Planet Score, un affichage environnemental à soutenir ! 1

Planet Score, un affichage environnemental à soutenir !

16 ONG et acteurs de la Bio soutiennent le Planet-Score !

 

La loi Climat prévoit un affichage environnemental principalement basé sur l’Analyse du cycle de vie (ACV), méthode qui prend en compte les différentes étapes de la vie d’un produit et leurs effets sur l’environnement. En revanche, elle mesure actuellement mal certains impacts négatifs, notamment ceux liés à l’usage des pesticides sur la santé humaine et n’intègre pas les atteintes à la biodiversité.

C’est pourquoi l’Institut de l’Agriculture et de l’Alimentation biologiques (ITAB), SAYARI et VGF (Very Good Futur) proposent le Planet-score qui permettra de corriger les manquements de l’ACV.


Plantes et ingrédients naturels : se sourcer en Occitanie 2

Plantes et ingrédients naturels : se sourcer en Occitanie

Le lycée agricole de Carcassonne a accueilli le 21 octobre 2020 une convention d’affaires pour répondre aux besoins de sourcing en Plantes à Parfums, Aromatiques et Médicinales et consolider des filières durables d’approvisionnement. Cette convention a été organisée par l’association interpro­fessionnelle INTERBIO OCCITANIE et AD’OCC, L’Agence Régionale de Développement Economique, en partenariat avec COSMED et OCEBIO, et le soutien d’Agri Sud-Ouest Innovation, d’Innov’Alliance et de l’AREA Occitanie.

L’objectif de cette journée était d’apporter des données sur la filière PPAM et les tendances des marchés, puis de mettre en relation les acteurs de la filière, dans le but de construire des projets d’innovation et d’approvisionnement (nouveaux produits, nouvelles filières, nouveaux procédés).

Lors de l’assemblée plénière du matin, la filière PPAM Bio d’Occitanie a été présentée et des entreprises ont témoi­gné de leur expérience de sourcing local. Ensuite se sont tenus de nombreux rendez-vous entre des producteurs-porteurs de projets et/ou des experts-prestataires et/ou des entreprises et industriels de la Cosmétique, du bien-être, de la santé humaine ou animale et de l’agro-alimentaire.

Une centaine de personnes étaient présentes à cette convention dont : 48 producteurs-porteurs de projets, 20 entreprises utilisatrices et 18 experts-prestataires. Ce sont 250 rendez-vous qui ont pu être réalisés dans la journée afin de faire se rencontrer de futurs partenaires et de booster leur activité !

LA RÉGION OCCITANIE, 1ÈRE RÉGION DE FRANCE EN SURFACES PPAM CULTIVÉES EN AGRICULTURE BIOLOGIQUE.

La filière PPAM Bio occitane dispose de nombreux atouts pour répondre aux besoins des industriels en matière de volumes et de qualité, avec une large diversité de terroirs.

629 producteurs pour 1300 ha (2018) – 0,2% terres agricoles – dont 559 en agriculture Biologique font de l’Occitanie LA région des PPAM Bio !

L’activité de cueillette tient une place particulière et impor­tante dans la filière avec 1/3 des producteurs. Plus de la moitié de ces producteurs de PPAM se sont spécialisés et vivent de cette production principale. Une spécialisation qui progresse (diversification et installations) avec une surface moyenne cultivée de 2,10 ha/producteur. 46% des producteurs déclarent avoir besoin de matériel. Un pack d’aides existe en Occitanie dont le PASS Agri plantation, qui accompagne la plantation des parcelles de PPAM bio.

Avec une dynamique de progression de plus 16 % en 2019, soit 80 producteurs de PPAM bio supplémen­taires, le seuil de 1000 producteurs pourrait être franchi sous 5 ans ! *

La structuration de la filière régionale est progressive et « en construction ». Elle bénéficie d’une stratégie de développement adossée à des territoires et/ou à des partenariats économiques.

(*) Chiffres de l’Agence Bio 2018 & 2019

TÉMOIGNAGES D’ENTREPRISES PARTENAIRES :

Les différents témoignages ont montré une forte volonté des entreprises de trans­formation et des industriels de relocaliser leur approvisionnement en proposant aux producteurs des contrats pluriannuels. Les entreprises de l’aval souhaitent mettre en place des partenariats solides et constructifs qui favoriseront la structuration de la filière PPAM d’Occitanie. Il a aussi été vivement recommandé aux producteurs de ne pas s’ins­taller en PPAM sans avoir au préalable bien étudié les débouchés possibles. Si la demande augmente, la filière PPAM bio reste très exi­geante qualitativement. Le développement de la filière est progressif et la concurrence étrangère importante.

ARCADIE

Créée en 1985 sous forme de coopérative, puis d’une SCOP, suite au développement d’une activité d’import d’épices bio, l’entreprise se situe désormais à Méjannes-les-Ales, dans le Gard. En 2020, Arcadie réalise un chiffre d’af­faire de 20 Millions d’euros et emploie 110 per­sonnes, avec une politique sociale qualitative : l’entreprise a obtenu le label RSE “Bio Entre­prise Durable”.

Les 800 tonnes annuelles de matière première traitées permettent l’élaboration de 250 pro­duits 100 % bio : Gamme Cook, pour les épices, Herbiers de France, pour les tisanes et du vrac : pour les ingrédients des artisans et IAA bio.

Depuis 10 ans Arcadie améliore la reloca-lisation de ses matières premières et met en oeuvre une démarche de commerce équitable via le label « Bio partenaire » qui allie le mode de production biologique et des engagements de commerce équitable.

La production locale fait partie intégrante de leur démarche. Bien qu’une majorité de leurs épices ne poussent pas en France, Arcadie s’emploie néanmoins à réduire les distances de transport. Et pour les plantes de nos climats, leur volonté est de relocaliser leurs approvi­sionnements, avec l’espoir d’un 100% local !

Le souhait de construire des partenariats forts avec les producteurs a engendré la création d’une association « Bio Garrigue Méditerra­née » pour le thym, le romarin, l’origan, et la sarriette. 20 tonnes ont ainsi pu être livrées en 2019 avec 80 hectares engagés.

Arcadie s’engage par contrat cadre pluri-annuel (5 ans) avec cette association, sur des prix, définis suite à un travail sur les couts de production réalisé avec les producteurs. Cette organisation collective favorise aussi les échanges avec les producteurs sur les enga­gements qui structurent le partenariat et les bilans de campagne.

LABORATOIRE PHYT’S

L’entreprise créée en 1972 dans le Sud du Lot fait partie du groupe familial Geodia. Phyt’s possède 2 laboratoires (Perpignan et Cahors), emploie 150 personnes et commercialise 4 gammes : gamme spa, gamme pharmacie, gamme haut de gamme et compléments alimentaires.

Depuis l’origine, Phyt’s utilise uniquement des ingrédients bio pour fabriquer ses produits : huiles végétales, huiles essentielles, teintures mères, hydrolats, et plantes fraîches.

