Enquête production et commercialisation du miel en Occitanie 2023 1

Enquête production et commercialisation du miel en Occitanie 2023

Chaque année, l’ADA Occitanie diffuse auprès des apiculteur·rices de la région une enquête portant sur la production et la commercialisation du miel. Cette enquête permet d’acquérir des références régionales et d’avoir des données chiffrées permettant d’objectiver les retours de terrain dès la fin d’année puisque l’enquête est clôturée au mois d’octobre. En 2023, 72 personnes y ont répondu dont 37 en agriculture bio ou en cours de conversion. Les éléments présentés ici ne portent que sur l’échantillon de réponses pour la bio et conversion.

Sur les 37 réponses, 19 venaient de personnes ayant entre 150 et 399 colonies (51%), 8 avaient entre 50 et 149 colonies, 6 (dont 2 en conversion) avaient moins de 50 colonies et 4 avaient 400 colonies et plus. Les réponses proviennent de 12 des 13 départements occitans (pas de retours du Tarn-et-Garonne).

LA COMMERCIALISATION DU MIEL

Les tarifs de vente des miels dépendent bien sûr du circuit de commercialisation : vente directe (de l’apiculteur·rice au consommateur·rice final·e), demi-gros (vente dans le conditionnement final à un intermédiaire) ou vrac (vente en fût ou en seau). Les tarifs dépendent également du miel, les miels de colza, tournesol et printemps sont globalement moins bien valorisés. Afin de prendre un cas comparable et avec le plus de réponses possibles, on peut faire un focus sur le miel de châtaignier. Pour ce miel, le prix de vente TTC moyen en vente directe est de 19€/kg, 15€ en demi-gros et 11€ en vrac. Depuis 2 ans, les ventes et les cours des produits bio ont chutés. Cependant, dans notre panel de 37 réponses en apiculture biologique et 35 en non-labellisé, les tarifs en bio restent supérieurs aux ventes sans label bio. Ainsi, en vente directe pour l’exemple du miel de châtaignier, la plus-value du bio est de 19%, en demi-gros de 15% et en vrac la plus-value du bio est de 38%. Attention, il s’agit des retours pour 2023 avec une enquête close avant une baisse des tarifs et des volumes rapportés par des apiculteur·rices professionnel·les à l’automne 2023 pour le marché du vrac. Sur les volumes de vente, les retours sur les baisses des livraisons concernent surtout le demi-gros et le vrac, la vente directe se maintenant davantage grâce à la relation directe avec les consommmateur·rices et la confiance sur les produits et les modes de production.

En moyenne, les apiculteur·rices ayant entre 150 et 400 colonies vendent plus de la moitié de leur production en vente directe, pour les moins de 150 colonies ce sont près des 3/4 de la production qui sont vendus par ce circuit. Pour les plus de 400 colonies, moins d’1/4 de la production est vendue en direct. Le demi-gros représente autour d’1/3 des volumes de vente pour les plus de 150 colonies. La vente en vrac représente presque la moitié des volumes vendus pour les apiculteur·rices de plus de 400 colonies. Ces moyennes cachent de grandes disparités avec par exemple une personne avec moins de 50 colonies vendant l’intégralité de sa production en vrac alors que les autres personnes avec moins de 50 colonies vendent 100% en vente directe.

LA PRODUCTION DE MIEL

En 2023, les rendements en miel étaient sensiblement supérieurs à 2022 avec une moyenne de 15,74 kg de miel par colonie d’abeille mise en production de miel contre 14,13 l’année précédente. On notera toutefois que l’augmentation est plus marquée pour les apiculteur·rices de loisir et en pluri-activité que pour les apiculteur·rices détenant plus de 150 colonies en production. En effet, les apiculteur·rices détenant entre 150 et 399 ont une moyenne de production de 1kg de miel en plus par colonie mais les apiculteur·rices de 400 colonies et plus ont une moyenne inférieure de 1kg.

Si on regarde le nombre de personne plaçant leurs colonies sur chacune des miellées, on constate que la miellée de châtaignier est la plus sollicitée avec 23 réponses sur les 37 de l’échantillon. Viennent ensuite le Montagne (19 réponses), acacia et printemps (16 réponses), le miel d’été (14) et de bruyère blanche (13 réponses soit plus d’1/3 des répondant·es). 21 autres miels ont été mentionnés mais chacun par moins de 10 apiculteur·rices.
Cela met en avant la grande diversité des paysages et des ressources florales de la région. En effet, l’ensemble des miels cités sont produits en Occitanie même si l’acacia, le châtaignier et surtout la lavande sont aussi produits dans des régions limitrophes, Nouvelles-Aquitaine pour le châtaignier et l’acacia, PACA et AURA pour la lavande.

Les quantités moyennes de miel produit par colonie mise en production sur la miellée les plus importantes sont observés sur lavande (16kg/colonie), le miel de causse et de tilleul (environ 12,50kg/colonie). Les miels de châtaignier, de montagne et de tournesol, 3 miellées majeures en Occitanie, donnent en moyenne autour de 10kg de miel par colonie apportée sur ces miellées.

Lorsqu’on regarde les départements pour lesquels de nombreuses miellées sont possibles, les Pyrénées-Orientales se démarquent avec 19 miellées. Néanmoins, considérant les conditions de sécheresse extrême que le département a connu en 2022-2023, certaines miellées ont donné des rendements très faibles voire dans certains cas pas de récolte de miel du tout. Suivent l’Hérault et la Haute-Garonne avec 11 miellées chacun.

Les 2/3 des répondant·es estiment que leur production de miel en 2023 est en baisse par rapport à une année « normale », parmi lesquels près de 2/3 l’estiment même en forte baisse. Pour 20% des répondant·es il s’agit d’une année moyenne et 15% estiment avoir une production en légère augmentation. Néanmoins, il ressort que pour maintenir les volumes de miel produits, cela demande beaucoup plus de travail et de charge mentale qu’auparavant car les miellées sont incertaines et il faut savoir s’adapter au fil de la saison en fonction des conditions météorologiques en adaptant son circuit de transhumance et éventuellement en multipliant les miellées. De plus, même si de mauvaises conditions printanières peuvent être compensées par des miellées tardives, cela implique un allongement de la saison apicole et peut obliger de réorganiser la stratégie de lutte contre le varroa.

Par Anne Charlotte Metz, ADA Occitanie

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Interbio Occitanie partenaire d'Agri Agro Pro - 4 décembre 2024 4

Interbio Occitanie partenaire d'Agri Agro Pro - 4 décembre 2024

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Interbio Occitanie partenaire d’Agri Agro Pro 2024.
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Des résultats innovants dans la protection intégrée de l'amandier en AB 5

Des résultats innovants dans la protection intégrée de l'amandier en AB

SYNTHÈSE DES TRAVAUX MENÉS POUR LUTTER CONTRE LES RAVAGEURS ET MALADIES DANS LE CADRE DU PROJET LEVEAB (1)

La filière Amande française connaît ces dernières années un renouveau. Les projets de plantation se multiplient, notamment en AB, sur tout le bassin de production. En bio, les producteurs.rices doivent faire face à de nombreux défis techniques. Les moyens de lutte contre les ravageurs et les maladies sont peu nombreux et présentent des efficacités relatives. C’est pourquoi la relance de la filière nécessite le concours de la recherche.

