Le pilotage des couverts végétaux en conditions méditerranéennes : retour d'expérience du GIEE "Les couvreurs de vigne" 1

Le pilotage des couverts végétaux en conditions méditerranéennes : retour d'expérience du GIEE "Les couvreurs de vigne"

Cette fiche a vocation à retranscrire de manière synthétique les essais menés par le GIEE les Couvreurs de Vigne, dans les Pyrénées-Orientales depuis 4 ans, et à donner les clés pour gérer de manière optimale les couverts végétaux dans un contexte méditerranéen.

1/ MES SOLS SONT-ILS PRÊTS À RECEVOIR UN COUVERT ?

Les couverts sont souvent perçus comme la panacée de l’agro-écologie, or ils ne constituent qu’une des pierres à apporter à l’édifice. Une erreur fréquemment observée sur le terrain est d’implanter un couvert sur un sol trop « fatigué » : faible M.O., compaction importante, etc… Ces soucis sont fréquemment observés dans les vignobles, et notamment en Méditerranée où le fort potentiel de minéralisation et les phénomènes d’érosion appauvrissent considérablement les sols. Dans ce type de contexte, un apport conséquent d’amendement stable (additionné à une décompaction lorsque nécessaire) sera bien souvent plus efficace dans un premier temps pour restaurer la qualité du sol, et permettre une implantation d’un couvert de manière efficace dans un second temps. A ce titre, la gestion des parcelles avant plantation mérite une attention toute particulière : elle permet d’amener de grandes quantités de M.O. à coûts modérés (et sans risques de faim d’azote), ainsi que d’implanter des couverts permanents avant
plantation (sans concurrencer la vigne).

2/ QUEL TYPE DE COUVERT POUR QUEL OBJECTIF ?

Il est important de rappeler la diversité des enherbements possibles : permanent ou temporaire ? Semé ou spontané ? Il est fondamental d’envisager les différentes options en considérant les objectifs visés avec le couvert, mais aussi les différentes contraintes : objectifs de production, outils de destruction disponibles, gestion des bois de taille, etc… A titre d’exemple, un couvert spontané sera bien souvent très
performant pour gérer les phénomènes d’érosion et/ ou assurer une portance convenable, mais il sera par contre moins adéquat qu’un couvert semé pour un objectif engrais vert ou pour restructurer le sol. Les couvertures permanentes présentent- elles l’avantage indéniable de ne plus travailler le sol, mais elles engendrent des concurrences hydriques plus importantes, ainsi que des concurrences azotées absentes sur les couverts temporaires.

3/ QUELLES ESPÈCES CHOISIR POUR LE SEMIS ?

Le choix des espèces se fera en fonction des objectifs visés, et aussi du mode de destruction choisi (outil utilisé et date de destruction prévue). Pour les destructions précoces, les espèces à cycle court seront préconisées (éviter les trèfles par exemple qui se développent surtout en Avril et Mai, et dans une moindre mesure la vesce). Une bonne proportion de légumineuses (50 % mini) est souvent judicieuse pour éviter des effets dépréciatifs sur la vigne. Le fait d’utiliser des mélanges entre 5 et 7 espèces permet d’augmenter considérablement la biomasse produite, de mieux restructurer le sol (avec la combinaison de systèmes racinaires différents), mais aussi de s’affranchir en partie du côté aléatoire des levées de certaines espèces selon les conditions climatiques de l’année. Enfin, l’expérience montre qu’il est préférable de semer tôt (fin Août à mi-Septembre) afin de profiter de la chaleur des sols et des premières pluies d’automne, afin d’avoir les sols déjà couverts pour les premiers gros épisodes méditerranéens. Le couvert se développera très peu de mi-Novembre à fin Janvier, du fait des faibles températures, et surtout de la réduction de la durée du cycle lumineux.

Figure 2 : Le cycle des espèces observé sur les parcelles du GIEE

STOP AUX IDÉES REÇUES : la biomasse racinaire de la vigne est relativement superficielle avec les porte-greffes actuels, et l’observation de fosses pédologiques montre que les couverts explorent en grande partie les mêmes horizons de sol que la vigne, quelles que soient les espèces. C’est à la fois un atout (amélioration de la structure du sol, meilleur accès à l’oxygène, à l’eau, et aux éléments nutritifs, symbioses, etc), mais aussi une contrainte (concurrences potentielles pour l’eau et les éléments nutritifs).

-> Si l’objectif visé est de rouler le couvert, il conviendra d’utiliser des espèces qui se pincent bien avec les rolofacas (Féverole, Vesce de Narbonne, Seigle et Triticale par ex, et éviter l’Avoine ou la Vesce à contrario). Il sera également impératif de semer tôt (début Septembre) pour pouvoir rouler efficacement le plus tôt possible.

4/ MES COUVERTS AMÉLIORENT-ILS VRAIMENT L’HUMIDITÉ DE MON SOL ?

Le couvert pourra avoir un effet fortement bénéfique sur l’infiltration de l’eau dans le profil du sol, et donc permettre une meilleure humidité du sol, même après destruction du couvert. Il faut garder en tête qu’en détruisant le couvert, on ne supprime que la partie émergée de l’iceberg, et que la majeure partie du système racinaire reste en place et permet à l’eau de mieux s’infiltrer. Le graphique ci-dessous représente un exemple typique de ce qui a été observé sur les parcelles du GIEE depuis plusieurs années : un sol mieux pourvu en eau au printemps après destruction du couvert (autour du débourrement), par rapport à un témoin non-enherbé. Cette verticalité redonnée aux sols est l’un des atouts fondamentaux des couverts, que ça soit pour la circulation de l’eau ou des éléments nutritifs. Par contre, des destructions trop tardives auront l’effet inverse, avec une transpiration du couvert qui peut littéralement vider le réservoir du sol. Le second graphique ci-dessous illustre ce phénomène, avec des exemples de couverts non-détruits qui assèchent complètement le sol par rapport à un témoin non enherbé. Le mois de Mars est ainsi souvent la période charnière pour les années sèches sur les terroirs du GIEE (entre 300 et 400 mm de pluie de Septembre à Août). Dans ces situations, une destruction en début de mois sera efficace pour gérer la contrainte hydrique, alors que si la destruction s’opère fin Mars ou en Avril, les effets dépréciatifs se feront ressentir. Les années plus humides (entre 600 et 800 mm d’eau), la destruction pourra néanmoins s’effectuer un peu plus tardivement (courant Avril). (fig .3 et fig .4)

Concernant les mulchs, ils présentent souvent l’inconvénient de devoir être détruits tard en saison pour opérer une destruction efficace. Si un mulch bien réalisé permettra de limiter considérablement l’évaporation du sol si celui-ci est encore humide dans son horizon superficiel, il n’aura en revanche plus aucun effet sur l’évaporation de l’eau s’il est positionné sur un sol qui a séché en surface (ce qui est fréquemment le
cas au printemps). En effet, l’évaporation du sol est un phénomène qui se concentre majoritairement sur les 10 premiers centimètres du sol. Dans les faits, on observe souvent des roulages qui ne sont pas efficaces car réalisés trop tôt ou avec les mauvaises espèces, accentuant de ce fait la contrainte hydrique puisque le mulch continuera à transpirer alors qu’il n’aura aucun effet sur l’évaporation du sol.

5/ QUELLES RÈGLES DE PILOTAGE POUR LA DESTRUCTION DE MES COUVERTS ?