Depuis quelques années, leur objectif a été de développer un sourcing local ainsi que leurs propres cultures, avec la volonté stratégique de maitriser l’origine et la qualité de leurs matières premières. Pour cela, ils ont recher­ché des producteurs locaux, en s’appuyant sur des relais tels que les chambres d’agriculture et les associations bio locales. Ils ont aussi créé des outils en interne pour gérer ses nouveaux partenariats (contrats, cahiers des charges…).

Afin d’établir de solides partenariats avec les producteurs, ils réalisent des visites d’exploi­tation (personnel, matériel, parcelles), puis des tests sur la qualité de la matière première afin de valider la qualité, enfin ils travaillent sur la négociation sur les contrats (mise en place de contrats de culture).

Pour le laboratoire Phyt’s, s’approvisionner localement et en direct auprès des pro-ducteurs est un réel investissement : l’indus­triel doit vraiment bien définir sa stratégie, car cela génère de nombreux changements en interne et être à l’écoute du monde agricole. De son côté, les agriculteurs doivent aussi être pro-actifs, faire du démarchage commercial, s’améliorer sur la partie réglementaire et être à l’écoute des problématiques de l’industriel. C’est une démarche longue, mais un cercle vertueux pour l’entreprise. Cela a redynamisé l’innovation dans l’entreprise. (RSE, bilan car­bone, …) Leur politique évolue désormais vers la RSE et la biodiversité.

L’OCCITANE

« L’Occitane », dont le siège est à Manosque (04) a été créée en 1976 par Olivier Baussan. Elle fabrique et commercialise des produits cosmétiques à base de produits bio, avec 2 sites de production (à Manosque et en Ardèche).

L’Occitane diversifie ses matières premières, avec un service dédié au sourcing en France et au Burkina Faso (filière karité. Privilégiant une agriculture familiale pour la traçabilité à la parcelle, la durabilité sur le territoire et la transmission de la terre, l’Occitane a pour objectifs d’ici 2025 que toutes ses filières soient équitables. Ils mettent donc en oeuvre un nouveau programme de Commerce Equi­table Nord Nord, ainsi que la sécurisation de tous leurs approvisionnements : quantité, qua­lité et planification.

L’Occitane mise sur l’équité économique de ses partenariats sur 3 à 7 ans : anticipation des besoins, facilités de trésorerie pour pré-financer des plants, mise en réseau pour achat semences et plants…

JARDINS D’OCCITANIE

L’entreprise Jardins d’Occitanie est née de la volonté d’innover en produisant des pro­duits phytothérapeutiques à base de ginseng local dans le sud-ouest de la France. Jardin d’Occitanie cultive une quinzaine de plantes médicinales, dont du ginseng à Seysse, en Haute-Garonne. La société transforme sa production en divers produits allant jusqu’au complément alimentaire et investit fortement en R&D.

Jardin d’Occitane témoigne d’une très forte demande de produits « origine France » de la part des consommateurs, ce qui entraine les entreprises du secteur à chercher des appro­visionnements français.

Ils ont choisi de répondre à cette demande en travaillant sur la qualité et en apportant des garanties vérifiables. Leur produit est distribué en pharmacie, ce qui permet un accompa­gnement optimal du produit et un conseil au moment de la vente.

POINT TENDANCES MARCHÉ

Les consommateurs demandent du « naturel » et de « l’origine France » que ce soit pour la cosmétique, l’aromathérapie, ou les compléments alimentaires, segments en nette progression (+ 30% depuis la Covid-19). La part du bio sur ces différents segments de marché est en croissance.

Plus de la moitié (66%) des PPAM utilisées en France sont importées et la concurrence étrangère s’intensifie : Bulgarie, Balkans, Turquie… La Chine et les Etats Unis se mettent aussi à produire des PPAM ce qui laisse craindre plus d’importations.

Le marché des PPAM est compliqué et très spécifique, aussi est-il recommandé de contractualiser et de travailler avec des groupements de producteurs.

CONCLUSION

Cette journée, qui s’est déroulée dans le strict respect des gestes barrières en raison du Corona­virus, a connu un vif succès. Aussi, une nouvelle convention « plantes et ingrédients naturels » se tiendra en 2021 dans les Pyrénées Orientales !

Par Arielle Bourgeon, Interbio Occitanie et Amélie Berger, OCEBIO


Cultures fruitières et maraîchères bio associées en région Méditerranéenne : Bilan du projet Marforest 2018-2020 3

Cultures fruitières et maraîchères bio associées en région Méditerranéenne : Bilan du projet Marforest 2018-2020

Le projet MARFOREST a pour objectif d’étudier la faisabilité de cultures maraîchères en verger d’abricotier de plantation récente et de plus de 3 ans ainsi qu’en verger d’amandier biologique récent. En effet, l’acquisition de foncier étant de plus en plus difficile notamment dans le département des Pyrénées Orientales, les producteurs cherchent à optimiser leurs surfaces tout en diversifiant les cultures et de fait les revenus agricoles.

POURQUOI AVOIR CHOISI DE TRAVAILLER SUR L’ABRICOTIER ET L’AMANDIER ?

L’abricotier est une culture fruitière bien maîtrisé en agriculture biologique dans le Roussillon D’ailleurs, 30% des vergers d’abri­cotiers sont déjà en agriculture biologique. La demande com­merciale pour ce fruit est toujours importante.

L’amandier est une culture rustique qui demande une faible exigence en intrant phytosanitaire. Sa demande commerciale croissante ainsi que sa faible demande en intervention phyto­sanitaire par rapport aux fruits à noyaux rendent sa production intéressante.

ET QUELLES CULTURES MARAÎCHÈRES ?

Le choix des cultures maraîchères a été fait selon plusieurs objectifs :

  • Choix de cultures couvrantes comme la patate douce ou la courge : l’aspect rampant de ces cultures et leurs faibles exigences en produit phytosanitaire les rendent intéressantes à tester notamment pour la gestion de l’en­herbement en arboriculture.
  • Choix des cultures à cycle court comme la salade ou la pastèque : le cycle court est privilégié dans ce type de sys­tème afin de pouvoir laisser l’espace en temps voulu pour le passage des traitements des arbres.
  • Choix de la diversification de cultures d’hiver comme les brocolis, les fenouils, les mini-blettes… : les interventions sur les abricotiers sont quasi inexistantes entre septembre et mi-février ce qui laisse un laps de temps de 4 mois mi­nimum pour la production de cultures maraîchères d’hiver.

PRÉSENTATION DES PARCELLES :

Implantation des vergers

  • Les 2 parcelles sont plantées en 6 mètres par 4 mètres (417arbres/ha), implantation habi­tuellement observée dans les Pyrénées- Orientales. Orientation Est-Ouest pour Théza et Nord-Sud pour la Sica Centrex.
  • Irrigation au goutte à goutte : les réseaux d’irrigation sont indépendants entre les cultures maraichères et arboricoles.
  • 1 à 3 planches sont cultivées par bande.
  • Conduite en Agriculture Biologique

LES RÉSULTATS DU PROJET

Au total, 12 cultures maraîchères différentes ont pu être évaluées sur les par­celles expérimentales. Certains comme la courge ou la scarole ont pu être testées plusieurs années d’affilées et sur les 2 sites.

