Filière brassicole bio d'Occitanie : point d'étape
Retour sur la réunion régionale de la filière brassicole bio qui s’est tenue le mercredi 11 septembre 2024 dans les locaux de la Malterie Occitane à Saint Sulpice La Pointe (81).
Cette réunion réunissait tous les acteurs de la filière : céréaliers et houblonniers bio, organismes stockeurs, conseillers en développement et techniciens, malteurs et brasseurs.
Dans un premier temps, Amélie Berger d’OCEBIO (association des entreprises bio d’Occitanie) a présenté le contexte et la filière brassicole française de la production par les agriculteurs puis de la transformation par les malteurs et brasseurs, en finissant par la commercialisation et la consommation des bières bio.
Aujourd’hui, 70% des bières consommées en France sont produites sur le territoire mais 91 % du marché est détenu par des grands groupes.
L’Occitanie, comme le reste du territoire bénéficie d’une bonne implantation de brasseries artisanales avec près de 300 entreprises sur l’ensemble de la région. Parmi ces brasseries artisanales, 31 % ont une gamme bio. Dans le Tarn-et-Garonne, 9 brasseries artisanales sont implantées dont une est certifiée en bio en 2023.
Pour la récolte 2024, ce sont environ 2 315 T d’orge brassicole qui ont été collectées par 4 organismes en Occitanie. Ce volume est plus faible que les années précédentes en raison de la diminution des surfaces implantées, suite aux problématiques de possibilités de semis et rendements moindres.
L’orge brassicole est soumise à un cahier des charges spécifique pour être valorisée via cette filière. Les variétés utilisées sont principalement RGT Planet (variété 2 rangs de printemps) et Calypso (variété 2 rangs d’hiver), avec une exigence sur un taux de protéines entre 9,5 et 11,5 % et une PS spécifique.
Pour le maltage de l’orge, l’Occitanie compte deux entreprises basées dans le Tarn : la Malterie du Vieux Silo et la Malterie Occitane.
Concernant la filière houblon, environ 10 ha de houblon bio sont cultivés en Occitanie, ce qui représente 5 % de la surface totale de houblon en France. Un GIEE (Groupe d’Intérêt Economique et Environnemental) Houblon d’Occitanie accompagne la filière, avec un producteur présent dans le Tarn-et-Garonne.
L’installation d’une houblonnière demande des investissements conséquents, de l’ordre de 70 000 €/ha.
A ce jour, les producteurs d’Occitanie sont en capacité de produire, un stock de la récolte 2023 est évalué à 30 %.
La journée s’est poursuivie par la visite du site de la Malterie Occitaie : de la réception de l’orge achetée à Agri Bio Union, au triage et nettoyage du grain, aux machines de maltage : étapes de trempage du grain, puis de séchage à la chaleur puis de germination, jusqu’aux produits finis conditionnés.
Le site, en activité depuis juillet 2024 a pour objectif de transformer 120 T de malt par mois, avec des approvisionnements de 30 T d’orge brassicole par semaine.
L’après-midi a été consacrée à des groupes de travail : collaboration directe entre brasseurs et agriculteurs et filière régionale orge / malt avec les coopératives et les malteries.
Les agriculteurs, organismes stockeurs, malteries, conseillers, ont pu échanger ensemble notamment sur la répartition de la valeur. Le prix d’achat de l’orge brassicole bio ne rémunère pas suffisamment le producteur aujourd’hui, compte tenu de l’augmentation des coûts de production (intrants, carburant …) et des problématiques climatiques impactant le rendement. Un calcul, présenté par la Chambre d’Agriculture du Tarn, montrait que si la récolte d’orge brassicole était achetée à 520 €/T à l’agriculteur, cela représenterait une augmentation de 2 centimes par bière sur le prix de vente au consommateur.
Les problématiques sur les exigences des malteurs en protéines ont aussi était échangées avec les participants. La filière exige un taux de protéines minimum de 9,5 % en orge brassicole, ce qui est parfois difficile à atteindre en raison de l’augmentation du prix des matières fertilisantes utilisables en bio. En plus de la teneur en protéines, un critère de PS (Poids Spécifique) est également exigé par les malteurs pour raisons techniques.
PLUS D’INFOS
Retrouvez plus d’informations sur la filière auprès de l’association ABBIO – Association Brassicole Bio Interprofessionnelle d’Occitanie :
=> https://urlr.me/dWmG9H
Par Anne-Charlotte PENAS, Chambre agriculture Tarn et Garonne
Crédit photo : Shutterstock
Interbio Occitanie et l'ensemble de la filière bio saluent la nouvelle position du Gouvernement en faveur du maintien de l'Agence BIO
Interbio Occitanie et l’ensemble de la filière bio saluent la nouvelle position du Gouvernement en faveur du maintien de l’Agence BIO.
Pleinement mobilisée depuis le 17 janvier dernier, la filière bio appelle les Parlementaires de la prochaine Commission Mixte Partiaire du 30 janvier à confirmer la position en s’opposant à l’amendement supprimant l’Agence BIO.
Impacts des couverts végétaux sur le sol et la physiologie de la vigne en climat méditerrannéen
Le changement climatique intensifie les défis auxquels sont confrontés les viticulteurs bio, notamment en climat méditerranéen, où les épisodes de sécheresse et les températures élevées deviennent de plus en plus fréquentes. Dans ces régions, les vignes sont soumises à des stress thermique et hydrique, menaçant la croissance, le rendement et la qualité des raisins. Les couverts végétaux, bien que traditionnellement utilisés pour limiter l’érosion des sols et améliorer leur fertilité, sont désormais envisagés comme une solution pour renforcer la résilience des vignobles face à des conditions climatiques extrêmes.
Cette étude, basée sur l’expérimentation Expé Bio menée par le Biocivam de l’Aude, examine l’impact des modalités de gestion et de destruction des couverts végétaux sur la structure du sol et la physiologie de la vigne. L’objectif est de fournir aux viticulteurs bio des stratégies pratiques pour mieux s’adapter au réchauffement climatique tout en préservant la productivité de leurs vignobles.
MISE EN PLACE DES DISPOSITIFS EXPÉRIMENTAUX
L’expérimentation Expé Bio, lancée en 2021, vise à modéliser l’impact de différentes méthodes et dates de destruction des couverts végétaux sur la santé du sol, la physiologie de la vigne et la qualité des moûts. Réalisée sur deux parcelles du département de l’Aude, au Domaine Fontanille Haut (Laure-Minervois) et au Château Maris (La Livinière), l’étude a testé cinq modalités de gestion des couverts végétaux :
1. TNT (témoin non traité)
2. DP (Disque précoce)
3. DT (Disque tardif)
4. RP (Rouleau précoce)
5. RT (rouleau tardif)
Ces modalités ont été choisies pour évaluer l’impact de la temporalité et de la méthode de destruction des couverts sur la structure du sol et la croissance des vignes.