Plusieurs programmes d’expérimentation sont actuellement en cours. Parmi eux, le projet LEVEAB, Lauréat du CasDAR (2), a été présenté le 6 février 2024 à l’INRAE d’Avignon aux acteurs de la filière, lors d’un Colloque dédié à l’amande bio française. Mené sur 3 régions (PACA, Occitanie et Sud Rhône-Alpes), le projet a mobilisé 13 partenaires (3) pour une durée de 3 ans et demi (2021-2024). Parmi eux, 3 organismes d’Occitanie étaient mobilisés : la Chambre Régionale d’Agriculture, le CivamBio 66 (Pyrénées-Orientales) et le Biocivam 11 (Aude).

Produire des amandes, notamment en bio, est tout sauf facile. Certes, l’arbre est bien adapté à la région méditerranéenne, mais il est aussi victime de maladies et de ravageurs, plus présents avec le changement climatique.

Diverses méthodes et produits alternatifs innovants, visant à lutter contre les bioagresseurs en vergers d’amandiers, ont été expérimentés durant le projet, aussi bien en laboratoire que sur le terrain, par des essais conduits en stations expérimentales et chez les producteurs.rices.

ESSAIS DE PRODUITS ALTERNATIFS POUR LUTTER CONTRE EYYTOMA AMYGDALI EN AB

Les dégâts provoqués par la guêpe de l’amandier, Eurytoma amygdali, peuvent affecter jusqu’à 80% de la production en l’absence d’interventions. Eurytoma est réparti sur l’ensemble du bassin Méditerranéen français, de la Provence aux Pyrénées-Orientales, et sévit également dans le sud de l’Espagne depuis 2010. Son cycle se caractérise par des émergences en France autour de la mi-avril, date qui dépend fortement des conditions climatiques (DHILLIT-LEMONNIER et al, 2021).

Les traitements contre Eurytoma sont raisonnés en fonction des données météo locales et du cycle du ravageur (dispositif de suivi de boîtes/bouteilles d’émergences des adultes). Les partenaires de LEVEAB ont testé plusieurs stratégies de lutte reposant principalement sur l’utilisation de barrières physiques, notamment l’argile (Kaolinite calcinée). En cas de forte pression du ravageur, la stratégie recommandée est de faire un premier traitement à 50 kg/ha d’argile, suivi de une à deux autres applications dosées à 30 kg/ha espacées d’environ 1 à 2 semaines (selon les conditions de lessivage). Le premier traitement est positionné dès l’apparition des premiers individus femelles dans les boîtes ou bouteilles d’émergence.

Après des dizaines d’essais de différents produits, voire de combinaisons de produits, tels que l’argile, les huiles essentielles ou encore des insecticides naturels, une première conclusion apparaît : l’argile semble tirer son épingle du jeu. Encore faut-il respecter le nombre et la fréquence des applications.

L’efficacité de l’argile semble diminuer lorsque la pression sanitaire augmente. Un essai comparant 2 passages en sens inverse à 25 kg/ha de produit chacun, au lieu d’un seul passage à 50 kg/ha ne met pas en évidence de différences significatives. Il n’y a pas suffisamment de références sur le gain d’efficacité éventuel avec l’ajout d’un adjuvant.

D’autres types de barrières physiques ont été testées (Chaux éteinte Ca(OH)2 : BNA Pro (liquide, 600 g/l) et CALCIBLANC (poudre, 95 %). Sur un essai (avec DECCOSCREEN et CALCIBLANC), nous n’obtenons pas de différence significative avec la référence Argile : efficacité comparable.

3 essais comprenant 2 applications d’argile (à 50 kg/ha) associées au Success (à 0,2 l/ha) apportent des gains d’efficacité par rapport à l’argile seule, gain allant de 17 à 48 %.

Enfin, l’argile a été testée avec des huiles essentielles (HE) dosées à 60 ml/ha en majorité. Parmi 11 huiles essentielles testées, ce sont le Géranium et le Palmarossa (géraniol), ainsi que l’oignon et le romarin qui paraissent les plus efficaces. Les mélanges d’HE ne semblent pas apporter de plus-value par rapport aux huiles seules. Nous n’observons pas non plus d’effet supplémentaire en augmentant la dose d’HE de 60 ml/ha à 120 ml/ ha

D’AUTRES ALTERNATIVES À L’UTILISATION DE BARRIÈRES PHYSIQUES :

3 volets de recherche sont développés en laboratoire :
1. L’identification de molécules de kairomones (4), substances émises par l’amandier qui pourraient attirer le ravageur Eurytoma amygdali et qui seraient utilisées pour un piégeage de masse du parasite.
2. La recherche de phéromones de marquage de ponte (substances chimiques émises par Eurytoma) comme molécules répulsives.
3. La recherche de parasitoïdes. Actuellement il n’existe pas de parasitoïdes inféodés à Eurytoma et les travaux de recherche sont chronophages, notamment sur le développement des stratégies de lâchers de ces parasitoïdes oophages (5).

Plusieurs expérimentations ont été menées en vergers avec :
-> Des essais préliminaires d’utilisation de COV (Composés Organiques Volatiles (6)). Un essai préliminaire a été effectué avec 3 COV identifiés comme  répulsifs ou attractifs. Le dispositif de l’essai n’a pas été suffisant pour mettre en évidence un effet attractif ou répulsif des molécules testées en application directe à la concentration de 50 μl/ml.
-> 3 essais préliminaires d’hormones anti-oviposition (7). Les 2 essais avec pulvérisation au solo à dos n’ont pas donné de résultats concluants. A l’inverse 1 essai où l’application est réalisée manuellement sur fruit (vaporisateur) soit avec une solution directe PAO à 1mg/l soit avec une solution avec extrait de macérat d’abdomen d’Eurytoma, nous obtenons des efficacités respectives de 77 et 88%. Ce constat peut s’expliquer par une concentration insuffisante des dépôts sur le fruit avec les essais en pulvérisation au solo à dos.

La piste la plus prometteuse semble être la recherche de kairomones. En effet, lorsque l’insecte pond, il laisse des phéromones pour indiquer que l’amande est occupée. Les autres pondeuses s’en détournent alors. Les chercheurs vont mettre au point un « cocktail » qui devra avoir le même effet.

La pose de filets est aussi une méthode intéressante dans un contexte réglementaire proposant moins de disponibilité de molécules. Celle-ci permet une protection contre les divers autres ravageurs : Monosteira (faux-tigre), cicadelles, … Cependant, l’investissement est lourd et le filet ne s’adapte qu’aux amandiers plantés en haies fruitières.

