Filière volaille - L’Occitanie, 7ème région productrice d'œufs bio et 4ème région productrice de volailles de chair bio
Chaque année, l’Observatoire régional de l’agriculture biologique d’Occitanie publie un panorama d’une filière biologique régionale. En 2023, un panorama « oeufs » et un panorama « volailles de chair » ont été publiés. Retrouvez l’ensemble de nos publications sur le site internet d’Interbio Occitanie.
Le cheptel occitan de poules pondeuses bio a fortement augmenté à partir de 2018, et atteint en 2022, un cheptel de plus de 500 000 poules pondeuses pour 369 éleveurs. L’Occitanie est au septième rang des régions françaises en nombre de poules pondeuses bio et la deuxième région française en nombre d’éleveurs après l’Auvergne-Rhône-Alpes.
En 2022, l’Occitanie comptabilise 5 % du cheptel bio français. 13.6 % du cheptel régional de poules pondeuses est en bio.
Le Gers concentre la moitié du cheptel de poules pondeuses de la région avec des élevages d’une densité moyenne de 5400 poules pondeuses, supérieure à la densité moyenne nationale. L’Hérault, la Haute-Garonne et le Lot comptent entre 25 000 et 50 000 poules pondeuses. Les autres départements comptent moins de 20 000 poules pondeuses.


En 2022, l’Occitanie est la 4e région française en nombre de poulets de chair bio après les Pays de la Loire, la Nouvelle-Aquitaine et l’Auvergne-Rhône-Alpes. L’Occitanie compte 127 élevages qui produisent 1,2 millions de poulets de chair en 2022.
Les dynamiques par rapport à 2021 sont à la baisse de cheptel pour les principales régions françaises. En 2022, l’Occitanie comptabilise 9 % du cheptel bio français et 5,2 % du cheptel régional de poulet de chair est en bio.
En Occitanie, le palmarès des départements où le cheptel bio est le plus important est dominé de loin par le Gers (40 % du cheptel régional). Suivent ensuite le Lot, le Tarn-et-Garonne, et la Lozère.
Les filières avicoles sont peu structurées en région et principalement organisées vers de la vente directe, à l’exception du Gers dont les exploitations sont assez équitablement réparties entre des producteurs en filière intégrée et des producteurs indépendants pratiquant la vente directe et/ou la commercialisation en circuits courts de proximité.
LES OPÉRATEURS DE L’AVAL DES FILIÈRES AVICOLES EN OCCITANIE
Le principal opérateur intermédiaire de la filière oeuf est le centre d’emballage et de conditionnement. Cet outil, en majorité présent sur les exploitations, permet ainsi aux producteurs de diversifier les débouchés vers des épiceries, des magasins spécialisés ou encore vers la restauration collective et ainsi de développer la consommation d’oeufs bio de proximité. En 2023, en Occitanie, 77 centres agréés par les services de l’État ont une activité certifiée en bio.
Concernant les opérateurs de la filière volaille de chair, les abattoirs de volaille sont présents principalement à l’ouest de la région, proches des zones majoritaires d’élevage. Les ateliers de découpe sont répartis sur toute la région. Ceux proposant des prestations sont plus présents au centre Ouest de la région.
Des zones comme l’Hérault, le Gard et la Lozère sont vides. Cette absence ne favorise pas le développement de la filière, et inversement, les très faibles cheptels ne permettent pas l’investissement dans de nouveaux opérateurs aval. Des tueries individuelles permettent aux éleveurs de commercialiser leurs productions en vente directe en autonomie.
CONSOMMATION LE MARCHÉ FRANÇAIS
En 2022, l’évolution brutale du marché a généré une baisse des achats de produits bios en valeur de –4,6 %, la baisse étant encore plus importante en volume, du fait de l’inflation.
Tous les produits ont été impactés mais les viandes font partie des produits qui ont le plus souffert. La consommation de volaille bio diminue de 15 % en valeur en 2022 par rapport à 2021. La volaille a connu des hausses de prix de 8, si bien que l’ordre de grandeur du recul des volumes est de l’ordre de 22 %. La volaille bio occupe la deuxième place des ventes de viande bio toujours dominées par la viande bovine. En France, la volaille bio provient presque exclusivement d’élevages nationaux (0,6 % d’imports en 2019).
La consommation d’oeufs bio en 2022 a très légèrement augmenté en valeur par rapport à 2021 (+ 1 %) pour atteindre 611 millions d’euros, mais cela reste un niveau inférieur à celui de 2020. L’inflation cache une baisse en volume de 7 %, en raison d’une progression de 8 % du prix moyen. Les différents calculs (approche par le volume d’aliment et analyse du marché) permettent d’estimer une production d’oeufs bio en 2022 comprise autour de 2 milliards. En France, les oeufs bio proviennent presque en totalité d’élevages nationaux (0,5 % d’imports en 2019, exclusivement d’origine UE).
Les oeufs sont principalement vendus au détail pour 95 % des volumes (1 907 millions d’oeufs), 5,7 % partent à la transformation en ovoproduits. Les oeufs sont commercialisés principalement dans les réseaux de la grande distribution qui représentent 64 % de parts de marché en 2022. Les trois autres circuits se partagent ensuite le marché, avec 29 % pour la distribution spécialisée bio, 6 % pour la vente directe et 1 % pour les artisans bouchers. En 2022, les ventes ont baissé de 3 % en magasins spécialisés, mais ont augmenté de 1,5 % en GMS et surtout de 10 % en vente directe.
La volaille bio est commercialisée principalement dans les réseaux de la grande distribution qui représentent en 2021 plus de 52 % de parts de marché. La distribution spécialisée bio et la vente directe représentent ensuite 23 % de part de marché, les artisans sont minoritaires (2 %). La baisse la plus importante en valeur est enregistrée dans les magasins bios (-20 %) alors que la vente directe limite la diminution (6 %). Les ventes ont baissé de 15 % en GMS.
Les prix de vente des viandes et oeufs bio restent le premier frein à l’achat. Le mode de production bio justifie cet écart entre conventionnel et bio. Pour le consommateur, qui fait face à une forte inflation, les arbitrages ne se font pas en faveur du bio, surtout que l’ensemble des prix (bio et conventionnel) ont augmenté en 2022. Toutefois, les prix en vente directe sont inférieurs à ceux pratiqués par les distributeurs : à dire d’expert, le poulet prêt à cuire biologique est en moyenne compris entre 8,5 et 9,5€/Kg en vente directe dans le Gers, contre plus de 14€/ Kg dans les circuits spécialisés, et plus de 11€/kg dans les GMS.
UN CONTEXTE DIFFICILE POUR LA FILIÈRE AVICOLE BIO
La filière avicole, en croissance forte sur les dernières années (particulièrement en pondeuses), subit les effets d’une relative baisse de consommation depuis 2021, visible sur les oeufs et les poulets de chair. Parallèlement, un cumul de facteurs entre 2022 et 2023, impacte les producteurs, avec quelques différences selon les types de systèmes de production, mais reste très problématique pour une bonne pérennisation des productions bio.
LES COÛTS DE PRODUCTION ET LA PRÉVALENCE D’AUTRES LABELS
Comme pour toutes les autres filières, l’élevage avicole bio est encore très dépendant du coût de l’énergie, que ce soit pour l’aliment, le démarrage, le fonctionnement des structures… Les hausses du coût de l’énergie, tout comme la hausse des matières premières bio en 2022, ont un impact très fort sur les coûts de production et rendent la volaille bio moins attractive vis-à-vis d’un label rouge ou plein air plus économique pour les consommateurs.
LA NOUVELLE RÉGLEMENTATION DE 2022 MAL ANTICIPÉE
Deux mises en application de modifications marquantes du cahier des charges bio en janvier 2022 impactent la filière :
1. La fin de l’autorisation d’utilisation de matières premières non bio riches en protéines à hauteur de 5 % (MS) lorsque des aliments bio ou en conversion ne sont pas disponibles pour les volailles, qui cause une difficulté pour équilibrer des rations très riches en protéines, et donc une augmentation du prix de l’aliment.
2. La fin de la dérogation permettant de rentrer des poulettes non biologiques qui respectaient simplement les articles du cahier des charges, à savoir le volet alimentation et prophylaxie. Désormais les poulettes prêtes à pondre doivent être élevées en bio avec des limites de densité par bâtiment, des aménagements dans les bâtiments et des parcours minimum avec obligation de sorties sur au moins un tiers de leur phase élevage de poulettes.
Les élevages de poulettes n’ont pas anticipé pour choisir d’arrêter d’approvisionner la filière bio ou de rentrer dans le processus de mise aux normes causant un creux momentané dans l’approvisionnement des élevages bio en poules pondeuses avec des augmentations de prix.
GRIPPE AVIAIRE
La grippe aviaire et les mesures qui découlent de sa présence dans les élevages ne sont pas nouvelles (l’ouest de l’Occitanie est touché depuis 2016). Pour autant, depuis 2022, ce sont dorénavant des secteurs comme les Pays de la Loire qui sont très touchés, or ce sont les régions où sont concentrés les élevages de reproducteurs, multiplicateurs et souvent d’élevages de poulettes.
Comme la majorité des poules pondeuses utilisées en élevage sont produites par des exploitations hors région Occitanie, les impossibilités de flux d’animaux dans les régions touchées ont donc fortement impacté la région.
Mais le problème de la grippe aviaire reste surtout structurel avec un manque d’adaptation des mesures de biosécurité des petits ateliers. Cela se matérialise par un manque d’installation dans certains secteurs très touchés (notamment l’ouest du Gers).
Par Sara Brunel, Interbio Occitanie
Crédit photos : Shutterstock
Une belle journée pour les Rencontres Appro. Bio d'Occitanie
Lundi 14 Octobre dernier, le M.I.N de Toulouse a accueilli une édition fusionnée du Salon Régional des Épiciers Indépendants et des Rencontres Appro. Bio d'Occitanie marquant un tournant pour les deux événements. Avec près de 70 exposants et une centaine d’acheteurs professionnels présents, ce rendez-vous a parfaitement atteint son objectif : rapprocher les acteurs de l'épicerie indépendante et magasins bio de la région, tout en offrant une plateforme accessible aux petits producteurs.
Pour retrouver tous les fournisseurs et producteurs présents, suivez le lien : Catalogue exposants 2024 VDEF
La bio d'Occitanie continue sa lancée avec la nouvelle vague de sa campagne régionale "Pour nous, pour la Planète - Pour nos producteurs bio #BIORÉFLEXE"

