Quelles pistes pour mieux valoriser et différencier la viande bio de l'Est-Pyrénéen ?
Synthèse du diagnostic territorial réalisé en 2021 sur les filières bovines et ovines de l’Est-pyrénéen par BioOccitanie, le Biocivam de l’Aude, Bio Ariège-Garonne et le GAB des Hautes-Pyrénées, en partenariat avec l’INRAe, le CIVAM 66, BLE et le CIVAM Bio Béarn.
Etude financée par le Commissariat de Massif.
CONTEXTE ET ENJEUX
L’élevage bovin et ovin constitue la principale activité agricole dans l’Est-Pyrénéen. La production bio se développe avec 26% de la surface agricole utile en bio, 21 000 vaches allaitantes bio et 25 400 brebis allaitantes bio 1. Néanmoins, au-delà de la vente directe les viandes bio peinent à être valorisées (export et déclassement en conventionnel des animaux) et différenciées (d’une agriculture de montagne extensive et considérée comme « presque bio »). Ce constat n’est pas nouveau. La problématique est partagée depuis plusieurs années par les professionnels, sans que les filières ne parviennent à se structurer pour offrir des débouchés locaux, différenciant et rémunérateurs. Conscients de la complexité de la problématique et du besoin d’agir, BioOccitanie, le Biocivam de l’Aude, Bio Ariège-Garonne et le GAB des Hautes-Pyrénées ont souhaité proposer une approche de la problématique différente qui s’appuie sur les ressources et dynamiques déjà existantes sur le territoire. Pour se faire, ils ont opté pour une méthodologie de diagnostic développée par l’INRAe, qui propose une analyse des stratégies et des réseaux d’acteurs locaux, à travers une approche territorialisée et participative.
LA MÉTHODE RELOC’ (INRAE) : UN DIAGNOSTIC TERRITORIAL ET MULTIDIMENSIONNEL POUR ENCOURAGER LA TRANSITION DES FILIÈRES
Le choix de la méthode Reloc’ repose sur l’hypothèse que des transitions peuvent s’opérer en renforçant ou en créant des synergies entre acteurs du territoire qui partagent des visions similaires ou complémentaires vis-à-vis de l’agriculture bio. Après un travail de bibliographie et d’enquêtes conséquent, permettant de cibler les enjeux de la valorisation de la viande bio et les dynamiques locales structurées pour une meilleure valorisation de la viande bio, la réflexion empreinte un chemin plus sociologique à travers l’identification de « positions stratégiques » traduisant les différentes manières de « faire de la viande bio ». L’étape suivante s’intéresse aux relations qui existent ou non entre les acteurs locaux, liens qui seront des leviers à mobiliser pour faciliter la mise en place d’actions par la suite. Au final, le diagnostic propose une nouvelle lecture du territoire et de ses acteurs permettant d’identifier les pistes d’accompagnement à mettre en place pour valoriser et différencier la viande bio des Pyrénées.
Etapes de la méthode Reloc’ mise en oeuvre sur le territoire des Pyrénées et pour les filières viandes bio.
Figure 1
* groupes acteurs ayant des pratiques similaires
Répartition des structures enquêtées sur les quatre départements
Le diagnostic territorial a été réalisé de février à octobre 2021 par Amandine Mauger, élève ingénieur agronome en dernière année de formation. 83 entretiens ont été menés dans 4 départements : l’Aude, l’Ariège, la Haute-Garonne et les Hautes-Pyrénées.
L’étude s’est centrée sur les filières bovine et ovine.
Figure 2
5 GRANDES CONCEPTIONS DE « FAIRE DE LA VIANDE BIO » DANS L’EST-PYRÉNÉEN
L’élevage bio se caractérise dans ce territoire de manière assez homogène : un élevage extensif soumis aux contraintes de la montagne, valorisant des races majoritairement rustiques, centré autour de l’estive et disposant d’une autonomie céréalière limitée. Cependant, les conceptions, les projets agricoles, et la manière dont ils sont mis en oeuvre diffèrent selon les acteurs. Les enquêtes réalisées au cours du projet visent à observer les pratiques concrètes des acteurs dans le but de comprendre leur conception de l’élevage. Ces visions, appelées positions stratégiques s’affranchissent d’une entrée « métiers » ou « place dans la filière ». Ainsi, un éleveur, une coopérative et un abatteur peuvent être qualifiés d’une même position stratégique.
Cinq positions stratégiques ont été identifiées :
1. « Défendre les valeurs de la bio locale »
2. « Proposer un produit viande bio d’excellence »
3. « Standardiser la viande bio pour répondre aux attentes du marché »
4. « Soutenir le local en priorité et la bio si opportunité »
5. « Valoriser le territoire par ses produits locaux de qualité »
Ces positions se différencient principalement selon l’importance que les acteurs accordent à la bio et au local dans leurs pratiques. Trois positions se définissent par des pratiques majoritairement axées sur la valorisation de la bio que ce soit à travers une dimension militante(1), la mise en avant d’une viande de qualité supérieure(2) ou en réponse à une demande des marchés(3). Les deux autres positions accordent davantage d’importance au local et relèguent la bio à un système parmi d’autres(4) voire ne l’intègrent pas dans leurs stratégies(5) (figure 3)

Figure 3
“Ce n’est pas parce qu’on ne fait pas le même métier que l’on n’a pas la même vision et les mêmes pratiques envers la viande bio”
LE MASSIF DES PYRÉNÉES EN QUELQUES CHIFFRES :
Le Massif des Pyrénées s’étend sur six départements, soit plus de 18 000 km² et 1 000 communes. La zone délimitée du massif recouvre inégalement les six départements : 20% de la Haute-Garonne se situe dans la zone Massif contre 40% de l’Aude et des Pyrénées-Atlantiques et 70% des Pyrénées-Orientales, de l’Ariège et des Hautes-Pyrénées 3.
