Non à la suppression de l’Agence BIO, le pilier de l’agriculture biologique en France !
L’Agriculture biologique en France c’est :
➡️ 40 ans d’engagement pour une agriculture respectueuse de l’environnement, de la santé et de la biodiversité.
➡️61 000 fermes bio, soit la 1ère surface bio cultivée en Europe et le 1er vignoble bio mondial.
➡️ 215 000 emplois au service d’un modèle agricole vertueux.
➡️Plus de 12 milliards d’euros de chiffre d’affaires pour la filière.
➡️ 70 % des produits bio consommés en France sont d’origine France.
🟩 Et en Occitanie, c’est 21 % des exploitations régionales.
Et pourtant, un amendement validé par le Sénat menace de supprimer l’Agence BIO, outil essentiel pour :
🟢 Soutenir les agriculteurs et les entreprises bio via le Fonds Avenir Bio.
🟢 Promouvoir la consommation et la production bio locale.
🟢 Assurer le suivi et les prévisions de la filière via son observatoire.
🟢 Atteindre l’objectif de 20 % de bio dans la restauration collective.
🟢 Offrir un espace unique de concertation de toute la filière.
Alors que le marché bio redémarre et que l’on s’apprête à célébrer les 40 ans du label AB sur le Salon de l’Agriculture à Paris où doit être lancée une nouvelle campagne de communication d’envergure, le Sénat émet un signal à contresens.
📢 En supprimant l’Agence bio, l’agriculture biologique deviendrait le seul mode de production agricole français, et qui plus est de qualité, à ne plus avoir de structure nationale représentative de son secteur. Cette mesure, totalement dérisoire sur le plan de la maîtrise des finances publiques, serait surtout désastreuse pour les filières de l’agriculture biologique, compte tenu du rôle clé que joue l’Agence bio dans son développement.
Abattoir de volailles multi-site collectif dans l'Hérault
Vous habitez Béziers ou Lattes, et souhaitez déguster un poulet Bio ce dimanche ? Ce poulet ne viendra probablement pas de l’Hérault. En effet, la filière volaille de chair Bio du département est quasiment inexistante. La demande des consommateurs pour un produit de qualité et en circuit court est pourtant forte. Les agriculteurs cherchent à introduire plus de diversité dans leur modèle économique et veulent gagner en résilience. Cette absence est largement due à l’absence d’abattoir spécialisé, forçant les agriculteurs à emmener leurs bêtes jusqu’à l’abattoir de Mazamet, Rodez ou dans l’Aude. Face à ce constat, le CIVAM Bio 34 et l’INRAe réunissent en 2018 des agriculteurs et porteurs de projets motivés pour essayer de trouver une solution collective.
Maraîchers et éleveurs de poules pondeuses en bio depuis 2017 à Capestang, Christophe et Marie-Alix sont de ceux-là. Avec les autres ils se tournent d’abord vers l’abattoir de Pézenas, mais le volume hebdomadaire demandé est bien trop élevé : ils ne pourraient pas fournir plus d’une centaine de poules par semaine, quand on leur en demande plus de 2000. Pour Christophe et les autres, se pose une myriade de questions sur les conséquences de l’élevage et de l’abattage d’animaux. Transporter les poules jusqu’à Pézenas : c’est occasionner du stress durant le long trajet ; intensifier, c’est s’exposer aux maladies et perdre le lien à l’animal ; ne pas tuer soi-même, c’est élever à moitié.
Cette première expérience impose un constat : les agriculteurs, peu expérimentés dans le domaine, sont trop fragiles, et la filière n’émergera pas sans l’assistance des collectivités. La métropole de Montpellier, le Pays Coeur d’Hérault, le Pays Haut-Languedoc et Vignobles, les communes de Capestang et d’Olargues répondent à l’appel du CIVAM Bio34 et de l’INRAe, et commandent une étude de faisabilité pour une solution semi mobile.
Arrivé au sein du collectif en 2023, au début de l’étude, Jean-Michel Bedoya est le seul membre du groupe menant déjà un élevage de volaille de chair. Son expérience, couplée au support des organismes et des collectivités, fait décoller le projet qui s’oriente vers une solution semi-mobile : l’outil sera transporté dans un camion ou une remorque, et partagé entre 4 sites d’accueil, prévus à Olargues, Capestang, ainsi que deux locations à définir dans la métropole de Montpellier ainsi que le Pays Coeur d’Hérault. De plus, les éleveurs feront les tueries, en binôme.
Les agriculteurs fondent par ailleurs en décembre 2023 l’association RCCV 34 (Regroupement Circuit Court Volaille 34), qui servira d’association de préfiguration, permettant l’incorporation au consortium Terrasol, financé par la Banque des Territoires, ainsi que la formation d’un GIEE.



ACCOMPAGNER LA CRÉATION DE LA FILIÈRE :
Outre la création de l’abattoir, pour pouvoir garantir le développement de la filière, les éleveurs et futurs éleveurs ont choisi de se constituer en GIEE, afin de mobiliser de la connaissance, de la formation, de capitaliser et donc permettre le soutien des projets en cours et des futurs projets d’ateliers volailles.