IMPACTS DES COUVERTS VÉGÉTAUX SUR LE SOL
Température et humidité du sol :
Les résultats de l’expérimentation ont révélé des différences significatives entre les modalités en ce qui concerne la température et l’humidité du sol. Les modalités disques (précoce et tardif) ont permis de maintenir des températures de surface plus basses durant les mois d’été, par rapport aux modalités rouleaux et au témoin non traité. Cette réduction de la température est essentielle pour limiter le stress thermique subi par les racines des vignes, particulièrement dans des climats où les périodes de canicule sont de plus en plus fréquentes.
Concernant l’humidité du sol, les modalités disques, et plus particulièrement le disque tardif (DT), ont montré une meilleure rétention d’eau. Cela est crucial en période de sécheresse, car une humidité accrue du sol permet de prolonger l’accès à l’eau pour les racines. En revanche, les sols traités avec les rouleaux (RP et RT) se sont révélés plus secs, ce qui pourrait aggraver le stress hydrique des vignes dans les années particulièrement arides
Structure du sol :
L’analyse des fosses pédologiques a montré que les modalités disques, notamment DT, ont amélioré la porosité du sol, favorisant une meilleure infiltration de l’eau et un développement racinaire plus profond. Un sol bien structuré, avec une bonne porosité, est essentiel pour la rétention d’eau et la disponibilité des nutriments, surtout en agriculture biologique où la fertilité repose sur l’activité biologique et la santé globale du sol.
À l’inverse, les modalités rouleaux ont eu tendance à compacter le sol, limitant ainsi l’infiltration de l’eau et la capacité des racines à puiser les ressources en profondeur. Cette compaction rend les sols plus vulnérables aux périodes de sécheresse et pourrait entraîner une perte de productivité à long terme si ces pratiques ne sont pas adaptées.
IMPACTS SUR LA PHYSIOLOGIE DE LA VIGNE :
Fertilité des bourgeons et rendement :
Les résultats montrent que les modalités disques, en particulier le disque tardif (DT), ont favorisé une meilleure fertilité des bourgeons, mesurée par un plus grand nombre de grappes par cep. Cette observation s’explique probablement par la réduction du stress hydrique et thermique grâce à une meilleure gestion de l’eau dans le sol et à des températures de surface plus basses. Pour les viticulteurs bio, cela se traduit par une augmentation du potentiel de rendement, même dans des conditions climatiques défavorables.


Stress hydrique :
Les mesures de l’indice de stress hydrique ont révélé que les modalités disques permettent de réduire la contrainte hydrique par rapport aux modalités rouleaux. À Château Maris, les vignes des modalités rouleaux ont présenté un stress hydrique plus important, ainsi qu’un plus grand nombre d’apex en arrêt de croissance, signe que la vigne ne parvient plus à maintenir sa croissance active sous ces conditions.

CONCLUSION
Les résultats de l’expérimentation Expé Bio montrent que l’utilisation de disques pour la gestion des couverts végétaux, en particulier avec une destruction tardive, présente des avantages significatifs pour la structure du sol, la rétention d’eau et la physiologie de la vigne en viticulture biologique. Ces pratiques permettent de maintenir une meilleure humidité du sol, de réduire le stress thermique et hydrique des vignes, tout en favorisant une fertilité des bourgeons plus élevée, contribuant ainsi à un rendement optimal.
Il est important de souligner que cette expérimentation a également été menée simultanément dans deux autres départements, les Pyrénées Orientales et l’Hérault. Les résultats obtenus dans ces régions vont dans le même sens que ceux observés dans l’Aude, renforçant encore davantage la robustesse des conclusions. Le fait que trois années d’étude sur trois départements distincts arrivent à des résultats cohérents et significatifs offre une base solide pour évaluer les bénéfices et les inconvénients de la gestion des couverts végétaux en climat méditerranéen.
Ces expérimentations fournissent des éléments concrets et fiables pour aider les viticulteurs bio à adopter des pratiques qui améliorent la résilience de leurs vignobles face aux défis croissants du changement climatique.

Par Sarah Martin, Biocivam de l’Aude
Crédit photo : Shutterstock
La viticulture Bio d'Occitanie
Chaque année, l’Observatoire régional de l’agriculture biologique d’Occitanie publie un panorama d’une filière biologique régionale. En 2024, un panorama Viticulture va être publié en partenariat avec SudVinBio. Retrouvez l’ensemble de nos publications sur le site internet d’Interbio Occitanie.