Vigueur des arbres :

Au bout des 3 années, un effet positif du maraîchage sur le développement végétatif des arbres a été constatées via les mesures de diamètre des troncs (amandiers et abricotiers).

Cette vigueur peut s’expliquer par l’apport d’engrais organique et d’irrigation en plus en inter-rang pour les cultures maraî­chères.

Gestion de l’enherbement :

Les cultures de patates douces et de courges ont permis de couvrir le sol et ainsi de limiter la levée d’adventices en inter-rang des arbres. Cette couverture a été observée sans concur­rence sur les arbres.

Ombrage :

Sur la parcelle de Théza où le verger est implanté Est-Ouest, il a été observé un effet négatif de l’ombrage sur les cultures maraichères d’hiver et aussi d’été avec des différences de rendements de plus de 50%.

Biodiversité :

Des suivis biodiversité ont été réalisées au cours des 2 années et ont montré une plus grande biodiversité qu’en verger classique, avec plus d’espèces et d’individus auxiliaires notamment après le développement foliaire des cultures estivales.

Cependant, une augmentation du nombre global d’insectes dont certains ravageurs (notamment les limaces) a été relevée.

Parmi les auxiliaires, une diversité de carabes a été recensée en 2019 à Théza, ainsi qu’une diversité d’hyménoptères auxiliaires en 2020 à Torreilles (graphique ci-contre).

Traitements phytosanitaires :

Les traitements réalisés doivent être homo­logués à la fois sur cultures maraîchères et sur les abricotiers biologiques. Les produits utilisés sont essentiellement des produits à base de Bacillus thuringiensis pour lutter contre les larves de lépidoptères ou soufre mouillable (lutte contre oïdium).

Les résultats montrent que, dans le cadre de cet essai, l’IFT moyen du jeune verger asso­cié au maraîchage a été moins important que l’IFT d’un verger pur planté à la même date.

Résultats cultures maraichères estivales :

Les courges ont été testées les 3 années à la fois à la SICA Centrex et au Civam Bio 66 . On observe une baisse de rendement en général qui peut s’expliquer par plusieurs éléments :

  • Réduction du nombre de planches par rapport à la vigueur des arbres
  • Conditions climatiques difficiles (canicule en 2019, sécheresse en 2020)
  • Impact de l’ombrage des arbres sur la culture (Théza)
  • Augmentation du temps de travail à la surface importante mais suivi par l’aug­mentation du chiffre d’affaire.
  • Lissage sur l’année du temps de travail sur l’année avec une possibilité d’embauche permanente

CONTACTS
Célia DAYRAUD – Civam Bio 66
celia.dayraud@bio66.com
06 12 93 50 02

Aude Lusetti – SICA Centrex
alusetti.centrex@orange.fr
06 75 25 34 72


Des pratiques agroécologiques innovantes en Occitanie 4

Des pratiques agroécologiques innovantes en Occitanie

Avec la conversion de nombreux vergers à l’agriculture biologique, beaucoup d’arboriculteurs s’interrogent sur l’évolution de leurs stratégies de gestion de l’enherbement. De la substitution du désherbage chimique par du désher­bage mécanique à une reconception globale de la gestion de l’enherbement sur le rang et dans l’inter rang, les stratégies mises en oeuvre sont variées, aussi bien dans les objectifs recherchés que dans les moyens mis en place.

Dans le cadre d’un projet Casdar en 2019 piloté par la Chambre Régionale d’agri­culture d’Occitanie et les partenaires Chambres d’agriculture 66, 34, 82, Téranéo, le lycée de Rivesaltes, le CEFEL à Montauban et Bio Occitanie, nous avons identifié et qualifié une douzaine de pratiques d’agriculteurs qui sont apparues innovantes pour en faire des témoignages techniques.

Nous avons dégagé, en fonction de leurs objectifs, 3 grands types de stratégies de gestion de l’enherbement :

1/ Des stratégies qui visent essentielle­ment à lutter contre les adventices dont la réduction voire la suppression d’herbi­cides (problématique sur le glyphosate) consti­tue le principal objectif. Il existe différentes techniques alternatives avec une dominante de travail mécanique du sol aujourd’hui, une combinaison de travaux de différents outils, mais également un témoignage sur la pratique du paillage des vergers, au Château de Nages dans le Gard.

Les techniques où l’on considère qu’il y a déjà du recul utilisent le travail mécanique du rang avec des disques butteur/débutteur en sor­tie d’hiver, combiné aux passages de diffé­rents outils en complément dans le printemps comme la rasette, ou la herse ou houe rotative et pour la gestion de l’inter rang parfois le rouleau écraseur en alternative au gyrobroyage.

Voir fiches du Domaine de Rivesaltes et de l’Earl de la Mésange Bleue dans les Pyrénées Orientales, herse rotative et tondeuse à l’EARL de Beauvezet dans le Gard sur jeunes vergers, brosse et rotofil au Mas de Mourgues dans l’Hérault.

Il est intéressant de voir que même si ces stra­tégies ont un coût nettement supérieur à celui du désherbage avec le glyphosate (3 à 5 fois plus cher), on trouve des producteurs astu­cieux qui fabriquent eux même des outils ou parties d’outils pour optimiser les couts de production : c’est le cas de l’exploitation Maillols dans les Pyrénées Orientales.

2/ On observe aussi des stratégies de producteurs qui visent à lutter contre les adventices et également à favoriser la régulation des bio-agresseurs : si la lutte contre les adventices reste un des objectifs, certains producteurs ont repensé la gestion de leur enherbement, essentiellement dans l’inter rang, pour favoriser l’implantation des auxiliaires en vue de favoriser la régulation de certains bio agresseurs. C’est le cas de l’EARL de la Mésange Bleue ou de l’EARL Cribeillet dans les Pyrénées Orientales et de Jean-Louis Bouysset dans le Tarn et Garonne, qui en semant des bandes fleuries cherchent à favo­riser l’implantation d’auxiliaires et à diminuer la pression des pucerons, que ce soit en vergers de pêcher ou de pommier.

3/ En même temps que la lutte contre les adventices, certains agriculteurs ont repensé la gestion de leur enherbement en essayant également de préserver ou d’améliorer la qualité agronomique de leur sol. C’est le cas de la méthode sandwich du CEFEL dans le Tarn et Garonne, qui implante sur le rang du trèfle blanc nain (pour l’améliora­tion de la structure du sol et un apport d’azote) tout en travaillant le sol avec un intercep de part et d’autre du rang.

Retrouvez toutes ces fiches témoignages téléchargeables sur le site de la Chambre Régionale d’agriculture :

Par Myriam Codini, Chambre d’agriculture 66 et Hélène Suzor, Chambre d’agriculture 34


Stocker du carbone dans les sols Français - Quel potentiel par rapport à l'objectif "4 pour 1000" ? 5

Stocker du carbone dans les sols Français - Quel potentiel par rapport à l'objectif "4 pour 1000" ?