CONTEXTE
Depuis le milieu de l’année 2021, une baisse de la consommation des produits bio en France est constatée. Plusieurs raisons peuvent expliquer cette tendance :
- Une mauvaise connaissance du cahier des charges de l’AB malgré un capital sympathie toujours présent chez les consommateurs
- Une préférence des consommateurs pour les produits locaux
- Une concurrence engendrée par l’apparition d’autres « labels » : Zéro résidus de pesticides, HVE, Bleu Blanc Coeur, Fabriqué en Aveyron,…
Le Conseil d’Administration d’Interbio Occitanie a ainsi décidé qu’il était nécessaire de redonner confiance en la bio et de relancer la consommation de produits bio d’Occitanie.
C’est dans ce cadre, qu’Interbio Occitanie a souhaité contribuer activement en créant une campagne de communication régionale grand public, s’inscrivant dans le prolongement de la campagne nationale, le «#BioRéflexe ». Le lancement de la première campagne s’est déroulé sur le Printemps 2023, le rebond sur l’Automne 2023. La 3ème vague de la campagne a été lancée le 22 mai, premier jour du Printemps Bio.
LES PLANS MÉDIAS SUCCESSIFS PRENNENT DE L’AMPLEUR GRÂCE AU SOUTIEN DE LA RÉGION OCCITANIE