Du fait de cette contrainte hydrique dans l’arc méditerranéen, des couverts détruits trop tardivement peuvent impacter considérablement la production de la vigne, et aussi la teneur en azote assimilable dans les moûts (du fait d’une moindre minéralisation avec l’assèchement du sol). Ainsi, la limite entre l’effet positif et l’effet dépréciatif du couvert est souvent très fine, et nécessite un pilotage précis. Pour les personnes débutant les couverts, il vaut souvent mieux détruire trop tôt que trop tard, notamment si l’on est sur des terroirs qui tolèrent mal la concurrence. La destruction s’effectuera cependant selon des paramètres multiples : cumul des précipitations de l’hiver, profondeur du sol, acceptation ou non d’une concurrence, présence ou non de l’irrigation (qui permet de tamponner le risque, mais pas de s’en affranchir) mais aussi risque de gel (qui est généralement accentué avec les couverts)… Il est en revanche toujours délicat d’anticiper la pluviométrie du printemps : des destructions différées sont ainsi souvent de bon compromis, et sont largement pratiquées au sein du GIEE. On peut par exemple détruire précocement 1 rang sur 2 (broyage + enfouissement) afin de favoriser la disponibilité en eau et en azote, et faire un simple broyage d’entretien 1 rang sur 2 pour limiter la concurrence tout en gardant une portance optimale dans l’éventualité d’un printemps humide (qui permettra alors de reproduire une seconde biomasse conséquente sur ces inter-rangs).

6/ LES BIOMASSES PRODUITES PEUVENT-ELLES IMPACTER LA M.O. DE MON SOL ?

L’expérience montre qu’on est capable dans des conditions relativement sèches de produire des biomasses sèches de l’ordre de 2,5 à 3,5 T/Ha début Mars. Ces valeurs sont toujours exprimées en plein, il faut donc les ramener à la surface réellement semée. Si une bonne proportion de légumineuses est respectée, la méthode MERCI nous montre que cela correspond à un relargage d’environ 40 à 50 unités d’azote. Si l’on sème tous les inter-rangs, on peut donc espérer une trentaine d’unités d’azote restituées à la vigne dans les quelques mois qui suivent la destruction du couvert, à condition bien évidement que le sol soit encore humide. Pour des années plus humides, on peut espérer des biomasses de l’ordre de 5 à 8 T de matière sèche. Les observations nous montrent également que le couvert peut piéger des quantités importantes de feuilles de vigne, participant ainsi à l’amélioration du bilan humique. Il faut néanmoins garder en tête que les couverts amènent une matière organique très labile. Celle-ci participe grandement à stimuler la biomasse microbienne du sol, à améliorer son fonctionnement biologique ainsi que la nutrition minérale de la vigne. Mais elle ne permet pas de remonter le taux de matière organique de façon rapide vu la très faible complexité biochimique des chaines carbonées des couverts (hémicellulose et cellulose essentiellement).

Par Nicolas Dubreil, animateur technique viticulture , civam Bio 66

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Vulnérabilités et résiliences agricoles post COVID 19 en Occitanie : enseignements du projet Satro (2021/2022) 2

Vulnérabilités et résiliences agricoles post COVID 19 en Occitanie : enseignements du projet Satro (2021/2022)

La crise sanitaire de la COVID-19 a engendré un ralentissement de la vie socioéconomique. Notre système alimentaire s’est vu partiellement reconfiguré par la limitation des interactions physiques, la fermeture des frontières, les restrictions de déplacements et les modifications des comportements alimentaires. Garants de la production alimentaire, les agriculteurs sont parmi les premiers acteurs des systèmes alimentaires à endurer les défaillances et paralysies induites ou exacerbées par l’épidémie (MEDDAHI, 2022).

Bien que décontenancés, les agriculteurs et agricultrices biologiques ont fait preuve de réactivité pour ajuster et adapter leur activité. La capitalisation et l’analyse d’expériences ont permis d’explorer les vulnérabilités mais aussi les résiliences agricoles en Occitanie.

CONTEXTE DU PROJET

Soutenu par la Région et l’Agence de l’Eau Adour Garonne (Développement et structuration des filières biologiques) et par la Fondation Carasso (Résilience alimentaire), le projet SATRO s’inscrit dans cette phase de capitalisation, en complémentarité avec 4 autres projets:
– Projet SOLACI : Solidarités alimentaires citoyennes, porté par l’UMR Moisa-Cirad
– Projet RESICO : Dynamiques et impacts des initiatives citoyennes sur la résilience des systèmes alimentaires pendant la crise de la covid-19, porté par l’UMR Innovation (INRAE Montpellier)
– Projet Let’s Food : Milieu étudiant et alimentation. Quels enjeux, quelles solutions, quelle résilience ? Recensement d’initiatives et préconisations, porté par Let’s Food et le RESES (Réseau étudiant pour société écologique et solidaire)
– Projet RESOLIS : Les collectivités territoriales et la Résilience alimentaire : Actions publiques et publics en actions, porté par RESOLIS

Co-piloté par Bio Occitanie et la FR CIVAM Occitanie, l’enquête s’appuie sur une approche qualitative comptant 26 entretiens interrogeant le vécu des agriculteurs de la région, dont 16 ont leur production labellisée agriculture biologique. Elle questionne leurs vulnérabilités, leur résilience et leur rôle dans les ajustements et la reconfiguration des systèmes alimentaires.

L’étude s’articule autour de 3 objectifs :
– Explorer les vulnérabilités imputables ou réveillées par la crise de la COVID-19 auxquelles ont été soumis nos agriculteurs et caractériser dans quelle mesure ils ont été affectés;
– Examiner les différentes réactions et les enseignements que les agriculteurs tirent de la crise sanitaire;
– Recenser et diffuser les adaptations initiées par les agriculteurs et par le cortège d’acteurs en retraçant la trajectoire de certaines initiatives marquantes.

ECHANTILLON :

  • 26 agriculteurs interrogés dont 16 labellisés AB.
  • Tous types de production : 3 éleveurs ovin viande, 2 éleveurs bovin viande, 3 en polyculture élevage, 2 viticulteurs, 2 maraîchers, 1 arboriculteurs/maraîchers, 2 céréaliers, 1 oléiculteurs.
  • 100 % de ces agriculteurs disposent d’un moyen de commercialisation en circuit-court.
  • Des fermes construites à taille humaine : 3 UTH et 54ha de moyenne.

EXPRESSION DE VULNÉRABILITÉS LORS DE LA CRISE SANITAIRE

Les agriculteurs biologiques ont dû faire face à différentes difficultés au cours de la crise Covid, parfois préexistantes et inhérentes à l’activité agricole.

Les principales difficultés remontées et exprimées à différents stades de la crise concernent :
1. La fermeture des débouchés et la gestion de la production. Elles ont constitué le nerf de la guerre au début du confinement avant d’être balayées grâce à des adaptations bricolées à l’échelle de l’exploitation agricole ou à l’échelle territoriale (casiers réfrigérés, drives paysans) pour ajuster ou reconfigurer l’activité et les circuits de commercialisation.
“C’est vrai que sur le moment on a été pris de court, mais on a été très réactifs.”

2. S’en est suivi une surcharge de travail physique et mentale pour assumer les nouvelles modalités d’organisation, plus chronophages, et le respect des règles sanitaires sur les lieux de vente. Si l’explosion de la demande a permis de soutenir voire développer la vente en circuit-court, elle a été vecteur de stress et de fatigue.
“En tant que petit producteur, on avait beau se démener, on ne produisait pas assez alors que les coups de téléphone eux n’en finissaient plus.”

3. Des difficultés d’approvisionnement en matières premières qui se matérialisent par des tensions sur la disponibilité, la logistique (délais de livraison) et le prix des fournitures
“Le prix des fournitures, bouchons, étiquettes, bouteilles, tout a explosé de 10 à 15 % , parfois plus. Sans parler des délais de livraison.”

A noter que la question de la disponibilité de la main d’oeuvre ouvrière a été interrogée mais reste en marge des autres difficultés du fait que les agriculteurs biologiques rencontrés promeuvent essentiellement des systèmes de production construits à échelle humaine ou des modèles familiaux qui essaient de maîtriser la charge de travail.