L’OCCITANIE PREMIÈRE RÉGION VITICOLE BIO FRANÇAISE
Avec ses 58 808 ha répartis sur 3 397 exploitations, l’Occitanie est de loin la première région viticole bio de France. Elle représente un tiers des surfaces nationales. Plus de 99% de ces surfaces sont destinées à la production de raisins de cuves. La viticulture bio représente 23% des surfaces viticoles régionales.
Il existe une grande disparité entre les départements : plus de 90% des vignes bio sont concentrées dans les territoires méditerranéens (Gard, Hérault, Aude et Pyrénées Orientales).
Après une augmentation exponentielle des surfaces viticoles biologiques entre 2017 et 2021, les surfaces et nombre de producteurs se stabilisent entre 2021 et 2023.
Les arrivées de nouveaux viticulteurs continuent mais sont plus limitées.
Comme au niveau national, les surfaces en conversion chutent fortement depuis 2022.
En terme d’évolution en 2023 par rapport à 2022, les situations sont contrastées dans les départements occitans :
- Le nombre d’exploitations viticoles augmente dans le Gard et l’Hérault (+1%) mais diminue dans l’Aude (-1%) et les Pyrénées-Orientales (–1%).
- Les surfaces en bio et en conversion augmentent dans le Gard et les Pyrénées-Orientales (+1%) mais diminuent dans l’Aude (-3%) et restent stable dans l’Hérault (-0,2%).
LES VIGNERONS ET NÉGOCIANTS EN OCCITANIE
D’après les notifications de l’Agence bio 2024, plus de 1 300 caves particulières vinifient leur vin bio, soit 38 % des viticulteurs bio.
En 2023, les caves particulières représentent 81% de la surface viticole bio d’Occitanie et plus de 70% du volume de vin bio d’Occitanie (près de 1,1 Mhl). Selon l’observatoire SudVin- Bio (basé sur un échantillon de 413 caves particulières, soit 27% de la surface viticole bio d’Occitanie et 33% des caves particulières régionales), la surface moyenne du vignoble d’une cave particulière en Occitanie est de 31 ha en 2023 (28 ha sur les trois dernières années de 2020 à 2022). Le volume moyen produit en 2023 est de 1006 hl ce qui correspond à un rendement moyen de de 33 hl/ha avec de fortes variabilités selon les territoires.

En parallèle, environ 120 caves coopératives vinifient en bio sur la région d’Occitanie. Les départements qui en comptent le plus sont le Gard, l’Hérault et l’Aude. Moins d’une quinzaine ont une production qui dépasse 5 000 hl.
La production de vin bio des caves coopératives a doublé depuis 2021. En 2023, la surface en bio des coopératives est estimée à 8 900 ha soit 19% de la surface viticole bio d’Occitanie en progression de +22% vs 2022. Le volume de récolte est estimé à 460 000 hl, c’est à dire environ 30% du volume de vin bio produit en région et une croissance de +5.6% vs 2022. Le rendement moyen est de 51hl/ha (Source : LCAO et AND-I Agence Bio).
En 2023, on estime la production de vin bio en Occitanie à environ 1.7 Mhl soit une progression de 13% vs 2022, en tenant compte de la baisse de rendement mais aussi de l’augmentation des surfaces en bio. L’Occitanie contribue à environ 35% de la production de vin bio nationale.
En 2024, SudVinBio recense près d’une quarantaine d’entreprises de négoce ayant une activité de sourcing (principale ou majoritaire) auprès de producteurs d’Occitanie. Plus de 75% présentent un chiffre d’affaires supérieur à 1 million d’euros. 37.5% des entreprises se situent dans l’Hérault, 25% dans l’Aude et 12.5% hors Occitanie.
Source : Observatoire Sudvinbio à partir des données de 38 entreprises de négoce adhérentes à SudVinBio.
VOLUME PRODUIT ET MISE EN MARCHÉ DES VINS BIO FRANCAIS
La récolte nationale de raisins de cuve bio représentait 3,95 Mhl en 2022 (mise en marché en 2023), pour un rendement de 41hl/ ha (+40% vs 2021). 92% des surfaces certifiées sont considérées en production.
Pour les vinifications 2022, la quasi-totalité du raisin de cuve bio a été vinifiée en bio (95 %) mais le taux de commercialisation en bio a baissé, de 95% l’année précédente à 81% pour 2023, en raison de difficultés sur le marché du vin bio. En lien avec ces difficultés, on observe une forte augmentation des stocks. Le volume final mis sur le marché était de 2,67 Mhl, soit une croissance de 6% par rapport à l’année précédente (et qui correspond à environ 68% du volume de récolte).
Le marché des vins bio est en progression, +21% sur les 5 dernières années. Mais les surfaces et le niveau de production ont connu une croissance exponentielle, +62% en 5 ans (récoltes 2018 à 2022).
Les vins bio consommés en France sont principalement d’origine nationale, l’import est assez limité (15 millions d’euros en 2023).
L’exportation représente un part significative des débouchés. En 2023, 44% des volumes de vins bio produits en France ont été exportés. Cette proportion reste assez stable et représente 8,3% des volumes de vins exportés par la France. Le volume de vin bio exporté est en croissance de 9% vs 2022.
38% de la valeur des ventes de vins bio se réalisent à l’export. Les exportations de vin bio atteignent 590 millions d’euros (HT départ chai) en 2023, soit une progression de 5% vs 2022. Les ventes de vin bio à l’export, représentent 5% de la valeur du marché d’exportation des vins pour la France.
En 2023 54% des volumes de vin bio exportés proviennent des domaines (et 67% de la valeur) et 46% du négoce et des coopératives (et 33% de la valeur).
Source : Agence Bio- AND-I
MISE EN MARCHÉ DES VINS BIO D’OCCITANIE
Selon l’observatoire SudVinBio, l’équivalent de 73% des volumes produits en 2023 ont été commercialisés sur la campagne 2023/2024 (61% pour les coopératives et 82% pour les caves particulières) et les 27% restant rentrent dans les stocks ou sont déclassés à la commercialisation.
Selon l’enquête de La Coopération Agricole d’Occitanie (LCAO), 80% du volume commercialisé par les coopératives est en vrac, 20% en conditionné alors que côté caves particulières, selon l’observatoire SudVinBio, ce sont 35% des volumes commercialisés qui sont en vrac et 65% en conditionné.
LCAO confirme les difficultés de commercialisation pour les coopératives depuis 2023 avec une augmentation significative des stocks et un ralentissement des sorties de chai : 30% des vins bio ont été vendus en conventionnel en 2023.
Selon les données SudVinBio sur ses adhérents sur la campagne 2023-2024, les caves coopératives commercialisent majoritairement leurs vins en IGP et AOP, cependant la part des SIG progresse depuis 4 ans. La part des AOP fluctue entre 20 et 30% selon les années.
La répartition par qualité de la production des caves particulières est estimée à 51% d’AOP, 39% d’IGP et 10% de SIG. Pour la campagne 2023-2024, la proportion d’AOP mis sur le marché est de 47%, elle diminue au profit des SIG.
Source : Enquête LCAO et Observatoire SudVinBio
CONSOMMATION DU VIN BIO LE MARCHÉ FRANÇAIS
Le vin bio représente 11% de la vente en valeur des produits bio en France. La part de vin bio (en volume*) commercialisé en 2023 représente 6% de la consommation de vin en France.
En 2023, la consommation des vins bio en France par les ménages (hors RHD) est en croissance en valeur de +9% et atteint 1.3 milliards d’€ (TTC). C’est la filière qui progresse le plus en valeur en 2023 au sein d’un marché bio stable (0% vs 2022). Cette augmentation en valeur relève en partie de l’inflation, même si celle-ci est moins marqué en bio (+7.7%) et estimée à 7.5% pour la filière vin que sur le reste de l’agroalimentaire (+11.8%).
Selon l’enquête Agence Bio-AND-I, en 2023, les vins bio sont principalement écoulés via la vente directe (35% des volumes), suivie par la GMS (23%), la RHD (20%), les cavistes (16%) et les magasins bio (7%). Les volumes vendus en GMS et magasins bio diminuent (-8% en GMS et -1% en magasins bio) mais progressent en vente directe (+10%) et en caviste (+8%).
(*) vente de vin bio 2023 en volume départ chai.

