Mieux connaître les maraîchers pour mieux répondre à leurs attentes 1

Mieux connaître les maraîchers pour mieux répondre à leurs attentes

Répondre aux besoins de la profession – Essais techniques et pratiques innovantes

Les maraîchers biologiques doivent posséder de nombreuses compétences pour gérer la complexité de leur ferme. Afin d’orienter au mieux leurs actions d’accompagnement, les animateurs et techniciens de la FRAB et des Chambres d’Agriculture d’Occitanie ont travaillé à la création d’une typologie des fermes maraîchères, dont les résultats constituent une partie dans ce dossier. Parmi les demandes qu’ont exprimées les maraîchers, certaines sont déjà en cours d’études dont voici quelques réponses : essai de la gestion d’une culture de laitue sous abris en non travail du sol, l’intégration de couverts végétaux en association dans des légumes ou encore l’allongement des périodes de production pour présenter une gamme de légumes conséquente sur l’année.

L’Occitanie comptait en 2019, environ 1200 producteurs de légumes bio. Leurs profils (ancienneté, surface en production, débouchés…) étant très variés, ils n’ont pas tous les mêmes besoins en terme de formation, accompagnement… Les réseaux des Chambres d’Agriculture et des GAB d’Occitanie ont donc lancé une enquête pour mieux connaître le profil des maraîchers bio afin de mettre en oeuvre des formations, des démonstrations, des clubs de progrès répondant précisément à leurs demandes.

Nous avons dans un premier temps élaboré un questionnaire en ligne que nous avons diffusé par mail à tous les maraîchers référencés par l’observatoire bio régional. Notre objectif était d’obtenir au minimum 10% de réponses pour l’ensemble des agriculteurs bio ayant comme activité principale la production de légumes : celui-ci a été atteint et même dépassé puis que nous avons reçu 191 réponses, soit 16 %. À partir de ces réponses, nous avons construit une typologie des maraîchers de la région, sur le même principe que celle élaborée par Bio de Provence en 2012, en nous basant sur les éléments constitutifs d’une exploitation agricole (fig. ci-dessous). En voici les premiers enseignements.

PROFIL DES RÉPONDANTS
Un tiers des répondants est installé depuis moins de 3 ans et 1 sur 5 seulement depuis plus de 15 ans (fig.2). Les nouveaux installés ont quasiment tous commencé directement en bio, tandis que les plus anciens se sont convertis au bio pour près des trois-quarts. La SAU médiane en légumes est de 1,14 ha (fig.3). Trois-quarts des répondants cultivent plus de 10 légumes, et la moitié, plus de 25. La production est diversifiée aussi bien sur 0,5 ha que sur 5 ha (fig.4).

TYPOLOGIE DES EXPLOITATIONS
La grande majorité des maraichers bio enquêtés sont orientés exclusivement vers les circuits courts, et moins d’un tiers commercialise tout ou parte de sa production en circuits longs. De ces données, on peut construire la typologie suivante (fig.6). Lors de cette enquête, nous avons aussi interrogé les participants sur leur niveau estimé de maitrise technique mais aussi sur leur maitrise des aspects environnementaux.

MAÎTRISE TECHNIQUE
Concernant la maitrise technique (fig.7), on constate des marges de progrès au niveau de la production de semences (faire ses semences, c’est un métier), de la lutte contre les maladies et ravageurs, de la mécanique et de la gestion des inter-cultures (ce qui conforte l’intérêt des essais sur les engrais verts du Civam Bio 09, Gab 65, APABA…).La planification des cultures, les rotations, la gestion du sol… semble a contrario plutôt bien maitrisées.

MAÎTRISE ENVIRONNEMENTALE
Concernant la maitrise environnementale (fig. 8 et 9), on constate un important manque de connaissances en fertilisation, ce qui peut devenir problématique avec l’augmentation des zones vulnérables nitrates. On relève aussi 30 % de producteurs qui indiquent ne pas maitriser la gestion de l’eau, compétence qui va devenir primordiale dans le contexte du réchauffement climatique.
Ces aspects de maitrise technique et environnementale ont été analysés au regard de la typologie des maraichers : il apparait que ce sont les producteurs en circuits longs qui estiment posséder la meilleure maitrise technique et environnementale.

DES MARGES D’AMÉLIORATION
Ces problèmes de maitrise technique et de maitrise environnementale font apparaitre un besoin en formation et en accompagnement. Pourtant, 62 % des répondants, quel que soit leur profil, ne suivent pas de formation par manque de temps… alors que cet investissement, plutôt minime en temps, peut faire gagner en efficacité et améliorer la performance de l’exploitation. Les maraichers interrogés ont cependant conscience qu’ils peuvent encore progresser : ils sont en effet deux tiers à vouloir bénéficier d’un accompagnement, qu’ils souhaiteraient majoritairement gratuit.
Cette typologie a été a finalisée fin 2019 et a permis de mettre en évidence la grande diversité des types d’exploitation mais également les stratégies développées en orientant un type de circuits de distribution, voire plusieurs, en lien avec les systèmes de production.
En 2020, nous prévoyons d’analyser et de détailler davantage les résultats obtenus en 2019, notamment au niveau départemental. Un plan d’actions identifiant les besoins spécifiques en terme de formation, appui technique, mise en lien auprès des circuits de commercialisation et de distribution au niveau local et régional, sera réalisé.

Par Élodie Bernard, CIVAM BIO 34 et Philippe Caillol, Chambre d’agriculture du Gard

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Comment limiter le parasitisme des ruminants ? 2

Comment limiter le parasitisme des ruminants ?

Tous les élevages sont confrontés à des épisodes de parasitisme qui amputent la lactation, ralentissent la croissance, voire causent de la mortalité. Se débarrasser des parasites par l’allopathie pose d’autres problèmes. Certains vermifuges perdent en efficacité du fait de chimiorésistances. Leurs arrières-effets sur les espèces non-cibles (diptères, coléop-tères, crustacés…) sont désormais notoires, sans oublier les collègues apiculteurs durement impactés par l’effondrement des colonies d’abeilles… Un groupe de 14 éleveurs ariégeois, accompagné par le CIVAM Bio 09, s’est constitué en GIEE (Groupement d’intérêt économique et environnemental). Une envie commune : trouver des alternatives à l’allopathie dans le traitement du poly-parasitisme.

Le contexte des fermes du groupe

Les membres du GIEE sont situés dans des zones herbagères de coteaux et de montagne. L’altitude des fermes varie de 300 à 1000 mètres (hors estives). Aux accidents climatiques près, l’herbe est disponible pour le pâturage sans interruption de mars à novembre. Plusieurs hivers avec de faibles gelées ont montré que la coupure sanitaire antiparasitaire n’était plus garantie. Tous les élevages maximisent le pâturage avec des mises bas groupées en fin d’hiver pour les élevages laitiers (hormis les vaches), ou avec 2 périodes de mises bas pour les éleveurs de brebis allaitantes (printemps et descente d’estive). Les espaces naturels composent l’essentiel de l’alimentation : prairies naturelles, landes, parcours et estives. Une minorité de fermes peut produire ses céréales, les autres s’approvisionnent dans les vallées. Le contexte de production de ces fermes du piémont pyrénéen, basé sur les rythmes naturels et maximisant le plein-air, expose les animaux à vivre en contact proche avec les parasites !

IL EST POSSIBLE DE TRAITER MOINS, ET DE PRODUIRE AUSSI BIEN !
Deux point sont incontournables pour prévenir le parasitisme. Des animaux en bonne santé, qui développeront une bonne immunité antiparasitaire. Une pression parasitaire faible dans l’environnement, pour aider les animaux d’élevage.
Alors comment gérer l’excès de parasitisme ? Voici le panorama des leviers mis en place dans les élevages du GIEE.

▶ DES DEGRÉS DIVERS DE DÉFENSE AUX PARASITES
Les bovins adultes résistent naturellement très bien aux strongles digestifs et respiratoires. Par contre, ils résistent moins bien à la grande douve (Fasciola hepatica) et au paramphistome (Paramphistomum daubneyi). Les ovins adultes résistent naturellement aux strongles digestifs et respiratoires mais moins que les bovins. Les caprins résistent mal aux strongles. Ils sont plutôt adaptés à manger des feuilles d’arbustes, qui se trouvent loin des larves de strongles (présents dans les cinq premiers centimètres d’herbe). Aussi, la résistance ne s’est pas mise en place.