Au-delà des vulnérabilités directement liées à leur activité, les agriculteurs biologiques ont dû affronter des difficultés spécifiques à la crise qui se caractérisent par :

– Des complications relationnelles : liées aux contraintes d’isolement et de distanciation sociales. Elles se sont exprimées au niveau personnel mais aussi dans les échanges socio-professionnels au travers de l’inquiétude et la défiance manifestées à l’égard des lieux de vente (marchés, foires, salons…), de la gestion des ressources humaines ou des cessations d’activité.
“les marchés n’avaient plus la même saveur.”
“les interactions ralentissent. Tout comme les ventes. L’un ne va pas sans l’autre.”

– Une cacophonie informationnelle dont l’origine tient des déclarations politiques fluctuantes couplées à un manque de centralisation, d’accessibilité et de clarté de l’information. Ce constat est à nuancer pour les agriculteurs biologiques membres d’organisations professionnelles où visiblement l’information s’est mieux transmise. Cependant, l’enquête auprès des agriculteurs biologiques menée par Interbio Occitanie en 2020 avait révélé que seuls 30 % d’entre eux ont mobilisé l’appui d’une organisation professionnelle (Mag de la Bio n°16, p. 8).
“On était aspergés par tellement d’informations qu’on ne savait plus différencier les vraies des fausses.”
“Il faut parler aussi du gros travail de relais du syndicat caprin qui ont fait le tri de l’information, de la réglementation, et des pistes pour écouler nos produits.”

– Des soutiens institutionnels plus ou moins appropriés. Comme en atteste le projet Resolis (Carasso 2023 p. 22), les collectivités ont développé une diversité de réponses pour soutenir et accompagner les systèmes alimentaires. En revanche, certains dispositifs de soutien financiers n’ont pas été très mobilisés par les agriculteurs rencontrés, qui remontent une procédure administrative fastidieuse et complexe, des critères d’attribution trop spécifiques ou un manque de légitimité par rapport à des activités plus touchées.
“J’ai fait la démarche intellectuelle de ne pas faire de démarches administratives. J’avais bien d’autres choses à régler.”

3 IDÉAUX TYPES D’EXPRESSION DES RÉACTIONS ET DES APPRENTISSAGES

Une typologie des réactions et apprentissages a été dressée à partir de différents critères : perception de la crise, niveau d’affection de la crise, nature et types d’adaptations mises en oeuvre, réseau relationnel mobilisé, trajectoire de l’exploitation agricole, profil professionnel, système de valeurs… De cette typologie émerge 3 idéaux types d’agriculteurs en AB relatifs à :

  • L’imperturbable : 5 agriculteurs sur les 26 interrogés, tous sont en Agriculture Biologique (5). Il sort épargné de la crise sanitaire. Sa ferme et ses conditions de travail n’ont été que peu affectés. Ses activités s’appuient dans une logique de travail à échelle humaine dotée d’une bonne autonomie. Peu déstabilisé sur ses facteurs de production et de vente, il n’a procédé qu’à des ajustements marginaux. Les enseignements tirés de la crise confortent ses orientations et son modèle d’organisation.
  • L’entrepreneur : 12 agriculteurs sur 26, les deux tiers en AB (8). Il fait face à la nécessité de modifier l’organisation de son mix commercial dont au moins l’un des débouchés est déstabilisé. Réactif, il a rapidement développé des alternatives de vente en circuit court, individuelles ou collectives qui se sont souvent avérées fructueuses. Cependant, ces initiatives ont fini par peser dans la durée sur l’organisation et le rythme de travail. Souvent, ces adaptations se limitent à des réponses conjoncturelles sans véritable volonté de transformer le modèle d’activité en raison du risque de surcharge de travail.
  • L’attentiste : 7 agriculteurs, 3 en AB. Il est en mesure de temporiser en activant ses propres ressources et/ou un tissu relationnel soutenant. Il reste cependant attentif aux signaux et aux opportunités et peut s’engager dans des adaptations, de manière modérée.

A noter qu’aucun des 2 agriculteurs frappés de paralysie n’était en agriculture biologique. Ce dernier idéal type a été affecté par la crise. Déjà en situation délicate, il a peu de marge de manoeuvre pour affronter les difficultés. Lucide sur ses facteurs de fragilité, il manque de ressources personnelles, relationnelles et/ou économiques pour engager des actions transformatives.

TÉMOIGNAGES
Retrouvez les fiches expériences des initiatives sur le Centre de Ressources de Bio Occitanie, Projet Satro : docs.bio-occitanie.org

  • LES CASIERS FERMIERS AVEYRONNAIS
  • LES DRIVES FERMIERS MONTPELLIERAINS
  • LES LOCO-CONFINES, système de casiers fermiers
  • LE MARCHE PAYSAN DES AUBES
  • TOUT Ô’ PRE, Service de commande en ligne et de livraison
  • L’EPAS, Épicerie Paysanne Ambulante Solidaire

ENSEIGNEMENTS ET PERSPECTIVES

La crise n’a pas induit une véritable transition des modèles d’activité pour les agriculteurs occitans interrogés dans ce projet, même si ces derniers ont pu remettre en question leurs schémas de pensée. Si les exploitations agricoles biologiques étudiées ne sont pas forcément les plus performantes d’un point de vue économique en rythme de croisière, elles se sont avérées suffisamment robustes et flexibles pour traverser la crise sanitaire. Elles ont mobilisé sans forcément le conscientiser, des facteurs favorables à la résilience :

  • Une diversité des circuits de vente et des débouchés, permettant l’écoulement des marchandises par le jeu de vases communicants.
  • Une certaine diversité des fournisseurs et intermédiaires, atténuant les difficultés d’approvisionnement.
  • Une diversité des productions agricoles, des outils de stockages et/ou de transformation, permettant de lisser les risques logistiques ou les diminutions de revenus1.
  • Un entourage social humain et collectif palliant les impacts des mesures de distanciation mais offrant surtout des ressources déterminantes pour s’engager dans le changement (aide, information, relais…) et développer des alternatives.  De nombreuses initiatives ont pris une dimension collaborative, en témoigne l’effervescence autour de la vente en circuit-court qui a mobilisé des ressources relationnelles, matérielles et financières très différentes. Elles se sont aussi appuyées sur des intermédiaires, humains et/ou techniques faisant office de relais pour diffuser les informations et/ou coordonner les actions. Elles montrent l’importance des réseaux relationnels pour améliorer la gestion de crise et la dimension collective de la résilience.

CONCLUSION
L’expérience de la crise sanitaire rappelle l’enjeu, à l’échelle régionale, de préserver une certaine autonomie et marge de manoeuvre aux agriculteurs et de soutenir des systèmes parfois moins performants en période stable, un peu en marge, mais plus résilients en situation de crise.

BIBLIOGRAPHIE:

  •  BIO OCCITANIE 2023. Vulnérabilités agricoles et résiliences des Systèmes Alimentaires Territoriaux post Covid 19 – Projet SATRO (2021-2022), page internet Bio Occitanie.
  • CARASSO 2023. Renforcer la résilience alimentaire des territoires – Quels apprentissages de la crise Covid-19 ? Carnet Apprentissages Carasso. 33p.
  • FRCIVAM & BIO OCCITANIE, 2022. SATRO – Fiches expériences : Tout ô prè, Les casiers docs-bio-occitanie.org
  • INTERBIO OCCITANIE, 2020. Les professionnels du bio impactés par la crise sanitaire – retour d’enquêtes interbio occitanie, Le Mag de la Conversion n°16, Réussir sa conversion en Agriculture Biologique en Occitanie, juillet 2020, pp 3-11.
  • MEDDAHI I., 2022. Capitalisation sur les vulnérabilités et les adaptations mises en oeuvre pendant la crise sanitaire de la covid-19, Fiche de synthèse du projet SATRO. FRCIVAM et Bio Occitanie.

