Couverts végétaux en maraichage bio diversifié : trèfles associés aux cultures d'automne/hiver
Répondre aux besoins de la profession – Essais techniques et pratiques innovantes
Les maraîchers biologiques doivent posséder de nombreuses compétences pour gérer la complexité de leur ferme. Afin d’orienter au mieux leurs actions d’accompagnement, les animateurs et techniciens de la FRAB et des Chambres d’Agriculture d’Occitanie ont travaillé à la création d’une typologie des fermes maraîchères, dont les résultats constituent une partie dans ce dossier. Parmi les demandes qu’ont exprimées les maraîchers, certaines sont déjà en cours d’études dont voici quelques réponses : essai de la gestion d’une culture de laitue sous abris en non travail du sol, l’intégration de couverts végétaux en association dans des légumes ou encore l’allongement des périodes de production pour présenter une gamme de légumes conséquente sur l’année.
Depuis sa création en 2017, ce groupe de travail a suivi plusieurs essais de couverts végétaux d’été, d’automne et d’hiver mis en intercultures de légumes. En 2019, les maraîchers ont décidé de tester des couverts végétaux en association avec des légumes. En effet, les cultures de légumes longues, plantées à la fin du printemps et récoltées en automne et hiver sont sujettes à l’enherbement et la reprise des parcelles peut être difficile. Ainsi, plusieurs essais ont été mis en place et suivis sur plusieurs fermes pour tester et comparer différentes modalités. Afin d’être validés, reproductibles et diffusables, ils seront menés pendant plusieurs années consécutives. Lors du travail de groupe, nous avons noté l’importance de partir des objectifs visés par les maraîchers afin de déterminer les itinéraires techniques culturaux et les choix qui en découlent.
ESSAI 1 – TRÈFLE INCARNAT DANS LES CULTURES DE POIREAUX
Cet essai a été mis en place sur trois fermes (GAEC de Champ Boule à Barjac [09], Alban Réveillé à Cazères [31] et Frédéric Scelles à La Bastide de Besplas [09]), sur des parcelles allant de 50 à 200 m2, avec une partie témoin non couverte. Les objectifs précis des maraîchers étaient d’éviter le salissement de la parcelle durant l’automne, d’avoir une couverture de sol pendant l’hiver après la récolte des poireaux et de bénéficier de l’intérêt engrais vert apporté par cette légumineuse.
Cultures de poireaux : dates et densités de plantation La première série de poireaux a été plantée durant la première quinzaine de juin sur les trois fermes. Les rangs étaient espacés de 70 cm au GAEC de Champ Boule et de 25 cm sur les fermes d’Alban et de Frédéric. Une seconde série a été plantée durant la deuxième quinzaine de juillet par Alban et Frédéric avec le même espacement de 25 cm entre rangs.
Le semis du couvert : méthodes, densités et dates Les précisions de semis pour chacun des trois maraîchers. sont présentées en tab.1.
Méthode de destruction du couvert Les trois méthodes de destruction utilisées sont présentées en tab.2.
Évaluation du couvert et conclusion Les maraîchers notent un semis facile car les graines sont petites et qu’il est possible de l’implanter manuellement entre les rangs. La levée est très bonne et rapide, le trèfle couvre bien le sol.
Globalement pour ce premier essai, les trois maraîchers sont relativement satisfaits des résultats obtenus. Ils notent un potentiel à explorer et vont donc renouveler l’expérience cette année et l’élargir aux céleris raves. On note que le trèfle supporte mal l’arrachage des poireaux, il est détérioré sur les parcelles de poireaux plantés à 25 cm entre rangs et dans les allées de ceux plantés à 70 cm. Par contre, il est bien reparti dans les rangs moins bouleversés et a recouvert le sol.
Au GAEC de Champ Boule, les poireaux associés au trèfle ont été récoltés en janvier. Il sera intéressant de voir comment le trèfle se comporte aux endroits où les poireaux seront récoltés en octobre 2020.
Pour les deux séries de poireaux plantées début juin à 25 cm d’entre rangs, les maraîchers notent une couverture du sol moins importante que sur les poireaux plantés à 70 cm, alors que la densité de semis était plus importante. Par contre sur leur seconde série de poireaux, plantée deuxième quinzaine de juillet, avec un semis du trèfle plus tardif (début août et début septembre), ils sont satisfaits des résultats.
Nous pouvons alors dire que le semis du trèfle est pertinent à partir du début août et lorsqu’il est laissé le plus longtemps possible. Karim RIMAN souligne, lors du comité de pilotage du GIEE, que l’association d’une légumineuse avec une culture de légumes est dans tous les cas profitable pour la culture suivante.
ESSAI 2 – TRÈFLE INCARNAT DANS LES CULTURES DE COURGES
Frédéric Scelles (La Bastide de Besplas [09]) en a fait l’essai, cependant après ramassage des courges, il ne restait quasiment rien du trèfle qui s’est fait étouffer par celles-ci. Il note que finalement, il semble que l’occultation et deux binages suffisent à maintenir la culture de courges très propres. Cet essai est donc invalidé.
ESSAI 3 – TRÈFLE D’ALEXANDRIE DANS LES CULTURES DE POIREAUX
Frédéric Scelles (La Bastide de Besplas [09]) en a fait la comparaison, avec une même densité de 60 Kg/ha sur la seconde série de poireaux plantée mi-juillet. Bien que le semis du trèfle d’Alexandrie soit également facile et sa levée très bonne, il note qu’il est moins couvrant que le trèfle Incarnat et donc moins concurrentiel face aux adventices.
Il est ensuite monté à fleur mi-septembre, mais n’a pas empêché la croissance des poireaux. En effet, aucune différence n’a été notée avec le témoin sol nu. Il a ensuite gelé durant l’hiver et a laissé place aux adventices, contrairement au trèfle Incarnat.
Ces divers points font que Frédéric ne valide pas cet essai et sèmera uniquement du trèfle Incarnat dans ses poireaux en 2020.
ESSAI 4 – TRÈFLE INCARNAT DANS LES CULTURES DE CHOUX
Ces essais ont été menés sur les fermes du GAEC du Matet (Martres-Tolosane [31]) et de Frédéric Scelles (La Bastide de Besplas [09]) dans l’objectif de couvrir le sol en hiver. Les maraîchers notent une facilité d’implantation et une très bonne levée du couvert. Sur la Ferme du GAEC du Matet, il a cependant été rapidement concurrencé par les feuilles des choux à fort développement : choux fleurs et de milan, par contre, il a formé un beau couvert avec les choux à moindre déploiement : choux rouges et lisses.