La rencontre avec d’autres éleveurs de volaille de chair et de fournisseurs permet cependant de révéler plusieurs défauts du projet :
- Limitation de la disponibilité de l’abattoir à 1 jour/semaine sur site
- Les éleveurs transportent eux-mêmes l’unité mobile d’un site à l’autre ou embauchent un conducteur dédié
Finalement, les porteurs de projet s’orientent vers une solution “en dur”. Désormais, chaque station d’accueil sera un abattoir séparé, qui aura pour vocation d’accueillir les éleveurs environnants.
La solution semi-mobile, bien qu’infructueuse, pose les fondations de ce qu’est devenu le projet : autonomie des éleveurs, installations à taille humaine, et mutualisation des moyens de production.
L’association est désormais en bonne voie pour former un GIEE qui leur permettra de monter en compétences, tandis que l’outil même sera l’objet de la création d’une CUMA, mutualisant le fonctionnement des quatre abattoirs au sein d’une même structure.
UN PROJET QUI S’INSCRIT DANS UNE DYNAMIQUE PLUS LARGE
Le projet TerrAsol (Territoire Alimentaire Solidaire) vise à créer un modèle de solidarité alimentaire durable en renforçant l’accès à une alimentation de qualité pour tous, tout en soutenant la diversification agricole entre la métropole de Montpellier et ses territoires nourriciers. Il promeut des circuits courts, l’inclusion citoyenne et des pratiques agricoles écologiques.
Le projet réunit un consortium de 16 membres, composé d’associations, de coopératives, d’organismes de recherche, de collectivités et d’acteurs économiques. Des associations comme la Fédération des CIVAM d’Occitanie et le CIVAM Bio 34, des institutions de recherche telles que CIRAD et INRAE, Institut Agro Montpellier (Chaire Unesco Alimentations du Monde), des collectivités locales comme la ville de Montpellier et Montpellier Méditerranée Métropole, des acteurs économiques comme Regroupement Circuit-court Volailles 34.
Ce consorsium a répondu à l’Appel à Manifestation d’Intérêt (AMI) de la Banque des Territoires Démonstrateurs territoriaux des transitions agricoles et alimentaires, dans le cadre du Plan France 2030, et vise à mettre en place des solutions solidaires autour de l’accès à une alimentation durable et de qualité pour tous. Terrasol a été lauréat et est doté de 10 millions d’euros de subventions (sur un budget global de 20 M).
OBJECTIFS PRINCIPAUX :
- Solidarité alimentaire : Favoriser l’accès à une alimentation de qualité pour tous.
- Gouvernance partagée : Engager divers acteurs (citoyens, collectivités, entreprises) dans la gestion des politiques alimentaires locales.
ACTIONS CONCRÈTES PRÉVUES :
- Comité citoyen et Caisse Alimentaire Commune : Pour une gouvernance inclusive des ressources alimentaires.
- Maisons de l’alimentation solidaire : Espaces locaux pour encourager l’accès équitable à une nourriture de qualité.
- Abattoirs mobiles et outils pour une agriculture plus locale et durable.
- Formation et sensibilisation : Promouvoir les enjeux de l’alimentation durable.
- Conseil alimentaire territorial et laboratoire citoyen pour renforcer la recherche et les initiatives locales.
- Fonds d’investissement pour les transitions agricoles : Soutien financier aux initiatives locales liées à l’agriculture et à l’alimentation
durable


Par Céline Mendes, Civam Bio de l’Hérault
Crédit photos : Shutterstock
Journée portes ouvertes de la ferme expérimentale de Thorigné d'Anjou
La ferme de Thorigné d’Anjou, située au nord d’Angers, est engagée en agriculture biologique. Elle conduit un troupeau de 80 vaches limousines sur une surface de 144ha dont 84% dédiés à la production de fourrages. Le potentiel agronomique des sols est modeste. L’objectif visé reste l’autonomie alimentaire totale ainsi que la finition de tous les animaux de la ferme (génisses, boeufs et vaches de réforme). La pluviométrie est limitée avec en moyenne 675 mm/an avec une variation de ± 100 mm et une sensibilité forte face aux aléas climatiques.
Lors de cette journée qui a réuni plus de 1000 personnes, de nombreux résultats ont été présentés à travers 16 ateliers de démonstration et 6 conférences techniques. Le public très nombreux a pu découvrir des retours d’expérimentation sur les pratiques mises en place depuis plusieurs années et des leviers d’adaptation face au changement climatique. Les thèmes abordés étaient principalement axés sur l’élevage bovin viande (le vêlage à 24 mois, une finition plus économe des vaches de réformes, le croisement angus/limousin : une viande jeune adaptée aux enjeux de demain) et sur la production fourragère (l’implantation des prairies sous couvert, l’amélioration de la robustesse des prairies à flore variée, le bale grazing).
3 axes de travail sont jugés prioritaires :
- Sécuriser la ressource alimentaire : autonomie et adaptation face au changement climatique
- Produire de la viande bovine biologique : finition des animaux, qualité de la viande et valorisation des mâles
- Maintenir dans le temps un système durable : fertilité des sols et réduction des GES (gaz à effet de serre)
TROIS LEVIERS EXPÉRIMENTÉS SUR LA FERME
1. DES PRAIRIES À FLORE VARIÉE (PFV) POUR GAGNER EN PRODUCTIVITÉ ET EN ROBUSTESSE
Dans les conditions particulières de la ferme de Thorigné, un essai comparatif PFV et RGA-TB a été mené pendant une dizaine d’année avec le pâturage comme usage principal. Les résultats montrent un différentiel d’1,5 tMS/an en faveur de la prairie à flore variée soit +1 000 UFL/ha et +130kg MAT/ha. La PFV montre également moins de variabilité et plus de robustesse sur sa durée d’exploitation, entre 4 et 5 ans.



