Les chiffres clés de la production et de la distribution Bio en 2019
En France
L’agriculture bio française a poursuivi sa belle croissance en 2019, avec 260 000 hectares (ha) supplémentaires. La Surface Agricole Utile (SAU) en bio a augmenté de 8,5 % par rapport à 2018 et franchi le cap symbolique des 2 millions d’hectares cultives en bio. En cinq ans, elle a plus que doublé, passant de 1,1 million d’hectares en 2014 à 2,2 millions d’ha en 2019.
Les surfaces en conversion ont augmenté de 11 %, représentant au total 565 574 ha. Entre 2018 et 2019, plus de 5 500 exploitations se sont engagées en bio en France, permettant d’arriver au total de 47 196 exploitations avec tout ou partie de leur activité en bio.
Les surfaces en bio se situent majoritairement dans le Sud de la France. Les trois premières régions productrices sont l’Occitanie avec 10 663 exploitations et 503 026 ha, la Nouvelle Aquitaine avec 6 996 exploitations et 289 468 ha et Auvergne – Rhône-Alpes avec 6 581 exploitations et 274 094 exploitations.
En Occitanie
L’année 2019 est une belle illustration de la croissance de la bio en région avec la certification du 10 000ème producteur bio. En 10 ans, les surfaces bio d’Occitanie ont été multipliées par plus de trois, passant de 139 000 ha et 3 404 exploitations en 2009 à 503 000 ha et 10 663 exploitations en 2019. La croissance est régulière depuis 4 ans, oscillant autour de 10 % par an. Entre 2018 et 2019, les surfaces en bio ont augmenté de 13 %. La bio d’Occitanie représente 23 % des exploitations bio de France et 16 % de la SAU régionale. Les surfaces en conversion ont augmenté de 10 % pour atteindre 119 249 ha, dont 45 % en première année.
L’élevage d’Occitanie continue son développement, même si la croissance des cheptels s’est un peu ralentie. L’Aveyron, l’Ariège, le Gers et la Lozère sont les départements accueillant le plus d’exploitations, rassemblant à eux 4 plus de la moitié du total régional des troupeaux.
En 2019, 1 662 producteurs se sont engagés en bio. Les principaux départements d’accueil sont le Gers, l’Hérault, l’Aude et le Gard. Les filières les plus attractives sont la viticulture (448 nouveaux bio), les grandes cultures (+ 342), les surfaces fourragères (+ 196), les légumes frais (+ 178) et les fruits (+ 152). La filière qui attire le plus en productions animales est l’élevage bovin (+ 51, dont 38 nouveaux élevages allaitants bio et 13 laitiers).
L’aval
Le secteur aval en région
Le secteur aval en France se composait en 2019 de 19 311 transformateurs (+ 16 % par rapport à 2018) et 8 813 distributeurs (+ 24 % par rapport à 2018). En Occitanie, avec 2 811 operateurs aval et 11 % d’augmentation en un an, le secteur aval est lui aussi en pleine augmentation et contribue à tirer la croissance de l’ensemble du secteur. Parmi ces entreprises, on dénombre 1 882 préparateurs, 889 distributeurs et 40 importateurs. Ces derniers sont la seule catégorie dont le nombre a stagne, les autres ayant connu une augmentation de respectivement 10 et 14 %.
Le marché bio en France
En 2019, 6,1 % des achats alimentaires des français étaient bio, représentant 11,3 milliards d’euros TTC. Ces achats bio ont été réalisés pour plus de la moitie dans la grande distribution (en volumes et en valeur). La croissance annuelle du marché a été de 13,5 %, soit une augmentation de 1,3 milliards d’euros. La valeur des achats alimentaires des français est estimée pour 2019 à 11,3 milliards d’euros. En moyenne, un français a consommé 178 euros de produits bio en 2019, soit deux fois plus qu’en 2015 (Agence Bio, 2019).
Tous les chiffres présentés dans cet article viennent de l’Agence Bio et des Organismes Certificateurs, 2020
Par Lucie Poline, Interbio Occitanie
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Dernières évolutions réglementaires en AB
Décision INAO sur la mise en conformité des bâtiments d’élevages porcins en bio
Le 23 octobre 2020, l’INAO a statué sur les critères de mise en conformité des bâtiments porcins en bio. Cela concerne notamment un minimum de 5% de découverture des aires d’exercice extérieures, qui peut prendre la forme de cheminées ou ouvertures dans le toit.
Le modèle ≪ type ≫ pour un bâtiment porcin en AB conforme au règlement, prévoit un bâtiment ouvert sur 3 côtés, 5% minimum de découverture de l’aire d’exercice extérieure.
