Webinaire / Financement de vos projets - Volet aides publiques
Le 14 mars, 30 personnes représentant 20 entreprises sont venues écouter les présentations mises à jour des financements publics disponibles pour les entreprises bio de la région.
Retrouvez ci-dessous les éléments présentés :
- DRAAF Occitanie : France 2030
- Région Occitanie : Dispositif PSN (FEADER) et la plaquette des aides régionales dédiées aux entreprises
- Agence Bio : Fond Avenir Bio et l'Appel à projet détaillé
Replay disponible sur demande.
Ce webinaire est le premier d'une succession de 4 webinaires prévus tout au long de l'année.
Le prochain, le 30 mai, concernera à nouveau les entreprises de la première et seconde transformation et sera dédié aux financements issus du secteur privé (Financement participatif, Capital investissement, Business Angels, ...)
Les 2 autres webinaires seront dédiés aux entreprises agricoles d'une part et au secteur viticole d'autre part. Les dates ne sont pas encore fixées.
Pour toute question pour affiner votre projet, n'hésitez pas à nous contacter.
Colloque "Élections Européennes: quelles ambitions pour l'agriculture biologique ? " Mardi 9 avril 14h
La réception est organisée par AgriCampus 66 et le Lycée Agricole de Théza, engagé dans la Restauration Hors Domicile bio !
Web café / Financements de vos projets - volet aides publics
Venez en apprendre plus sur les dispositifs d’aide à votre disposition lors de ce web café, réservé aux adhérents Interbio Occitanie, Ocebio, La Coopération agricole, Chambre d’agriculture, Bio Occitanie, Sud Vin Bio et partenaires :
Financement de vos projets – volet aides publics
Jeudi 14 mars 2024
De 13h30 à 15h
Au programme :
Les dispositifs d’aides de l’Etat aux entreprises agroalimentaires, par la DRAAF
Les aides régionales dédiées aux entreprises, par la Région Occitanie
Focus sur les évolutions du Fonds Avenir Bio, par l’Agence Bio.
Evénement organisé par Interbio Occitanie et Ocebio.
Bonification "EGAlim" de 1€ supplémentaire à destination des petites communes rurales au 1er janvier 2024
Le Ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire a diffusé la semaine dernière une information relative à la mise en place d’une bonification “EGAlim” de 1€ supplémentaire à destination des petites communes rurales au 1er janvier 2024 qui s’ajoute à la tarification sociale des cantines scolaires.
Pour accéder à cette aide supplémentaire, les communes devront s’inscrire sur “ma cantine” et s’engager à télédéclarer leurs données et tout mettre en œuvre pour atteindre les objectifs EGALIM dont les 20% de bio en valeur d’achat.
Les informations de ce dispositif sont accessibles sur le site de l’ASP (Agence des services de paiement) qui opère pour le compte de L’État, via ce lien : https://www.asp-public.fr/aides/cantine-a-1-euro.
Gers Développement récompense des jeunes pousses bio sur le Salon de l‘Agriculture
Partenaire depuis plusieurs années, Interbio Occitanie était présent sur le salon de l’agriculture pour la 11e édition du Concours National de la Création Agroalimentaire Biologique.
Créé en 2012 par Gers Développement, ce concours incarne les ambitions de l’agence de développement économique du Gers en matière d’alimentation durable.
Les lauréats de cette nouvelle édition sont :
- Xavier Delannoy, fondateur d’Etika Spirulina. Son pari : implanter la production de spiruline au sein d’une ferme urbaine implantée dans la métropole lilloise (59).
- Claire Brunaud, fondatrice de “La Marmotte Gourmande”. Son défi : faire rimer sans allergènes avec alimentation durable. Passionnée de pâtisserie et experte en R&D, la lauréate du 2nd Prix a également raflé le prix “Coup de coeur Etudiants”.
Semaine de la Bio en Occitanie - 8 au 15 juin
La Région Occitanie et les Bios d’Occitanie vous préparent une belle semaine, du 8 au 15 juin 2024, pour fêter la bio régionale, ses producteurs et ses entreprises !