L’agriculture dans le massif des Pyrénées est principalement tournée vers de l’élevage bovin et ovin allaitant. La surface agricole utile des Pyrénées est de 262 200ha et 8 900 exploitations agricoles sont présentes sur la zone du massif 1.
LA BIO DANS LE MASSIF DES PYRÉNÉES :
L’agriculture biologique (AB) se développe sur le Massif : 26% de la SAU des Pyrénées est bio et 16% des exploitations de la zone sont en bio. Concernant l’élevage 21 000 vaches allaitantes bio sont présentes sur le massif et 25 400 brebis allaitantes bio 1.
LES RELATIONS ENTRE LES ACTEURS COMME CLÉ DU DÉVELOPPEMENT TERRITORIAL
Au-delà des aspects techniques traités pour définir les positions stratégiques des acteurs, le diagnostic intègre une dimension sociale (relations entre les acteurs) considérée comme structurante pour la faisabilité des pistes de développement. Le réseau d’acteurs (figure 4), construit à partir des enquêtes menées, permet d’identifier les positions stratégiques déjà fortement liées entre elles, comme c’est le cas entre les positions liées à la bio : « Défendre les valeurs de la bio locale », « Proposer un produit viande bio d’excellence » et « Standardiser la viande bio pour répondre aux attentes du marché ». Malgré tout, on peut par exemple observer que les relations commerciales entre les positions « Défendre les valeurs de la bio locale » et « Proposer un produit viande bio d’excellence » sont peu nombreuses. L’inexistence ou le faible nombre de relations entre certaines positions constitue également un indicateur et soulève des questionnements : quelles sont les raisons de ce manque de relation ? Serait-il constructif de les rapprocher pour une réflexion commune ?
Ce travail permet également d’identifier des positions centrales et des positions intermédiaires dans la structuration des réseaux. Le rôle d’intermédiaire de la position « Soutenir le local en priorité et la bio si opportunité » peut ainsi être noté. Cette position est la seule ayant à la fois des relations (pour la plupart institutionnelles) avec les positions fortement liées à la bio, et celle liée au local. Elle sera donc sans doute à mobiliser lors de la mise en place des pistes de développement pour faciliter le lien entre positions.
LA CO-CONSTRUCTION DE PISTES DE DÉVELOPPEMENT POUR UNE RELOCALISATION DES FILIÈRES VIANDES BIO DES PYRÉNÉES
Trois pistes de développement ont été identifiées par les chargés de mission des GAB et des CIVAM grâce à la compréhension :
-> des dynamiques en cours sur le territoire ;
-> des positions stratégiques des acteurs : en connaissant la vision des structures, il est plus simple de savoir sur quelles pistes elles peuvent être motrices ;
-> du réseau d’acteurs : quelles relations renforcer ? quels acteurs peuvent collaborer ? ;
-> des avis des acteurs locaux sur la problématique, récoltés lors de trois restitutions départementales (encadré).
Développer l’offre de viande bio en boucherie
Ce premier axe s’appuie sur un constat de l’analyse du réseau d’acteurs : peu de relations commerciales existent entre les éleveurs de la position défendant les valeurs de la bio locale(1) et les boucheries à la recherche de viande bio locale de qualité supérieure(2), malgré une importance accordée par les deux positions à la bio locale. Cette observation a été confortée par le diagnostic et les restitutions où les acteurs des filières ont déploré le manque d’offre de viande bio en boucherie, lié à un déficit de boucheries bio et à une complexité pour les bouchers de s’approvisionner localement en bio (logistique, régularité, qualité bouchère des animaux…). Pour pallier à ces difficultés, les GAB et CIVAM ont choisi d’axer leur travail sur la sensibilisation des bouchers à la conversion en bio et à la qualité de la viande bio (qualité, externalités positives). Afin de proposer un approvisionnement bio et local aux boucheries, un travail sur l’engraissement et la finition sera aussi à mener avec les éleveurs pour proposer des produits finis correspondant aux besoins des bouchers.
Développer l’offre de viande bio en Restauration Hors Domicile (RHD)
Cette seconde piste vise à renforcer les relations commerciales des éleveurs bio des positions liées à la bio et des collectivités en charge de la RHD placées dans la position soutenant le local en priorité et la bio si opportunité. Actuellement la viande bio des Pyrénées est peu consommée localement dans les restaurations des territoires, lié notamment à un manque de structuration de l’approvisionnement et à un besoin d’accompagnement des collectivités. Volontaires de profiter de l’opportunité de la loi EGALIM, les GAB et CIVAM souhaitent travailler à lever ces freins pour faciliter l’intégration de viande bio locale dans les assiettes.
Communiquer, sensibiliser sur la viande bio des Pyrénées
Enfin, un dernier axe sur la communication a été proposé par les participants lors des restitutions et vise à renforcer les liens entre toutes les positions stratégiques et plus précisément entre celles promouvant la bio et celles plutôt axées sur le développement de l’agriculture locale. Afin de favoriser les relations entre les acteurs de la bio et les « non » bio, il est important de communiquer autour du cahier des charges AB et de la plus-value de cette agriculture, afin de sensibiliser les acteurs des filières et les consommateurs à la viande bio et ses particularités (saisonnalité…).
