J-7 avant la 9e édition du Showroom RHD !

Venez découvrir le meilleur des produits bio et régionaux d’Occitanie pour les marchés de la restauration collective et commerciale !
Plus de 90 exposants, dont 65% proposent une gamme bio – acteurs agricoles et agroalimentaires régionaux – vous accueilleront sur leurs stands pour vous présenter leurs gammes et enrichir ainsi votre sourcing régional.
9ème édition du Showroom RHD Régional et Bio
MERCREDI 6 OCTOBRE 2021 (10h-17h)
à DIAGORA Labège (Toulouse)
Labellisation de Villeneuve du Latou dans la presse !

Le label Territoire Bio Engagé a été remis le 21 septembre septembre 2021 à la commune de Villeneuve du Latou pour son engagement en Bio : 45,56 % de surface agricole en Bio !
Peut-on se passer du cuivre ?
RETOUR D’ESSAIS PAYSANS SUR LA DIMINUTION DU CUIVRE EN RAISIN DE TABLE – GROUPE DEPHY FERME 82
Le mildiou reste une problématique majeure en raisin de table. Le cuivre, dont le traitement impacte potentiellement les sols voire la santé humain, est-il le seul moyen de lutter contre cette maladie ? Retours sur les essais en raisin de table AOP Chasselas de Moissac et Ribol, dans le département du Tarn et Garonne (82).
LE TRAITEMENT AU CUIVRE, UNE PRATIQUE TOXIQUE ?
La matière active cuivre est réputée s’accumuler dans les sols, inhiber l’activité microbienne, et rendre le sol toxique pour les cultures. Métal lourd, le cuivre est également suspecté d’être nuisible à la santé humaine et faunistique. Il reste, malgré tout à ce jour, indispensable à la gestion de maladies cryptogamiques en vigne tel le mildiou. Dans un contexte règlementaire qui tend à se durcir, peut-on sinon exclure, au moins diminuer son utilisation ?
ORIGINE DES ESSAIS
Les analyses présentées ici sont le fruit du travail d’un groupe Dephy Ferme – Ecophyto, de l’association Agribio du Tarn-et-Garonne, accompagné par le réseau Bio Occitanie. Pour anticiper la réglementation et trouver des solutions de remplacement du cuivre, le groupe a décidé de formaliser ces travaux sur la diminution des doses en production de raisin de table bio, avec des stratégies différenciées ainsi que des objectifs de production contrastés. Le projet se développe depuis 2016 et les exploitations suivies se situent à 20 km aux alentours de Moissac.
PROTOCOLE :
Les protocoles pleins champs ont été co-construits avec les producteurs puis appliqués et ajustés d’année en année depuis 2016. Il s’agit de tester trois programmes d’intervention en conditions naturelles : « usuel », « complexe de plantes », et « substitution ». La dynamique d’apparition des symptômes de maladie du mildiou a été mesurée par comptages, les conditions météorologiques sont suivies dans le bulletin technique bio raisin de table hebdomadaire et les observations sont réalisées sur la période d’avril à août.
TROIS PROGRAMMES D’INTERVENTION
Le tableau 1 récapitule les programmes choisis en fonction des objectifs de rendements et des systèmes de culture et de commercialisation.
Usuel : Un producteur travaille sur la diminution des doses de cuivre avec des passages plus fréquents et en adaptant le volume hectare à la surface foliaire. Il aboutit actuellement à une diminution de moitié voire des 2/3 de cuivre utilisé pour le même résultat.
Complexe de plantes : Un producteur a, dès 2016, voulu utiliser une combinaison d’extraits végétaux issus du commerce pour remplacer le cuivre mais a rapidement été amené à réintroduire du cuivre à petite dose. Son parcours amène à envisager des formes hybrides de traitement, permettant, en utilisant des compléments de lutte, et dans un programme précis, de réduire à moins de 3 kg les doses de cuivre.
Substitution : Un producteur expérimente l’utilisation de plusieurs extraits hydro-alcooliques de végétaux (saule, tanin…) associés avec du talc, du vinaigre et des micro-doses de cuivre. Il est parvenu ainsi à diminuer de plus de la moitié ses doses de cuivres (déjà inférieures au producteur 1).
DESCRIPTION DES ITINÉRAIRES ET SUIVI DES INTERVENTIONS
Les itinéraires et objectifs sont décrits dans le tableau 2. Les interventions sont détaillées dans les tableaux 3 et 4. Le programme usuel est basé uniquement sur des apports optimisés de cuivre. Le programme avec complexes de plantes associe un engrais foliaire avec de faibles doses de cuivre. Le programme dit “de substitution” est composé de faibles doses de cuivre avec du talc, du vinaigre, de l’extrait de saule et de l’extrait de pépins de raisins.
CONCLUSION
L’année 2016 à forte pression Mildiou sert de référence. Le producteur “Usuel” a été très prudent en 2017 et 2018 car il reprenait l’exploitation.
En 2019 et 2020 il est parvenu à maîtriser le mildiou en diminuant le cuivre de 60 % en 2019 (pression faible) et de 45 % en 2020 (forte pression) pour une perte de 5-8 % sur cette dernière année.
Le producteur “Complexe” a maîtrisé le développement de la maladie avec une diminution du cuivre métal de près de 70 % en 2019 (pression faible) et en 2020 malgré la pression forte.
Le producteur en “Substitution” à maîtriser l’impact du Mildiou avec des doses encore plus faibles, proche d’1 kg de cuivre métal par ha.
En année de forte pression, il a été possible de réduire le cuivre métal :
↘ à 2,04 kg /ha dans le cadre du programme usuel,
↘ à 2.01 kg/ha dans le cadre du complexe plantes,
↘ à 1,13 kg/ha dans le cadre du programme de substitution.
Le positionnement et l’ajustement de la dose à la pression ont montré une réduction possible de cuivre métal de 400g/ha/passage en 2016 à 100g/ha/passage en moyenne en 2020. Ces résultats pourraient être précisés dans un cadre expérimental qui permettrait notamment la répétition des modalités et l’observation de rang témoin non traité.