2. LE BALE-GRAZING : UNE PRATIQUE PROMETTEUSE
Sur un site éloigné de l’exploitation, une expérimentation d’affouragement au pâturage avec présence des balles rondes dans les paddocks est menée depuis 2 hivers. Elle consiste à conduire un lot de 30 bovins en croissance en pâturage hivernal sur des paddocks journaliers de 1 200m2 avec un fil arrière au vu des contraintes liées à l’abreuvement et aux zones d’abri. Les balles rondes de foin sont laissées sur place et déroulées en hiver pour un affouragement économe. Les premières observations montrent des valorisations très satisfaisantes avec 80% du foin déroulé consommé par les animaux, des performances zootechniques correctes mais plus faibles en conditions très pluvieuse. Cette pratique réduit la mécanisation (moins de transport) et permet un retour de la matière organique non consommée au sol visant à améliorer la fertilité des sols. Sur le long terme, des interrogations se posent sur l’impact de cette pratique sur la flore, la productivité de la prairie en N+1 et la compaction des sols.


PAROLE D’ÉLEVEUR
David Nègre, éleveur bovins viande à Andouque, a participé à cette journée. Il nous livre son témoignage : « J’ai beaucoup apprécié la qualité des différents ateliers techniques. Je suis à la recherche de solutions pour la finition de mes animaux, et le rajeunissement grâce au croisement Angus me plait bien. Ces animaux arrivent à concilier état d’engraissement et qualité de la viande à moins de 30 mois. J’ai été surpris aussi par les résultats comparatifs boeuf limousin/jeune vache. L’essai montre une efficience alimentaire supérieure pour les boeufs avec des marges sur coût alimentaire de 400€ en engraissement contre 250 pour les jeunes vaches. Le boeuf peut être fini à 30-32 mois avec une viande de qualité. Mais sa production est exigeante : il lui faut 800 kg d’aliments et plus d’une tonne d’enrubannage ! Un atelier proposait une présentation sur l’albédo et j’ai pu comprendre ce que c’était : le rayonnement solaire réfléchi. C’est un phénomène naturel qui peut servir à limiter le réchauffement. Plus l’albédo est élevé, plus la lumière sera réfléchie dans l’atmosphère et moins il y aura d’énergie pour réchauffer la planète. »



3. DES ESSAIS SUR LA FINITION À L’HERBE
La ferme de Thorigné expérimente la phase de finition exclusivement avec de l’herbe pâturée pour les animaux concernés: boeufs Limousins de 24 et de 30 mois, boeufs et génisses croisés Angus de 24 mois. L’objectif attendu est d’obtenir des croissances supérieures à 1 Kg /jour à partir d’herbe de qualité pâturée au stade feuillu et temps de présence de 1 à 2 jours/paddocks.
Pour bénéficier d’une disponibilité suffisante en herbe sur pied et d’une valeur alimentaire optimale, la période idéale pour la finition se situe entre le 01 mars et le 15 juin en année moyenne. Les prairies sont principalement des prairies à flore variée riches en légumineuses et des prairies avec chicorée.
Pour les boeufs Limousins, un âge avancé (30-32 mois) est favorable à la finition à l’herbe alors qu’elle sera plus compliquée avec des animaux de 24-26 mois. Par contre, concernant les animaux croisés Angus, génisses et boeufs, leur précocité permet une faisabilité de leur finition au pâturage avec des notes d’état à 3 en abattoir.
PERSPECTIVES
A travers ses différents travaux sur l’autonomie alimentaire, la conduite du troupeau et la fertilité de sols, la ferme s’approche d’un optimum qui rend le système efficient, durable, viable et transposable. Le tandem prairie-bovin pâturant est au coeur de son fonctionnement. L’exploitation se fixe comme ligne directrice, à l’image de n’importe quelle ferme, de conserver un modèle économique cohérent et reproductible par sa dimension et son orientation technique.
POUR EN SAVOIR PLUS
Page Facebook de la ferme : https://urlr.me/Q6CAeK
Conférence en replay « Vers un élevage acteur de la transition face aux enjeux climatiques »
Par Alexis Gangneron, Chambre agriculture du Tarn
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Informations réglementaires AB et nouveautés du côté de l'INAO
Deux réunions du CNAB (comité national Agriculture Biologique) ont eu lieu en mars et en juillet 2024, avec différents sujets abordés, générant souvent une modification du guide de lecture. Passons en revue les principaux sujets ayant fait l’objet de précisions.
LA LUTTE CONTRE L’ENVAHISSEMENT DES MAUVAISES HERBES PAR LE TRAITEMENT À LA VAPEUR
Le traitement à la vapeur constitue un mode de désherbage thermique qui n’est possible que pour les cultures protégées (serres, tunnels, protections temporaires type films, toiles, couvertures, mulch) et à une profondeur maximale de 10 cm. Ce traitement peut être pratiqué sur les cultures qui recevront une protection temporaire au cours de leur cycle végétatif.
APPORTS DE TERRES SUR DES PARCELLES BIO
Les apports de terres non biologiques sont interdits. Les remontées de terre au sein d’une même parcelle suite à des intempéries sont possibles.
AQUACULTURE BIO
Le point 3.1.5.3c) annexe II partie III du RUE 2018/848 mentionne « dans le cas des poissons d’eau douce, les fonds doivent être aussi proches que possible des milieux naturels. Dans le cas de la carpe et des espèces similaires ils doivent être constitués de terre naturelle ». Le guide de lecture français précise dorénavant « pour les carpes, autres espèces de cyprinidés, perches, brochets, poissons-chats et corégones, les fonds constitués de gravier ou de béton sont donc interdits ».
SERRES CHAUFFÉES
La date butoir pour l’application du recours à des énergies renouvelables pour le chauffage des serres en AB a été repoussée du 01/01/2025 au 01/01/2030. Cette nouvelle date ne s’applique qu’aux exploitations en conversion ou certifiées bio avant le 01/01/2020. Par contre, cette obligation ne concerne pas la production de plants.