Frédéric note que ce couvert de trèfle dans les choux fleurs et brocolis à très bien fonctionné, ces derniers l’ayant laissé se développer correctement.
Cet essai sera vérifié sur trois autres fermes cette année.
POUR EN SAVOIR PLUS
▶ Les résultats des essais menés depuis 2017 sont disponibles sur les sites Internet d’ERABLES 31 et du CIVAM Bio 09 : http://www.erables31.org/forum/viewforum.php?f=115
Par Delphine DA COSTA – delphine.da-costa@bio-occitanie.org – 06.49.23.24.44
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Remise du label TBE à la commune de La Fouillade (Aveyron)
La Fouillade a rejoint les 41 communes labellisées d’Occitanie avec 21,42 % de SAU Bio atteignant ainsi le niveau 1 de labellisation !
Le maire de la commune, Monsieur Dominique Rigal, a reçu le label des mains de Monsieur Michel Moles qui représentait Interbio Occitanie.
Plusieurs agriculteurs bio de La Fouillade étaient présents et ont témoigné de leur engagement en bio.
Prochaine étape pour Dominique Rigal, continuer le développement de la bio en restauration collective sur le territoire !
Un apéritif déjeunatoire, offert par la commune et préparé par les agriculteurs bio locaux avec leurs produits, a terminé cette belle cérémonie.

8 octobre 2021
Couverts végétaux sols vivants Méditerranéens (SOVIMED) - Étude du non travail du sol en maraîchage
Répondre aux besoins de la profession – Essais techniques et pratiques innovantes
Les maraîchers biologiques doivent posséder de nombreuses compétences pour gérer la complexité de leur ferme. Afin d’orienter au mieux leurs actions d’accompagnement, les animateurs et techniciens de la FRAB et des Chambres d’Agriculture d’Occitanie ont travaillé à la création d’une typologie des fermes maraîchères, dont les résultats constituent une partie dans ce dossier. Parmi les demandes qu’ont exprimées les maraîchers, certaines sont déjà en cours d’études dont voici quelques réponses : essai de la gestion d’une culture de laitue sous abris en non travail du sol, l’intégration de couverts végétaux en association dans des légumes ou encore l’allongement des périodes de production pour présenter une gamme de légumes conséquente sur l’année.
Étude comparative du travail et non travail du sol en maraîchage biologique sous abris : premiers résultats sur laitue type batavia en hiver.
Le CIVAM BIO 66 assure le développement de l’agriculture biologique sur les Pyrénées-Orientales depuis 1985 mais aussi et surtout l’expérimentation et le suivi technique des producteurs en agriculture biologique. Il est membre de l’Institut Technique de l’Agriculture Biologique (ITAB). Depuis 1993, le CIVAM BIO 66 possède une station expérimentale de 2000 m² de maraîchage sous tunnel froid appelée Biophyto et constitue une référence nationale au niveau des expérimentations biologiques. Des essais variétaux ou encore de gestion de ravageurs, de fertilisation et de biodiversité fonctionnelle ont été réalisés depuis plus de 20 ans.
OBJECTIF DE L’ESSAI
Dans le cadre des premiers essais de SOVIMED, le CIVAM BIO 66 a pour objectif de comparer un tunnel de laitue type batavia en non travail du sol avec plusieurs modalités de destruction de la couverture végétale précédente (sorgho) avec un tunnel de laitue en travail du sol.
DISPOSITIF D’EXPÉRIMENTATION
L’essai est réalisé dans deux tunnels à tendance limono-sableuse. Les modalités de plantation sont les mêmes dans les 2 tunnels : les cultures sont plantées à plat avec paillage plastique microperforé et irrigation à l’aspersion. La conduite des aérations a été identique dans les 2 tunnels.
ITINÉRAIRE TECHNIQUE – TUNNEL DE NON TRAVAIL DU SOL AVANT PLATATION (T4)
Le dernier travail du sol a été réalisé en décembre 2018. Un désherbage a été réalisé à la main avant un semis de sorgho fourrager Piper à la volée à 90kg/ha le 27 mai 2019.
Un premier broyage du sorgho a été réalisé le 18 juillet à 1,7 m environ.
2 modalités de destruction du couvert a été mis en place pour la 2ème destruction fin août :
▪ Face Est : couvert couché
▪ Face Ouest : couvert broyé
Un arrosage important (2 heures) a été réalisé puis 4 modalités de fertilisation ont été mises en place (figure ci-dessous) :
▪ Modalité 1 : Apport de 100 unités d’azote avant occultation puis 140 unités (besoin de la laitue) après débâchage et avant plantation des laitues
▪ Modalité 2 : Apport de 100 unités d’azote avant occultation puis aucune fertilisation après.
▪ Modalité 3 : Aucun apport de fertilisation avant occultation puis 140 unités d’azote avant plantation
▪ Modalité 4 : Aucun apport d’azote
Une bâche d’occultation a été posée fin août pendant un mois et demi pour la gestion des adventices.
RÉSULTATS
Rendements corrects et pas de différence de précocité Il n’y a pas de réelles différences de poids entre les salades du tunnel travaillé et celles qui ont été fertilisées dans le tunnel non travaillé (poids situés entre 330 et 380 g selon les modalités). Cependant les salades non fertilisées présentes un poids moyen de 100 g de moins que les autres.
Augmentation du temps d’irrigation et du temps de travail en tunnel non travaillé : Le tunnel en non travail du sol a été arrosé 2.5 heures de plus que le tunnel non travail du sol. Ces irrigations supplémentaires ont surtout été réalisées en début de culture (première semaine de plantation). Un suivi phytosanitaire a été réalisé tous les 15 jours, des pertes de salades d’environ 5% au niveau du collet ont été recensées dans le tunnel en non travail du sol (fourmis, champignons telluriques…). 150 salades environ ont été supprimées ce qui correspond à 5 % des salades plantées. De plus, un traitement supplémentaire contre les noctuelles a été réalisé.