FOCUS – PRÉSENTATION DES PRODUITS TESTÉS
Par Marc Miette et Sandrine Fournié, Bio Occitanie
La mireuse à plateau, un outil adapté pour des centres de conditionnement spécifiques aux ateliers avec ramassage manuel des œufs
Un centre agréé d’emballage et de conditionnement des oeufs (CEO) produits sur la ferme a pour objet de transformer la production journalière des oeufs en une commercialisation hebdomadaire selon divers modes de ventes. La mireuse à plateau est une solution ergonomique, peu coûteuse et intégrant les contraintes sanitaires obligatoires pour les CEO. Un outil adapté aux élevages de pondeuses biologiques avec ramassage manuel des oeufs et de taille modeste, proposé par les éleveurs et éleveuses, à l’attention de l’administration française.
POUR QUI ET QUEL INTÉRÊT ?
Les règlements C.E. N° 853/2004 et 589/2008, et leur dernière traduction française (dans l’Instruction Technique du 09/01/2019), obligent au passage en CEO agréé, dès lors que l’on a plus de 250 Poules pondeuses, ou que l’on souhaite commercialiser ses oeufs via un intermédiaire. Parallèlement, la demande des consommateurs en oeufs bios et locaux ne cesse d’augmenter, et de nombreux petits ateliers de pondeuses sont au rendez-vous ou souhaitent l’être. Le développement du marché de l’oeuf bio, à caractère local et sous diverses formes de commercialisation, encourage donc des éleveurs et porteurs de projet à développer des ateliers de poules pondeuses. Le besoin de mise en place d’un CEO sur ces fermes est fréquent mais non sans difficultés (démarches administratives, adaptation à la ferme des mesures d’hygiène…). De plus, les modèles de centres préconisés sont aujourd’hui adaptés aux ateliers plus intensifs et mécanisés et la lourdeur des investissements est un gros frein au développement de petits ateliers.
UN RETOUR D’EXPÉRIENCE EN PLEIN DÉVELOPPEMENT !
C’est sur la base de savoir-faire et témoignages d’éleveurs que des structures du réseau FNAB (notamment AGRIBIOVAR et le GABB32) et de la confédération paysanne ont commencé la rédaction d’un guide d’aide à la conception d’un centre de conditionnement d’oeufs ramassés manuellement. L’objectif de ce document étant d’adapter la conception d’un CEO aux élevages réalisant de la collecte manuelle, laquelle présente des avantages spécifiques au regard du plan sanitaire. Et également de s’appuyer sur un nouvel équipement : La mireuse à plateau. Cet équipement a déjà été spontanément reconnu lors d’agrément dans divers départements du territoire français et tend à se développer grâce au travail des différents réseaux et notamment à l’atelier paysan.
DIVERSIFIER ET SÉCURISER SES DÉBOUCHÉS
L’utilisation d’un centre d’emballage assure une bonne traçabilité des oeufs dans le cadre de commercialisation à des intermédiaires. Une fois celui-ci agréé sur votre ferme, la possibilité de venir compléter des circuits de vente directe avec une épicerie locale, un magasin spécialisé ou même un transformateur devient possible. Un plus pour développer ou sécuriser vos circuits de ventes. Un stock d’oeuf non commercialisé sur un marché ? Pourquoi ne pas les proposer à la pâtisserie du village…
QU’EST-CE QU’UN CEO ?
Un centre agréé d’emballage et de conditionnement des œufs produits sur la ferme a pour objet de transformer la production journalière des œufs en une commercialisation hebdomadaire selon divers modes de ventes. Il a deux objectifs :
Un objectif règlementaire et sanitaire
Mettre en œuvre le tri, le conditionnement- emballage et la traçabilité des œufs dans le cadre du Règlement CE N° 589/2008. Ce dernier met en place des mesures de protection sanitaire ainsi qu’une organisation de l’information du consommateur. Comme vu précédemment, le passage de la production d’oeuf dans un CEO agréé est obligatoire des lors que son élevage dépasse les 250 poules ou que l’on commercialise tout ou partie de sa production par un intermédiaire (magasin, restaurant, RHD…).
Un objectif logistique pour le producteur
Permettre à une action quotidienne et donc répétitive de s’effectuer avec confort, ergonomie et économie du temps de travail.
POINT DE VIGILANCE
Il est important de réaliser ces démarches bien en amont de l’arrivée du cheptel afin de ne surtout pas se retrouver avec une production quotidienne d’oeuf invendable en attendant l’agrément.
QUELLES SONT LES DÉMARCHES POUR OBTENIR UN AGRÉMENT ?
Dans un premier temps le producteur doit demander l’attribution d’un « code oeuf » auprès de l’E.D.E. (Établissement de l’Élevage) de son département. Il doit ensuite effectuer une demande d’agrément au moment de la création du CEO. Un formulaire est à compléter et renvoyer auprès de la Direction Départementale de la Cohésion Sociale et de la Protection de la Population (DDCSPP).
Le Cerfa n°13983 doit être accompagné d’un dossier d’agrément. Ce dernier montre aux services vétérinaires que le centre d’emballage que vous mettez en place répond aux exigences sanitaires dans le cadre du respect de la réglementation autour du Paquet Hygiène.
L’obtention de l’agrément sanitaire aboutit à l’attribution d’un code (cf. figure ci-dessous) par bâtiment de poules pondeuses.
SE FORMER ET SE FAIRE ACCOMPAGNER ?
Le contenu du dossier doit être accompagné d’une attestation de formation HACCP liée au conditionnement des oeufs. Il existe un Guide de bonnes Pratiques d’Hygiène (GBPH) afin d’aider les producteurs souhaitant connaître les mesures sanitaires à mettre en place dans un CEO. Mais vous avez aussi la possibilité de vous faire accompagner par les organismes de développement agricole et ainsi bénéficier de leur expérience de prestation pour la rédaction du document et le suivi de formation (Chambres d’agriculture, Réseau FNAB, coopérateurs…).
