Changement climatique : quel impact sur l'apiculture ? 1

Changement climatique : quel impact sur l'apiculture ?

Comme les autres activité agricoles, l’apiculture est fortement impactée par les changements climatiques actuels et à venir. Petite revue des différents points affectant les abeilles et l’apiculture ainsi que des leviers actionnables afin de s’adapter à ces évolutions.

DES CYCLES DE DÉVELOPPEMENTS PERTURBÉS ET LA SANTÉ DES COLONIES D’ABEILLES AFFECTÉE

Avec l’augmentation des températures, la précocité du redoux et la modification des régimes de pluviométrie, des perturbations des cycles de développement des plantes et des insectes sont déjà tangibles. Les périodes de floraisons et d’activité des abeilles sont décalées, parfois avancées à cause de la douceur mais parfois reculées à cause de sécheresses ne permettant pas aux individus de se développer (soit directement pour les plantes, soit indirectement pour les abeilles qui ne trouvent pas de ressources florales suffisantes). Ce phénomène a été largement observé à la sortie d’hiver 2023 dans les Pyrénées-Orientales, département qui a connu une sécheresse historique avec 200mm de précipitation entre mars 2022 et mars 2023 (précipitation de zone désertique). La végétation de garrigue, dont le romarin, n’était pas en mesure de produire du nectar et des retards de plus de 15 jours dans le démarrage des colonies d’abeilles ont été rapportés, il a même été parfois nécessaire de nourrir les colonies afin de les maintenir en vie et leur permettre d’attendre les premières miellées. Les colonies sont donc arrivées peu développées sur les miellées suivantes, impactant la production sur toute la période printanière.

De plus, face à de fortes températures et des conditions de stress hydrique, la durée des miellées (durée durant laquelle une population de plantes va fournir du nectar, substance sucrée récoltée par les abeilles pour produire le miel) peut être sévèrement raccourcie. Ce phénomène est par exemple rapporté pour la miellée de tournesol, la plus importante en termes de volume pour la production occitane. Certaines miellées peuvent même être complètement absentes du fait de la sécheresse, d’orages en début de floraison ou de gelées tardives qui affectent les bourgeons floraux ou directement les fleurs.

Par ailleurs, la perturbation du cycle biologique de l’abeille ne s’arrête pas au risque de retard au démarrage. Lors de pic de chaleur, autour de 37°C, il a été observé une augmentation de 70% de l’activité de butinage car de nombreuses ouvrières sont recrutées pour aller chercher de l’eau, indispensable à la thermorégulation permettant de maintenir une température optimale du nid à couvain1. Or, l’activité de butinage est épuisante pour les abeilles qui voient leur espérance de vie se réduire si elles commencent à butiner précocement et intensément. Du fait du manque de ressources florales, la sécheresse peut entraîner des conséquences allant jusqu’à des arrêts de ponte de la reine avec des conséquences sur la croissance de la population d’où un risque de diminution de la production de produits de la ruche et le maintien d’une colonie en bonne santé. De plus, si la température interne à la ruche dépasse 38°C, la fertilité des reines est altérée de manière irrémédiable2. Par ailleurs, la douceur hivernale provoque une absence d’arrêt de ponte, alors même que cet arrêt de ponte est absolument indispensable pour permettre l’efficacité des traitements à base d’acide oxalique par dégouttement ou sublimation (Apibioxal ou Oxybee), principale molécule utilisée pour la lutte contre le varroa en apiculture biologique. Or, une mauvaise gestion de la varroase entraîne de manière inévitable le déclin de la colonie et généralement sa mort à moyen terme.

On notera également que les carences en pollen dues à l’absence de disponibilité florale provoquent un affaiblissement des défenses immunitaires des abeilles à cause de carences en protéines, acides gras, vitamines et minéraux que cela entraine.

DES PRATIQUES APICOLES ET LA PÉRENNITÉ DES FERMES APICOLES REMISES EN QUESTION

Face à cela, de nombreuses adaptations sont nécessaires telles que le nourrissement, la mise en place d’abreuvoirs sur les emplacements de ruchers, le changement de pratiques dans la gestion du varroa avec par exemple le recours à l’encagement des reines pour forcer l’arrêt de ponte hivernal, l’adaptation permanente du parcours et du calendrier de transhumance des ruches avec pour conséquence une augmentation de la charge de travail, de la charge mentale car il faut être prêt à remettre son programme en question au fil de la saison et des charges de mécanisation.

Il y a donc d’un côté un accroissement du temps de travail et des frais pour le nourrissement, pour la gestion du varroa, pour les transhumances, etc. Et en face une production de miel très fluctuante à cause des aléas météorologiques impactant la flore et la dynamique des colonies d’abeilles.

De plus, les décalages de phénologie des plantes entraînent dans certains cas des difficultés à produire des miels mono-floraux, jouissant d’une meilleure valorisation à la vente que les poly-floraux. Exemple parmi tant d’autres, dans les Cévennes en 2022 un apiculteur a rapporté ne plus faire de miel de bruyère blanche car le merisier fleurit maintenant en même temps. Il produit donc un miel de fleur de printemps, appellation bénéficiant d’une moins bonne valorisation commerciale. On notera également dans les miels la présence de plus en plus fréquente de miellats, issus de la collecte par les butineuses de sécrétions sucrées produites par des insectes piqueurs-suceurs tels que les pucerons ou metcalfas, faisant perdre à certains miels leur qualification de miel mono-floral. Cela reste néanmoins un moindre mal par rapport à la disparition de certaines miellées issues de plantes qui ne parviennent pas à s’adapter aux modifications climatiques.