POUR RÉUSSIR À SENSIBILISER LES OCCITANS AU CONSOMMER BIO LOCAL : 3 CONVICTIONS

CAMPAGNE #BIORÉFLEXE PLAN MÉDIA
PÉRIODE : Printemps bio du 22 mai au 21 juin dont la Semaine de la bio en Occitanie du 8 au 15 juin puis à l’automne
Afin de valoriser les hommes et les femmes qui s’engagent et oeuvrent quotidiennement en faveur de l’agriculture biologique et afin d’encourager la consommation des produits bio régionaux, la Région Occitanie et Interbio Occitanie ont décidé de mettre en place un plan média de grande envergure. Ce plan visait à atteindre un large public sur toute l’Occitanie. Les divers médias sélectionnés, complémentaires entre eux, ont ainsi permis de diffuser largement le #BioRéflexe.
DÉTAILS DU PLAN MÉDIA
- AFFICHAGE ÉCRANS DIGITAUX
810 panneaux digitaux répartis dans toute la région
Objectif : diffuser la vidéo générique de nos ambassadeurs près des entrées des centres commerciaux en Occitanie afin de favoriser et provoquer l’acte d’achat des produits bio régionaux. - PRESSE
Presse Hebdomadaire Régionale et Presse Quotidienne Régionale dont le Groupe La Dépêche
Objectif : toucher largement toute la population Occitane par l’insertion presse de notre affiche #BioRéflexe dans des supports largement lus et relus sur notre région
Publi-rédactionnels dans la Presse Hebdomadaire Régionale permettant de couvrir l’ensemble de l’Occitanie ainsi que dans la presse magazine spécialisés (Marmiton / Neo Cuisine / Saveurs Greens)
Objectif : rédiger un contenu éditorial sur l’agriculture biologique régionale : des témoignages, portraits et articles de fond ont ainsi été rédigés et diffusés auprès du grand public - ACHAT DIGITAL
Facebook/ Instagram / Linkedin
Objectif : être présent sur le digital, média incontournable, via notre vidéo générique - SPOT RADIO SUR RADIOS COMMERCIALES ET ASSOCIATIVES
Objectif : média complémentaire de l’affichage digital et de la presse. Notre spot radio avait pour objectif de rappeler les fondamentaux de la Bio : 30 % de biodiversité en plus, bien-être animal, préservation de la qualité de l’eau,… - JOURNAL DE LA RÉGION OCCITANIE
Ce support a été distribué à plus de 3 millions d’exemplaires en Occitanie - RELATIONS PRESSE
La presse a été informée de tout ce qui s’est déroulé sur notre territoire durant cette période : Printemps BIO et Semaine de la Bio - INFOS DIGITALES
Différentes actualités ont été diffusées sur les sites Internet et réseaux sociaux de la Région Occitanie et d’Interbio Occitanie - RELAIS DE COMMUNICATION DES 18 MAISONS DE MA RÉGION
Les Maisons de ma Région ont également participé a diverses opérations et événements locaux afin de promouvoir la Bio locale.
2ÈME ÉDITION DE LA SEMAINE DE LA BIO RÉGION OCCITANIE / 8 AU 15 JUIN 2024
La Semaine de la Bio est une initiative annuelle de la Région Occitanie visant à promouvoir l’agriculture biologique en Occitanie. Cet événement permet de mettre en lumière les pratiques durables des agriculteurs bio et d’encourager les consommateurs à adopter le #BioRéflexe. En participant à ces diverses activités, le public pourra mieux comprendre les bénéfices environnementaux, économiques et sociaux de l’agriculture bio.
Pour cela, différentes actions ont été menées par les acteurs de la Bio en Occitanie et la Région Occitanie :
- Mobilisation par des acteurs de la Bio en Région pour l’organisation d’événements grand public
- Page dédiée sur les sites Internet d’Interbio Occitanie et de la Région Occitanie
- Menu Bio dans les Lycées et webinaire dédié aux gestionnaires
- Réalisation d’outils de communication #BioRéflexe pour les producteurs, magasins, entreprises bio d’Occitanie par Interbio Occitanie (sacs réutilisables, présentoirs magasins, tabliers, panneaux d’affichage, autocollants, …)
#BIOREFLEXE EN MAGASINS BIO : POUR DÉCOUVRIR LES ENTREPRISES ET LES PRODUITS D’OCCITANIE !
Du 22 mai au 29 juin, 68 jours d’animations en magasins bio ont été organisés sur toute la région Occitanie. Au bilan :
- 44 magasins spécialisés bio
- 17 entreprises participantes
- 60 produits proposés en dégustations, dont des biscuits, du pain, des conserves, des fruits frais, des produits vegan, des épices, du tofu, du fromage, des yaourts, de la bière, du chocolat
La clientèle des magasins a été séduite par la démarche de l’opération #BioRéflexe ! Ils ont apprécié découvrir ou redécouvrir des producteurs de leur région.
Par Laureline Terris, d’Interbio Occitanie
Qui sont les acheteurs de vin bio ?
Sources : d’après l’étude Millésime BIO-Circana 2023 sur « Les acheteurs de vin bio en France : quelles dynamiques? Quelles attitudes? »
L’Observatoire européen de laconsommation de vin bio* révélait en 2021 que 77 % des français interrogés (soit 1000 personnes) avaient consommé du vin au moins une fois au cours des 6 derniers mois, soit un recul de 6 % par rapport à 2015. En parallèle, on observait une progression de la consommation de vin bio de 18 % par rapport à 2015 : 54 % des français interrogés avaient déjà consommé du vin bio, dont 11 % de consommateurs réguliers et 43 % d’occasionnels.
En 2023, le marché du vin bio continue de croître. Selon l’Agence Bio, il a progressé de 9 % en valeur et de 3 % en volume par rapport à 2022, au sein d’un marché du bio alimentaire dont le chiffre d’affaires se stabilise après un recul en 2022 et alors que le marché du vin est toujours touché par la déconsommation.
L’étude Millésime BIO-Circana, présentée dans cet article, vise à mieux connaitre les acheteurs de vin bio aujourd’hui et à caractériser leurs habitudes d’achat. Celle-ci a été menée du 5 au 9 septembre 2023 sur 1054 consommateurs de vin bio français.
(*) Etude Millésime BIO-IPSOS réalisée auprès de 3000 personnes en France, au Royaume-Uni et en Allemagne du 22 septembre au 08 octobre 2021
QUEL EST LE PROFIL DES ACHETEURS DE VIN BIO ?
On retrouve autant de consommateurs que de consommatrices (50 % d’hommes et 50 % de femmes). L’âge moyen des consommateurs de vin bio correspond à celui des acheteurs de vin en général, 51 ans, avec une répartition équilibrée sur les tranches d’âge de 35 à 64 ans. (cf fig. 1)
Ce sont plutôt des consommateurs aisés (39 % sont des CSP+* contre 28 % de la population française), à tendance plutôt urbaine (37 % vivent en centre-ville, 34 % en périphérie d’une grande ville et 29 % en milieu rural).
La répartition géographique des acheteurs de vin bio selon les régions est semblable à celle de la population française. Cependant, 57 % des acheteurs de vin bio interrogés sont des personnes seules ou en couple et 56 % d’entre eux sont sans enfant.
Mais le profil des acheteurs de vin bio tend à se rajeunir et à se diversifier ! 39 % ont commencé à acheter du vin bio au cours des 12 derniers mois (cf fig. 2) et parmi les acheteurs de moins de 6 mois on rencontre davantage de CSP–* (33 % vs 26 % en moyenne des acheteurs de vin bio), d’inactifs 42 % (vs 35 % en moyenne) et d’acheteurs de moins de 25 ans (12 % vs 5 % en moyenne).

QUELLES SONT LES HABITUDES D’ACHATS DES ACHETEURS DE VIN BIO AUJOURD’HUI ET À L’AVENIR ?
Aujourd’hui, 54 % des acheteurs de vin bio en achètent au moins une fois par mois et plus d’un acheteur sur 4 en achète au moins 2 fois par mois (cf fig.3).
Que ce soit depuis un an ou en prévision pour l’avenir, on note une dynamique positive d’achat (ou de prévision d’achat) de vin bio (cf fig. 4). En effet, 37 % de ces acheteurs pensent avoir augmenté leurs achats depuis un an (contre 11 % qui pensent les avoir diminués) et 32 % pensent augmenter leurs achats de vin bio à l’avenir (contre 12 % qui pensent les diminuer).
Outre les vins bio, 4 acheteurs sur 5 sont également friands d’autres catégories de boissons alcoolisées bio, en particulier le cidre et la bière bio.
Beaucoup d’acheteurs sont mixtes : 92 % achètent des vins bio et non bio et les vins bio représentent 42 % de leurs achats de vin (cf fig. 5). Il existe donc un potentiel de croissance important pour la filière vin bio chez ces consommateurs !
(*) catégories socioprofessionnelles : + ou -, sous-entendu disposant d’un pouvoir d’achat plus ou moins élevé que la moyenne.



QUELS CIRCUITS DE DISTRIBUTION FRÉQUENTENT LES ACHETEURS DE VIN BIO ET POURQUOI ?
Les acheteurs de vins bio fréquentent plus de circuits pour leurs achats de vin bio (3,2 circuits) que pour leurs achats de vins non bio (2,5 circuits). Les cavistes (fréquentés par 44 % des acheteurs), la vente directe (39 % des acheteurs) et les magasins bio (31 % des acheteurs) sont plus fréquentés pour l’achat de vin bio que de vin non bio contrairement à la GSA, qui accueille tout de même 82 % des acheteurs de vin bio. Ce dernier circuit est pratique, attractif pour les prix et présente une large offre de produits et de conditionnement. Cependant il est mal noté par les acheteurs en termes de satisfaction globale car il propose peu de conseil.
Au contraire, la vente directe au domaine, qui permet de déguster, de découvrir le vignoble, le domaine et d’échanger avec le vigneron est le circuit généralement le mieux évalué et celui en lequel les acheteurs ont le plus confiance. Chez les cavistes, les acheteurs de vin bio vont apprécier la sélection des vins proposés, la qualité des produits et le conseil personnalisé de leur caviste.
Dans les magasins bio, les acheteurs apprécient dans le rayon vin les sélections, la diversité des appellations et la qualité des produits. Enfin, les circuits onlines se démarquent pour leur offre plus large que sur les circuits cavistes et les magasins bio.