Malgré l’occultation avec la bâche d’ensilage, le liseron et le chiendent n’ont pas été impacté et ont dû être désherbé avant plantation. Le pourpier a rapidement germé après le retrait de la bâche. La plantation du tunnel en non travail du sol a été deux fois plus longue que la plantation du tunnel travaillé : ceci s’explique par le fait que le sorgho sous le paillage doit être poussé pour pouvoir poser les mottes.
CONCLUSION SUR LES RÉSULTATS RELATIFS AU TUNNEL NON TRAVAILLÉ
Les poids des salades sont corrects, mais avec un temps de travail doublé. L’azote présent dans le sol est plus vite consommé par les bactéries pour la dégradation d’un sorgho broyé plutôt que couché. Il faudra prendre en compte ce résultat et fertiliser un peu plus en azote pour ne pas pénaliser la culture de salade (information valable pour la première année de non travail du sol !). L’apport d’engrais après débâchage juste avant plantation semble plus intéressant au niveau du rendement en salade qu’un seul apport avant de bâcher.
BIBLIOGRAPHIE
▶ Compte rendu technique disponible sur demande
▶ Sites internet partenaires :
▪ Sud et Bio https://www.sud-et-bio.com/fruits-legumes/amont/ressources-techniques
▪ Centrex 66 http://www.centrex66.com/articles.asp
▪ Sudexpé https://www.sudexpe.net/
▶ Réseau Maraîchage sur Sols Vivants : https://normandie.maraichagesolvivant.fr/
Par Célia DAYRAUD, ingénieur maraîchage expérimentation et conseil, CIVAMBIO66 (BIO Occitanie)/celia.dayraud@bio66.com/06 12 93 50 02
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Mieux connaître les maraîchers pour mieux répondre à leurs attentes
Répondre aux besoins de la profession – Essais techniques et pratiques innovantes
Les maraîchers biologiques doivent posséder de nombreuses compétences pour gérer la complexité de leur ferme. Afin d’orienter au mieux leurs actions d’accompagnement, les animateurs et techniciens de la FRAB et des Chambres d’Agriculture d’Occitanie ont travaillé à la création d’une typologie des fermes maraîchères, dont les résultats constituent une partie dans ce dossier. Parmi les demandes qu’ont exprimées les maraîchers, certaines sont déjà en cours d’études dont voici quelques réponses : essai de la gestion d’une culture de laitue sous abris en non travail du sol, l’intégration de couverts végétaux en association dans des légumes ou encore l’allongement des périodes de production pour présenter une gamme de légumes conséquente sur l’année.
L’Occitanie comptait en 2019, environ 1200 producteurs de légumes bio. Leurs profils (ancienneté, surface en production, débouchés…) étant très variés, ils n’ont pas tous les mêmes besoins en terme de formation, accompagnement… Les réseaux des Chambres d’Agriculture et des GAB d’Occitanie ont donc lancé une enquête pour mieux connaître le profil des maraîchers bio afin de mettre en oeuvre des formations, des démonstrations, des clubs de progrès répondant précisément à leurs demandes.
Nous avons dans un premier temps élaboré un questionnaire en ligne que nous avons diffusé par mail à tous les maraîchers référencés par l’observatoire bio régional. Notre objectif était d’obtenir au minimum 10% de réponses pour l’ensemble des agriculteurs bio ayant comme activité principale la production de légumes : celui-ci a été atteint et même dépassé puis que nous avons reçu 191 réponses, soit 16 %. À partir de ces réponses, nous avons construit une typologie des maraîchers de la région, sur le même principe que celle élaborée par Bio de Provence en 2012, en nous basant sur les éléments constitutifs d’une exploitation agricole (fig. ci-dessous). En voici les premiers enseignements.
PROFIL DES RÉPONDANTS
Un tiers des répondants est installé depuis moins de 3 ans et 1 sur 5 seulement depuis plus de 15 ans (fig.2). Les nouveaux installés ont quasiment tous commencé directement en bio, tandis que les plus anciens se sont convertis au bio pour près des trois-quarts. La SAU médiane en légumes est de 1,14 ha (fig.3). Trois-quarts des répondants cultivent plus de 10 légumes, et la moitié, plus de 25. La production est diversifiée aussi bien sur 0,5 ha que sur 5 ha (fig.4).
TYPOLOGIE DES EXPLOITATIONS
La grande majorité des maraichers bio enquêtés sont orientés exclusivement vers les circuits courts, et moins d’un tiers commercialise tout ou parte de sa production en circuits longs. De ces données, on peut construire la typologie suivante (fig.6). Lors de cette enquête, nous avons aussi interrogé les participants sur leur niveau estimé de maitrise technique mais aussi sur leur maitrise des aspects environnementaux.
MAÎTRISE TECHNIQUE
Concernant la maitrise technique (fig.7), on constate des marges de progrès au niveau de la production de semences (faire ses semences, c’est un métier), de la lutte contre les maladies et ravageurs, de la mécanique et de la gestion des inter-cultures (ce qui conforte l’intérêt des essais sur les engrais verts du Civam Bio 09, Gab 65, APABA…).La planification des cultures, les rotations, la gestion du sol… semble a contrario plutôt bien maitrisées.
MAÎTRISE ENVIRONNEMENTALE
Concernant la maitrise environnementale (fig. 8 et 9), on constate un important manque de connaissances en fertilisation, ce qui peut devenir problématique avec l’augmentation des zones vulnérables nitrates. On relève aussi 30 % de producteurs qui indiquent ne pas maitriser la gestion de l’eau, compétence qui va devenir primordiale dans le contexte du réchauffement climatique.
Ces aspects de maitrise technique et environnementale ont été analysés au regard de la typologie des maraichers : il apparait que ce sont les producteurs en circuits longs qui estiment posséder la meilleure maitrise technique et environnementale.
DES MARGES D’AMÉLIORATION
Ces problèmes de maitrise technique et de maitrise environnementale font apparaitre un besoin en formation et en accompagnement. Pourtant, 62 % des répondants, quel que soit leur profil, ne suivent pas de formation par manque de temps… alors que cet investissement, plutôt minime en temps, peut faire gagner en efficacité et améliorer la performance de l’exploitation. Les maraichers interrogés ont cependant conscience qu’ils peuvent encore progresser : ils sont en effet deux tiers à vouloir bénéficier d’un accompagnement, qu’ils souhaiteraient majoritairement gratuit.
Cette typologie a été a finalisée fin 2019 et a permis de mettre en évidence la grande diversité des types d’exploitation mais également les stratégies développées en orientant un type de circuits de distribution, voire plusieurs, en lien avec les systèmes de production.