▶ LES CONDITIONS FAVORABLES AUX PARASITES

01 > Les types de pacage Au sein des divers milieux d’une ferme, on rencontre toujours plusieurs parasites, bien que tous ne soient pas forcément gênants. Une prairie fraiche est favorable à presque tous les parasites des ruminants. Seule la petite douve  Dicrocoelium lanceatum) a une préférence pour les prairies sèches.

02> Le climat et la météo
Avec l’évolution du climat, la rupture sanitaire par le gel hivernal est de moins en moins évidente. Les hivers sans périodes de gel fort augurent de printemps problématiques pour le parasitisme. Les périodes de temps chaud et humide succédant à du temps sec seraient favorables à l’éclosion des oeufs de strongles.

▶ LES LEVIERS AU PATURAGE

01 > Éviter tout surpâturage
La durée de présence : Plus la densité d’animaux est forte, plus la densité des oeufs (ou des larves) de parasites est forte. Si 20 brebis excrètent 10 000 oeufs sur 5 ha, cela représente 2 000 oeufs par ha; si elles sont sur 2 ha, il y a 5 000 oeufs par ha ! Et si elles stationnent sur cette parcelle, permettant aux strongles de boucler leur cycle, leur croissance devient exponentielle…
La hauteur d’herbe : Les larves de parasites vivent dans les premiers centimètres d’herbe. Plus la densité des animaux est forte et plus on racle la prairie, plus les chances de contamination sont élevées.

LE CALENDRIER DE PATURAGE

Moins d’une minute par jour pour suivre la croissance de l’herbe…. et celle des parasites ! Ce calendrier vous sera utile non seulement pour suivre la pousse de l’herbe dans les parcelles, mais aussi pour voir les corrélations avec la pression parasitaire observée. Y seront consignés tous les usages (fauches, pacages, broyage), les différents lots d’animaux ayant successivement pacagé, la complémentation, la météo… Pour garder une mémoire précise on peut noter les sommes de température lors des dates clés (diffusées par les Bulletins Fourrages). Les situations à risque parasitaire élevé (ex: concomitance de lots d’animaux sains et sensibles, stationnement sur une parcelle…) seront immédiatement identifiées… et si possible évitées! C’est un outil autant pour le court terme que pour anticiper la gestion des années suivantes.

02 > Éviter les zones à risque
Lorsque la grande douve et/ou le paramphistome occasionnent des dommages sur les animaux, il devient nécessaire de se questionner sur leurs réservoirs biologiques. Toutes les zones humides, plus ou moins grandes, leur sont favorables : prairies humides, sources, mais aussi alentours des abreuvoirs. Ces zones devraient être évitées, mises en défend par des clôtures.

03 > Attention sur les animaux les plus sensibles

Les animaux sensibles ont peu d’immunité, leur résistance est faible. Les parasites de ces animaux vont contaminer le pâturage : [1] les jeunes de première année, qui n’ont pas d’immunité, [2] les femelles autour des misesbas, qui excrètent à ce moment là de fortes quantités d’oeufs ou de larves, [3] les animaux malades ou affaiblis.
Les parcelles réservées aux animaux sensibles doivent être « saines » c’est-à-dire : pas de pâturage depuis au-moins 6 semaines, un assainissement (fauche, gel ou sécheresse sur une longue période)
Les agneaux doivent être absolument séparés des adultes sensibles. Les jeunes peuvent aller sur un pacage qui leur sera réservé où la pression est faible; ils peuvent également suivre le lot des mères en bonne santé parasitaire.

04 > Utiliser l’effet aspirateur du pâturage mixte

Le pâturage mixte permet de baisser la pression parasitaire par « effet aspirateur ». Les espèces non sensibles ingèrent les larves mais les empêchent de se reproduire : ils contribuent ainsi à assainir la prairie.

Les strongles des petits ruminants ne sont pas les mêmes que les strongles des bovins, ni des chevaux. Lorsqu’un cheval avale une larve de strongle de bovin (digestif ou respiratoire), cette larve meurt. Par contre, les paramphistomes sont communs aux ruminants, mais le cheval, n’ayant pas de panse, ne peut pas en héberger.

Seules les douves sont communes aux ruminants et aux chevaux, même si la sensibilité de chaque espèce est différente.
Le passage d’équidés après (ou avec) les ruminants est très favorable dans tous les cas.

▶ COMMENT FAVORISER L’IMMUNITÉ ANTIPARASITAIRE DES RUMINANTS ?

01 > Par une gestion réfléchie du pâturage
Les jeunes animaux doivent se créer une immunité naturelle de contact en douceur. Leur réserver des parcs peu contaminés. Les sortir une à deux semaines puis les rentrer à nouveau en bergerie, afin d’éviter une surinfestation, le temps de la mise en place de l’immunité. (minimum trois semaines à partir du premier jour de sortie).

02 > Par l’alimentation
Assurer la stabilité de la flore ruminale par l’équilibre fibres – énergie – azote. Apporter des plantes alimentaires à action vermifuge : sainfoin, lotier, chicorée, plantes riches en tanins présentes dans le milieu naturel. Les animaux faibles sont moins aptes à lutter contre les infestations. Les animaux parasités ont des besoins beaucoup plus forts en protéines. Les méthodes d’observation des signes alimentaires exprimés par les animaux invitent à revoir certaines pratiques. Éviter les changements brusques alimentaires : la transition est importante.
Une alimentation riche en tanins diminue l’infestation par les parasites. C’est notamment le cas des sainfoins et lotiers.

03 > Par la salubrité du logement
Résoudre l’excès d’humidité, éviter l’application de produits toxiques… Suspendre du buis pour éviter la gale et du houx pour éviter les dartres. Les parasites d’intérieur (trichures, strongyloides…) n’aiment pas les litières sèches. Un soin particulier est à apporter au drainage du sol, à la respiration des murs et du toit pour éviter la condensation.

04 > Par la sélection des mères
Peu de races ont été sélectionnées sur le critère de résistance parasitaire. Souvent même, les meilleures laitières sont celles qui excrètent beaucoup d’oeufs. Il est possible de sélectionner à la ferme sur ce critère. Les animaux résistants sont ceux qui n’ont pas eu de problèmes de santé, qui ont eu des petits tous les ans, qui n’ont pas (ou peu) eu besoin de traitements anthelminthiques…
D’où l’intérêt d’un suivi individuel des traitements par animaux et des résultats de production : [1] garder les agnelles des brebis les plus âgées, n’ayant pas été réformées ; [2] éviter de sélectionner les jeunes nées de primipares, car leur potentiel de résistance ne s’est pas encore exprimé. Une telle sélection est propre à un troupeau, à un environnement. Elle n’est souvent plus valable dans un autre lieu.

05 > Par un apport complémentaire
Le magnésium est fortement sollicité lors de tout stress affaiblissant le système immunitaire. Au printemps, l’oxyde de magnésium (non toxique pour les reins et non laxatif) sera choisi. En fin de gestation, le chlorure de magnésium est recommandé. Pour les deux formes de magnésium : 2 g par petit ruminant et par jour pendant 10 jours, ou 10g par bovin et par jour pendant 10 jours.

Oligo-éléments : Stimulant immunitaire général. Des cures d’oligoélements augmentent le niveau immunitaire. (Éventuellement suite à une analyse de minéraux dans le poil ou la laine).

Compléments alimentaires à base de plantes : L’utilisation des seaux à lécher permet une distribution régulière sur de longues périodes en utilisant si on le souhaite les plantes disponibles sur la ferme. Certaines d’entre elles ont des vertus stimulantes de l’immunité.

Homéopathie : Le remède homéopathique n’est pas un vermifuge. L’homéopathie donne une information aux animaux afin d’obtenir une réponse adaptée lors d’un déséquilibre. Le remède le plus approprié correspond aux différents symptômes physiques et comportementaux du groupe de ruminants.

Quelques remèdes homéopathiques à retenir

✓ Cina 30K (ou 9CH) : les animaux sont plus sensibles au parasitisme intestinal; ils présentent de l’anxiété et de la nervosité, plutôt l’été.
✓ Spigelia 30K (ou 9CH) : les animaux sont plus sensibles aux strongles respiratoires et digestifs; expriment des troubles neurologiques, surtout par temps humide.
✓ Teucrium 30K (ou 9CH) : les animaux présentent des démangeaisons, notamment au niveau du nez; ils sont plus sensibles aux oestres.
✓ Stannum 30K (ou 9CH) : les animaux sont sensibles aux strongles respiratoires; leur toux caverneuse les épuise.

QUELQUES SOINS POUR LE SOUTIEN DES ANIMAUX AVEC LES PLANTES

Une formation en phytothérapie et l’accompagnement par un vétérinaire et un phytothérapeute sont indispensables.