La figure 6 présente par circuit, le classement des raisons pour lesquelles les acheteurs de vin bio choisissent un point de vente.
Quel que soit le circuit, 1 acheteur sur 3 plébiscite les vins bio de petits producteurs locaux mais aussi les vins bio sans sulfites ajoutés. Interrogés sur leurs attentes pour chaque circuit de distribution, les acheteurs souhaitent également plus d’informations sur les producteurs et ce quel que soit le circuit !
Enfin côté prix, les acheteurs de vin bio considèrent qu’à partir d’un certain montant, le vin doit être bio : Entre 5 et 10 euros, 27 % des acheteurs de vin bio estiment qu’il est indispensable qu’un vin soit bio. Au-dessus de 15 euros, ils sont 36 %. La filière bio se doit de promouvoir l’existence d’une offre complète de vin bio à tous les prix. En effet, le prix reste encore un frein à la fréquentation de certains circuits de distribution pour l’achat de vin bio, notamment les magasins bio et les cavistes.
UN DYNAMISME NOTABLE SUR LA CONSOMMATION DE VIN BIO
En résumé on peut retenir que le bio continue à recruter avec 39 % de néo acheteurs de vin bio avec un profil qui tend à se rajeunir et se diversifier.
Les acheteurs de vins bio ont développé leurs achats et pensent continuer à les développer. Ils achètent aujourd’hui majoritairement des références non bio mais représentent un « réservoir » de croissance important pour le marché des vins bio en France. En effet, si le vin qu’ils achètent leur plait, ils font le choix du bio !
La qualité adaptée au goût des consommateurs et la mise en avant des références bio dans chacun des circuits de distribution fréquentés contribueront au développement des marchés de vin bio.
Les attentes des acheteurs de vins bio sont claires : du local, des vins de qualité, du conseil, le contact avec les producteurs. Chaque circuit a sa spécificité et ses atouts pour répondre à ces attentes, mettre en avant une offre bio et garantir un bon rapport qualité-prix.
POUR ALLER PLUS LOIN
Retrouvez le replay de la conférences Millésime BIO « Les acheteurs de vin bio en France : Quelles dynamiques ? Quelles attitudes ? » sur le site : www.millesimebio.com
Par Valérie Pladeau, Sudvinbio
Crédits photos : Shutterstock
Enquête production et commercialisation du miel en Occitanie 2023
Chaque année, l’ADA Occitanie diffuse auprès des apiculteur·rices de la région une enquête portant sur la production et la commercialisation du miel. Cette enquête permet d’acquérir des références régionales et d’avoir des données chiffrées permettant d’objectiver les retours de terrain dès la fin d’année puisque l’enquête est clôturée au mois d’octobre. En 2023, 72 personnes y ont répondu dont 37 en agriculture bio ou en cours de conversion. Les éléments présentés ici ne portent que sur l’échantillon de réponses pour la bio et conversion.
Sur les 37 réponses, 19 venaient de personnes ayant entre 150 et 399 colonies (51%), 8 avaient entre 50 et 149 colonies, 6 (dont 2 en conversion) avaient moins de 50 colonies et 4 avaient 400 colonies et plus. Les réponses proviennent de 12 des 13 départements occitans (pas de retours du Tarn-et-Garonne).

LA COMMERCIALISATION DU MIEL
Les tarifs de vente des miels dépendent bien sûr du circuit de commercialisation : vente directe (de l’apiculteur·rice au consommateur·rice final·e), demi-gros (vente dans le conditionnement final à un intermédiaire) ou vrac (vente en fût ou en seau). Les tarifs dépendent également du miel, les miels de colza, tournesol et printemps sont globalement moins bien valorisés. Afin de prendre un cas comparable et avec le plus de réponses possibles, on peut faire un focus sur le miel de châtaignier. Pour ce miel, le prix de vente TTC moyen en vente directe est de 19€/kg, 15€ en demi-gros et 11€ en vrac. Depuis 2 ans, les ventes et les cours des produits bio ont chutés. Cependant, dans notre panel de 37 réponses en apiculture biologique et 35 en non-labellisé, les tarifs en bio restent supérieurs aux ventes sans label bio. Ainsi, en vente directe pour l’exemple du miel de châtaignier, la plus-value du bio est de 19%, en demi-gros de 15% et en vrac la plus-value du bio est de 38%. Attention, il s’agit des retours pour 2023 avec une enquête close avant une baisse des tarifs et des volumes rapportés par des apiculteur·rices professionnel·les à l’automne 2023 pour le marché du vrac. Sur les volumes de vente, les retours sur les baisses des livraisons concernent surtout le demi-gros et le vrac, la vente directe se maintenant davantage grâce à la relation directe avec les consommmateur·rices et la confiance sur les produits et les modes de production.
En moyenne, les apiculteur·rices ayant entre 150 et 400 colonies vendent plus de la moitié de leur production en vente directe, pour les moins de 150 colonies ce sont près des 3/4 de la production qui sont vendus par ce circuit. Pour les plus de 400 colonies, moins d’1/4 de la production est vendue en direct. Le demi-gros représente autour d’1/3 des volumes de vente pour les plus de 150 colonies. La vente en vrac représente presque la moitié des volumes vendus pour les apiculteur·rices de plus de 400 colonies. Ces moyennes cachent de grandes disparités avec par exemple une personne avec moins de 50 colonies vendant l’intégralité de sa production en vrac alors que les autres personnes avec moins de 50 colonies vendent 100% en vente directe.



LA PRODUCTION DE MIEL
En 2023, les rendements en miel étaient sensiblement supérieurs à 2022 avec une moyenne de 15,74 kg de miel par colonie d’abeille mise en production de miel contre 14,13 l’année précédente. On notera toutefois que l’augmentation est plus marquée pour les apiculteur·rices de loisir et en pluri-activité que pour les apiculteur·rices détenant plus de 150 colonies en production. En effet, les apiculteur·rices détenant entre 150 et 399 ont une moyenne de production de 1kg de miel en plus par colonie mais les apiculteur·rices de 400 colonies et plus ont une moyenne inférieure de 1kg.
Si on regarde le nombre de personne plaçant leurs colonies sur chacune des miellées, on constate que la miellée de châtaignier est la plus sollicitée avec 23 réponses sur les 37 de l’échantillon. Viennent ensuite le Montagne (19 réponses), acacia et printemps (16 réponses), le miel d’été (14) et de bruyère blanche (13 réponses soit plus d’1/3 des répondant·es). 21 autres miels ont été mentionnés mais chacun par moins de 10 apiculteur·rices.
Cela met en avant la grande diversité des paysages et des ressources florales de la région. En effet, l’ensemble des miels cités sont produits en Occitanie même si l’acacia, le châtaignier et surtout la lavande sont aussi produits dans des régions limitrophes, Nouvelles-Aquitaine pour le châtaignier et l’acacia, PACA et AURA pour la lavande.
Les quantités moyennes de miel produit par colonie mise en production sur la miellée les plus importantes sont observés sur lavande (16kg/colonie), le miel de causse et de tilleul (environ 12,50kg/colonie). Les miels de châtaignier, de montagne et de tournesol, 3 miellées majeures en Occitanie, donnent en moyenne autour de 10kg de miel par colonie apportée sur ces miellées.
Lorsqu’on regarde les départements pour lesquels de nombreuses miellées sont possibles, les Pyrénées-Orientales se démarquent avec 19 miellées. Néanmoins, considérant les conditions de sécheresse extrême que le département a connu en 2022-2023, certaines miellées ont donné des rendements très faibles voire dans certains cas pas de récolte de miel du tout. Suivent l’Hérault et la Haute-Garonne avec 11 miellées chacun.

Les 2/3 des répondant·es estiment que leur production de miel en 2023 est en baisse par rapport à une année « normale », parmi lesquels près de 2/3 l’estiment même en forte baisse. Pour 20% des répondant·es il s’agit d’une année moyenne et 15% estiment avoir une production en légère augmentation. Néanmoins, il ressort que pour maintenir les volumes de miel produits, cela demande beaucoup plus de travail et de charge mentale qu’auparavant car les miellées sont incertaines et il faut savoir s’adapter au fil de la saison en fonction des conditions météorologiques en adaptant son circuit de transhumance et éventuellement en multipliant les miellées. De plus, même si de mauvaises conditions printanières peuvent être compensées par des miellées tardives, cela implique un allongement de la saison apicole et peut obliger de réorganiser la stratégie de lutte contre le varroa.


Par Anne Charlotte Metz, ADA Occitanie
Crédits photos : Shutterstock
Interbio Occitanie partenaire d'Agri Agro Pro - 4 décembre 2024

Interbio Occitanie partenaire d’Agri Agro Pro 2024.
Participer à cet événement est une évidence pour Interbio Occitanie qui rassemble tous les réseaux de la filière bio très présente dans notre région. C’est important de contribuer à ces débats innovants et nécessaires pour faire avancer le secteur agricole et agroalimentaire sur des enjeux majeurs pour notre avenir commun.
👉 RDV le 4 décembre au MIN de Toulouse.