1. A noter que la diversification est à relativiser car elle peut aussi être source de fragilité lorsqu’elle dépasse les capacités humaines et techniques qui lui sont allouées

Par Ismael Meddahi, FR CIVAM Occitanie et Sandrine Fournié, Bio Occitanie

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La filière bovins viande bio régionale : une filière incontournable qui doit faire face à ses fragilités 3

La filière bovins viande bio régionale : une filière incontournable qui doit faire face à ses fragilités

La filière bovin viande bio en Occitanie connaît des difficultés structurelles auxquelles s’ajoutent de nouveaux freins conjoncturels en 2022. Longtemps, l’enjeu a été de structurer les filières régionales et d’améliorer l’engraissement des animaux commercialisés. Aujourd’hui s’ajoute un enjeu fort de reprise de la consommation par les ménages de cette viande qui a, certes, un coût non négligeable, mais qui correspond aux attentes des consommateurs en termes de bien-être animal, d’environnement et de valorisation des paysages herbagers.

L’OCCITANIE, UNE RÉGION HISTORIQUE D’ÉLEVAGE DE RACES À VIANDES

L’Occitanie est une zone d’élevage historique d’animaux allaitants avec la présence de veaux sous la mère qui valorisent les pâturages. Contrairement à d’autres régions, les consommateurs acceptent de consommer des veaux et jeunes bovins dont la viande reste rosée après cuisson. De nombreuses races rustiques régionales sont également toujours présentes.

Malgré la perte de la première place en 2021 des régions françaises en nombre de vaches allaitantes bio au profit de la Nouvelle-Aquitaine, l’Occitanie voit son cheptel croître pour une année supplémentaire. Les conversions ralentissent avec de plus petits élevages convertis et le nombre d’arrêts reste stable. En 2021, l’Occitanie comptabilise 16,5 % du cheptel bio Français. 7,5 % du cheptel régional de vaches allaitantes est en bio.

Jusqu’en 2021, la filière des viandes bio maintenait une croissance globale en Occitanie. Cependant, cette tendance s’est inversée depuis début 2022. Les abattages ont régulièrement diminué, malgré un rebond sur la fin du troisième trimestre qui peut être expliqué par une décapitalisation forcée par la sécheresse. Les animaux abattus en Occitanie sont à 93 % issus du cheptel allaitant. 89 % des animaux abattus sur les outils de la région au cours du 3ème trimestre 2022 proviennent de la région Occitanie. Les animaux sont en grande majorité des vaches et des veaux.

Fait marquant de l’année : au second trimestre 2022, le prix d’achat au stade entrée abattoir des bovins laitiers conventionnels était supérieur aux prix des bovins laitiers bio. En bovin viande, les prix étaient quasiment identiques.

L’ENGRAISSEMENT, PREMIÈRE ÉTAPE NÉCESSAIRE À LA CONSTRUCTION D’UNE FILIÈRE RÉGIONALE

Il n’est pas rare que des jeunes bovins bio en vif soient exportés pour être engraissés dans des centres spécialisés en Italie et en Espagne. Les bovins sortent ainsi du circuit bio pour être valorisés sur le marché conventionnel. La marque collective Tendre d’OC a été créée à l’initiative des éleveurs de la région pour mieux valoriser les jeunes bovins bio localement, en particulier les mâles. Aujourd’hui, quatre groupements d’éleveurs poursuivent la démarche de valorisation et de commercialisation de leurs animaux.

UNE BELLE DIVERSITÉ D’OPÉRATEURS AVAL QUI MAILLENT LE TERRITOIRE D’OCCITANIE

En région, les outils de première transformation maillent le territoire, en particulier les zones d’élevage. Les abattoirs sont assez nombreux en Occitanie, permettant aux éleveurs de limiter le transport des animaux. Les abattoirs sont des outils précieux pour l’activité régionale mais ils sont soumis à de nombreuses contraintes et difficultés (maintien d’un volume minimum d’activité face à la forte baisse d’activité dans les filières, recrutement en personnel compétent…)

Les ateliers de découpe sont nombreux et certains proposent de la surgélation. Les tunnels de surgélation sont des outils difficiles à rentabiliser mais qui répondent aujourd’hui à une demande importante du marché : les steaks hachés. La surgélation permet de réduire le risque sanitaire de ces produits et facilite leur commercialisation, notamment en restauration collective. Enfin, de nombreux outils de transformation crue et cuite-sèche existent. Là encore certains ateliers proposent de la prestation de service alors que d’autres sont des laboratoires privés de taille variable.

Au niveau régional, les opérateurs impliqués dans la commercialisation des viandes bio sont assez nombreux sur le territoire, en lien avec les filières historiques d’élevage régionales. Il s’agit souvent de structures mixtes et de coopératives agricoles. On recense quelques associations d’éleveurs et 68 magasins spécialisés bio et boucheries.

EN 2021 ET 2022, PREMIÈRE BAISSE DE LA CONSOMMATION DE VIANDE BOVINE BIO

En France, la viande bovine bio occupe la première place des ventes suivie par le porc et la volaille. Elle représente 37 % du chiffre d’affaires des viandes biologiques en 2021. La consommation de viande bio a augmenté, mais les parts de marché restent modestes : 4 % en bovin bio, 1 à 2 % pour les autres productions. En France, la viande bovine provient presque exclusivement d’élevages nationaux (0,4 % d’imports en 2019).

La viande bovine est commercialisée principalement dans les réseaux de la grande distribution qui représentent en 2021 plus de 60 % de parts de marché. Les trois autres circuits se partagent ensuite le marché de manière équitable, avec 14 % pour les artisans bouchers, 13 % pour la distribution spécialisée bio et 11 % pour la vente directe. Les steaks hachés représentaient 55 % du volume global de viandes certifiées bio commercialisées en France.

En 2022, l’évolution brutale du marché a généré une baisse des achats en valeur sur tous les circuits : -5 % en GMS et -12 % en magasins spécialisés bio. En volume la baisse a été de 8 % en GMS. Les informations relatives aux viandes et aux autres circuits ne sont pas encore connues. Le prix de vente des viandes bio reste le premier frein à l’achat.

UNE RÉGLEMENTATION QUI ÉVOLUE AU STADE DE LA COMMERCIALISATION ET ÉGALEMENT SUR LES ÉLEVAGES

En 2021, la loi Egalim 2 provoque un raz-de-marée dans les filières viandes françaises. Elle impose alors une mise en place rapide de contrats écrits entre les éleveurs et les premiers acheteurs, la sanctuarisation du coût des matières premières dans les négociations commerciales à l’aval et permet une réévaluation rapide des prix de vente des produits commercialisés pour toutes les filières, ce qui est utile dans le contexte inflationniste actuel.

De nouvelles contraintes règlementaires vont également impacter fortement l’élevage bovin allaitant biologique régional. Une application plus stricte de l’obligation d’accès à l’extérieur se traduira dans les élevages allaitants par la mise en place de courettes jouxtant les bâtiments d’élevage ou la découverture partielle de ces derniers. La fin de la possibilité de finir l’engraissement des animaux en intérieur est issue de l’entrée en application du nouveau règlement bio européen. Ces deux évolutions, dont l’application doit encore être précisée, risquent d’affecter la saisonnalité et le niveau de finition des productions bovines régionales. Pour certains élevages, les contraintes de mises aux normes pourraient même s’avérer trop lourdes et entraîner des déconversions d’exploitations bio.