01 > Strongles digestifs
L’aromathérapie proposée doit être réalisée de façon répétée, et sans attendre que les cas s’aggravent. Utilisation d’H.E. d’écorce de Cannelle (famille chimique des aldéhydes aromatiques) et H.E. Girofle (phénol). Pour les animaux non gestants, on peut ajouter l’H.E. d’armoise blanche (Artemisia herba alba, cétone). L’administration a lieu de préférence à la pleine lune ou à la nouvelle lune, à l’aide d’un pistolet drogueur.
Le principe : une nuit de diète, 3 jours de cure le matin, un jour de diète laxative.
Brebis et chèvres : 0,1 ml de chaque Huile Essentielle diluée dans 4 ml d’huile de tournesol par brebis ou par chèvre, le matin avant le repas, 3 jours de suite. Le 4ème jour, 5 g de chlorure de magnésium.
Vaches : 0,5 ml de chaque Huile Essentielle diluée dans 20 ml d’huile de tournesol par vache, le matin avant le repas, 3 jours de suite. Le 4ème jour, 20 g de chlorure de magnésium.

02 > Strongles pulmonaires
Même protocole que pour les strongles digestifs. Pour un accès plus direct au poumon, préférer une administration en intra-rectale (suppositoires à fabriquer).

03 > Petite douve
La petite douve est souvent liée à des déséquilibres alimentaires. Il faut alors soutenir le foie. Soit avec une teinture mère de pissenlit, Taraxacum officinale, 1 ml matin et soir pour un petit ruminant, 5 ml matin et soir pour un grand ruminant, 10 jours de suite. Soit, par défaut, reprendre le protocole des strongles en remplaçant remplacer l’H.E. d’Artemisia herba alba, par l’H.E. de romarin à verbénone.

04 > Ténia
Les anneaux de ténia restent contaminants même après un vermifuge. Pendant le traitement, il faut impérativement garder les agneaux en bergerie ou les mettre sur une parcelle où ils ne reviendront pas de la saison. Utiliser de l’huile essentielle d’ail (0,4 mL par agneau; 1mL par veau) diluée à environ 10% dans une huile végétale de courge. Administrer 3 jours de suite, si possible autour de la pleine lune ou de la nouvelle lune. Terminer le 4° jour par une dose laxative de chlorure de magnésium. Exemple pour un lot de 20 agneaux :
Traitement à l’huile : 20 agneaux x 0,4mL d’huile essentielle d’ail= 8 mL. Rajouter environ 72 mL d’huile de courge pour arriver à une concentration en ail de 10%. Administrer 4 mL du mélange à chaque agneau, pendant 3 jours
Laxatif : Mélanger 100 à 200 g de chlorure de magnésium dans un litre d’eau et administrer environ 50mL du mélange par agneau, en drogage.

05 > Coccidiose
Vinaigre de cidre en traitement : 1 ml par kg de poids vif à faire boire 3 jours de suite et/ou au moment du sevrage.
Argile à volonté (Ou extrait de pépins de pamplemousse : 1 ml matin et soir pendant 5 jours.)
+ Homéopathie : Mercurius solubilis 9 CH, ce remède correspond à une diarrhée avec du sang par temps humide, aggravé par la chaleur de la litière, avec de la faiblesse.

06 > Quel que soit le parasite, lors d’infestations importantes, ajouter du charbon végétal activé dans l’alimentation, ou en libre service ou dans l’eau de boisson pour capter les toxines libérées par les parasites « stressés ».

Pour accéder au fiches techniques des travaux du GIEE sur l’immunité, la détection des symptômes, la phytothérapie, les plantes à tanins, la méthode Panse-Bête …
▶ contacter le CIVAM Bio 09 cecile.cluzet@bio-occitanie.org

FABRIQUER SON BLOC À LÉCHER MAISON

À partir de matières premières (sel, argile, calcaire, plantes séchées), on peut confectionner un complément alimentaire pour tous les jours ou pour cibler une période sensible des animaux.

▶ Les ingrédients
✓ 1 dose de lithotamne
✓ 1 dose de plantes sèches à action antiparasitaire : sommités fleuries de tanaisie, ail, thym, camomille, serpolet, feuilles riches en tanins : fraisiers, noyer…)
✓ 4 doses de sel
✓ ½ dose d’argile blanche (kaolin)
✓ 1 dose d’eau ou d’hydrolat de plantes

▶ La préparation [1] Cueillir à la bonne saison les plantes et les faire sécher. [2] Mélanger la poudre de lithotamne et les plantes sèches (réduites en poudre par passage au tamis) dans un seau. [3] Ajouter le sel, l’argile. L’argile apporte des minéraux et présente une action anti-infectieuse. [4] Hydrater le mélange avec de l’eau ou un hydrolat de plantes. On peut inclure une petite quantité d’une teinture-mère. Il faut mettre suffisamment d’eau pour former une pâte homogène mais sans excès sous peine d’allonger le temps de séchage. [5] Bien tasser avec les mains. [6] Placer le seau dans un endroit sec pendant plus d’un mois, jusqu’à ce qu’il soit sec. [7] Supprimer les apports en sel quelques jours avant l’administration du bloc en améliorera l’appétence.

▶ L’ALLOPATHIE : CIBLER LES TRAITEMENTS

Cette théorie du ciblage des traitements contredit des années de pratique des traitements systématiques dans les campagnes… Alors pourquoi aujourd’hui préconiser l’inverse ? La connaissance scientifique a évolué. Bien entendu, les traitements sont parfois indispensables… Alors comment les utiliser au mieux ?

01 > Maintenir l’immunité de contact acquise
Comme le prévoit le cahier des charges bio, un traitement antiparasitaire ne doit pas être systématique. Un ruminant en bon état de santé, vivant avec un peu de strongles, n’a pas besoin de vermicide. Lui imposer une molécule rémanente revient à lui supprimer son immunité de contact vis à vis des strongles.
Dans un troupeau de brebis, on admet qu’environ 30 % des animaux sont sensibles au parasitisme et 70 % ont acquis une immunité de contact.

02 > Préserver une population de strongles sensibles
Comme nous l’explique le Docteur Chartie , le fait de traiter l’intégralité du troupeau conduit à relarguer dans la prairie spécifiquement des strongles résistants à la molécule. Ce phénomène est accentué par :
▪ la fréquence élevée de recours à une molécule ou une famille de molécules ;
▪ le sous-dosage (cas des caprins, cas du léchage sur l’application en pour-on) ;
▪ le traitement à des périodes où il y a peu parasites sensibles dans les prairies ;
▪ les traitements systématiques de tout le troupeau.

Cibler les traitements sur les animaux qui en ont le plus besoin permet de préserver des populations de strongles sensibles, qui diluent la population des strongles résistants, et ainsi de retarder l’apparition des résistances.

03 > Comment cibler les traitements ?
Le concept du ciblage est d’appliquer un traitement curatif pour les animaux à risque, ce qui permet aussi de renforcer la prévention pour le reste du troupeau. En traitant 40 % du troupeau, (les plus excréteurs) on réduit l’infestation au pâturage de 70 %.

Seuls les individus présentant des symptômes sont traités. Pour changer progressivement de pratique, on peut aussi partir du principe suivant : les animaux qui vont bien ne sont pas traités.
Éviter la famille des avermectines, toxiques pour l’environnement et rémanents…

Par Cécile Cluzet, animatrice du GIEE, CIVAM Bio 09 et Nathalie Laroche, vétérinaire-conseil, membre du GIE Zone Verte.

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Tarn, quelle demande du marché et quelles opportunités ?

Le 10 janvier 2020 a eu lieu au Lycée agricole de Lavaur une rencontre sur le thème du Marché des Grandes Cultures biologiques. Cette demi-journée, co-organisée par la Chambre d’Agriculture du Tarn et la Coopération Agricole d’Occitanie, avait pour objectif de donner aux agriculteurs bio, en conversion ou ayant un projet de conversion sur le département du Tarn, une vision globale du marché des grandes cultures bio, et des principaux organismes collecteurs sur leur département.

Ont été conviées 5 entreprises de l’aval : Agribio Union/Arterris, la RAGT, la coopérative agricole de Carmaux, Unicor et Caste (voir témoignages ci-dessous). Au total, 31 producteurs ont répondu présents à cette invitation : des producteurs déjà engagés en AB, certains ayant déjà des circuits de commercialisation, d’autres en réflexion sur la valorisation de leurs céréales…mais aussi des porteurs de projet, intéressés pour anticiper leurs assolements et avoir une vision claire du marché et des opportunités.