Des résultats innovants dans la protection intégrée de l'amandier en AB
SYNTHÈSE DES TRAVAUX MENÉS POUR LUTTER CONTRE LES RAVAGEURS ET MALADIES DANS LE CADRE DU PROJET LEVEAB (1)
La filière Amande française connaît ces dernières années un renouveau. Les projets de plantation se multiplient, notamment en AB, sur tout le bassin de production. En bio, les producteurs.rices doivent faire face à de nombreux défis techniques. Les moyens de lutte contre les ravageurs et les maladies sont peu nombreux et présentent des efficacités relatives. C’est pourquoi la relance de la filière nécessite le concours de la recherche.
Plusieurs programmes d’expérimentation sont actuellement en cours. Parmi eux, le projet LEVEAB, Lauréat du CasDAR (2), a été présenté le 6 février 2024 à l’INRAE d’Avignon aux acteurs de la filière, lors d’un Colloque dédié à l’amande bio française. Mené sur 3 régions (PACA, Occitanie et Sud Rhône-Alpes), le projet a mobilisé 13 partenaires (3) pour une durée de 3 ans et demi (2021-2024). Parmi eux, 3 organismes d’Occitanie étaient mobilisés : la Chambre Régionale d’Agriculture, le CivamBio 66 (Pyrénées-Orientales) et le Biocivam 11 (Aude).
Produire des amandes, notamment en bio, est tout sauf facile. Certes, l’arbre est bien adapté à la région méditerranéenne, mais il est aussi victime de maladies et de ravageurs, plus présents avec le changement climatique.
Diverses méthodes et produits alternatifs innovants, visant à lutter contre les bioagresseurs en vergers d’amandiers, ont été expérimentés durant le projet, aussi bien en laboratoire que sur le terrain, par des essais conduits en stations expérimentales et chez les producteurs.rices.

ESSAIS DE PRODUITS ALTERNATIFS POUR LUTTER CONTRE EYYTOMA AMYGDALI EN AB
Les dégâts provoqués par la guêpe de l’amandier, Eurytoma amygdali, peuvent affecter jusqu’à 80% de la production en l’absence d’interventions. Eurytoma est réparti sur l’ensemble du bassin Méditerranéen français, de la Provence aux Pyrénées-Orientales, et sévit également dans le sud de l’Espagne depuis 2010. Son cycle se caractérise par des émergences en France autour de la mi-avril, date qui dépend fortement des conditions climatiques (DHILLIT-LEMONNIER et al, 2021).
Les traitements contre Eurytoma sont raisonnés en fonction des données météo locales et du cycle du ravageur (dispositif de suivi de boîtes/bouteilles d’émergences des adultes). Les partenaires de LEVEAB ont testé plusieurs stratégies de lutte reposant principalement sur l’utilisation de barrières physiques, notamment l’argile (Kaolinite calcinée). En cas de forte pression du ravageur, la stratégie recommandée est de faire un premier traitement à 50 kg/ha d’argile, suivi de une à deux autres applications dosées à 30 kg/ha espacées d’environ 1 à 2 semaines (selon les conditions de lessivage). Le premier traitement est positionné dès l’apparition des premiers individus femelles dans les boîtes ou bouteilles d’émergence.
Après des dizaines d’essais de différents produits, voire de combinaisons de produits, tels que l’argile, les huiles essentielles ou encore des insecticides naturels, une première conclusion apparaît : l’argile semble tirer son épingle du jeu. Encore faut-il respecter le nombre et la fréquence des applications.
L’efficacité de l’argile semble diminuer lorsque la pression sanitaire augmente. Un essai comparant 2 passages en sens inverse à 25 kg/ha de produit chacun, au lieu d’un seul passage à 50 kg/ha ne met pas en évidence de différences significatives. Il n’y a pas suffisamment de références sur le gain d’efficacité éventuel avec l’ajout d’un adjuvant.


D’autres types de barrières physiques ont été testées (Chaux éteinte Ca(OH)2 : BNA Pro (liquide, 600 g/l) et CALCIBLANC (poudre, 95 %). Sur un essai (avec DECCOSCREEN et CALCIBLANC), nous n’obtenons pas de différence significative avec la référence Argile : efficacité comparable.
3 essais comprenant 2 applications d’argile (à 50 kg/ha) associées au Success (à 0,2 l/ha) apportent des gains d’efficacité par rapport à l’argile seule, gain allant de 17 à 48 %.
Enfin, l’argile a été testée avec des huiles essentielles (HE) dosées à 60 ml/ha en majorité. Parmi 11 huiles essentielles testées, ce sont le Géranium et le Palmarossa (géraniol), ainsi que l’oignon et le romarin qui paraissent les plus efficaces. Les mélanges d’HE ne semblent pas apporter de plus-value par rapport aux huiles seules. Nous n’observons pas non plus d’effet supplémentaire en augmentant la dose d’HE de 60 ml/ha à 120 ml/ ha
D’AUTRES ALTERNATIVES À L’UTILISATION DE BARRIÈRES PHYSIQUES :
3 volets de recherche sont développés en laboratoire :
1. L’identification de molécules de kairomones (4), substances émises par l’amandier qui pourraient attirer le ravageur Eurytoma amygdali et qui seraient utilisées pour un piégeage de masse du parasite.
2. La recherche de phéromones de marquage de ponte (substances chimiques émises par Eurytoma) comme molécules répulsives.
3. La recherche de parasitoïdes. Actuellement il n’existe pas de parasitoïdes inféodés à Eurytoma et les travaux de recherche sont chronophages, notamment sur le développement des stratégies de lâchers de ces parasitoïdes oophages (5).
Plusieurs expérimentations ont été menées en vergers avec :
-> Des essais préliminaires d’utilisation de COV (Composés Organiques Volatiles (6)). Un essai préliminaire a été effectué avec 3 COV identifiés comme répulsifs ou attractifs. Le dispositif de l’essai n’a pas été suffisant pour mettre en évidence un effet attractif ou répulsif des molécules testées en application directe à la concentration de 50 μl/ml.
-> 3 essais préliminaires d’hormones anti-oviposition (7). Les 2 essais avec pulvérisation au solo à dos n’ont pas donné de résultats concluants. A l’inverse 1 essai où l’application est réalisée manuellement sur fruit (vaporisateur) soit avec une solution directe PAO à 1mg/l soit avec une solution avec extrait de macérat d’abdomen d’Eurytoma, nous obtenons des efficacités respectives de 77 et 88%. Ce constat peut s’expliquer par une concentration insuffisante des dépôts sur le fruit avec les essais en pulvérisation au solo à dos.
La piste la plus prometteuse semble être la recherche de kairomones. En effet, lorsque l’insecte pond, il laisse des phéromones pour indiquer que l’amande est occupée. Les autres pondeuses s’en détournent alors. Les chercheurs vont mettre au point un « cocktail » qui devra avoir le même effet.
La pose de filets est aussi une méthode intéressante dans un contexte réglementaire proposant moins de disponibilité de molécules. Celle-ci permet une protection contre les divers autres ravageurs : Monosteira (faux-tigre), cicadelles, … Cependant, l’investissement est lourd et le filet ne s’adapte qu’aux amandiers plantés en haies fruitières.
RÉSULTATS ET PISTES D’ÉTUDES SUR FAUX TIGRE ET CICADELLES
En cours de projet, le faux tigre de l’amandier et la cicadelle verte ont été intégrés aux essais, car dans certains vergers ils se sont révélés bien plus problématiques. L’ensemble des essais ont révélé la kaolinite comme une stratégie pertinente pour limiter les dégâts. Appliquée avant l’arrivée du faux tigre, on obtient une efficacité moyenne de 50% sur la présence de dégâts importants par au témoin non traité (TNT). L’ajout d’une huile essentielle (HE) à l’argile n’a pas montré d’efficacité supplémentaire. L’application foliaire de nématodes au printemps peut être efficace, seulement lorsque l’on dispose des bonnes conditions d’application (humidité prolongée).
Dans un contexte de faible pression, la kaolinite peut aussi être une solution contre la cicadelle. Cependant, les essais ont montré la nécessité de bonnes conditions d’application.