LES BESOINS DE LA FILIÈRE BOVINS BIO RÉGIONALE

  • Maintenir des dispositifs d’aides aux investissements matériels significatifs aux éleveurs bio pour faciliter l’adaptation aux évolutions réglementaires et pérenniser ces filières
  • Accompagner les producteurs dans l’optimisation de leurs coûts de production
  • Renforcer les expérimentations régionales pour amener les exploitations vers plus d’autonomie
  • Travailler sur l’engraissement des animaux, dans un contexte de changement climatique qui complique l’engraissement à l’herbe
  • Favoriser la répartition de la valeur au sein des filières
  • Accompagner la contractualisation, à l’amont comme à l’aval des filières
  • Soutenir les outils d’abattage existants et développer des abattoirs mobiles
  • Faciliter la complémentarité éleveurs-céréaliers

AMBITION POUR LA FILIÈRE

2023 – 2027 Aujourd’hui, l’enjeu de consolidation des filières viandes est fort car la conjoncture actuelle va peser même sur le moyen terme. Il est important de maintenir les exploitations bio actuelles dans un contexte compliqué et d’accompagner exploitations et filières de nos territoires vers plus de résilience et d’autonomie. La relance de la consommation de viande bio régionale est un des enjeux majeurs pour garantir la pérennité de la filière. Les filières viandes bio régionales présentent de nombreux atouts aussi bien en termes de qualité de la production (races à viandes de qualité) mais aussi en termes de gestion et de valorisation des milieux entretenus par les systèmes d’élevages extensifs.

POUR EN SAVOIR +
Rendez-vous sur notre site internet pour consulter la fiche filière exhaustive : https://bit.ly/42ufX4H

Par Lucie Poline, Interbio Occitanie

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Le cahier des charges Bio en apiculture : évolutions et incertitudes 4

Le cahier des charges Bio en apiculture : évolutions et incertitudes

Depuis le 1er janvier 2022, le nouveau règlement européen (règlement (UE) 2018/848) est en application. Afin d’apporter des détails sur les modalités d’application du cahier des charges, un guide de lecture national est élaboré par l’INAO (1) en lien avec les parties prenantes de la filière apicole bio française. Néanmoins, sur la question de la conformité des aires de butinage et du déclassement des productions, aucun consensus n’a été pour le moment trouvé. Les dispositions du précédent cahier des charges restent donc de mise sur ce point uniquement pour le moment.

PÉRIODE DE CONVERSION ET ORIGINE DU CHEPTEL
Lors de la conversion, l’apiculteur·rice doit suivre toutes les règles de l’apiculture bio pendant 1 an avant de pouvoir vendre le miel sous label bio. L’application d’une mention « en conversion » est interdite pour le miel.

Si des colonies d’abeilles ou des reines sont achetées, celles-ci doivent venir d’exploitations apicoles bio. Une tolérance de 20 % de cheptel non bio est appliquée sous conditions de transférer l’essaim sur cire bio. Le taux de 20 % s’applique sur la base des effectifs déclarés annuellement à la DGAL, en prenant en compte toutes les colonies qu’elles soient en ruches, ruchettes ou nucléis. Les essaims nus récupérés à proximité immédiate des ruchers biologiques par l’apiculteur·rice ne sont pas à compter dans les 20 % de renouvellement non biologique autorisé car ils sont considérés comme venant de son propre rucher.

GESTION DES CIRES

La cire d’abeilles devient un produit « certifiable en AB ». Pour être qualifier de bio, la cire doit provenir de cheptel bio et être issus d’opercules de miel.

Dès lors que le processus de conversion est engagé, les cires introduites dans les ruches doivent être bio. Les cires présentes dans les ruches n’ont pas besoin d’être changées. En revanche, les cires en stock (en bloc ou déjà gaufrées) ne pourront pas être introduites mais pourront être vendues comme cires conventionnelles.

En cas d’impossibilité à se fournir en cire biologique, il est possible d’utiliser de la cire non labellisée sous condition de justifier de la difficulté d’approvisionnement. De plus, il faut faire analyser la cire afin de prouver l’absence de résidus de traitements phytosanitaires et vétérinaires avec
une liste minimale de 30 molécules (tableau ci-dessous, seuil d’acceptabilité : 0,1 ppm/kg sauf LMR inférieure). En cas de cires d’importation ou de mélange de cires de différentes origines, une analyse prouvant l’absence d’adultération des cires est également nécessaire.

CHOIX ET ENTRETIEN DU MATÉRIEL

Les ruches, hausses et cadres utilisés doivent être en matériaux naturels, généralement en bois. Certains éléments en plastique et autres matériaux non naturels sont autorisés, mais doivent rester minoritaires et ne doivent pas être en contact avec le miel. Il peut s’agir des planchers, nourrisseurs, matériel d’élevage (cupules d’élevage, nucléis, etc.).

Les pratiques de nettoyage et de désinfection sont également règlementées afin de ne contaminer ni le miel, ni l’environnement. La soude caustique est autorisée en tant que nettoyant du matériel apicole même si elle est interdite en tant que biocide pour un usage de désinfection.

LA LUTTE CONTRE VARROA

Sur ce point le règlement et le guide de lecture n’ont pas évolués : le cahier des charges définit les acides organiques (dont acides oxalique et formique) et le thymol comme substances actives autorisées. A noter toutefois que la règlementation générale sur l’usage de traitements s’applique à toutes et tous, labélisé·es ou non. Ainsi, il est interdit d’utiliser des traitements ne disposant pas d’une AMM (2) (autorisation de mise sur marché).

Il est possible de procéder à la destruction de couvain male dans un objectif de modération de la croissance de la population de varroas.

ALIMENTATION DES ABEILLES & AIRES DE BUTINAGE

Le nourrissement des abeilles avec du sucre bio, du miel bio ou du pollen bio est autorisé pour le développement des essaims d’abeilles et lorsque la survie des colonies est menacée.

Les ruchers bio doivent être éloignés des activités pouvant contaminer le miel ou nuire à la santé des abeilles. En effet, pendant la période de butinage, les ruchers ne peuvent pas être placés à proximité de zones urbaines et industrielles, d’incinérateurs, de fonderies et de métallurgies. La notion de « proximité » et la définition des « zones urbaines » ne sont pas actuellement définies, l’application n’est donc pas à ce jour homogène en fonction des organismes certificateurs.

Dans un rayon de 3 km autour des ruchers, les sources de pollen et de nectar doivent provenir essentiellement de cultures bio, de flore spontanée ou de cultures ayant une faible incidence sur l’environnement telles que les prairies, les couverts végétaux ou les jachères. L’interprétation du terme « essentiellement » correspond aujourd’hui à minimum 50 % des surfaces avec une flore attractive pour les abeilles.

Depuis le 1er janvier 2022, les dérogation « pollinisation (3) » et « lavande (4) » n’ont plus cours. Cela remet en question la capacité de nombreux·ses apiculteur·rices à rester en bio, en particulier en Provence ou dans les secteurs de grandes cultures. A ce jour, aucune solution conciliant respect de la philosophie du bio basée sur une obligation de moyen, garanties pour la qualité de la production et capacité à produire du miel bio sur le territoire national n’a été validé par l’INAO.

En attendant, et afin de maintenir une cohérence d’interprétation entre les organismes certificateurs, l’INAO a décidé de transposer à l’identique les dispositions de l’ancien guide de lecture dans le nouveau. Il n’y a donc pas de modification règlementaire concernant la conformité des emplacements jusqu’à ce qu’une décision soit prise.

1. INAO : Institut National des Appellations et d’Origine, établissement public en charge du dispositif français des signes officiels d’identification de la qualité et de l’origine dont le label bio.

2. Médicaments disposant d’une AMM pour l’apiculture biologique : Api-Bioxal, Oxybee, VarroMed, FormicPro, Thymovar, Apiguard et Api Life Var

3. La dérogation pollinisation permettait de positionner ponctuellement ses ruches sur emplacement non conforme sous condition de déclasser la production.

4. La dérogation lavande permettait de de produire du miel de lavande bio sur des parcelles non bio sous condition d’analyser le miel pour prouver l’absence de résidus de traitements.