DURÉE DE PÂTURAGE DES ANIMAUX NON BIO SUR DES TERRES BIO
Le guide de lecture français a précisé l’application de la règle européenne des 4 mois maximum de pâturage par an d’animaux non bio sur des prairies bio. Si l’exploitation possède une unité de production animale bio, cette règle s’applique. Toutefois elle ne s’applique pas si aucun animal bio n’est présent sur l’exploitation. Lors de la mise en pension d’animaux non bio d’espèce similaire au cheptel bio de l’exploitation, la séparation physique entre ces 2 catégories est obligatoire et le respect de 4 mois maximum sur une parcelle bio s’applique aux animaux non bio.
SEMENCES ET PLANTS : PRÉCISIONS POUR LES PLANTES PÉRENNES
Les MRV (matériel de reproduction végétative) issus de plantes mères non bio pour la production de plants bio d’espèces pérennes sont en Autorisation Générale (article 1.8.6, annexe II, partie 1 du RUE 2018/848). Cela signifie qu’il est possible de produire des plants bio d’espèces pérennes à partir de plantes mères non bio. C’est souvent le cas en arboriculture et en viticulture. Toutefois ce n’est pas possible pour les espèces dont la première récolte du produit se situe après une seule période de végétation (cas de certaines aromatiques annuelles, plants de légumes par exemple).
Notez bien : l’adresse du site Semences et Plants Bio a changé : https://www.semences-plants-biologiques.org/
C’est utile pour les demandes de dérogation de semences.
ROTATION DES CULTURES ANNUELLES
L’INAO a précisé les conditions minimales à respecter pour une rotation : l’opérateur applique par parcelle une rotation pluriannuelle, sauf pour les surfaces en herbe et les cultures pérennes. La succession des cultures dans une rotation s’apprécie au regard de la gestion de la fertilité des sols et des bioagresseurs.
Une culture annuelle est une culture dont le cycle de vie est court et inférieur à un an. Une culture issue d’un re-semis naturel ne peut être considérée comme une culture semi-pérenne et doit donc être comptabilisée 2 fois dans la rotation.
ACCÈS À L’EXTÉRIEUR DES PETITS RUMINANTS BIO
La note de lecture INAO relative aux dispositions pour la sortie des animaux bio est complétée pour les ovins et les caprins : « les caprins et les ovins ont accès permanent aux pâturages au plus tard à l’âge de 6 mois. Les agneaux abattus avant 6 mois doivent avoir eu accès à un espace de plein air (aire d’exercice extérieure et/ou pâturages) pendant au moins 30 jours, quand les conditions le permettent ».

PRODUCTION BIOLOGIQUE DU SEL EN FRANCE
La publication d’un arrêté au JORF le 15 juillet 2024, permet l’homologation du cahier des charges pour la production biologique du sel en France. Ce cahier des charges complète les dispositions du règlement (UE) 2018/848 et ses actes secondaires, en encadrant spécifiquement la production du sel biologique. Il a été établi sur la base du projet d’acte délégué préparé par la Commission européenne, mais rejeté par le Parlement européen. Il revenait donc aux États Membres de prendre leurs dispositions pour mettre en place un cahier des charges… ou non pour le sel. Notre région Occitanie est concernée.
Par Anne GLANDIERES, Chambre régionale d’agriculture d’Occitanie
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Maximisez votre potentiel apicole avec des produits transformés à base de miel
La transformation des produits à base de miel consiste à créer une variété de spécialités. Ce processus nécessite de maîtriser l’art de la transformation, une compréhension approfondie des propriétés chimiques du miel et des ingrédients utilisés, ainsi qu’un engagement ferme pour la qualité et l’authenticité des produits.
POURQUOI FAIRE DE LA TRANSFORMATION ?
À travers les produits transformés, les apiculteur.trices peuvent non seulement augmenter leur chiffre d’affaires avec une quantité minimale de miel, mais aussi diversifier leur offre, se démarquer des autres, répondre à une demande croissante pour des produits artisanaux et potentiellement s’engager dans une activité qui leur plaît.
QUEL PRODUIT CHOISIR ?
D’après des enquêtes réalisées au sein de l’ADA Occitanie, les quatre produits les plus vendus sont le pain d’épices, le nougat, la pâte à tartiner et les bonbons.

COMMENT CHOISIR SES PRODUITS TRANSFORMÉS ?
Les options de produits transformés étant nombreuses, plusieurs facteurs peuvent vous guider dans votre choix. Comme par exemple :
- La demande du marché : 64 % des apiculteurs.trices enquêtés notent un pic de vente en décembre.
- Le temps que vous pouvez consacrer à la transformation : 75 % des apiculteurs.trices enquêtés disent consacrer 0-10 % de l’année à la transformation.
- Le matériel que vous êtes prêts à acheter : La liste croissante des produits et les machines nécessaires à leur production est un élément clé à considérer.

QUANTITÉ DE MIEL NÉCESSAIRE ?
Comprendre la quantité de miel nécessaire pour chaque type de produit transformé est crucial pour optimiser vos ressources et planifier votre production. Voici une liste de produits transformés et la quantité de miel utilisée pour produire 1 kg de chaque produit :

QUEL EMBALLAGE UTILISER ?
Les produits transformés à base de miel, étant des produits stables, ont une Date de Durabilité Minimale (DDM) attribuée. Cette DDM indique la date jusqu’à laquelle le produit conserve ses qualités gustatives, nutritionnelles et ses propriétés spécifiques dans des conditions de conservation appropriées. C’est pourquoi le choix des apiculteurs de leur emballage est souvent orienté vers la prolongation de la DDM.