COMMISSARIAT DE MASSIF DES PYRÉNÉES
Le Commissariat de Massif des Pyrénées, créé à la suite de la Loi Montagne en 1985, est un appui au préfet coordinateur du Massif des Pyrénées. Il définit les objectifs et les actions à mener pour le développement, l’aménagement et la protection du Massif des Pyrénées. Il facilite la coordination des actions publiques dans le massif, l’organisation des services publics et prépare le schéma interrégional d’aménagement et de développement du massif².
PERSPECTIVES
Le changement de regard apporté par la méthode Reloc’ constitue une véritable valeur-ajoutée pour comprendre les enjeux et dynamiques de territoire grâce à sa prise en compte des dimensions sociales et relationnelles. Appliquer cette méthode à une échelle aussi étendue que celle du « massif pyrénéen » était une première, et a conforté les GAB et CIVAM du projet de l’intérêt d’aborder collectivement les problématiques afin d’être en mesure de mutualiser des moyens et des expériences.
Des initiatives de valorisation de la viande bio existent sur le territoire. Le rôle des GAB et CIVAM consiste à les accompagner et à créer de nouvelles actions collectives entre agriculteurs et acteurs locaux. Ce travail a également abouti à la création du Réseau Elevage Bio des Pyrénées qui réunit les animateurs techniques élevage des GAB et des CIVAM des six départements pyrénéens.
La première session de travail du Réseau a eu lieu au mois de novembre 2021 afin d’échanger conjointement sur les pistes de développement pour accompagner une meilleure valorisation et différenciation de la viande bio du Massif.
ORGANISATION DE TROIS RESTITUTIONS DÉPARTEMENTALES
-> 3 restitutions départementales (Aude, Ariège/Haute-Garonne et Hautes-Pyrénées) organisées en juillet 2021
-> 14 participants en moyenne par restitution
-> Une bonne représentation filière
-> Objectifs : partager et faire valider le diagnostic par les acteurs locaux – échanger sur les pistes de développement à mettre en oeuvre pour mieux valoriser et différencier la viande bio des Pyrénées– co-construire un projet avec les acteurs locaux en les incluant dans la réflexion
+ DE DÉTAILS :
Une fiche synthèse du travail est disponible sur le site internet de BioOccitanie : www.bio-occitanie.org
CONTACTS :
BioOccitanie : Sandrine Fournié – sandrine.fournie@bio-occitanie.org
Biocivam 11 : Andréa Cassagnes – biocivam.elevage@orange.fr
Bio Ariège-Garonne : Corinne Amblard – corinne.amblard@bio-occitanie.org
GAB 65 : Julien Cantegreil – julien.cantegreil.gab65@gmail.com
BIBLIOGRAPHIE :
1. Chiffres clés de la bio 2019 – Le massif Pyrénéen, InterbioOccitanie (2021)
2. Schéma du Massif des Pyrénées – Note d’enjeux, Commissariat de Massif des Pyrénées (2021)
3. Rapport complet de l’étude « Pastoralisme, agriculture et territoires de montagne, vers une stratégie pyrénéenne partagée », Fichot S. et Doullet A. (2010) – http://agriculturepyrenees.fr
Par Amandine Mauger, animatrice technique élevage, BioOccitanie et Andréa Cassagnes, animatrice élevage, BioCivam11
Matière organique : quel taux viser pour préserver mes sols ?
Les sols peuvent être caractérisés de nombreuses façons. La première clé d’entrée est souvent la texture du sol, définie par les teneurs en argiles, limons et sables, composantes stables dans le temps. Puis vient la structure, en d’autres termes l’agencement de ces éléments les uns par rapport aux autres, valable à l’instant T et évolutif en fonction d’éléments extérieurs (météo, pratiques agricoles, etc.). En agronomie, d’autres éléments sont également regardés comme le pH ou la matière organique. Cette dernière est très instructive sur un sol car elle retranscrit son niveau de fertilité et d’activité biologique.
De plus en plus, le taux de matière organique s’invite au coeur des débats agronomiques. Au fil des années on a vu les sols s’appauvrir en matière organique, s’éroder, se tasser, etc. En France, le taux de matière organique est aujourd’hui en moyenne de 2% sur l’horizon 0-30 cm, soit 60 à 70% de moins qu’il y a deux siècles. On a compris qu’augmenter la quantité de matière organique dans les sols améliorait leur portance, leur fertilité, leur réserve utile, leur structure et bien d’autres paramètres utiles. Alors, comment savoir quel taux de matière organique viser pour atteindre une qualité de sol satisfaisante ?
Pascal BOIVIN, enseignant-chercheur en pédologie à la HES-SO à Genève, et son équipe, se sont penchés sur la question. Un sol de qualité est un sol qui est capable de remplir ses fonctions. Elles sont nombreuses. En agriculture, celle qui intéresse le plus est la capacité à produire de la biomasse. Or, il a été montré que plus un sol contient de matière organique, plus il est apte à remplir la plupart de ses fonctions : porosité, rétention d’eau, aération, infiltration d’eau, portance, stabilité, activité biologique, réserve de nutriments, épuration, etc. La matière organique est l’élément principal qui va jouer dans la qualité des sols car contrairement à la texture du sol, elle va évoluer dans le temps en fonction des pratiques agricoles.