SPÉCIFICITÉ D’UN CEO À RAMASSAGE MANUEL ?
La majorité des agréments aujourd’hui délivrés sont calqués sur un schéma répondant aux problématiques sanitaires de systèmes de production plutôt intensifs (convoyeurs mécaniques pour l’acheminement des oeufs, volumes d’oeufs importants…). Les mesures sont parfaitement adaptées dans ces cadres de production. Néanmoins nous considérons que certaines problématiques pour les petits ateliers sont différentes et qu’il est donc important de proposer une adaptation du dossier aux spécificités de petits ateliers à ramassage manuel.
FOCUS – LES SPÉCIFICITÉS DU RAMASSAGE MANUEL ET DES TECHNIQUES DE PRODUCTION DES PETITS ATELIERS
La contribution des professionnels via le guide ne cherche pas à opposer des systèmes mais à proposer une alternative plus adaptée sur la base d’expériences et savoir- faire reconnus. L’objectif est de synthétiser diverses réalisations de CEO agréés où la spécificité du ramassage manuel et l’utilisation d’une mireuse à plateau ont été valorisés au mieux afin de conjuguer efficacité sanitaire et ergonomie. Le travail de guide s’appuie sur les textes règlementaires et guides de bonnes pratiques d’hygiènes officiels et n’ont pas vocation à les remplacer. La prochaine étape étant la prise en compte officielle et généralisée sur le territoire des éléments préconisés dans ce document.
DEUX CONTRAINTES : LE DÉBOUCHÉ ET L’ATELIER DE PRODUCTION
#1 Il faut chercher à ce que le débouché absorbe la production de la semaine. S’il y a risque d’excédent on prévoit un écoulement de secours, de préférence hebdomadaire. Ainsi, on peut gérer les oeufs à la semaine, comme extra frais (9 jours après la ponte)
#2 L’atelier de production doit être conçu pour fournir des oeufs en quantité régulière et propre. C’est la conception du poulailler et la conduite de l’élevage qui permettent de prévenir 90 % des exigences sanitaires.
Deux points font la force de ces demandes d’agréments :
UNE VALORISATION DES ATOUTS SANITAIRES DU RAMASSAGE MANUEL DONT LE FAIT QU’AUCUN OEUF SALE NE RENTRE ALORS DANS LE CEO
L’organisation du ramassage manuel directement sur plateau avec une desserte roulante permet donc d’écarter les oeufs sales ou cassés. C’est une prédigestion importante de la fonction de tri du CEO. Le fait, que seuls des oeufs, à priori de classe A, ne rentrent pas dans le CEO, simplifie sa conception et son plan de nettoyage.
Nous conseillons vivement cette complicité entre aménagement de la ponte dans le poulailler, technique de ramassage des oeufs et CEO. Le ramassage manuel donne l’opportunité d’effectuer l’essentiel : la fonction de tri. Il serait dommage de ne pas valoriser et organiser cette opportunité.
UN NOUVEL ÉQUIPEMENT INNOVANT : LA MIREUSE À PLATEAU !
La mireuse à plateau remplace très avantageusement les mireuses calibreuses semi- automatiques (Tant au niveau sanitaire qu’ergonomique). Cet équipement a déjà été spontanément reconnu lors d’agrément de CEO dans divers départements du territoire français.
CHOIX DES ÉQUIPEMENTS ?
Un centre agréé doit être équipé de divers dispositifs permettant de mirer, calibrer, et marquer les oeufs de catégorie A. Le Règlement CE N° 589/2008, au paragraphe 1 de son article 2 donne une définition détaillée de ce qu’est un oeuf de catégorie A. Parmi les dispositifs capables, dans le cadre réglementaire, de valoriser le ramassage à la main on trouve :
#1 Pour le mirage
Une mireuse à plateau (cf. zoom sur l’outil en suivant). Lors du ramassage en amont, une boite spécifique a permis de collecter parallèlement les oeufs sales, ébréchés ou présentant une coquille anormale. La fonction de triage est donc finalisée dans le CEO par observation de l’intérieur de chaque oeuf sous le faisceau lumineux des lampes de la mireuse.
#2 Pour le calibrage
Une balance homologuée est obligatoire. Celle-ci est utilisée par l’opérateur en complément de son appréciation visuelle, si nécessaire. Comme prévue réglementairement (Paragraphe 3 article 4 du CE 589 / 2008) cette option, de vendre des oeufs sous l’appellation « OEufs de calibres différents » évite une nouvelle fois la manipulation d’oeufs et par conséquent les risques de contaminations croisées, de chocs accidentels ou d’agression de la cuticule.
#3 Pour le marquage des oeufs
Il existe un modèle de tampon récent et très pratique. Caoutchouté, souple, évitant totalement le risque de choc, et permettant d’inscrire d’un geste rapide les mentions obligatoires.(consulter le site : oeuftampon.fr).
#4 Pour le marquage des boîtes de conditionnement
Si toute la production n’est pas vendue en plateau il est conseillé de procéder à un marquage en deux temps : une étiquette pré-imprimée contenant les informations permanentes et une étiquette mentionnant les informations quotidiennes (cf. encart ci-dessous).
Une étiqueteuse automatique à ruban est tout à fait adaptée pour l’inscription de la date de durabilité (soit + 28 jours après la ponte).
EN SAVOIR PLUS
▶ sur le Guide ou les démarches de formations : Les Bios du Gers- GABB32 à elevage@gabb32.org
▶ Voir les travaux d’autoconstruction de mireuse ou d’autres éléments du poulailler (Poulailler mobile 250 pondeuses, desserte roulante, mangeoire palox…) sur le site de l’atelier paysan : www.latelierpaysan.org
INFOS POUR LE MARQUAGE
▸ Le code du CEO (et son explication ?)
▸ La mention « catégorie A »
▸ La mention « oeufs de calibres différents » et le poids minimal du plus petit calibre (Si bien sûr on a choisi, comme le prévoit le paragraphe 3 de l’article 4 du règlement précité, de ne pas être plus précis).