De plus, un calendrier de mise en conformité selon le type de bâtiment a été décidé :
Durant ces périodes, un Plan de Progrès Individuel entre les producteurs et les OC permettra un suivi au cas par cas de la mise aux normes.
Jusqu’à l’échéance, les OC notifieront uniquement des manquements à la règlementation. Si la mise aux normes n’est pas effective à l’échéance, des sanctions avec déclassement de lot pourront s’appliquer.
Parution du cahier des charges Français “Cailles de chair en AB”
Un arrêté du 20 aout 2020 propose un avenant n°5 au cahier des charges concernant le mode de production biologique d’animaux d’élevage. Il complète ainsi les dispositions des règlements européens de l’AB (CE) n°834/2007 et (CE) n°889/2008. Il définit la production de cailles de chair en bio sur le territoire national.
En effet, cette production n’est pas couverte par le règlement européen et des éleveurs ont sollicité les autorités françaises pour pouvoir disposer d’un cahier des charges officiel et d’une homologation de leurs produits en AB. La Commission Européenne a validé sa rédaction.
Dans le même sens, les cahiers des charges cailles pondeuses et lamas-alpagas en AB sont proposés par la France à la validation de la Commission Européenne.
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Par Anne Glandières, Chambre Régionale d’Agriculture d’Occitanie
Porc bio d’Occitanie : une petite filière aux besoins importants
Le 14 septembre s’est tenue la journée de restitution d’une étude dédiée à la filière porcine bio dans la région Occitanie. Les entretiens des producteurs ont principalement relevé un manque important en accompagnement technique. Côté entreprises, les difficultés rencontrées touchent l’équilibre carcasse et la valorisation des animaux en circuits longs.

Le 14 septembre, les acteurs de la filière d’Occitanie présents ont identifié trois actions prioritaires à travailler par les organisations régionales.
1. L’accès aux connaissances techniques de production
Les producteurs de porc bio ont tous rencontré des problèmes techniques, quel que soit leur système (plein air ou bâtiment). Cependant, les structures d’accompagnement amont proposent régulièrement des formations. Celles-ci sont peu visibles des éleveurs, ou alors difficiles d’accès car les élevages sont très dispersés sur le territoire.
Afin d’améliorer l’accès à l’accompagnement technique, des fiches techniques pourront être mutualisées et diffusées. De plus, mieux connaître et identifier les experts au national comme au niveau régional faciliterait également l’accès à la connaissance pour les éleveurs.
2. Valoriser l’ensemble de la carcasse en circuits longs
La valorisation de la carcasse correspond au principal frein au développement de la filière en circuit-long. Une des pistes de travail peut être d’identifier différents transformateurs aux besoins en morceaux complémentaires. Les questions de logistique sur cette solution restent un frein important. A l’inverse, une piste correspond à celle engagée par les producteurs en circuits courts : les entreprises peuvent valoriser elles-mêmes l’ensemble des morceaux en élargissant leur gamme de produits.
3. Favoriser la contractualisation amont/aval
En lien avec la solution précédente, la création de micro-filières régionales permettrait de créer des approvisionnements contractualisés, garantissant une régularité de production en quantité comme en qualité à un prix stable pour les transformateurs comme les producteurs. Là encore, de nombreux freins sont à lever. D’un côté, les producteurs préfèrent souvent commercialiser en circuits courts. D’un autre côté, les transformateurs sont habitués à acheter seulement les morceaux dont ils ont besoin. Ce schéma leur demanderait une modification de fond de leurs pratiques d’approvisionnement.
Ces pistes de travail ne correspondent qu’à un petit échantillon des difficultés soulevées par les entretiens. Nombre d’entre elles sont communes à toutes les filières porcines de la région, comme le nécessaire maintien des outils d’abattage de proximité. L’ensemble des chiffres de la filière porcine bio ainsi que les résultats des entretiens seront détaillés dans la fiche filière porcine bio à paraître prochainement.
Méthodologie de travail
- 40 enquêtes réalisées :
- 20 producteurs : tous systèmes et départements confondus
- 20 opérateurs de l’aval : abattoirs, coopératives, fabricants d’aliment, négociants en viande, ateliers de découpe et transformateurs
- 2 comités de pilotage avec les partenaires régionaux
- 1 réunion de restitution participative
- 1 plan précisant les actions prioritaires à mener
Les RDV Professionnels - légumes Bio d'Occitanie
Les rendez-vous professionnels Producteurs / Metteurs en marchés de légumes bio – 25 novembre 2021 au MIN de Toulouse
Cet évènement professionnel a pour objectif de faire se rencontrer les producteurs et les metteurs en marchés de légumes bio :
- Pour les producteurs, ces rencontres seront l’occasion de mieux connaître la filière, de rencontrer les différents opérateurs régionaux qui recherchent des fournisseurs en légumes bio : grossistes, metteurs en marchés, coopératives … et de trouver ainsi des partenaires pour la commercialisation de leur production ou future production.