En 2020, nous prévoyons d’analyser et de détailler davantage les résultats obtenus en 2019, notamment au niveau départemental. Un plan d’actions identifiant les besoins spécifiques en terme de formation, appui technique, mise en lien auprès des circuits de commercialisation et de distribution au niveau local et régional, sera réalisé.
Par Élodie Bernard, CIVAM BIO 34 et Philippe Caillol, Chambre d’agriculture du Gard
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Comment limiter le parasitisme des ruminants ?
Tous les élevages sont confrontés à des épisodes de parasitisme qui amputent la lactation, ralentissent la croissance, voire causent de la mortalité. Se débarrasser des parasites par l’allopathie pose d’autres problèmes. Certains vermifuges perdent en efficacité du fait de chimiorésistances. Leurs arrières-effets sur les espèces non-cibles (diptères, coléop-tères, crustacés…) sont désormais notoires, sans oublier les collègues apiculteurs durement impactés par l’effondrement des colonies d’abeilles… Un groupe de 14 éleveurs ariégeois, accompagné par le CIVAM Bio 09, s’est constitué en GIEE (Groupement d’intérêt économique et environnemental). Une envie commune : trouver des alternatives à l’allopathie dans le traitement du poly-parasitisme.
Le contexte des fermes du groupe
Les membres du GIEE sont situés dans des zones herbagères de coteaux et de montagne. L’altitude des fermes varie de 300 à 1000 mètres (hors estives). Aux accidents climatiques près, l’herbe est disponible pour le pâturage sans interruption de mars à novembre. Plusieurs hivers avec de faibles gelées ont montré que la coupure sanitaire antiparasitaire n’était plus garantie. Tous les élevages maximisent le pâturage avec des mises bas groupées en fin d’hiver pour les élevages laitiers (hormis les vaches), ou avec 2 périodes de mises bas pour les éleveurs de brebis allaitantes (printemps et descente d’estive). Les espaces naturels composent l’essentiel de l’alimentation : prairies naturelles, landes, parcours et estives. Une minorité de fermes peut produire ses céréales, les autres s’approvisionnent dans les vallées. Le contexte de production de ces fermes du piémont pyrénéen, basé sur les rythmes naturels et maximisant le plein-air, expose les animaux à vivre en contact proche avec les parasites !
IL EST POSSIBLE DE TRAITER MOINS, ET DE PRODUIRE AUSSI BIEN !
Deux point sont incontournables pour prévenir le parasitisme. Des animaux en bonne santé, qui développeront une bonne immunité antiparasitaire. Une pression parasitaire faible dans l’environnement, pour aider les animaux d’élevage.
Alors comment gérer l’excès de parasitisme ? Voici le panorama des leviers mis en place dans les élevages du GIEE.
▶ DES DEGRÉS DIVERS DE DÉFENSE AUX PARASITES
Les bovins adultes résistent naturellement très bien aux strongles digestifs et respiratoires. Par contre, ils résistent moins bien à la grande douve (Fasciola hepatica) et au paramphistome (Paramphistomum daubneyi). Les ovins adultes résistent naturellement aux strongles digestifs et respiratoires mais moins que les bovins. Les caprins résistent mal aux strongles. Ils sont plutôt adaptés à manger des feuilles d’arbustes, qui se trouvent loin des larves de strongles (présents dans les cinq premiers centimètres d’herbe). Aussi, la résistance ne s’est pas mise en place.
▶ LES CONDITIONS FAVORABLES AUX PARASITES
01 > Les types de pacage Au sein des divers milieux d’une ferme, on rencontre toujours plusieurs parasites, bien que tous ne soient pas forcément gênants. Une prairie fraiche est favorable à presque tous les parasites des ruminants. Seule la petite douve Dicrocoelium lanceatum) a une préférence pour les prairies sèches.
02> Le climat et la météo
Avec l’évolution du climat, la rupture sanitaire par le gel hivernal est de moins en moins évidente. Les hivers sans périodes de gel fort augurent de printemps problématiques pour le parasitisme. Les périodes de temps chaud et humide succédant à du temps sec seraient favorables à l’éclosion des oeufs de strongles.
▶ LES LEVIERS AU PATURAGE
01 > Éviter tout surpâturage
La durée de présence : Plus la densité d’animaux est forte, plus la densité des oeufs (ou des larves) de parasites est forte. Si 20 brebis excrètent 10 000 oeufs sur 5 ha, cela représente 2 000 oeufs par ha; si elles sont sur 2 ha, il y a 5 000 oeufs par ha ! Et si elles stationnent sur cette parcelle, permettant aux strongles de boucler leur cycle, leur croissance devient exponentielle…
La hauteur d’herbe : Les larves de parasites vivent dans les premiers centimètres d’herbe. Plus la densité des animaux est forte et plus on racle la prairie, plus les chances de contamination sont élevées.
LE CALENDRIER DE PATURAGE
Moins d’une minute par jour pour suivre la croissance de l’herbe…. et celle des parasites ! Ce calendrier vous sera utile non seulement pour suivre la pousse de l’herbe dans les parcelles, mais aussi pour voir les corrélations avec la pression parasitaire observée. Y seront consignés tous les usages (fauches, pacages, broyage), les différents lots d’animaux ayant successivement pacagé, la complémentation, la météo… Pour garder une mémoire précise on peut noter les sommes de température lors des dates clés (diffusées par les Bulletins Fourrages). Les situations à risque parasitaire élevé (ex: concomitance de lots d’animaux sains et sensibles, stationnement sur une parcelle…) seront immédiatement identifiées… et si possible évitées! C’est un outil autant pour le court terme que pour anticiper la gestion des années suivantes.
02 > Éviter les zones à risque
Lorsque la grande douve et/ou le paramphistome occasionnent des dommages sur les animaux, il devient nécessaire de se questionner sur leurs réservoirs biologiques. Toutes les zones humides, plus ou moins grandes, leur sont favorables : prairies humides, sources, mais aussi alentours des abreuvoirs. Ces zones devraient être évitées, mises en défend par des clôtures.
03 > Attention sur les animaux les plus sensibles
Les animaux sensibles ont peu d’immunité, leur résistance est faible. Les parasites de ces animaux vont contaminer le pâturage : [1] les jeunes de première année, qui n’ont pas d’immunité, [2] les femelles autour des misesbas, qui excrètent à ce moment là de fortes quantités d’oeufs ou de larves, [3] les animaux malades ou affaiblis.