▸ La recommandation de conserver les oeufs, après achat, au réfrigérateur
▸ Des informations explicites concernant la nature de l’élevage, le logo AB…
FOCUS – ZOOM SUR LA MIREUSE A PLATEAU
Neufs lampes led développant un flux lumineux de 5 000 Lumens permettent de visualiser l’intérieur de chaque oeuf sans devoir les bouger. Cet outil très simple demande cependant une manipulation spécifique du plateau. Il aura été nécessaire d’avoir rangé tous les oeufs la pointe en bas lors du ramassage. On mire les deux côtés des oeufs en retournant la plaque tête-en-haut-tête-en-bas, à l’aide des deux plaques trouées. La manoeuvre doit être franche.
La mireuse à plateau apporte donc en plus d’un confort de travail, un mirage d’excellente qualité pour un investissement très faible. Bien évidemment, toute l’efficacité de cet outil et sa bonne utilisation repose sur une bonne conduite d’élevage et une connaissance des risques liées aux bonnes pratiques d’hygiène. Cet outil est également idéal dans le cadre d’un petit atelier à ramassage manuel car il laisse la possibilité de gérer un nombre d’oeufs limité par la capacité du producteur à ramasser un certain nombre d’oeufs quotidiennement.
LA MIREUSE À PLATEAU DANS MON CENTRE D’EMBALLAGE ?
Je peux l’utiliser pour son fonctionnement très simple qui économise du temps et réduit le nombre de manipulations des oeufs.
Je peux l’utiliser car elle répond aux exigences sanitaires de manière très performante. Elle protège beaucoup plus l’intégrité de la coquille et de la cuticule de mes oeufs. Il n’y a pas de frottements mécaniques, de roulages, chocs, ou autres contacts des oeufs les uns contre les autres ou sur des surfaces communes.
Je peux l’utiliser car elle me permet d’effectuer un mirage très efficace avec une variation du temps du mirage autant que nécessaire.
Je peux donc l’utiliser car c’est un outil simple, peu onéreux et efficace dès lors que les fonctions de ramassage et calibrage sont pensées en cohérence !
C’EST DONC AUJOURD’HUI UNE ALTERNATIVE POSSIBLE ?
Cette initiative entamée depuis deux ans par les deux réseaux FNAB et Confédération Paysanne (rédaction d’un guide pour la conception d’un CEO) est en accord :
# 1 Avec l’esprit de l’instruction technique du 07/01/2019 « Établissement éligibles à des mesures de flexibilité », I.T. qui concerne nommément les CEO mais dont il manque la rédaction d’une fiche sectorielle devant faciliter sa mise en oeuvre.
# 2 Avec l’esprit de la réglementation Européenne qui oblige à des résultats et à leur justification par autocontrôle, plutôt qu’à des moyens normatifs.
# 3 Avec l’affichage d’un soutien à des circuits courts, plus vertueux, dans le respect des règles sanitaires et de la traçabilité des produits.
COMMENT LE METTRE EN PLACE ?
Ces retours d’expérience et cette innovation nous conduisent aujourd’hui à échanger directement avec l’administration française afin de faire reconnaître nos travaux dans le cadre des documents règlementaires officiels. Certains départements comme dans le Var ont déjà intégré ces éléments dans des projets de demande d’agrément. Pour cela, il est bien évidemment très important :
✓ de se former comme cela a pu être le cas dans certaines régions de France (règles sanitaires, risques liés aux spécificités du ramassage manuel…).
✓ de bien intégrer les bonnes pratiques d’élevage à mettre en place en amont et d’adapter son dossier à ses spécificités.
✓ de réaliser les démarches en amont de son projet afin qu’il soit construit de manière cohérente, et réponde aux exigences sanitaires pour l’obtention d’agrément par la DDCSPP.
BIBLIOGRAPHIE
▸ Le Règlement (CE) N° 589/2008, portant modalités d’application du règlement (CE) n°1234/2007 du Conseil en ce qui concerne les normes de commercialisation applicables aux oeufs
▸ L’Instruction Technique DGAL/SDSSA/ 2018-924 du 07/01/2019 ayant pour objet « Critères de détermination des établissements éligibles à des mesures de flexibilité et lignes directrices en matière de mise en oeuvre de cette flexibilité au niveau du plan de maîtrise sanitaire »
▸ Le GBPH « OEufs de catégorie A en centres d’Emballage »
▸ Le « VADEMECUM SECTORIEL CENTRES D’EMBALLAGE D’OEUFS » Version février 2016 – Domaine de la Sécurité Sanitaire des Aliments
Par Loïc Labidalle, animateur technique polyculture-élevage AB, Bios du Gers-GABB32
Design www.justinecarre.com
Destruction très superficielle de couverts végétaux avec des outils animés
Retour sur les expérimentations de 2020 en Ariège
Accompagnés par la Chambre d’Agriculture de l’Ariège, ces essais sont menés chez des polyculteurs ariégeois qui se rencontrent régulièrement depuis 2017. La pratique des couverts végétaux en Agriculture Biologique est le fil conducteur de ces rencontres qui mobilisent une dizaine d’agriculteurs. Après la participation aux Rencontres de l’Agriculture Biologique de Conservation (ABC) à Rambouillet en janvier 2020 et l’utilisation répandue des outils animés pour la destruction des couverts végétaux, plusieurs parcelles ont été conduites de la sorte ce printemps.
Essais avec une herse rotative customisée
Des fers plats de 10 cm ont été ajoutés sur toutes les dents d’une herse rotative pour obtenir un effet de scalpage. Précédé d’un broyage dans les 2 jours précédents, cette herse améliorée a réalisé de scalpage très performant dans des couverts végétaux très développés, à 4-5 cm de profondeur. Ce mulch, composé d’autant de résidus végétaux que de terre, a été laissé en surface pendant 3 semaines. La décomposition a été très rapide et l’activité biologique importante. Malgré une surface de scalpage relativement lissée, la présence importante de résidus végétaux, de racines et l’activité biologique ont compensé cette structure compactée en surface.