Les volumes vendus en vente directe et en caviste sont mieux valorisés : la vente directe représente la moitié de la valeur des ventes, alors que la GMS n’en représente que 13%. Tous les circuits progressent à l’exception de la GMS (-4,6% en valeur). La vente directe à la plus forte croissance (+14,3% en valeur). Les magasins bio retrouvent une croissance à +1,8%.
Le prix moyen d’un vin bio en 2023 (tout circuit de distribution hors RHD) est de 8.3€/col TTC, en augmentation de 5,4% vs 2022. Le principal circuit pour les caves particulières est la vente directe qui représente 50% de leur vente en volume sur la France. Elles contribuent à 85% des volumes de vins bio distribués via ce circuit.
Les coopératives et le négoce sont plutôt tournés vers la vente en GMS, qui représente environ 56% de leur vente en volume en France. Ils contribuent à près de 80% des volumes de vins bio distribués via ce circuit.
Or, c’est en GMS que l’on constate une dégradation des ventes, qui impacte surtout les ventes en vrac et expose plus fortement les coopératives aux difficultés du marché.

COMMUNICATION ET EVENEMENTS REGIONAUX
BioRéflexe
Interbio Occitanie et ses membres fondateurs ont souhaité contribuer activement à la promotion de la Bio régionale en créant une campagne de communication de grande envergure s’inscrivant dans le prolongement de la campagne nationale #BioRéflexe. C’est ainsi qu’en 2023 est lancée la 1ère campagne à destination du grand public pour faire de la bio régionale leur nouveau réflexe “Pour nous, pour la planète – Pour nos producteurs d’Occitanie #BioRéflexe”. Soutenue par la Région Occitanie, la campagne consiste en la création de supports et vidéos, repris par de l’affichage média, des spots radio, de la presse, de l’achat digital et des animations/ dégustation en magasin bio.
=> https://urlr.me/JWwhDz
Millésime BIO
Organisé par l’association SudVinBio est le plus grand salon professionnel dédié aux vins et boissons alcoolisées bio. 1 500 exposants de toutes les régions viticoles françaises et internationales, 50 pays représentés (dont 20% d’étrangers) ainsi que 11 000 acheteurs français et internationaux attendus en 2025 pour la 32ème édition. Dès 2025, les visiteurs accèderont également à une offre toujours plus complète avec l’arrivée sur le salon des boissons No-Low et toujours les espaces Beer&Bio, Cider&- Bio, Spirit&Bio ainsi que des zones dans l’oenothèque dédiées aux vins en vrac de la Région Occitanie et pour la première fois aux vins issus de cépages résistants. En 2025, c’est également la 2ème édition du concours “La biodiversité, c’est mon domaine”, qui récompense les initiatives des vignerons bio visant à renforcer la vitalité des écosystèmes.
Challenge Millésime BIO
Le concours mondial des vins et bières Bio, organisé par SudVinBio est le plus grand concours mondial de vins et bières biologiques. Créé en 2007, il compte quelques 2 000 vins et 150 bières pour l’édition 2025. Les médaillés sont à retrouver en libre dégustation sur le “Bar Challenge” du salon Millésime BIO bio. En 2024 ce sont 537 vins et 42 bières qui ont été médaillés.
Fête du vin
L’événement grand public, qui se déroule du 1er au 15 février prend ses quartiers à Montpellier et sa Métropole pour sa 2ème édition en 2025. Au programme : des animations autours des vins bio (dégustations, ateliers, conférence…) et un vitinéraire urbain durant lequel les cavistes, restaurants, bars à vin et magasins spécialisés bio font découvrir une sélection de vins bio rouges, blancs, rosés, oranges, effervescents. Cette année, les domaines viticoles bio de la métropole intègrent le vitinéraire. Plus d’infos :
=> https://www.lafeteduvinbio.com/fr/index
Site levinbio.fr
S’intéresser au vin bio, c’est découvrir ses vignerons et leurs pratiques viticoles, ses bienfaits sur l’environnement, son système de labellisation et de législation. La plateforme dédiée au vin biologique vous invite à une «vinodyssée» du raisin au verre :
=> https://www.levinbio.fr/