Les parcelles réservées aux animaux sensibles doivent être « saines » c’est-à-dire : pas de pâturage depuis au-moins 6 semaines, un assainissement (fauche, gel ou sécheresse sur une longue période)
Les agneaux doivent être absolument séparés des adultes sensibles. Les jeunes peuvent aller sur un pacage qui leur sera réservé où la pression est faible; ils peuvent également suivre le lot des mères en bonne santé parasitaire.
04 > Utiliser l’effet aspirateur du pâturage mixte
Le pâturage mixte permet de baisser la pression parasitaire par « effet aspirateur ». Les espèces non sensibles ingèrent les larves mais les empêchent de se reproduire : ils contribuent ainsi à assainir la prairie.
Les strongles des petits ruminants ne sont pas les mêmes que les strongles des bovins, ni des chevaux. Lorsqu’un cheval avale une larve de strongle de bovin (digestif ou respiratoire), cette larve meurt. Par contre, les paramphistomes sont communs aux ruminants, mais le cheval, n’ayant pas de panse, ne peut pas en héberger.
Seules les douves sont communes aux ruminants et aux chevaux, même si la sensibilité de chaque espèce est différente.
Le passage d’équidés après (ou avec) les ruminants est très favorable dans tous les cas.
▶ COMMENT FAVORISER L’IMMUNITÉ ANTIPARASITAIRE DES RUMINANTS ?
01 > Par une gestion réfléchie du pâturage
Les jeunes animaux doivent se créer une immunité naturelle de contact en douceur. Leur réserver des parcs peu contaminés. Les sortir une à deux semaines puis les rentrer à nouveau en bergerie, afin d’éviter une surinfestation, le temps de la mise en place de l’immunité. (minimum trois semaines à partir du premier jour de sortie).
02 > Par l’alimentation
Assurer la stabilité de la flore ruminale par l’équilibre fibres – énergie – azote. Apporter des plantes alimentaires à action vermifuge : sainfoin, lotier, chicorée, plantes riches en tanins présentes dans le milieu naturel. Les animaux faibles sont moins aptes à lutter contre les infestations. Les animaux parasités ont des besoins beaucoup plus forts en protéines. Les méthodes d’observation des signes alimentaires exprimés par les animaux invitent à revoir certaines pratiques. Éviter les changements brusques alimentaires : la transition est importante.
Une alimentation riche en tanins diminue l’infestation par les parasites. C’est notamment le cas des sainfoins et lotiers.
03 > Par la salubrité du logement
Résoudre l’excès d’humidité, éviter l’application de produits toxiques… Suspendre du buis pour éviter la gale et du houx pour éviter les dartres. Les parasites d’intérieur (trichures, strongyloides…) n’aiment pas les litières sèches. Un soin particulier est à apporter au drainage du sol, à la respiration des murs et du toit pour éviter la condensation.
04 > Par la sélection des mères
Peu de races ont été sélectionnées sur le critère de résistance parasitaire. Souvent même, les meilleures laitières sont celles qui excrètent beaucoup d’oeufs. Il est possible de sélectionner à la ferme sur ce critère. Les animaux résistants sont ceux qui n’ont pas eu de problèmes de santé, qui ont eu des petits tous les ans, qui n’ont pas (ou peu) eu besoin de traitements anthelminthiques…
D’où l’intérêt d’un suivi individuel des traitements par animaux et des résultats de production : [1] garder les agnelles des brebis les plus âgées, n’ayant pas été réformées ; [2] éviter de sélectionner les jeunes nées de primipares, car leur potentiel de résistance ne s’est pas encore exprimé. Une telle sélection est propre à un troupeau, à un environnement. Elle n’est souvent plus valable dans un autre lieu.
05 > Par un apport complémentaire
Le magnésium est fortement sollicité lors de tout stress affaiblissant le système immunitaire. Au printemps, l’oxyde de magnésium (non toxique pour les reins et non laxatif) sera choisi. En fin de gestation, le chlorure de magnésium est recommandé. Pour les deux formes de magnésium : 2 g par petit ruminant et par jour pendant 10 jours, ou 10g par bovin et par jour pendant 10 jours.
Oligo-éléments : Stimulant immunitaire général. Des cures d’oligoélements augmentent le niveau immunitaire. (Éventuellement suite à une analyse de minéraux dans le poil ou la laine).
Compléments alimentaires à base de plantes : L’utilisation des seaux à lécher permet une distribution régulière sur de longues périodes en utilisant si on le souhaite les plantes disponibles sur la ferme. Certaines d’entre elles ont des vertus stimulantes de l’immunité.
Homéopathie : Le remède homéopathique n’est pas un vermifuge. L’homéopathie donne une information aux animaux afin d’obtenir une réponse adaptée lors d’un déséquilibre. Le remède le plus approprié correspond aux différents symptômes physiques et comportementaux du groupe de ruminants.
Quelques remèdes homéopathiques à retenir
✓ Cina 30K (ou 9CH) : les animaux sont plus sensibles au parasitisme intestinal; ils présentent de l’anxiété et de la nervosité, plutôt l’été.
✓ Spigelia 30K (ou 9CH) : les animaux sont plus sensibles aux strongles respiratoires et digestifs; expriment des troubles neurologiques, surtout par temps humide.
✓ Teucrium 30K (ou 9CH) : les animaux présentent des démangeaisons, notamment au niveau du nez; ils sont plus sensibles aux oestres.
✓ Stannum 30K (ou 9CH) : les animaux sont sensibles aux strongles respiratoires; leur toux caverneuse les épuise.
QUELQUES SOINS POUR LE SOUTIEN DES ANIMAUX AVEC LES PLANTES
Une formation en phytothérapie et l’accompagnement par un vétérinaire et un phytothérapeute sont indispensables.
01 > Strongles digestifs
L’aromathérapie proposée doit être réalisée de façon répétée, et sans attendre que les cas s’aggravent. Utilisation d’H.E. d’écorce de Cannelle (famille chimique des aldéhydes aromatiques) et H.E. Girofle (phénol). Pour les animaux non gestants, on peut ajouter l’H.E. d’armoise blanche (Artemisia herba alba, cétone). L’administration a lieu de préférence à la pleine lune ou à la nouvelle lune, à l’aide d’un pistolet drogueur.