Les chercheurs ont donc comparé des centaines de sols différents pour déterminer à partir de quel taux de matière organique ils disposaient d’une bonne qualité structurelle. Les sols analysés ont été classés sur une échelle de 1 à 5, du meilleur état structurel au moins bon. Ils se sont alors aperçus que pour atteindre une bonne qualité de sol, il fallait avoir au minimum un ratio :
Les parcelles pour lesquelles on observe les meilleures structures de sol sont celles qui obtiennent un ratio supérieur ou égal à 24%. Avec ce score, on retrouve le plus souvent des prairies ou des parcelles en agriculture de conservation depuis de nombreuses années. A l’inverse, la limite inférieure en dessous de laquelle on va observer les moins bonnes structures de sol est un ratio inférieur ou égal à 12%. On va retrouver davantage de parcelles avec labour.
La qualité du sol étant proportionnelle au ratio : MO/Argile, plus il y a d’argile dans le sol et plus il faudra de matière organique pour observer une bonne qualité de sol satisfaisante.
Ces résultats constituent un objectif agronomique et une nouvelle manière d’estimer le potentiel de séquestration du carbone dans les sols. Ils présentent l’avantage d’être très faciles à calculer.
L’utilisation de ce ratio a été validé sur tous les types de sol jusqu’à 60% d’argile, à l’exception des tourbes et des sables.
Corriger le déficit en carbone des sols (matière organique) est une urgence environnementale car toutes les fonctions du sol sont impactées. Cet outil peut donc servir de boussole à tout paysan souhaitant préserver son sol et améliorer durablement son outil de travail.
Alexia Garrido, Conseillère GC bio et conventionnel, Ingénieur Régional DEPHY, Chambre d’agriculture du Tarn-et-Garonne
Peut-on se passer du cuivre en production de raisin de table biologique ?
En 2016, un groupe de onze arboriculteurs d’Agribio82 du Tarn-et-Garonne ont débuté un projet au sein du Réseau DEPHY Ferme. Il s’insère dans le plan ECOPHYTO, visant à diminuer l’ Indice de Fréquence de Traitements (IFT) de 50% en 2025 par rapport à 2018. L’objectif principal du groupe DEPHY Ferme est de diminuer l’usage de produits phytopharmaceutiques (PPP), notamment le cuivre pour le raisin. L’utilisation de fongicides et insecticides doit être fortement réduite tout en limitant les pertes de récolte. Afin de répondre à cela, plusieurs essais ont été réalisés sur les parcelles de raisin de table, pour substituer et/ou réduire les doses de cuivre grâce à l’usage de produits alternatifs, de minidoses de cuivre, ainsi que le développement d’autres pratiques culturales.
LE TRAITEMENT AU CUIVRE, UNE PRATIQUE TOXIQUE ?
La matière active cuivre est réputée s’accumuler dans les sols, inhiber l’activité microbienne, et rendre le sol toxique pour les cultures. Métal lourd, le cuivre est également suspecté d’être nuisible à la santé humaine et faunistique. Il reste malgré tout, à ce jour, indispensable à la gestion de maladies cryptogamiques en vigne telles que le mildiou. Dans un contexte réglementaire qui tend à se durcir, peut-on sinon exclure, au moins diminuer son utilisation ?
ORIGINE DES ESSAIS
Les analyses présentées ici sont le fruit du travail de ce groupe Dephy Ferme – Ecophyto, de l’association Agribio82, accompagné par le réseau Bio Occitanie. Pour anticiper la réglementation et trouver des solutions de remplacement du cuivre, le groupe a décidé de formaliser ces travaux débutés en 2016 sur la diminution des doses de cuivre en production de raisin de table bio, avec des stratégies différenciées, ainsi que des objectifs de production contrastés. Les exploitations suivies se situent à 20 km aux alentours de Moissac.
DESCRIPTION DES ITINÉRAIRES ET SUIVI DES INTERVENTIONS
Trois programmes d’intervention ont été mis en place :
-> Le programme usuel est basé uniquement sur des apports optimisés de cuivre.
-> Le programme biostimulant associe un engrais foliaire avec de faibles doses de cuivre. 2 types d’engrais foliaires ont été testés.
-> Le programme dit de substitution est composé de faibles doses de cuivre avec du talc et du vinaigre.
=> L’année 2016 à très forte pression Mildiou sert de référence.
Le producteur “Usuel” a été très prudent en 2017 et 2018 car il reprenait l’exploitation. Entre 2019 et 2021 il est parvenu à maîtriser le mildiou en diminuant le cuivre de 60% en 2019 (pression faible) ; de 45% en 2020 (forte pression) et de 55 % en 2021 (très forte pression).
Le producteur “Complexe” a maîtrisé le développement de la maladie avec une diminution du cuivre métal de près de 45% en 2019 (pression faible) ; et d’environ 60 % en 2020, malgré la pression forte.
Le producteur en “Substitution” à maîtrisé l’impact du Mildiou avec des doses encore plus faibles, proche d’1kg de cuivre métal par ha , mais cette année 2021, l’impact sur les feuilles fût grande et on a comptabilisé une perte de 8 % sur les grappes.
CONCLUSIONS DES TRAVAUX
Le travail de ces arboriculteurs montre que la réduction de cuivre en vigne fonctionne , que la pression du mildiou soit très faible ou très forte.