RÉSULTATS ET PISTES D’ÉTUDES SUR FAUX TIGRE ET CICADELLES

En cours de projet, le faux tigre de l’amandier et la cicadelle verte ont été intégrés aux essais, car dans certains vergers ils se sont révélés bien plus problématiques. L’ensemble des essais ont révélé la kaolinite comme une stratégie pertinente pour limiter les dégâts. Appliquée avant l’arrivée du faux tigre, on obtient une efficacité moyenne de 50% sur la présence de dégâts importants par au témoin non traité (TNT). L’ajout d’une huile essentielle (HE) à l’argile n’a pas montré d’efficacité supplémentaire. L’application foliaire de nématodes au printemps peut être efficace, seulement lorsque l’on dispose des bonnes conditions d’application (humidité prolongée).

Dans un contexte de faible pression, la kaolinite peut aussi être une solution contre la cicadelle. Cependant, les essais ont montré la nécessité de bonnes conditions d’application.

RÉSULTATS ET PISTES D’ÉTUDES SUR MALADIES

Un critère important à considérer dans le contrôle des maladies est la résistance variétale : le programme LEVEAB a permis aux amandiculteurs et aux techniciens d’apprécier le comportement des variétés vis-à-vis des maladies dans les conditions pédoclimatiques du sud de la France. Quel que soit le niveau de résistance, la protection sanitaire reste indispensable.

STRATÉGIE SUR LES MALADIES DE BLESSURE : MONILIOSE ET FUSICOCCUM
Elle repose sur des méthodes de lutte prophylactiques. Il est recommandé de choisir une parcelle exposée au vent (éviter les zones humides et les bas fonds). Éviter de trop densifier la plantation sur le rang et optimiser la conduite de la taille en favorisant des puits de lumière. Enfin, en cas de premiers foyers détectés, il est indispensable d’éliminer l’inoculum présent par la taille, puis le brûlage des rameaux atteints par le fusicoccum (opération indispensable en verger à fort inoculum).

STRUCTURER LA FILIÈRE POUR FAIRE EXISTER UNE AMANDE BIO OCCITANE

Relancer une filière agricole n’est pas simplement synonyme de maîtrise technique. Il s’agit également d’organisation, de matériels et d’équipements adéquats, de prix rémunérateurs, de visibilité sur les marchés, … C’est pourquoi en parallèle de leur participation au projet LEVEAB, le CivamBio66 et le Biocivam 11, accompagnent depuis 2018, un groupe régional de producteurs.rices d’amandes bio regroupé.e.s au sein d’un GIEE nommé «Initiative Bio Amandes». L’accompagnement de ce collectif a permis d’initier la structuration d’une filière locale en Occitanie à travers : la relance de l’UPARO (Union des Producteurs d’Amandes du Roussillon et d’Occitanie), l’organisation de journées d’échanges techniques, de démonstrations de matériels, de visites de terrain et d’un voyage d’étude en Catalogne Sud, de formations spécifiques (taille, prix de revient), … Aujourd’hui, cette dynamique se poursuit autour d’un collectif resserré de 6 producteurs/trices , principalement situées dans l’Aude et le Tarn ayant pour objectif de poursuivre le travail de structuration précédemment engagé par la création d’une marque collective afin d’ améliorer la visibilité d’une amande bio occitane de qualité, en vue d’une meilleure valorisation par un prix juste et rémunérateur. Les producteurs sont également en train de s’équiper afin de pouvoir réaliser le cassage de leurs amandes dans leurs fermes respectives en mutualisant du matériel. D’autre part, la création d’un nouveau GIEE Amandes Bio Occitanie pour 2024/2025 permettra aux producteurs de consolider leurs pratiques, mais également de continuer à structurer la filière bio.

Contacts :
Margaux ALLIX (CivamBio 66) et Gwenaëlle DIDOU (Biocivam 11)

Protection du verger : lutte conjointe de ces maladies avec 2 à 3 interventions selon conditions climatiques pendant la période de floraison, du stade E à H. Les spécialités à base de cuivre ne sont autorisées que contre la bactériose. Jusqu’au stade G, de nombreuses spécialités à base de sulfate de cuivre peuvent être utilisées ou encore l’usage de l’oxyde cuivreux (NORDOX 75 WG® est un fongicide de contact à effets préventifs et curatifs)…

Le polysulfure de calcium (Curatio®) en curatif juste après une pluie présente une efficacité sur monilia (références abricotier), donc il est possible de compléter les cuivres avant pluie par du Curatio® après pluie puisqu’il y a la dérogation d’emploi sur amandier en 2024. Cependant, en cas d’attaque importante de fusicoccum sur une parcelle, ces interventions en AB ne sont pas suffisantes. Par contre, elles devraient permettre à un verger propre de ne pas décrocher.

STRATÉGIE SUR LES MALADIES DE CONTACT : ROUILLE ET CORYNEUM
Pour ces maladies du feuillage, 2 essais BPE (Bonnes Pratiques Expérimentales) conduits sur coryneum, montrent la phytotoxicité du cuivre sur amandier, d’où l’importance des conditions et des doses d’utilisation. Curatio® montre une efficacité sur rouille sur des espèces fruitières (avec une dérogation sur amandier). On connait également sur rouille l’importance du Manganèse et du Zinc (essais sur abricotier notamment), d’où la possibilité de faire 2 ou 3 application d’un engrais foliaire, surtout en cas de déficit dans les feuilles de ces deux éléments minéraux.

1. Lever les Verrous à la culture de l’Amandier en Agriculture Biologique
2. Compte d’affectation spécial pour le développement agricole et rural
3. CETA de Cavaillon, Biocivam11, CivamBio66, Chambre d’agriculture 13, Chambre d’agriculture 26, Chambres régionales d’agriculture d’Occitanie et de PACA, GRAB Avignon, GRCETA Basse-Durance, INRAe, La Compagnie des amandes, LEGTA d’Aix Valabre, Station expérimentale La Pugère
4. Substance, parfois odorante, produite par les individus d’une espèce, qui induit, chez ceux d’une autre espèce, un comportement défavorable à l’espèce émettrice, mais parfois bénéfique à l’espèce réceptrice.
5. Les parasitoïdes oophages se développent aux dépens d’oeufs d’insectes ou d’araignées et sont parasites de l’oeuf à la nymphe. Il s’agit le plus souvent d’insectes de l’ordre des Hyménoptères (telles que les micro-guêpes de la famille des Trichogrammatidae).
6. Les composés organiques volatils, ou COV sont des composés organiques pouvant facilement se trouver sous forme gazeuse dans l’atmosphère terrestre. Ces médiateurs chimiques permettent aux insectes et aux plantes de communiquer.
7. Hormones anti-oviposition : hormones ayant pour effet d’empêcher le dépôt d’oeufs (ici dans l’amandon)

BIBLIOGRAPHIE :

  • DHILLIT-LEMONNIER, Cora, JALOTO, Pedro, LEVEQUE, Apolline, et al (2021). Rapport technique-Projet d’élèves ingénieurs n [9] Recensement de l’impact et des méthodes de lutte du ravageur de l’amandier Eurytoma amygdali (guêpe de l’amande).
  • Guide SudArbo® – Guide de la protection raisonnée et biologique en Languedoc Roussilon – 2024
    https://vu.fr/ZIult
  • Fiche SudArbo® 2012 : Chancre à Fusicoccum du pêcher et de l’amandier
    https://vu.fr/CQfUJ
  • BSV Amandier Provence

Par Margaux ALLIX, CivamBio66, Carole CALCET et Gwenaëlle DIDOU, Biocivam11 et Cédric PORTAL, Chambre régionale d’agriculture d’Occitanie

Crédits photos : Shutterstock


Le point sur les contaminations microbiologiques des viandes bovines en abattoir 6

Le point sur les contaminations microbiologiques des viandes bovines en abattoir

80 % de la viande bovine bio est vendue sous forme hachée en GMS (Grande et Moyenne Surface) et RHD (Restauration Hors Domicile) et entre 35 % et 45 % en Vente directe. Pourtant la viande hachée est un produit présentant de nombreux risques sanitaires.