Par Valérie Pladeau, Sud Vin Bio et Sara Brunel, Interbio Occitanie
Crédits photos : Shutterstock
Semaine des Légumineuses
Interbio Occitanie est partenaire cette année de la Semaine des Légumineuses, organisée par Fileg, l’association régionale de la filière légumineuses à graines et Cisali, centre d’innovation sur l’alimentation.
Du 10 au 16 février, une semaine pour valoriser ces produits en restauration collective et commerciale : pour cette seconde édition, la Semaine des Légumineuses se déploie à Toulouse et à Montpellier à travers la mise en avant des recettes des établissements partenaires. L’occasion festive et gourmande de rappeler les vertus de ces produits sur l’environnement et sur la santé. Miam !
Toutes les informations : https://www.fileg.org/lasemainedeslegumineuses
Comment diversifier son assolement avec le chanvre Bio industriel ?
Jeudi 8 aout 2024, la Chambre d’Agriculture du Tarn-et-Garonne a organisé une demi-journée technique sur le terrain consacrée au chanvre industriel bio à Saint Vincent d’Autéjac.
Le chanvre est cultivé ici pour sa fibre qui sera transformée par la chanvrière Virgocoop et valorisée ensuite dans la construction (isolant) ou le textile.
Plante économe en intrant et bonne tête de rotation, cette culture présente de nombreux atouts pour diversifier son assolement en agriculture biologique.
Les agriculteurs présents ont pu échanger avec le producteur qui nous accueillait sur la parcelle, ainsi qu’avec le responsable de la chanvrière Virgocoop, Julien Bonnet.
L’itinéraire technique de la culture a été étudié : préparation du sol pour implanter au mieux la culture, variétés de chanvre en fonction des débouchés, mode de fertilisation, etc. Un focus a été réalisé sur la récolte et l’étape de rouissage nécessaire lors du défibrage à la chanvrière (voir photo de la boule de la récolte 2023).
Il est obligatoire de contractualiser les surfaces avec la chanvrière, en effet la filière est en émergence. Malgré une forte demande en aval, l’usine n’est pas encore entrée en rythme de croisière et les surfaces semées en 2025 seront stables par rapport à cette campagne.
PLUS D’INFOS SUR LE CHANVRE INDUSTRIEL EN AB
Retrouvez la fiche diversification n°1 de la Chambre d’agriculture du Tarn-et-Garonne
=> https://urlr.me/DSECH4
Journée organisée avec l’appui financier du CAS DAR et de l’Agence de l’Eau Adour-Garonne
Par Anne-Charlotte PENAS, Conseillère Agriculture Biologique et Diversification, Chambre d’agriculture de Tarn-et- Garonne
Crédit photo : IBO et Shutterstock
Non à la suppression de l’Agence BIO, le pilier de l’agriculture biologique en France !
L’Agriculture biologique en France c’est :
➡️ 40 ans d’engagement pour une agriculture respectueuse de l’environnement, de la santé et de la biodiversité.
➡️61 000 fermes bio, soit la 1ère surface bio cultivée en Europe et le 1er vignoble bio mondial.
➡️ 215 000 emplois au service d’un modèle agricole vertueux.
➡️Plus de 12 milliards d’euros de chiffre d’affaires pour la filière.
➡️ 70 % des produits bio consommés en France sont d’origine France.
🟩 Et en Occitanie, c’est 21 % des exploitations régionales.
Et pourtant, un amendement validé par le Sénat menace de supprimer l’Agence BIO, outil essentiel pour :
🟢 Soutenir les agriculteurs et les entreprises bio via le Fonds Avenir Bio.
🟢 Promouvoir la consommation et la production bio locale.
🟢 Assurer le suivi et les prévisions de la filière via son observatoire.
🟢 Atteindre l’objectif de 20 % de bio dans la restauration collective.
🟢 Offrir un espace unique de concertation de toute la filière.
Alors que le marché bio redémarre et que l’on s’apprête à célébrer les 40 ans du label AB sur le Salon de l’Agriculture à Paris où doit être lancée une nouvelle campagne de communication d’envergure, le Sénat émet un signal à contresens.
📢 En supprimant l’Agence bio, l’agriculture biologique deviendrait le seul mode de production agricole français, et qui plus est de qualité, à ne plus avoir de structure nationale représentative de son secteur. Cette mesure, totalement dérisoire sur le plan de la maîtrise des finances publiques, serait surtout désastreuse pour les filières de l’agriculture biologique, compte tenu du rôle clé que joue l’Agence bio dans son développement.
Abattoir de volailles multi-site collectif dans l'Hérault
Vous habitez Béziers ou Lattes, et souhaitez déguster un poulet Bio ce dimanche ? Ce poulet ne viendra probablement pas de l’Hérault. En effet, la filière volaille de chair Bio du département est quasiment inexistante. La demande des consommateurs pour un produit de qualité et en circuit court est pourtant forte. Les agriculteurs cherchent à introduire plus de diversité dans leur modèle économique et veulent gagner en résilience. Cette absence est largement due à l’absence d’abattoir spécialisé, forçant les agriculteurs à emmener leurs bêtes jusqu’à l’abattoir de Mazamet, Rodez ou dans l’Aude. Face à ce constat, le CIVAM Bio 34 et l’INRAe réunissent en 2018 des agriculteurs et porteurs de projets motivés pour essayer de trouver une solution collective.
Maraîchers et éleveurs de poules pondeuses en bio depuis 2017 à Capestang, Christophe et Marie-Alix sont de ceux-là. Avec les autres ils se tournent d’abord vers l’abattoir de Pézenas, mais le volume hebdomadaire demandé est bien trop élevé : ils ne pourraient pas fournir plus d’une centaine de poules par semaine, quand on leur en demande plus de 2000. Pour Christophe et les autres, se pose une myriade de questions sur les conséquences de l’élevage et de l’abattage d’animaux. Transporter les poules jusqu’à Pézenas : c’est occasionner du stress durant le long trajet ; intensifier, c’est s’exposer aux maladies et perdre le lien à l’animal ; ne pas tuer soi-même, c’est élever à moitié.
Cette première expérience impose un constat : les agriculteurs, peu expérimentés dans le domaine, sont trop fragiles, et la filière n’émergera pas sans l’assistance des collectivités. La métropole de Montpellier, le Pays Coeur d’Hérault, le Pays Haut-Languedoc et Vignobles, les communes de Capestang et d’Olargues répondent à l’appel du CIVAM Bio34 et de l’INRAe, et commandent une étude de faisabilité pour une solution semi mobile.
Arrivé au sein du collectif en 2023, au début de l’étude, Jean-Michel Bedoya est le seul membre du groupe menant déjà un élevage de volaille de chair. Son expérience, couplée au support des organismes et des collectivités, fait décoller le projet qui s’oriente vers une solution semi-mobile : l’outil sera transporté dans un camion ou une remorque, et partagé entre 4 sites d’accueil, prévus à Olargues, Capestang, ainsi que deux locations à définir dans la métropole de Montpellier ainsi que le Pays Coeur d’Hérault. De plus, les éleveurs feront les tueries, en binôme.
Les agriculteurs fondent par ailleurs en décembre 2023 l’association RCCV 34 (Regroupement Circuit Court Volaille 34), qui servira d’association de préfiguration, permettant l’incorporation au consortium Terrasol, financé par la Banque des Territoires, ainsi que la formation d’un GIEE.



