurs de se rencontrer et de réfléchir à des futures collaborations : création de marchés, ouverture de boutiques, mise en place de sites internet collectifs. À suivre, donc… »
Propos recueillis par Delphine Da Costa, CIVAM Bio 09 – Erables 31 et Bénédicte Firmin, CIVAM Bio 34
Retour sur le webinaire Territoire Bio Engagé !
Le premier webinaire sur le label Territoire Bio Engagé, s’est déroulé le mardi 19 octobre et a rassemblé près de 40 participants.
PROGRAMME
1/ Introduction par Julien FRANCLET, Président d’Interbio Occitanie
2/ Présentation d’Interbio Occitanie par Nancy FAURÉ, directrice d’Interbio Occitanie
3/ Présentation du label par Laureline TERRIS, référente du label sur la région Occitanie
4/ Témoignages
– Didier REY, directeur du restaurant scolaire de Léguevin (31)
– Claude GIBERT, conseiller municipal à Sainte-Juliette (82)
– Patrick MARCOTTE, conseiller municipal – délégué à l’Écologie et au Développement Durable à Saint-Hippolyte (66)
COVID-19 - Les filières Bio d'Occitanie à l'épreuve
Lorsque le gouvernement a annoncé le confinement de la population le 16 mars 2020, personne n’était préparé et ce fut pour tous les acteurs économiques comme pour les citoyens un saut dans l’inconnu. Dès les premiers jours, tout le monde a dû s’adapter et faire preuve d’agilité. Alors que la plupart des français se retrouvaient chez eux en famille, les agriculteurs, les entreprises de l’agro-alimentaire et les distributeurs mettaient en place des dispositifs permettant de continuer à nourrir la population.
Les filières bio, en pleine croissance depuis plusieurs années, ont dû faire face aux difficultés : fermeture des marchés, arrêt de la consommation en restauration commerciale et collective, manque de personnel, explosion de la demande en produits de « base », mesures de protection sanitaire. Les organisations de développement se sont activées pour accompagner ceux qui rencontraient le plus de difficultés. Les pouvoirs publics, État comme Conseil Régional, ont pris des mesures structurantes et financières pour aider le plus grand nombre : chômage partiel, prêts garantis par l’État, fonds de solidarité, financements d’investissements simplifiés, aides pour soutenir les initiatives de livraison aux consommateurs…
La mise en place de cellules de coordination ou de crise s’est rapidement imposée dans les réseaux, au sein de l’interprofession bio, Interbio Occitanie, mais aussi avec l’État (DRAAF) et le Conseil régional. Elles ont permis d’avoir un suivi rapide et coordonné des situations difficiles. Les acteurs les plus impactés par la crise sont ceux dont l’activité a été stoppée brutalement : les producteurs commercialisant sur les marchés et les producteurs et entreprises spécialisés dans l’approvisionnement de la restauration collective.
De nombreux producteurs ont recherché comment pallier à la suppression des marchés : les initiatives ont fleuri sur les territoires (cf témoignages ci-dessous) mais aussi au niveau régional à travers la plateforme mise en place par le Conseil régional qui continue à fonctionner (https://solidarite-occitanie-alimentation.fr/). Au-delà de la mise en place de commandes en ligne, de drive fermier, de livraisons, l’enjeu a été d’obtenir la réouverture des marchés avec toutes les précautions nécessaires. Il sera intéressant de suivre dans les mois qui viennent quelles initiatives perdurent et pour quelles raisons.
Pour les entreprises bio de la région, la situation fut très hétérogène entre arrêt d’activité ou surchauffe en fonction des achats des consommateurs en magasin. Elles ont craint la rupture d’approvisionnement en matière première bio mais la chaîne a globalement tenu. La course aux masques (facilitée par la mise en place de commandes groupées par les fédérations professionnelles comme l’AREA ou les chambres consulaires comme la Chambre régionale d’agriculture) ; aux emballages ; les tensions dans les transports avec des tentatives de surenchères tarifaires ; la gestion du personnel avec des arrêts dûs à la garde des enfants en particulier : toutes ces contraintes ont éprouvé les responsables et les salariés des entreprises tout au long de la chaine agro-alimentaire.