POUR + D’INFORMATIONS
Vous pouvez contacter Anne-Charlotte METZ : annecharlottemetz@adaoccitanie.org

Par Anne-charlotte METZ, ADA Occitanie

Crédits photos : Shutterstock


Des outils et méthodes alternatives au cuivre dans la lutte contre le mildiou de la vigne 5

Des outils et méthodes alternatives au cuivre dans la lutte contre le mildiou de la vigne

Réduire les doses de cuivre apparait primordial, du fait de son impact négatif sur la vie du sol mais aussi en vue de sa potentielle substitution.
En 2016, 97 % des viticulteurs bio et 84 % des viticulteurs conventionnels utilisaient du cuivre (Anses, 2022).

Le cuivre est couramment employé contre le mildiou au vignoble. Son utilisation ne cesse de croître en France, du fait de l’essor de l’agriculture biologique (AB) et de l’interdiction d’autres fongicides, amenant des viticulteurs conventionnels à l’employer davantage.

Le projet AlteRCuivre (2021-2023) vise à capitaliser les ressources existantes pour renforcer la gestion du mildiou tout en réduisant les doses de cuivre. Une première étape a recensé les pratiques des vignerons. Le bassin viticole du sud-ouest est le 4ème en termes d’utilisation de cuivre (Figure 1 ci-dessous), avec en moyenne 2,15 kg/ha/an tandis que la moyenne nationale est de 1,95 kg/ha/an. Il reste donc des marges de progrès. 3 pistes ont été explorées en Occitanie dans le projet BIOCUVITIOENO :
1. modéliser les risques pour ne traiter que si nécessaire.
2. moduler les doses de cuivre.
3. intégrer des alternatives tels que des produits de biocontrôle.

LE RECOURS AUX OUTILS D’AIDE À LA DÉCISION (OAD)

Le projet DEFIBIO a été initié dans ce contexte. Un échange a été établi entre des chercheurs de quatre laboratoires d’INRAE (UMR Innovation, UMR Agir, UE Maraichage et Des expérimentations participatives dans le projet Opticuivre Viti Bio portaient sur l’utilisation de l’OAD DeciTrait® pour le déclenchement des traitements et de son module cuivre pour les préconisations de doses de cuivre métal (Davy et al. 2020). En région Occitanie cette stratégie est validée sur mildiou (projet BIOCUTIVIOENO) et aboutit à une réduction de 20 % de la dose de cuivre quand le risque modélisé est faible ou moyen.

INTÉGRATION DES PRODUITS DE BIOCONTRÔLE DANS LA LUTTE CONTRE LE MILDIOU

Sur les vignobles d’Occitanie, lorsque le risque modélisé est moyen, des produits de biocontrôle viennent en complément de la réduction de 20 % de la dose en cuivre tel que le COS-OGA et l’huile essentielle (HE) d’orange douce. Cette stratégie a permis de baisser le nombre de passages anti mildiou et de réduire l’application de cuivre d’1,1 kg/ha/an en moyenne.

Alt’Fongi Biocontrôle en Nouvelle-Aquitaine s’appuie aussi sur ce principe de complémentarité entre OAD et produits de biocontrôle (Dupin S. et al. 2021). Parmi les résultats, l’HE d’orange douce, complémentée de doses réduites de cuivre (1,5 kg de cuivre sur l’ensemble de la saison) pour lutter contre le mildiou a permis d’obtenir une protection équivalente à l’application de 3,5 kg de cuivre seul.

D’après l’état des lieux des pratiques réalisé dans AlteRCuivre, l’huile essentielle d’orange douce est le produit de biocontrôle le plus fréquemment utilisé en AB et en conventionnel (14 %).

Dans cette étude, la majorité des utilisateurs de biocontrôle emploie moins de cuivre que les non-utilisateurs de biocontrôle de leur groupe (médiane < 0) mais les résultats ne sont pas significatifs. A la différence du projet Alt’Fongi couplant deux alternatives et reposant sur un OAD, il semblerait qu’un levier utilisé isolément pour réduire le cuivre ne soit pas suffisant. Selon les conclusions d’AlterCuivre, l’importance de la qualité de la pulvérisation, le positionnement des produits, le fractionnement de doses, et la gestion de la fertilisation (régulation de la vigueur) sont les facteurs à prioriser dans la réduction du cuivre contre le mildiou.

DES RÉFÉRENCES À VALORISER

Il est nécessaire de renforcer la diffusion sur les voies de réductions du cuivre : prophylaxie, qualité de pulvérisation, PNPP, biocontrôle, variétés résistantes, méthodes physiques (ex : viti-tunnel, UV-C)….

AlteRCuivre et le Centre de Ressources Cuivre ont permis de rendre disponible pour les viticulteurs le bilan d’un grand nombre d’essais sur les produits alternatifs à ajouter à la bouillie de traitement. Le bilan montre qu’aucun produit ne peut permettre de se passer totalement de cuivre. Il ressort certains bons candidats pour réduire les doses, mais d’autres comme les stimulateurs de défenses des plantes, mode d’action complexe qu’il reste à maîtriser au champ, montrent peu d’efficacité.

BIBLIOGRAPHIE:
-> Andrivon, D., Bardin, M., Bertrand, C., Brun, L., Daire, X., Decognet, V., … & Tamm, L. (2018). Peut-on se passer du cuivre en protection des cultures biologiques ? Rapport d’expertise scientifique collective.
-> Cartographie des utilisations des produits phytopharmaceutiques à base de cuivre en France en considérant leur application en agriculture biologique et conventionnelle. (saisine 2021- AUTO-0060). Maisons-Alfort : Anses, 133 p. (2022)
-> Decitrait®: un OAD pour la protection de la vigne, Davy, A., Raynal, M., Vergnes, M., Debord, C., Codis, S., Naud, O., … & Perot, S. (2020). Innovations Agronomiques, 79, 89-99.
-> Optimisation des doses de cuivre et intégration de biocontrôle, Dupin, S. Guégniard, S., Aveline, N. et al. (2021). ProBilBio N°12, 15-16.

POUR ALLER PLUS LOIN
la page d’AlteRCuivre sur le site de la Chambre d’agriculture des Pays de la Loire :
-> https://bit.ly/43IbpIU


Lancement du Concours National de la création Agroalimentaire Bio : le concours qui booste les jeunes entreprises agroalimentaires des territoires 6

Lancement du Concours National de la création Agroalimentaire Bio : le concours qui booste les jeunes entreprises agroalimentaires des territoires

Depuis plus de 10 ans, le Concours National de la création Agroalimentaire Bio (CNAB) récompense les jeunes pousses de la création agroalimentaire bio. Il offre à chaque candidat l’opportunité de faire grandir son projet en le défendant devant un jury d’experts reconnus.

Véritable tremplin, le CNAB offre une visibilité accrue auprès de nombreux distributeurs et clients en quête de nouveautés.

La 11ième édition de ce concours pour lequel 3 prix sont décernés lors du prochain Salon International de l’Agriculture est officiellement ouverte depuis ce jour.

Les inscriptions se font directement sur le site www.concours-bio.fr, les candidats ont jusqu’au 31 octobre pour déposer leurs dossiers de candidature.


Un projet de recherche en partenariat - DEFIBIO : pour faire face aux défis du changement d'échelle 7

Un projet de recherche en partenariat - DEFIBIO : pour faire face aux défis du changement d'échelle

Conçu dans un contexte de croissance forte de la bio régionale, le projet DEFIBIO associe une vingtaine de chercheurs en sciences sociales et en sciences agronomiques. Ils vont travailler pendant les quatre prochaines années sur les façons d’accompagner cette croissance et de défendre un modèle ambitieux d’agriculture biologique.