- Pour les metteurs en marché, ces rencontres seront l’occasion de rencontrer de nouveaux producteurs de légumes bio en région Occitanie et donc de renforcer leur sourcing local !
Notre objectif est au final d’encourager le développement de la production et la commercialisation des légumes bio locaux et de consolider les filières bio en Occitanie. Cette journée est dédiée aux légumes bio destinés au marché du frais ainsi qu’à l’ail.
14 entreprises seront présentes, ce qui rendra possible une centaine de RDV avec des producteurs. (RDV individuels entre les entreprises et les producteurs)
Pour consulter les fiches de présentation des entreprises présentes et ainsi demander vos RDV, consultez le catalogue en cliquant sur le bouton ci-dessous.
Info pratiques :
Jeudi 25 Novembre 2021 de 9 h à 13 h, suivi d’un buffet bio.
Marché aux fleurs , au MIN de Toulouse 200 avenue des Etats Unis, 31200 Toulouse (nous vous enverrons un QR Code pour avoir accès gratuitement au parking du MIN).
Frais d’inscription – à régler en ligne lors de votre inscription sur la plateforme.
– Coopératives / Metteurs en marchés : 80 € HT
– Producteurs : 30 € HT
1 repas compris et 22 € HT par repas supp.
Contacts organisateurs :
Marie Largeaud – CRAO – 06 31 43 74 09 – marie.largeaud@occitanie.chambagri.fr
Dany La Noë – Civam Bio 66 – 07 83 63 01 15 – dany.lanoe@bio66.com
Amélie Berger – OCEBIO – 06 49 77 25 77 – amelie.berger@ocebio.fr
Laurence Espagnacq – CDA 31 – 06 74 05 27 49 – laurence.espagnacq@haute-garonne.chambagri.fr
Nouvelle édition du guide des opérateurs bio d'Occitanie enfin disponible !
Le « Guide des Opérateurs Bio d’Occitanie » recense les acteurs de la filière bio en Occitanie : entreprises agricoles et agroalimentaires bio régionales de la transformation à la mise en marché, grossistes, coopératives, et négociants viticoles. Un panorama de la bio régionale y est présenté.
C’est un outil professionnel de promotion, destiné aux magasins bio en France (dont 250 magasins bio en Occitanie), et aussi aux entreprises (3 000 bio en Occitanie) afin de favoriser l’interconnaissance entre les opérateurs des filières bio régionales. De par sa diffusion papier et web, il permet de faire connaitre les entreprises et les produits bio en région ainsi qu’au niveau national afin de booster leurs réseaux et indirectement leurs partenaires commerciaux.
Le guide papier sera tiré à 6 000 exemplaires, dont 4 000 qui seront « routés » avec le magazine Bio Linéaires qui s’adresse aux magasins bio spécialisés en France et autres destinataires professionnels. 2 000 seront distribués à nos membres pour diffusion, sur les salons professionnels tels que Natexpo, Millésime bio, Biofach, Showroom RHD …etc., et lors des événements « BIO & PRO » organisés par Interbio Occitanie.
Interbio Occitanie est le point d’information de la bio en Occitanie. Etre dans ce guide, nous permet de plus facilement recommander les entreprises bio régionales auprès de clients potentiels.
L’édition papier du « Guide des Opérateurs Bio d’Occitanie » 2021-2022 sera disponible début octobre 2021.
Conférence régionale viticulture bio 2021 - 18/11/2021 en Visio

L’objectif de ce webinaire intitulé “Le travail du sol, on en parle ?” est de proposer des interventions d’experts reconnus en région et nationalement, et illustrées par des témoignages de viticulteurs bio.
Cet événement s’adresse aux viticulteurs bio et en conversion ainsi qu’aux viticulteurs intéressés par la Bio. et sera animé par Emma Carrot (Chambre d’agriculture de l’Hérault) et Marie Largeaud (Chambre régionale d’agriculture Occitanie).