L’adaptabilité et la solidarité ont fonctionné pleinement.
▸ Tous les dispositifs d’aides mis à jour à retrouver sur le site d’Interbio Occitanie https://www.interbio-occitanie.com/4342-2/
Par Nancy FAURÉ, Interbio Occitanie
COVID-19 - Les professionnels de la Bio impactés par la crise sanitaire - Retour d'enquêtes d'Interbio Occitanie
Afin de mieux comprendre les impacts du Covid-19 sur les filières bio et ses opérateurs, Interbio Occitanie et ses membres ont lancé une enquête largement diffusée à la sortie du confinement.
PROFIL DES RÉPONDANTS
Au total, 322 producteurs et 54 opérateurs de l’aval y ont répondu. 291 producteurs et 36 opérateurs travaillent exclusivement en bio ; les autres sont des entreprises mixtes. Parmi les producteurs, 41 pratiquent l’agritourisme et 98 transforment à la ferme. 11 entreprises de l’aval sont des coopératives et 24 travaillent avec la RHD, à plus de 80 % pour 6 d’entre elles.
Les producteurs ayant répondu font pour la moitié d’entre eux moins de 50 000 euros de chiffre d’affaires annuel. Les productions principales les plus représentées sont les grandes cultures et le maraichage, suivies par la viticulture et l’élevage bovin. Toutes les filières et tous les départements ont eu des représentants. La plupart d’entre eux ont pour débouché principal la vente directe, les négociants/grossistes et
les magasins spécialisés bio.
Les entreprises répondantes sont des petites entreprises pour la moitié d’entre elles (moins de 1 million d’euros de chiffre d’affaires), soit 28 sur 54,9 font plus de 10 millions d’euros de chiffre d’affaires par an et le dernier tiers se situe entre les deux. Les deux tiers d’entre elles (35 sur 54) emploient moins de 10 équivalents temps plein à l’année et 6 d’entre elles en emploient plus de 50.
Tous les départements sont représentés et les entreprises répondantes travaillent pour les trois quart d’entre elles avec plusieurs filières en même temps : la viticulture, les fruits et légumes et les grandes cultures.
Les principaux débouchés des répondants sont la vente directe (marchés, vente en ligne…), la distribution spécialisée en bio et les grossistes.
LES PROFESSIONNELS DU BIO ONT ÉTÉ IMPACTÉS PAR LA CRISE SANITAIRE
Les professionnels de la bio n’ont pas été épargnés par la crise du Covid-19. On dénombre 24 entreprises de l’aval sur 54 qui ont été fortement impactées par la crise et 24 autres qui ont ressenti un impact plus modéré. Les changements ont été négatifs pour 30 d’entre elles (baisse d’activité, problématiques de gestion du personnel et informatique/manque de couverture réseaux sont les motifs les plus cités). 194 producteurs sur 321 déclarent avoir été impactés par la crise, dont 122 négativement.
Pour les agriculteurs, les principales difficultés rencontrées ont été la réduction de la demande, la surcharge de travail (notamment du fait de la garde d’enfants et de la baisse des effectifs salariés) et la gestion des salariés. La fermeture des marchés et des foires est fréquemment revenue dans l’évocation des difficultés rencontrées, ainsi que l’arrêt des circuits liés à la restauration collective et commerciale. Il est à noter qu’une partie des grossistes a également suspendu son activité. Les interruptions d’activités gravitant autour de la production comme la transformation à la ferme ou l’agritourisme ont pu être problématiques.
Les difficultés rencontrées par les entreprises ont été liées à la baisse d’activité et donc à la gestion de la trésorerie, notamment en lien avec l’arrêt de la restauration collective et commerciale et des marchés. Les entreprises touchées ont été par exemple des biscuitiers, des brasseurs, des entreprises spécialisées dans les aliments pour les enfants ou encore des entreprises dans le secteur du bien-être. Les autres difficultés concernaient la surcharge de travail (garde d’enfants, gestion salariale…),la logistique et les approvisionnements. La logistique a été perturbée pour cause de non disponibilité des transporteurs et de surcoût de transport. En effet, bon nombre de camions transportent également des produits non alimentaires sur tout ou partie de leurs trajets.