CONTEXTE EN GC BIO
En première partie de rencontre, Marianne Sanlaville, responsable des filières bio chez la Coopération Agricole d’Occitanie, a dressé un panorama du contexte national, régional et départemental des grandes cultures bio. Elle a notamment rappelé que l’Occitanie était la 1ère région productrice de grandes cultures bio (1/4 des surfaces nationales), filière sur laquelle les conversions ont connu des taux record depuis ces 3 dernières années.

La collecte de grandes cultures bio nationale a deux principaux débouchés : l’alimentation animale pour 60 % des volumes utilisés, et l’alimentation humaine via les meuniers pour 40 % (principalement pour le blé tendre). Des taux de croissance importants de ces deux utilisations se maintiennent (+10 % en meunerie entre 2018 et 2019, et +16 % en alimentation animale), avec une demande croissante en matières premières bio d’origine française, voire “locale” du Sud-Ouest pour certains transformateurs.

VIGILANCE SUR LES CULTURES EN DEUXIÈME ANNÉE DE CONVERSION
Avec les évolutions de la réglementation AB en 2021, en particulier le passage de 30 à 25 % de C2 dans les formulations alimentaires des animaux, et l’augmentation importante des surfaces – et donc des volumes produits – en C2, certaines productions C2 deviennent difficiles à valoriser.
Désormais, ce sont essentiellement les blés, triticales et soja dont les voyants restent au vert. Pour le reste (orge, maïs, protéagineux…) les débouchés doivent être recherchés en amont afin d’anticiper les assolements et faire coïncider du mieux possible les exigences agronomiques et économiques.

DE NOUVELLES OPPORTUNITÉS
Ce temps de rencontre a mis en lumière des opportunités de débouchés pour les producteurs bio du Tarn (voir témoignages ci-dessous). Elles concernent majoritairement les cultures destinées à l’alimentation humaine, avec notamment des besoins forts en céréales (blé biscuitier, blé dur, blé meunier, seigle meunier, avoine blanche), en sarrasin et en oléagineux (tournesol oléique et linoléique) ; quant aux légumes secs, même si les récoltes 2019 a ont été très bonnes dans certains secteurs, des contrats restent possibles, à voir au cas par cas avec les opérateurs économiques. En alimentation animale, les choix sont plus restreints et se concentrent sur blé fourrager, triticale et soja en 2020. Malgré tout, de nouveaux opérateurs se lancent sur le marché, c’est le cas de CASTE Sarl avec sa nouvelle usine d’aliments dédiée à la BIO.

CONFIANCE ENVERS L’AVENIR
Les opérateurs économiques se sont montrés confiants quant à l’équilibre du marché et la stabilité des prix dans les années futures, à la condition que “tout le monde joue le jeu” : les producteurs dans l’annonce à l’avance des surfaces à emblaver et les opérateurs économiques dans l’engagement à la contractualisation avec des prix sécurisants et définis à l’avance. La “contractualisation” reste d’ailleurs le leit motiv de la majorité des opérateurs réunis en séance : ils encouragent vivement les producteurs, notamment ceux en conversion à se faire connaître en avance, ceci afin d’assurer un équilibre offre / demande, garant de la stabilité des prix.

Par Marianne Sanlaville, Coopération Agricole d’Occitanie, Maëva Colombet et Stéphanie Camazon, Chambre d’Agriculture 81.

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Convention d'Affaires Plantes et Ingrédients naturels – Se sourcer en Occitanie 3

Convention d'Affaires Plantes et Ingrédients naturels – Se sourcer en Occitanie

La 2e Convention d’Affaires – Plantes et Ingrédients naturels – Se sourcer en Occitanie aura lieu le 27 octobre 2021 au Lycée agricole de Rivesaltes (66).

L’objectif de cette journée de rencontres des acteurs de la filière « Plantes à Parfums, Aromatiques et Médicinales » est de mettre en relation les professionnels de l’amont à l’aval et répondre aux besoins industriels de sourcing.

Pourquoi cette Journée Professionnelle ?
• Pour mettre en relation des producteurs et des acheteurs via des rendez-vous qualifiés,
• Faciliter un sourcing local des matières premières,
• Trouver des compétences pour vos projets de mise en production ou de développement,
• Rencontrer des fabricants de machines,
• Partager des retours d’expériences et des données sur les tendances marchés,

1 rencontre professionnelle avec :
• des rendez-vous d’affaires pré-programmés,
• des conférences,
• un salon technique des professionnels de la filière

Pour :
• les producteurs d’Occitanie : agriculteurs, cueilleurs et/ou coopératives
• les experts ou prestataires de services de la filière : pépiniéristes, séchage, extraction, analyses, conseils, réglementations…
• les industriels de la cosmétique, du bien-être, de la santé humaine et animale, de la nutraceutique et de l’agro-alimentaire.

En 2020, la 1ère édition a rassemblé une centaine de participants et permis + de 250 RDV d’affaires qualifiés.

Accès gratuit pour le salon technique et les conférences avec possibilité de s’inscrire en ligne ou sur place.
Accès payant et inscription obligatoire pour les RDV d’affaires (vous recevrez un mail de confirmation de votre inscription après validation de votre profil complet sur la plateforme et règlement en ligne).


Dernières évolutions règlementaires en Agriculture Biologique 4

Dernières évolutions règlementaires en Agriculture Biologique

L’INAO tient à jour le guide de lecture national, qui vise à faciliter l’application des règlements européens relatifs à la production et à l’étiquetage biologique. Une nouvelle version a été validée lors du Comité National de l’Agriculture Biologique le 8 janvier 2020. Elle précise notamment différents points.

01 > le matériel de reproduction végétal destiné à la production de matériel de reproduction végétale (par exemple : semences de base, semences de pré base, plants de base…) et non destiné à la production de produits autres, peut ne pas être biologique pour produire la plante mère donnant du matériel de reproduction végétale biologique. Il n’est donc pas nécessaire d’avoir une dérogation pour l’utiliser.

02 > L’usage de silicium issu d’un silicate de sodium, d’un silicate de potassium ou d’un acide silicique est interdit en agriculture biologique en tant que matière fertilisante.

03 > Les paillages naturels (composants listés à l’annexe I dont le paillage végétal) ou plastiques biodégradables répondant à la norme NF EN 17033, paillages papier. Ces paillages ne doivent pas être issus d’OGM. Les paillages oxodégradables aussi appelés « fragmentables » sont interdits.

04 > Les porcs charcutiers doivent être nés et élevés en bio hormis ceux présents dans l’exploitation en début de période de conversion de l’atelier porcin.

À partir du 1er janvier 2021, en application du R(UE) n°2018/848, les règles évolueront pour le matériel de reproduction végétative : pour produire un plant certifié en agriculture biologique : le greffon, le porte greffe ou tout organe issu de la plante (bourgeon, racine…) doivent être issus d’une plante mère conduite selon le mode de production biologique depuis au moins 2 périodes de végétation.

La conduite selon le mode de production biologique est également imposée pour les opérations qui suivent la greffe (intrants utilisés, conditions de mixités en atelier, conduite en pépinière) pour que le plant puisse bénéficier de la certification AB.

Par ailleurs des précisions ont été apportées dans la lecture de la grille des conditions de modification de la durée de conversion (annexe 2 du guide de lecture) selon les articles 36§2 et 38§2 du RCE 889/2008 : Les prairies naturelles, permanentes ou temporaires de plus de 3 ans n’ayant pas été traitées avec des produits interdits en AB depuis au moins 3 ans, verront leur durée de conversion d’un an pouvant être réduite à 6 mois dans le cas de pâturages, parcours et aires d’exercices extérieurs utilisés pour des espèces non herbivores.

Important : les organismes certificateurs de l’AB rappellent aux agriculteurs que l’utilisation d’engrais à base d’oligo-éléments est soumise à certaines règles. En effet, lors de l’utilisation de fertilisants à base d’oligo-éléments, notamment de cuivre, il faut être en mesure de justifier le besoin en fertilisant en démontrant la carence en cuivre de la culture, conformément aux dispositions de l’article 16 (2) (d) du R(CE) N°834/2007 et de l’article 3 (1) du R(CE) n°889/2008.
En l’absence de preuve (notamment analyse de sol ou du végétal), l’utilisation peut être considérée comme non justifiée et donner lieu à un manquement. Jusqu’à présent les organismes certificateurs étaient peu exigeants mais depuis le début de l’année 2020, ce point va être davantage contrôlé lors des audits chez les producteurs.