UNE NÉCESSAIRE ADAPTATION DE L’APICULTURE OCCITANE

Le changement climatique place donc l’apiculture du sud de la France dans une situation compliquée, alors que dans les régions plus septentrionales, l’augmentation des températures constitue de nouvelles opportunités du fait de l’allongement de la saison et de nouvelles miellées comme la lavande dans l’Eure-et-Loir. Malgré ces difficultés, l’Occitanie reste l’une des principales régions françaises pour l’apiculture professionnelle et pour l’apiculture biologique.

Concernant les ressources alimentaires, l’émergence de nouvelles miellées ou l’augmentation de leur fréquence est à suivre de près. On peut citer la miellée de miellat mais aussi celles issues de plantes exotiques, parfois envahissantes mais néanmoins mellifères (ailante, renouée du Japon). Au-delà de la flore spontanée, le soutien financier de la Région Occitanie pour les projets de plantations d’arbres pour tous, particuliers comme collectivités, va dans le sens d’une amélioration de la ressource en fonction des espèces sélectionnées3. Pour les personnes installées en agriculture, la Région soutien les projets agroforestiers, la plantation de PPAM et de châtaigniers, qui pourra profiter également à l’apiculture4. Toujours en milieu agricole, le développement des couverts végétaux constitue une opportunité que ce soit à travers les CIM (Culture Intermédiaires Mellifères) pour l’automne, les couverts d’inter-rangs de vignes pour la fin d’hiver (ces couverts sont souvent détruits au début du printemps) ou encore les jachères semées pouvant fleurir sur une large partie de la saison en fonction du choix des espèces. Enfin, des cultures d’intérêt apicole se développent, comme la coriandre dans l’ouest de la Région.

Sur le point des pratiques apicoles, l’adaptation peut se faire à travers le choix des matériaux des ruches en prenant en compte le niveau d’isolation et la couleur ainsi que la ventilation au sein de la ruche. Les aléas météorologiques demandent une plus grande réactivité et dans la mesure du possible l’anticipation de différents scénarios de transhumances, l’anticipation des miellées, etc. Pour cela, les outils d’aides à la décision (balances connectées, modélisations) peuvent aider au pilotage de l’activité, mais surtout l’entraide et la constitution de réseaux humains ne doivent pas être négligé. Un autre levier est celui de la sélection d’abeilles plus autonomes en alimentation, avec des périodes d’arrêt de ponte et une bonne résistance aux bioagresseurs. Dans la lutte contre le varroa, la pratique de l’encagement ou de provocation de période hors couvain lors de la constitution d’essaims combiné à un traitement flash avec une préparation médicamenteuse à base d’acide oxalique ont déjà fait leurs preuves5.

Face aux problématiques économiques liées à la forte variabilité de la production apicole, la stratégie peut être d’optimiser les dépenses via l’adoption de pratiques en commun : achats groupés, mutualisation de matériel. Cette stratégie collective peut aussi s’opérer sur la commercialisation (coopérative de producteur·rices) et le marketing et la sensibilisation des consommateur·rices. Sous condition d’avoir de bonnes années, une stratégie de stockage peut aussi être envisagée afin de lisser les revenus et d’assurer une continuité de l’approvisionnement. Enfin, la diversification des activités vers d’autres activités apicoles (prestations de pollinisation, vente de produits d’élevage, production de pollen ou de propolis) donne la possibilité d’atténuer la dépendance au miel mais il ne faut pas négliger la charge de travail supplémentaire que cela implique et surtout si la ressource est trop faible, les colonies verront leur capacité à se développer et fournir des productions affectées, quelle que soit la production.

En définitive, face au changement climatique, l’avenir de l’apiculture méridionale dépend en bonne partie des pratiques agricoles et de la possibilité à accéder à des emplacements de ruchers en altitude dans les espaces naturels et forestiers. Pour cela, les rapprochements avec les autres filières agricoles et les gestionnaires d’espaces naturels et forestiers doivent se poursuivre et s’accentuer. Les autres leviers ne sont en effet qu’annexes par rapport à la question de l’accès à une ressource florale abondante et continue tout au long de la saison apicole.

POUR ALLER PLUS LOIN

Wébinaire Agreenium :
Colin FONTAINE (MNHN CESCO, chercheur en Ecologie des communautés, Macro-écologie et Conservation), Fabrice ALLIER (ITSAP-Institut de l’abeille, Responsable Agro-écologie) et Chloé JUGE (ADA AURA, Technicienne apicole, Responsable de la thématique « changement climatique – bilan carbone»)
=> https://youtu.be/8Fzj9L6Rf84

SOURCES :
=> Entretiens avec des apiculteur·rices
=> InterApi, ITSAP, ADA France, 2021.
Adaptation de la filière apicole face au changement climatique
=> https://urlz.fr/p0do

  1. Bordier, C., Dechatre, H., Suchail, S. et al. Colony adaptive response to simulated heat waves and consequences at the individual level in honeybees (Apis mellifera). Sci Rep 7, 3760 (2017).
    https://urlz.fr/p0dy
    2. McAfee, A., Chapman, A., Higo, H. et al. Vulnerability of honey bee queens to heat-induced loss of fertility. Nat Sustain 3, 367–376 (2020).
    https://urlz.fr/p0dD
    3. https://www.laregion.fr/Plan-arbre
    4. https://urlz.fr/p0dF
    5. https://www.adaoccitanie.org/innovapi

Par Anne-Charlotte METZ, ADA Occitanie

Crédits photos : Shutterstock


Natexbio Challenge, l'accélérateur de projets bio 2

Natexbio Challenge, l'accélérateur de projets bio

Natexbio Challenge, l’accélérateur de projets bio, est un programme national d’accompagnement des porteurs de projets innovants dans le secteur de la bio, animé par la Fédération Natexbio.