Convention d'Affaires Plantes et Ingrédients naturels – Se sourcer en Occitanie
La 2e Convention d’Affaires – Plantes et Ingrédients naturels – Se sourcer en Occitanie aura lieu le 27 octobre 2021 au Lycée agricole de Rivesaltes (66).
L’objectif de cette journée de rencontres des acteurs de la filière « Plantes à Parfums, Aromatiques et Médicinales » est de mettre en relation les professionnels de l’amont à l’aval et répondre aux besoins industriels de sourcing.
Pourquoi cette Journée Professionnelle ?
• Pour mettre en relation des producteurs et des acheteurs via des rendez-vous qualifiés,
• Faciliter un sourcing local des matières premières,
• Trouver des compétences pour vos projets de mise en production ou de développement,
• Rencontrer des fabricants de machines,
• Partager des retours d’expériences et des données sur les tendances marchés,
1 rencontre professionnelle avec :
• des rendez-vous d’affaires pré-programmés,
• des conférences,
• un salon technique des professionnels de la filière
Pour :
• les producteurs d’Occitanie : agriculteurs, cueilleurs et/ou coopératives
• les experts ou prestataires de services de la filière : pépiniéristes, séchage, extraction, analyses, conseils, réglementations…
• les industriels de la cosmétique, du bien-être, de la santé humaine et animale, de la nutraceutique et de l’agro-alimentaire.
En 2020, la 1ère édition a rassemblé une centaine de participants et permis + de 250 RDV d’affaires qualifiés.
Accès gratuit pour le salon technique et les conférences avec possibilité de s’inscrire en ligne ou sur place.
Accès payant et inscription obligatoire pour les RDV d’affaires (vous recevrez un mail de confirmation de votre inscription après validation de votre profil complet sur la plateforme et règlement en ligne).
Remise collective du label Territoire Bio Engagé dans le 82
Le 8 septembre dernier a eu lieu la remise collective du label Territoire Bio Engagé pour les communes de Sainte-Juliette, Montaigu-de-Quercy, Lauzerte, Touffailles, Sauveterre et Lacour-de-Visa !

Ces 6 communes rejoignent les 40 collectivités et établissements labellisés avec :
- Lacour-de-Visa : 15,86 % de SAU en Bio
- Lauzerte : 16 % de SAU en Bio
- Montaigu-de-Quercy : 18,41 % de SAU en Bio
- Sainte-Juliette : 23,25 % de SAU en Bio – Niveau 1
- Sauveterre : 30,16 % de produits BIO servis dans son restaurant collectif
- Touffailles : 22 % de SAU en Bio – Niveau 1
Plusieurs discours et témoignages ont été prononcés :
- Claude et Jean-Baptiste GIBERT, agriculteurs Bio à Sainte Juliette
- Agnès PALMIE, Maire de Ste Juliette
- Hélène ROCHE, agricultrice bio à Ste Juliette
- Claude VERIL, président de la communauté de communes du Pays de Serres en Quercy
- Julien FRANCLET, président d’Interbio Occitanie
- Alain ICHES, président de chambre d’agriculture du 82
- Les co-présidente et président de l’ADEAR du 82
- Sophie DELBREIL, conseillère départementale du 82
- Vincent LABARTHE, vice-président de la région Occitanie à l’agriculture et à l’enseignement agricole
- Florent GUHL, directeur de la DRAAF
- Chantal MAUCHET, préfète du 82
Un GRAND merci à Claude, Monique et Jean-Baptiste GIBERT pour leur accueil !
Pour rappel, le label Territoire Bio Engagé est la 1ère démarche de labellisation bio des collectivités territoriales de France proposée par six régions en France. Ce label garantit le niveau de réussite d’une collectivité territoriale et de ses acteurs dans son engagement pour développer ce mode de production.
Critères de labellisation :
• 15 % de surface agricole cultivée en production biologique
• Et/ou 20 % de l’approvisionnement des restaurants collectifs en produits bio (22 % à partir du 1er janvier 2022 et 25 % à partir du 1er janvier 2025)
Un webinaire sur le label sera organisé le 19/10 prochain en visio. Pour en savoir plus, n’hésitez pas à nous contacter à laureline.terris@interbio-occitanie.com
3ème édition de BtoField - Inscriptions ouvertes
L’Agence Ad’Occ et Agri Sud-Ouest Innovation organisent les 3e BtoField, Rencontres Professionnelles de l’Innovation Digitale pour une Agriculture Durable et Compétitive. Cet événement se déroulera le 15 octobre en visio.
Vous êtes un professionnel du monde agricole et vous souhaitez :
– piloter l’exploitation et automatiser la production ?
– limiter les impacts environnementaux ?