Synthèse de l’étude de l’INRA lancée à l’occasion de la COP 21 et présentée le 13/06/2019 à Paris : RÉSUMÉ APPLIQUÉ AUX SYSTÈMES AGRICOLE BIO

CONTEXTE ET ENJEUX :

Cette étude s’inscrit dans le cadre ambitieux défini par le GIEC de la neutralité carbone mondiale à l’horizon 2050. A l’échelle du globe, le stock de carbone du sol représente 2400 GTC, soit le triple du carbone du CO2 atmosphérique. Le rapport entre les émissions annuelles induites par les activités humaines (9,4 GT) et le carbone du sol est de l’ordre de 4 pour mille, ce qui suggère qu’une augmentation théorique annuelle de 4‰ du stock de C des sols compenserait ces émissions. Pour un pays développé fortement émetteur comme la France, cette augmentation sur l’horizon 0-30cm des sols agricoles compenserait 12% des émissions de Gaz à Effet de Serre, 15% sur l ‘horizon 0/100cm. Au-delà des imprécisions des chiffres liées à ce type d’études globales, ces ordres de grandeurs du stoc­kage du C par les sols méritent d’être considérés comme l’un des leviers d’atténuation du changement climatique, en complément de la réduction nécessaire des émissions.

OBJECTIFS ET PRINCIPES GÉNÉRAUX DE L’ÉTUDE :

L’objectif de l’étude était d’identifier les pratiques agricoles les plus « stockantes », de mesurer leur potentiel de stockage additionnel par rap­port aux pratique actuelles, de quantifier leurs effets induits (par ex. sur les rendements, sur les pertes de nitrates….), de chiffrer les coûts et de propo­ser des stratégies de mise en oeuvre pertinentes. La méthode choisie a été de procéder à une analyse de la bibliographie scientifique mondiale et à une modélisation, utilisant des modèles éprouvés, des potentiels de stockages additionnels dans les différentes régions françaises sans modification des systèmes de productions actuels.

Chaque pratique est examinée sous tous ses aspects, positifs ou négatifs. Par exemple on pourrait considérer que l’apport d’azote favorise la séquestration du C grâce à l’augmentation de la biomasse produite, mais le bilan de l’azote chimique est négatif par sa fabrication, ses émissions induites de N2O, gaz à effet de serre élevé, dans l’atmos­phère et ses effets délétères sur le fonctionnement des plantes (dimi­nution de la fixation d’azote des légumineuses ou de la production de racines).

LE POINT SUR LES CONNAISSANCES SCIENTIFIQUES

L’augmentation de la teneur en Matière Organique du sol a des effets multiples et généralement favorables. Mais les connaissances scientifiques ont beaucoup évolué ces dernières années.

Le carbone stable du sol : l’importance de la vie microbienne

Le 20e siècle considérait que le carbone stable du sol résul­tait de la présence d’éléments cellulosiques agrégés en macro­molécules d’humus : c’est ce que mesuraient les méthodes dites « d’extraction » en laboratoire qui donnaient ainsi un taux d’humus. On s’est aperçu que ce n’est pas vrai dans le sol. Les matières végétales entrant dans le sol sont d’abord fragmen­tées par oxydation et par action de la macrofaune, puis par l’activité microbienne. A la fin de processus longs et complexes, le C stable dans le sol est constitué de molécules simples, constituants microbiens ou dérivées de l’activité micro­bienne : glucides, protéines, acides organiques, polysaccha­rides, enzymes…associés à d’infimes fragments organiques et à des minéraux. Le C incorporé par les microorganismes est ainsi recyclé de façon permanente et devient beaucoup plus stable dans le temps (âge moyen 42 ans dans le sol) que les fragments organiques comme les celluloses qui se transfor­ment en 3 ou 4 ans.

Cette découverte met l’accent sur l’importance de la vie micro­bienne des sols, mise notamment en avant par l ‘agriculture biologique. Elle permet aussi de considérer les engrais verts, appelés aussi cultures intermédiaires (CI), qui sont constitués de MO jeunes et rapidement dégradables, comme pourvoyeurs d’humus stable. Même s’ils sont décomposés en quelques semaines, ils ont des rendements de MO élevés à long terme parce qu’ils dynamisent les microorganismes qui sont la princi­pale source de composés organiques stabilisés !

La grande variété des apports de MO souterraines

En effet, les apports de MO souterraines sont beaucoup plus variés qu’on ne le pensait. La biomasse racinaire représente de 10 à 30% de celle des parties aériennes. Elle est d’autant moins développée que le sol est largement pourvu en éléments nutritifs, eau bien-sûr, mais aussi N, P, Fe … (cas de l’agriculture conventionnelle). Mais il existe aussi des apports tout au long de l’année par les racines vivantes, appelé rhizodéposition, qui représentent environ 30% de la production racinaire : ce sont le renouvellement racinaire et diverses molécules comme les mucilages et les exsudats racinaires. D’où l’intérêt des prairies. Il est établi que, à apport équivalent, le carbone d’origine raci­naire contribue davantage au stockage de C que celui des par­ties aériennes.

La complémentarité entre macrofaune du sol et microorganismes

Des travaux récents ont montré que la macrofaune du sol agit non pas en plus de l’action des microorganismes mais en étroite complémentarité biochimique avec eux. Les vers de terre, notamment, mélangent plusieurs dizaines de tonnes de terre et fragments organiques par ha et par an, en améliorant leurs propriétés fertilisantes et stabilisantes. Ils favorisent la création des petites molécules humiques et contribuent à la stabilité des agrégats organo-minéraux par leurs mucus. Ils peuvent aug­menter jusqu’à 30% le stock de C dans le sol !

LES PRATIQUES STOCKANTES DE CARBONE
Dans ce résumé, ne sont retenues que l’extension de pratiques permettant un supplément de stockage par rapport aux pratiques actuelles. Par exemple, l’apport des déjections animales, déjà pratiqué, n’est pas étudié. De même certains systèmes, comme les forêts ou les vergers enherbés, ont déjà des taux d’humus très élevé qui ne peuvent pas être augmentés.