QUELLES RÈGLES POUR LE BIO ?
Si vous voulez passer en production biologique, voici quelques points qui peuvent vous être utiles à connaitre

Tous ces facteurs, et bien d’autres encore, peuvent vous aider à déterminer quel type de produit transformé vous convient le mieux, ou si cette activité vous convient tout simplement. Ce qui est certain, c’est qu’il est essentiel de bien étudier cette étape avant de se lancer. N’hésitez pas à vous informer auprès de professionnels qui pratiquent déjà la transformation ou à demander un accompagnement auprès des organismes concernés, notamment les ADAs.
Par Sarah HOURANY, ADA Occitanie
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Externalités de l'agriculture biologique - Retours sur les principaux résultats de l'étude de l'ITAB
En juin dernier, l’ITAB a présenté les résultats de son actualisation partielle de l’étude de 2016 « Externalités de l’Agriculture Biologique (AB) ». Cette actualisation a été réalisée avec l’appui de chercheurs de l’INRAE, de l’Inserm et de l’ISARA et a pris en compte 800 nouvelles publications scientifiques. Elle permet d’identifier comment les pratiques mises en oeuvre en AB favorisent ou au contraire dégradent : le sol, la biodiversité, le climat et la santé humaine par rapport à l’agriculture conventionnelle. En voici la synthèse.
BIODIVERSITÉ
Par rapport à une conduite en conventionnel, les effets de l’AB sont bénéfiques à la biodiversité pour l’abondance (nombre d’individus) avec +32 % en AB et la richesse spécifique (nombre d’espèces) avec +23 % en AB. Les effets sont prépondérants sur les plantes, et sont perceptibles pour une grande diversité de groupes taxonomiques et fonctionnels.
La biodiversité joue un rôle clé dans le fonctionnement des écosystèmes. Les parcelles conduites en AB ont des niveaux de service de pollinisation et de régulation naturelle supérieurs aux parcelles conduites en conventionnel.
SOL
L’AB abaisse significativement les niveaux de contamination des sols cultivés avec moins de résidus de pesticides (-30 % à -55 %) et à des teneurs moindres (somme des teneurs réduites de 70 % à 90 %).
Du fait de la réduction des apports d’azote, l’AB propose un modèle abaissant les pertes en nitrate de 30 à 60 % par rapport au conventionnel en grandes cultures.
En AB, les indicateurs de la biologie des sols sont améliorés dans 70 % des cas par rapport au conventionnel, de façon nette pour les micro- organismes, et ce malgré le travail du sol.
L’AB montre ainsi un effet généralement positif sur la qualité physique des sols et en conséquence des propriétés plus favorables en ce qui concerne la dynamique de l’eau dans l’agrosystème. La disponibilité de l’eau pour les plantes est généralement améliorée. Ces éléments sont également susceptibles de permettre de diminuer le risque d’érosion des sols.
CLIMAT
L’AB contribue à la réduction des émissions de Gaz à Effet de Serre (GES) à l’échelle des parcelles cultivées, principalement en lien avec l’absence de fertilisation de synthèse et la faible disponibilité des Produits Résiduaires Organiques (PRO) qui sont à l’origine d’émissions moindres à la parcelle de N2O et de CO2. En conséquence, les productions végétales AB, dont les émissions sont essentiellement composées de ces deux GES, présentent des émissions moindres par unité de surface, de l’ordre de 50 %.
Enfin, les pratiques de fertilisation (PRO et légumineuses) en AB sont également à l‘origine d’une accumulation de carbone organique dans les sols, plus importante qu’en conventionnel. Si pour la quasi-totalité des productions, les émissions par hectare sont systématiquement inférieures en AB, la littérature montre que, par unité produite, les conclusions varient selon les catégories de produits, du fait des rendements plus faibles en AB. Toutefois, de récents travaux montrent que les productions végétales présentent, à quelques exceptions près, de meilleures performances GES quelle que soit l’unité fonctionnelle retenue. Pour les produits animaux, les effets sont hétérogènes : l’empreinte AB est légèrement meilleure en bovin viande, équivalente dans le cas du lait bovin lait, moins bonne en monogastriques.
SANTÉ
Du fait de l’interdiction de nombreux produits en AB et principalement les produits phytopharmaceutiques, de nombreux atouts pour la santé humaine de l’AB par rapport au conventionnel ont été identifiés, notamment pour les populations professionnelles les plus exposées, ainsi que les populations spécifiques telles que les riverains des parcelles agricoles, les mères pendant la grossesse, et les enfants (INSERM, 2021).
La population globale est aussi exposée aux résidus de produits phytopharmaceutiques, retrouvés dans les aliments, or en AB la fréquence de présence de ces résidus est diminuée de 30 %, avec également des concentrations moyennes de résidus inférieures observées, par exemple 100 fois inférieures à leurs équivalents conventionnels en fruits et légumes AB.
Le nombre de produits autorisés est également très restreint pour les additifs alimentaires et les auxiliaires technologiques dans la transformation des produits.
Par ailleurs, par son moindre usage d’antibiotiques, l’AB contribue moins au phénomène d’antibiorésistance, qui est un enjeu de santé publique croissant.
Il a également été identifié des intérêts nutritionnels des aliments bios avec plus de vitamines, de minéraux, d’anti-oxydants, et d’omega 3.