Du bio au resto, portrait de professionnel.les de la restauration / Du Bon Sens
Changement climatique : quel impact sur l'apiculture ?
Comme les autres activité agricoles, l’apiculture est fortement impactée par les changements climatiques actuels et à venir. Petite revue des différents points affectant les abeilles et l’apiculture ainsi que des leviers actionnables afin de s’adapter à ces évolutions.
DES CYCLES DE DÉVELOPPEMENTS PERTURBÉS ET LA SANTÉ DES COLONIES D’ABEILLES AFFECTÉE
Avec l’augmentation des températures, la précocité du redoux et la modification des régimes de pluviométrie, des perturbations des cycles de développement des plantes et des insectes sont déjà tangibles. Les périodes de floraisons et d’activité des abeilles sont décalées, parfois avancées à cause de la douceur mais parfois reculées à cause de sécheresses ne permettant pas aux individus de se développer (soit directement pour les plantes, soit indirectement pour les abeilles qui ne trouvent pas de ressources florales suffisantes). Ce phénomène a été largement observé à la sortie d’hiver 2023 dans les Pyrénées-Orientales, département qui a connu une sécheresse historique avec 200mm de précipitation entre mars 2022 et mars 2023 (précipitation de zone désertique). La végétation de garrigue, dont le romarin, n’était pas en mesure de produire du nectar et des retards de plus de 15 jours dans le démarrage des colonies d’abeilles ont été rapportés, il a même été parfois nécessaire de nourrir les colonies afin de les maintenir en vie et leur permettre d’attendre les premières miellées. Les colonies sont donc arrivées peu développées sur les miellées suivantes, impactant la production sur toute la période printanière.
De plus, face à de fortes températures et des conditions de stress hydrique, la durée des miellées (durée durant laquelle une population de plantes va fournir du nectar, substance sucrée récoltée par les abeilles pour produire le miel) peut être sévèrement raccourcie. Ce phénomène est par exemple rapporté pour la miellée de tournesol, la plus importante en termes de volume pour la production occitane. Certaines miellées peuvent même être complètement absentes du fait de la sécheresse, d’orages en début de floraison ou de gelées tardives qui affectent les bourgeons floraux ou directement les fleurs.
Par ailleurs, la perturbation du cycle biologique de l’abeille ne s’arrête pas au risque de retard au démarrage. Lors de pic de chaleur, autour de 37°C, il a été observé une augmentation de 70% de l’activité de butinage car de nombreuses ouvrières sont recrutées pour aller chercher de l’eau, indispensable à la thermorégulation permettant de maintenir une température optimale du nid à couvain1. Or, l’activité de butinage est épuisante pour les abeilles qui voient leur espérance de vie se réduire si elles commencent à butiner précocement et intensément. Du fait du manque de ressources florales, la sécheresse peut entraîner des conséquences allant jusqu’à des arrêts de ponte de la reine avec des conséquences sur la croissance de la population d’où un risque de diminution de la production de produits de la ruche et le maintien d’une colonie en bonne santé. De plus, si la température interne à la ruche dépasse 38°C, la fertilité des reines est altérée de manière irrémédiable2. Par ailleurs, la douceur hivernale provoque une absence d’arrêt de ponte, alors même que cet arrêt de ponte est absolument indispensable pour permettre l’efficacité des traitements à base d’acide oxalique par dégouttement ou sublimation (Apibioxal ou Oxybee), principale molécule utilisée pour la lutte contre le varroa en apiculture biologique. Or, une mauvaise gestion de la varroase entraîne de manière inévitable le déclin de la colonie et généralement sa mort à moyen terme.
On notera également que les carences en pollen dues à l’absence de disponibilité florale provoquent un affaiblissement des défenses immunitaires des abeilles à cause de carences en protéines, acides gras, vitamines et minéraux que cela entraine.