ACCOMPAGNER LA CRÉATION DE LA FILIÈRE :
Outre la création de l’abattoir, pour pouvoir garantir le développement de la filière, les éleveurs et futurs éleveurs ont choisi de se constituer en GIEE, afin de mobiliser de la connaissance, de la formation, de capitaliser et donc permettre le soutien des projets en cours et des futurs projets d’ateliers volailles.

La rencontre avec d’autres éleveurs de volaille de chair et de fournisseurs permet cependant de révéler plusieurs défauts du projet :
- Limitation de la disponibilité de l’abattoir à 1 jour/semaine sur site
- Les éleveurs transportent eux-mêmes l’unité mobile d’un site à l’autre ou embauchent un conducteur dédié
Finalement, les porteurs de projet s’orientent vers une solution “en dur”. Désormais, chaque station d’accueil sera un abattoir séparé, qui aura pour vocation d’accueillir les éleveurs environnants.
La solution semi-mobile, bien qu’infructueuse, pose les fondations de ce qu’est devenu le projet : autonomie des éleveurs, installations à taille humaine, et mutualisation des moyens de production.
L’association est désormais en bonne voie pour former un GIEE qui leur permettra de monter en compétences, tandis que l’outil même sera l’objet de la création d’une CUMA, mutualisant le fonctionnement des quatre abattoirs au sein d’une même structure.
UN PROJET QUI S’INSCRIT DANS UNE DYNAMIQUE PLUS LARGE
Le projet TerrAsol (Territoire Alimentaire Solidaire) vise à créer un modèle de solidarité alimentaire durable en renforçant l’accès à une alimentation de qualité pour tous, tout en soutenant la diversification agricole entre la métropole de Montpellier et ses territoires nourriciers. Il promeut des circuits courts, l’inclusion citoyenne et des pratiques agricoles écologiques.
Le projet réunit un consortium de 16 membres, composé d’associations, de coopératives, d’organismes de recherche, de collectivités et d’acteurs économiques. Des associations comme la Fédération des CIVAM d’Occitanie et le CIVAM Bio 34, des institutions de recherche telles que CIRAD et INRAE, Institut Agro Montpellier (Chaire Unesco Alimentations du Monde), des collectivités locales comme la ville de Montpellier et Montpellier Méditerranée Métropole, des acteurs économiques comme Regroupement Circuit-court Volailles 34.
Ce consorsium a répondu à l’Appel à Manifestation d’Intérêt (AMI) de la Banque des Territoires Démonstrateurs territoriaux des transitions agricoles et alimentaires, dans le cadre du Plan France 2030, et vise à mettre en place des solutions solidaires autour de l’accès à une alimentation durable et de qualité pour tous. Terrasol a été lauréat et est doté de 10 millions d’euros de subventions (sur un budget global de 20 M).
OBJECTIFS PRINCIPAUX :
- Solidarité alimentaire : Favoriser l’accès à une alimentation de qualité pour tous.
- Gouvernance partagée : Engager divers acteurs (citoyens, collectivités, entreprises) dans la gestion des politiques alimentaires locales.
ACTIONS CONCRÈTES PRÉVUES :
- Comité citoyen et Caisse Alimentaire Commune : Pour une gouvernance inclusive des ressources alimentaires.
- Maisons de l’alimentation solidaire : Espaces locaux pour encourager l’accès équitable à une nourriture de qualité.
- Abattoirs mobiles et outils pour une agriculture plus locale et durable.
- Formation et sensibilisation : Promouvoir les enjeux de l’alimentation durable.
- Conseil alimentaire territorial et laboratoire citoyen pour renforcer la recherche et les initiatives locales.
- Fonds d’investissement pour les transitions agricoles : Soutien financier aux initiatives locales liées à l’agriculture et à l’alimentation
durable