Le principe : une nuit de diète, 3 jours de cure le matin, un jour de diète laxative.
Brebis et chèvres : 0,1 ml de chaque Huile Essentielle diluée dans 4 ml d’huile de tournesol par brebis ou par chèvre, le matin avant le repas, 3 jours de suite. Le 4ème jour, 5 g de chlorure de magnésium.
Vaches : 0,5 ml de chaque Huile Essentielle diluée dans 20 ml d’huile de tournesol par vache, le matin avant le repas, 3 jours de suite. Le 4ème jour, 20 g de chlorure de magnésium.
02 > Strongles pulmonaires
Même protocole que pour les strongles digestifs. Pour un accès plus direct au poumon, préférer une administration en intra-rectale (suppositoires à fabriquer).
03 > Petite douve
La petite douve est souvent liée à des déséquilibres alimentaires. Il faut alors soutenir le foie. Soit avec une teinture mère de pissenlit, Taraxacum officinale, 1 ml matin et soir pour un petit ruminant, 5 ml matin et soir pour un grand ruminant, 10 jours de suite. Soit, par défaut, reprendre le protocole des strongles en remplaçant remplacer l’H.E. d’Artemisia herba alba, par l’H.E. de romarin à verbénone.
04 > Ténia
Les anneaux de ténia restent contaminants même après un vermifuge. Pendant le traitement, il faut impérativement garder les agneaux en bergerie ou les mettre sur une parcelle où ils ne reviendront pas de la saison. Utiliser de l’huile essentielle d’ail (0,4 mL par agneau; 1mL par veau) diluée à environ 10% dans une huile végétale de courge. Administrer 3 jours de suite, si possible autour de la pleine lune ou de la nouvelle lune. Terminer le 4° jour par une dose laxative de chlorure de magnésium. Exemple pour un lot de 20 agneaux :
Traitement à l’huile : 20 agneaux x 0,4mL d’huile essentielle d’ail= 8 mL. Rajouter environ 72 mL d’huile de courge pour arriver à une concentration en ail de 10%. Administrer 4 mL du mélange à chaque agneau, pendant 3 jours
Laxatif : Mélanger 100 à 200 g de chlorure de magnésium dans un litre d’eau et administrer environ 50mL du mélange par agneau, en drogage.
05 > Coccidiose
Vinaigre de cidre en traitement : 1 ml par kg de poids vif à faire boire 3 jours de suite et/ou au moment du sevrage.
Argile à volonté (Ou extrait de pépins de pamplemousse : 1 ml matin et soir pendant 5 jours.)
+ Homéopathie : Mercurius solubilis 9 CH, ce remède correspond à une diarrhée avec du sang par temps humide, aggravé par la chaleur de la litière, avec de la faiblesse.
06 > Quel que soit le parasite, lors d’infestations importantes, ajouter du charbon végétal activé dans l’alimentation, ou en libre service ou dans l’eau de boisson pour capter les toxines libérées par les parasites « stressés ».
Pour accéder au fiches techniques des travaux du GIEE sur l’immunité, la détection des symptômes, la phytothérapie, les plantes à tanins, la méthode Panse-Bête …
▶ contacter le CIVAM Bio 09 cecile.cluzet@bio-occitanie.org
FABRIQUER SON BLOC À LÉCHER MAISON
À partir de matières premières (sel, argile, calcaire, plantes séchées), on peut confectionner un complément alimentaire pour tous les jours ou pour cibler une période sensible des animaux.
▶ Les ingrédients
✓ 1 dose de lithotamne
✓ 1 dose de plantes sèches à action antiparasitaire : sommités fleuries de tanaisie, ail, thym, camomille, serpolet, feuilles riches en tanins : fraisiers, noyer…)
✓ 4 doses de sel
✓ ½ dose d’argile blanche (kaolin)
✓ 1 dose d’eau ou d’hydrolat de plantes
▶ La préparation [1] Cueillir à la bonne saison les plantes et les faire sécher. [2] Mélanger la poudre de lithotamne et les plantes sèches (réduites en poudre par passage au tamis) dans un seau. [3] Ajouter le sel, l’argile. L’argile apporte des minéraux et présente une action anti-infectieuse. [4] Hydrater le mélange avec de l’eau ou un hydrolat de plantes. On peut inclure une petite quantité d’une teinture-mère. Il faut mettre suffisamment d’eau pour former une pâte homogène mais sans excès sous peine d’allonger le temps de séchage. [5] Bien tasser avec les mains. [6] Placer le seau dans un endroit sec pendant plus d’un mois, jusqu’à ce qu’il soit sec. [7] Supprimer les apports en sel quelques jours avant l’administration du bloc en améliorera l’appétence.
▶ L’ALLOPATHIE : CIBLER LES TRAITEMENTS
Cette théorie du ciblage des traitements contredit des années de pratique des traitements systématiques dans les campagnes… Alors pourquoi aujourd’hui préconiser l’inverse ? La connaissance scientifique a évolué. Bien entendu, les traitements sont parfois indispensables… Alors comment les utiliser au mieux ?
01 > Maintenir l’immunité de contact acquise
Comme le prévoit le cahier des charges bio, un traitement antiparasitaire ne doit pas être systématique. Un ruminant en bon état de santé, vivant avec un peu de strongles, n’a pas besoin de vermicide. Lui imposer une molécule rémanente revient à lui supprimer son immunité de contact vis à vis des strongles.
Dans un troupeau de brebis, on admet qu’environ 30 % des animaux sont sensibles au parasitisme et 70 % ont acquis une immunité de contact.
02 > Préserver une population de strongles sensibles
Comme nous l’explique le Docteur Chartie , le fait de traiter l’intégralité du troupeau conduit à relarguer dans la prairie spécifiquement des strongles résistants à la molécule. Ce phénomène est accentué par :
▪ la fréquence élevée de recours à une molécule ou une famille de molécules ;
▪ le sous-dosage (cas des caprins, cas du léchage sur l’application en pour-on) ;
▪ le traitement à des périodes où il y a peu parasites sensibles dans les prairies ;
▪ les traitements systématiques de tout le troupeau.
Cibler les traitements sur les animaux qui en ont le plus besoin permet de préserver des populations de strongles sensibles, qui diluent la population des strongles résistants, et ainsi de retarder l’apparition des résistances.
03 > Comment cibler les traitements ?