Les biomasses broyées et restituées sont estimées à respectivement 5 tMS/ha et 8 tMS/ha dans ces couverts végétaux.
Pour détruire les quelques graminées qui avaient repiqué 3 semaines après le premier scalpage, 1 passage de déchaumeur à ailettes a été réalisé, puis un passage de herse plate pour aplanir le terrain. Le semis de soja a été réalisé dans la foulée, au semoir monograine. Les levées ont été assez hétérogènes du fait des 50 mm tombés juste après le semis, mais les résultats ont étés comparables a une préparation classique (labour, herse rotative, semis) : environ 300 00 pieds levés sur 550 000 semés.
Rien trouvé.
Rien trouvé.
Un essai de destruction à la herse rotative customisée a également été réalisé sur prairie permanente, mais le chevelu racinaire reste trop important et la décomposition des plateaux de tallage des graminées est trop lente pour une implantation dans le mois qui suit.
Retours à chaud sur l’utilisation, par Olivier Portefaix chez qui ont été réalisés les essais : « Le scalpage réalisé par la herse rotative customisée est celui que je recherche, avec des résultats très satisfaisant sur des couverts denses et développés. D’un point de vue mécanique, la herse a beaucoup souffert et je me dirige plutôt vers une fraise rotative pour réaliser le même travail. Vraiment dommage que je me sois fait avoir par la pluie, sinon le pense que les levées auraient magnifiques ! Par la suite, le climat n’a pas été en notre faveur et je faire des rendements catastrophiques en conduite ABC comme en conduite classique ».
Au jour de la rédaction de l’article, le soja n’était toujours pas récolté et les rendements seront assurément décevants à cause de la météo. Il n’y a pas eu de pluviométrie significative entre le 15 juin et le 28 août, facteur très compromettant pour la réussite du soja en sec.
Cependant, il n’y a pas eu de différence significative entre les biomasses des sojas conduits en ABC et les sojas implantés classiquement sur l’exploitation (charrue déchaumeuse – herse rotative – semis).
En parallèle, un essai de destruction de couvert végétaux a été réalisé en conventionnel au Gaec de Crabot, début avril. Plusieurs outils ont été testés :
✓ Déchaumeur à disques indépendants,
✓ Déchaumeur à dent équipé d’ailettes,
✓ Fraise rotative,
✓ Herse rotative (classique),
✓ GlyphoMulch.
Afin de comparer 2 outils animés en simulant des conditions printanières, une démonstration de fraises rotatives (ou rotavators) s’est déroulé fin septembre dans un couvert de sorgho fourrager. Les outils de marque CELLI et Horsch étaient présents et avec un travail à 5 cm de profondeur le scalpage a été de 100% de la surface.
En présence d’un couvert végétal en cours de lignification comme le sorgho, la fraise seule ne fait pas un travail satisfaisant, en laissant des morceaux de végétation grossiers qui seront difficiles à gérer par la suite. En ajoutant un rouleau qui plaque la végétation au sol, le travail était correct. Pour des couverts vraiment ligneux, un broyeur frontal semble nécessaire. Toutefois, les couverts qui seront présents au printemps et détruits au plus tard début mai seront peu ligneux et devraient bien se hacher avec un rouleau « plaqueur » et une fraise rotative. À suivre !
Afin de développer ces techniques et amplifier la pratique des couverts végétaux en Agriculture Biologique, le groupe de 12 agriculteurs s’est constitué en groupe 30 000 dans le cadre du programme ECOPHYTO. Situés principalement dans la vallée de la Lèze, le groupe portera le nom « Agriculture Biologique de Conservation : Lèze et Coteaux ». En plus de chercher à améliorer la fertilité biologique des sols, la lutte contre l’érosion sera un des objectifs principaux dans le secteur de la Lèze, particulièrement touchée lors des printemps orageux.
Par Txomin Elosegui, Chambre d’agriculture de l’Ariège
Prolifération de la cuscute, un problème agronomique en Bio
Une forte progression de la cuscute est observée en Occitanie, principalement sur le Languedoc-Roussillon. Cette plante parasite s’attaque notamment aux légumineuses cultivées et contamine les sols avec ses graines pour de nombreuses années.
En agriculture bio, cela pose un vrai problème, car une parcelle fortement contaminée devient inutilisable pour des légumineuses pendant dix ans.
La cuscute a une graine très petite qui ne peut être éliminée dans la semence qu’à l’aide d’un trieur particulier. Les échanges de semences fermières sont des vecteurs importants de la graine de cuscute.
La présence de la cuscute avait été contenue ces dernières décennies, mais le grand retour des légumineuses dans nos prairies, les échanges de semences fermières et la mise en commun croissante des outils provoquent aujourd’hui sa réapparition de manière inquiétante dans les zones d’élevage. La cuscute impacte le rendement et elle est toxique pour les animaux si le fourrage est contaminé à plus de 50 %. Que faire pour éviter le développement de ce vampire des champs et comment la gérer lorsqu’elle est présente ?
BIOLOGIE DE LA CUSCUTE
Description
La cuscute est une herbe parasite lianescente, sans chlorophylle, qui s’enroule autour des tiges de sa plante hôte et se fixe régulièrement par des rangées de petits suçoirs. La tige est grêle, filiforme, de teinte jaunâtre à orangée. Les feuilles sont réduites à de petites écailles à l’extrémité des tiges. Les fleurs sont assemblées en groupes compacts, petites et blanchâtres. Le fruit est brun clair. Le développement rapide de la cuscute peut conduire à l’épuisement des plantes hôtes dont elle prélève la sève directement dans les vaisseaux conducteurs, grâce aux suçoirs qui pénètrent dans les tiges. La pénétration des suçoirs favorise aussi la transmission d’agents pathogènes et l’installation de maladies sur certaines plantes.