Par Céline Mendes, Civam Bio de l’Hérault
Crédit photos : Shutterstock
Journée portes ouvertes de la ferme expérimentale de Thorigné d'Anjou
La ferme de Thorigné d’Anjou, située au nord d’Angers, est engagée en agriculture biologique. Elle conduit un troupeau de 80 vaches limousines sur une surface de 144ha dont 84% dédiés à la production de fourrages. Le potentiel agronomique des sols est modeste. L’objectif visé reste l’autonomie alimentaire totale ainsi que la finition de tous les animaux de la ferme (génisses, boeufs et vaches de réforme). La pluviométrie est limitée avec en moyenne 675 mm/an avec une variation de ± 100 mm et une sensibilité forte face aux aléas climatiques.
Lors de cette journée qui a réuni plus de 1000 personnes, de nombreux résultats ont été présentés à travers 16 ateliers de démonstration et 6 conférences techniques. Le public très nombreux a pu découvrir des retours d’expérimentation sur les pratiques mises en place depuis plusieurs années et des leviers d’adaptation face au changement climatique. Les thèmes abordés étaient principalement axés sur l’élevage bovin viande (le vêlage à 24 mois, une finition plus économe des vaches de réformes, le croisement angus/limousin : une viande jeune adaptée aux enjeux de demain) et sur la production fourragère (l’implantation des prairies sous couvert, l’amélioration de la robustesse des prairies à flore variée, le bale grazing).
3 axes de travail sont jugés prioritaires :
- Sécuriser la ressource alimentaire : autonomie et adaptation face au changement climatique
- Produire de la viande bovine biologique : finition des animaux, qualité de la viande et valorisation des mâles
- Maintenir dans le temps un système durable : fertilité des sols et réduction des GES (gaz à effet de serre)
TROIS LEVIERS EXPÉRIMENTÉS SUR LA FERME
1. DES PRAIRIES À FLORE VARIÉE (PFV) POUR GAGNER EN PRODUCTIVITÉ ET EN ROBUSTESSE
Dans les conditions particulières de la ferme de Thorigné, un essai comparatif PFV et RGA-TB a été mené pendant une dizaine d’année avec le pâturage comme usage principal. Les résultats montrent un différentiel d’1,5 tMS/an en faveur de la prairie à flore variée soit +1 000 UFL/ha et +130kg MAT/ha. La PFV montre également moins de variabilité et plus de robustesse sur sa durée d’exploitation, entre 4 et 5 ans.



2. LE BALE-GRAZING : UNE PRATIQUE PROMETTEUSE
Sur un site éloigné de l’exploitation, une expérimentation d’affouragement au pâturage avec présence des balles rondes dans les paddocks est menée depuis 2 hivers. Elle consiste à conduire un lot de 30 bovins en croissance en pâturage hivernal sur des paddocks journaliers de 1 200m2 avec un fil arrière au vu des contraintes liées à l’abreuvement et aux zones d’abri. Les balles rondes de foin sont laissées sur place et déroulées en hiver pour un affouragement économe. Les premières observations montrent des valorisations très satisfaisantes avec 80% du foin déroulé consommé par les animaux, des performances zootechniques correctes mais plus faibles en conditions très pluvieuse. Cette pratique réduit la mécanisation (moins de transport) et permet un retour de la matière organique non consommée au sol visant à améliorer la fertilité des sols. Sur le long terme, des interrogations se posent sur l’impact de cette pratique sur la flore, la productivité de la prairie en N+1 et la compaction des sols.


PAROLE D’ÉLEVEUR
David Nègre, éleveur bovins viande à Andouque, a participé à cette journée. Il nous livre son témoignage : « J’ai beaucoup apprécié la qualité des différents ateliers techniques. Je suis à la recherche de solutions pour la finition de mes animaux, et le rajeunissement grâce au croisement Angus me plait bien. Ces animaux arrivent à concilier état d’engraissement et qualité de la viande à moins de 30 mois. J’ai été surpris aussi par les résultats comparatifs boeuf limousin/jeune vache. L’essai montre une efficience alimentaire supérieure pour les boeufs avec des marges sur coût alimentaire de 400€ en engraissement contre 250 pour les jeunes vaches. Le boeuf peut être fini à 30-32 mois avec une viande de qualité. Mais sa production est exigeante : il lui faut 800 kg d’aliments et plus d’une tonne d’enrubannage ! Un atelier proposait une présentation sur l’albédo et j’ai pu comprendre ce que c’était : le rayonnement solaire réfléchi. C’est un phénomène naturel qui peut servir à limiter le réchauffement. Plus l’albédo est élevé, plus la lumière sera réfléchie dans l’atmosphère et moins il y aura d’énergie pour réchauffer la planète. »