Le concept du ciblage est d’appliquer un traitement curatif pour les animaux à risque, ce qui permet aussi de renforcer la prévention pour le reste du troupeau. En traitant 40 % du troupeau, (les plus excréteurs) on réduit l’infestation au pâturage de 70 %.
Seuls les individus présentant des symptômes sont traités. Pour changer progressivement de pratique, on peut aussi partir du principe suivant : les animaux qui vont bien ne sont pas traités.
Éviter la famille des avermectines, toxiques pour l’environnement et rémanents…
Par Cécile Cluzet, animatrice du GIEE, CIVAM Bio 09 et Nathalie Laroche, vétérinaire-conseil, membre du GIE Zone Verte.
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Tarn, quelle demande du marché et quelles opportunités ?
Le 10 janvier 2020 a eu lieu au Lycée agricole de Lavaur une rencontre sur le thème du Marché des Grandes Cultures biologiques. Cette demi-journée, co-organisée par la Chambre d’Agriculture du Tarn et la Coopération Agricole d’Occitanie, avait pour objectif de donner aux agriculteurs bio, en conversion ou ayant un projet de conversion sur le département du Tarn, une vision globale du marché des grandes cultures bio, et des principaux organismes collecteurs sur leur département.
Ont été conviées 5 entreprises de l’aval : Agribio Union/Arterris, la RAGT, la coopérative agricole de Carmaux, Unicor et Caste (voir témoignages ci-dessous). Au total, 31 producteurs ont répondu présents à cette invitation : des producteurs déjà engagés en AB, certains ayant déjà des circuits de commercialisation, d’autres en réflexion sur la valorisation de leurs céréales…mais aussi des porteurs de projet, intéressés pour anticiper leurs assolements et avoir une vision claire du marché et des opportunités.
CONTEXTE EN GC BIO
En première partie de rencontre, Marianne Sanlaville, responsable des filières bio chez la Coopération Agricole d’Occitanie, a dressé un panorama du contexte national, régional et départemental des grandes cultures bio. Elle a notamment rappelé que l’Occitanie était la 1ère région productrice de grandes cultures bio (1/4 des surfaces nationales), filière sur laquelle les conversions ont connu des taux record depuis ces 3 dernières années.
La collecte de grandes cultures bio nationale a deux principaux débouchés : l’alimentation animale pour 60 % des volumes utilisés, et l’alimentation humaine via les meuniers pour 40 % (principalement pour le blé tendre). Des taux de croissance importants de ces deux utilisations se maintiennent (+10 % en meunerie entre 2018 et 2019, et +16 % en alimentation animale), avec une demande croissante en matières premières bio d’origine française, voire “locale” du Sud-Ouest pour certains transformateurs.
VIGILANCE SUR LES CULTURES EN DEUXIÈME ANNÉE DE CONVERSION
Avec les évolutions de la réglementation AB en 2021, en particulier le passage de 30 à 25 % de C2 dans les formulations alimentaires des animaux, et l’augmentation importante des surfaces – et donc des volumes produits – en C2, certaines productions C2 deviennent difficiles à valoriser.
Désormais, ce sont essentiellement les blés, triticales et soja dont les voyants restent au vert. Pour le reste (orge, maïs, protéagineux…) les débouchés doivent être recherchés en amont afin d’anticiper les assolements et faire coïncider du mieux possible les exigences agronomiques et économiques.
DE NOUVELLES OPPORTUNITÉS
Ce temps de rencontre a mis en lumière des opportunités de débouchés pour les producteurs bio du Tarn (voir témoignages ci-dessous). Elles concernent majoritairement les cultures destinées à l’alimentation humaine, avec notamment des besoins forts en céréales (blé biscuitier, blé dur, blé meunier, seigle meunier, avoine blanche), en sarrasin et en oléagineux (tournesol oléique et linoléique) ; quant aux légumes secs, même si les récoltes 2019 a ont été très bonnes dans certains secteurs, des contrats restent possibles, à voir au cas par cas avec les opérateurs économiques. En alimentation animale, les choix sont plus restreints et se concentrent sur blé fourrager, triticale et soja en 2020. Malgré tout, de nouveaux opérateurs se lancent sur le marché, c’est le cas de CASTE Sarl avec sa nouvelle usine d’aliments dédiée à la BIO.
CONFIANCE ENVERS L’AVENIR
Les opérateurs économiques se sont montrés confiants quant à l’équilibre du marché et la stabilité des prix dans les années futures, à la condition que “tout le monde joue le jeu” : les producteurs dans l’annonce à l’avance des surfaces à emblaver et les opérateurs économiques dans l’engagement à la contractualisation avec des prix sécurisants et définis à l’avance. La “contractualisation” reste d’ailleurs le leit motiv de la majorité des opérateurs réunis en séance : ils encouragent vivement les producteurs, notamment ceux en conversion à se faire connaître en avance, ceci afin d’assurer un équilibre offre / demande, garant de la stabilité des prix.



Par Marianne Sanlaville, Coopération Agricole d’Occitanie, Maëva Colombet et Stéphanie Camazon, Chambre d’Agriculture 81.
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Convention d'Affaires Plantes et Ingrédients naturels – Se sourcer en Occitanie
La 2e Convention d’Affaires – Plantes et Ingrédients naturels – Se sourcer en Occitanie aura lieu le 27 octobre 2021 au Lycée agricole de Rivesaltes (66).
L’objectif de cette journée de rencontres des acteurs de la filière « Plantes à Parfums, Aromatiques et Médicinales » est de mettre en relation les professionnels de l’amont à l’aval et répondre aux besoins industriels de sourcing.
Pourquoi cette Journée Professionnelle ?
• Pour mettre en relation des producteurs et des acheteurs via des rendez-vous qualifiés,
• Faciliter un sourcing local des matières premières,
• Trouver des compétences pour vos projets de mise en production ou de développement,
• Rencontrer des fabricants de machines,
• Partager des retours d’expériences et des données sur les tendances marchés,
1 rencontre professionnelle avec :
• des rendez-vous d’affaires pré-programmés,
• des conférences,
• un salon technique des professionnels de la filière
Pour :
• les producteurs d’Occitanie : agriculteurs, cueilleurs et/ou coopératives
• les experts ou prestataires de services de la filière : pépiniéristes, séchage, extraction, analyses, conseils, réglementations…
• les industriels de la cosmétique, du bien-être, de la santé humaine et animale, de la nutraceutique et de l’agro-alimentaire.