Le Natexbio Challenge s’installe en tant que rendez-vous majeur des jeunes entreprises porteuses de projets innovants autour de la bio.

Le challenge a permis de découvrir jusqu’à présent des centaines de projets, et d’en récompenser une douzaine de manière très concrète.

Pour sa 5e édition, le Natexbio Challenge change (presque) tout, en renouvelant la formule qui fait son succès depuis sa création. Le concours continue d’avoir le soutien de ses partenaires historiques (Bio Linéaires, Ulule et Ingrébio) et, fait nouveau, les 7 interbios françaises seront de la partie cette année. Une façon de faire un ratissage au plus près des projets.

Les 3 lauréats recevront une dotation financière (1er prix : 10 000 euros, 2e prix : 7 000 euros et 3e prix : 5 000 euros), se verront offrir chacun un stand de 3m2 à la prochaine édition du salon Natexpo et seront mis en relation avec les magasins spécialisés bio souhaitant les accueillir.


Du Bio au Resto' - Retour sur l'étude des débouchés pour le Bio en restauration commerciale 3

Du Bio au Resto' - Retour sur l'étude des débouchés pour le Bio en restauration commerciale

Dans un contexte économique qui fragilise la restauration commerciale, le secteur reste une piste intéressante en termes de débouchés pour la production bio. L’étude menée en 2023 par Interbio Occitanie révèle que si la motivation pour adopter un approvisionnement plus vertueux est forte chez une partie des restaurateurs, dans la pratique, les freins sont nombreux. Néanmoins, il est possible de développer ce marché en facilitant l’accès au bio et en valorisant la demande des consommateurs.

Alors que les conséquences de la pandémie se font toujours sentir, l’inflation prend la restauration commerciale en étau entre augmentation des prix des matières premières et de l’énergie et baisse des intentions de fréquentation. La crise des vocations complique encore l’organisation des entreprises. Malgré ce contexte, l’approche de ce secteur s’inscrit dans la recherche de nouveaux débouchés pour les filières bio. En effet, plusieurs facteurs confirment la pertinence d’un travail en direction de la restauration commerciale.

D’abord, la taille du marché : avec 13 % des repas pris hors domicile, la restauration commerciale affiche un CA d’environ 56M d’€ en 2019 (le double de celui de la restauration collective pour un nombre équivalent de prestations).

Ensuite, parce qu’avec les ventes directes, la RHD est le seul circuit dont les ventes en bio continuent de progresser en 2022 et que son influence sur la consommation domestique est avérée.

Enfin, en raison du décalage entre l’offre et la demande : alors que 68% des consommateurs seraient en attente de bio au restaurant, seuls 1 à 2 % des produits cuisinés en restauration commerciale sont labellisés AB.

LES RÉSULTATS DE L’ÉTUDE

En interrogeant des restaurateurs indépendants qui communiquent sur la qualité de leur approvisionnement, très vite, différents amalgames autour du bio sont ressortis. Ceux qui affirment utiliser une grande part de produits bio ne vérifient pas toujours la certification des fournisseurs. Le lien humain prime…au-delà du label. Ainsi, comme pour de nombreux consommateurs, bio = petits producteurs en vente directe, qu’ils soient certifiés ou non.

Certains restaurateurs font remonter des difficultés à créer un réseau de fournisseurs à l’ouverture du restaurant et expliquent travailler “sans plan B”. Favorisés par la vente directe, les échanges entre producteurs et restaurateurs sont réguliers mais ce type d’approvisionnement complique la tâche des restaurateurs en zones rurales, où il est plus difficile d’obtenir des livraisons.

En dehors du frais, les modalités d’approvisionnement sont multiples et varient en fonction du type d’établissement. Ainsi, le franco de port, montant de commande au-delà duquel les frais de livraison ne sont pas facturés, est un critère important pour les petits établissements et ce sont surtout les restaurants de taille conséquente qui travaillent avec des grossistes. L’approvisionnement en épicerie des petits restaurants se fait souvent dans les magasins de gros en libre-service, type Métro, ou en distribution spécialisée bio.

L’impact économique du bio sur l’établissement se mesure à l’aune du “food cost” qui permet au restaurateur de contrôler le coût de l’approvisionnement. Concrètement, pour assurer une marge d’environ 5 %, le food cost doit représenter moins de 30 % du prix de vente du plat. Un équilibre que le surcoût des matières premières bio rend difficile à atteindre.

Pour cuisiner le bio de manière rentable, le restaurateur ne peut pas se contenter de remplacer un produit conventionnel par son équivalent AB. Il doit adopter des stratégies de compensation (adaptation des prix de vente, cuisine zéro déchet, végétalisation des menus, réduction de l’offre…) qui entraînent parfois de profonds changements dans son organisation. Certains refusent ou ne peuvent pas les mettre en place : prix psychologique déjà atteint ou portions « généreuses » pour rester attirant. Ils diminuent leur marge pour continuer à travailler des produits de qualité… ou abandonnent le bio.

La réglementation liée à l’usage de la mention bio explique en partie la faible communication autour du bio chez les restaurateurs qui en proposent, à l’exception des boissons et notamment du vin bio qui sont généralement plus identifiés sur les cartes. Cette communication rare est également justifiée chez certains par l’anticipation d’une mauvaise perception du bio par la clientèle au profit de l’origine locale des produits, beaucoup plus souvent mise en valeur.