RÉSULTATS ET PISTES D’ÉTUDES SUR MALADIES
Un critère important à considérer dans le contrôle des maladies est la résistance variétale : le programme LEVEAB a permis aux amandiculteurs et aux techniciens d’apprécier le comportement des variétés vis-à-vis des maladies dans les conditions pédoclimatiques du sud de la France. Quel que soit le niveau de résistance, la protection sanitaire reste indispensable.
STRATÉGIE SUR LES MALADIES DE BLESSURE : MONILIOSE ET FUSICOCCUM
Elle repose sur des méthodes de lutte prophylactiques. Il est recommandé de choisir une parcelle exposée au vent (éviter les zones humides et les bas fonds). Éviter de trop densifier la plantation sur le rang et optimiser la conduite de la taille en favorisant des puits de lumière. Enfin, en cas de premiers foyers détectés, il est indispensable d’éliminer l’inoculum présent par la taille, puis le brûlage des rameaux atteints par le fusicoccum (opération indispensable en verger à fort inoculum).

STRUCTURER LA FILIÈRE POUR FAIRE EXISTER UNE AMANDE BIO OCCITANE
Relancer une filière agricole n’est pas simplement synonyme de maîtrise technique. Il s’agit également d’organisation, de matériels et d’équipements adéquats, de prix rémunérateurs, de visibilité sur les marchés, … C’est pourquoi en parallèle de leur participation au projet LEVEAB, le CivamBio66 et le Biocivam 11, accompagnent depuis 2018, un groupe régional de producteurs.rices d’amandes bio regroupé.e.s au sein d’un GIEE nommé «Initiative Bio Amandes». L’accompagnement de ce collectif a permis d’initier la structuration d’une filière locale en Occitanie à travers : la relance de l’UPARO (Union des Producteurs d’Amandes du Roussillon et d’Occitanie), l’organisation de journées d’échanges techniques, de démonstrations de matériels, de visites de terrain et d’un voyage d’étude en Catalogne Sud, de formations spécifiques (taille, prix de revient), … Aujourd’hui, cette dynamique se poursuit autour d’un collectif resserré de 6 producteurs/trices , principalement situées dans l’Aude et le Tarn ayant pour objectif de poursuivre le travail de structuration précédemment engagé par la création d’une marque collective afin d’ améliorer la visibilité d’une amande bio occitane de qualité, en vue d’une meilleure valorisation par un prix juste et rémunérateur. Les producteurs sont également en train de s’équiper afin de pouvoir réaliser le cassage de leurs amandes dans leurs fermes respectives en mutualisant du matériel. D’autre part, la création d’un nouveau GIEE Amandes Bio Occitanie pour 2024/2025 permettra aux producteurs de consolider leurs pratiques, mais également de continuer à structurer la filière bio.
Contacts :
Margaux ALLIX (CivamBio 66) et Gwenaëlle DIDOU (Biocivam 11)

Protection du verger : lutte conjointe de ces maladies avec 2 à 3 interventions selon conditions climatiques pendant la période de floraison, du stade E à H. Les spécialités à base de cuivre ne sont autorisées que contre la bactériose. Jusqu’au stade G, de nombreuses spécialités à base de sulfate de cuivre peuvent être utilisées ou encore l’usage de l’oxyde cuivreux (NORDOX 75 WG® est un fongicide de contact à effets préventifs et curatifs)…
Le polysulfure de calcium (Curatio®) en curatif juste après une pluie présente une efficacité sur monilia (références abricotier), donc il est possible de compléter les cuivres avant pluie par du Curatio® après pluie puisqu’il y a la dérogation d’emploi sur amandier en 2024. Cependant, en cas d’attaque importante de fusicoccum sur une parcelle, ces interventions en AB ne sont pas suffisantes. Par contre, elles devraient permettre à un verger propre de ne pas décrocher.
STRATÉGIE SUR LES MALADIES DE CONTACT : ROUILLE ET CORYNEUM
Pour ces maladies du feuillage, 2 essais BPE (Bonnes Pratiques Expérimentales) conduits sur coryneum, montrent la phytotoxicité du cuivre sur amandier, d’où l’importance des conditions et des doses d’utilisation. Curatio® montre une efficacité sur rouille sur des espèces fruitières (avec une dérogation sur amandier). On connait également sur rouille l’importance du Manganèse et du Zinc (essais sur abricotier notamment), d’où la possibilité de faire 2 ou 3 application d’un engrais foliaire, surtout en cas de déficit dans les feuilles de ces deux éléments minéraux.
1. Lever les Verrous à la culture de l’Amandier en Agriculture Biologique
2. Compte d’affectation spécial pour le développement agricole et rural
3. CETA de Cavaillon, Biocivam11, CivamBio66, Chambre d’agriculture 13, Chambre d’agriculture 26, Chambres régionales d’agriculture d’Occitanie et de PACA, GRAB Avignon, GRCETA Basse-Durance, INRAe, La Compagnie des amandes, LEGTA d’Aix Valabre, Station expérimentale La Pugère
4. Substance, parfois odorante, produite par les individus d’une espèce, qui induit, chez ceux d’une autre espèce, un comportement défavorable à l’espèce émettrice, mais parfois bénéfique à l’espèce réceptrice.
5. Les parasitoïdes oophages se développent aux dépens d’oeufs d’insectes ou d’araignées et sont parasites de l’oeuf à la nymphe. Il s’agit le plus souvent d’insectes de l’ordre des Hyménoptères (telles que les micro-guêpes de la famille des Trichogrammatidae).
6. Les composés organiques volatils, ou COV sont des composés organiques pouvant facilement se trouver sous forme gazeuse dans l’atmosphère terrestre. Ces médiateurs chimiques permettent aux insectes et aux plantes de communiquer.
7. Hormones anti-oviposition : hormones ayant pour effet d’empêcher le dépôt d’oeufs (ici dans l’amandon)
BIBLIOGRAPHIE :
- DHILLIT-LEMONNIER, Cora, JALOTO, Pedro, LEVEQUE, Apolline, et al (2021). Rapport technique-Projet d’élèves ingénieurs n [9] Recensement de l’impact et des méthodes de lutte du ravageur de l’amandier Eurytoma amygdali (guêpe de l’amande).
- Guide SudArbo® – Guide de la protection raisonnée et biologique en Languedoc Roussilon – 2024
https://vu.fr/ZIult - Fiche SudArbo® 2012 : Chancre à Fusicoccum du pêcher et de l’amandier
https://vu.fr/CQfUJ - BSV Amandier Provence
Par Margaux ALLIX, CivamBio66, Carole CALCET et Gwenaëlle DIDOU, Biocivam11 et Cédric PORTAL, Chambre régionale d’agriculture d’Occitanie
Crédits photos : Shutterstock
Le point sur les contaminations microbiologiques des viandes bovines en abattoir
80 % de la viande bovine bio est vendue sous forme hachée en GMS (Grande et Moyenne Surface) et RHD (Restauration Hors Domicile) et entre 35 % et 45 % en Vente directe. Pourtant la viande hachée est un produit présentant de nombreux risques sanitaires.
Afin de maîtriser ces risques, sa fabrication est très règlementée tant au niveau de l’abattage que des ateliers de découpe et transformation. Une des règlementations qui touche tous les modes de commercialisation (de la vente directe aux filières longues en passant par les organisations collectives de commercialisation) est l’exclusion des carcasses ayant subi un accident d’éviscération à l’abattoir.
À plusieurs reprises des éleveurs, des organisations collectives et commerciales de producteurs m’ont interpellé sur les raisons des accidents d’éviscération et les difficultés de réorganisation de la commercialisation (explications clients, modification des contenus des cartons, négociations avec les sites de restauration collectives, équilibre matière…) engendrés par une non-production de viande hachée.
VOICI QUELQUES ÉLÉMENTS D’EXPLICATIONS SUR CETTE PROBLÉMATIQUE TECHNIQUE ET COMMERCIALE
Tout au long du procédé d’abattage, de nombres souillures peuvent se produire (comme des souillures par le cuir, la bile, le contenu abdominal, la graisse mécanique ou par le contact avec les passerelles et autres équipements de la chaîne ou encore issues de la plaie de saignée). Deux étapes s’avèrent plus à risque au regard de la contamination potentielle de surface des viandes au cours du procédé d’abattage : la dépouille et l’éviscération.
DÉFINITIONS
La dépouille : étape où le cuir est enlevé de la carcasse.
L’éviscération : étape où sont retirés les abats et les viscères.
ORIGINE DES CONTAMINATIONS POSSIBLES
- Lors de la dépouille : on parle de souillures d’habillage. Elles sont engendrées lors du contact du cuir avec la carcasse au moment des opérations de pré dépouille et de dépouille ou par des contaminations croisées, notamment par l’homme, lors des manipulations. Ces souillures peuvent être par exemple de la matière fécale, des poils…
- Lors de l’éviscération : les souillures d’éviscération sont engendrées par la rupture de l’intégrité de l’appareil digestif lors du retrait du contenu abdominal de la carcasse. Il s’agit alors du contenu digestif.
QUEL SUR-RISQUE PARTICULIER À CES ÉTAPES ?
Ces contaminations (souillures) peuvent entrainer un risque majeur pour le consommateur, par la contamination les bactéries Eschérichia. coli producteur de Shiga-toxines (E.coli STEC) et en particulier E.coli O157. Les infections causées par les E.coli O157 sont une préoccupation majeure en santé publique en raison de la sévérité des manifestations cliniques qu’ils génèrent en particulier chez les jeunes enfants et les personnes âgées (colites hémorragiques, syndrome hémolytique). La viande de boeuf haché insuffisamment cuite est un des aliments le plus souvent en cause dans la survenue de cas sporadiques ou épidémiques. Les STEC et en particulier E.coli O157 peuvent être présents dans le système digestif ou sur le cuir des bovins.
Voilà pourquoi ces 2 étapes sont particulièrement à risque et surveillées par les services vétérinaires.
Une instruction technique de la DGAL/SDSSA du 18/03/2016, classe les souillures en deux catégories :
Les souillures « mineures » ou « circonscrites » :
- taille inférieure ou égale à la surface de la paume d’une main,
- absence d’écoulement,
- facilité du parage (le parage peut être réalisé en un seul geste ou deux gestes dans les zones difficiles).
Exemple : souillures par le cuir lors de l’habillage, …
Les souillures « majeures » ou « étendues » :
- taille supérieure à la surface de la paume d’une main et/ou
- présence d’écoulement
Exemple : souillures à la suite d’un accident d’éviscération…
Les abattoirs sont dans l’obligation d’élaborer un Plan de Maîtrise Sanitaire (PMS) afin d’atteindre les objectifs de sécurité sanitaire fixés par la réglementation européenne. Pour cela, le PMS doit comporter des procédures relatives à la gestion des souillures indiquant les modalités de surveillance ainsi que les corrections sur les produits et/ou le procédé.
Généralement, le PMS de l’abattoir prévoit un parage sur chaîne dans le cas de souillures « mineures » ou « circonscrites ». Pour les souillures « majeures » ou « étendues » le parage ou douchage ne sont pas des mesures correctives suffisantes du fait de leurs étendues et pénétration. C’est pour cela que des mesures ont été prises sur la destination de ces carcasses.