SOURCES :
- Dallaporta B., Gentil-Sergent C., Lacarce E., Cisowski, F., Vidal R., Sautereau N., 2024, Note synthétique | Quantification des externalités de l’Agriculture Biologique, 2024, ITAB, 4p, basée sur l’analyse de près de 800 articles scientifiques pour établir un état actualisé des connaissances scientifiques. Seule une sélection de références bibliographiques est mentionnée.
- Pour approfondir cette lecture, les chapitres et résumés des différentes thématiques abordées sont accessibles en ligne :
- https://vu.fr/UaVKm
Par Sara Brunel, Interbio Occitanie
Crédits photos : Shutterstock
Le marché bio Français en 2023 : un bilan mitigé mais de meilleures perspectives pour 2024
Le marché bio en France, bien que confronté à des défis, montre des signes de résilience et de croissance. Les évolutions observées au début de 2024 indiquent un avenir prometteur, soutenu par des consommateurs engagés et des politiques favorables. L’objectif est aujourd’hui de soutenir les entreprises et producteurs engagés en bio afin de les aider à passer cette étape et être prêt à renouer avec le développement du marché.

En 2023, le marché bio français voit son chiffre d’affaires se stabiliser malgré de nombreuses turbulences économiques. Selon l’Agence Bio, le marché a atteint environ 12 milliards d’euros en 2023, tous circuits de distribution compris. Le marché en valeur est stable mais les volumes écoulés reculent à nouveau en 2023 de 7 % environ.
À l’exception de la grande distribution, tous les lieux d’achat du bio enregistrent une évolution positive de la valeur des ventes. Les circuits courts et artisans connaissent une belle hausse du chiffre d’affaires de respectivement 8,7 % et 4,3 % traduisant une spécificité du bio : capitaliser sur le local et le bio par la vente directe. En circuits longs, les magasins spécialisés bio ont connu une reprise du marché au cours du second semestre, permettant de finir l’année en positif de 2,2 %. En revanche, les grandes surfaces, premier réseau de distribution en produit bio avec 50 % de parts de marché, s’est fortement désengagé en 2023. Ils perdent ainsi 3, 8 % de chiffre d’affaires en 2023. Entre 2020 et 2023, la baisse sur ce secteur s’établi à près de – 12 %.
UN MARCHÉ EN MUTATION
Les deux dernières années ont profondément changé les habitudes des consommateurs. En effet, ils ont démultiplié les stratégies pour moins dépenser. L’inflation a été très forte, en 2 ans. Elle s’établie encore en 2023 à + 11,8 % pour les produits alimentaires. A noter que l’inflation est moindre pour les produits bio sur la même période avec +7,7 %.
Première stratégie, les consommateurs ont pu changer d’enseigne de magasin de grande distribution. Ils se sont alors redirigés vers les indépendants à l’image prix plus basse. Ensuite, dans les magasins, les consommateurs ont pu faire le choix d’acheter des produits moins chers et « descendre en gamme ». Le bio a pu être délaissé au profit d’autres labels aux valeurs proches mais moins chers à l’achat (même si, en général, tous les produits de l’offre « responsable » sont en difficultés). D’autres consommateurs ont pu faire le choix de privilégier les marques de distributeurs bio aux dépends des marques nationales ou marques spécialisées bio. La valeur faciale des produits est devenue un argument de première ligne pour les consommateurs. Plus le produit à l’unité est cher, plus les consommateurs hésitent à l’acheter. Enfin, dernière stratégie : les consommateurs ont simplement moins gaspillé, provoquant une baisse de la consommation alimentaire globale des ménages français de 4,7 % en valeur en 2023


LE CHOIX DES CONSOMMATEURS N’EXPLIQUE PAS TOUT
Cependant, en grandes surfaces, un grand ménage a été fait dans les rayons afin de recentrer l’offre autour des références qui marchaient le mieux. Ce nettoyage était nécessaire après des années de forte augmentation du nombre de références bio dans les rayons. Mais aujourd’hui, la réduction des assortiments bio se poursuit de manière importante, limitant les produits disponibles à quelques références, et notamment aux références privilégiées par les enseignes comme les marques de distributeurs bio.
Il est clair aujourd’hui que ce déréférencement pénalise les achats en produits bio en grandes surfaces. Les consommateurs ne trouvant plus leurs produits bio ont plusieurs options :
- Acheter des alternatives bio dans la gamme resserrée en rayon, ce qui explique l’augmentation de la demande à la référence constatée depuis fin 2023 (achat plus important en volume des références disponibles en bio)
- Ne plus acheter de produits bio : il y a une forte corrélation constatée entre la baisse des références et la baisse des volumes d’achat. Les magasins n’ayant pas baissé leur offre bio maintiennent les volumes achetés.
- Ou alors se tourner vers les magasins offrant un plus grand choix de produits bio : les magasins spécialisés bio. Depuis l’automne 2023, le chiffre d’affaires et la fréquentation repartent en magasins bio.
Car en effet, coté magasins spécialisés bio, la situation est bien différente. Une vague de grand ménage s’est traduit cette fois par la fermeture de près de 300 magasins bio en 2023, dont 31 en Occitanie. Cette vague suit une année où déjà plus de 250 magasins avaient définitivement baissé leurs volets en 2022. Les magasins les plus fragiles, souvent récents n’avaient pas eu le temps de fidéliser leur clientèle ni d’engranger la trésorerie nécessaire pour passer la crise et payer les investissements récents. Un retournement de marché aussi rapide est totalement exceptionnel et a fragilisé toutes les structures spécialisées bio, de l’amont à l’aval.
Ainsi, le parc des magasins bio restant a pu profiter d’un report de clientèle issus des magasins fermés et de la baisse d’assortiment des grandes surfaces. Les magasins profitent donc d’une nouvelle dynamique et voient aujourd’hui leurs chiffre d’affaire augmenter de 7 % entre janvier et avril 2024 vs 2023, ainsi que la fréquentation des magasins.