Par Anne Glandières, Chambre Régionale d’Agriculture Occitanie


Lancement d'une étude sur les achats en restauration hors domicile 5

Lancement d'une étude sur les achats en restauration hors domicile

L’Agence Bio et France AgriMer lancent ensemble une étude sur les acahts en restauration hors domicile !
Le but de cette étude est d’analyser selon une méthode qualitative et quantitative les achats des acteurs de la restauration hors domicile (RHD), pour l’ensemble des produits alimentaires, en distinguant notamment le Bio.

Les informations récoltées permettront de mieux connaitre le secteur en termes de montants d’achats (totaux et par famille de produits), de fournisseurs, d’achats bio pour la restauration collective et commerciale selon les différents segments (gestions concédée et directe, différents secteurs de la restauration collective…).

Ce baromètre a vocation à être mis à jour chaque année et à mobiliser, au fil de l’eau, de plus en plus d’adhérents.

Tous les acteurs de la restauration hors domicile sont invités à répondre via les personnes pouvant fournir les données achats de leur organisation.

Cette étude est disponible dès à présent sur le site https://barometre-rhd.fr/ où vous trouverez de plus amples informations sur la démarche.


Participez à la 2e journée régionale brassicole Bio d'Occitanie ! 7

Participez à la 2e journée régionale brassicole Bio d'Occitanie !

Jeudi 04 novembre 2021 de 9h30 à 17h00 au CREPS de Toulouse

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Cet événement sera l’occasion de faire un point sur le développement de la filière brassicole dans la région (bilan des avancées) et d’échanger autour de plusieurs thèmes afin de poursuivre son développement :

  • Consigne et réemploi du verre
  • Recherche variétale sur l’orge brassicole
  • Transformation post-récolte du houblon
  • Variétés de houblon bio en région
  • Passer sa brasserie en bio / nouvelle réglementation bio
  • La répartition de la valeur dans la filière orge-malt bio régionale
  • Brasser des matières première régionales : contrôle qualité et adaptation des process.
  • Quels labels ? Comment valoriser sa démarche vers le consommateur ?

Le matin, en plénière :

  • Une filière en mouvement ! Présentation des actions qui accompagnent le développement de la filière en Occitanie.
  • Focus sur la Consigne et le réemploi du verre

L’après-midi :

  • 2 sessions d’ateliers thématiques pour explorer plus en profondeur les sujets techniques et filières.

Journée organisée par et avec de nombreux partenaires : Interbio Occitanie, Bio Occitanie, Ocebio, La Coopération agricole, Chambres d’agricultures, la FR CIVAM, Houblon de France, BRIO, SNBI, le Gal est-Audois, AD’OCC, la Région, la DRAAF, Consign’up, Oc’Consigne …


La traçabilité en cave Bio : Pourquoi ? Comment ? 8

La traçabilité en cave Bio : Pourquoi ? Comment ?

→ LA TRAÇABILITÉ est « la capacité à retracer, à travers toutes les étapes de la production, de la transformation et de la distribution, le cheminement d’une denrée alimentaire, […] ou d’une substance destinée à être incorporée ou susceptible d’être incorporée dans une denrée alimentaire […] ». (Article 3, (CE) 178/2002 sur la sécurité des denrées alimentaires).

Définition de la traçabilité

Depuis 2002, la traçabilité est un outil obligatoire pour tout exploitant du secteur alimentaire qui doit ainsi pouvoir identifier un produit aux différents stades de son élaboration. Elle vise à enregistrer et caractériser les fournisseurs, les approvisionnements, les clients, les produits finis (étiquetage). Elle permet ainsi le retrait d’un produit présentant des risques pour la santé humaine.
Qu’en est-il en bio ? La traçabilité en bio, c’est la garantie que le niveau de qualité du produit élaboré répond aux exigences du règlement bio européen. Elle permet donc le retrait d’un produit en cas de non-conformité.

Les enjeux de la traçabilité

01 > L’OBLIGATION DE MOYENS Justifier la conformité de ses pratiques au règlement bio européen

L’organisme certificateur (OC) est indépendant et agréé par les pouvoirs publics (Ministère et INAO) pour contrôler les opérateurs sur les engagements définis par le règlement bio européen (UE).

Il se réfère à la grille des manquements (ou non conformités) validée par l’INAO (DIR CAC 3 Rev 11 du 16/12/20). Il réalise annuellement un contrôle physique (sur site) pour tous les opérateurs puis, un contrôle inopiné chez 50 % d’entre eux. Ce 2ème audit est décidé suite au résultat d’une évaluation des risques effectuée chez l’opérateur.

L’organisme certificateur contrôle les mesures concrètes prises pour assurer le respect des règles de production bio et spécifiquement :
– L’application de mesures de prévention et de précaution pour éviter la présence de produit et substance non autorisée.
– En cas de mixité :
• La présence de registres, de mesures et de procédures attestant d’une séparation physique ou dans le temps entre les produits bio et ceux de qualité inférieure.
• un nettoyage approprié et l’identification des produits dans l’espace.

À noter : bien que les contrôles en bio ne recensent pas les enregistrements exigés par les autres règlements de la filière viti-vinicole (OCM viti-vinicole), attention à ne pas les oublier !

→ LA TRAÇABILITÉ « RÈGLEMENTAIRE » rassemble donc l’ensemble des enregistrements et des informations permettant de vérifier que les pratiques mises en oeuvre garantissent le respect du mode de production bio UE. On répond ainsi à l’obligation DE MOYENS exigée par le règlement bio UE.

02 > L’OBLIGATION DE RÉSULTATS Contrôler en interne la qualité de ses produits et la conformité de ses procédés
Le règlement bio UE actuellement en vigueur (article 65, (CE) 889/2008) autorise les OC à prélever des échantillons pour analyse. Sur ce point, l’INAO précise qu’indépendamment des cas de suspicion, l’OC doit prélever et analyser, chaque année, un nombre d’échantillons correspondant à 5 % minimum du nombre d’opérateurs contrôlés (INAO DEC CONT AB1). À noter que le nouveau règlement bio (UE) 848/2018* maintient cette obligation d’analyser un nombre minimum d’échantillons.

En conséquence, tous les vins ne sont pas analysés avant leur mise en marché.
En pratique, il est donc TRÈS fortement recommandé à l’opérateur de mettre en place sa propre démarche d’évaluation des risques (HACCP), accompagnée d’un système interne de contrôle et d’analyse des produits.

Cette traçabilité « qualité », liée au plan interne de l’opérateur sur l’évaluation des risques (HACCP), est indispensable pour fiabiliser l’activité bio de l’entreprise et faciliter la certification des produits.

À noter : Lors de votre audit de certification, cette traçabilité est considérée comme un outil de sécurisation de votre activité (vis-àvis des risques de contamination des produits bio).

→ LA TRAÇABILITÉ « QUALITÉ » permet donc de démontrer que l’objectif qualité du produit est atteint et que le système qualité de l’entreprise fonctionne.

On répond ainsi à l’obligation DE RESULTATS exigée surtout par les clients (analyse produit, garantie de rappel produit…).

03 > LE BESOIN TECHNIQUE Tracer pour rendre plus performant son outil de production
La traçabilité « technique » ne sera pas détaillée dans cet article, mais elle a un intérêt majeur : améliorer l’organisation de son travail, gérer ses itinéraires, évaluer ses besoins, améliorer ses procédures et son process… À chacun de connaître ses points faibles pour décider des observations terrain à enregistrer et en déduire des stratégies techniques.

BILAN

À chaque étape d’élaboration du produit, la traçabilité répond donc à divers besoins que nous avons classés en trois catégories :

01. TRAÇA « RÈGLEMENTAIRE » pour répondre aux exigences du règlement bio UE = objectifs de moyens. Cette traçabilité est principalement à destination de l’OC.

02. TRAÇA « QUALITÉ » pour garantir de la qualité intrinsèque du produit vis-à-vis du label bio UE = objectif de résultats. Cette traçabilité est principalement à destination des clients.

03. TRAÇA « TECHNIQUE » pour répondre aux besoins d’amélioration de ses pratiques et de la qualité organoleptique du produit. Cette traçabilité est principalement à usage interne.

L’ORGANISATION DE LA TRACABILITÉ AU CHAI PAR ÉTAPE : LES ENREGISTREMENTS NÉCESSAIRES

La traçabilité devra répondre aux questions suivantes : qui, quoi, quand, comment, où, pourquoi ? La fig. 1 présente le cheminement global de la matière (du raisin au vin) et les points critiques justifiant une traçabilité.