Les minidoses de cuivre permettent la maîtrise du mildiou tout en gardant un rendement selon les objectifs du producteur. Les résultats des essais de 2016 à 2021 montrent que cette méthode est efficace pour le programme usuel producteur. En revanche, le programme de substitution et le programme complexe de plantes sur Ribol n’a pas fonctionné en 2021. Les feuilles sont largement contaminées sur l’ensemble des parcelles, mais sans incidence sur les grappes au niveau du rendement.
Il ne faut pas négliger les pratiques culturales complémentaires des 3 agriculteurs qui permettent en effet de réduire les risques du développement du mildiou.
De même, le positionnement des traitements influe grandement sur l’apparition de la maladie. Le nombre de passages de traitements au cuivre peut avoir une influence sur la dynamique du mildiou. Il est important de traiter à des périodes propices (à différents stades de la vigne) avec des traitements précis (cuivre sous différentes formes). Ces expériences permettent d’alimenter les réflexions et analyses sur la gestion du mildiou en fonction de nombreux facteurs et d’une météo variant chaque année, et en fonction de chaque producteur.
Le positionnement et l’ajustement de la dose à la pression ont montré une réduction possible de cuivre métal de 400g/ha/passage en 2016 à 110 g/ha/passage en moyenne en 2021. Ces résultats mériteraient d’être précisés dans un cadre expérimental qui permettrait notamment la répétition des modalités et l’observation de rang témoin non traité, pour appuyer leur significativité.
En année de très forte pression (2021), il a été possible de réduire le cuivre métal :
-> à 3,78 kg /ha dans le cadre du programme usuel
-> à 2.87 kg/ha dans le cadre du complexe plantes
-> à 0,91 kg/ha dans le cadre du programme de substitution

Pour plus de détail sur les protocoles et l’historique de ces essais veuillez vous référez à l’article du Mag N°17 d’avril 2021 bit.ly/34iXjEH
Le rapport complet de ces essais sera consultable sur bio-occinatine.org
Par Marc Miette, technicien fruits et légumes, Bio Occitanie, référent Agribio 82 et Ingénieur Réseau Dephy Ferme
Label Territoire Bio Engagé
Première démarche de labellisation bio des collectivités territoriales en France, le label Territoire Bio Engagé permet de valoriser les acteurs des territoires qui oeuvrent pour le développement de la bio. Il est remis aux collectivités dans 6 régions en France et est géré par les Interprofessions bio régionales. Avec 290 communes et établissements labellisés en France dont 41 en Occitanie, une nouvelle dynamique est lancée par Interbio Occitanie pour le développer.
Le label Territoire Bio Engagé a été créé en 2012 par Interbio Nouvelle-Aquitaine. Il est proposé depuis 2014 en Midi-Pyrénées et a été mis en standby pendant la fusion des régions Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon. Depuis le lancement officiel sur 6 régions en France en septembre 2020 (Occitanie, Nouvelle-Aquitaine, Bretagne, Pays de la Loire, Hauts de France, Centre Val de Loire), le label Territoire Bio Engagé ne cesse de se développer : 290 communes et établissements labellisés en France dont 41 en Occitanie.
Peuvent être labellisées des collectivités ou des établissements de restauration scolaire. Pour cela, les collectivités doivent atteindre l’un des deux critères suivants (ou les deux) : 15 % de la surface agricole du territoire en bio et/ou 22 % d’approvisionnent bio dans les services de restauration (valeur d’achat). Pour les établissements de restauration scolaire, il faut atteindre 22 % d’approvisionnent bio. Cependant, comme la loi EGALIM qui va rendre obligatoire les 22% d’approvisionnement bio au 1er janvier 2022, les taux pour avoir le label vont évoluer avec 22 % en 2022 et 25 % en 2025. Pour saluer l’engagement local, si plus de 50 % des achats en bio proviennent d’Occitanie, il est possible de demander la « Mention Spéciale » afin de valoriser l’engagement de la collectivité et/ou de l’établissement pour le bio régional.
Au-delà de la valorisation des collectivités, la démarche a aussi comme objectif de faire progresser le bio. C’est pourquoi plusieurs niveaux de labellisation sont proposés, symbolisés par des épis et des fourchettes selon le critère concerné.
MAIS À QUOI SERT CE LABEL ?
Il doit permettre de valoriser et de promouvoir les agriculteurs bio des territoires auprès de la population locale, régionale et nationale. Ce label existe grâce aux producteurs qui s’engagent dans la bio. C’est aussi une façon de valoriser les restaurants scolaires ayant déjà atteint les objectifs de la loi EGALIM ou allant au-delà, auprès des convives et des parents d’élèves. Introduire du bio implique souvent une démarche complète impliquant les équipes en cuisine, le gestionnaire de l’établissement… et c’est une belle façon de les remercier pour leur engagement.
Certaines collectivités prennent des mesures pour favoriser l’agriculture biologique (exemption de la taxe foncière non bâti pour les producteurs bio par exemple), le label les valorise grâce à la communication lors de la remise mais aussi avec des opérations de communication collective et sur le site dédié territoirebioengage.fr. Cela peut passer par la création de lien entre les agriculteurs bio locaux et la restauration collective en les impliquant dans une démarche commune de labellisation.
Avec le label, la collectivité peut être accompagnée sur les questions que pose l’introduction de bio en restauration collective : approvisionnement local, maîtrise des coûts, équilibre des menus… au plus près de son territoire par les réseaux membres de l’interprofession régionale (les chambres d’agricultures, les Groupements d’Agriculteurs Bio et Civam bio). Cet accompagnement peut aussi concerner les Projets Alimentaires de Territoires qui sont aujourd’hui fortement incités par le gouvernement dans le cadre du plan de relance. C’est enfin faire partie d’un collectif : la Communauté des Territoires Bio Engagés pour mutualiser des expériences.