– mutualiser des ressources et partager de l’information entre pairs ?
– diversifier les circuits de commercialisation ?
Vous êtes une entreprise ou un spécialiste dans les domaines suivants :
– logiciels, applis mobile ou web, OAD, algorithmes, IHM, Big Data, IA, capteurs, guidage, imagerie spatiale et aérienne, automatisme, robotique, drone, agriculture verticale…
Cet événement est fait pour vous !
Témoignage - Gilles de Baudus
RÉFÉRENT BIODYNAMIE
Société Gérard Bertrand
Siège social Château l’Hospitalet Fermes Déphy Ecophyto du Narbonnais
15 domaines en Biodynamie sur le Languedoc Roussillon 850 hectares
Certification Demeter débutée en 2002
Site internet : www.gerard-bertrand.com
Gilles, selon toi en quoi consiste la biodynamie ?
Il s’agit de pratiquer une agriculture qui respecte les processus de la nature. Le monde vivant est géré par un processus énergétique qu’il convient d’accompagner, d’amplifier. Pour commencer, il est important de booster l’énergie qui vient de la terre, de réintroduire de la vitalité dans un environnement qui a pu être dégradé par des pratiques antérieures. La conduite en viticulture biologique constitue une base avec le retour aux fondements de l’agronomie et la biodynamie est l’accompagnement énergétique qui permet à tout cela de bien fonctionner.
Comment la biodynamie a-t-elle été mise en place sur les domaines ?
Entre 2002 et 2008, nous avons commencé la conversion en biodynamie sur une petite partie 5 ha du château Cigalus (Corbières) puis nous l’avons étendu aux 80 ha. Pour cela, dès le départ nous avons choisi d’être accompagné par un consultant. Ensuite, en nous basant sur le retour d’expérience de Cigalus nous avons étendu la pratique de la biodynamie à l’ensemble de nos vignobles. La biodynamie est un processus qui s’opère sur le long cours, tant sur l’aspect technique qu’organisationnel. L’ensemble des collaborateurs a été formé et continu à être sensibilisé et accompagné au quotidien.
As-tu constaté des changements visibles apportés par la biodynamie sur le végétal, le sol, le vin ?
La pousse de la vigne est devenue plus régulière, le port plus dressé. La texture du sol, l’enracinement des plants, l’équilibre de la plante se sont trouvés améliorés. La flore spontanée a aussi changé. Au niveau des vins, les fermentations sont plus étalées, moins brutales. Les vins plus équilibrés : gain d’acidité sur les blancs, plus de de finesse, un bouquet aromatique plus expressif…
Comment gère-t-on les préparations biodynamiques pour 15 domaines ?
Celles-ci sont réalisées par nos soins. Pour faciliter la tâche, nous avons dédié le Château Cigalus aux préparations : bouse de corne (500), silice de corne (501), le compost de bouse Maria Thun (CBMT) répartis ensuite entre les domaines. Pour la mise en pratique, une cinquantaine de dynamiseurs, une trentaine de canons et des tisanières sont répartis sur les domaines. Pour la fumure nous utilisons du fumier de bovins d’Ariège.
Nous avons un laboratoire équipé pour réaliser de la cristallisation sensible et nous analysons la qualité de l’eau utilisée, des composts et des vins.
Comment s’organise l’approvisionnement en plantes pour les extraits végétaux ?
Nous utilisons différentes plantes, achillée millefeuille, ortie, écorce de chêne, valériane, consoude…
Dans une moindre mesure le pissenlit, camomille, fougère aigle… Nous nous fournissons chez des herboristes de gros certifiés Bio et nous demandons à ce que les lots achetés soient certifiés sans résidus. Nous sommes en train de finaliser la conception d’un séchoir sur un de nos domaines, pour faire sécher les plantes que nous trouverons sur nos terres.
L’influence de la lune est-elle prise en compte ?
Nous tenons compte de la lune, des équinoxes ainsi que du soleil. Dans la mesure du possible les dates d’écimage, travail du sol, plantation des complants, de dégustations d’assemblage sont choisies en fonction du calendrier lunaire et le positionnement de la silice de corne et de la bouse de corne est fonction des forces d’expiration (matin) et d’inspiration de la terre (soir).
Quel conseil, donnerais-tu aux vignerons qui souhaitent pratiquer la biodynamie ?
Je leur conseillerais de suivre des formations et de faire partie d’un réseau de vignerons en biodynamie comme une antenne locale/régionale de biodynamie si elle existe afin d’échanger sur leur expérience.