QUELLES ACTIONS POUR PLUS DE BIO AU RESTAU ?
La restauration commerciale est un secteur peu structuré : les syndicats professionnels représentent 25% des restaurateurs. La taille et les profils variés des établissements et la faible disponibilité des responsables ajoutent à faire des restaurateurs un public difficile à mobiliser. Les actions à mettre en place doivent alors s’intégrer à leur modèle existant en facilitant l’intégration du bio à la carte des restaurants qui le souhaitent.

AIDE AU SOURCING
La création d’un annuaire de fournisseurs dont les données sont qualifiées selon les intérêts des restaurateurs répondrait aux besoins des porteurs de projets et des restaurateurs déjà installés à la recherche de nouveaux fournisseurs. Avec la conscience que l’outil demande un travail important de mise à jour, il pourrait être diffusé aux partenaires et acteurs de l’accompagnement professionnel (CCI, syndicats, centres de formation).

ACCOMPAGNEMENT DE LA VENTE DIRECTE
Le travail sur les marchés de plein vent est une deuxième piste pour faciliter l’approvisionnement et la logistique de livraison. En effet, nombre de producteurs bio y sont présents et des restaurateurs ruraux les fréquentent également. Une piste serait donc d’organiser l’envoi de mercuriales pour réorienter ces restaurateurs vers les producteurs bio sur ces marchés.

TRAVAIL DES RÉSEAUX
Pour mieux toucher les restaurateurs, il faut approcher leurs réseaux professionnels. Les labels de restauration durable s’imposent par l’attrait qu’ils exercent sur notre cible de restaurateurs.
Le label Ecotable, revenu à plusieurs reprises lors des entretiens, est en plein développement dans la région. Il fait de la durabilité de l’approvisionnement (y compris son caractère bio) un impératif à la labellisation. Sur la plateforme “Impact”, les restaurants Ecotable ont accès à un annuaire qui pourrait être complété par notre listing.

Ce travail de contact vise également à susciter des échanges avec les têtes de réseaux (syndicats, CCI, CMA, formations, …), notamment en organisant la présence d’Interbio et de ses partenaires sur les événements professionnels.

PRÉCISER LA DEMANDE
Parce que les restaurants sont avant tout des commerces, la demande de la clientèle est un des facteurs principaux de motivation au changement. Or, les restaurateurs ne perçoivent pas l’attente de la clientèle pour plus de bio au restau. Pour lui donner du poids, une étude de la demande permettrait de préciser les temporalités, les types de restaurations, les zones géographiques concernées. Quelle est l’image du bio au restaurant ? En quoi la qualité des produits entre-t-elle dans l’attractivité du restaurant ?

ÉLARGIR LA CIBLE
Avec une consommation peut-être moins marquée par la recherche d’hédonisme, les chaînes de restauration « healthy », dont les besoins en Responsabilité Sociétale des Entreprises et en image pourraient être satisfaits par le logo AB, sont une piste à suivre. A l’inverse des restaurateurs indépendants interrogés, ces chaînes ont un système d’approvisionnement très organisé et caractérisé par des volumes plus importants.

Au terme de cette étude, le bio en restauration commerciale apparaît comme un sujet d’actualité porteur. L’essor de la gastronomie responsable, la législation à venir sur le “fait maison” sont autant de marqueurs d’une attention grandissante portée à l’approvisionnement des restaurants. Sous l’impulsion de professionnels convaincus, nul doute que ce tournant pourrait être favorable à l’augmentation de la part de bio sur les tables des restos.

Par Aurélia Courbieres, chargée de mission restauration commerciale, Interbio Occitanie

Crédits photos : Shutterstock et A Pro Bio


Naissance d'une organisation régionale de la filière PPAM Bio en Occitanie 4

Naissance d'une organisation régionale de la filière PPAM Bio en Occitanie

Traditionnellement cultivées dans certains territoires de notre région, comme le Quercy pour la lavande ou l’arc Méditerranéen pour les herbes “de Provence”, la production des plantes à parfums aromatiques et médicinales connaît une progression constante ces 10 dernières années. La part des activités de cueillettes sauvages, souvent associée à des petites exploitations en circuits courts, a, elle aussi progressé. La grande diversité des territoires et des climats d’Occitanie permet pour les cultures, comme pour les cueillettes, de pouvoir travailler sur une large palette d’espèces.

Aujourd’hui la filière compte pratiquement 1 000 producteurs et 200 entreprises. Face à cette évolution surtout marquée par des installations en circuits courts, certains départements ont mis en place des groupes de développement ou des structures économiques pour accompagner les besoins. Il manquait encore une représentation régionale à la filière.

La création d’un secteur dédié aux PPAM Bio au sein d’Inter bio Occitanie, PPAM d’Oc, vient donc combler ce vide. Cette proposition est issue de 2 années de réflexions conduites sous l’impulsion de la commission filière PPAM, par les professionnels, afin de renforcer les moyens déjà en place ou d’en apporter là où ils ne sont pas encore déployés.

PPAM D’OC, UNE ORGANISATION ANCRÉE DANS LES TERRITOIRES

La volonté de PPAM d’Oc est de s’appuyer sur les compétences locales existantes dans les groupes constitués depuis quelques années ainsi que celle des producteurs plus historiques.

Des délégués territoriaux ont donc été nommés pour constituer le bureau de la section. Ils seront les relais de PPAM d’Oc dans leurs territoires pour faire remonter les besoins et pour rencontrer les professionnels qui ont des projets en lien avec les organisations professionnelles départementales.

Tous les départements ne sont pas encore couverts mais nous y travaillons.