Multiplication et parasitisme
La cuscute se multiplie principalement par ses graines produites à la fin de l’été, mais des fragments de tige pourvus de suçoirs peuvent être disséminés par les outils. Les graines sont très petites (1 mm) et produites en très grand nombre (2 000 à 3 000 graines par tige), elles peuvent rester viables dans le sol pendant au moins 10 ans et germent jusqu’à une profondeur de 1,5 cm. La plantule doit se fixer à une plante hôte dans les 5 jours qui suivent sa germination, l’extrémité de la jeune tige s’allonge et, par des mouvements circulaires, cherche à atteindre une tige de plante hôte, elle l’entoure de 2 ou 3 spires et envoie plusieurs suçoirs dans les tissus conducteurs tandis que la partie inférieure de la plantule se dessèche. L’extrémité de la tige s’allonge alors jusqu’à entrer en contact avec une autre tige hôte autour de laquelle elle s’enroule. Sur cette portion de tige libre se développent des rameaux latéraux, eux aussi à la recherche de tiges hôtes. Un seul individu peut couvrir ainsi plusieurs mètres carrés.
Variétés et plantes hôtes
Il existe plus de 150 espèces de cuscutes que l’on retrouve dans toutes les régions tempérées à tropicales. En France la cuscute s’attaque principalement à la luzerne et au trèfle, mais on la retrouve sur d’autres dicotylédones cultivées comme la vesce, le sainfoin, le lin, la pomme de terre, la betterave, la carotte, l’aubergine, la tomate et la vigne ; ou sauvages, comme le lierre ou l’ortie et l’ambroisie. Elle parasite aussi certains arbres comme l’acacia ou l’olivier.
La cuscute figure sur la liste des organismes nuisibles aux végétaux (arrêté du 31 juillet 2000), sa lutte n’est pas obligatoire sur tout le territoire et de façon permanente, mais elle peut être rendue obligatoire par arrêté préfectoral.
MOYENS DE LUTTE CONTRE LA CUSCUTE
Pour prévenir le problème
Les graines de cuscute sont très petites et velues, elles s’accrochent aux tiges, aux feuilles, aux semences, aux outils, aux vêtements, aux animaux (y compris les animaux sauvages), aux oiseaux, etc, ce qui rend leur dissémination redoutable. La semence certifiée, le suivi rigoureux des parcelles portegraines et le développement du tri magnétique ont permis de contenir son expansion ces dernières décennies.
Semence certifiée
La principale recommandation est d’utiliser de la semence certifiée ; elle doit être indemne de cuscute (Arrêté du 2 décembre 2013 portant homologation du règlement technique annexe des semences certifiées de plantes fourragères).
Semence fermière
Attention à ne pas échanger de la semence fermière pour la luzerne ou le trèfle. Sinon privilégier sa propre semence, récoltée avec sa propre moissonneuse si on est sûr que le champ est indemne de cuscute. Observer régulièrement ses parcelles, de petits ronds de cuscute peuvent ne pas être très visibles.
Propreté des machines
Redoubler d’attention quand on utilise des outils de récolte de fourrage en commun, en CUMA ou si la récolte est faite en prestation. Tous ces outils peuvent transporter des graines ou des morceaux de tiges de cuscute. Veiller à la propreté des machines.
Pour gérer au mieux la cuscute présente
▶ Repérer et détruire tôt les zones envahies par brûlage thermique avant fructification de la cuscute. Élargir la destruction sur une zone tampon de 1 mètre minimum autour de la zone contaminée pour s’assurer de la destruction de tous les filaments (si besoin d’autorisation pour un brûlage thermique, se renseigner auprès de la mairie ou de la DDT).
▶ Ne pas récolter ni faire pâturer les zones contaminées pour ne pas disperser les graines sur toute l’exploitation et en dehors (par les outils, le fumier, les animaux, etc.)
▶ Les faux semis permettent de réduire le stock de graines dans le sol. La cuscute germe facilement, le travail du sol permet donc de faire sortir la cuscute qui pourra être détruite par la suite. Il faut être vigilent à ne pas laisser la cuscute monter en graine
▶ Enfouir les graines par un labour plus profond que le labour habituel aux endroits contaminés, pour ne pas les remonter lors d’un prochain labour. Les graines ont une durée de vie dans le sol de plus de 10 ans, la recommandation est donc d’éviter de réimplanter de la luzerne, du trèfle, de la vesce ou autres plantes hôtes sensibles pendant au moins 10 ans. Attention, elle peut se maintenir dans une parcelle en parasitant des plantes sauvages.
▶ La cuscute peut également être présente aux abords des champs, des chemins et des routes, il faut la détruire aussi sur ces zones pour éviter la dispersion des graines.
La présence de cuscute repérée dans les zones d’élevage du Gard, de la Lozère, du Lot, incite à une vigilance accrue des agriculteurs bio pour limiter la prolifération de cette indésirable qui parasite les cultures de légumineuses, pourtant essentielles dans les rotations bio.
LE TRI MAGNÉTIQUE DES SEMENCES : GARANTIR UNE SEMENCE INDEMNE DE CUSCUTE
Les graines de cuscute sont très petites et très difficiles à trier, les semenciers utilisent des trieurs magnétiques. Ce procédé est assez onéreux mais très fiable pour garantir une semence certifiée indemne de cuscute.
La semence à trier est mélangée avec de la limaille de fer fine qui s’accroche aux graines velues de la cuscute et forme un enrobage. Les graines de luzerne ou de trèfle étant lisses, la limaille ne s’y accroche pas. La semence passe ensuite au contact d’un électro-aimant qui extrait les graines de cuscute enrobées de limaille de fer et laisse passer les graines lisses de luzerne ou de trèfle.
Par Fabien Bouchet-Lannat, chargé de mission développement et innovation, Chambre d’agriculture du Lot
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Témoignage - Mireille Mann
Mireille Mann
MAS DES CAPRICES
Mas des Caprices 11370 LEUCATE Cave particulière
2 exploitants, 1 salarié temps plein, des saisonniers
16 hectares AOP Fitou, Muscat de Rivesaltes, Corbières, Rivesaltes, Rivesaltes Grenat
Certification Bio et Biodyvin depuis 2009
Site internet: www.mas-des-caprices.com
Mireille, comment la biodynamie a-t-elle été mise en place sur le domaine ?