DES PRATIQUES APICOLES ET LA PÉRENNITÉ DES FERMES APICOLES REMISES EN QUESTION
Face à cela, de nombreuses adaptations sont nécessaires telles que le nourrissement, la mise en place d’abreuvoirs sur les emplacements de ruchers, le changement de pratiques dans la gestion du varroa avec par exemple le recours à l’encagement des reines pour forcer l’arrêt de ponte hivernal, l’adaptation permanente du parcours et du calendrier de transhumance des ruches avec pour conséquence une augmentation de la charge de travail, de la charge mentale car il faut être prêt à remettre son programme en question au fil de la saison et des charges de mécanisation.
Il y a donc d’un côté un accroissement du temps de travail et des frais pour le nourrissement, pour la gestion du varroa, pour les transhumances, etc. Et en face une production de miel très fluctuante à cause des aléas météorologiques impactant la flore et la dynamique des colonies d’abeilles.
De plus, les décalages de phénologie des plantes entraînent dans certains cas des difficultés à produire des miels mono-floraux, jouissant d’une meilleure valorisation à la vente que les poly-floraux. Exemple parmi tant d’autres, dans les Cévennes en 2022 un apiculteur a rapporté ne plus faire de miel de bruyère blanche car le merisier fleurit maintenant en même temps. Il produit donc un miel de fleur de printemps, appellation bénéficiant d’une moins bonne valorisation commerciale. On notera également dans les miels la présence de plus en plus fréquente de miellats, issus de la collecte par les butineuses de sécrétions sucrées produites par des insectes piqueurs-suceurs tels que les pucerons ou metcalfas, faisant perdre à certains miels leur qualification de miel mono-floral. Cela reste néanmoins un moindre mal par rapport à la disparition de certaines miellées issues de plantes qui ne parviennent pas à s’adapter aux modifications climatiques.
UNE NÉCESSAIRE ADAPTATION DE L’APICULTURE OCCITANE
Le changement climatique place donc l’apiculture du sud de la France dans une situation compliquée, alors que dans les régions plus septentrionales, l’augmentation des températures constitue de nouvelles opportunités du fait de l’allongement de la saison et de nouvelles miellées comme la lavande dans l’Eure-et-Loir. Malgré ces difficultés, l’Occitanie reste l’une des principales régions françaises pour l’apiculture professionnelle et pour l’apiculture biologique.
Concernant les ressources alimentaires, l’émergence de nouvelles miellées ou l’augmentation de leur fréquence est à suivre de près. On peut citer la miellée de miellat mais aussi celles issues de plantes exotiques, parfois envahissantes mais néanmoins mellifères (ailante, renouée du Japon). Au-delà de la flore spontanée, le soutien financier de la Région Occitanie pour les projets de plantations d’arbres pour tous, particuliers comme collectivités, va dans le sens d’une amélioration de la ressource en fonction des espèces sélectionnées3. Pour les personnes installées en agriculture, la Région soutien les projets agroforestiers, la plantation de PPAM et de châtaigniers, qui pourra profiter également à l’apiculture4. Toujours en milieu agricole, le développement des couverts végétaux constitue une opportunité que ce soit à travers les CIM (Culture Intermédiaires Mellifères) pour l’automne, les couverts d’inter-rangs de vignes pour la fin d’hiver (ces couverts sont souvent détruits au début du printemps) ou encore les jachères semées pouvant fleurir sur une large partie de la saison en fonction du choix des espèces. Enfin, des cultures d’intérêt apicole se développent, comme la coriandre dans l’ouest de la Région.
Sur le point des pratiques apicoles, l’adaptation peut se faire à travers le choix des matériaux des ruches en prenant en compte le niveau d’isolation et la couleur ainsi que la ventilation au sein de la ruche. Les aléas météorologiques demandent une plus grande réactivité et dans la mesure du possible l’anticipation de différents scénarios de transhumances, l’anticipation des miellées, etc. Pour cela, les outils d’aides à la décision (balances connectées, modélisations) peuvent aider au pilotage de l’activité, mais surtout l’entraide et la constitution de réseaux humains ne doivent pas être négligé. Un autre levier est celui de la sélection d’abeilles plus autonomes en alimentation, avec des périodes d’arrêt de ponte et une bonne résistance aux bioagresseurs. Dans la lutte contre le varroa, la pratique de l’encagement ou de provocation de période hors couvain lors de la constitution d’essaims combiné à un traitement flash avec une préparation médicamenteuse à base d’acide oxalique ont déjà fait leurs preuves5.