Nous proposons d’énumérer les enregistrements nécessaires pour les besoins en traçabilité « règlementaire » (en réponse à la liste des manquements du catalogue INAO) et fournir des axes de réflexion pour l’organisation d’une traçabilité « qualité » (à adapter selon les exigences des clients). La traçabilité « technique » ne sera pas traitée.

Nous proposons d’énumérer les enregistrements nécessaires pour les besoins en traçabilité « règlementaire » (en réponse à la liste des manquements du catalogue INAO) et fournir des axes de réflexion pour l’organisation d’une traçabilité « qualité » (à adapter selon les exigences des clients). La traçabilité « technique » ne sera pas traitée.

01 > L’ENTREPRISE SOUS CERTIFICATION BIO
Objectif Traça : Définir le contexte de travail, les activités de l’entreprise, les flux, afin d’évaluer les conditions, moyens et enregistrements nécessaires au respect du règlement bio.

Traça « réglementaire » :
✓ Description de l’unité et de l’organisation de l’entreprise : elle permet d’identifier le cheminement du produit dans l’entreprise, les activités de traitement du produit, les activités amont/aval, les intervenants sur le produit (sous-traitants, prestataires)… et donc d’évaluer les situations à risque pouvant remettre en cause la qualité bio du produit.
✓ Notification de son activité à l’Agence Bio de toute nouvelle activité et à son OC du changement d’activité ou d’une non-conformité.

02 > L’ORIGINE DES MATIÈRES PREMIÈRES AGRICOLES

Objectif Traça : Garantir la conformité de la composition du produit : dans un vin bio, 100 % des ingrédients agricoles doivent être bio.

Traça « réglementaire »
✓ Obtention auprès de son fournisseur du certificat bio en cours de validité des produits achetés.
✓ Traçabilité des approvisionnements : mention bio et référence à l’organisme de certification sur l’étiquette, facture d’achat, bon de livraison, contrat achat.
✓ Enregistrement du contrôle du produit à réception.

Traça « qualité » (notamment pour les structures négoces et coopératives) :
✓ Traçabilité d’une analyse oenologique et de résidus phyto* du produit acheté ou réceptionné (raisin, moût, vin).
✓ Procédure d’échantillonnage :
qui, quand, quoi (quelle matrice), comment (intégrant une procédure de nettoyage), combien (volume ou quantité prélevée), où et à quelle étape de production ?
✓ Conservation d’un échantillon du produit
avant retiraison et à livraison du produit (si justifié).

* La fréquence d’analyse sera définie par l’opérateur dans le cadre de son plan d’évaluation des risques (plan HACCP).

03 > L’ACTIVITÉ AU CHAI

▶ Additifs et auxiliaires oenologiques

Objectif Traça : Lister les intrants de vinification pour justifier de leur conformité à l’annexe des additifs ou auxiliaires de vinification autorisés en bio.

Traça « réglementaire »
✓ Traçabilité des achats : factures d’achat des produits, fiche technique de l’intrant, fiche de données sécurité (FDS) (information sur la composition du produit), certificat non OGM et non ionisation des produits.

Traça « qualité »
✓ l’attestation de conformité pour l’usage en bio : liste des spécialités commerciales (validation par l’OC) ou attestation du fabricant/distributeur.

▶ Intrants oenologiques certifiés bio

Objectif Traça : Certaines substances oenologiques doivent être certifiées bio s’il existe une disponibilité commerciale : c’est le cas des levures de fermentation (si la souche est identique à la spécialité non bio utilisée habituellement), écorces de levure, albumine, gélatine, colle de poisson, gomme arabique, protéine végétale, tanin.

Traça « réglementaire »
✓ Obtention auprès de son fournisseur du certificat bio en cours de validité des produits achetés, mention bio et référence à l’OC sur l’étiquette du produit et de la facture.
✓ En cas de non disponibilité commerciale (à vérifier sur la liste des spécialités commerciales certifiées bio sur le site de l’INAO) : attestation de non disponibilité commerciale du distributeur.
✓ Remarque : si collage aux oeufs frais bio : conserver la facture et l’emballage.

▶ Techniques de vinification

Objectif Traça : Lister les pratiques de vinification pour justifier de leur conformité vis-à-vis des restrictions ou interdictions précisées dans le règlement bio.

Traça « réglementaire »
✓ Filtration : fiche technique du media filtrant (indiquant la taille des pores) , FDS (indiquant la composition du media de filtration).
✓ Traitement à la chaleur : Traçabilité de la consigne de température (70°C max à ce jour) ou enregistrement des mesures de température.

▶ Niveau de SO2

Objectif Traça : Respecter les limites max des niveaux de SO2 total (fonction des teneurs en Glucose + Fructose) sur les lots* de vins mis en marché.

Traça « réglementaire »
✓ Traçabilité de l’analyse après mise avec SO2 Total + teneur en sucres fermentescibles (Glucose + Fructose), pour chaque lot conditionné (bouteille ou BIB).
✓ Conserver 2 bouteilles ou un bib de chaque lot pendant 6 mois au moins.

* la définition d’un lot est à décider au cas par cas : tous les produits conditionnés issus d’un même lot doivent présenter des caractéristiques analytiques communes. Pour le contrôle, le lot peut être défini en concertation avec l’OC.

▶ Activité dans le chai

Objectif Traça : Définir les besoins en enregistrement, la fréquence des contrôles ainsi que le nombre de supports de traçabilité en fonction du nombre d’intervenants, de prestataires, de sous-traitants et des conditions de mixité !

Traça « réglementaire »
✓ Traçabilité de suivi des vinifications : enregistrement des intrants (nom des spécialités commerciales, dose) et des technologies physiques utilisée. Exemple : fiche de vinification par lot (cuve) de la vendange à fin fermentation.
✓ Traçabilité des mouvements de vin en phase d’élevage et de stockage (volumes transférés, soutirés, assemblés, conditionnés). Exemple : fiche de suivi des vins, cahier de mise.
✓ Identifier en cave et sur la traçabilité les lots bio, non bio et en conversion (cuves, quai, fiche de vinification…). Exemple : utiliser un code couleur pour chaque qualité.

▶ Prestataires et sous-traitants

Objectif Traça L’activité des prestataires mobiles : (filtration, mise en bouteille au domaine…) et des prestataires fixes (sous-traitants) ayant moins de 3 clients bio, est sous la responsabilité des opérateurs certifiés. Ces derniers doivent donc vérifier la conformité de la prestation aux exigences du règlement bio.

Traça « réglementaire »
✓ Traçabilité d’usage et fiche technique des intrants oenologiques, médias filtrants, techniques physiques.
✓ Procédure de nettoyage et/ou enregistrement du contrôle de la propreté avant prestation.
✓ Pour les prestataires fixes ayant plus de 3 clients en bio, la certification bio est obligatoire. Demander le certificat bio du prestataire.
✓ En chai mixte, traçabilité et/ ou procédure des actions de nettoyage du matériel justifiant l’absence de résidus de matière d’un lot de qualité inférieure ou de résidus de substance interdite en bio. Exemple : procédure de nettoyage par poste, enregistrement du nettoyage si nécessaire.

Traça « qualité »

✓ En chai mixte, traçabilité des mesures de séparation dans le temps ou dans l’espace des lots bio et non bio. Exemple : rédaction d’un planning de travail en cave listant en premier les tâches sur les lots bio puis les lots de qualité inférieure (ex pour le remontage, pressurage, mise en bouteille…).
✓ Préciser sur la traçabilité : qui, quoi, quand, et où ? – Définir un référent bio au chai.
✓ Documentation technique de tout autre produit utilisé en cave (potentiellement source de contamination fortuite) : produit hygiène, désinsectisation, travaux sur le matériel vinaire ou cuves…
✓ En chai mixte, enregistrement du contrôle de la propreté des matériels avant l’usage en bio.

04 > MISE EN MARCHÉ ET DISTRIBUTION DES PRODUITS

Objectif Traça : Garantir la conformité du procédé d’élaboration et de la qualité intrinsèque du produit.

Traça « règlementaire »
✓ Certificat bio en cours de validité du produit mise en marché en cours de validité (si besoin faire préciser les catégories de produits).
✓ Indication de la qualité du produit sur les factures, étiquettes, bon de livraison.
✓ Traçabilité d’une analyse SO2 sur le produit mis en marché.