EN ALLEMAGNE, LE NOMBRE DE RÉFÉRENCES AUGMENTE DANS LES RAYONS
Premier marché bio européen, devant la France, l’Allemagne est également un modèle de distribution bien diffèrent. En effet, une part importante des magasins sont des magasins discounts. Et cependant, le bio a une place prépondérante dans ce pays. Le marché bio allemand progresse de 5 % en valeur en 2023 par rapport à 2022. Les ventes en grande distribution, qui ont maintenu leur offre bio, augmentent de 7 %. La progression est de 2 % dans tous les autres circuits, à l’exception des magasins bio où les ventes stagnent. La part de marché des produits bio recule légèrement en 2023, s’établissant à 6,2 % (contre 6,3 % en 2022).
Au premier trimestre 2024, les chiffres sont toujours rassurants. D’après Ecozept, la croissance en Allemagne du marché bio est à 7 % sur cette période, tous circuits confondus. En parallèle, les prix sont en baisse, ce qui signifie que les volumes achetés sont en hausse. Le nombre de référence sont également en hausse de 5 % dans les rayons.
PASSER LE CAP EN FRANCE EN SOUTENANT LES ENTREPRISES ET PRODUCTEURS
Cependant, le marché bio n’est pas exempt de défis. La hausse des coûts de production, due à l’inflation et aux perturbations des chaînes d’approvisionnement, a conduit à une augmentation des prix des produits bio. La demande moindre impose également aux filières de se réorganiser de manière plus ou moins importante.
Les entreprises spécialisées bio ont été plus touchées que les entreprises mixtes qui ont pu adapter leur circuit de commercialisation en s’appuyant sur des prix du marché conventionnel et des circuits d’écoulement plus favorables. Les initiatives gouvernementales pour soutenir l’agriculture biologique coté producteurs, bien qu’imparfaites, ont permis de combler une partie du manque. Les intermédiaires, coopératives et entreprises de transformation n’ont en revanche pas profité de ces aides exceptionnelles. Aujourd’hui les entreprises 100 % Bio souffrent d’un manque de trésorerie qui met à mal leur équilibre financier.
Au niveau régional, les acteurs bio se mobilisent autour de la relance de la consommation en diffusant des arguments auprès de la grande distribution pour remettre du bio en rayon et en se basant sur la campagne de communication #BioReflexe pour communiquer auprès du grand public. Objectif : pousser la reprise de la consommation au plus vite.