Afin de maîtriser ces risques, sa fabrication est très règlementée tant au niveau de l’abattage que des ateliers de découpe et transformation. Une des règlementations qui touche tous les modes de commercialisation (de la vente directe aux filières longues en passant par les organisations collectives de commercialisation) est l’exclusion des carcasses ayant subi un accident d’éviscération à l’abattoir.

À plusieurs reprises des éleveurs, des organisations collectives et commerciales de producteurs m’ont interpellé sur les raisons des accidents d’éviscération et les difficultés de réorganisation de la commercialisation (explications clients, modification des contenus des cartons, négociations avec les sites de restauration collectives, équilibre matière…) engendrés par une non-production de viande hachée.

VOICI QUELQUES ÉLÉMENTS D’EXPLICATIONS SUR CETTE PROBLÉMATIQUE TECHNIQUE ET COMMERCIALE

Tout au long du procédé d’abattage, de nombres souillures peuvent se produire (comme des souillures par le cuir, la bile, le contenu abdominal, la graisse mécanique ou par le contact avec les passerelles et autres équipements de la chaîne ou encore issues de la plaie de saignée). Deux étapes s’avèrent plus à risque au regard de la contamination potentielle de surface des viandes au cours du procédé d’abattage : la dépouille et l’éviscération.

DÉFINITIONS

La dépouille : étape où le cuir est enlevé de la carcasse.
L’éviscération : étape où sont retirés les abats et les viscères.

ORIGINE DES CONTAMINATIONS POSSIBLES

  • Lors de la dépouille : on parle de souillures d’habillage. Elles sont engendrées lors du contact du cuir avec la carcasse au moment des opérations de pré dépouille et de dépouille ou par des contaminations croisées, notamment par l’homme, lors des manipulations. Ces souillures peuvent être par exemple de la matière fécale, des poils…
  • Lors de l’éviscération : les souillures d’éviscération sont engendrées par la rupture de l’intégrité de l’appareil digestif lors du retrait du contenu abdominal de la carcasse. Il s’agit alors du contenu digestif.

QUEL SUR-RISQUE PARTICULIER À CES ÉTAPES ?
Ces contaminations (souillures) peuvent entrainer un risque majeur pour le consommateur, par la contamination les bactéries Eschérichia. coli producteur de Shiga-toxines (E.coli STEC) et en particulier E.coli O157. Les infections causées par les E.coli O157 sont une préoccupation majeure en santé publique en raison de la sévérité des manifestations cliniques qu’ils génèrent en particulier chez les jeunes enfants et les personnes âgées (colites hémorragiques, syndrome hémolytique). La viande de boeuf haché insuffisamment cuite est un des aliments le plus souvent en cause dans la survenue de cas sporadiques ou épidémiques. Les STEC et en particulier E.coli O157 peuvent être présents dans le système digestif ou sur le cuir des bovins.

Voilà pourquoi ces 2 étapes sont particulièrement à risque et surveillées par les services vétérinaires.

Une instruction technique de la DGAL/SDSSA du 18/03/2016, classe les souillures en deux catégories :

Les souillures « mineures » ou « circonscrites » :

  • taille inférieure ou égale à la surface de la paume d’une main,
  • absence d’écoulement,
  • facilité du parage (le parage peut être réalisé en un seul geste ou deux gestes dans les zones difficiles).

Exemple : souillures par le cuir lors de l’habillage, …

Les souillures « majeures » ou « étendues » :

  • taille supérieure à la surface de la paume d’une main et/ou
  • présence d’écoulement

Exemple : souillures à la suite d’un accident d’éviscération…

Les abattoirs sont dans l’obligation d’élaborer un Plan de Maîtrise Sanitaire (PMS) afin d’atteindre les objectifs de sécurité sanitaire fixés par la réglementation européenne. Pour cela, le PMS doit comporter des procédures relatives à la gestion des souillures indiquant les modalités de surveillance ainsi que les corrections sur les produits et/ou le procédé.

Généralement, le PMS de l’abattoir prévoit un parage sur chaîne dans le cas de souillures « mineures » ou « circonscrites ». Pour les souillures « majeures » ou « étendues » le parage ou douchage ne sont pas des mesures correctives suffisantes du fait de leurs étendues et pénétration. C’est pour cela que des mesures ont été prises sur la destination de ces carcasses.

CONSÉQUENCES POUR LA DESTINATION COMMERCIALE

A l’heure actuelle, la destination des carcasses ayant subi une contamination lors de la dépouille est inchangée car ces souillures sont souvent mineures.

Par contre afin de limiter les risques pour le consommateur, les carcasses ayant fait l’objet d’un accident d’éviscération même mineur, même traitées, ne sont pas autorisées à entrer dans la fabrication de produits sensibles de type viande hachée depuis plusieurs années. Cela engendre des désorganisations pour la commercialisation que ce soit en filières longues ou courtes.

Afin de maîtriser ces risques et limiter les désagréments d’une non-production de steak haché, des actions sont à mettre en oeuvre. Sur ce plan, il convient de dissocier le rôle respectif de l’animal, des pratiques de l’élevage, des opérateurs d’abattage (mauvaise gestuelle, cadence) et celui de la technologie d’abattage (ergonomie des postes, abattage rituel, etc.).