Traça « qualité » (notamment pour les structures négoces et coopératives)

✓ Traçabilité d’une analyse de résidus phyto selon la demande du client.
✓ Procédure d’échantillonnage : qui, quand, quoi (quelle matrice), comment (intégrant une procédure de nettoyage), combien (volume ou quantité prélevée), où et à quelle étape de production ?
✓ Conservation d’un échantillon du produit avant retiraison et à livraison du produit (si justifié).

CONCLUSION
La traçabilité est un des outils de travail utilisés dans le cadre de la mise en oeuvre du plan d’évaluation des risques de son activité au chai (plan HACCP). Les exigences du règlement bio constituent un “champ d’étude” pour la mise en oeuvre du plan d’évaluation des risques.
D’autres champs d’étude peuvent être inclus : les exigences clients, d’autres règles de vinification bio, les objectifs qualitatifs… qui justifieront de rajouter de la traçabilité ou d’adapter son outil de traçabilité aux besoins en information.
Dans tous les cas, la traçabilité, en tant que support d’enregistrement, doit être parfaitement maitrisée par les intervenants dans l’entreprise et au chai pour que le système qualité soit efficace.
Des formations peuvent aider à maitriser et comprendre l’enjeu du système de traçabilité.

Par Valérie Pladeau, SudVinBio

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Les conférences régionales viticulture Bio 2019 et 2020 9

Les conférences régionales viticulture Bio 2019 et 2020

Organisées depuis 4 ans par la Chambre régionale d’agriculture Occitanie et ses partenaires (Chambres départementales d’agriculture, Sudvinbio, FREDON, IFV…), la conférence régionale viticulture bio annuelle est devenue progressivement un rendez-vous important pour la filière régionale. La thématique de la conférence est définie en comité technique régional viticulture bio et fait l’objet d’une publication spécifique synthétisant les principales informations importantes à connaître. En voici pour rappel les 2 dernières thématiques abordées : la Flavescence dorée en avril 2019 et le Cuivre en novembre 2020.

11 avril 2019 – Conférence “La flavescence dorée”

Les Chambres d’agriculture d’Occitanie, Sudvinbio et la FREDON Occitanie se sont associés dès 2018 dans la construction d’un programme d’actions de communication sur la flavescence dorée. Cette maladie incurable remet en cause la pérennité de l’ensemble du vignoble régional. Pour exemple en 2019, plus de 81000 souches observées se sont révélées être contaminées par la flavescence dorée et 48 parcelles ont dû être arrachées dans leur totalité car contaminées à plus de 20% (données FREDON FDGDON).
Le caractère très contagieux de cette maladie engage toute la filière viticole dans une lutte obligatoire et collective. Ainsi en avril 2019, une conférence régionale a été organisée à Montpellier Supagro et retransmise en direct à Perpignan et à Gaillac dans le Tarn.

3 novembre 2020 – Conférence “Le cuivre, on en parle ?”

En 2020, en raison du contexte sanitaire, la conférence régionale viticulture bio a pris le format d’une webconférence et a attiré 2 fois plus de participants que les éditions précédentes.

Fin 2019, la thématique Cuivre s’est révélée comme une évidence pour l’ensemble des membres du comité technique viticulture bio Occitanie. En effet, ces dernières années ont été marquées par des millésimes particulièrement difficiles de par la pression mildiou dont la principale substance active utilisée en Agriculture Biologique n’est autre que le cuivre.

De plus, depuis sa réhomologation fin 2018, le volet réglementaire est au coeur des préoccupations de la filière viticole.

Par Marie Largeaud, CRA Occitanie


Réglementation de l'AB, ce qui change au 1er janvier 2022 10

Réglementation de l'AB, ce qui change au 1er janvier 2022

Après la décision du report de l’application du nouveau règlement européen à 2022, les producteurs disposent d’une année supplémentaire pour en anticiper les conséquences. Du côté français, plusieurs dossiers clarifiant l’actuel règlement sont en cours de débat à l’INAO. Ces précisions seront portées dans le Guide de lecture, et devraient normalement aller dans le même sens que les dispositions du nouveau règlement européen. Quels sont les changements à prévoir pour les producteurs par rapport à l’actuel règlement ?

PRODUCTIONS VÉGÉTALES

RÈGLES INCHANGÉES
✓ Interdiction des OGM
✓ Rotations
✓ Protection des cultures
✓ Mixité bio/conventionnel sous conditions

1/ ENGRAIS VERTS
ÉVOLUTIONS Obligation d’implanter des légumineuses et engrais verts. En maraichage, la rotation doit être constituée d’au moins 3 espèces ; les engrais verts peuvent être comptés s’ils remplissent leur rôle agronomique (durée>30 j et biomasse suffisante). Cette disposition s’appliquera y compris sous serre et pour les cultures pérennes.

▶ CONSÉQUENCES Cette disposition s’appliquera y compris sous serre et pour les cultures pérennes.

2/EFFLUENTS
ÉVOLUTIONS Les effluents conventionnels sont utilisables s’ils ne viennent pas d’un élevage industriel. Élevage industriel étant défini comme : Système caillebotis, grille intégral ou cages, ET dépassant 60 000 poules pondeuses, 85 000 poulets, 3000 porcs, ou 900 truies

▶ CONSÉQUENCES Ce seuil d’élevage industriel, bien que très haut, devrait occasionner des impacts sur la filière des engrais organiques. La disposition va concerner les filières qui utilisent les engrais organiques du commerce (grandes cultures, maraichage…).
Application au 01/01/2021 (avec un délai : les stocks produits jusqu’en 2020 pourront être utilisés jusqu’en 2022).

3/HORS-SOL
ÉVOLUTIONS La culture hors-sol est cantonnée aux plantes ornementales et aromatiques vendues en pots, aux plants à repiquer, aux endives et au graines germées.

▶ CONSÉQUENCES Pas de changement en France ; les conséquences sont uniquement pour certains pays nordiques qui autorisaient la culture en bacs.

RÈGLES DE CONVERSION

RÈGLES INCHANGÉES
✓ Durées de conversion des terres et des animaux

1/PARCOURS PORCS ET VOLAILLES
ÉVOLUTIONS Durée minimum de conversion des parcours de monogastriques : un an (et non plus 6 mois)

▶ CONSÉQUENCES Il faudra anticiper davantage la conversion ou alors les produits seront certifiés bio un peu plus tardivement.

2/ALIMENTATION LORS D’UNE CONVERSION NON SIMULTANÉE
ÉVOLUTIONS En cas de conversion non-simultanée des terres et des animaux :
– l’aliment C2* acheté à l’extérieur est limité à 25% de la ration (contre 30% avant)
– l’aliment C1* autoproduit reste de 20% max de la ration
– le total C1 + C2 doit être inférieur à 25% de la ration (contre 30% avant)

▶ CONSÉQUENCES Ces pourcentages sont à prendre en compte dans le plan d’alimentation, que ce soit lors de la conversion initiale ou lors de l’ajout de surfaces non bio à une ferme bio.

SEMENCES ET PLANTS

1/ORIGINE
ÉVOLUTIONS Engagement plus prononcé en faveur du développement de la filière Semences et Plants bio.
Etablissement d’une priorité lors de l’achat :
1. Semences et plants bio
2. Semences et plants en conversion
3. Semences et plants en conventionnel www.semences-biologiques.org pour consulter les disponibilités et les éventuelles dérogations

▶ CONSÉQUENCES Les dérogations se poursuivent (mais s’amenuisent) jusqu’en 2036 :
– Peu de changement pour les habitués du site semences-biologiques (céréaliers, maraichers…)
– Les viticulteurs et arboriculteurs vont suivre aussi le parcours de recherche de plants et semences bio ; pour les productions pérennes il est demandé d’avoir anticipé la commande de plants bio (18 mois avant) pour pouvoir prouver l’éventuelle non disponibilité.

2/MATÉRIEL GÉNÉTIQUE
ÉVOLUTIONS Création de 2 nouvelles catégories de semences et plants : Variétés adaptées à l’AB et Matériel hétérogène biologique

▶ CONSÉQUENCES Les producteurs pourront commercialiser des semences non inscrites au catalogue (populations par exemple) de leur production, sous certains critères (en attente du vote des actes délégués pour les détails d’application)

ALIMENTATION DES ANIMAUX

RÈGLES INCHANGÉES
✓ Ration des herbivores, alimentation bio…
✓ Durées d’allaitement

1/PART D’ALIMENTS DEVANT PROVENIR DE L’EXPLOITATION OU PRODUIT RÉGIONALEMENT ÉVOLUTIONS
– 70% pour les herbivores (contre 60% avant) au 01/01/2024
– 30 % pour les monogastriques (avant 20%) au 01/01/2022

▶ CONSÉQUENCES Les conséquences sont à relativiser, le territoire régional étant considéré comme la France.