UNE REPRÉSENTATION DES ENTREPRISES ET DES PRODUCTEURS / CUEILLEURS

L’un des axes majeurs de PPAM d’Oc est de développer des partenariats équitables. Il était donc logique de mettre autour d’une même table les acheteurs, qu’il s’agisse de TPE, de PME ou de grands groupes, et les producteurs, qu’ils soient eux aussi cueilleurs, petits producteurs ou sur de plus grandes surfaces. La grande diversité des besoins de la filière et la dynamique des entreprises ou de la vente directe permettent aujourd’hui de “trouver chaussure à son pied” quelle que soit la taille des activités des uns ou des autres.

Enfin une représentation de l’amont et de l’aval réunis au sein d’une seule et même entité permet d’avoir une vision globale de la dynamique des marchés surtout en ces temps où ceux-ci sont agités.

Concrètement PPAM d’Oc travaillera

  • Sur les questions liées aux productions et la cueillette : avec les groupements locaux qui interviennent sur les ppam (GAB, chambres d’agriculture, groupements de producteurs, CPPARM et autres structures).
  • Sur les sujets plus spécifiques aux entreprises avec l’association régionale des entreprises Bio (Ocebio) et Cosmed pour les secteurs cosmétiques.

PPAM D’OC POUR QUOI FAIRE ?

Les besoins de la filière PPAM régionale sont vastes.

PPAM d’Oc a choisi en priorité de :

  • Représenter les intérêts des professionnels (producteurs et entreprises), notamment dans un contexte réglementaire complexe et compte tenu de la diversité des usages des PPAM et de ses besoins de financements. Des réunions d’informations sur les réglementations seront organisées ainsi qu’une rencontre / débat sur le niveau d’utilité de celles-ci en fonction des acheteurs.
  • De mettre en relation les opérateurs de l’amont et de l’aval pour leur permettre de construire des partenariats économiques éthiques et durables dans l’esprit du commerce équitable. Une rencontre acheteurs / fournisseurs sera proposée en 2024 pour discuter de la prise en compte de ces points dans des futurs accords. Des entreprises sont déjà engagées dans cette voie. Il faudra augmenter les opportunités dans les années à venir pour relocaliser une partie des productions.
  • De faciliter le partage des informations et des connaissances. Une base de données destinée à regrouper et à mettre à disposition toutes les informations que nous pourrons obtenir sur les différentes PPAM, leurs processus de transformation et les valorisations commerciales. Les fruits des expériences et connaissances régionales seront aussi progressivement mises à disposition.

L’objectif global est d’arriver à construire une dynamique commune autour de la filière PPAM pour la faire connaître et faire reconnaître ses spécificités.

COMMENT INTÉGRER LA DYNAMIQUE PPAM D’OC ?

Pour assurer son lancement, PPAM d’Oc s’appuie, pour la première année, sur les professionnels qui ont contribué à sa création au sein du groupe de travail dédié.

Une campagne d’adhésions est en cours pour constituer des effectifs adhérents, (producteurs, groupements de producteurs et entreprises) afin que chacun puisse participer et ainsi directement contribuer au projet ppam d’Occitanie.

Comment adhérer ?

  • Pour les producteurs : directement auprès d’Interbio Occitanie avec une réduction pour les agriculteurs adhérents à un groupement bio départemental.
  • Pour les entreprises : via Ocebio, l’association des entreprises bio Occitanie qui reversera la majeure partie de chacune des adhésions à PPAM d’Oc.

LES HUILES ESSENTIELLES NE SERONT PAS CLASSÉES “PRODUITS CHIMIQUES”

Grâce à la mobilisation de la profession, portée depuis deux ans par le syndicat PPAM de France et au travers de l’Europe par le groupe Europam, les huiles essentielles bénéficieront d’un statut spécifique.

Le vote du parlement européen, le 4 octobre 2023, a mis en place une exemption pour les substances botaniques d’origine renouvelable, dont les huiles essentielles (HE).

Concrètement l’évaluation des dangers, faite dans le cadre des règlements REACH / CPL, qui constitue une nécessité reconnue par la profession, sera établie sur l’ensemble de la substance et non en fonction de chacun des composants. Cela entérine la reconnaissance des HE comme une substance complète à part entière et pas seulement comme un cocktail de molécules.

Les négociations se poursuivent au sein de l’UE et un texte sera publié en 2024 pour préciser les détails pratiques d’évaluation des dangers qui s’appliqueront.

Félicitations aux représentants de notre filière nationale. Cela illustre aussi l’intérêt de se fédérer pour défendre notre petite filière.
=> www.ppamdefrance.com
=> www.europam.net

CONTACTS

Entreprises et transformateurs : Ocebio / Amélie BERGER
-> amelie.berger@ocebio.fr
Producteurs et groupements : IBO / Gérard DELEUSE
-> gerard@sudppamservices.com

Par Gérard Deleuse, chargé de mission, PPAM IBO Occitanie

Crédits photos : Distillerie Bel Air / Gérard Deleuse / Shutterstock


Quel état des lieux de la distribution bio en 2023 et quelles perspectives pour 2024 ? 5

Quel état des lieux de la distribution bio en 2023 et quelles perspectives pour 2024 ?

Comme chaque début d’année, BioLinéaires publie le bilan de la distribution bio spécialisée.

Participez au décryptage complet des chiffres du secteur par l’équipe de BioLinéaires.