Enfin de nombreux outils de communication sont créés pour rendre visible cette labellisation. Le premier et le plus visible est l’installation de panneaux d’entrée de ville (comme pour la labellisation Village fleuri).
COMMENT OBTENIR LE LABEL ?
Pour obtenir le label, la collectivité en fait la demande sur la plateforme territoirebioengage.fr ou peut contacter l’interprofession Interbio Occitanie – 07 68 17 76 55. La candidature est étudiée par un jury régional composé du Président d’IBO, d’un représentant de la DRAAF, de la Région, des maires, de la restauration collective, de Bio Occitanie et de la Chambre régionale d’agriculture d’Occitanie.
Remise collective du label Territoire Bio Engagé dans le 82 !
C’est une première qui a eu lieu le 8 septembre dernier : une remise collective du Label pour 6 communes en présence du Directeur de l’agriculture, de l’alimentation et la Forêt d’Occitanie Florent Ghul et du Vice-Président à l’agriculture et à l’enseignement agricole de la Région Occitanie Vincent Labarthe. Les communes de Sainte-Juliette, Montaigu-de-Quercy, Lauzerte, Touffailles, Sauveterre et Lacour-de-Visa ont donc reçu leur label ensemble puisqu’elles font partie de la communauté de communes Pays de Serres en Quercy. Ce fut l’occasion pour les agriculteurs bio de témoigner sur leurs parcours, pour la Préfète du Tarn et Garonne Mme Chantal Mauchet de saluer leurs initiatives pour développer une agriculture durable. C’est tout l’intérêt d’une remise du label : mettre en lumière les acteurs qui font la bio dans les territoires.
Par Laureline Terris et Nancy Fauré, Interbio Occitanie
Affichage environnemental : un défi pour les produits alimentaires !
UNE VOLONTÉ POLITIQUE DE DÉVELOPPER UN SYSTÈME D’AFFICHAGE ENVIRONNEMENTAL
La loi anti-gaspillage pour une économie circulaire (votée en février 2020) prévoit de mettre en place un affichage environnemental sur les produits afin de fournir au consommateur une information environnementale lisible, fiable et objective, afin de lui permettre d’orienter ses choix vers une consommation plus respectueuse de l’environnement.
Le secteur agricole et agro-alimentaire est l’un des secteurs prioritairement concerné par la mise en place de cet affichage environnemental.
Pour cela, le gouvernement a lancé en 2021 une expérimentation, coordonnée par l’ADEME et l’INRAe, afin de concevoir une méthode permettant le calcul de l’impact environnemental des produits alimentaires et l’affichage de cette information sur les produits.
ESTIMER L’IMPACT ENVIRONNEMENTAL DES PRODUITS AGRICOLES ET ALIMENTAIRES : UN SUJET TRÈS COMPLEXE
Les pouvoirs publics ont retenu la méthode de l’analyse du cycle de vie (ACV) comme socle de base de ces travaux, et en particulier la base de données Agribalyse de l’ADEME qui compile les impacts environnementaux des produits agricoles et alimentaires estimés selon cette méthode. Dès décembre 2020, les acteurs de la bio (ITAB, FNAB, SYNABIO), ainsi que les associations de consommateurs et ONG de protection de l’environnement se sont alarmés des premiers résultats issus de cette base de données Agribalyse. En effet, parce qu’elle rapporte les impacts au rendement, cette méthode favorise les systèmes les plus intensifs. Lors des premiers calculs, les poulets élevés en batterie ressortaient « mieux notés » que les poulets élevés plein air…
Il est apparu que plusieurs enjeux cruciaux tels que l’impact des pesticides, climat, biodiversité et bien-être animal, ne sont actuellement pas ou mal couverts en ACV. L’ITAB a donc relevé les limites et les failles de cette base de données et a alerté sur les conclusions erronées qui pouvaient découler de son utilisation en termes d’affichage environnemental, et donc d’agriculture et d’alimentation soutenables.
LE PLANET SCORE : PROPOSITION D’UN OUTIL FIABLE ET PERTINENT
L’ITAB participe donc à l’expérimentation nationale, afin de proposer un outil qui corrige en partie les ACV et les complète avec des indicateurs complémentaires nécessaires à la bonne compréhension des impacts environnementaux des produits agricoles. L’ITAB et ses partenaires proposent donc aujourd’hui une méthode et un format d’affichage, le Planet Score qui prend en compte :
– les pesticides, leurs effets sur la santé des écosystèmes et sur la santé des hommes, en incluant les résidus dans l’alimentation,
– le climat, incluant le stockage de carbone dans les sols : émissions de gaz à effet de serre (corrigées), pratiques considérées comme stockantes.
– la biodiversité : impact des pratiques agricoles, et de pratiques au niveau du « paysage » telles que la taille des parcelles, la présence de haies etc…
– et qui inclut une information relative au bien-être animal.
Les études qualitatives au quantitatives réalisées en magasin, en enseignes bio et conventionnelles, ont montré que ce format composite avec un affichage de 4 indicateurs en plus du score agrégé, répondait aux attentes de transparence et d’information sur des critères clés pour les consommateurs. Un sondage réalisé avec l’UFC-Que Choisir, sur cinq propositions d’étiquetage, révèle aussi que plus de 80 % des consommateurs seraient guidés dans leurs achats par le Planet-score. Cet affichage deviendrait alors un levier puissant en termes de changement de comportement des consommateurs et donc un outil en faveur de l’évolution de l’offre alimentaire vers une offre plus durable.