CONSÉQUENCES POUR LA DESTINATION COMMERCIALE
A l’heure actuelle, la destination des carcasses ayant subi une contamination lors de la dépouille est inchangée car ces souillures sont souvent mineures.
Par contre afin de limiter les risques pour le consommateur, les carcasses ayant fait l’objet d’un accident d’éviscération même mineur, même traitées, ne sont pas autorisées à entrer dans la fabrication de produits sensibles de type viande hachée depuis plusieurs années. Cela engendre des désorganisations pour la commercialisation que ce soit en filières longues ou courtes.
Afin de maîtriser ces risques et limiter les désagréments d’une non-production de steak haché, des actions sont à mettre en oeuvre. Sur ce plan, il convient de dissocier le rôle respectif de l’animal, des pratiques de l’élevage, des opérateurs d’abattage (mauvaise gestuelle, cadence) et celui de la technologie d’abattage (ergonomie des postes, abattage rituel, etc.).
Les abattoirs doivent régulièrement former des opérateurs mais également revoir leurs pratiques pour palier à ces contaminations. Mais les éleveurs ont un rôle à jouer pour limiter les accidents d’éviscération et faciliter l’éviscération aux opérateurs :
- Veiller à toutes modifications de comportements alimentaires ou apparition de grosseurs au niveau de l’abdomen, durant toute la période de l’engraissement. Ces modifications peuvent traduire des affections digestives (occlusions, péritonites, déplacements de caillette…) et modifient les adhérences du réseau d’organes digestifs dans l’abdomen. Cela rend le travail de détachement du contenu abdominal délicat. En cas de doute, contactez votre vétérinaire.
- Estimer et faire vérifier l’avancée d’une possible gestation des femelles mises à l’engraissement, afin de ne pas conduire à l’abattoir des femelles gestantes et proches du terme. Pour cela, certains éleveurs font fouiller leurs animaux. Bien que la fouille ne donne pas une date exacte de saillie, cela permet d’avoir tout de même une idée assez précise, surtout entre quatre et sept mois.
Pour rappel, les réglementations européennes et nationales interdisent le transport de femelles gravides ayant dépassé 90 % de la durée normale de gestation (soit 257 jours).
Si les femelles sont gestantes et proche du terme, l’abdomen est tendu ce qui rend difficile l’extraction des viscères et favorise dangereusement les déchirements des estomacs et intestins. - Ne pas alimenter les animaux qui seront abattus à leur arrivée à l’abattoir. En revanche, si l’animal est amené la veille de son abattage, l’animal peut être alimenté avant son départ de la ferme puisque la règlementation interdit de faire jeuner un animal plus de 12h. Si les estomacs sont pleins (cas des animaux alimentés juste avant l’abattage), ils sont lourds et ils tombent très vite lors de l’ouverture de la cavité abdominale. Dans ce cas, l’opérateur n’a pas le temps d’accompagner la descente et ne peut pas couper les membranes d’attache au bon endroit et au bon moment. Il y a alors un grand risque de déchirement des estomacs et des intestins, ce qui entraine la menace de souiller et contaminer la viande. De même, dès le début de l’ouverture du sternum, la caillette sort rapidement car pleine, elle fait pression sur la cage thoracique. Il y a alors un plus grand risque de perforation de la caillette par la scie sternum et donc de souillures et de contamination de la viande.
Nous avons tous un rôle à jouer. Chaque maillon de la filière viande est important et oeuvre pour garantir une viande bio locale de qualité aux consommateurs.
Par Corinne Amblard, Bio Ariège Garonne
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6e Colloque de la restauration collective Bio & Régionale - 27/11 à St Affrique (12)
Interbio Occitanie, Bio Occitanie et la Chambre régionale d’Occitanie ont le plaisir de vous informer que la 6ème édition du Colloque de la Restauration Collective Bio & Régionale se déroulera le mercredi 27 novembre de 9h30 à 17h à la Salle des Colonnes à St Affrique (12).
A cette occasion, la ville de St Affrique recevra le Label Territoire Bio Engagé pour son engagement au sein de sa restauration collective avec une part de produits bios supérieure à 22%.