Face aux problématiques économiques liées à la forte variabilité de la production apicole, la stratégie peut être d’optimiser les dépenses via l’adoption de pratiques en commun : achats groupés, mutualisation de matériel. Cette stratégie collective peut aussi s’opérer sur la commercialisation (coopérative de producteur·rices) et le marketing et la sensibilisation des consommateur·rices. Sous condition d’avoir de bonnes années, une stratégie de stockage peut aussi être envisagée afin de lisser les revenus et d’assurer une continuité de l’approvisionnement. Enfin, la diversification des activités vers d’autres activités apicoles (prestations de pollinisation, vente de produits d’élevage, production de pollen ou de propolis) donne la possibilité d’atténuer la dépendance au miel mais il ne faut pas négliger la charge de travail supplémentaire que cela implique et surtout si la ressource est trop faible, les colonies verront leur capacité à se développer et fournir des productions affectées, quelle que soit la production.
En définitive, face au changement climatique, l’avenir de l’apiculture méridionale dépend en bonne partie des pratiques agricoles et de la possibilité à accéder à des emplacements de ruchers en altitude dans les espaces naturels et forestiers. Pour cela, les rapprochements avec les autres filières agricoles et les gestionnaires d’espaces naturels et forestiers doivent se poursuivre et s’accentuer. Les autres leviers ne sont en effet qu’annexes par rapport à la question de l’accès à une ressource florale abondante et continue tout au long de la saison apicole.

POUR ALLER PLUS LOIN
Wébinaire Agreenium :
Colin FONTAINE (MNHN CESCO, chercheur en Ecologie des communautés, Macro-écologie et Conservation), Fabrice ALLIER (ITSAP-Institut de l’abeille, Responsable Agro-écologie) et Chloé JUGE (ADA AURA, Technicienne apicole, Responsable de la thématique « changement climatique – bilan carbone»)
=> https://youtu.be/8Fzj9L6Rf84
SOURCES :
=> Entretiens avec des apiculteur·rices
=> InterApi, ITSAP, ADA France, 2021.
Adaptation de la filière apicole face au changement climatique
=> https://urlz.fr/p0do
- Bordier, C., Dechatre, H., Suchail, S. et al. Colony adaptive response to simulated heat waves and consequences at the individual level in honeybees (Apis mellifera). Sci Rep 7, 3760 (2017).
https://urlz.fr/p0dy
2. McAfee, A., Chapman, A., Higo, H. et al. Vulnerability of honey bee queens to heat-induced loss of fertility. Nat Sustain 3, 367–376 (2020).
https://urlz.fr/p0dD
3. https://www.laregion.fr/Plan-arbre
4. https://urlz.fr/p0dF
5. https://www.adaoccitanie.org/innovapi
Par Anne-Charlotte METZ, ADA Occitanie
Crédits photos : Shutterstock
Natexbio Challenge, l'accélérateur de projets bio
Le Natexbio Challenge s’installe en tant que rendez-vous majeur des jeunes entreprises porteuses de projets innovants autour de la bio.
Le challenge a permis de découvrir jusqu’à présent des centaines de projets, et d’en récompenser une douzaine de manière très concrète.
Pour sa 5e édition, le Natexbio Challenge change (presque) tout, en renouvelant la formule qui fait son succès depuis sa création. Le concours continue d’avoir le soutien de ses partenaires historiques (Bio Linéaires, Ulule et Ingrébio) et, fait nouveau, les 7 interbios françaises seront de la partie cette année. Une façon de faire un ratissage au plus près des projets.
Les 3 lauréats recevront une dotation financière (1er prix : 10 000 euros, 2e prix : 7 000 euros et 3e prix : 5 000 euros), se verront offrir chacun un stand de 3m2 à la prochaine édition du salon Natexpo et seront mis en relation avec les magasins spécialisés bio souhaitant les accueillir.