Des retours à vide du fait de la crise ont décuplé les coûts de transports ramenés aux produits bio acheminés s’en sont retrouvés décuplés. Si le sourcing des matières premières nécessaire à la fabrication des produits n’a pas posé de problème particulier, celui des intrants nécessaires à la production a été plus incertain. En particulier, les emballages et les dispositifs pour la mise en place des gestes barrières (masques, gel hydro alcoolique, visières) ont été compliqués à se procurer.
FACE À LA CRISE, LES FILIÈRES SE RESTRUCTURENT
Pour compenser le problème majeur de la perte de certains débouchés, les professionnels des filières bio de la région ont réorganisé leurs circuits de ventes. Ainsi, la vente directe « à distance » et collective, comme les drive ou le e-commerce, s’est considérablement développée pour les producteurs comme pour les entreprises. La distribution spécialisée s’est tournée vers les produits locaux, transformés ou non, ce qui a constitué un débouché plus important qu’avant la crise.
Les aides extérieures ont été sollicitées aussi bien par les producteurs que les entreprises. Les producteurs répondants ont eu recours à des dispositifs d’aides financières comme le report des échéances bancaires, le report des cotisations et impôts ou encore le fonds de solidarité. Ils ont également sollicité des appuis pour le travail comme la famille et les amis, les organismes agricoles (notamment le service de remplacement) ainsi que leurs cabinets de gestion/comptable. Les entreprises répondantes ont eu principalement recours au Prêt Garanti par l’État ainsi qu’au fonds de solidarité. Le Pass Rebond déployé par la Région Occitanie a aussi été sollicité.
Enfin, selon les filières, des solutions très spécifiques ont pu être utilisées. Par exemple, certains viticulteurs ont distillé des cuvées qu’ils n’arrivaient pas à écouler, notamment sur le marché de l’export.
PERSPECTIVES ET CONFIANCE EN L’AVENIR
Cette crise a induit des changements structurels dans l’organisation des structures oeuvrant dans les filières de la bio régionale. Se pose alors la question de la pérennité de ces changements et pour certains répondants, de celle de leur structure. L’impact de la crise a été très variable selon les entreprises et les producteurs Les agriculteurs, tous comme les entreprises, jugent leur capacité d’adaptation de moyenne à bonne pour la grande majorité d’entre eux. Les deux principaux facteurs invoqués comme fondamentaux de la résilience sont l’adaptation des circuits de commercialisation et les ressources humaines. Pour les enquêtés, une structure résiliente est une structure aux circuits de commercialisation diversifiés et solides ainsi qu’une équipe impliquée et réactive. Les changements mis en place pour surmonter la crise n’ont pas vocation à perdurer pour la plupart des répondants. Les entreprises qui prévoient des modifications durables citent la baisse d’activité et la relocalisation des achats. Les producteurs ne pensent conserver aucune modification pour la moitié d’entre eux. Parmi les autres réponses, les changements amenés à perdurer sont les modifications de circuits de commercialisation, la diversification de l’activité et la réorganisation structurelle de l’exploitation. Il n’en reste pas moins que certains sont inquiets pour l’avenir de leur structure et plus largement de la bio. Pour les producteurs, parmi les plus inquiets on trouve principalement des maraichers, des apiculteurs, des viticulteurs et des éleveurs laitiers. Ils pensent manquer de trésorerie et d’aides financières pour maintenir leur activité. Pour les entreprises, les inquiétudes subsistent pour celles en difficulté. Le manque de visibilité sur la reprise de la restauration collective et la probable crise économique à venir en sont les deux principaux moteurs. Les producteurs évoquent quant à eux la nécessité de maintenir l’appui à l’agriculture biologique, l’aide à l’installation des jeunes et enfin la nécessité de relocaliser les circuits alimentaires pour sécuriser les filières.