3. DES ESSAIS SUR LA FINITION À L’HERBE
La ferme de Thorigné expérimente la phase de finition exclusivement avec de l’herbe pâturée pour les animaux concernés: boeufs Limousins de 24 et de 30 mois, boeufs et génisses croisés Angus de 24 mois. L’objectif attendu est d’obtenir des croissances supérieures à 1 Kg /jour à partir d’herbe de qualité pâturée au stade feuillu et temps de présence de 1 à 2 jours/paddocks.
Pour bénéficier d’une disponibilité suffisante en herbe sur pied et d’une valeur alimentaire optimale, la période idéale pour la finition se situe entre le 01 mars et le 15 juin en année moyenne. Les prairies sont principalement des prairies à flore variée riches en légumineuses et des prairies avec chicorée.
Pour les boeufs Limousins, un âge avancé (30-32 mois) est favorable à la finition à l’herbe alors qu’elle sera plus compliquée avec des animaux de 24-26 mois. Par contre, concernant les animaux croisés Angus, génisses et boeufs, leur précocité permet une faisabilité de leur finition au pâturage avec des notes d’état à 3 en abattoir.
PERSPECTIVES
A travers ses différents travaux sur l’autonomie alimentaire, la conduite du troupeau et la fertilité de sols, la ferme s’approche d’un optimum qui rend le système efficient, durable, viable et transposable. Le tandem prairie-bovin pâturant est au coeur de son fonctionnement. L’exploitation se fixe comme ligne directrice, à l’image de n’importe quelle ferme, de conserver un modèle économique cohérent et reproductible par sa dimension et son orientation technique.
POUR EN SAVOIR PLUS
Page Facebook de la ferme : https://urlr.me/Q6CAeK
Conférence en replay « Vers un élevage acteur de la transition face aux enjeux climatiques »
Par Alexis Gangneron, Chambre agriculture du Tarn
Crédit photo : Shutterstock
Informations réglementaires AB et nouveautés du côté de l'INAO
Deux réunions du CNAB (comité national Agriculture Biologique) ont eu lieu en mars et en juillet 2024, avec différents sujets abordés, générant souvent une modification du guide de lecture. Passons en revue les principaux sujets ayant fait l’objet de précisions.
LA LUTTE CONTRE L’ENVAHISSEMENT DES MAUVAISES HERBES PAR LE TRAITEMENT À LA VAPEUR
Le traitement à la vapeur constitue un mode de désherbage thermique qui n’est possible que pour les cultures protégées (serres, tunnels, protections temporaires type films, toiles, couvertures, mulch) et à une profondeur maximale de 10 cm. Ce traitement peut être pratiqué sur les cultures qui recevront une protection temporaire au cours de leur cycle végétatif.
APPORTS DE TERRES SUR DES PARCELLES BIO
Les apports de terres non biologiques sont interdits. Les remontées de terre au sein d’une même parcelle suite à des intempéries sont possibles.
AQUACULTURE BIO
Le point 3.1.5.3c) annexe II partie III du RUE 2018/848 mentionne « dans le cas des poissons d’eau douce, les fonds doivent être aussi proches que possible des milieux naturels. Dans le cas de la carpe et des espèces similaires ils doivent être constitués de terre naturelle ». Le guide de lecture français précise dorénavant « pour les carpes, autres espèces de cyprinidés, perches, brochets, poissons-chats et corégones, les fonds constitués de gravier ou de béton sont donc interdits ».
SERRES CHAUFFÉES
La date butoir pour l’application du recours à des énergies renouvelables pour le chauffage des serres en AB a été repoussée du 01/01/2025 au 01/01/2030. Cette nouvelle date ne s’applique qu’aux exploitations en conversion ou certifiées bio avant le 01/01/2020. Par contre, cette obligation ne concerne pas la production de plants.

DURÉE DE PÂTURAGE DES ANIMAUX NON BIO SUR DES TERRES BIO
Le guide de lecture français a précisé l’application de la règle européenne des 4 mois maximum de pâturage par an d’animaux non bio sur des prairies bio. Si l’exploitation possède une unité de production animale bio, cette règle s’applique. Toutefois elle ne s’applique pas si aucun animal bio n’est présent sur l’exploitation. Lors de la mise en pension d’animaux non bio d’espèce similaire au cheptel bio de l’exploitation, la séparation physique entre ces 2 catégories est obligatoire et le respect de 4 mois maximum sur une parcelle bio s’applique aux animaux non bio.
SEMENCES ET PLANTS : PRÉCISIONS POUR LES PLANTES PÉRENNES
Les MRV (matériel de reproduction végétative) issus de plantes mères non bio pour la production de plants bio d’espèces pérennes sont en Autorisation Générale (article 1.8.6, annexe II, partie 1 du RUE 2018/848). Cela signifie qu’il est possible de produire des plants bio d’espèces pérennes à partir de plantes mères non bio. C’est souvent le cas en arboriculture et en viticulture. Toutefois ce n’est pas possible pour les espèces dont la première récolte du produit se situe après une seule période de végétation (cas de certaines aromatiques annuelles, plants de légumes par exemple).
Notez bien : l’adresse du site Semences et Plants Bio a changé : https://www.semences-plants-biologiques.org/
C’est utile pour les demandes de dérogation de semences.
ROTATION DES CULTURES ANNUELLES
L’INAO a précisé les conditions minimales à respecter pour une rotation : l’opérateur applique par parcelle une rotation pluriannuelle, sauf pour les surfaces en herbe et les cultures pérennes. La succession des cultures dans une rotation s’apprécie au regard de la gestion de la fertilité des sols et des bioagresseurs.
Une culture annuelle est une culture dont le cycle de vie est court et inférieur à un an. Une culture issue d’un re-semis naturel ne peut être considérée comme une culture semi-pérenne et doit donc être comptabilisée 2 fois dans la rotation.
ACCÈS À L’EXTÉRIEUR DES PETITS RUMINANTS BIO
La note de lecture INAO relative aux dispositions pour la sortie des animaux bio est complétée pour les ovins et les caprins : « les caprins et les ovins ont accès permanent aux pâturages au plus tard à l’âge de 6 mois. Les agneaux abattus avant 6 mois doivent avoir eu accès à un espace de plein air (aire d’exercice extérieure et/ou pâturages) pendant au moins 30 jours, quand les conditions le permettent ».

PRODUCTION BIOLOGIQUE DU SEL EN FRANCE
La publication d’un arrêté au JORF le 15 juillet 2024, permet l’homologation du cahier des charges pour la production biologique du sel en France. Ce cahier des charges complète les dispositions du règlement (UE) 2018/848 et ses actes secondaires, en encadrant spécifiquement la production du sel biologique. Il a été établi sur la base du projet d’acte délégué préparé par la Commission européenne, mais rejeté par le Parlement européen. Il revenait donc aux États Membres de prendre leurs dispositions pour mettre en place un cahier des charges… ou non pour le sel. Notre région Occitanie est concernée.
Par Anne GLANDIERES, Chambre régionale d’agriculture d’Occitanie
Crédits photos : Shutterstock