UNE PÉRIODE DE CROISSANCE ET D’INTERROGATIONS

Le projet DEFIBIO est né dans une période enthousiasmante et inquiétante pour le secteur bio régional. Enthousiasmante parce la région Occitanie a connu depuis 2015 un doublement du nombre d’agriculteurs certifiés comme du nombre des opérateurs de la transformation et de la distribution engagés en bio. Aussi bien en amont qu’en aval, la croissance est forte, faisant de l’Occitanie un laboratoire du changement d’échelle de la bio. Période inquiétante néanmoins parce que cette transformation rapide génère de nouvelles incertitudes, accentuées par les effets manifestes du changement climatique sur les activités agricoles. Ces incertitudes sont de nature agronomique/zootechnique (ex : quelles disponibilités en matières organiques et en alimentation animale ?), socioéconomique (ex : quels équilibres entre offres et demandes ?) et politique (ex : quelles relations dans les filières et les territoires entre bio et non-bio ?). Les derniers mois, marqués par un tassement de la consommation au niveau national et un ralentissement des conversions au niveau régional, ont renforcé ce sentiment que la pérennité du développement du secteur bio n’est pas assurée et qu’il faut réfléchir et agir pour la maintenir.

UN PROJET DE RECHERCHE PARTENARIAL ET PLURIDISCIPLINAIRE

Le projet DEFIBIO a été initié dans ce contexte. Un échange a été établi entre des chercheurs de quatre laboratoires d’INRAE (UMR Innovation, UMR Agir, UE Maraichage et Observatoire du développement rural) et des agents de développement du secteur bio régional (Interbio Occitanie, Bio Occitanie, Chambre régionale d’agriculture, Coopération agricole, Océbio et DRAFF). Ensemble, ils ont convenu d’un programme de recherches à mener entre 2023 et 2026.
Cofinancé par INRAE et la Région Occitanie dans le cadre du dispositif Tetrae, le projet DEFIBIO ambitionne d’identifier les modalités d’organisation des exploitations, des filières et des territoires qui permettent de combiner la croissance du secteur bio et un maintien de sa durabilité environnementale, sociale et économique. Le projet associe une dizaine de chercheurs en économie, sociologie ou géographie et une dizaine
de chercheurs en agronomie et zootechnie. Cette pluridisciplinarité est pensée comme indispensable. Par exemple, si les coopérations entre éleveurs et céréaliculteurs ou viticulteurs renvoient à des objectifs de rétablissement des cycles biologiques à l’échelle d’un territoire, elles échouent ou réussissent également pour des raisons socio-économiques (organisation du travail, règles d’usage du foncier, choix logistiques, etc).

QUATRE AXES DE RECHERCHE

Le projet priorise quatre axes de recherche. Le premier porte sur le travail de structuration de filières territorialisées et partenariales. Derrière cet axe, il y a la conviction que le secteur bio peut être caractérisé par un développement de relations innovantes entre opérateurs des filières, marquées par la coopération, la définition collective des règles du jeu et un partage équitable de la valeur ajoutée. Le second axe s’intéresse à la soutenabilité des productions agricoles dans une dynamique de croissance et dans des contextes climatiques dégradés. Cet axe étudie les changements techniques et de mise en marché menés par les agriculteurs, et en analyse les effets sur la durabilité et résilience des systèmes agricoles. Il inclut des objectifs de caractérisation des systèmes actuellement observables et de scénarisation de leur évolution. Le troisième axe traite des enjeux de la coexistence et de la confrontation dans les territoires entre bio et non-bio, mais aussi entre différentes formes de bio. Le rapport entre AB et HVE, mêlant concurrence et complémentarité, est assez exemplaire des questions posées à cet égard. Enfin, le projet DEFIBIO travaillera aussi sur les leviers et impacts de l’action publique. Ce dernier axe sera transversal. Il regardera spécifiquement ce que l’action publique produit sur les dynamiques des trois premiers axes.

LES PREMIÈRES ENQUÊTES LANCÉES AU PRINTEMPS

Les recherches menées dans le projet, lancé fin 2022, vont durer 4 ans, mais l’objectif est de commencer à avoir des résultats dès cette année 2023. Trois illustrations des travaux engagés peuvent être mises en avant. Un premier travail va porter sur l’identification de filières partenariales déjà existantes en Occitanie, que ces filières aient été impulsées par des organisations de producteurs, des distributeurs, des collectivités locales, des entreprises de l’agroalimentaire… A partir de cette identification, il sera possible d’élaborer un schéma décrivant les différents « chemins d’impact »
liant les actions impulsées, les dispositifs mobilisés, les résultats atteints et les bénéfices obtenus. Ce schéma pourra alors aider les professionnels à positionner leurs propres initiatives, à discuter de leurs avancées et de leurs difficultés. Un second travail, plus précis, vise à identifier des initiatives d’approvisionnement de la restauration scolaire en produits issus d’élevages bovins laitiers et allaitants biologiques et « locaux ». A partir d’entretiens auprès d’acteurs impliqués directement ou indirectement dans ces initiatives (agents des restaurants scolaires, organisations de producteurs, éleveurs, organismes de conseil…), il s’agira de caractériser les formes d’organisation mises en oeuvre et les questions que cela pose pour chaque type d’acteurs. Un troisième travail, au coeur d’une thèse de doctorat, vise à construire des ressources mobilisables par les producteurs et les conseillers pour faciliter la conception de successions et d’assolements diversifiés et résilients en maraîchage qui tienne compte des spécifications des acheteurs des filières (ex : volume, gamme et calendrier de produits attendus). Le défi sera alors de coupler le raisonnement agronomique et économique, de concilier les contraintes agricoles et commerciales.

CONTACT
Ronan Le Velly, ronan.Le-Velly@supagro.fr
Nancy Fauré, nancy.faure@interbio-occitanie.com

POUR ALLER PLUS LOIN
la page du projet DEFIBIO sur le site d’Interbio Occitanie :
-> https://www.interbio-occitanie.com/projet-defibio/

le site du programme national TETRAE, qui finance le projet DEFIBIO :
-> https://www.tetrae.fr/Qu-est-ce-que-TETRAE

Par :

Ronan Le Velly, enseignant-chercheur en sociologie, Institut Agro Montpellier, UMR Innovation
Claire Lesur-Dumoulin, chercheuse en agronomie, INRAE, UE Maraichage
Marie-Angélina Magne, enseignante-chercheuse en zootechnie, Institut Agro Montpellier, ENSFEA, UMR AGIR


Festival du Bien Manger - 1ère édition à Toulouse 8

Festival du Bien Manger - 1ère édition à Toulouse

Du 7 au 9 juillet 2023, la place du Capitole accueille la 1ère édition du Festival du Bien Manger !

Toute l’équipe de Ma Vie en Bio by Occitanie y sera présente. Nous vous accueillerons avec plaisir sur notre stand d’animation et vous proposerons de jouer à notre quizz sur l’agriculture biologique et de gagner de nombreux cadeaux.

Au programme du festival :

  • Restauration fermière : découvrez les produits de plus de 50 producteurs fermiers de la région , notamment en Bio
  • Animations pédagogiques : elles mettront à l’honneur les initiatives locales en faveur du Bien-Manger. A travers des quizz, jeux et animations ludiques devenez un expert de la cuisine anti-gaspi, éveillez vos sens avec des dégustations culinaires, apprenez à entretenir votre santé dès l’assiette ou découvrez la lactofermentation…
  • Ateliers culinaires : des ateliers culinaires seront proposés tous les midis entre 11h et 13h pour réussir des plats simples, de saison et authentiques !
  • Ambiance musicale  : un cocktail de bonne humeur dimanche entre 11h et 14h grâce à la Fanfare des « Open Bardes », entre funk, pop et variétés internationales : ambiance garantie !