En premier lieu, nous avons restructuré le vignoble en réalisant des échanges et rachats de parcelles, de manière à pouvoir constituer des îlots plus facilement gérables en bio et bio-dynamie. Comme nous étions novices, nous avons sollicité l’aide d’un consultant en biodynamie pendant 3 ans afin de s’assurer de la réussite de notre projet.
Le passage à la biodynamie s’est fait progressivement, en commençant par un îlot test. La moitié de l’îlot était géré en bio et l’autre en biodynamie. Nous réalisions des observations sur le sol, la végétation, des tests bèche pour voir s’il y avait des différences. Satisfaits des résultats obtenus, nous avons ensuite étendu cette pratique à l’ensemble du parcellaire.
Nous tenons aussi compte de la lune. Les plantations sont réalisées à lune descendante et en cave les dégustations et assemblages en jour fruit.
Quels changements ont pu être observés au niveau du sol, du végétal, des vins ?
Nous avons pu observer un changement de la couleur du sol devenue plus foncée, de sa texture et l’apparition d’une faune de vers de terre variée.
60% de notre parcellaire était constitué de vieilles vignes plantées au carré (1,75m x 1,75m) qui avaient été désherbées en plein pendant des années. Il a bien fallu 6-7 ans pour vraiment voir les sols revivre.
Au niveau du végétal, le port est plus érigé, nous avons moins besoin d’écimer, la vigne est plus équilibrée.
D’années en années, les vins gagnent en pureté, en finesse avec plus d’acidité sur les jus en cave.
Et sur le plan phytosanitaire ?
Sur le vignoble, il n’y a pas beaucoup de problème de mildiou sauf année exceptionnelle comme en 2018 et 2020. Par contre, notre attente de départ visait plutôt à limiter les doses de soufre. Alors même si le soufre reste indispensable dans la lutte contre l’oïdium, nous travaillons avec des décoctions de prêle et des tisanes d’ortie en complément.
Comment t’organises-tu pour les préparations biodynamiques ?
Nous achetons le compost de bouse Maria Thun appliqué en automne ainsi que la bouse et silice de corne appliquées au printemps et à l’automne. L’eau de pluie suffit pour effectuer toutes nos préparations. Nous apportons des amendements organiques car nous ne sommes pas équipés pour l’épandage de fumier.
Quel conseil donnerais-tu aux viticulteurs qui souhaitent se lancer dans la biodynamie :
Si on veut se lancer, il ne faut pas hésiter à investir dans du matériel dès le départ. De notre côté, nous avons acheté un dynamiseur en cuivre, 3 pompes à dos en cuivre et une caisse de stockage.
Je pense aussi qu’il est important de fonctionner en réseau. Pour ma part, après m’être formée, j’ai adhéré à des groupes de vignerons en bio/biodynamie afin d’échanger sur le plan technique et commercial. Chaque année, je participe à l’AG, à la dégustation professionnelle et à la conférence technique organisée par Biodyvin.
Les chiffres clés de la production et de la distribution Bio en 2019
En France
L’agriculture bio française a poursuivi sa belle croissance en 2019, avec 260 000 hectares (ha) supplémentaires. La Surface Agricole Utile (SAU) en bio a augmenté de 8,5 % par rapport à 2018 et franchi le cap symbolique des 2 millions d’hectares cultives en bio. En cinq ans, elle a plus que doublé, passant de 1,1 million d’hectares en 2014 à 2,2 millions d’ha en 2019.
Les surfaces en conversion ont augmenté de 11 %, représentant au total 565 574 ha. Entre 2018 et 2019, plus de 5 500 exploitations se sont engagées en bio en France, permettant d’arriver au total de 47 196 exploitations avec tout ou partie de leur activité en bio.
Les surfaces en bio se situent majoritairement dans le Sud de la France. Les trois premières régions productrices sont l’Occitanie avec 10 663 exploitations et 503 026 ha, la Nouvelle Aquitaine avec 6 996 exploitations et 289 468 ha et Auvergne – Rhône-Alpes avec 6 581 exploitations et 274 094 exploitations.
En Occitanie
L’année 2019 est une belle illustration de la croissance de la bio en région avec la certification du 10 000ème producteur bio. En 10 ans, les surfaces bio d’Occitanie ont été multipliées par plus de trois, passant de 139 000 ha et 3 404 exploitations en 2009 à 503 000 ha et 10 663 exploitations en 2019. La croissance est régulière depuis 4 ans, oscillant autour de 10 % par an. Entre 2018 et 2019, les surfaces en bio ont augmenté de 13 %. La bio d’Occitanie représente 23 % des exploitations bio de France et 16 % de la SAU régionale. Les surfaces en conversion ont augmenté de 10 % pour atteindre 119 249 ha, dont 45 % en première année.
L’élevage d’Occitanie continue son développement, même si la croissance des cheptels s’est un peu ralentie. L’Aveyron, l’Ariège, le Gers et la Lozère sont les départements accueillant le plus d’exploitations, rassemblant à eux 4 plus de la moitié du total régional des troupeaux.
En 2019, 1 662 producteurs se sont engagés en bio. Les principaux départements d’accueil sont le Gers, l’Hérault, l’Aude et le Gard. Les filières les plus attractives sont la viticulture (448 nouveaux bio), les grandes cultures (+ 342), les surfaces fourragères (+ 196), les légumes frais (+ 178) et les fruits (+ 152). La filière qui attire le plus en productions animales est l’élevage bovin (+ 51, dont 38 nouveaux élevages allaitants bio et 13 laitiers).
L’aval
Le secteur aval en région
Le secteur aval en France se composait en 2019 de 19 311 transformateurs (+ 16 % par rapport à 2018) et 8 813 distributeurs (+ 24 % par rapport à 2018). En Occitanie, avec 2 811 operateurs aval et 11 % d’augmentation en un an, le secteur aval est lui aussi en pleine augmentation et contribue à tirer la croissance de l’ensemble du secteur. Parmi ces entreprises, on dénombre 1 882 préparateurs, 889 distributeurs et 40 importateurs. Ces derniers sont la seule catégorie dont le nombre a stagne, les autres ayant connu une augmentation de respectivement 10 et 14 %.