Le Planet Score est actuellement testé en grandeur nature, grâce à la collaboration d’entreprises de distribution et de transformation. D’autres initiatives sont en cours porté par d’autres acteurs (ex : Eco-Score porté par Yuka et Open Food facts). Une synthèse de ces expérimentations sera réalisée par les pouvoirs publics, l’ADEME et l’INRA, en 2022, avec un objectif de mise en oeuvre de l’affichage environnemental pour les produits alimentaires en 2023. Affaire à suivre …
Pour plus d’info :
Amélie Berger, Ocebio
©shutterstock
Point sur le statut des semences
Les semis d’automne approchent.
Pour rappel, plusieurs espèces sont passées « hors dérogation » en 2021.






Par Anne GLANDIÈRES, Chambre d’agriculture régionale Occitanie
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Le guide avicole fait peau neuve !
Depuis sa première version en 2013, ce guide a pour but d’accompagner les porteurs de projet et les agriculteurs dans la création d’un atelier de volailles de chair et/ou de poules pondeuses en agriculture biologique. Cette nouvelle édition 2021 a été revue et augmentée avec les nouveautés au niveau réglementaire, les parcours, la biosécurité et le centre agréé d’emballage d’oeufs. Des supports informatiques pour composer vos rations et les rotations de bâtiments, sont fournis.
Si vous souhaitez avoir accès à ce guide, il suffit de nous le demander par mail à l’adresse : corinne.amblard@bio-occitanie.org
Le format papier est possible, sur demande, avec une participation de 15€.
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Le crédit d'impôts Bio va augmenter à 4 500 €
Le 12 novembre, l’Assemblée Nationale a adopté deux amendement déposés sur le projet de loi de finances 2022 prévoyant de prolonger le crédit d’impôt bio jusqu’à 2025 et de l’augmenter à 4.500 € par bénéficiaire et par an, à compter du 1er janvier 2023. Ces deux amendements, déposés par les députés socialistes et LReM, visent à « compenser partiellement la suppression totale des aides au maintien en agriculture biologique qui intervient alors même que tous les marchés de produits agricoles biologiques ne sont pas matures et connaissent des difficultés de débouchés ».
Ces amendements ont reçu le soutien de plusieurs groupes parlementaires et un soutien de « sagesse » du gouvernement. Cette décision, confirmée par le Sénat, est un signal positif envoyé par le gouvernement aux agriculteurs et agricultrices biologique après des arbitrages PAC compliqués et perçus comme défavorables à l’agriculture bio par de nombreux agriculteurs et organisations bios.
Les conditions pour bénéficier de ce crédit d’impôt sont les mêmes : 40% au moins des recettes proviennent d’activités bio, il bénéficie à tous les associés d’un GAEC dans la limite de 4, il rentre dans le calcul du de minimis.
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Le n°20 du Mag' de la Bio est enfin disponible !
Vous avez peut-être remarqué que le dernier numéro (n°19) avait évolué dans sa forme. Un nouveau nom : Le Mag de la Bio – Techniques et filières en Occitanie, Un nouveau logo, Une nouvelle maquette. Mais aussi un nouveau site internet : www.magdelabio.com.
L’objectif est d’apporter aux producteurs bio de la région Occitanie et à tous ceux qui s’intéressent à ce mode de production tout notre savoir-faire : des techniques de production aux expérimentations menées dans la région, mais aussi des projets de structuration de filière, des références technico économiques et des données de marché.
Il apporte une information la plus complète pour permettre aux producteurs bio de la région d’être performants, compétents et d’utiliser des méthodes de productions adaptées aux terroirs d’Occitanie.
A partir du prochain numéro (n°21), un système d’abonnement nous permettra d’assurer la continuité de production du Mag et vous permettra de choisir votre mode de lecture : en ligne sur le site ou de recevoir un exemplaire papier chez vous. En fonction de vos centres d’intérêts, vous recevrez un message dès qu’un article sera mis en ligne sur ces sujets. Vous y trouverez également les anciens numéros en accès libre.
Nous espérons que ces évolutions permettront au plus grand nombre de rejoindre le Mag de la bio et de contribuer ainsi au développement de la bio en Occitanie : une bio pour tous. Il reflète la diversité des filières et des méthodes de production bio de la région.
Julien FRANCLET – Président d’Interbio Occitanie
Pour accéder aux différents dossiers, cliquez sur les titres ci-dessous :
POINT SUR LE STATUT DES SEMENCES
Les semis d’automne approchent. Pour rappel, plusieurs espèces sont passées « hors dérogation » en 2021.
AFFICHAGE ENVIRONNEMENTAL : UN DÉFI POUR LES PRODUITS ALIMENTAIRES !
Première démarche de labellisation bio des collectivités territoriales en France, le label Territoire Bio Engagé permet de valoriser les acteurs des territoires qui oeuvrent pour le développement de la bio. Il est remis aux collectivités dans 6 régions en France et est géré par les Interprofessions bio régionales. Avec 290 communes et établissements labellisés en France dont 41 en Occitanie, une nouvelle dynamique est lancée par Interbio Occitanie pour le développer.
QUELLES PISTES POUR MIEUX VALORISER ET DIFFÉRENCIER LA VIANDE BIO DE L’EST- PYRÉNÉEN ?