En 2020, la 1ère édition a rassemblé une centaine de participants et permis + de 250 RDV d’affaires qualifiés.
Accès gratuit pour le salon technique et les conférences avec possibilité de s’inscrire en ligne ou sur place.
Accès payant et inscription obligatoire pour les RDV d’affaires (vous recevrez un mail de confirmation de votre inscription après validation de votre profil complet sur la plateforme et règlement en ligne).
Dernières évolutions règlementaires en Agriculture Biologique
▸ L’INAO tient à jour le guide de lecture national, qui vise à faciliter l’application des règlements européens relatifs à la production et à l’étiquetage biologique. Une nouvelle version a été validée lors du Comité National de l’Agriculture Biologique le 8 janvier 2020. Elle précise notamment différents points.
01 > le matériel de reproduction végétal destiné à la production de matériel de reproduction végétale (par exemple : semences de base, semences de pré base, plants de base…) et non destiné à la production de produits autres, peut ne pas être biologique pour produire la plante mère donnant du matériel de reproduction végétale biologique. Il n’est donc pas nécessaire d’avoir une dérogation pour l’utiliser.
02 > L’usage de silicium issu d’un silicate de sodium, d’un silicate de potassium ou d’un acide silicique est interdit en agriculture biologique en tant que matière fertilisante.
03 > Les paillages naturels (composants listés à l’annexe I dont le paillage végétal) ou plastiques biodégradables répondant à la norme NF EN 17033, paillages papier. Ces paillages ne doivent pas être issus d’OGM. Les paillages oxodégradables aussi appelés « fragmentables » sont interdits.
04 > Les porcs charcutiers doivent être nés et élevés en bio hormis ceux présents dans l’exploitation en début de période de conversion de l’atelier porcin.
À partir du 1er janvier 2021, en application du R(UE) n°2018/848, les règles évolueront pour le matériel de reproduction végétative : pour produire un plant certifié en agriculture biologique : le greffon, le porte greffe ou tout organe issu de la plante (bourgeon, racine…) doivent être issus d’une plante mère conduite selon le mode de production biologique depuis au moins 2 périodes de végétation.
La conduite selon le mode de production biologique est également imposée pour les opérations qui suivent la greffe (intrants utilisés, conditions de mixités en atelier, conduite en pépinière) pour que le plant puisse bénéficier de la certification AB.
Par ailleurs des précisions ont été apportées dans la lecture de la grille des conditions de modification de la durée de conversion (annexe 2 du guide de lecture) selon les articles 36§2 et 38§2 du RCE 889/2008 : Les prairies naturelles, permanentes ou temporaires de plus de 3 ans n’ayant pas été traitées avec des produits interdits en AB depuis au moins 3 ans, verront leur durée de conversion d’un an pouvant être réduite à 6 mois dans le cas de pâturages, parcours et aires d’exercices extérieurs utilisés pour des espèces non herbivores.
Important : les organismes certificateurs de l’AB rappellent aux agriculteurs que l’utilisation d’engrais à base d’oligo-éléments est soumise à certaines règles. En effet, lors de l’utilisation de fertilisants à base d’oligo-éléments, notamment de cuivre, il faut être en mesure de justifier le besoin en fertilisant en démontrant la carence en cuivre de la culture, conformément aux dispositions de l’article 16 (2) (d) du R(CE) N°834/2007 et de l’article 3 (1) du R(CE) n°889/2008.
En l’absence de preuve (notamment analyse de sol ou du végétal), l’utilisation peut être considérée comme non justifiée et donner lieu à un manquement. Jusqu’à présent les organismes certificateurs étaient peu exigeants mais depuis le début de l’année 2020, ce point va être davantage contrôlé lors des audits chez les producteurs.
Par Anne Glandières, Chambre Régionale d’Agriculture Occitanie
Lancement d'une étude sur les achats en restauration hors domicile
L’Agence Bio et France AgriMer lancent ensemble une étude sur les acahts en restauration hors domicile !
Le but de cette étude est d’analyser selon une méthode qualitative et quantitative les achats des acteurs de la restauration hors domicile (RHD), pour l’ensemble des produits alimentaires, en distinguant notamment le Bio.
Les informations récoltées permettront de mieux connaitre le secteur en termes de montants d’achats (totaux et par famille de produits), de fournisseurs, d’achats bio pour la restauration collective et commerciale selon les différents segments (gestions concédée et directe, différents secteurs de la restauration collective…).
Ce baromètre a vocation à être mis à jour chaque année et à mobiliser, au fil de l’eau, de plus en plus d’adhérents.
Tous les acteurs de la restauration hors domicile sont invités à répondre via les personnes pouvant fournir les données achats de leur organisation.
Cette étude est disponible dès à présent sur le site https://barometre-rhd.fr/ où vous trouverez de plus amples informations sur la démarche.
Participez à la 2e journée régionale brassicole Bio d'Occitanie !
Jeudi 04 novembre 2021 de 9h30 à 17h00 au CREPS de Toulouse

Cet événement sera l’occasion de faire un point sur le développement de la filière brassicole dans la région (bilan des avancées) et d’échanger autour de plusieurs thèmes afin de poursuivre son développement :
- Consigne et réemploi du verre
- Recherche variétale sur l’orge brassicole
- Transformation post-récolte du houblon
- Variétés de houblon bio en région
- Passer sa brasserie en bio / nouvelle réglementation bio
- La répartition de la valeur dans la filière orge-malt bio régionale
- Brasser des matières première régionales : contrôle qualité et adaptation des process.
- Quels labels ? Comment valoriser sa démarche vers le consommateur ?
Le matin, en plénière :
- Une filière en mouvement ! Présentation des actions qui accompagnent le développement de la filière en Occitanie.
- Focus sur la Consigne et le réemploi du verre
L’après-midi :
- 2 sessions d’ateliers thématiques pour explorer plus en profondeur les sujets techniques et filières.
Journée organisée par et avec de nombreux partenaires : Interbio Occitanie, Bio Occitanie, Ocebio, La Coopération agricole, Chambres d’agricultures, la FR CIVAM, Houblon de France, BRIO, SNBI, le Gal est-Audois, AD’OCC, la Région, la DRAAF, Consign’up, Oc’Consigne …