En 1h30 suivez en ligne :
  • Les résultats de la Bio en 2023 : MSB (Magasins Spécialisés Bio) et GMS (Grandes et Moyennes Surfaces),
  • L’estimation du bilan en MSB par famille de produits en 2023,
  • Le bilan des fermetures et ouvertures de magasins bio, 
  • Le bilan des principales enseignes régionales et nationales,
  • Et enfin, les tendances et évolutions à prévoir en 2024

Modalités
  • Webinar gratuit pour les adhérents du Cluster Bio Auvergne et de ses partenaires :
    • Cosmébio,
    • Biopartenaires
    • InterbioBretagne,
    • BioCentre,
    • Aprobio Hauts de France,
    • Interbio Occitanie,
    • Interbio Nouvelle-Aquitaine
    • d’Interbio Pays de la Loire
  • Non adhérent à l’une de ces structures : 100€ HT


Ils cuisinent Bio en Occitanie - Portrait de restaurateurs / Bistrot Galien 6

Ils cuisinent Bio en Occitanie - Portrait de restaurateurs / Bistrot Galien

👨‍🍳 [Ils cuisinent Bio 🌱 en Occitanie – Portrait de restaurateurs] 😃

👉Nous avons le plaisir de vous présenter le premier portrait de cette nouvelle série consacrée aux restaurants qui travaillent des produits bio : le Bistrot Galien et sa cuisine du champ à l’assiette. 🤩

Installé sur l’une des plus belles places de Toulouse, le Bistrot Galien propose des plats entièrement faits maison, réalisés à partir de produits aussi bio 🌱 et locaux que possible.

Dans un cadre chaleureux et authentique (on trouve dans le bistrot des vestiges historiques datant de la construction de l’immeuble), on se régale ici d’une cuisine créative, gourmande et saine, inspirée au rythme des saisons par les légumes cultivés en bio à Ausseing près de Cazères par Béa, la compagne de Galien. À quelques dizaines de kilomètres du restaurant, c’est ainsi la production du champ qui donne le ton du contenu des assiettes ! 👍

L’attention portée à l’origine et au mode de production se prolonge sur tous les autres produits : les viandes proviennent du Tarn ou du Gers, le pain 🥖 de la boulangerie bio voisine, et le riz bio, de Camargue. En toute cohérence, la carte des boissons répond aux mêmes exigences et on trinque ici aux vins 🍷 de Gaillac ou des Corbières, à la bière artisanale et aux jus de fruits bio.

On retrouve ces produits de qualité à l’honneur du menu du midi pour un prix très abordable (plat du jour à 14€). Le soir, place aux tapas pour accompagner l’apéritif en toute convivialité !

Un plat emblématique ? Le risotto, à la carte toute l’année, avec une base fondante et croquante de riz de Camargue et de petit épeautre de la région, cuisinée avec de la crème et de la tomme des Pyrénées. C’est un risotto végétarien qu’on accompagne de légumes différents chaque saison.

Bon appétit !


La filière blé farine pain bio en Occitanie : état des lieux en 2023 7

La filière blé farine pain bio en Occitanie : état des lieux en 2023

En France, en 2023, la filière blé-farine-pain bio connaît un déséquilibre important entre l’offre et la demande. En effet, au niveau national la production de blé tendre bio s’est considérablement développée lors des 5 dernières années avec de nombreuses conversions et actuellement la production de blé tendre bio est plus de deux fois supérieure à la demande de la meunerie.
En parallèle, le secteur biologique est touché par une crise importante liée à une diminution de la consommation. Face à ces constats, Interbio Occitanie, OCEBIO et l’INRAe ont souhaité avoir une vision actualisée de cette filière blé/farine /pain bio dans notre région. Ce travail a été réalisé lors d’un stage de fin d’études, par Isia Talon, ingénieur agronome à l’Institut Agro à Montpellier.

L’OCCITANIE : UNE GRANDE RÉGION DE PRODUCTION CÉRÉALIÈRE BIO ET DES MEUNIERS ET BOULANGERS BIO BIEN CONNECTÉS À LEUR TERRITOIRE

Avec plus de 4 300 agriculteurs qui produisent du blé bio, sur 36 000 ha, l’Occitanie est une grande région de production de blé biologique. Sur la campagne 2021-2022, la collecte totale de blé bio par les organismes stockeurs (coopératives et négociants) est de 65 000 tonnes. Une partie de ce blé bio (12 000T) est vendu aux meuniers bio de la région et se retrouve ensuite dans les approvisionnements des boulangers artisanaux d’Occitanie. Le reste du blé bio occitan est vendu auprès de meuniers bio ailleurs en France ainsi que pour l’alimentation animale (avec une moindre valorisation).

Les enquêtes réalisées auprès des meuniers nous ont confirmé que les meuniers d’Occitanie s’approvisionnent en grande majorité en blé bio local, principalement auprès des coopératives régionales, mais aussi auprès des agriculteurs bio en direct.

Une diversité d’outils de meunerie est présente sur le territoire, en particulier dans les zones céréalières, mais aussi dans le Tarn et en Aveyron pour des raisons plus historiques. Avec 21 minoteries privées, 6 moulins associatifs et 50 paysans-meuniers, la capacité de meunerie est assez bonne en Occitanie.
On estime que les 21 minoteries privées écrasent 12 000 T de blé, et que les 50 paysans meuniers écrasent environ 750 T de blé. Les outils existants actuellement ne sont pas saturés, ils pourraient écraser plus de volumes, leur activité est plutôt limitée par la demande du marché qui ralentit.

Nous avons recensé 400 boulangeries ayant une activité bio en Occitanie (hors boulangeries des GMS). Une grande diversité d’acteurs est présente en région : paysans-boulangers qui transforment leur propre blé bio, artisans boulangers bio spécialisés, artisans-boulangers « classiques » ayant développé une gamme bio, boulangeries industrielles ayant une gamme bio …

Cet état des lieux quantifié confirme qu’en Occitanie la production de blé tendre bio est bien supérieure à la demande en meunerie : la collecte régionale totale est plus de 5 fois supérieure à la quantité de blé tendre écrasé par les meuniers d’Occitanie. Le secteur de la meunerie régionale représente en moyenne 25% des débouchés des coopératives alors que le secteur de la meunerie hors Occitanie en représente environ 45%. Cet état des lieux permet également de rendre compte de l’importance des filières locales portées par les paysans meuniers et les paysans boulangers dans la filière régionale : ces deux types d’acteurs représentent environ 15% du blé bio écrasé en Occitanie (environ 2 250 tonnes). Les 85% restants (12 000 tonnes) sont transformés en majorité par des minoteries privées régionales.