Synthèse du diagnostic territorial réalisé en 2021 sur les filières bovines et ovines de l’Est-pyrénéen par BioOccitanie, le Biocivam de l’Aude, Bio Ariège-Garonne et le GAB des Hautes-Pyrénées, en partenariat avec l’INRAe, le CIVAM 66, BLE et le CIVAM Bio Béarn. Etude financée par le Commissariat de Massif.
LE TRAVAIL DU SOL EN VITICULTURE BIOLOGIQUE EN OCCITANIE
Le travail du sol est une pratique indispensable à maîtriser pour les viticulteurs s’engageant en Agriculture Biologique puisque le règlement bio européen interdit notamment l’utilisation des herbicides, en cohérence avec les attentes sociétales actuelles. Qu’il soit réalisé sous le rang ou sur la totalité de la parcelle, le travail du sol reste une étape délicate associant performance technique et enjeu économique.
PEUT-ON SE PASSER DU CUIVRE EN PRODUCTION DE RAISIN DE TABLE BIOLOGIQUE ?
En 2016, un groupe de onze arboriculteurs d’Agribio82 du Tarn-et-Garonne ont débuté un projet au sein du Réseau DEPHY Ferme. Il s’insère dans le plan ECOPHYTO, visant à diminuer l’ Indice de Fréquence de Traitements (IFT) de 50% en 2025 par rapport à 2018. L’objectif principal du groupe DEPHY Ferme est de diminuer l’usage de produits phytopharmaceutiques (PPP), notamment le cuivre pour le raisin.
L’utilisation de fongicides et insecticides doit être fortement réduite tout en limitant les pertes de récolte. Afin de répondre à cela, plusieurs essais ont été réalisés sur les parcelles de raisin de table, pour substituer et/ou réduire les doses de cuivre grâce à l’usage de produits alternatifs, de minidoses de cuivre, ainsi que le développement d’autres pratiques culturales.
GESTION DU RUMEX EN AGRICULTURE BIOLOGIQUE
Les rumex sont des adventices problématiques en systèmes prairiaux, mais aussi en systèmes de grandes cultures biologiques. Les méthodes de gestion se focalisent sur la réduction du stock semencier très persistant des rumex, et sur l’extraction de leurs racines.
MATIÈRE ORGANIQUE : QUEL TAUX VISER POUR PRÉSERVER MES SOLS ?
Les sols peuvent être caractérisés de nombreuses façons. La première clé d’entrée est souvent la texture du sol, définie par les teneurs en argiles, limons et sables, composantes stables dans le temps. Puis vient la structure, en d’autres termes l’agencement de ces éléments les uns par rapport aux autres, valable à l’instant T et évolutif en fonction d’éléments extérieurs (météo, pratiques agricoles, etc.). En agronomie, d’autres éléments sont également regardés comme le pH ou la matière organique. Cette dernière est très instructive sur un sol car elle retranscrit son niveau de fertilité et d’activité biologique.
L’AIL BIO : SITUATION DE LA PRODUCTION EN OCCITANIE ET DÉBOUCHÉS COMMERCIAUX
En 2018, la région Occitanie présentait plus de 1 750 ha d’ail, soit 65% des surfaces nationales. Cette culture est principalement présente sur quatre départements : le Tarn est leader avec 820 ha, suivi du Gers avec 541 ha, du Tarn-et-Garonne avec 305 ha et de la Haute-Garonne avec 77 ha. La production s’est distinguée avec les Signes Officiels de Qualité (Ail rose de Lautrec Label Rouge, Ail violet de Cadours AOP, Ail blanc de Lomagne IGP) pour garantir une plus-value aux producteurs et résister aux produits importés. La production en Agriculture Biologique n’est pas en reste puisqu’elle représente près de 10% des surfaces implantées (150 ha certifiés et 21 ha en conversion, soit 171 ha au total).
FLASH SUR LES ESSAIS DE SORGHOS SOUS SERRES ÉTÉ 2020
Satisfaits par les résultats des sorghos cultivés en plein champ, le collectif de maraîchers qui travaille sur les couverts végétaux, a voulu élargir les essais à la culture sous serre.
L’objectif commun aux maraîchers des cinq fermes de Haute-Garonne et d’Ariège* qui ont cultivé les variétés Piper et/ou Lurabo F1, était la forte production de biomasse sur un court laps de temps estival, en vue d’augmenter le taux de matière organique du sol et de concurrencer les adventices.
Retours sur le 3e Colloque de la restauration collective Bio et Régionale du 8 décembre dernier
La 3e édition du Colloque de la Restauration Collective Bio et Régionale s’est déroulée le 8 décembre dernier au Collège Françoise Héritier à l’Isle-Jourdain dans le Gers.
Avec plus de 80 personnes présentes, l’événement fut très apprécié !
Retrouvez ci-dessous les présentations des interventions de la Table-ronde ” 20% de bio et local en restauration collective (et même plus!), c’est possible – focus sur les fruits et légumes bio “
> Commune de Cazouls les Béziers (34)
Du bio et du local via la transition entre une gestion concédée et une gestion directe
> Chantier d’insertion Casta (09)
Une gestion concédée sociale et biologique, actrice d’un développement territorial en zone rurale
> Collège Françoise Héritier et Écocert
100 % de bio labellisés !
Nous vous donnons donc rendez-vous en 2022 pour une 4e édition !

