Plusieurs pratiques ont été identifiées comme susceptibles d’apporter du stockage additionnel de carbone, parmi lesquelles les 9 principales sont retenues et exposées, quant à leurs principes et effets mesurés, mais aussi attendus :

  • Le passage au semis direct : Les études les plus récentes ont concluent à un stockage additionnel, surtout par rapport au labour et uniquement dans l’hori­zon 0-30cm, très faible en climat humide, un peu plus marqué en climat sec, mais en tous cas moindre que ce qui avait été mis en avant il y a quelques années (à l’époque, non prise en compte de la diminution de la densité appa­rente du sol dans les calculs). Le stockage additionnel est même négligeable si l’on consi­dère la totalité du profil sur 1m de profondeur. Par contre, la concentration de MO en surface s’oppose nettement aux pertes par érosion dans les sols qui y sont sensible.
  • La mise en place de cultures intermé­diaires : Les études les plus récentes montrent que l’apport de biomasse rapidement dégradable conduit à un stoc­kage additionnel du carbone grâce à la pro­duction de composés microbiens stabilisés. L’importance de ce phénomène dépend du rendement en matière sèche de la CI. D’autres éléments entrent en jeu, tels la réduction des pertes d’N, de l’érosion et de la fertilisation sur culture suivante. La réussite de l’implantation et de la destruction des CI représentent un enjeu essentiel au développement de cette pratique.
  • L’installation de prairies temporaires ou l’allongement de leur durée dans les rotations : Un phénomène de stoc­kage /déstockage rapide du carbone se pro­duit au cours de l’alternance prairies/cultures, avec un solde positif par rapport aux rotations sans prairies (sauf sur des sols à teneur initiale élevée en C, ce qui est plutôt rare). Plusieurs co-bénéfices sont attendus : réduction des pertes d’N, amélioration de la structure et la perméabilité (dues aux racines de la prairie, à l’augmentation des MO et à celle des vers de terre), réduction de la fertilisation sur la culture suivante.
  • L’agroforesterie intra-parcellaire : Il s’agit d’alignements d’arbres à faible densité (2 à 300 par ha) implantées au sein de parcelles cultivées, généralement sur des bandes enherbées. Logiquement, un important stockage additionnel de carbone se produit autour de ces bandes plantées par rapport à une culture céréalière pure (feuilles mortes, renouvellement des racines, biomasse ligneuse). Les bénéfices environnementaux sont nombreux : augmentation des popula­tions de vers de terre et de la biodiversité animale (insectes, oiseaux), réduction de l’éro­sion et amélioration de la qualité de l’eau par la réduction des lessivages. La productivité agronomique du système est élevée parce qu’il optimise la valorisation du milieu (eau, nutriments, énergie lumineuse), exactement comme toute culture d’espèces associées. L’équilibre économique de la parcelle doit prendre en compte la production sylvicole constituée, selon les espèces choisies, de bois, de fruits ou de miel.
  • La plantation de haies (calculé sur de grandes parcelles, d’au moins 8ha, soit seulement 60ml de haie par ha) : Les mécanismes et les bénéfices agro-environnementaux sont les mêmes que pour les l’agroforesterie mais les stockage addition­nel de C est nettement plus faible pour la taille des parcelles considérées. Pour des parcelles inférieures à 8ha, le stockage additionnel

EN PRAIRIES PERMANENTES DEUX PRATIQUES INDUISENT UN STOCKAGE ADDITIONNEL :

  • Une intensification modérée par un apport d’une fertilisation azotée de l’ordre de 50u/ha (en tous cas inf. à 100u) qui augmente la production et le retour au sol de biomasse.
  • D’autre part l’exploitation de l’herbe par pâturage plutôt que fauche qui augmente également le retour au sol par une moindre exploitation de l’herbe et par les apports des déjections. Mais ce denier point ne concerne pour des raisons pratiques qu’une faible proportion des surfaces.
  • L’enherbement des vignobles, en plus de ceux déjà enherbés, hors régions méditérranéenes pour l’enherbement permanent et hors sols à forte pierrosité,
  • Les nouvelles sources organiques : Ce sont les déchets alimentaires ou les déchets verts, compostés ou métha­nisés, non encore utilisés en agriculture. Ils induisent, comme tout apport organique, une augmentation du stockage de C, une amélio­ration des sols et un moindre épandage de fertilisants.

CONCLUSION

La mise en oeuvre des 9 pratiques stoc­kantes de l’étude, sans modification de l’occupation des sols ni des structures des exploitations agricoles, permettrait un stoc­kage additionnel de +1,9‰. L’essentiel du potentiel (88%) se situe en grandes cultures, où il pourrait dépasser la cible des 4‰.

Le stockage du C dans les sols présente de très nombreux intérêts agronomiques et envi­ronnementaux. Mais il peut y avoir aussi des effets négatifs : par exemple, l’accroissement de la couverture des sols (CI, prairies, agro-foresterie) entraîne une réduction du drainage qui alimente les nappes phréatiques.

Pour l’agriculture française et sur l’horizon 0/100cm, le stockage additionnel serait de l’ordre de +8,4 MT de C, soit -31MT de CO2 atmosphérique qui représentent 7% des émis­sions de gaz à effet de serre français et 41% des émissions agricoles. Une Politique Agri­cole Commune incitative pour ces pratiques vertueuses pourrait se baser sur le prix du carbone pour annuler les coûts supportés par les agriculteurs. Enfin, dans son discours de clôture, Ph. Mauguin, PDG de l’INRA, a ouvert la voie à l’approfondissement de ces pers­pectives au travers d’autres études comme le rapport TYFA dans lequel est envisagée la transformation agroécologique de l’ensemble de l’agriculture européenne (rapport à voir sur le site de l’IDDRI : cette évolution, combi­née avec l’adoption de régimes alimentaires moins carnés et la diminution des échanges internationaux de produits agricoles permet­trait une baisse considérable des émissions de carbone).

On le voit, toutes les pratiques préconisées depuis toujours en AB ou bien qui découlent directement de la pratique de la bio (par ex, l’augmentation de la masse racinaire par rap­port aux cultures conventionnelles) sont des pratiques stockantes d’humus stable. En fait l’agriculture bio a toujours mis l’accent sur l’im­portance de l’activité biologique des sols pour nourrir les cultures et ce faisant tend à augmenter le carbone dans les sols.

Par Charles Razongles, ERABLES 31, Bio Occitanie


Conduire son exploitation viticole selon les principes de l'agriculture biodynamique 6

Conduire son exploitation viticole selon les principes de l'agriculture biodynamique

Approche sensible ou délirante, synonyme de liberté ou de poudre de perlimpimpin, la biodynamie divise toujours autant malgré un nombre d’adhérents croissant.
Revenons sur cette pratique révélée par l’intellectuel autrichien Rudolph Steiner au début du XXème siècle.

LE RESPECT DES PRINCIPES DE L’AGRICULTURE BIOLOGIQUE

La base de toute démarche biodynamique s’inscrit dans la continuité des bonnes pra­tiques agricoles et dans le respect de la réglementation bio. C’est pourquoi, il faut être engagé en Agriculture Biologique pour pouvoir prétendre à une labellisation en biodynamie.

L’approche agronomique de la biodynamie doit s’épanouir dans les différents piliers exis­tants de l’Agriculture Biologique :

  • Le choix du matériel végétal approprié.
  • Le rétablissement et l’entretien de la fertilité des sols en nourrissant le sol qui nourrira la plante.
  • Le travail du sol de manière superficielle et sur un sol bien ressuyé.
  • L’entretien de la biodiversité grâce à des pratiques comme l’enherbement ou la mise en place de haies.
  • La prophylaxie et une vision globale de son vignoble (pratiques agricoles adaptées au milieu, favoriser le développement des auxiliaires).