Par Ludivine Cureau, Interbio Occitanie et Amelie Berger, OCEBIO
Crédits photos : Shutterstock
Le Forum des investisseurs revient le 8 avril 2025 à Montpellier !
Rendez-vous le Mardi 8 avril 2025 à Montpellier pour une nouvelle édition du Forum des investisseurs.
Cet évènement est dédié aux entreprises, groupements de producteurs et coopératives porteurs d'un projet bio afin de les aider à trouver le financement adapté à leur besoin.
La journée s'organise en 2 parties : le matin interventions et présentations d'experts du secteur.
L'après-midi, des rendez-vous individuels préprogrammés avec différents financeurs.
Inscription et programme détaillé à retrouver prochainement.
> Matin : Plénière
Evolution des subventions pour les projets bio : Région, Etat, Europe
Interventions d'experts, témoignages et table ronde
> Après-midi : Rendez-vous d’affaires individuels
Des sessions de 20 minutes pour rencontrer les structures qui vous intéressent
et nouer des partenariats.
- Banques traditionnelles du marché agricole, agroalimentaire et des projets d'utilité social et écologique
- Plateformes de financement participatif du monde agricole et agroalimentaire (Prêts, dons, investisseurs)
- Structure et outils de garantie de prêts
- Société de Capital investissement
- Business Angels : investissement au capital d'entreprises innovantes en phase de création ou début d'activité
- Les partenaires publics régionaux et nationaux
- Les structures d'accompagnement
Pour plus d'information, n'hésitez pas à nous contacter.
ludivine.cureau@interbio-occitanie.com / 06 12 05 35 57
Pour en savoir plus, sur les éditions précédentes, vous pouvez consulter le site Internet d'Interbio Occitanie :
Bilan des éditions précédentes - C'est par ici !
Du Bio au resto' à la table des restaurants engagés
Alors que les produits bio ne représentent en moyenne qu’1 à 2 % de l’approvisionnement de la restauration commerciale, nous partons à la rencontre de ces professionnels de la région qui choisissent de leur faire la part belle dans les menus de leurs établissements.
Au Bistrot Galien à Toulouse, c’est en circuit ultra court qu’on s’approvisionne. Il faut dire que Béa, la compagne du patron, s’est installée en maraîchage AB il y a quelques années et que les deux entreprises, restaurant et exploitation agricole se développent en parallèle. Ainsi, le bistrot est le principal débouché pour les légumes de Béa, en regard de quoi la grande majorité des légumes cuisinés chez Galien proviennent du Jardin D’Ausseing. Un système certes atypique, mais efficace !
La qualité de ces produits est reconnue par la clientèle, maintenant fidélisée après deux années d’ouverture par cette cuisine créative, variée et accessible. Dans les assiettes, ces légumes et herbes 100 % bio côtoient des produits sourcés avec attention. En dehors de certaines grandes marques incontournables en brasserie, la sélection pour la carte des vins et des boissons s’établit en suivant ce même modèle de la recherche de bio et de local.
Le Bon Sens, c’est le nom de ce tout petit restaurant situé dans une ruelle du centre-ville de Montpellier, et c’est aussi ce qui guide Emilie, cheffe et patronne, dans ses choix d’approvisionnement. Dans cet établissement, l’offre se décline autour de produits de snacking 100 % faits maison et personnalisables selon les goûts des clients. Émilie a tissé autour du restaurant un réseau de nombreux fournisseurs : agriculteurs ou artisans en direct (fromages, vins, tofu), plateforme de producteurs locaux (fruits et légumes), commerce bio de proximité (épicerie) et même les rayons bio d’une grande surface professionnelle (cash n carry) pour le sucre et la farine. En fil rouge : l’exigence portée à la qualité gustative des produits, mais aussi le mode de production, l’origine, le type de conditionnement.
C’est dans une zone commerciale en lisière de la ville que nous avons rencontré Johanna Bralley, propriétaire et cheffe de l’Aromate à Albi. À la fois restaurant et épicerie, l’établissement s’approvisionne presque totalement en bio local, excepté pour le poisson. Ici aussi les fournisseurs “en direct” sont nombreux, repérés par le biais d’AMAP ou de magasins de producteurs.
Le menu, unique et différent chaque jour, est inspiré par le stock de l’épicerie et dans l’esprit d’une cuisine volontairement simple et axée autour des saveurs naturelles des ingrédients : les cuissons sont courtes et les sauces justement dosées. Un modèle bien rodé depuis 8 ans et qui est parvenu à séduire une clientèle variée et nombreuse.
S’APPROVISIONNER EN BIO TOUT EN PRÉSERVANT SA MARGE : À CHACUN SON ÉQUILIBRE
En restauration, l’enjeu majeur du travail du bio réside dans l’équilibre à trouver entre approvisionnement de qualité et maintien de la rentabilité de l’établissement. Un équilibre qui demande souvent de considérer l’ensemble de l’établissement, même les domaines qui semblent loin de ces questions. À cette question centrale, chacune et chacun trouvent leurs propres réponses :
CARTE RÉDUITE ET CUISINE INVENTIVE
Dans une optique de recherche du meilleur rendement possible, c’est une gestion du stock en flux tendu que pratiquent ces restaurants. Si la cuisine zéro déchet et ses fameux pestos de fanes ont le vent en poupe depuis quelques années, c’est sur la longueur des cartes et menus que cet aspect de l’approvisionnement a le plus d’impact. Ainsi, pour se fournir en produits frais et de saison, tout en évitant au maximum les pertes, de nombreux établissements réduisent leur offre au minimum, allant même comme à l’Aromate jusqu’au menu unique (avec des adaptations possibles en fonction des demandes particulières des clients bien sûr).
Mais manier une carte aussi courte impose d’en varier régulièrement, d’une part pour ne pas lasser la clientèle mais aussi pour “faire tourner” le stock. Aussi, la cuisine de produits frais et bio est avant tout le terrain de jeu de cuisiniers et cuisinières tout en créativité et dotés d’un sens aigu de l’adaptation.
TRAVAILLER DES PRODUITS BIO… ET LE FAIRE SAVOIR
Une fois passé en revue l’organisation du stock pour assurer le moins de déchets possibles, la question suivante est celle de la valorisation des produits vis-à-vis de la clientèle. En effet, le prix des produits est une variable qui entre pour une part importante dans le prix du repas facturé au client. Encore faut-il que ce dernier ait connaissance de la qualité des aliments servis.
La communication autour du mode de production est de manière générale encore mal appréhendée par les restaurateurs qui lui préfèrent la mise en avant d’informations liées au lieu d’origine des ingrédients qui composent le menu. Sur ce sujet, nos restaurateurs friands de produits bio adoptent différentes stratégies : au Bistrot Galien, on affiche le lien entre le restaurant et l’exploitation agricole par la mention “restaurateur maraîcher” sur l’enseigne et les équipes de service sont formées pour pouvoir répondre aux questions des clients portant sur l’origine des ingrédients.
Emilie fait le choix du label FiG (Food Index for Good) pour indiquer que son établissement Le Bon Sens adopte un ensemble de pratiques éco-responsables. Enfin, si l’on ne peut pas passer à côté de l’immense “BIO” peint à même la façade de l’Aromate, il n’est plus question de le rappeler par écrit sur le menu, tant la mention “bio” sur la carte soulevait de discussions de la part des clients…
Entre fierté et anticipation de crispations en salle, démêler cette question de la communication, centrale dans la valorisation du travail du bio par les restaurateurs est sans doute une des clés de l’augmentation de la part de produits bio dans l’approvisionnement du secteur, pour plus de bio au resto.

LA RESTAURATION COMMERCIALE : UN DÉBOUCHÉ POUR L’AGRICULTURE BIOLOGIQUE ?
Alors que la restauration hors-domicile dite commerciale ou privée représente un marché de 69 M€ en 2023 (chiffres Gira Food 2024), la part de produits bio dans ses approvisionnements n’est évaluée qu’à 1 ou 2 % des achats du secteur.
Pourtant la demande existe et l’ObSoCo mesure les attentes des consommateurs à plus de 70 % d’entre eux qui souhaiteraient trouver des produits issus de l’agriculture biologique sur la table des restaurants qu’ils fréquentent.
En regard de l’offre réelle, ce chiffre a de quoi questionner et présage une ouverture possible pour les produits bio dans les cafés, hôtels et restaurants. L’Agence Bio partage ce point de vue et place les acteurs de la RHD au centre de sa nouvelle campagne “Cuisinons plus Bio”, lancée en septembre dernier.
En région Occitanie, Interbio et ses partenaires mènent depuis six mois une série d’actions (en test pour cette première année) pour une meilleure introduction du bio sur ce marché.
Par Aurélia Courbieres, Interbio Occitanie
Crédits photos : Shutterstock et Interbio Occitanie