Les abattoirs doivent régulièrement former des opérateurs mais également revoir leurs pratiques pour palier à ces contaminations. Mais les éleveurs ont un rôle à jouer pour limiter les accidents d’éviscération et faciliter l’éviscération aux opérateurs :

  • Veiller à toutes modifications de comportements alimentaires ou apparition de grosseurs au niveau de l’abdomen, durant toute la période de l’engraissement. Ces modifications peuvent traduire des affections digestives (occlusions, péritonites, déplacements de caillette…) et modifient les adhérences du réseau d’organes digestifs dans l’abdomen. Cela rend le travail de détachement du contenu abdominal délicat. En cas de doute, contactez votre vétérinaire.
  • Estimer et faire vérifier l’avancée d’une possible gestation des femelles mises à l’engraissement, afin de ne pas conduire à l’abattoir des femelles gestantes et proches du terme. Pour cela, certains éleveurs font fouiller leurs animaux. Bien que la fouille ne donne pas une date exacte de saillie, cela permet d’avoir tout de même une idée assez précise, surtout entre quatre et sept mois.
    Pour rappel, les réglementations européennes et nationales interdisent le transport de femelles gravides ayant dépassé 90 % de la durée normale de gestation (soit 257 jours).
    Si les femelles sont gestantes et proche du terme, l’abdomen est tendu ce qui rend difficile l’extraction des viscères et favorise dangereusement les déchirements des estomacs et intestins.
  • Ne pas alimenter les animaux qui seront abattus à leur arrivée à l’abattoir. En revanche, si l’animal est amené la veille de son abattage, l’animal peut être alimenté avant son départ de la ferme puisque la règlementation interdit de faire jeuner un animal plus de 12h. Si les estomacs sont pleins (cas des animaux alimentés juste avant l’abattage), ils sont lourds et ils tombent très vite lors de l’ouverture de la cavité abdominale. Dans ce cas, l’opérateur n’a pas le temps d’accompagner la descente et ne peut pas couper les membranes d’attache au bon endroit et au bon moment. Il y a alors un grand risque de déchirement des estomacs et des intestins, ce qui entraine la menace de souiller et contaminer la viande. De même, dès le début de l’ouverture du sternum, la caillette sort rapidement car pleine, elle fait pression sur la cage thoracique. Il y a alors un plus grand risque de perforation de la caillette par la scie sternum et donc de souillures et de contamination de la viande.

Nous avons tous un rôle à jouer. Chaque maillon de la filière viande est important et oeuvre pour garantir une viande bio locale de qualité aux consommateurs.

Par Corinne Amblard, Bio Ariège Garonne

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6e Colloque de la restauration collective Bio & Régionale - 27/11 à St Affrique (12) 8

6e Colloque de la restauration collective Bio & Régionale - 27/11 à St Affrique (12)

Interbio Occitanie, Bio Occitanie et la Chambre régionale d’Occitanie ont le plaisir de vous informer que la 6ème édition du Colloque de la Restauration Collective Bio & Régionale se déroulera le mercredi 27 novembre de 9h30 à 17h à la Salle des Colonnes à St Affrique (12).

A cette occasion, la ville de St Affrique recevra le Label Territoire Bio Engagé pour son engagement au sein de sa restauration collective avec une part de produits bios supérieure à 22%.

Programme Colloque 7

La vente des vins Bio en direct...ou presque 9

La vente des vins Bio en direct...ou presque

Source : Etude Circana-Millésime BIO sur un échantillon de 1054 acheteurs de vin bio français.
La question posée était : Quels sont tous les types de points de vente que vous fréquentez pour vos achats de vins bio?

La vente en direct est le 1er circuit de valorisation des vins bio (cf fig.1). Elle représente 50% des achats des vins bio par les ménages en 2023, en progression de 14% par rapport à 2022. D’après l’étude Circana-Millesime Bio réalisée fin 2023, auprès de plus de 1000 acheteurs de vins bio en France (cf fig. 2), 22% d’entre eux passent par la vente directe.

Le consommateur cherche à mieux connaitre l’origine des vins qu’il achète et certains circuits de distribution travaillent à renforcer ce lien avec les vigneron, comme les magasins bio. Avec une part de marché de 8 % en valeur, c’est le 4ème circuit de distribution des vins bio (cf fig. 1). En régression en 2022, il présente des signes de reprise en 2023 avec une légère croissance de +1% en valeur. Toujours selon l’étude Circana-Millésime BIO, les magasins bio sont fréquentés par 31% des acheteurs de vin bio (cf fig.2).

D’autres circuits de vente, privilégient le lien entre le vigneron et le consommateur et montrent aujourd’hui un potentiel de croissance intéressant.
Ce sont, par exemple, les magasins de producteurs fréquentés par 17% des acheteurs de vin bio et la vente en ligne avec 24% des acheteurs de vin bio qui font leurs achats online.

LA VENTE EN LIGNE, POUR DES CONSOMMATEURS PLUS JEUNES !

Selon l’étude Circana-Millésime BIO, le profil des acheteurs en ligne est caractéristique: des acheteurs plus jeunes en moyenne de 45,7 ans vs 51 ans pour la moyenne de l’échantillon des acheteurs de vin bio, plus urbain avec beaucoup plus de CSP+* (51% vs 39% des acheteurs de vin bio en général)

La vente en ligne est un outil très intéressant pour communiquer et informer sur les vins, leur élaboration et sur le vigneron lui même ! Le consommateur souhaite connaitre les produits qu’il achète et l’histoire du domaine. Il trouve sur le site de vente en ligne des informations techniques ou historique essentielles à son choix et qui le rapproche du vigneron.

Selon Bénédicte Coyon, directrice des achats pour Les grappes et interviewée lors d’une table ronde sur le salon Millésime BIO 2024, la vente en ligne a de l’avenir, car elle correspond au profil des plus jeunes. Le consommateur a besoin de praticité, fait ses courses sur le web et la vente en ligne permet de proposer des outils de sélection pour faciliter son choix selon ses goûts.

Sur le site Les grappes, site de e-commerce, la demande, bien que majoritaire sur les rouges, croit sur les rosés et surtout des blancs. Les consommateurs sont aussi demandeurs de vins plus « accessibles », plus « simples » mais toujours de qualité, des vins bio ou en biodynamie et des étiquettes plus « modernes » ! L’étude Circana-Millésime BIO confirme cette tendance sur le comportement des acheteurs qui recherchent des vins (plus) faciles à boire.

 

LES MAGASINS DE PRODUCTEURS POUR CONSOMMER ET SOUTENIR L’AGRICULTURE LOCALE !

Selon l’étude Circana Millésime BIO, les acheteurs de vin bio dans les magasins de producteurs ont le même âge que la moyenne des acheteurs de vin bio, mais on retrouve plus de CSP+ (44% vs 39% pour la moyenne des acheteurs de vin bio). Ils choisissent d’abord ce circuit pour soutenir la rémunération des producteurs. 35% d’entre eux fréquentent ce circuit tous les 15 jours et 37% des acheteurs de vin bio pensent développer à l’avenir leurs achats dans les magasins de producteurs.

La force des magasins de producteurs est de répondre à une demande croissante des consommateurs pour l’achat de produits locaux. Le MAS des Agriculteurs dans le Gard en est un exemple avec un espace dédié au vin proposant plus de 700 références de 160 producteurs.

Le concept du magasin (et des magasins de producteurs plus généralement) repose sur la juste rémunération du producteur et le développement d’une offre locale. Au MAS des Agriculteurs, l’offre vin est originaire du département en majorité et pour que les clients puissent faire toutes leur course du quotidien dans un seul magasin, certains produits des rayons de l’agroalimentaire sont référencés dans les départements limitrophes. Géré par des agriculteurs, 42% de l’offre et du chiffre d’affaires du rayon vin relève de la vente de vin bio. La dynamisation des ventes passe par une programmation riche d’animation de dégustation, par les producteurs eux même et par les cavistes sur des dégustations à thème. Ces temps conviviaux de rencontre et d’échanges entre producteurs et clients sont essentiel et fidélisent les clients.