LES PRÉPARATIONS BIODYNAMIQUES

La préparation « bouse de corne » ou « 500 »

Cette préparation favorise l’activité micro­bienne du sol et la formation d’humus. Ainsi, l’objectif recherché se situe sur la structura­tion et la fertilité des sols.

Elle est obtenue à partir de bouse de vache après fermentation dans une corne de bovin enterrée dans le sol durant tout un hiver. Par la suite, la préparation est dynamisée afin d’être activée. Pour cela, la bouse fermentée est mélangée à de l’eau pure à 37°C grâce à une alternance vortex/chaos pendant une heure.

Dans la majorité des situations, il est recom­mandé d’appliquer cette préparation à hauteur de 100 g/ha dans environ 35 L d’eau. L’applica­tion est renouvelée environ deux fois par an, lors du débourrement et après vendanges, sous forme de grosses gouttes, préférentielle­ment en soirée sur un sol humide et réchauffé. Le délai entre la fin de la dynamisation et l’application ne doit pas dépasser une heure.

La « silice de corne » ou « 501 »

Contrairement à la préparation « bouse de corne », la préparation « silice de corne » s’adresse directement à la partie végétative de la vigne dans l’objectif de favoriser la structure et la santé de cette dernière.

Pour l’obtenir, du quartz finement broyé est placé dans une corne de bovin qui est elle-même enterrée dans le sol durant l’été. A l’issus de cette étape, la « silice de corne » est dynamisée pendant une heure, avant d’être pulvérisée sous forme de brume, tôt le matin, à hauteur de 4 g/ha dans 35 L. La période la plus propice à l’application de cette préparation se situe du stade 4-5 feuilles jusqu’à floraison

Le compost biodynamique

Il s’agit d’un compost dans lequel est introduit six préparations de plantes aux propriétés variées. Ces préparations sont destinées à orienter l’évolution du compost de façon équi­librée mais permettront également une meil­leure mobilisation des éléments du sol.

La « bouse de corne préparée »

La « bouse de corne préparée » ou « 500P » est une préparation proche de la « 500 » dans laquelle sont ajoutées les six préparations de plantes initialement destinées au compost biodynamique. L’ajout à la « 500 »se fait dès le début de la dynamisation.

Côté cave, la biodynamie va plus loin que la bio en limitant d’avantage le recours à certaines techniques ou additifs (cahier des charges consultable sur internet). Par exemple, les rouges certifiés en biodynamie ne peuvent contenir que 70 mg/l de sulfites (contre 150 mg/l en bio). Les rythmes cosmiques peuvent également avoir une influence sur les choix des jours de soutirages, de mises en bouteille ou de dégustations.

LES RYTHMES COSMIQUES

Dans une recherche de compréhension tou­jours plus poussée de l’environnement proche et lointain (voire très lointain), la biodynamie intègre à ses pratiques viticoles les rythmes cosmiques. Ils sont nombreux (rythmes sidéral, synodique, zodiaqual…) et compilés dans des calendriers pour guider leurs utilisateurs.

Les conditions agropédoclimatiques du moment (annonce de pluies, sols ressuyés…) prévalent toujours sur les postulats issus des réflexions biodynamiques, mais les rythmes peuvent orienter la réalisation de certains gestes comme la taille, le travail du sol, le com­postage, les traitements phytosanitaires… Il est communément appliqués certains principes tels que :

  • Eviter de travailler les jours de noeuds lunaires et planétaires.
  • Raisonner les traitements antifongiques en anticipation d’une pleine lune et de son périgée (le moment où la distance entre la Terre et la lune est la plus faible). En effet, la lune est liée au monde de l’eau et agit sur le monde cryptogamique dont la virulence des attaques est également assujettie à l’eau.
  • Travailler ou favoriser ce qui est lié au sol en lune descendante (plantations, taille, apport de compost…).
  • Travailler ou favoriser ce qui est aérien en lune montante (traitements phytosanitaires…).

On parle de super lune quand les deux phénomènes, pleine lune et périgée, sont combinés : c’est d’ailleurs le cas les 27 avril, 26 mai et 24 juin 2021 !

L’UTILISATION DES EXTRAITS VÉGÉTAUX

Les extraits végétaux sont des substances comportant des actifs biologiques, leur procu­rant diverses propriétés allant de l’amélioration du fonctionnement de la plante à la perturba­tion du développement des maladies. Les pré­parations peuvent être de différentes formes : jus pur, infusion, décoction, macération… Le choix a été fait de présenter deux exemples d’extraits végétaux fréquemment utilisés sur les exploitations en Biodynamie.

La Prêle des champs et son action contre le mildiou

La Prêle des champs est connue pour son action préventive anticryptogamique, notam­ment contre le mildiou. Au-delà de son effet antisporulant, elle aiderait aux durcissements des cuticules cellulaires, rendant plus difficile la pénétration du champignon dans la plante.

La décoction est réalisée à partir des tiges de Prêle des champs. La préparation consiste à cuire dans un récipient couvert, 100 à 150 g de plantes séchées dans 3 à 5 L d’eau. La prépa­ration est maintenue entre 90 et 100°C durant environ 45 minutes. Une fois refroidie, elle est filtrée puis diluée au 1/10. Il est alors recom­mandé de réaliser trois applications foliaires par an (avril, mai et juillet), tôt le matin, en s’approchant des 30 à 70 L/ha.

L’extrait de prêle des champs est inscrit comme substance de base et réglementé pour une dose de 0.2 à 0.6 kg/ha de substance active, 2-6 applications à 7 jours d’intervalle.

La Matricaire camomille et ses effets sur les vignes souffrant de sécheresse

La Matricaire camomille est reconnue pour ses effets biostimulants. En effet, elle possède des vertus rafraîchissantes et des effets favorables sur les vignes souffrant de sécheresse avec des difficultés pour arriver à maturité.

L’extrait de Matricaire camomille est préparé sous forme de tisane, après infusion de 10 à 50 g de fleurs sèches dans 3.5 L d’eau. La tisane est alors diluée dans plus de 180 L d’eau avant d’être pulvérisée sur la végétation, à hauteur de 50 à 60 g/ha, le soir, durant la période estivale.

La matricaire camomille en association avec l’achillée millefeuille semble également inté­ressante en prévention des « coups de chaud ».

Attention : L’utilisation des extraits végétaux doit rester prudente. Ces derniers ne remplacent ni une observation de qualité, ni à la mise en place de mesures p rophylactiques comme l’épamprage, ni l’efficacité de certaines substances actives…
L’utilisation des extraits végétaux est également soumise à des aspects réglementaires.

SCEA Hospitalet – Gérard Bertrand / © photo : CA11

CONCLUSION ET POINTS CLÉS POUR UNE CERTIFICATION EN BIODYNAMIE

Le socle de la Biodynamie correspond aux respects des bonnes pratiques agricoles telles que l’observation, la mise en place des mesures prophylactiques, la réalisation de traitements phytosanitaires raisonnés…

  • Il est indispensable d’être engagé en Agriculture Biologique.
  • Toutes les surfaces productives doivent recevoir au minimum une fois par an les préparations biodynamiques : 500, 501, compost biodynamique ou 500P.
  • L’utilisation de cuivre à la vigne est limitée à 3kg/ha/an.
  • Des cahiers des charges spécifiques sont dédiés à la vinification. Les doses en S02 sont réduites.