Interbio Occitanie marque l'essai avec une campagne de communication inédite : en Occitanie faisons passer le Bio Réflexe 11

Interbio Occitanie marque l'essai avec une campagne de communication inédite : en Occitanie faisons passer le Bio Réflexe

CONTEXTE

C’est un fait, la consommation de produits bio connait un recul depuis plusieurs mois. Il s’explique notamment par une certaine défiance, souvent liée à la méconnaissance des garanties du cahier des charges, à l’émergence de nombreux labels qui apportent de la confusion au moment de l’acte d’achat et une préférence pour les produits locaux, régionaux, sans y associer la bio. Dans ce contexte, les acteurs de la bio d’Occitanie, accompagnés par la Région Occitanie, se mobilisent pour faire valoir leurs savoir-faire.

Forte de son positionnement en tant que 1ère région française en bio, l’Occitanie comptabilise 13 300 producteurs, soit 20 % des surfaces cultivées, et plus de 3 500 entreprises engagées.

La bio représente une véritable dynamique de territoire, qui s’inscrit dans une démarche de relocalisation de la consommation. Levier pour l’emploi, maintien de la biodiversité, protection de l’environnement, respect du bien-être animal, préservation de la qualité de l’eau, la bio en Occitanie porte de nombreux engagements au service des hommes, des femmes, des animaux et de la planète.

Si la consommation de produits régionaux est fortement plébiscitée depuis quelques années, il est temps d’aller plus loin en y associant un engagement plus fort : consommer bio ET régional.

C’est dans cet état d’esprit qu’Interbio Occitanie, accompagnée par la Région Occitanie, a souhaité contribuer activement en créant une campagne de communication régionale grand public, s’inscrivant dans le prolongement de la campagne nationale, « Pour nous, pour la planète, #BioRéflexe ». Plusieurs objectifs avec cette campagne :
– ré-assurer le consommateur
– ré-affirmer les valeurs et les engagements dans un mode de production respectueux de notre planète, des hommes et des femmes (cahier des charges)
– assoir son ancrage au territoire en lien avec le « consommer local » et la facilité de trouver des produits bio d’Occitanie
– dynamiser l’image de la bio d’Occitanie.

DES RESSORTS CRÉATIFS AUDACIEUX

Pour cette campagne inédite, Interbio Occitanie a choisi de faire un clin d’oeil à la fois au rugby, sport collectif lié à notre identité régionale, et à la campagne nationale.

En mettant au centre du discours la notion de passe de rugby, cette campagne fait le lien entre la campagne nationale et l’idée que les produits bio sont dans les assiettes de nos concitoyens grâce à un collectif d’acteurs : producteurs, chefs d’entreprises, salariés : En Occitanie, faisons passer le Bio Réflexe.

Pour incarner ce collectif et créer de l’empathie mais aussi pour augmenter l’identification et la viralité de la campagne, un ambassadeur
issu du monde du rugby a rejoint l’équipe du bio, c’est Anthony Jelonch.

Cette équipe est représentée dans les outils de la campagne par des ambassadeurs incarnant la diversité des territoires et des filières de la région avec une saga de visuels les mettant en scène.

DES AMBASSADEURS ENGAGÉS

Cette campagne n’aurait pas pu voir le jour sans la participation des producteurs et entreprises bio du territoire. Pour cela, ils sont plusieurs à avoir joué le match aux côtés d’Anthony Jelonch, rugbyman toulousain, fils de producteur bio engagé dans cette démarche.

On retrouve Sabine, maraîchère dans le Gard, Julien, producteur de vin dans le Gers, Coline, animatrice d’une coopérative fromagère dans l’Aveyron, Jean-Pierre, meunier en Lozère, Alban, éleveur de poules pondeuses dans le Lot et Daphné, éleveuse de viande bovine dans l’Aude.

Tous ont souhaité s’engager pour valoriser leur métier, leurs savoir-faire ainsi que les valeurs qui les animent au quotidien.

UN PLAN MÉDIA ET DES OUTILS DE COMMUNICATION ADAPTÉS

Cette campagne, tournée vers le grand public, se déroule du 1er mars au 30 juin 2023 et est visible en magasins spécialisés, à la radio et sur les réseaux sociaux, avec notamment l’organisation d’un jeu concours qui permet de remporter, toutes les semaines, un panier de produits bio d’Occitanie d’une valeur de 70€ et tous les mois, un ballon de rugby signé par Anthony Jelonch.

Afin d’optimiser la promotion de la campagne de communication au niveau régional, différents outils ont été mis en place.

1/ FILM

Un film de 50 secondes a été réalisé afin de mettre en scène nos ambassadeurs Nos ambassadeurs mettent dans un panier les différents produits bio de la région, représentant les principales filières de la Bio en Occitanie, et se les passent, les uns après les autres, jusqu’à ce que l’essai soit marqué par Anthony Jelonch. L’image de l’ensemble des produits montre la diversité de la production bio d’Occitanie.

Une adaptation de ce film a été réalisée en film de 30 secondes et en films par filières (aviculture, viticulture, maraîchage, élevage bovin, grandes cultures et produits laitiers) pour les réseaux sociaux.

2/ KIT COMMUNICATION POUR LES RÉSEAUX MEMBRES

Un kit de communication a été transmis aux réseaux membres départementaux d’Interbio Occitanie afin qu’ils communiquent sur la campagne au travers de leurs différents canaux de communication. L’impact de la campagne sera d’autant plus fort grâce au relais des réseaux membres.

3/ KIT DE COMMUNICATION OUTILS MAGASINS SPÉCIALISÉS BIO ET PRODUCTEURS

Différents outils de communication ont été réalisés à destination des magasins bio et des magasins de producteurs de la région Occitanie. Ils ont été distribués et mis en place par les réseaux membres d’Interbio Occitanie : les Groupements des Agriculteurs Bio (Gab et Civam Bio) et les Chambres d’agriculture d’Occitanie.

4/ SPOT RADIO
Un spot radio a été enregistré afin de mettre en avant le jeu concours.
Un commentateur sportif encourage la consommation des produits bio en Occitanie et cite Anthony Jelonch. Une deuxième voix intervient afin d’annoncer le jeu concours et les lots à gagner. Clap de fin avec le retour du commentateur qui clôture le spot radio en concluant « Ensemble, faisons passer le Bio Réflexe !»

Par Laureline Terris et Nancy Fauré, Interbio Occitanie


La bio en Occitanie : faire front face à la crise 12

La bio en Occitanie : faire front face à la crise

Pour une nouvelle année consécutive, l’Occitanie conserve sa place de première région bio de France avec 13 658 producteurs et ses 648 324 ha bio et en conversion.

Si la croissance des surfaces et du nombre d’exploitations bio ralentit, elle reste positive avec 4 % d’augmentation et 114 802 ha en conversion. 1298 exploitations ont démarré une activité bio en 2022 et sont exclusivement en bio pour 2/3 d’entre elles. Les filières  les plus attractives chez les nouveaux notifiés sont les légumes, les grandes cultures et la viticulture. La part des arrêts de certification bio dans la cohorte des exploitations bio régionales est stable, aux alentours de 2 %.

Du côté de l’aval des filières bio, 208 entreprises ont démarré une activité bio en 2022. Leur nombre est toutefois en baisse : elles sont 2 % de moins qu’en 2021. L’inflation et la baisse de consommation des produits bio sont à l’origine de ce phénomène.

Comme dans le reste de la France, la situation des marchés bio et de la consommation bio est délicate. Les grandes et moyennes surfaces retirent les produits bio des rayonnages et l’inflation freine les achats alimentaires. Néanmoins, les produits bio sont moins assujettis que les autres à l’inflation et l’écart de prix avec les produits conventionnels se réduit, allant parfois jusqu’à s’inverser.

Pour appuyer la relance de la consommation de produits bio, Interbio Occitanie, ses membres, les magasins bio spécialisés partenaires et Anthony Jelonch, notre ambassadeur champion de rugby, ont lancé une campagne de communication. L’objectif est de sensibiliser le consommateur, réaffirmer les plus-values et bienfaits des produits bio et faire gagner toutes les semaines pendant deux mois un panier garni de produits bio régionaux.