Enfin, les meuniers et en cascade, les boulangers artisanaux bio n’ont pas de difficulté à s’approvisionner en blé bio régional et le font très majoritairement. 73% des boulangers enquêtés (hors paysans boulangers) s’approvisionnent chez des meuniers d’Occitanie pour la totalité de leur farine. 75% s’approvisionnent en farines issues à plus de 90% de blés bio régionaux. Les meuniers et boulangers bio régionaux jouent donc le jeu de l’approvisionnement local et contribuent ainsi à valoriser ainsi le blé bio d’Occitanie.

MEUNIERS ET BOULANGERS CONSTATENT UN RALENTISSEMENT DE LA DEMANDE DE FARINE/PAIN BIO ET SOUHAITERAIENT DÉVELOPPER LEUR VENTE EN RESTAURATION COLLECTIVE

Les meuniers et boulangers bio ont été enquêtés afin de connaître leur fonctionnement, leurs problématiques et leurs besoins.

Le secteur de la meunerie rencontre actuellement des problèmes de débouchés en bio. Après plusieurs années de croissance faible mais régulière, les meuniers enquêtés constatent une baisse de la demande dans leurs différents circuits de vente : boulangeries bio artisanales, boulangeries industrielles et boulangeries de la grande distribution. Cette baisse est principalement expliquée par la décroissance globale du marché bio et de la consommation bio. Celle-ci semble plus affirmée chez leurs clients de la grande distribution et boulangeries industrielles mixtes, où les gammes conventionnelles (vendues moins chères) ont pris des parts de marché à la bio. Les meuniers expriment aussi une difficulté à trouver de nouveaux débouchés.

Le secteur de la boulangerie connaît des situations contrastées sur la demande : les boulangeries spécialisées bio et les paysans boulangers semblent avoir moins de difficultés que les boulangeries mixtes, qui voient baisser la part de leur activité bio. Récemment, de nombreuses boulangeries artisanales 100% bio se sont développées dans les zones urbaines, de la même manière, le nombre de paysans-boulangers a aussi assez fortement augmenté dans les zones rurales. Ces deux catégories d’acteurs qui étaient plutôt en développement, commencent à percevoir une forme de saturation de certaines zones de chalandise.

Le débouché de la restauration collective suscite l’intérêt de nombreux boulangers et meuniers et est souvent envisagé par les acteurs comme un relais de développement intéressant pour le pain bio régional. La restauration collective bénéficie effectivement d’un contexte favorable aux produits bio avec la Loi Egalim qui incite à introduire 20% de produits bio dans les cantines publiques. Mais ce secteur reste complexe d’accès, notamment pour le pain qui est un produit frais et quotidien ce qui nécessite une logistique exigeante.

Enfin, pour les acteurs enquêtés, l’enjeu majeur est de re-développer la demande au niveau des consommateurs, et ce sont donc les actions de communication qui sont attendues pour expliquer les bénéfices de la bio, redonner confiance et relancer la consommation bio.

QUELLES RELATIONS AU SEIN DES FILIÈRES BLÉ/FARINE/PAIN RÉGIONALES ?

Les meuniers travaillent régulièrement avec les coopératives agricoles afin de planifier les volumes, d’échanger sur les prix et les questions logistiques. Ces relations sont souvent formalisées via des contrats annuels ou pluriannuels. A contrario, lorsqu’ils travaillent avec les agriculteurs en direct, les meuniers témoignent de relations moins formalisées (absence de contrats), plutôt basées sur la confiance et l’historique. Ces relations sont jugées plus collaboratives, et permettent aux meuniers d’échanger de manière précise sur des sujets plus variés (mode de culture, variétés, impact du climat …).

De la même manière, entre les boulangeries et minoteries privées, les liens restent relativement formels et classiques d’une relation client-fournisseur : échanges commerciaux et logistiques pour planifier les commandes et les livraisons. Pour les boulangers enquêtés, les liens construits en direct avec les paysans-meuniers se traduisent souvent par davantage de discussions autour des modes de production des blés, la qualité de la farine, une meilleure connaissance des variétés, des contraintes du métier de meunier, etc.

Globalement, les acteurs déplorent un manque d’échanges et de connaissance des autres opérateurs de la filière. De par sa position dans la filière, le meunier interagit avec l’amont et avec l’aval, mais les liens entre agriculteurs et boulangers sont quasiment inexistants. Deux situations font exception :

  • De réels échanges interprofessionnels existent au sein des projets de filières territorialisées (Raspaillou, Flor de Pèira, la Méjeanette…)
  • et au sein des filières engagées dans le commerce équitable bio français. (label Biopartenaire, ou Bio Equitable en France).

Dans ces démarches, les agriculteurs, les meuniers et les boulangers échangent, partagent des informations et font des choix partagés pour le développement de leur filière territoriale.

PERSPECTIVES ET ACTIONS À MENER POUR DÉVELOPPER LE PAIN BIO EN OCCITANIE

En Occitanie, la production de blé bio est cinq fois supérieure à la demande dans le secteur de la meunerie. Il existe un bon réseau d’acteurs de la transformation, à la fois meuniers et boulangers, qui travaillent avec les blés bio d’Occitanie. Tout l’enjeu est donc de développer la production et la consommation de plus de pain bio dans notre région.