La vente des vins Bio en direct...ou presque
Source : Etude Circana-Millésime BIO sur un échantillon de 1054 acheteurs de vin bio français.
La question posée était : Quels sont tous les types de points de vente que vous fréquentez pour vos achats de vins bio?
La vente en direct est le 1er circuit de valorisation des vins bio (cf fig.1). Elle représente 50% des achats des vins bio par les ménages en 2023, en progression de 14% par rapport à 2022. D’après l’étude Circana-Millesime Bio réalisée fin 2023, auprès de plus de 1000 acheteurs de vins bio en France (cf fig. 2), 22% d’entre eux passent par la vente directe.
Le consommateur cherche à mieux connaitre l’origine des vins qu’il achète et certains circuits de distribution travaillent à renforcer ce lien avec les vigneron, comme les magasins bio. Avec une part de marché de 8 % en valeur, c’est le 4ème circuit de distribution des vins bio (cf fig. 1). En régression en 2022, il présente des signes de reprise en 2023 avec une légère croissance de +1% en valeur. Toujours selon l’étude Circana-Millésime BIO, les magasins bio sont fréquentés par 31% des acheteurs de vin bio (cf fig.2).
D’autres circuits de vente, privilégient le lien entre le vigneron et le consommateur et montrent aujourd’hui un potentiel de croissance intéressant.
Ce sont, par exemple, les magasins de producteurs fréquentés par 17% des acheteurs de vin bio et la vente en ligne avec 24% des acheteurs de vin bio qui font leurs achats online.


LA VENTE EN LIGNE, POUR DES CONSOMMATEURS PLUS JEUNES !
Selon l’étude Circana-Millésime BIO, le profil des acheteurs en ligne est caractéristique: des acheteurs plus jeunes en moyenne de 45,7 ans vs 51 ans pour la moyenne de l’échantillon des acheteurs de vin bio, plus urbain avec beaucoup plus de CSP+* (51% vs 39% des acheteurs de vin bio en général)
La vente en ligne est un outil très intéressant pour communiquer et informer sur les vins, leur élaboration et sur le vigneron lui même ! Le consommateur souhaite connaitre les produits qu’il achète et l’histoire du domaine. Il trouve sur le site de vente en ligne des informations techniques ou historique essentielles à son choix et qui le rapproche du vigneron.
Selon Bénédicte Coyon, directrice des achats pour Les grappes et interviewée lors d’une table ronde sur le salon Millésime BIO 2024, la vente en ligne a de l’avenir, car elle correspond au profil des plus jeunes. Le consommateur a besoin de praticité, fait ses courses sur le web et la vente en ligne permet de proposer des outils de sélection pour faciliter son choix selon ses goûts.
Sur le site Les grappes, site de e-commerce, la demande, bien que majoritaire sur les rouges, croit sur les rosés et surtout des blancs. Les consommateurs sont aussi demandeurs de vins plus « accessibles », plus « simples » mais toujours de qualité, des vins bio ou en biodynamie et des étiquettes plus « modernes » ! L’étude Circana-Millésime BIO confirme cette tendance sur le comportement des acheteurs qui recherchent des vins (plus) faciles à boire.
LES MAGASINS DE PRODUCTEURS POUR CONSOMMER ET SOUTENIR L’AGRICULTURE LOCALE !
Selon l’étude Circana Millésime BIO, les acheteurs de vin bio dans les magasins de producteurs ont le même âge que la moyenne des acheteurs de vin bio, mais on retrouve plus de CSP+ (44% vs 39% pour la moyenne des acheteurs de vin bio). Ils choisissent d’abord ce circuit pour soutenir la rémunération des producteurs. 35% d’entre eux fréquentent ce circuit tous les 15 jours et 37% des acheteurs de vin bio pensent développer à l’avenir leurs achats dans les magasins de producteurs.

La force des magasins de producteurs est de répondre à une demande croissante des consommateurs pour l’achat de produits locaux. Le MAS des Agriculteurs dans le Gard en est un exemple avec un espace dédié au vin proposant plus de 700 références de 160 producteurs.
Le concept du magasin (et des magasins de producteurs plus généralement) repose sur la juste rémunération du producteur et le développement d’une offre locale. Au MAS des Agriculteurs, l’offre vin est originaire du département en majorité et pour que les clients puissent faire toutes leur course du quotidien dans un seul magasin, certains produits des rayons de l’agroalimentaire sont référencés dans les départements limitrophes. Géré par des agriculteurs, 42% de l’offre et du chiffre d’affaires du rayon vin relève de la vente de vin bio. La dynamisation des ventes passe par une programmation riche d’animation de dégustation, par les producteurs eux même et par les cavistes sur des dégustations à thème. Ces temps conviviaux de rencontre et d’échanges entre producteurs et clients sont essentiel et fidélisent les clients.
LES MAGASINS BIO : LA GARANTIE DU LABEL, DES MAGASINS ENGAGÉS POUR LE BIO !
L’étude Circana-Millésime BIO montre que les acheteurs en magasins bio spécialisés ont un profil très proche des acheteurs de vin bio en général. Les différences viennent de leur sensibilité plus forte à l’environnement (critère cité par 70% des acheteurs de ce circuit vs 50% de la moyenne des acheteurs de vin bio). Ils privilégient les magasins bio car ils ont confiance en ce type de point de vente pour leurs achats de vin. Face au retrait de références bio dans la grande distribution, les consommateurs se tournent vers les magasins bio.
Emmanuel Heck, élu référent à la commission cave chez Biocoop, participait à la table ronde sur la vente directe lors du salon Millésime BIO 2024. Selon lui, les acheteurs de Biocoop, consommateurs exclusifs de bio et donc convaincus, sont en attente de nouveautés, de découvertes, d’autres produits et recherchent aujourd’hui le plaisir avant tout!
Biocoop travaille sur la mise en avant des produits dans le rayon vin, via la « communication muette » avec des fiches d’information sur le vigneron mises à disposition auprès des clients. L’enseigne monte en puissance sur le conseil en rayon avec des employés pouvant relayer les spécificités produits ou producteurs voire un caviste dédié selon les magasins. Enfin, elle s’engage sur des démarches complémentaires comme la réduction des déchets avec le réemploi et le commerce équitable.
QUELS CIRCUITS CHOISIR POUR VENDRE SES VINS BIO ?
La filière bio mise sur les modèles de vente « plus en direct » qui satisfont les attentes des consommateurs sur la connaissance des produits qu’ils achètent et leur origine. Les producteurs de vin bio savent répondre aux engagements demandés par ces circuits : des produits locaux, du bio ou de la biodynamie, une garantie qualité, contrôlée.
L’étude Circana-Millésime BIO compte 39% de nouveaux acheteurs de vin bio sur un an dont une partie plus jeune. Ces derniers sont attentifs aux enjeux environnementaux et recherchent aussi de la nouveauté dans les produits. Une opportunité à ne pas manquer pour les vignerons bio !
RETROUVER CES INFORMATIONS SUR :
- Le replay de la conférence Millésime BIO 2024 : https://youtu.be/-3-oxTUoLGU “Vente directe : Diversité des réseaux de distribution”, animée par: Chantal Sarrazin (Journaliste – Rayon Boissons), avec la participation de Bénédicte Coyon (Directrice des achats – Les Grappes) et Emmanuel Heck (Elu référent à la commission cave – Biocoop)
- Le dossier Économie: “Valorisez vos vins bio en vente directe ou presque”, disponible sur demande par mail: valerie.pladeau@sudvinbio.com
Par Valérie Pladeau, Sudvinbio
Crédits photos : Shutterstock