LES MAGASINS BIO : LA GARANTIE DU LABEL, DES MAGASINS ENGAGÉS POUR LE BIO !

L’étude Circana-Millésime BIO montre que les acheteurs en magasins bio spécialisés ont un profil très proche des acheteurs de vin bio en général. Les différences viennent de leur sensibilité plus forte à l’environnement (critère cité par 70% des acheteurs de ce circuit vs 50% de la moyenne des acheteurs de vin bio). Ils privilégient les magasins bio car ils ont confiance en ce type de point de vente pour leurs achats de vin. Face au retrait de références bio dans la grande distribution, les consommateurs se tournent vers les magasins bio.

Emmanuel Heck, élu référent à la commission cave chez Biocoop, participait à la table ronde sur la vente directe lors du salon Millésime BIO 2024. Selon lui, les acheteurs de Biocoop, consommateurs exclusifs de bio et donc convaincus, sont en attente de nouveautés, de découvertes, d’autres produits et recherchent aujourd’hui le plaisir avant tout!

Biocoop travaille sur la mise en avant des produits dans le rayon vin, via la « communication muette » avec des fiches d’information sur le vigneron mises à disposition auprès des clients. L’enseigne monte en puissance sur le conseil en rayon avec des employés pouvant relayer les spécificités produits ou producteurs voire un caviste dédié selon les magasins. Enfin, elle s’engage sur des démarches complémentaires comme la réduction des déchets avec le réemploi et le commerce équitable.

QUELS CIRCUITS CHOISIR POUR VENDRE SES VINS BIO ?

La filière bio mise sur les modèles de vente « plus en direct » qui satisfont les attentes des consommateurs sur la connaissance des produits qu’ils achètent et leur origine. Les producteurs de vin bio savent répondre aux engagements demandés par ces circuits : des produits locaux, du bio ou de la biodynamie, une garantie qualité, contrôlée.

L’étude Circana-Millésime BIO compte 39% de nouveaux acheteurs de vin bio sur un an dont une partie plus jeune. Ces derniers sont attentifs aux enjeux environnementaux et recherchent aussi de la nouveauté dans les produits. Une opportunité à ne pas manquer pour les vignerons bio !

RETROUVER CES INFORMATIONS SUR :

  • Le replay de la conférence Millésime BIO 2024 : https://youtu.be/-3-oxTUoLGU “Vente directe : Diversité des réseaux de distribution”, animée par: Chantal Sarrazin (Journaliste – Rayon Boissons), avec la participation de Bénédicte Coyon (Directrice des achats – Les Grappes) et Emmanuel Heck (Elu référent à la commission cave – Biocoop)
  • Le dossier Économie: “Valorisez vos vins bio en vente directe ou presque”, disponible sur demande par mail: valerie.pladeau@sudvinbio.com

Par Valérie Pladeau, Sudvinbio

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Chiffres clés de l'agriculture biologique en Occitanie en 2023 10

Chiffres clés de l'agriculture biologique en Occitanie en 2023

LES EXPLOITATIONS AGRICOLES EN BIO TOUJOURS EN PROGRESSION

Pour une année supplémentaire, en 2023, l’Occitanie reste la première région de France en nombre de producteurs et en surfaces cultivées en bio.
Le nombre de producteurs bio est en augmentation de 3% et atteint 14 125.

L’agriculture biologique continue de recruter de nouveaux producteurs en Occitanie.
Le nombre total de nouveaux notifiés (tous les nouveaux engagements : installation ou conversion et les changements administratifs de structure) de 2023 est de 1 336, il est en légère hausse par rapport à celui de 2022.

Dans les nouvelles notifications de 2023 :

  • 61% sont des exploitations totalement en bio, 39% sont des exploitations mixtes.
  • 58% sont des installations, 37% sont des conversions, 5% n’ont pas de statut connu.

Les installations comptent une proportion plus importante d’exploitations 100% bio.

Concernant le nombre d’arrêts de notification (qui comprend les arrêts totaux d’activité, les déconversions et les changements administratifs), le nombre absolu est en forte augmentation depuis 2022, il atteint 993 en 2023, dont 385 déconversions. Le pourcentage de déconversion dans le total des opérateurs a augmenté, passant de 1% en 2019 à 2.8% en 2023. Il est particulièrement important pour les filières grandes cultures et volaille de chair.

Malgré ce ralentissement des engagements et cette augmentation des arrêts, le solde de producteurs bio en Occitanie en 2023 reste positif pour tous les départements à l’exception du Gers.

UNE BAISSE DES SURFACES CULTIVÉES EN BIO

L’Occitanie compte plus de 600 000 hectares conduits en bio, qui représentent 19% de la SAU régionale. Les surfaces cultivées en bio sont pour la première fois en baisse de 2%, suite à la baisse importante des surfaces en conversion.

Concernant les productions végétales, la région Occitanie est la première région pour les surfaces en bio des filières suivantes : viticulture, grandes cultures et fourrages.

Pour les productions biologiques animales, la région Occitanie est leader en cheptel sur les filières ovins viande, ovins lait et caprins.

L’Occitanie doit sa place de première région bio de France aux surfaces fourragères (surfaces toujours en herbe et cultures fourragères) qui représentent 333 185 ha soit 55% des surfaces bio régionales. Les grandes cultures (céréales, oléagineux, protéagineux et légumes secs) en représentent 26%, et la viticulture complète le podium avec 10% des surfaces bio régionales.

EVOLUTION DES SURFACES ET DU NOMBRE D’EXPLOITATIONS D’OCCITANIE ENGAGÉES EN BIO SUR LES 10 DERNIÈRES ANNÉES
Source : Agence Bio / OC 2023

Les palmarès des départements d’Occitanie sont dominés par le Gers pour la surface et le nombre de producteurs, par les Pyrénées- Orientales pour la part de la SAU en bio.

 

L’AVAL DE LA FILIÈRE SE STABILISE
L’Occitanie compte plus de 3 200 opérateurs de l’aval en 2023, soit une diminution de 1% par rapport à 2022. Ce recul des opérateurs de l’aval ralentit par rapport à l’année dernière pour laquelle la baisse était de 3%.

Cette diminution est expliquée par le ralentissement des nouveaux engagements depuis 2022. L’année 2022 avait été marquée par une hausse importante des arrêts, suite à la déconversion d’un réseau de distributeurs. En 2023, nous enregistrons un recul des arrêts et déconversions par rapport à 2022.

LE MARCHÉ BIO FRANÇAIS EN 2023 EST STABLE À 12 MDS D’EUROS, LA HAUSSE DES PRIX DUE À L’INFLATION MASQUE UNE CHUTE DES VOLUMES VENDUS

Selon l’évaluation de marché menée par l’Agence Bio et AND-International, en 2023, la part des dépenses alimentaires allouées au bio se réduit, et passe de 6 à 5,6 % de leurs dépenses. Le marché bio enregistre toutefois 5 millions d’euros de chiffres d’affaires supplémentaires, soit une quasi-stabilité par rapport à 2022, et atteint 12 milliards d’euros.