Plusieurs pistes ont été discutées avec les acteurs de la filière, lors d’une journée régionale, organisée par Interbio Occitanie, le 28 novembre 2023, à Carcassonne :

  • Introduire plus de pain bio en restauration collective.
  • Communiquer sur la bio en général et sur le pain bio pour encourager sa consommation.
  • Inciter plus de boulangers artisanaux conventionnels à développer une gamme bio, pour déployer une offre bio auprès d’une clientèle plus large.
  • Former les boulangers aux process de panification au levain (farine de meule, fermentation longue, utilisation de levain…).
  • Étudier plus en détail le fonctionnement de la boulangerie bio de la grande distribution, qui pourrait être aussi un débouché pour nos farines bio régionales.

Les filières de farine/pain bio territorialisées connaissent un essor important dans le paysage régional, avec des opérateurs économiques de plus en plus motivés pour créer des relations de proximité avec leurs fournisseurs ou clients. Ces démarches pourraient être encouragées, car elles permettent une meilleure collaboration entre les acteurs, ce qui semble avoir des effets favorables sur la répartition de la valeur au sein de la filière et la résilience de ces filières (capacité à agir collectivement pour résister à une crise).

+ D’INFO

Synthèse de l’étude complète : https://urlz.fr/p1b7

Par Amélie Berger et Isia Talon, OCEBIO

Crédits photos : Shutterstock et Fotolia


Comment diversifier son assolement avec le chanvre AB industriel ? 8

Comment diversifier son assolement avec le chanvre AB industriel ?

Jeudi 8 aout 2024, la Chambre d’Agriculture du Tarn-et-Garonne a organisé une demi-journée technique sur le terrain consacrée au chanvre industriel bio à Saint Vincent d’Autéjac.

Le chanvre est cultivé ici pour sa fibre qui sera transformée par la chanvrière Virgocoop et valorisée ensuite dans la construction (isolant) ou le textile.

Plante économe en intrant et bonne tête de rotation, cette culture présente de nombreux atouts pour diversifier son assolement en agriculture biologique.

Les agriculteurs présents ont pu échanger avec le producteur qui nous accueillait sur la parcelle, ainsi qu’avec le responsable de la chanvrière Virgocoop, Julien Bonnet.

L’itinéraire technique de la culture a été étudié : préparation du sol pour implanter au mieux la culture, variétés de chanvre en fonction des débouchés, mode de fertilisation, etc. Un focus a été réalisé sur la récolte et l’étape de rouissage nécessaire lors du défibrage à la chanvrière (voir photo de la boule de la récolte 2023).

Il est obligatoire de contractualiser les surfaces avec la chanvrière, en effet la filière est en émergence. Malgré une forte demande en aval, l’usine n’est pas encore entrée en rythme de croisière et les surfaces semées en 2025 seront stables par rapport à cette campagne.

PLUS D’INFOS SUR LE CHANVRE INDUSTRIEL EN AB

Retrouvez la fiche diversification n°1 de la Chambre d’agriculture du Tarn-et-Garonne

Journée organisée avec l’appui financier du CAS DAR et de l’Agence de l’Eau Adour-Garonne

Par Anne-Charlotte PENAS,, Conseillère Agriculture Biologique et Diversification, Chambre d’agriculture de Tarn-et- Garonne

Crédit photo : Shutterstock


Principales évolutions réglementaires en AB 9

Principales évolutions réglementaires en AB

ÉBOURGEONNAGE ET ÉCORNAGE DES BOVINS, OVINS ET CAPRINS

Le 17 juillet 2023, l’INAO a mis à jour le Guide de Lecture et fait paraître une note de lecture à propos des opérations mutilantes sur les animaux. Le formulaire de demande de dérogation a aussi évolué pour tenir compte de ces changements.

  • L’ébourgeonnage (ablation des bourgeons de corne) est possible sur demande de dérogation. Il peut être demandé pour un individu ou pour un cheptel, sur la base d’un protocole de soin établi annuellement par un vétérinaire. C’est une pratique à réaliser avant l’âge de 2 mois pour les bovins et 2 semaines pour les ovins/caprins.
  • L’écornage (coupe de la corne) est possible sur demande de dérogation. Il peut être demandé individuellement ou pour un groupe d’animaux identifiés individuellement. C’est une pratique qui doit rester exceptionnelle.
  • L’épointage ou éboutage (coupe de la partie supérieure non vascularisée de la corne) est possible sans demande de dérogation.

PLANTS BIO ARBO ET VITI :

Une évolution du statut dérogatoire est actée depuis le 31 juillet 2023 : lors de l’achat de matériel de reproduction végétale non bio, une procédure est obligatoire sur la base de données SEMAE :

  • Espèces classées « Dérogation possible » : demande de dérogation.
  • Espèces classées « Autorisation générale » : enregistrement des besoins. En effet, il est important de pouvoir recenser les besoins en plants bio pour l’arboriculture et la viticulture afin de mettre en place une filière de production.

  • Le 28 juin 2023, le Conseil d’Etat a enjoint l’INAO de supprimer la mesure prise dans le guide de lecture interdisant la commercialisation entre le 21 décembre et le 30 avril de tomates, courgettes, aubergines, poivrons et concombres issus de serres chauffées sur le territoire métropolitain. Le guide de lecture a été corrigé en conséquence.
  • Le 27 juillet 2023, l’INAO a fait évoluer les modalités de contrôle de groupes d’opérateurs : adaptation des fréquences de contrôle applicables aux sites de stockage temporaire de céréales, oléagineux et protéagineux en vrac.

Par Anne Glandières, Chambre Régionale d’Agriculture Occitanie

Crédit photo : EC Organic