Du Bio au Resto' - Retour sur l'étude des débouchés pour le Bio en restauration commerciale
Dans un contexte économique qui fragilise la restauration commerciale, le secteur reste une piste intéressante en termes de débouchés pour la production bio. L’étude menée en 2023 par Interbio Occitanie révèle que si la motivation pour adopter un approvisionnement plus vertueux est forte chez une partie des restaurateurs, dans la pratique, les freins sont nombreux. Néanmoins, il est possible de développer ce marché en facilitant l’accès au bio et en valorisant la demande des consommateurs.

Alors que les conséquences de la pandémie se font toujours sentir, l’inflation prend la restauration commerciale en étau entre augmentation des prix des matières premières et de l’énergie et baisse des intentions de fréquentation. La crise des vocations complique encore l’organisation des entreprises. Malgré ce contexte, l’approche de ce secteur s’inscrit dans la recherche de nouveaux débouchés pour les filières bio. En effet, plusieurs facteurs confirment la pertinence d’un travail en direction de la restauration commerciale.
D’abord, la taille du marché : avec 13 % des repas pris hors domicile, la restauration commerciale affiche un CA d’environ 56M d’€ en 2019 (le double de celui de la restauration collective pour un nombre équivalent de prestations).
Ensuite, parce qu’avec les ventes directes, la RHD est le seul circuit dont les ventes en bio continuent de progresser en 2022 et que son influence sur la consommation domestique est avérée.
Enfin, en raison du décalage entre l’offre et la demande : alors que 68% des consommateurs seraient en attente de bio au restaurant, seuls 1 à 2 % des produits cuisinés en restauration commerciale sont labellisés AB.
LES RÉSULTATS DE L’ÉTUDE
En interrogeant des restaurateurs indépendants qui communiquent sur la qualité de leur approvisionnement, très vite, différents amalgames autour du bio sont ressortis. Ceux qui affirment utiliser une grande part de produits bio ne vérifient pas toujours la certification des fournisseurs. Le lien humain prime…au-delà du label. Ainsi, comme pour de nombreux consommateurs, bio = petits producteurs en vente directe, qu’ils soient certifiés ou non.
Certains restaurateurs font remonter des difficultés à créer un réseau de fournisseurs à l’ouverture du restaurant et expliquent travailler “sans plan B”. Favorisés par la vente directe, les échanges entre producteurs et restaurateurs sont réguliers mais ce type d’approvisionnement complique la tâche des restaurateurs en zones rurales, où il est plus difficile d’obtenir des livraisons.
En dehors du frais, les modalités d’approvisionnement sont multiples et varient en fonction du type d’établissement. Ainsi, le franco de port, montant de commande au-delà duquel les frais de livraison ne sont pas facturés, est un critère important pour les petits établissements et ce sont surtout les restaurants de taille conséquente qui travaillent avec des grossistes. L’approvisionnement en épicerie des petits restaurants se fait souvent dans les magasins de gros en libre-service, type Métro, ou en distribution spécialisée bio.
L’impact économique du bio sur l’établissement se mesure à l’aune du “food cost” qui permet au restaurateur de contrôler le coût de l’approvisionnement. Concrètement, pour assurer une marge d’environ 5 %, le food cost doit représenter moins de 30 % du prix de vente du plat. Un équilibre que le surcoût des matières premières bio rend difficile à atteindre.
Pour cuisiner le bio de manière rentable, le restaurateur ne peut pas se contenter de remplacer un produit conventionnel par son équivalent AB. Il doit adopter des stratégies de compensation (adaptation des prix de vente, cuisine zéro déchet, végétalisation des menus, réduction de l’offre…) qui entraînent parfois de profonds changements dans son organisation. Certains refusent ou ne peuvent pas les mettre en place : prix psychologique déjà atteint ou portions « généreuses » pour rester attirant. Ils diminuent leur marge pour continuer à travailler des produits de qualité… ou abandonnent le bio.