La hausse de 7,7 % des prix des produits alimentaires bio causés par l’inflation compense la diminution de 7 % des ventes en volume. Tous les circuits de vente sont en croissance en 2023 sur la valeur de leurs ventes en bio, à l’exception de la grande distribution :

  • Seul circuit toujours en hausse en 2022, la vente directe est en forte croissance en 2023 avec une augmentation de 8,7% de son chiffre d’affaires. Sa part de marché dans le marché bio de la consommation à domicile (hors restauration hors domicile) passe de 13 à 14%.
  • Suite à une année 2022 en léger recul, les artisans-commerçants enregistrent une croissance de 4,3% en 2023, notamment grâce au dynamisme des vins bio chez les cavistes et à l’essor des épiceries alternatives de proximité dont l’assortiment comporte 50 % de produits bio en moyenne.
  • Après une année 2022 très compliquée pour les magasins bios spécialisés dont le chiffre d’affaire avait été le plus en chute (-8,6%), en 2023, celui-ci est en hausse de 2,2%.
  • Comme en 2022, la grande distribution généraliste enregistre un recul en valeur, de 3,8% en 2023. Celle-ci s’explique notamment par la réduction du nombre de références bio proposées dans les 18 000 magasins nationaux. La grande distribution est toujours le débouché principal des produits bio mais sa part de marché descend de 53 à 50%.

DES DYNAMIQUES TERRITORIALES ASSEZ CONTRASTÉES

Malgré la crise qui touche le secteur depuis 2022, tous les départements d’Occitanie ont connu une croissance de leur nombre de producteurs à l’exception du Gers qui enregistre une baisse de 1%. Les baisses de SAU bio concernent la moitié des départements, particulièrement la Lozère (-8%), le Gers (-6%) et le Tarn-et- Garonne (-6%), au contraire, les Hautes-Pyrénées (+9%) et les Pyrénées-Orientales (+6%) enregistrent des hausses.

DES FILIÈRES GLOBALEMENT EN DIFFICULTÉ

Les baisses de surfaces cultivées en bio concernent l’ensemble des filières à l’exception des plantes à parfum, aromatiques, et médicinales (PPAM), portées par le développement de la coriandre (+16%), et des fruits (+0,5%). Ce sont les surfaces en conversion très fortement en baisse pour l’ensemble des filières qui causent principalement ce recul. Les nombres d’exploitation bio sont en augmentation pour la majorité des filières, sauf pour les grandes cultures (-2%) et les légumes (-1%).

Les filières animales majoritaires en Occitanie sont les filières viande avec 1 187 exploitations ayant un atelier de vaches allaitantes et 690 exploitations ayant un atelier de brebis viande, suivi par les filières laitières et principalement les brebis (332 exploitations) et les chèvres (330 exploitations). L’ensemble de ces filières voient une diminution de leur cheptel en 2023, à l’exception des brebis viande (+3%), cependant le nombre d’exploitations concernées continue d’augmenter, sauf pour les vaches laitières (-6%).

Les filières bio font face à une crise (baisse de la consommation et hausse des coûts de production dans un contexte inflationniste) et la situation est particulièrement compliquée pour les filières grandes cultures, légumes, volaille de chair, et porc en Occitanie. Les filières fruits, apiculture, et ovin viande sont encore dynamiques.

+ D’INFO
Vous pouvez consulter les publications de l’Observatoire de l’agriculture bio d’Occitanie sur le site

Par Sara Brunel, Interbio Occitanie

Crédits photos : Shutterstock


"Agir pour rebondir" : une journée dynamique dans le Tarn 11

"Agir pour rebondir" : une journée dynamique dans le Tarn

La Chambre d’agriculture du Tarn (CA81) a organisé le 19 mars dernier à Albi une journée agriculture biologique afin de réfléchir ensemble sur le contexte de crise traversée par la filière depuis presque 2 ans.

Au total, près d’une quarantaine de participant-es se sont mobilisés pour échanger ensemble et y voir plus clair sur l’avenir : producteurs bio, mais aussi techniciens, conseillers d’organismes agricoles et acteurs économiques. La journée s’est articulée en 2 temps : une matinée centrée sur des témoignages d’acteurs avec leur vision et manière d’appréhender les crises, et une après-midi en ateliers de travail sur des points stratégiques (commercialisation, communication, gestion des risques etc). La journée s’est clôturée par un débriefing collectif animé par Bernard Barrieu, élu Chambre d’agriculture et référent bio.

ETAT DES LIEUX ET PERSPECTIVES DE L’AB

L’agriculture biologique a bénéficié d’une forte croissance ces dernières années, avec un doublement de la SAU consacrée à la bio au national. En Occitanie, près de 20% de la SAU est engagée en bio. Or, depuis 2 ans, on observe un repli du marché bio avec une baisse globale des ventes dans l’ensemble des circuits de distribution. Plusieurs facteurs en cause : l’inflation de près de 20 % en 2 ans qui a incité les consommateurs à réduire leurs dépenses alimentaires ; la grande distribution qui a déréférencé un grand nombre de produits bio de ses rayons. Cet abandon de la bio pèse lourd car elle représente plus de 50% du chiffre d’affaires du marché bio !
La restauration collective reste un débouché porteur d’espoir mais elle n’est pas la solution pour sortir la bio de l’ornière. De nombreuses études montrent que l’agriculture biologique est une des clés pour réussir la transition agroécologique. Parmi elles, citons notamment les travaux INRAE ITAB* en cours pour chiffrer les bénéfices environnementaux et sociétaux de l’AB.

(*) Institut Technique de l’AB

A L‘OCCASION DE LA JOURNÉE DU 19 MARS, LA CHAMBRE D’AGRICULTURE DU TARN A FAIT APPEL À UN ILLUSTRATEUR PROFESSIONNEL POUR CROQUER LES NOTIONS CLÉS DE LA JOURNÉE ET RENDRE LE DISCOURS PLUS VIVANT

Quelques moments forts de la journée en images !

Crédit dessins : Sylvain Pongi

L’Agence bio dans son dernier « Baromètre consommateurs » révèle un basculement dans les motivations des consommateurs à manger bio. La notion de plaisir devient prioritaire au regard des notions de santé et de préservation de l’environnement. Les producteurs bio doivent prendre en compte ce changement de paradigme dans leur communication.

Dans un contexte de crise, il est important de prendre de la hauteur pour analyser la situation et identifier les leviers à mobiliser sur son exploitation. La participation à des formations, à des actions collectives telles que la journée du 19 mars contribuent à cette prise de recul.