 

POUR ALLER + LOIN :

Les différentes Chambres d’agriculture et réseaux partenaires organisent des formations « Introduction à la biodynamie » et « Perfectionnement des pratiques biodynamiques ».

 

SOURCES

  • Biodynamie, la méthode qui change le vin, La RVF n°647, 2021
  • Viticulture et vinification sur un domaine Demeter, Demeter, 2020, https://bit.ly/2SomKir
  • Les extraits végétaux en viticulture, Chambre d’agriculture Pays de la Loire, 2019, https://bit.ly/3vahhsQ
  • Influences cosmiques en biodynamie, Association Biodynamie Recherche, 2019, https://bit.ly/3ivdjs8
  • Guide pratique pour l’agriculture biodynamique, Pierre MASSON, réédition 2018
  • Vinification et biodynamie, MABD en partenariat avec la FNAB, 2015, https://bit.ly/2Sh8AzO
  • 100 jeunes chefs qui bougent les lignes, Gault&Millau n°61, 2013
  • Quand la vigne à rendez-vous avec la lune, Vitisphère, 2006, https://bit.ly/3pCNDvc
  • Biodyvin, https://bit.ly/3ziWIxC
  • Vin bio / vin Demeter : quelles différences, Demeter, https://bit.ly/3pGRQOl


Comment s'adapter au changement climatique en climat méditerranéen : les viticulteurs Audois en pleine réflexion 7

Comment s'adapter au changement climatique en climat méditerranéen : les viticulteurs Audois en pleine réflexion

Le réchauffement climatique frappe de plein fouet toute l’agriculture mondiale. La viticulture audoise n’est pas épargnée. Par des techniques (pas toujours si) innovantes, les viticulteurs cherchent à se ré-inventer.

 

La culture de la vigne a une importance majeure dans le paysage agricole de l’Aude, elle représente la majorité de la SAU du département et est très
ancrée culturellement.

Cependant, le climat sec et difficile, de plus en plus accentué par des changements climatiques : La ressource en eau est faible et la pluviométrie se réduit depuis une vingtaine d’années (pluies automnales, nécessaires à la recharge des sols de plus en plus rares et a contrario épisodes cévenols très violents). La chaleur
et la sécheresse s’accentuent (figure 1 : Evolution de la Température moyenne estivales pour la ville de Carcassonne antre 1950 et 2017). Sur la période 1959-2009, on observe une augmentation des températures annuelles d’environ 0.3°C par décennie. À l’échelle saisonnière, ce sont le printemps et l’été qui se réchauffent le plus, avec des hausses de 0.3 à 0.5°C par décennie pour les températures minimales et maximales. En automne et en hiver, les tendances sont également en hausse, mais avec des valeurs moins fortes, de l’ordre de 0.2°C à 0.3°C par décennie. En cohérence avec cette augmentation des températures, le nombre de journées chaudes (températures maximales supérieures ou égales à 25°C) augmente et le nombre de jours de gel diminue.

Les viticulteurs du département ( et de la région) cherchent des solutions pour s’adapter à ces changements tout en conservant les caractéristiques de leurs terroirs.

CHANGEMENT DU VISAGE DES PARCELLES (pratiques culturales) : on ne veut plus que de la vigne

L’un des points majeurs d’adaptation est finalement la ré introduction. Mais de quoi ? Mais de tout ! La culture de la vigne s’est au fil des années dépouillée de plus en plus, pour ne laisser finalement que d’immenses champs de vignes au sol nu, et sans la moindre diversité. La diversité est le point clé pour une meilleure résilience de la viticulture.

L’agroforesterie, le pâturage et les couverts végétaux ressortent comme les trois piliers d’une viticulture durable et résiliente et s’imbriquent pour créer un nouvel environnement.

Ils vont ainsi re dessiner le paysage viticole, et engendrer un cercle vertueux.

Outre les formations ouvertes à tous le Groupement d’Intérêt Économique et Écologique : Vignes en Association (créé en 2016) et ayant pour objectif de travailler sur les couverts végétaux à petit à petit évolué pour intégrer les pratiques citées ci-dessus. Comptant au départ une petite quinzaine de viticulteurs ils sont aujourd’hui plus de 35 à vouloir travailler sur ces thématiques. Des visites d’exploitations et des formations sont prévues pour 2021.

 

CHANGEMENT DE PULVÉRISATION…!

Les préparations de plantes, huiles essen­tielles, thé de compost etc. sont sur le devant de la scène.

De plus en plus d’agriculteurs les teste comme alternatifs aux produits phytosanitaires. Ils sont aussi une aide non négligeable pour lutter contre les coups de chaud, les brûlures et les différents aléas climatiques (grêle, gel). Ces épisodes sont de plus en plus fréquents et intenses, et malheureusement peu de solu­tions curatives…

Des formations sont prévues durant l’été 2021 avec Eric Petiot autant en arboriculture qu’en viticulture afin de monter en compétences sur ces sujets complexes. L’association Chemin Cueillant ( Association pour le développement de l’agro écologie et de l’agriculture paysanne dans le Minervois) a monté un GIEE auquel le Biocivam 11 est associé, aussi sur cette théma­tique, permettant aux viticulteurs d’échanger sur leurs pratiques afin de mettre à profit et en communs les connaissances de chacun pour progresser.

CHANGEMENT DE POPOTE

Si la vigne en pâtit , les raisins aussi, et forcé­ment le vin. La vinification, particulièrement pour les viticulteurs qui souhaitent travailler en « nature » ou selon le cahier des charges bio-dynamie ( pas de LSA, pas ou peu de soufre, peu d’intrants en général) devient un challenge. La chute des acidités, de l’azote, combiné à l’aug­mentation des degrés alcooliques rend délicat de vinifier dans de bonnes conditions.

Un groupe de viticulteur animé par le Biocivam 11 travaille sur cette thématique, ayant déjà de « bonnes pratiques » à la vigne, l’étape suivante est une amélioration de la technicité en cave .

CHANGEMENT DE MATIÈRE PREMIÈRE

Le premier problème du réchauffement clima-tique vient de la vigne en elle même qui ne supporte pas les ( nouvelles) conditions météorologique. Mortalité précoce, apoplexie, problème de maturité, stress hydrique et défoliation.

Par la demande du marché et la globalisation de la viticulture, les cépages se sont uniformisés. Des variétés septentrionales se sont petit à petit implantées dans la région, délaissant celles plus autochtones. Ceci combiné à une sélection clonale a amplifié la standardisation du vignoble, le rendant de moins en moins apte à faire face à ces changements.

Un travail sur le matériel végétal s’initie depuis quelques années avec des pépinières enga­gées dans ce tournant.