Le marché bio en France
En 2019, 6,1 % des achats alimentaires des français étaient bio, représentant 11,3 milliards d’euros TTC. Ces achats bio ont été réalisés pour plus de la moitie dans la grande distribution (en volumes et en valeur). La croissance annuelle du marché a été de 13,5 %, soit une augmentation de 1,3 milliards d’euros. La valeur des achats alimentaires des français est estimée pour 2019 à 11,3 milliards d’euros. En moyenne, un français a consommé 178 euros de produits bio en 2019, soit deux fois plus qu’en 2015 (Agence Bio, 2019).
Tous les chiffres présentés dans cet article viennent de l’Agence Bio et des Organismes Certificateurs, 2020
Par Lucie Poline, Interbio Occitanie
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Dernières évolutions réglementaires en AB
Décision INAO sur la mise en conformité des bâtiments d’élevages porcins en bio
Le 23 octobre 2020, l’INAO a statué sur les critères de mise en conformité des bâtiments porcins en bio. Cela concerne notamment un minimum de 5% de découverture des aires d’exercice extérieures, qui peut prendre la forme de cheminées ou ouvertures dans le toit.
Le modèle ≪ type ≫ pour un bâtiment porcin en AB conforme au règlement, prévoit un bâtiment ouvert sur 3 côtés, 5% minimum de découverture de l’aire d’exercice extérieure.
De plus, un calendrier de mise en conformité selon le type de bâtiment a été décidé :
Durant ces périodes, un Plan de Progrès Individuel entre les producteurs et les OC permettra un suivi au cas par cas de la mise aux normes.
Jusqu’à l’échéance, les OC notifieront uniquement des manquements à la règlementation. Si la mise aux normes n’est pas effective à l’échéance, des sanctions avec déclassement de lot pourront s’appliquer.
Parution du cahier des charges Français “Cailles de chair en AB”
Un arrêté du 20 aout 2020 propose un avenant n°5 au cahier des charges concernant le mode de production biologique d’animaux d’élevage. Il complète ainsi les dispositions des règlements européens de l’AB (CE) n°834/2007 et (CE) n°889/2008. Il définit la production de cailles de chair en bio sur le territoire national.
En effet, cette production n’est pas couverte par le règlement européen et des éleveurs ont sollicité les autorités françaises pour pouvoir disposer d’un cahier des charges officiel et d’une homologation de leurs produits en AB. La Commission Européenne a validé sa rédaction.
Dans le même sens, les cahiers des charges cailles pondeuses et lamas-alpagas en AB sont proposés par la France à la validation de la Commission Européenne.
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Par Anne Glandières, Chambre Régionale d’Agriculture d’Occitanie
Porc bio d’Occitanie : une petite filière aux besoins importants
Le 14 septembre s’est tenue la journée de restitution d’une étude dédiée à la filière porcine bio dans la région Occitanie. Les entretiens des producteurs ont principalement relevé un manque important en accompagnement technique. Côté entreprises, les difficultés rencontrées touchent l’équilibre carcasse et la valorisation des animaux en circuits longs.

Le 14 septembre, les acteurs de la filière d’Occitanie présents ont identifié trois actions prioritaires à travailler par les organisations régionales.
1. L’accès aux connaissances techniques de production
Les producteurs de porc bio ont tous rencontré des problèmes techniques, quel que soit leur système (plein air ou bâtiment). Cependant, les structures d’accompagnement amont proposent régulièrement des formations. Celles-ci sont peu visibles des éleveurs, ou alors difficiles d’accès car les élevages sont très dispersés sur le territoire.
Afin d’améliorer l’accès à l’accompagnement technique, des fiches techniques pourront être mutualisées et diffusées. De plus, mieux connaître et identifier les experts au national comme au niveau régional faciliterait également l’accès à la connaissance pour les éleveurs.
2. Valoriser l’ensemble de la carcasse en circuits longs
La valorisation de la carcasse correspond au principal frein au développement de la filière en circuit-long. Une des pistes de travail peut être d’identifier différents transformateurs aux besoins en morceaux complémentaires. Les questions de logistique sur cette solution restent un frein important. A l’inverse, une piste correspond à celle engagée par les producteurs en circuits courts : les entreprises peuvent valoriser elles-mêmes l’ensemble des morceaux en élargissant leur gamme de produits.
3. Favoriser la contractualisation amont/aval
En lien avec la solution précédente, la création de micro-filières régionales permettrait de créer des approvisionnements contractualisés, garantissant une régularité de production en quantité comme en qualité à un prix stable pour les transformateurs comme les producteurs. Là encore, de nombreux freins sont à lever. D’un côté, les producteurs préfèrent souvent commercialiser en circuits courts. D’un autre côté, les transformateurs sont habitués à acheter seulement les morceaux dont ils ont besoin. Ce schéma leur demanderait une modification de fond de leurs pratiques d’approvisionnement.
Ces pistes de travail ne correspondent qu’à un petit échantillon des difficultés soulevées par les entretiens. Nombre d’entre elles sont communes à toutes les filières porcines de la région, comme le nécessaire maintien des outils d’abattage de proximité. L’ensemble des chiffres de la filière porcine bio ainsi que les résultats des entretiens seront détaillés dans la fiche filière porcine bio à paraître prochainement.
Méthodologie de travail
- 40 enquêtes réalisées :
- 20 producteurs : tous systèmes et départements confondus
- 20 opérateurs de l’aval : abattoirs, coopératives, fabricants d’aliment, négociants en viande, ateliers de découpe et transformateurs
- 2 comités de pilotage avec les partenaires régionaux
- 1 réunion de restitution participative
- 1 plan précisant les actions prioritaires à mener
