TÉMOIGNAGE D’UN CHEF D’ENTREPRISE PAS COMME LES AUTRES

La CA81 a choisi de donner à la parole à Nicolas Pomarède, PDG de la Nouvelle Fonderie Gillet à Albi pour son parcours exceptionnel. Pourquoi faire intervenir un chef d’entreprise « hors agriculture » ? Pour prendre du recul par rapport à son activité, et transposer à son propre cas en cherchant les points de similitude. Son témoignage a particulièrement marqué les esprits. Il y a quelques années, il a participé au rachat de l’entreprise par ses salariés pour la sauver de la faillite et créer une SCOP. Devenu dirigeant, il a su donner une direction claire et réorganiser l’entreprise en profondeur afin de surmonter les difficultés (perte de marchés, flambée du prix de l’énergie …). La diversification des débouchés de la fonderie ainsi que l’internalisation du process de fabrication constituent deux leviers essentiels de la résilience. L’importance accordée aux valeurs humaines et de solidarité est un pilier de la réussite de l’entreprise et de sa pérennité.

TABLE RONDE D’AGRICULTEURS BIO RÉSILIENTS

Quatre agriculteurs bio se sont prêtés au jeu des questions / réponses autour du thème clé de la résilience. La résilience est définie par l’INRAE par la « capacité d’un système à surmonter des perturbations pour retrouver un fonctionnement souhaité ». Un viticulteur, un éleveur bovin lait, et deux polyculteur-éleveurs ont ainsi témoigné de leur parcours de vie et de leur propre stratégie de réussite. Patrick Nouvel viticulteur bio à Cestayrols a mis en avant la qualité du produit comme fondement de sa démarche. Josian Nègre, éleveur à Verdalle, a choisi de faire un lait bio économe en misant sur l’herbe et le pâturage. Régis Paulin à St Gauzens, s’est orienté vers la diversification de ses ateliers et de ses circuits de vente, pour fournir une alimentation de qualité au plus près du consommateur. Enfin, Jean-François Roques à Lombers, en bio depuis près de 30 ans, transforme la quasi-totalité de ses productions et les vend en direct grâce à une équipe de 4 personnes.

Les producteurs bio ayant participé à la table-ronde ont partagé autour de leurs « facteurs de résilience » : des valeurs fortes et une vision claire de ce qui est important pour eux, la fierté de produire en bio, l’importance accordée à la qualité des produits et une stratégie commerciale basée sur la diversification des circuits de vente et la relation clients.

Mieux communiquer sur ses savoir-faire, son métier, sur la production biologique est au coeur des préoccupations des acteurs de la bio, dans un contexte marché en crise. Le consommateur a besoin de réassurance sur les véritables bénéfices qu’apporte le label bio parmi la multiplicité des marques existantes. Il est important d’objectiver les pratiques, de clarifier les bénéfices réels qu’apporte la production biologique sur la santé, l’environnement, la biodiversité… Mais il s’agit d’un exercice délicat tel que l’illustre ce dessin.

A l’occasion de ces témoignages, les producteurs ont partagé leurs ressentis sur la crise actuelle et des messages forts ont clôturé cette table ronde : « Pour maîtriser les fluctuations de prix, il faut maîtriser son produit du début à la fin » « Bio et local marchent ensemble » « La maîtrise des coûts est essentielle » « il faut réintroduire de l’élevage dans les systèmes de culture pour assurer la fertilité des sols et pérenniser nos fermes ».

QUELLES PERSPECTIVES ?

Cette journée orientée « stratégie d’entreprise » était un pari pour éclairer le contexte de crise et fournir des éléments de méthodes aux participants pour faciliter la prise de recul. L’objectif n’était pas de donner des solutions puisque celles-ci sont propres à chaque entreprise en fonction de ses objectifs, priorités, modes de valorisation etc. Les témoignages inspirants ont résonné chez certains participants, heureux d’entendre des messages positifs qui encouragent à aller de l’avant. Parions que la richesse des échanges de la journée aura nourri les réflexions de chacun et permis de trouver des ressources pour y avoir plus clair. La CA81 se tient à disposition des agriculteurs pour aller plus loin.

Avec la participation financière du FEADER.

Par Stéphanie Camazon, Chargée de mission AB, Chambre d’agriculture du Tarn

Crédit photo : Shutterstock


Interbio Occitanie aux Pyrénéennes les 19 et 20 septembre 13

Interbio Occitanie aux Pyrénéennes les 19 et 20 septembre

bandeau les pyrénéennes 12

Salon agricole du sud ouest, Les Pyrénéennes fait partie des foires agricoles les plus importantes sur le plan national. Cette année, elles auront lieu du 19 au 22 septembre 2024 au Parc des Expositions du Comminges à Villeneuve-de-Rivières (31).

Nous serons au cœur de la Halle des Pyrénées avec notre GRAND quizz sur la bio d’Occitanie !

Les temps forts

Cette 13ème édition sera organisée sous le signe d’un travail coopératif entre tous avec pour thématique « La transmission » !

➺ Les concours bovins

En plus des concours nationaux et interdépartementaux des races bovines, le salon accueille également des concours dans les autres filières : chevaux de trait (interdépartemental), chiens de troupeaux (régional), ovins (régional), avicole et cuniculé (interrégionaux).

➺ Pour les enfants

Durant les 4 jours, les éleveurs, partenaires et exposants adapteront leur contenu afin d’expliquer concrètement aux enfants leur rôle, leurs missions et leur métier. Ils proposeront également un grand nombre d’atelier et d’animation.

Infos pratiques

  • Parc des Expositions du Comminges à Villeneuve-de-Rivières.
  • Entrée gratuite


RDV le lundi 14 octobre au MIN de Toulouse pour référencer vos produits locaux 15

RDV le lundi 14 octobre au MIN de Toulouse pour référencer vos produits locaux

banniere avec logos 14

Venez au rendez-vous des pro de l’épicerie, du bio et des produits locaux, le lundi 14 octobre au MIN de Toulouse. Vous retrouverez 60 fournisseurs et producteurs locaux pour compléter votre offre. Participez au cocktail offert à 13h pour déguster les produits des exposants.

Interbio Occitanie et Les Indep s’unissent pour organiser le Salon Régional des produits locaux au Marché d’Intérêt National de Toulouse. Ce salon est la fusion de la 6ème édition des Rencontres Appro. Bio Régional en Occitanie et du Salon Régional des Epiciers Indépendants.

Un objectif : mutualiser le visitorat pour un salon encore plus réussi !

Les détaillants d’Occitanie – magasins spécialisés bio, épiceries fines et vrac, primeurs, cavistes et restaurateurs – sont invités à rencontrer les producteurs et transformateurs bio d’Occitanie. Le référencement de proximité de produits de qualité est la priorité de ce salon.

60 fournisseurs et producteurs locaux seront présents pour achalander votre magasin : fruits et légumes, épicerie salée et sucrée, crèmerie, charcuterie, vrac, traiteur, boissons … Vous pourrez compléter également votre offre de produits non alimentaires et cosmétiques.

Dégustez et échangez avec vos confrères

A partir de 13 h, participez au cocktail offert pour déguster les produits des exposants. Et profitez d’un moment convivial pour échanger avec vos confrères de la région.

Inscription gratuite mais obligatoire pour accéder au MIN de Toulouse.

Pour en savoir + et télécharger votre badge, cliquez sur l’un des deux boutons ci-dessous :