La réglementation liée à l’usage de la mention bio explique en partie la faible communication autour du bio chez les restaurateurs qui en proposent, à l’exception des boissons et notamment du vin bio qui sont généralement plus identifiés sur les cartes. Cette communication rare est également justifiée chez certains par l’anticipation d’une mauvaise perception du bio par la clientèle au profit de l’origine locale des produits, beaucoup plus souvent mise en valeur.
QUELLES ACTIONS POUR PLUS DE BIO AU RESTAU ?
La restauration commerciale est un secteur peu structuré : les syndicats professionnels représentent 25% des restaurateurs. La taille et les profils variés des établissements et la faible disponibilité des responsables ajoutent à faire des restaurateurs un public difficile à mobiliser. Les actions à mettre en place doivent alors s’intégrer à leur modèle existant en facilitant l’intégration du bio à la carte des restaurants qui le souhaitent.
AIDE AU SOURCING
La création d’un annuaire de fournisseurs dont les données sont qualifiées selon les intérêts des restaurateurs répondrait aux besoins des porteurs de projets et des restaurateurs déjà installés à la recherche de nouveaux fournisseurs. Avec la conscience que l’outil demande un travail important de mise à jour, il pourrait être diffusé aux partenaires et acteurs de l’accompagnement professionnel (CCI, syndicats, centres de formation).
ACCOMPAGNEMENT DE LA VENTE DIRECTE
Le travail sur les marchés de plein vent est une deuxième piste pour faciliter l’approvisionnement et la logistique de livraison. En effet, nombre de producteurs bio y sont présents et des restaurateurs ruraux les fréquentent également. Une piste serait donc d’organiser l’envoi de mercuriales pour réorienter ces restaurateurs vers les producteurs bio sur ces marchés.
TRAVAIL DES RÉSEAUX
Pour mieux toucher les restaurateurs, il faut approcher leurs réseaux professionnels. Les labels de restauration durable s’imposent par l’attrait qu’ils exercent sur notre cible de restaurateurs.
Le label Ecotable, revenu à plusieurs reprises lors des entretiens, est en plein développement dans la région. Il fait de la durabilité de l’approvisionnement (y compris son caractère bio) un impératif à la labellisation. Sur la plateforme “Impact”, les restaurants Ecotable ont accès à un annuaire qui pourrait être complété par notre listing.
Ce travail de contact vise également à susciter des échanges avec les têtes de réseaux (syndicats, CCI, CMA, formations, …), notamment en organisant la présence d’Interbio et de ses partenaires sur les événements professionnels.
PRÉCISER LA DEMANDE
Parce que les restaurants sont avant tout des commerces, la demande de la clientèle est un des facteurs principaux de motivation au changement. Or, les restaurateurs ne perçoivent pas l’attente de la clientèle pour plus de bio au restau. Pour lui donner du poids, une étude de la demande permettrait de préciser les temporalités, les types de restaurations, les zones géographiques concernées. Quelle est l’image du bio au restaurant ? En quoi la qualité des produits entre-t-elle dans l’attractivité du restaurant ?
ÉLARGIR LA CIBLE
Avec une consommation peut-être moins marquée par la recherche d’hédonisme, les chaînes de restauration « healthy », dont les besoins en Responsabilité Sociétale des Entreprises et en image pourraient être satisfaits par le logo AB, sont une piste à suivre. A l’inverse des restaurateurs indépendants interrogés, ces chaînes ont un système d’approvisionnement très organisé et caractérisé par des volumes plus importants.
Au terme de cette étude, le bio en restauration commerciale apparaît comme un sujet d’actualité porteur. L’essor de la gastronomie responsable, la législation à venir sur le “fait maison” sont autant de marqueurs d’une attention grandissante portée à l’approvisionnement des restaurants. Sous l’impulsion de professionnels convaincus, nul doute que ce tournant pourrait être favorable à l’augmentation de la part de bio sur les tables des restos.

Par Aurélia Courbieres, chargée de mission restauration commerciale, Interbio Occitanie
Crédits photos : Shutterstock et A Pro Bio