2/PART DE C2
ÉVOLUTIONS Incorporation de 25% maximum d’aliment en C2 provenant de l’extérieur de l’exploitation (contre 30% avant).

▶ CONSÉQUENCES Il faudra être vigilant et bien compter la part de C2 acheté en coopérative ou à d’autres éleveurs

3/LAIT EN POUDRE
ÉVOLUTIONS Alimentation des jeunes animaux au lait en poudre : sont exclus les laits en poudre contenant des matières végétales ou de synthèse

▶ CONSÉQUENCES C’est la confirmation d’une disposition déjà existante. La question de la disponibilité et du prix du lait en poudre bio reste posée.

4/ % ALIMENT NON-BIO
ÉVOLUTIONS 5% d’aliments protéiques non bio restent autorisés pour les porcelets de moins de 35 kg et les jeunes volailles jusqu’en 2026.

▶ CONSÉQUENCES Cette part de non-bio, qui était dérogatoire, à défaut d’être supprimée, est focalisée sur les jeunes monogastriques. Cela concerne principalement les fabricants d’aliments.

5/ TRANSHUMANCE
ÉVOLUTIONS Séparation obligatoire des animaux bio et non bio pendant la transhumance.

▶ CONSÉQUENCES Les fondements de cet article sont difficiles à comprendre. La question a été remontée via la FNAB IBO à l’INAO.

LOGEMENT DES ANIMAUX

RÈGLES INCHANGÉES
✓ Surfaces en bâtiment

1/FINITION DES BOVINS
ÉVOLUTIONS Fin de la disposition qui autorisait de terminer l’engraissement des bovins adultes jusqu’à 3 mois à l’intérieur.

▶ CONSÉQUENCES Des conséquences importantes sont à intégrer sur les techniques d’engraissement (avec accès à l’extérieur ou pâturage) et sur la filière (planification et typologie des viandes fournies). Les problématiques soulevées et des propositions ont été remontées à l’INAO par Interbio Occitanie

2/SORTIE DES VEAUX
ÉVOLUTIONS
– Accès des jeunes veaux à l’extérieur : Les veaux doivent avoir accès à un espace extérieur dès que les conditions le permettent, et au plus tard à 6 semaines.
– Sortie des veaux au pâturage : Les veaux doivent avoir accès au pâturage sauf lorsque les conditions ne le permettent pas, dès que possible et au plus tard à 6 mois ; si les animaux sont abattus entre 6 et 8 mois, ils doivent avoir eu accès au pâturage au minimum durant 30 jours sur leur durée de vie, sauf condition exceptionnelle ne le permettant pas.

▶ CONSÉQUENCES Adaptations à planifier si pratiques non conformes, évolutions de la filière.

3/ATTACHE
ÉVOLUTIONS Autorisée sur dérogation, seulement pour les fermes de moins de 50 animaux (on ne compte pas les mâles de moins de 2 ans et les femelles nullipares) , à condition de sortir les animaux 2 fois par semaine (pâturage ou accès extérieur).

▶ CONSÉQUENCES Le changement concerne les fermes de plus de 50 animaux. Question remontée par la FNAB à l’INAO sur la possibilité de transparence GAEC pour ces élevages.

4/LOGEMENT DES PORCS
ÉVOLUTIONS
– 50% de la surface doit être construite en dur (sans caillebotis)
– Au moins 5% de la surface extérieure devra être découverte
– Accès à l’extérieur obligatoire à tous les stades (règles en cours de discussion pour les jeunes)
– Les surfaces évoluent légèrement pour les porcs de moins de 35 kg

▶ CONSÉQUENCES Ces règles concernent le porc élevé en bâtiment ; a priori sans impact pour le porc plein-air. L’INAO a proposé un calendrier de mise en conformité avec des dates limites selon les points de non-conformité (entre 2021 et 2026), nous demander les détails.

5/LOGEMENT DES VOLAILLES
ÉVOLUTIONS
– Obligation que le parcours des volailles soit aménagé pour (bosquets, haies, longueur du parcours)
– Définition d’un cadre pour les vérandas des bâtiments de volailles
– Les densités d’animaux en bâtiment évoluent légèrement.

▶ CONSÉQUENCES Les densités sont calculées en kg de poids vif (max 21 kg/ m² en bâtiment fixes et mobiles de plus de 150m² ; max 30 kg de poids vif/m² en bâtiments mobiles de moins de 150m²) ; un guide de l’INAO va paraître pour transcrire plus facilement en nombre d’animaux.

ACHATS D’ANIMAUX ET REPRODUCTION

RÈGLES INCHANGÉES
✓ Achat d’animaux non bio
✓ Hormones interdites, insémination artificielle possible

BASE DE DONNÉES DES ANIMAUX BIO
ÉVOLUTIONS Pour le développement de la filière de reproduction en AB, instauration d’une base de données des animaux bio disponibles

▶ CONSÉQUENCES Il sera possible pour les éleveurs souhaitant acheter des animaux bio de consulter sur la base de données la disponibilité d’animaux bio autour de chez eux, ainsi que d’y proposer leurs animaux.

POULETTES
ÉVOLUTIONS
Obligation de se fournir en poulettes (âge 3 jours à 18 semaines) élevées selon les règles AB.

▶ CONSÉQUENCES L’application commencera dès 2022. Règles complexes avec une transition pour les élevages de poulettes certifiés avant le 01/01/2021, nous demander l’info spécifique.

SANTÉ ANIMALE

RÈGLES INCHANGÉES
✓ Priorité à la prévention
✓ Nombre de traitements autorisés
✓ Règles de castration et prise en charge de la douleur

TRAITEMENTS VÉTÉRINAIRES
ÉVOLUTIONS
– Délai d’attente doublé ET durée incompressible de 48 h
– Interdiction des bolus

▶ CONSÉQUENCES Le débat se repose pour les traitements à délai d’attente nul, pour savoir si en bio le délai d’attente sera à 0 ou 48 h.

MUTILATIONS
ÉVOLUTIONS Autorisation possible au cas par cas de la coupe de la queue chez les ovins, de l’épointage du bec lorsqu’il est entrepris au cours des 3 premiers jours de vie, de l’écornage et de l’ablation des bourgeons de corne

▶ CONSÉQUENCES Ces interventions pourraient être plus encadrées qu’aujourd’hui, et a priori au cas par cas, à voir selon guide de lecture final.

APICULTURE

RÈGLES INCHANGÉES
✓ Règles de production

1/ ESSAIMS
ÉVOLUTIONS Renouvellement en non bio autorisé jusqu’à 20% (contre 10% avant)

2/ RUCHERS ET MIXITÉ
ÉVOLUTIONS 

– Autorisation du déplacement des ruches en zones non-conformes uniquement lorsque la survie de la colonie est menacée par une catastrophe climatique
– Suppression de l’autorisation de la prestation de pollinisation en non-bio

▶ CONSÉQUENCES La possibilité de déclasser le miel et de le vendre en non-bio en cas de butinage à plus de 50% dans des zones non conformes, est réduite. Une problématique se pose pour les apiculteurs dans les territoires dominés par les grandes cultures conventionnelles. La FNAB a remonté la problématique à l’INAO.

3/ CIRES
ÉVOLUTIONS Achat de cires en bio dans tous les cas

▶ CONSÉQUENCES La dérogation pour acheter de la cire d’opercule conventionnelle cesse.

ÉTIQUETTAGE

RÈGLES INCHANGÉES
✓ Logos

MENTIONS DE PROVENANCE
ÉVOLUTIONS Apparition de la mention « Agriculture Région : au moins 95% des matières premières agricoles proviennent de la région citée.
– Agriculture UE : au moins 95 % des matières premières agricoles ont été produites dans l’UE (contre 98 % avant)
– Agriculture non UE : au moins 95 % des matières premières agricoles ont été produites dans les pays tiers (contre 98 %)
– Agriculture UE/non UE : plus de 5 % a été produit en Europe, le reste

▶ CONSÉQUENCES Amélioration de l’identification régionale des produits.

Les nouveautés sur les procédures de contrôle seront à suivre dans les prochains numéros. Pour plus de précisions, vous pouvez prendre contact avec votre certificateur ou avec le Point Info Bio de votre département si vous êtes en projet de conversion.
▶ En cas de besoin de précisions liés à l’article : cecile.cluzet@bio-occitanie.org.

Par Cécile Cluzet, Bio Occitanie

Source : Règlement européen 2018/848, FNAB, INAO

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