Prospection dans des domaines possédant de vieilles parcelles, sélection de bois de pieds qualitatifs, et multiplication pour mettre à dis­position du viticulteur une gamme de pieds bénéficiant d’une variabilité génétique intrin­sèques tout en étant adaptés à leur milieu.

Outre le travail sur la sélection massale en tant que telle, les souches choisies sont des Terret ( noir, gris, blanc), Ribeyrenc, Picpoul, Aramon etc etc, variétés traditionnelles mais délaissés car trop peu qualitatives ( manque de degré notamment) mais parfaitement adaptées aux nouvelles contraintes climatiques.

Ces travaux sont à combiner avec le ré-apprentissage de la greffe sur vigne en place, ou surgreffage. En effet, c’est une technique de plus en plus utilisée pour modifier l’encé-pagement vers des variétés plus résistantes notamment , tout en conservant un système racinaire fonctionnel et ancien.

Une journée sur cette thématique est organi­sée avec la pépinière Bérillon sous forme de Terr’eau Bio afin de sensibiliser le plus grand nombre. Au programme : Présentation et expli­cation de la sélection massale, et du prélè­vement de bois ; techniques de greffage sur vigne en place et enfin intérêt et diversité des cépages traditionnels languedociens.

Ainsi en attaquant le problème par tout les bords et se remettant constamment en question. Les viticulteurs Occitans semblent trouver des solutions à leur échelle, répondant aux besoins spécifiques de la région. En travaillant autant sur l’environnement de la vigne par l’agroforesterie, ou les couverts, que sur le matériel végétal ou leurs itinéraires techniques ils testent ensemble des potentielles solutions pour maintenir une viticulture sensée en Occitanie.

Cycle de formation

Grâce au nouveau cahier des charges déposé par Vivea pour 2020- 2025, il a été possible de créer des formations ayant pour socle commun l’Adaptation au Changement climatique.

Suite à des discussions et des réflexions avec les agriculteurs plusieurs sujets sont ressortis.

Par Anaïs Berneau, filière viticulture au BioCivam11Bio Occitanie


Politique agricole commune et agriculture biologique 8

Politique agricole commune et agriculture biologique

A l’occasion d’un conseil d’administration, les membres d’Interbio Occitanie ont souhaité réaffirmer qu’il ne fallait pas manquer l’opportunité présentée par la réforme de la PAC de revoir le soutien à la bio afin d’atteindre les objectifs de soutien ambitieux affichés par les institutions européennes.

En effet, dans sa stratégie FarmToFork, l’Europe s’est fixée comme objectif de développer l’agriculture biologique afin de porter sa part à 25 % de la superficie agricole totale. La France enchaîne les plans Ambitions bio sans en atteindre les objectifs (15 % de la SAU en bio à l’horizon 2022 – 8,5 % atteints en 2020). Les moyens de la PAC sont un formidable levier pour accompagner les évolutions et développer la bio.

Encourager les agriculteurs à améliorer leurs pratiques, quel que soit leur système de production, est un objectif partagé par les membres d’Interbio Occitanie. L’agriculture biologique permet de répondre aux attentes sociétales, aux enjeux de préservation de l’environnement, de la biodiversité et de respect du bien-être animal. C’est aussi un atout pour le développement économique dans nos territoires. De par cette approche systémique, elle répond aux objectifs des éco-régimes de la PAC de manière complète. Si les démarches permettant une transition agroécologique doivent évidemment être soutenues, il est nécessaire d’une part d’envisager des mesures de manière transitoire avec l’horizon d’une agriculture biologique durable et d’autre part, d’avoir un soutien plus élevé pour l’agriculture biologique afin de la rendre attractive pour le plus grand nombre et permettre une évolution encore plus vertueuse.

Les acteurs de la filière bio sont prêts à poursuivre leurs investissements pour développer l’agriculture biologique mais ils ont besoin pour les accompagner que les pouvoirs publics mobilisent tous les leviers à leur disposition : assez d’aides à la conversion bio pour atteindre 25 % de surfaces bio, mais aussi un éco-régime supérieur pour les producteurs bio afin de reconnaître leur engagement fort en faveur de l’environnement.

Par Nancy Fauré, Interbio Occitanie


Save the date - Plantes et ingrédients naturels : se sourcer en Occitanie - 27/10/21 à Rivesaltes (66) 9

Save the date - Plantes et ingrédients naturels : se sourcer en Occitanie - 27/10/21 à Rivesaltes (66)

Plantes & ingrédients naturels : se sourcer et s’approvisionner en région ? Cet événement organisé par Interbio Occitanie, AD'OCC et l’EPLEFPA Perpignan Roussillon, répond aux besoins d'approvisionnement en plantes à parfums, aromatiques et médicinales. La journée s'articulera autour d’une convention d’affaires et d’un salon interprofessionnel.

La journée réunit les producteurs d’Occitanie (agriculteurs, cueilleurs, coopératives), experts ou prestataires de services (pépiniéristes, séchage, extraction, analyses, conseils, réglementations…), et industriels de la cosmétique, du bien-être, de la santé humaine et animale, de la nutraceutique et de l’agro-alimentaire.

La 1ere édition qui s'est déroulée en 2020, a rassemblé une centaine de participants et permis plus de 250 rendez-vous d’affaires qualifiés.

Au programme :

Des rendez-vous pré-programmés,
Des conférences
Un salon technique des professionnels de la filière
AD’OCC co-organise cette journée avec Interbio Occitanie et l’EPLEFPA Perpignan Roussillon, en partenariat avec Cosmed.

Vos contacts

Sur les RDV pré-programmés, contactez : g.deleuse@biogard.fr ou cynthia.medico@agence-adocc.com
Sur le salon professionnel et les conférences, contactez : bruno.colange@educagri.fr


La bio en Occitanie continue son développement avec une croissance de 10% ! 10

La bio en Occitanie continue son développement avec une croissance de 10% !

En Occitanie en 2020, la bio poursuit son développement avec 12 000 producteurs bio et en conversion (+ 10 %/2019) et 556 600 ha bio (+ 11 % / 2019) dont 123 200 ha en conversion. 18 % des fermes et des surfaces de la région sont en bio. Si les taux de croissance des surfaces et du nombre de fermes bio sont légèrement en baisse par rapport à 2019 (- 2 points), ils restent importants, aux alentours de + 10 %.
Les principales filières végétales sont les grandes cultures (149 000 ha), la vigne (51 100 ha) et les fruits et légumes (12 800 ha). L’élevage est aussi important : les surfaces fourragères représentent plus de la moitié des surfaces bio cultivées (278 500 ha).

L’aval des filières se développe au même rythme que l’amont. 3000 opérateurs de l’aval sont installés en région en 2020 (+ 10 % / 2019), soit 12 % des entreprises bio nationales.

L’Occitanie occupe une place majeure dans l’agriculture bio française avec 22 % des surfaces bio nationales. Elle est la 1ère région française pour les surfaces et le nombre de fermes bio, la 3ème pour la part en bio derrière PACA et la Corse et pour le nombre d’opérateurs de l’aval derrière AURA et l’Ile de France.